Jacques Santrot — La sfio, la cir et Mitterrand

Jacques Santrot, ancien maire de Poitiers (1977-2008). Photo Eva Avril.

Par Héloïse Morel

L’ancien maire de Poitiers (1977–2008), Jacques Santrot se remémore son parcours politique et ses rencontres avec François Mitterrand à l’occasion du colloque de l’université de Poitiers qui lui a été consacré fin mars 2017 à l’Espace Mendès France. Dans les années 1962 et 1963, des clubs politiques émergent à Poitiers dans le milieu universitaire. «Un certain nombre, dont je faisais partie, était autour de Raoul Cartraud qui était en contact avec Mendès France. Pour la plupart, nous venions de familles socialistes du Limousin et de ses confins. Nous étions en délicatesse avec notre famille politique d’origine, la SFIO et donc avec nos propres parents… Cette rupture venait de la guerre d’Algérie. Le deuxième club s’était formé autour du docteur Jean Sarvonat qui avait été président de l’Unef au niveau national. Il faisait partie des radicaux de gauche.» Les deux se sont réunis pour rejoindre la Convention des institutions républicaines (CIR) à l’instigation de Charles Hernu.

«Vous vous promenez comme ça, tout seul !»

En plein mai 68, Mitterrand décide de se rendre à une réunion organisée par les militants de la Convention des institutions républicaines du Poitou-Charentes à Niort. À son habitude, le président (premier secrétaire du Parti socialiste) prend son temps… «C’était Édith Cresson qui intervenait sur le monde agricole, le président venait pour conclure les débats et il n’arrivait pas… Il a fini par arriver, tout seul, tranquille, au volant de sa DS. Jean Sarvonat, qui était toujours un peu inquiet, lui dit : “Enfin président, ce n’est pas possible ! Vous vous promenez comme ça, tout seul !” Mitterrand lui répliqua qu’il prenait son temps. Il arrivait de Château-Chinon, tranquillement et il s’était arrêté manger à Saint-Savin où il était également entré dans l’abbaye… “Et puis voilà, il n’y a pas de drame !” Il a participé à la fin de la réunion et il est reparti à Paris.»

Jacques Santrot n’est pas le seul à se remémorer des anecdotes sur les escapades mitterrandiennes. Nombreux l’ont attendu et confient, durant ce colloque, la sensibilité qu’il entretenait à l’égard des territoires au gré de ses trajets en voiture.

Voir également sur Cairn, un entretien avec Jacques Santrot réalisé par Frédéric Fogacci en 2015.

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A propos de Héloïse Morel
Rédactrice à L'Actualité Nouvelle-Aquitaine. Coordinatrice du pôle Sciences et société, histoire des sciences de l'Espace Mendès France.

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