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	<title>Clément Barraud - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Clément Barraud - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Michel Charasse – L’attachement à la France profonde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 14:00:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'ancien ministre, Michel Charasse était invité à Poitiers en tant que témoin lors du colloque de l’université de Poitiers consacré à François Mitterrand et les territoires fin mars à l’Espace Mendès France.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/michel-charasse-lattachement-a-la-france-profonde/">Michel Charasse – L’attachement à la France profonde</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p>Le premier mandat de François Mitterrand en tant que député de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-vigreux-du-centre-droit-a-la-rose/">la Nièvre</a> en 1946 lui a fait prendre conscience de l’importance de son ancrage local qu’il n’avait pas avant, selon Michel Charasse, invité à Poitiers en tant que témoin lors du <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque de l’université de Poitiers</a> consacré à François Mitterrand et les territoires fin mars à l’Espace Mendès France. Pour l’ancien ministre et conseiller de l’Élysée, les réseaux de la Résistance ont contribué à forger cet ancrage. <i>«&nbsp;C’est comme ça qu’il a décidé de conquérir tous les pouvoirs locaux qu’il estimait nécessaires. Il a compris qu’il était difficile d’être élu député, mais encore plus d’être réélu. C’est grâce à l’ancrage local que, s’il a été battu aux législatives en 1958, il a été élu sénateur dans ce département trois mois après. Il a exercé ses mandats locaux jusqu’à un mois avant d’être élu Président&nbsp;!&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">François Mitterrand a toujours voulu montrer qu’il n’était pas hors-sol, même s’il n’est pas originaire de la Nièvre. <i>«&nbsp;Ayant été lui-même parachuté, il n’aimait pas beaucoup les parachutages. Les parachutés élus étaient priés de travailler…&nbsp;»</i>, assure Michel Charasse, avant de citer l’exemple de Ségolène Royal dans les Deux-Sèvres. <i>«&nbsp;En 1988, elle n’avait aucune circonscription dans laquelle se présenter aux législatives. Le matin de la cérémonie de confirmation de la réélection de François Mitterrand, Louis Mermaz (qui a été ministre et président de l’Assemblée nationale) trouve une circonscription dans les Deux-Sèvres, difficile à remporter. Et je ne suis pas sûr que Ségolène Royal savait vraiment où étaient les Deux-Sèvres… Mais elle a finalement été élue, la preuve qu’elle avait bien travaillé.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Les paroisses d’Ancien Régime transformées en communes</h3>
<p>De 1971 à 1981, les multiples conquêtes locales ont donc donné au PS cet ancrage qui a permis l’élection de 1981. <i>«&nbsp;S’il n’y avait pas eu ce réseau d’élus départementaux, locaux, Mitterrand n’aurait pas été élu&nbsp;»</i>, estime Michel Charasse. La fonction présidentielle n’a pas coupé François Mitterrand de son intérêt pour le pays&nbsp;: <i>«&nbsp;Il n’était pas enfermé à l’Élysée. Il aimait toute la France et se sentait chez lui partout. <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/affiche-de-campagne-de-1981-lesprit-de-clocher/">L’affiche de 1981</a>, avec le slogan “La force tranquille”, a souvent été réduite à l’église et à la définition de Mitterrand comme un catholique de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-comment-francois-mitterrand-a-apprivoise-latche/">Jarnac</a>. Mais pour lui, la France, c’était d’abord les paroisses de l’Ancien Régime d’où sont partis les cahiers de doléances de la Révolution de 1789, lesquels ont été la plupart du temps rédigés par ceux qui savaient lire et écrire c’est-à-dire les curés de villages. La Révolution a transformé les paroisses en communes sans rien y changer mais dans toutes les communes il y a une église et de cette église sont parties les idées nouvelles qui ont fait 1789. […] Pour lui la France, que ce soit une ville ou un village, c’était toujours une église, une cathédrale, et une mairie en face. […]&nbsp;Donc cette affiche, c’est ce symbole, pas celui de la domination d’une religion sur le pays, même s’il ne niait pas les racines chrétiennes de la France. Mais sur ce plan-là il était gallican.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Défense des collectivités locales</h3>
<p>L’ancrage local est la signature d’un fort attachement de François Mitterrand à la France profonde. <i>«&nbsp;Il a été un grand défenseur des collectivités locales&nbsp;: l’équilibre des pouvoirs entre Paris et la province. Il voulait renforcer l’État dans les domaines où il doit être fort mais renforcer la liberté locale pour équilibrer la démocratie et répondre au quotidien aux besoins de la population.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Lors d’un discours le 22 mars 1990 à Moulins, pour le bicentenaire des départements, François Mitterrand a exprimé son souhait de maintenir une proximité entre le pouvoir et les habitants. <i>«&nbsp;Il s’est affirmé comme départementaliste et a estimé que la Région ne peut être un super-département&nbsp;: “On ne s’est pas débarrassé de la toute-puissance de Paris pour avoir une infinité de féodalités locales.”&nbsp;»</i> Cette volonté de préserver les cantons a guidé sa politique locale. <i>«&nbsp;Il attachait beaucoup d’importance à la réalité de nos petits pays, à leur histoire&nbsp;»</i>, rappelle Michel Charasse. Pour François Mitterrand, il fallait donc trouver un compromis entre la représentation des cantons, qui doit être maintenue en milieu rural notamment, et la recherche d’une plus grande égalité entre les électeurs d’un même département.</p>
<h3 class="p1">«&nbsp;Aimer les Français&nbsp;»</h3>
<p>Michel Charasse est convaincu que François Mitterrand <i>«&nbsp;n’était pas tellement un Parisien. Cela s’est ressenti en novembre 1994, la seule fois où il a accepté d’aller au congrès des maires de France. C’était sa tournée des adieux. Je lui avais préparé trois fiches, sur des sujets passionnants comme la dotation de fonctionnement… Il a laissé les fiches de côté et a parlé aux maires de France avec leur langage. Il a conclu en disant&nbsp;: “Pour être élu, il faut aimer la France, aimer les Français et qu’ils sentent que vous les aimez”. Il a reçu des applaudissements extraordinaires des maires, de gauche et droite confondues, beaucoup pleuraient. Ce n’est pas parce que sa circonscription était devenue la France qu’il avait oublié les autres circonscriptions et les petits coins de France.&nbsp;»</i></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 4 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎘ Next post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-prigent-une-relation-intime-a-la-bretagne/">François Prigent – Une relation intime à la Bretagne</a>. </div><div>⎗ Previous post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/noelline-castagnez-francois-mitterrand-ou-le-mystere-de-solutre/">Noëlline Castagnez – François Mitterrand ou le mystère de Solutré</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/michel-charasse-lattachement-a-la-france-profonde/">Michel Charasse – L’attachement à la France profonde</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>François Prigent – Une relation intime à la Bretagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 13:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'historien François Prigent revient sur les relations de François Mitterrand avec la Bretagne, lors du colloque François Mitterrand et les territoires organisé par l'université de Poitiers fin mars 2017.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-prigent-une-relation-intime-a-la-bretagne/">François Prigent – Une relation intime à la Bretagne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p class="p1">Les relations de François Mitterrand avec la Bretagne, comme dans d’autres régions, ont été construites par des liens personnels, amicaux, partisans. S’y ajoutent également des <i>«&nbsp;interactions, des échanges, une relation sensible, passionnelle, familiale, mais aussi une gestion particulière, partisane&nbsp;»</i>, explique François Prigent. Auteur d’une thèse sur les réseaux socialistes en Bretagne entre 1930 et 1980, il était invité au <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque de l’université de Poitiers</a> sur François Mitterrand et les territoires à l’Espace Mendès France fin mars 2017.</p>
<p class="p1">À partir des années 1980 s’opère un basculement de la Bretagne. Cette région modérée et démocrate-chrétienne devient un fief électoral de la «&nbsp;Mitterrandie&nbsp;» – ce qu’il est encore aujourd’hui. <i>«&nbsp;On observe une fabrication de liens </i>a posteriori<i>, qui sont des moyens pour François Mitterrand d’avoir un rapport sensible et familial avec le territoire breton, mais aussi d’introduire toute une série de nouvelles politiques.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Des attaches familiales oubliées</h3>
<p class="p1"><i>«&nbsp;François Mitterrand aurait pu naître en Bretagne&nbsp;»</i>, avance François Prigent. Son père, Joseph, est en effet sous-chef de gare à Quimper entre 1911 et 1915. Il travaille également à Nantes où il vit dans le quartier de Chantenay, puis quitte cette région juste avant la naissance de François Mitterrand en 1916. Les liens avec cette région sont également créés à travers l’expérience de sa femme, Danièle Gouze, qui a vécu son enfance à Dinan. Une période difficile pour elle car son père, Antoine Gouze, est muté suite à sa mise en cause dans un incendie du collège de la ville. En 1981, François Mitterrand fait de nombreux meetings en Bretagne. Le basculement géopolitique entre 1974 et 1981, rien qu’à l’échelle de la Bretagne, suffit à justifier le basculement national. Danièle Mitterrand revient à Dinan en février 1986 et en février 1993 pour l’inauguration d’un collège, où elle relate cette histoire familiale intime. <i>«&nbsp;Cette expérience familiale donne à voir à François Mitterrand la réalité du catholicisme progressiste en Bretagne qu’il va expérimenter au sein de la Convention des institutions républicaines (CIR), beaucoup de réseaux en Bretagne passant par ce milieu catholique&nbsp;»</i>, précise François Prigent.</p>
<p class="p1">Son espace historique personnel est également lié à la Bretagne à travers un épisode précis&nbsp;: le débarquement du 26<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>février 1944 sur la plage de Beg-an-Fry à Guimaëc, auquel François Mitterrand a participé. Mais si des cérémonies ont été organisées et une stèle érigée sur le site après la mort de François Mitterrand, Beg-an-Fry n’est pas réellement devenu un lieu de pèlerinage, un «&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2009-2-page-145.htm">Solutré maritime</a>&nbsp;» comme le nomme le professeur d’histoire-géographie Patrick Gourlay.</p>
<h3 class="p1">Connaissance sensible de la Bretagne</h3>
<p class="p1">Des années plus tard, François Mitterrand va de nouveau tisser des liens avec la Bretagne. Au moment de la CIR, il laisse un de ses proches, Charles Hernu, faire le lien avec des réseaux d’élus bretons. Dans les années 1980, François Mitterrand utilise ses ressources familiales, par exemple à Quimper lors d’un voyage officiel en 1985. <i>«&nbsp;Pour lui, c’est un moyen de centrer sur ce qu’il veut faire en matière de politique urbaine,</i> explique François Prigent. <i>La même chose se produit lorsqu’il vient à Nantes en 1989. Jean-Marc Ayrault, maire de Saint-Herblain et candidat à la mairie de Nantes, le reçoit. François Mitterrand introduit une réflexion sur la rénovation des quartiers urbains, il passe par l’ancrage local du quartier populaire de Chantenay, et d’une connaissance sensible, subliminale, familiale de ces territoires. C’est une façon d’investir des ressources politiques, une forme de story-telling de l’individu et sa politique sur ses attaches familiales.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Les trois cibles du socialisme breton</h3>
<p class="p1">Pourtant, le personnage de Mitterrand est <i>«&nbsp;répulsif pour la Bretagne&nbsp;»</i>. <i>«&nbsp;C’est le Mitterrand de la guerre d’Algérie. Cette figure tend à s’estomper avec le vote PS en Bretagne, mais il y a malgré tout une dissonance des mémoires. Il réussira quand même à capter les trois cibles du socialisme breton&nbsp;: le socialisme de classe révolutionnaire d’avant 1914, le socialisme républicain du Front populaire et le socialisme chrétien post-1968. En 1974, les meetings de Mitterrand sont très suivis, c’est souvent le point de départ de l’engagement politique de cette nouvelle génération. Mais le tournant interviendra plus tard avec ses trois dernières visites, en 1977, en 1978 et en 1981, lorsqu’il prononce un discours sur les langues régionales. »</i></p>
<p class="p1">Plus globalement, la CIR va jouer un rôle important dans le renouvellement politique du Parti socialiste, selon François Prigent. <i>«&nbsp;C’est une structure particulière, à l’intersection entre un club et un parti.&nbsp;»</i> Avant d’intégrer le PS, 127 militants bretons sont passés par cette Convention. Parmi eux, huit parlementaires, dix-huit conseillers généraux, une dizaine de conseillers régionaux. <i>«&nbsp;Un certain basculement géopolitique au PS favorise les chrétiens sociaux, mais ceux qui ont adhéré précocement au PS, du courant laïc ou de la CIR, ont aussi une place prédominante. C’est le cas de Jacques Floch, Louis Le Pensec, Charles Josselin, mais aussi des responsables avec un rôle local fondateur et avec lesquels François Mitterrand entretient des relations épistolaires&nbsp;: François Richoux, Jean-Marie Garrigou-Lagrange. La sociologie des militants de la CIR est très décalée avec l’électorat PS mais aussi avec le profil des élus PS. Il y a beaucoup de femmes, un réseau plus jeune, qui va finalement porter la Mitterrandie dans les années 1980 dans un espace alors dominé par les Rocardiens.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Soutien agricole&nbsp;: avec les anciens de la JAC</h3>
<p class="p1">La richesse agricole de la Bretagne a également permis à François Mitterrand de recevoir des soutiens précieux en vue de l’élection présidentielle de 1981, souligne <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/henri-nallet-le-demineur-agronome/">Henri Nallet, ancien ministre de l’agriculture</a>&nbsp;: <i>«&nbsp;Une partie des catholiques sociaux bretons a basculé pour le PS. Les organisations professionnelles agricoles ont aussi joué un rôle important. De nombreux militants formés dans les années 1950 et 1960 par la Jeunesse agricole catholique (JAC) vont basculer à la fin des années 1970 du côté du PS. Une grande partie de ces organisations agricoles bretonnes va soutenir Mitterrand, ce qui sera décisif dans la victoire de 1981.&nbsp;»</i></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 5 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎘ Next post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-vergnon-la-drome-couronne-sentimentale/">Gilles Vergnon – La Drôme, «&nbsp;couronne sentimentale&nbsp;»</a>. </div><div>⎗ Previous post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/michel-charasse-lattachement-a-la-france-profonde/">Michel Charasse – L’attachement à la France profonde</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-prigent-une-relation-intime-a-la-bretagne/">François Prigent – Une relation intime à la Bretagne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Gilles Vergnon – La Drôme, «&#160;couronne sentimentale&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 13:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'historien Gilles Vergnon a évoqué les relations entre François Mitterrand et la Drôme, lors du colloque de l’université de Poitiers sur François Mitterrand et les territoires fin mars 2017.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-vergnon-la-drome-couronne-sentimentale/">Gilles Vergnon – La Drôme, « couronne sentimentale »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p class="p1">À l’opposé de la Nièvre ou de la Charente, le département de la Drôme n’appartient pas <i>«&nbsp;au premier cercle des petites patries de François Mitterrand&nbsp;»</i>, explique Gilles Vergnon, maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Lyon, invité au <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque de l’université de Poitiers</a> sur François Mitterrand et les territoires. Pourtant, <i>« la Drôme appartient à ce qu’appelait un journaliste du </i>Dauphiné Libéré <i>“la couronne sentimentale” de François Mitterrand. C’est à Valence qu’est née son amour de jeunesse, Marie-Louise Terrasse, plus connue sous le nom de Catherine Langeais. C’est à Mérindol-les-Oliviers qu’est installée sa sœur Marie-Joseph, c’est à Vernon (sud Ardèche) que s’est installée une autre de ses sœurs, Antoinette, et c’est dans le sud de la Drôme que passe la route de Gordes qui est évoquée dans les</i> Lettres à Anne.&nbsp;»</p>
<h3 class="p1">Une dimension provinciale</h3>
<p class="p1">Officiellement, François Mitterrand s’est rendu six fois dans la Drôme, dont deux comme Président de la République. Il a également effectué de très nombreuses visites privées. Les deux visites présidentielles révèlent ce lien avec le territoire et disent beaucoup de l’image qu’il veut donner de lui-même, selon Gilles Vergnon. <i>«&nbsp;Sa première sortie officielle en France a lieu le 9 juin 1981 à Montélimar, à cinq jours du premier tour d’élections législatives décisives. Le lieu n’est pas choisi au hasard&nbsp;: le Président voulait un fief de gauche ancien et une villégiature amie. Ce séjour comporte deux dimensions, publique et privée. Il prononce d’abord un discours à l’hôtel de ville de Montélimar, très pointu et uniquement centré sur des questions de géopolitique – relations avec les États-Unis, crises avec la Pologne et au Moyen-Orient. Mais la presse met surtout l’accent sur le dîner du soir, à Suze-la-Rousse, chez son ami Henri Michel. Face aux journalistes, le président met en scène sa dimension provinciale, “né entre deux rangs de vignes”.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">En 1988, François Mitterrand effectue sa dernière visite du septennat. À trois mois de l’élection présidentielle, il ne délivre pas la petite phrase que tout le monde attend mais il met en scène une dimension agricole, liée au terroir. <i>«&nbsp;Il visite une truffière, la cave coopérative de son ami, l’université du vin, la maison de la truffe et du Tricastin. Son discours est centré sur les difficultés de l’agriculture, en particulier de la viticulture. Ces deux visites en tant que chef d’État étaient pour lui un moyen de montrer qu’il n’était pas hors-sol.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Un ancrage amical et politique</h3>
<p class="p1">Le principal lien de François Mitterrand dans la Drôme a un visage&nbsp;: Henri Michel, qui est appelé <i>«&nbsp;le député des côtes-du-rhône&nbsp;»</i>, en raison du prestige dont il jouit dans les milieux viticoles. C’est dans la Drôme méridionale que s’est construite cette relation politique particulière avec l’élu local. Henri Michel, viticulteur et président d’une très importante cave coopérative, est également conseiller général, maire de Suze-la-Rousse et député.</p>
<p class="p1"><i>«&nbsp;Le tout premier déplacement politique de Mitterrand dans le département a lieu en juin 1966. À Valence, il parle de force de frappe militaire, de politique monétaire, de défense des libertés. Et à Suze-la-Rousse, il fustige la politique anti-vin du gouvernement Pompidou en affirmant&nbsp;: “Partout où le vigneron accomplit sa tâche, la République fleurit.” Il y a donc une juxtaposition de deux registres&nbsp;: national voire international pour les grandes réunions politiques, et une dimension ultra-territoriale pour les petites réunions qui permet de tirer le fil de problèmes d’envergure nationale, comme la viticulture.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Les élections législatives de 1967 constituent un tournant politique, dans un département <i>«&nbsp;verrouillé par le système de Maurice Pic&nbsp;»</i>, selon Gilles Vergnon. Le parachutage réussi dans le nord du département de Georges Fillioud, membre de la Convention des institutions républicaines (CIR) et proche de François Mitterrand, amorce la construction du Mitterrandisme dans la Drôme. En 1967 aux législatives, il est élu de justesse. C’est le début d’un cycle d’implantation pour lequel François Mitterrand s’est impliqué, par le lien amical et politique établi avec Henri Michel.</p>
<h3 class="p1">Retour sur investissement&nbsp;: des AOC dans la Drôme</h3>
<p class="p1">Autre dimension du Mitterrandisme dans ce département : <i>«&nbsp;Le retour sur investissement que permet à Henri Michel sa relation personnelle avec François Mitterrand.&nbsp;»</i> Le <i>«&nbsp;vigneron du Président »</i>, tel que le surnomme la presse, crée en 1978 l’université du vin et va l’utiliser pour promouvoir à l’échelle nationale les vins de son terroir&nbsp;: cuvée réservée aux parlementaires en 1983, entrée de produits locaux dans les cuisines de l’Élysée… Mais le lien d’un élu local avec la Présidence ouvre d’autres possibilités. Président du groupe vini-viticole de l’Assemblée, Henri Michel est aussi nommé en 1981 vice-président du comité des chasses présidentielles. <i>«&nbsp;Il va inviter aux battues des élus locaux de la Drôme, mais aussi du Vaucluse, y compris des opposants politiques de l’UDF ou du RPR.&nbsp;»</i> Les liens institutionnels et personnels d’Henri Michel avec François Mitterrand faciliteront le classement en Appellation d’origine contrôlée (AOC) de plusieurs vignobles, mais aussi d’autres produits locaux.</p>
<p class="p1">Cette implantation du Mitterrandisme dans la Drôme s’est réalisée par un travail de superposition de réseaux d’origine et de nature différentes&nbsp;: <i>«&nbsp;Des élus locaux issus de la SFIO, des réseaux construits à partir du monde viticole et des sociétés de chasse (Henri Michel était aussi président de la Fédération des chasseurs de la Drôme), et de jeunes militants issus du syndicalisme enseignant de l’UNEF et du PSU&nbsp;»</i>, précise Gilles Vergnon.</p>
<h3 class="p1">«&nbsp;Enraciné dans une palette de territoires&nbsp;»</h3>
<p class="p1">Pour l’historien, la relation de François Mitterrand à la Drôme s’inscrit dans cette double dimension de la sensibilité et du pouvoir. <i>«&nbsp;On retrouve ce rapport très particulier de Mitterrand au terroir, dans ses dimensions agricole, culinaire, arboricultrice. La dimension culturelle était également très présente&nbsp;: malgré un emploi du temps très chargé, François Mitterrand prenait le temps de passer trois heures dans une église romane ou un monastère. C’était une manière pour lui de prendre du recul, de lire, de flâner… Il était sans doute le dernier président enraciné dans une palette de territoires qui n’étaient pas seulement des fiefs électoraux mais un résumé de la France en tant que réalité territoriale concrète. C’est à la fois une histoire de territoire, d’implantation, et une dimension charnelle et personnelle.&nbsp;»</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voir également l’article du <em>Dauphiné</em>, le 10 mai 2011 : <a href="http://www.ledauphine.com/drome/2011/05/09/la-premiere-visite-presidentielle-officielle-fut-pour-la-drome">La première visite présidentielle officielle fut pour la Drôme.</a></p>
<p><em>Le Dauphiné</em>, le 9 octobre 2011 &nbsp;: <a href="http://www.ledauphine.com/drome/2011/10/09/les-amis-d-henri-michel-reunis-sur-sa-tombe">Les amis d’Henri Michel réunis sur sa tombe.</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 6 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎘ Next post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/remi-lefebvre-la-force-des-elus-locaux/">Rémi Lefebvre – La force des élus locaux</a>. </div><div>⎗ Previous post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-prigent-une-relation-intime-a-la-bretagne/">François Prigent – Une relation intime à la Bretagne</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-vergnon-la-drome-couronne-sentimentale/">Gilles Vergnon – La Drôme, « couronne sentimentale »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Rémi Lefebvre – La force des élus locaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 12:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rémi Lefebvre de Sciences Po Lille, analyse la manière dont François Mitterrand a conçu les pouvoirs locaux dans sa stratégie présidentielle des années 1970 lors du colloque François Mitterrand et les territoires.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/remi-lefebvre-la-force-des-elus-locaux/">Rémi Lefebvre – La force des élus locaux</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p class="p1">Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’université Lille 2, choisit un point de vue «&nbsp;surplombant&nbsp;» le local, en particulier sur la manière dont François Mitterrand a conçu les pouvoirs locaux dans sa stratégie présidentielle des années 1970. <i>«&nbsp;Quand François Mitterrand prend la tête du Parti socialiste, celui-ci a perdu une large part de son crédit politique et idéologique. Le premier secrétaire va s’employer à restaurer le capital politique partisan ainsi que l’image du PS. Il va également le militantiser&nbsp;»</i>, rappelle Rémi Lefebvre au <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque de l’université de Poitiers</a> sur François Mitterrand et les territoires tenu fin mars 2017 à l’Espace Mendès France. Les années 1970 sont marquées notamment par les élections municipales de 1977, considérées comme une étape importante vers la conquête du pouvoir. En 1974, François Mitterrand va mesurer à quel point les élus ne sont pas encore assez politisés. Il va chercher en 1981 à les mobiliser davantage. Au début des années 1970, François Mitterrand a ce profil de notable de la IV<sup>e</sup> République, <i>«&nbsp;l’habitus de l’élu local&nbsp;»</i>. Pourtant, il va chercher à <i>«&nbsp;dénotabiliser&nbsp;»</i> le parti. <i>«&nbsp;Comme souvent, il fait preuve de pragmatisme. Il va politiser ses élus sans affaiblir la légitimité électorale et l’importance des notables au Parti socialiste.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Les années 1970 sont traversées par une rupture forte dans la doctrine socialiste en matière de pouvoir local&nbsp;: rupture avec l’apolitisme, regain de réflexion sur les questions locales, montée du thème de l’autogestion communale, aide aux associations… François Mitterrand confie en 1973 à un sociologue, Jean-Pierre Worms, le soin d’animer des ateliers sur la réflexion locale, tout en ayant un peu de distance par rapport à ces réflexions. Il engage aussi une reprise en main des élus locaux, qui doivent faire des comptes-rendus auprès des militants, assister aux assemblées générales de sections.</p>
<h3 class="p1">Connaissance intime du premier parti d’élus locaux</h3>
<p class="p1">Lors d’un discours à la Convention de Cachan de la fédération des élus socialistes, en novembre 1974, il enjoint les élus à rendre des comptes aux militants, tout en ménageant les deux parties en présence. Il se dit <i>«&nbsp;agacé autant par les élus trop soucieux de leur indépendance, que devant les militants, bien formés idéologiquement mais qui ne suivent pas le peuple dans ses profondeurs. Le militant ne comprend pas l’élu qui, voulant être absolument aimé, en arrive à se dépolitiser.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Rémi Lefebvre note que <i>«&nbsp;la domination sur le PS de François Mitterrand s’appuie sur des liens menés au fil du temps avec des élus. Il avait une connaissance intime du parti, qui se retrouve dans les élections municipales de 1977. Il est omniprésent. Pendant un mois il va parcourir la France, il se rend dans toutes les villes où il y a un meeting. Il dénonce l’apolitisme et met en avant cette nouvelle génération d’élus. Les résultats sont extraordinaires.&nbsp;»</i> Le PS devient en effet le premier parti d’élus locaux de France, avec 50 000 conseillers municipaux et 5 160 maires. <i>«&nbsp;Tous ces élus vont être des agents électoraux de premier plan pour la campagne de 1981.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Les élus mobilisés pour 1981</h3>
<p class="p1">Mais après 1977, le message politique change. <i>«&nbsp;Le programme électoral de 1977 était très politique, marqué d’un marxisme urbain. Après, les messages sont plus pragmatiques. François Mitterrand ne cache pas une forme de crainte que des élus volontaristes ne politisent trop les élections locales. Pour lui, il faut avant tout les mettre au service de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/affiche-de-campagne-de-1981-lesprit-de-clocher/">la campagne présidentielle de 1981</a> et de les enrôler. La Fédération des élus a un rôle essentiel, produit des notes, invite les maires à mettre leur gestion en lien avec le programme de Mitterrand, à être présents dans les quartiers… Une cellule de veille est mise en place en février 1981 pour contrôler les villes socialistes et veiller à ce que les élus s’impliquent.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Des comités de soutien locaux sont créés, et vont jouer un rôle de plus en plus important pour rassurer l’opinion publique à mesure que la droite fait peur face à la probabilité d’une victoire de Mitterrand. Le dernier meeting du candidat socialiste illustre cette stratégie. Alors qu’un grand rassemblement populaire était prévu au Parc des Princes, l’équipe de campagne aurait dissuadé François Mitterrand de le tenir en raison de menaces d’attentat. Finalement, le candidat prononce un discours devant 800 maires socialistes, réunis au théâtre de l’Empire entre les deux tours. <i>«&nbsp;Le symbole est fort&nbsp;: c’est autour des maires qu’un des derniers messages de la campagne est produit…&nbsp;»</i></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 7 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎘ Next post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jacques-santrot-la-sfio-la-cir-et-mitterrand/">Jacques Santrot – La sfio, la cir et Mitterrand</a>. </div><div>⎗ Previous post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-vergnon-la-drome-couronne-sentimentale/">Gilles Vergnon – La Drôme, «&nbsp;couronne sentimentale&nbsp;»</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/remi-lefebvre-la-force-des-elus-locaux/">Rémi Lefebvre – La force des élus locaux</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Christian Chevandier – Le Vaucluse, terre de passages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 07:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=24470</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'historien Christian Chevandier présente les liens entre François Mitterrand et le Vaucluse lors du colloque organisé par l'université de Poitiers, fin mars 2017.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/christian-chevandier-le-vaucluse-terre-de-passages/">Christian Chevandier – Le Vaucluse, terre de passages</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p class="p1">Lorsqu’il se rend du côté de Cavaillon, François Mitterrand vient en voisin, rappelle Christian Chevandier, professeur d’histoire contemporaine à l’université du Havre, au cours du <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque organisé par l’université de Poitiers</a> fin mars 2017 à l’Espace Mendès France sur François Mitterrand et les territoires. <i>«&nbsp;Il a fait construire une maison à Gordes, dans le style de la région qui donne sur le village du Roussillon avec en toile de fond le Luberon. Toutefois, dans les lettres qu’il écrit à Anne Pingeot, il n’est question qu’à trois reprises de Cavaillon&nbsp;: une fois pour dire qu’il y est passé, une fois pour dire qu’il a visité la ville avant d’aller à l’Isle-sur-la-Sorgue et une dernière fois pour mentionner qu’il a reconnu la ville en survolant la région en Canadair.&nbsp;»</i></p>
<h3 class="p1">Une rue François-Mitterrand à Cavaillon</h3>
<p class="p1">François Mitterrand n’avait pas beaucoup d’attaches sur ce territoire. <i>«&nbsp;Il n’y avait pas de grande réception sur place. Il faisait des visites furtives et avait un intérêt limité pour ce qui est une version urbaine de la campagne. Quand il allait à Cavaillon, il allait en fait à la campagne, voir les produits de la terre&nbsp;»</i>, précise Christian Chevandier.</p>
<p class="p1">Contrairement à François Mitterrand, Georges Marchais possédait une maison dans le petit village de Robion où il passait une partie de l’été. Pourtant, aucune voie ne porte son nom, à la différence de l’ancien président à Cavaillon. <i>«&nbsp;C’est la seule commune du canton qui ait donné à une de ses rues le nom de Mitterrand. Dans le canton et plus largement le département, les dénominations honorent les notables locaux, éventuellement les personnalités liées aux communes et les écrivains locaux, surtout ceux connus dans le monde entier (Pétrarque, Mistral, Char, Camus). Les autres personnages nationaux mentionnés à Cavaillon sont des grands noms de la III<sup>e</sup> République&nbsp;: Jaurès, Clemenceau, Briand, et Daladier (maire de Carpentras puis d’Avignon et député).&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Pour Christian Chevandier, l’exemple de Cavaillon est donc significatif de l’importance de François Mitterrand. <i>«&nbsp;Il est parmi les très rares hommes d’État reconnus en tant que tel, même dans ce territoire qu’il n’a jamais ostensiblement parcouru.&nbsp;»</i></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 17 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎘ Next post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/eric-kocher-marboeuf-le-mystere-angoumoisin/">Éric Kocher-Marboeuf – Le mystère angoumoisin</a>. </div><div>⎗ Previous post in the series is <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/affiche-de-campagne-de-1981-lesprit-de-clocher/">Affiche de campagne de 1981&nbsp;: l’esprit de clocher</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/christian-chevandier-le-vaucluse-terre-de-passages/">Christian Chevandier – Le Vaucluse, terre de passages</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Sylvie Guillaume – Quelles singularités&#160;?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 05:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'historienne de l'université de Bordeaux, Sylvie Guillaume apporte les conclusions du colloque François Mitterrand et les territoires organisé par l'université de Poitiers, fin mars 2017.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/sylvie-guillaume-quelles-singularites/">Sylvie Guillaume – Quelles singularités ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p class="p1">Pour Sylvie Guillaume, professeure émérite à l’université de Bordeaux, le <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">colloque de l’université de Poitiers</a> sur François Mitterrand et les territoires amène une question majeure&nbsp;: <i>«&nbsp;Qu’est-ce qui fait la singularité de François Mitterrand dans le cadre du thème sur les territoires&nbsp;? Tous les hommes politiques, en particulier les Présidents de la République, ont eu leur <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/noelline-castagnez-francois-mitterrand-ou-le-mystere-de-solutre/">roche de Solutré</a>, leur lieu de prédilection (Colombey-les-Deux-Églises pour De Gaulle, Montboudif pour Pompidou…). Tous ont également façonné leur identité, et l’ancrage local favorise une carrière politique.&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Mais selon Sylvie Guillaume, <i>«&nbsp;François Mitterrand a un rapport au territoire marqué par l’émotion, matérialisé par la pratique politique (la décentralisation), mais aussi sous un angle charnel, avec le vécu intime à <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-comment-francois-mitterrand-a-apprivoise-latche/">Latche</a> par exemple. Ces territoires ont servi à construire une image particulière de ce personnage. On pourrait imaginer des colloques sur le rapport d’autres présidents aux territoires, mais il n’est pas sûr que l’on retrouverait la même singularité, le même rapport intimiste d’une personnalité politique à ces territoires…&nbsp;»</i></p>
<p class="p1">Autant de thèmes de réflexion que Sylvie Guillaume doit développer en conclusion des actes du colloque sur François Mitterrand et les territoires, à paraître fin 2017.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>This post is a part 22 of <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">François Mitterrand et les territoires</a> post series. </div><div>⎗ Previous: <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-comment-francois-mitterrand-a-apprivoise-latche/">Gilbert Mitterrand – Comment François Mitterrand a apprivoisé Latche</a>. </div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/sylvie-guillaume-quelles-singularites/">Sylvie Guillaume – Quelles singularités ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Claire Servant – « Une urgence à danser la vie »</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/claire-servant-une-urgence-a-danser-la-vie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=claire-servant-une-urgence-a-danser-la-vie</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2016 16:30:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=23146</guid>

					<description><![CDATA[<p>Primé lors du dernier festival Filmer le travail, Before we go filme des rencontres artistiques entre des chorégraphes-danseurs-performeurs professionnels et des personnes en fin de vie. Plus que l’aspect artistique, il interroge également sur notre rapport à la mort.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/claire-servant-une-urgence-a-danser-la-vie/">Claire Servant – « Une urgence à danser la vie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le documentaire <em>Before we go</em>, réalisé par Jorge León, suit trois personnes en fin de vie qui se retrouvent au contact de danseurs professionnels, au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Présenté pendant le festival Filmer le travail, il a remporté le prix <a href="http://2016.filmerletravail.org/le-palmares/">Restitution du travail contemporain</a>. Claire Servant de la compagnie Alice de Lux, danseuse et chorégraphe, livre ses impressions sur ce film poignant et intime.</p>
<p><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p><strong>L’Actualité. – Que vous a inspiré ce film, sur la danse en tant que telle ?</strong><br>
<strong>Claire Servant. –</strong> La danse est omniprésente dans ce documentaire à caractère et expérience uniques. Il ne s’agit pas ici d’une écriture chorégraphique au sens académique du terme mais de montrer un processus de composition instantanée où les rencontres artistiques se jouent au jour le jour. Le réalisateur par ses cadrages, son montage, le choix des différents espaces qu’offre le Théâtre de la Monnaie comme lieu de tournage et lieu de métamorphose, organise la chorégraphie des allées et venues dans la relation entre les trois danseurs-chorégraphes (Meg Stuart, Simone Aughterlony et Benoît Lachambre) et les trois personnes (Noël Minéo, Lidia Schoue et Michel Vassart) en soins palliatifs. J’ai été sensible au filmage de ces scènes qui montrent les reculs et avancées de la pudeur par exemple.</p>
<p><strong>On voit des scènes très progressives, avec des gestes amples. En tant que chorégraphe, avez-vous été surprise par la façon dont le film est mené ?</strong><br>
La progression dans la relation entre artistes et personnes malades est de fait très respectueuse de chacun donc assez lente et tranquille. Ce rythme est intrinsèque au sujet même du documentaire. C’est très émouvant de voir comment Meg Stuart approche Lidia la première fois et de percevoir déjà la puissance qui se dégage de celle ci. On ne sait plus qui guide qui, laquelle s’appuie sur l’autre. Leur première embrace révèle une grande sensualité qui prend directement le spectateur à son propre corps. Le visage de Lidia change, son corps aussi, comme éclairée de l’intérieur.</p>
<p><strong>Comment avez-vous ressenti cette façon de danser la fin de vie, voire la mort ?</strong><br>
Pour moi, ce qui a été filmé, c’est d’abord la vie ! On sait qu’il y a une espèce d’urgence de la part de ces hommes et cette femme à mener à bien ce tournage, ce projet artistique. La réalité assumée de leurs propres corps malades leur permet de rester dans un présent qui les porte sans sur-jeu. Dans nos sociétés, la mort et la fin de vie sont des sujets peu abordés.<br>
Je pense pourtant au travail de réflexion et de création autour de la maladie (et l’accueil de malades en fin de vie) de la chorégraphe américaine Anna Halprin mais aussi à celui du chorégraphe français Thierry Thieû Niang mené avec des seniors. Il faut voir le documentaire <em>Danser le printemps à l’automne</em> (de Philippe Chevallier et Denis Sneguirev) qui retrace formidablement l’acte et le processus de création avec ces danseurs amateurs âgés de 60 à 90 ans qui a abouti au spectacle <em>… du printemps !</em><br>
Comme dans le travail de Jorge León : ce sont la situation et la rencontre qui ont induit un espace de pensée, de création.</p>
<p><strong>Malgré tout, la question de la mort est omniprésente dans ce documentaire.</strong><br>
Oui, et j’étais curieuse de voir comment le réalisateur allait aborder la question de la fin de vie. Il connaissait le sujet puisqu’il a, j’ai appris, travaillé longtemps dans des unités de soins palliatifs avant de se lancer dans cette proposition de documentaire et ce en concertation avec les malades. Il semblerait que la Belgique ait beaucoup réfléchi à comment aborder et accompagner les situations de fin de vie… Quand on évoque d’ici les soins palliatifs on pense plutôt à des fins de vie très proches, quelques semaines ou quelques mois. Mais dans ce film les personnes atteintes d’une pathologie chronique et irrémédiable sont dans un accompagnement au long cours si j’ose dire. Ici Jorge León leur propose d’élaborer un projet de mise en scène de leur propre mort…</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_23151" style="width: 1068px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-23151" class=" wp-image-23151" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/03/Before_we_go.jpg" alt="Before we go, de Jorge Leon. " width="1058" height="673"><p id="caption-attachment-23151" class="wp-caption-text"><em>Before we go</em>, de Jorge Leon.</p></div>
<p><strong>On sent que cette expérience artistique transforme à la fois les malades et les artistes.</strong><br>
Les artistes apprennent des patients autant que les patients des artistes. Se présente dans cette expérience un espace de relation ouvert, on se re-trouve dans une autre réalité où la douleur est mise à distance. Le processus de création importe plus que le résultat. On perçoit des complicités, du respect, de l’attention et de l’invention réciproque entre les « acteurs ». Il me semble que les danseurs dans leur relation aux malades sont eux-mêmes bouleversés par cette expérience. On le voit avec Meg Stuart à son besoin frénétique de danser seule après un moment de danse avec sa partenaire. Elle pleure pour extérioriser ce qu’elle a partagé avec elle. La charge émotionnelle est très forte.</p>
<p><strong>En tant que danseuse, ce film a‑t-il changé votre vision de la danse, sur la façon d’accomplir des gestes, des façons de faire ?</strong><br>
Ce film est un exemple de plus qui rejoint ma conception de la danse, d’une danse qui a la possibilité de se saisir de tous les corps et de tous leurs états.<br>
J’ai trouvé les corps très justes, j’aurais aimé pouvoir vivre cette expérience en tant que danseuse. J’ai plus d’affinité pour ce qui s’est passé entre les deux femmes, Meg Stuart et Lidia, mais les autres binômes m’ont aussi fascinée. Il y a un rapport physique très simple et tendre quand Benoît Lachambre lave Michel et lui parle de sa séropositivité mais aussi et d’une toute autre façon élégante, espiègle et chorégraphique entre Simone Aughterlony et Noël, l’homme qui parle à son oiseau le matin.</p>
<p><strong>La question de la mort doit-elle être réappropriée, selon vous ?</strong><br>
Avant on mourait en famille, c’était dans l’ordre des choses. Aujourd’hui il faudrait mourir sans bruit, à l’abri des regards, d’une mort propre et rapide… La mort est cachée, on ne sait plus s’occuper de nos proches en fin de vie. D’ailleurs, le fait de ne pas en parler devient lui aussi inacceptable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_23147" style="width: 982px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-23147" class=" wp-image-23147" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/03/BeforeWeGo_visuel07_Large.jpg" alt="Before we go, de Jorge Leon. " width="972" height="499"><p id="caption-attachment-23147" class="wp-caption-text"><em>Before we go</em>, de Jorge Leon.</p></div>
<p><strong><em>Festival À Corps</em></strong><br>
<em> Dans le cadre du festival À Corps, organisé par l’Université de Poitiers, le TAP et le Centre de Beaulieu du 31 mars au 8 avril à Poitiers, Claire Servant présente </em>Square<em> une performance collective dansée par les 150 étudiants et lycéen festivaliers. Transmis seulement quelques heures avant, </em>Square<em> est dansé en public sur la place du Maréchal Leclerc le 1er avril, à 12h30.</em></p>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/claire-servant-une-urgence-a-danser-la-vie/">Claire Servant – « Une urgence à danser la vie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Hassen Ferhani – Dans l’intimité de l’abattoir d’Alger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Feb 2016 16:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Fi Rassi rond-point (Dans ma tête un rond-point), le réalisateur algérien Hassen Ferhani a remporté le Grand Prix du festival Filmer le travail 2016. Une plongée dans le quotidien des ouvriers de l’abattoir algérois.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dans ma tête un rond-point</em> est le premier long métrage d’Hassen Ferhani. Le documentaire, qui a obtenu le<a href="http://2016.filmerletravail.org/le-palmares/"> Grand Prix du festival Filmer le travail</a>, brosse un remarquable portrait collectif des employés de l’abattoir d’Alger. Un film poétique qui fait entrer le spectateur dans ce lieu aussi imposant que peu connu, et fait ressortir les espoirs, la lassitude de ces travailleurs de l’ombre.</p>
<p><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p><strong>L’Actualité. – Comment avez-vous eu l’idée de filmer l’intérieur de l’abattoir d’Alger ?</strong><br>
<strong>Hassen Ferhani. –</strong> J’ai grandi pas loin des abattoirs qui sont près du centre d’Alger, donc ce lieu m’attirait depuis longtemps. Il y a une imagerie qui est entretenue sur l’abattoir, on est intrigué par cet endroit qui semble en dehors de la vie. Mais à Alger, ce bâtiment colonial qui a été construit en 1898 reste ouvert sur l’extérieur, on peut aller y acheter de la viande en gros, ce n’est pas complètement hermétique. Il est amené à disparaître dans les années à venir donc je voulais garder une mémoire de ce lieu. L’autre raison qui m’a poussé à m’y intéresser était l’envie de faire un documentaire sur les ouvriers. Il y a malheureusement très peu de films sur cette classe sociale dans le cinéma algérien, c’est dommage. Donc j’avais envie de raconter leurs parcours, leurs rêves.</p>
<p><strong>Même si ce film traite d’un abattoir, on est surpris par le peu de scènes montrant les bêtes. Pourquoi avez-vous privilégié le lieu de vie plutôt que le travail en lui-même ?</strong><br>
C’est vrai que les animaux sont le plus souvent hors-champ, même si on les voit un peu. Mon but était de me concentrer sur la vie des ouvriers, montrer comment un lieu de carnage, de mort, pouvait aussi être source de poésie. J’ai senti un potentiel incroyable dès que j’y suis entré pour la première fois. Il y avait de la musique, une lumière particulière, j’ai décidé de faire confiance à ce lieu et aux gens qui l’habitent. Le documentaire est construit comme un huis clos, je suis resté au cœur de leur travail, sans sortir de l’abattoir. Ils travaillent vraiment ensemble, il y a une solidarité incroyable entre eux.</p>
<p><strong>Justement, on les voit jouer, rire, discuter de tout et n’importe quoi…</strong><br>
Complètement. La plupart ne sont pas d’Alger donc ils recréent à l’intérieur un village, avec ses codes, ses clans… J’ai pu capter des moments personnels très forts, comme lorsque Youssef et Hossein, deux jeunes qui reviennent souvent dans le film, parlent de leur rapport à l’amour tout en découpant des peaux de bêtes. Il y a aussi de très vieux personnages emblématiques comme Ali, Amou et ses phrases philosophiques…</p>
<p><strong>Comment s’est construit le lien avec les ouvriers pour en dégager ces portraits ?</strong><br>
J’ai passé deux mois et demi à l’intérieur avec un ingénieur du son. C’était important de rassurer les ouvriers et d’apprendre à se connaître. Je n’ai pas fait de repérages, j’avais toujours la caméra avec moi, ce qui devenait d’ailleurs un sujet de curiosité et de discussion avec eux. On a passé beaucoup de temps à parler, du documentaire en général, de la photographie… Certains étaient méfiants mais dans l’ensemble j’ai été très bien accepté. Plus qu’un film, ça a été une vraie aventure humaine pour moi, j’ai pu apprécier avec eux la vie sur place. Finalement, ce sont deux métiers d’artisans qui se sont côtoyés dans cet abattoir, les ouvriers eux-mêmes et moi, avec ma caméra…</p>
<p><strong>La direction apparaît peu, voire pas du tout, dans le film. Était-ce une volonté de votre part ?</strong><br>
Oui c’était délibéré. Dès le départ, j’avais en tête de montrer les ouvriers, ces protagonistes qui gagnent le Smic algérien et qui sont aux premières lignes de ce qui se passe dans le pays. Cela n’aurait pas donné le même résultat si j’avais interrogé des membres de l’administration. Ces personnes peuvent difficilement parler en leur nom, or je voulais avoir une parole libérée. En étant au plus près des salariés, j’ai pu rester tard le soir pour vivre avec eux leurs moments de solitude, de questionnements. C’est ce que je recherchais.</p>
<p><em>Dans ma tête un rond-point</em>, de Hassen Ferhani, 1h40. En salle le 24 février 2016.</p>
<div id="attachment_23130" style="width: 860px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-23130" class=" wp-image-23130" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Hassen-Ferhani-photo-SAS.jpg" alt="Hassen Ferhani, photo SAS. " width="850" height="572"><p id="caption-attachment-23130" class="wp-caption-text">Hassen Ferhani, photo SAS.</p></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/hassen-ferhani-dans-lintimite-de-labattoir-dalger/">Hassen Ferhani – Dans l’intimité de l’abattoir d’Alger</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Danièle Linhart – Le management, du taylorisme à la «sur-humanisation»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2016 10:46:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La sociologue du travail Danièle Linhart était présente à Poitiers dans le cadre du 7e festival Filmer le travail. De l’organisation taylorienne du travail aux techniques modernes, plus à l’écoute des salariés, elle décrypte les ressorts de ces deux types de management et leurs objectifs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’opposé d’une gestion imaginée par Taylor qui conduisait les salariés à exécuter leurs tâches indépendamment de leurs savoirs, le management moderne a pour objectif de prendre en compte la dimension humaine des employés. Pourtant, des similitudes perdurent dans la finalité de ces deux organisations du travail. C’est la thèse de Danièle Linhart, sociologue et directrice de recherches émérite au CNRS, invitée du festival Filmer le travail.</p>
<p><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p>Entre le taylorisme et un management contemporain plus soucieux du bien-être des salariés, a priori peu de ressemblances. <em>«Il y a tout de même beaucoup de continuité dans l’objectif d’une domination et d’un contrôle par les dirigeants»</em>, estime la sociologue. Le premier système a largement marqué le début du XX<sup>e</sup> siècle, inculquant la décomposition des tâches, <em>«mais surtout la robotisation de l’humain»</em>. Taylor, ce consultant issu d’une famille bourgeoise américaine, pense en effet que les salariés doivent utiliser le moins possible leurs connaissances dans l’exercice de leur métier. <em>«Selon lui, le savoir, c’est le pouvoir. Il estime que c’est une catastrophe pour la nation américaine si on laisse le pouvoir aux ouvriers.»</em><br>
Taylor imagine alors un système basé sur la science, qu’il considère comme la seule manière efficace de produire. <em>«L’argument est imparable parce que la science ne peut être qu’impartiale. Une organisation scientifique est par essence neutre et productive, ce qui va même séduire la gauche : Lénine appliquera le concept en URSS en 1920… Mais Taylor ne montre pas que cela entraîne le dépouillement des savoirs des ouvriers»</em>, rappelle Danièle Linhart.<br>
Pour ses chaînes de montage, l’industriel Henry Ford va également s’inscrire dans ce principe, avec l’objectif final que les salariés puissent acquérir du pouvoir d’achat et acheter les voitures qu’ils produisent. Le <em>«management scientifique»</em> imaginé par Taylor apparaît comme un progrès à cette époque, <em>«mais sera contesté en 1968»</em>, précise la sociologue. Les grèves massives de mai ont une ampleur telle qu’un nouveau modèle managérial va voir le jour, à l’initiative du Conseil national du patronat français (remplacé par le Medef en 1998). <em>«La solution du CNPR va être d’individualiser la gestion des salariés. On va voir apparaître les horaires variables, la polyvalence, l’individualisation des primes et des salaires, l’évaluation individuelle chaque année. Tout cela va modifier les rapports au travail et surtout bousculer le collectif.»</em></p>
<h4><strong>Des salariés “engagés”</strong></h4>
<p>Nouvelle étape de la «comédie humaine du travail» dépeinte par Danièle Linhart, l’effort conduit par les entreprises pour impliquer chaque salarié dans son univers de travail, le faire devenir <em>«un militant inconditionnel de la cause de son entreprise»</em>. La chercheuse décrit <em>«l’offensive idéologique»</em> utilisée pour les convaincre. Vont se développer des <em>«grands-messes»</em>, des rendez-vous pour faire participer les travailleurs, mais aussi des outils pour définir le salarié vertueux à travers des chartes, des règles de vie… <em>«Les entreprises n’hésitent pas à mettre en place une transaction narcissique en disant à leurs employés : “Vous allez vous révéler, vous épanouir, grandir avec nous.” À côté de cela, le rôle des directions des ressources humaines est d’aider les gens à avoir l’esprit libre. Certaines sociétés proposent même des programmes diététiques, des massages, offrent des fleurs aux femmes d’employés qui doivent rester plus tard au travail… L’objectif est qu’ils puissent s’engager à fond dans leur travail»</em>, résume-t-elle.</p>
<p>Dans la lignée de la pensée taylorienne, le management moderne cherche à effacer l’expérience précédente des salariés, pour «<em>anéantir tous les savoirs car là encore, le savoir fait peur aux dirigeants»</em>. Pour y parvenir, ils recourent massivement aux restructurations de services, aux mobilités, ce qui entraîne une perte de repères. <em>«Les employés sont alors en situation d’apprentissage permanent, dans une position de débutant.»</em> La concurrence en devient renforcée et accentue l’individualisme, le repli sur soi. Conséquence directe de cette stratégie managériale à première vue plus humaine : la souffrance augmente, conduisant parfois au suicide. Une issue dramatique et le signe selon Danièle Linhart que, loin de toute idée de collectif, <em>«le travail devient désormais une épreuve solitaire, où chacun ne pense qu’à lui…»</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_304" style="width: 408px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-304" class=" wp-image-304" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/FLT2016-Affiche_B.jpg" alt="Affiche de Filmer le travail 2016, dessin de Thomas Dupuis, éditions Flblb. " width="398" height="618"><p id="caption-attachment-304" class="wp-caption-text">Affiche de Filmer le travail 2016, dessin de Thomas Dupuis, éditions Flblb.</p></div>
<p>Danièle Linhart a publié récemment <em>La comédie humaine du travail, de la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale</em>, Toulouse, éditions Erès, 2015, 158 p.</p>
<p><em>La modernisation des entreprises</em>, Paris, La découverte, coll. Repères, troisième édition, 2010, 128 p.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/daniele-linhart-le-management-du-taylorisme-a-la-sur-humanisation/">Danièle Linhart – Le management, du taylorisme à la «sur-humanisation»</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Rencontres professionnelles – La face sombre de la mondialisation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Barraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2016 10:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Thème central de la 7e édition du festival Filmer le travail, la mondialisation était au cœur d’une journée de rencontres professionnelles à Poitiers. Économiste, juriste, députée, membres de l’Organisation internationale du travail, ont échangé sur le travail dans un contexte de mondialisation des systèmes productifs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Durcissement des conditions de travail, sous-traitance en cascade, manquements aux règles de sécurité… L’évolution des systèmes productifs et la recherche de bas coûts modifient considérablement le travail des salariés, en particulier dans les pays émergents. Avec, comme conséquence directe, des drames comme celui du Rana Plaza en 2013, au Bangladesh. Voici quelques thèmes abordés lors d’une journée d’étude organisée dans le cadre du festival Filmer le travail, le 1er février 2016.</p>
<p><strong>Par Clément Barraud</strong></p>
<p><em>«Un despotisme de marché.»</em> C’est ainsi que l’économiste Thomas Coutrot décrit le régime néolibéral qui régit actuellement les échanges mondiaux. <em>«Il s’agit d’une firme néolibérale en réseau, avec à sa tête les marchés financiers dérégulés»</em>, estime-t-il. Une organisation radicale qui, selon lui, induit des conséquences négatives sur les salariés : individualisation des carrières, une mobilité imposée et la montée de la précarisation avec la multiplication des contrats à courte durée et de l’intérim… Les conditions de travail, elles, se dégradent avec une intensification des rythmes. <em>«On assiste à de nouvelles formes de subordination, avec des objectifs chiffrés individuels et un contrôle a posteriori par les résultats»</em>, précise Thomas Coutrot.</p>
<p>Pour le chercheur, le système capitaliste actuel favorise un phénomène de restructuration permanente qui peut conduire les salariés à «glisser» d’un niveau supérieur à un niveau inférieur. Quant à l’autonomie des travailleurs, elle recule depuis la fin des années 1990 : <em>«Il y a une nette diminution des marges de manœuvre, notamment pour les cadres et professions intermédiaires.»</em> De manière plus globale, la tendance est également à l’externalisation des services, pas seulement dans le privé puisque ce phénomène touche aussi de plus en plus le secteur public. Malgré tout, l’économiste évoque quelques pistes pour endiguer ces phénomènes de dérégulation de l’économie : relocaliser la production, redistribuer les richesses…</p>
<h4><strong>La trans-nationalisation en cause</strong></h4>
<p>Le système mondialisé favorise la multiplication des entreprises multinationales qui sont en concurrence pour obtenir de nouveaux marchés et rechercher des conditions de productions plus avantageuses. Comment réguler cette trans-nationalisation à l’œuvre ? Marie-Ange Moreau, professeur de droit à l’université Lyon 2, rappelle que <em>«la protection sociale est bien différente selon les pays, car elle se construit au niveau national. En France, elle est plus forte que dans d’autres pays. Lorsque le groupe Disney a créé le parc Disneyland à Marne-la-Vallée, il a voulu imposer son modèle de management à l’américaine. Heureusement, le ministère du travail s’y est opposé.»</em> Si Marie-Ange Moreau relève les difficultés pour appréhender l’entreprise trans-nationale en réseau, <em>«une hydre à mille têtes»</em>, elle note aussi comme point positif la possibilité <em>«d’envoyer toutes les entreprises trans-nationales présentes en Europe devant le juge européen»</em>. Un moyen de contraindre ces groupes à faire preuve de plus d’éthique et de suivi dans le processus de production.<br>
Les dérives de cette trans-nationalisation sont en effet apparues au grand jour en 2013, avec la catastrophe du Rana Plaza, à Dhaka, au Bangladesh. L’effondrement de cet immeuble où étaient entassées 4 000 personnes, essentiellement des femmes qui travaillaient pour des grandes marques du textile, est apparu comme le révélateur d’un système poussé à l’extrême. Le documentaire Les damnés du low cost, de Anne Gintzburger et Franck Vrignon, revient sur les lieux du drame pour tenter d’identifier les raisons de cet accident, qui a causé la mort de 1 135 personnes. Projeté au cours de cette journée de rencontres professionnelles, le film revient notamment sur les conditions de travail harassantes de ces ouvrières de l’ombre, très mal payées. Outre les rythmes effrénés auxquels elles étaient confrontées pour tenir les délais imposés par les marques, le bâtiment présentait des signes inquiétants d’insalubrité.</p>
<div id="attachment_293" style="width: 1112px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-293" class="size-full wp-image-293" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2.jpg" alt="Les damnés du low cost, documentaire d’Anne Gintzburger et Franck Vrignon, 52 min, 2014, prod. Chasseur d’étoiles / France Télévisions." width="1102" height="732" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2-300x199.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2-768x510.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2-650x432.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Rana-Plaza-2-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1102px) 100vw, 1102px"><p id="caption-attachment-293" class="wp-caption-text">Les damnés du low cost, documentaire d’Anne Gintzburger et Franck Vrignon, 52 min, 2014, prod. Chasseur d’étoiles / France Télévisions.</p></div>
<h4><strong>Un drame de la sous-traitance</strong></h4>
<p>Le documentaire met en lumière les conséquences de la politique du low cost menée par les grandes enseignes occidentales de vêtements. Suite à l’émotion suscitée par ce drame, certaines marques ont été placées face à leurs responsabilités vis-à-vis de leurs sous-traitants. En France, une proposition de loi a justement été déposée par des députés sur <em>«le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre»</em>. Lors de la table ronde sur la sous-traitance et les risques du travail dans les pays émergents, à l’issue du film, Catherine Coutelle, députée de la Vienne et signataire du texte, a toutefois regretté que le projet de loi ait <em>«été déconstruit par le Sénat, et doit maintenant revenir devant l’Assemblée nationale»</em>. Il vise à faire en sorte que les entreprises trans-nationales soient responsables de leurs propres sous-traitants. Ce qui permettrait de limiter les effets néfastes des «cascades de sous-traitance», comme le souligne Cyril Cosme, directeur du bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la France.<br>
Quelques mois après le drame, un fonds d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été mis en place. Géré par l’OIT, il est doté de 30 millions de dollars. Une première action en faveur des ouvriers avant de pouvoir imposer aux entreprises des contrôles plus stricts des conditions de travail. Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT et représentant des travailleurs à l’OIT, n’est pas optimiste : <em>«Les inspecteurs du travail sont tellement mal payés qu’ils sont en majorité corrompus. Le Bangladesh est aux mains des grands groupes multinationaux.»</em></p>
<div id="attachment_291" style="width: 1585px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-291" class="size-full wp-image-291" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost.jpg" alt="Les damnés du low cost, documentaire d’Anne Gintzburger et Franck Vrignon, 52 min, 2014, prod. Chasseur d’étoiles / France Télévisions." width="1575" height="886" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost-300x169.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost-768x432.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost-310x174.jpg 310w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost-650x366.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2016/02/Les-damnées-du-low-cost-150x84.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1575px) 100vw, 1575px"><p id="caption-attachment-291" class="wp-caption-text">Les damnés du low cost, documentaire d’Anne Gintzburger et Franck Vrignon, 52 min, 2014, prod. Chasseur d’étoiles / France Télévisions.</p></div>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/rencontres-professionnelles-la-face-sombre-de-la-mondialisation/">Rencontres professionnelles – La face sombre de la mondialisation</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/rencontres-professionnelles-la-face-sombre-de-la-mondialisation/">Rencontres professionnelles – La face sombre de la mondialisation</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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