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	<title>Bastien Florenty - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Bastien Florenty - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>L’archéologie est un sport d’équipe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Aug 2022 15:25:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Benoît Billy est archéologue à l’Inrap, il revient sur les sites archéologiques de Poitiers, et partage sa manière de vivre et de concevoir son métier.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Benoît Billy est archéologue à l’Inrap, il revient sur les sites archéologiques de Poitiers, et partage sa manière de vivre et de concevoir son métier.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Poitiers abrite de nombreux vestiges depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine, régulièrement mis au jours par les nombreuses fouilles menées par l’Inrap depuis 2002. Chaque découverte est une pièce supplémentaire pour comprendre <em>les contextes antérieurs</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Quelles sont les fouilles les plus notables effectuées sur ces vingt dernières années à Poitiers&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benoît Billy. –</strong><em> </em>À titre personnel, j’interviens depuis dix ans à Poitiers. J’ai notamment collaboré avec mon collègue Frédéric Gerber qui a réalisé plusieurs fouilles importantes dans la ville, comme celles des Hospitalières et de Puygarreau. De nombreuses fouilles ont été menées en vingt ans, comme récemment place Charles VII, au Jardin des Droits de l’Homme, ou encore place Leclerc. Une fouille isolée n’apporte pas nécessairement un renouvellement important des connaissances sur un ensemble chronologique, mais apporte toujours de nouveaux éclairages. Parfois, c’est seulement après plusieurs années et la réalisation de nouvelles fouilles que nous réalisons l’intérêt d’une opération au regard de celles qui ont suivies. À Poitiers, les différentes fouilles citées mais aussi celle rue du Caillons en 2012 nous permettent de renseigner l’évolution de certains quartiers pour les périodes antique, médiévale ou moderne, et parfois pour les trois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’avez-vous pu déterminer lors de la fouille place Leclerc, dont vous êtes le responsable d’opération&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos découvertes portent essentiellement sur l’espace funéraire. Nous avons découvert de nombreuses sépultures médiévales et identifié des modes d’inhumation non mentionnés pour cette partie de la place. Nous sommes possiblement en présence de deux ou trois cimetières de différents ordres religieux. Les analyses post-fouille vont nous permettre d’obtenir des datations précises afin de pouvoir affiner la chronologie de l’utilisation de cet espace. Donc ce n’est pas négligeable. Nous avons également pu dégager deux sols antiques bien conservés, qui nous renseignent sur la présence de bâtiments avant la destruction de l’ensemble précédant la construction de l’enceinte au <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2.jpg" alt class="wp-image-36537" width="713" height="535" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/2-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px"><figcaption>Vue du chantier du Jardin des Droits de l’Homme lors de la première phase de travaux, juillet 2019. Fouille effectuée par B. Billy, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est l’importance des sols dans la conservation des vestiges&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La qualité des sols est déterminée par la capacité à préserver ou non les vestiges. Le principal facteur qui agit sur cette conservation est l’érosion, particulièrement en milieu rural, un sol pauvre, au sens sédimentaire, va engendrer une rapide dégradation<em>. </em>En ville, les vestiges sont plutôt bien conservés, car les niveaux stratigraphiques s’établissent clairement, et nous permettent d’avoir accès aux niveaux les plus anciens. Même si depuis les temps modernes, nous avons des destructions assez importantes de niveaux qui auraient pu être préservés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel est la part d’étude bibliographique dans votre travail ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a plusieurs temps. La phase de terrain concerne le travail archéologique du point de vue technique, c’est la partie visible de l’iceberg. Nous procédons également à un travail important en amont, que ce soit dans la préparation directe de l’opération mais aussi dans l’accumulation de savoirs acquis au cours de notre carrière. Étant urbaniste, je réalise un travail documentaire complémentaire afin d’être en phase avec le site fouillé et l’époque concernée. Puis, vient la phase d’études où nous confrontons nos analyses aux fouilles précédentes. Cette partie est exaltante car nous sommes amenés à élargir nos connaissances, notamment par l’intermédiaire des différents spécialistes, ce qui est toujours enrichissant. Le travail collectif nourrit notre esprit et je trouve cela extrêmement gratifiant. L’ensemble que forme ces différentes phases est ce que j’aime dans l’archéologie, c’est un véritable sport d’équipe aussi bien sur le terrain que par la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment votre travail est-il valorisé, notamment avec le public&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le public, la valorisation peut se présenter sous la forme d’une conférence, d’une exposition ou d’un article dans une revue non spécialisée. Au sein de notre communauté scientifique nous valorisons notre travail par le biais de publications, et de colloques en France et ailleurs. En tant que scientifique, cela fait partie de nos missions. Il est également important de valoriser notre travail auprès du public, car les découvertes ne nous appartiennent pas, elles sont un bien commun. Concrètement, sur les fouilles nous accordons du temps aux riverains pour leur présenter notre démarche, notre travail. Nous essayons également d’organiser des journées portes ouvertes. En ville, chaque fouille est à la vue du public, certaines personnes viennent régulièrement observer nos avancées. Par exemple pour la fouille place Charles VII en 2018, des Poitevins étaient présents chaque jour pour suivre assidument les travaux. Pour nous c’est positif, car nous avons un regard extérieur sur nos pratiques ce qui est toujours intéressant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous interagissons aussi avec un public scolaire et c’est très exaltant&nbsp;! Les enfants sont émerveillés et complètement désinhibés. C’est rafraîchissant pour nous, ils nous apportent leur regard innocent et nous posent des questions pertinentes. Or, avec l’habitude<em>,</em> nous ne nous posons plus certaines questions qui sont en réalité importantes dans la façon dont nous pratiquons notre métier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intervenant en contexte préventif, la valorisation de notre travail est également indispensable auprès des aménageurs. Il est nécessaire de leur présenter notre travail, car il existe encore certaines personnes pour qui l’archéologie est une punaise dans la chaussure. Même si bien souvent l’archéologie est accueillie avec intérêt et sympathie. Le savoir n’est pas figé, chaque fouille apporte de nouvelles connaissances et nous renseigne sur l’évolution de nos pratiques, de nos cultures. Notre intervention est incluse dans le calendrier des travaux, et l’archéologie existe afin de ne plus interrompre des aménagements pour lesquels des vestiges sont découverts. La loi sur le patrimoine existe et protège notre passé.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3.jpg" alt class="wp-image-36538" width="721" height="541" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/3-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 721px) 100vw, 721px"><figcaption>Vue d’un ensemble de sépultures médiévales dégagées au sein d’une fosse destinée à recevoir un arbre, place Leclerc mars 2022. Fouille effectuée par B. Billy, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est votre vision de l’archéologie en France&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment tout est améliorable, mais nous sommes dans un pays avec une réelle considération pour l’archéologie. Par ailleurs, l’archéologie préventive est dépendante des aménagements, donc tant qu’il y en a, des fouilles sont effectuées. Nous sommes un service public ce qui est également important, car nous sommes indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment devient-on archéologue&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La voie la plus simple est celle de l’université, avec des études d’histoire ou d’histoire de l’art. Mais différentes disciplines sont pratiquées en plus de l’archéologie classique, comme l’anthropologie, la palynologie (étude des grains de pollens), la céramologie, l’archéozoologie (étude des restes animaux), ainsi les parcours peuvent varier. Toutes ces spécialités sont utilisées au moment opportun, en fonction des sites, et apportent des renseignements primordiaux, pour dater, renseigner les régimes alimentaires, les pratiques funéraires, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Certaines découvertes suscitent-elles chez vous de l’émotion ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fouille à laquelle j’ai participé a déclenché mon envie de devenir archéologue. Depuis, certaines découvertes se sont avérées particulièrement émouvantes, notamment lorsqu’elles touchent au corps, parfois nous pouvons déceler qu’il s’est passé quelque chose de spécial, comme une femme morte en couche, ou une sépulture familiale. Sur la fouille du Jardin des Droits de l’Homme nous avons retrouvé des graffitis sur les enduits peints antiques, certains gestes comme ceux-là apportent de l’émotion, nous imaginons le geste et la personne qui l’applique. Cela donne de la vie là où il n’y en a plus. Les sites préhistoriques sont magiques pour cela, fouiller un foyer c’est se plonger des millénaires en arrière et imaginer les activités qui s’y sont déroulées, avec des modes de vie complètement différents des nôtres, et avec d’autres préoccupations. Ce sont des missions qui nous appellent à plus d’humilité.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4.jpg" alt class="wp-image-36539" width="727" height="545" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/08/4-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 727px) 100vw, 727px"><figcaption>Détail d’un graffiti antique retrouvé sur un fragment d’enduit peint sur le site du Jardin des Droits de l’Homme, juillet 2019 (dimension du fragment 10 cm). Fouille effectuée par B. Billy, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus, lire l’article de Benoît Billy <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/monument-antique-jardin-des-droits-de-lhomme/">à propos des fouilles réalisées au Jardin des droits de l’Homme à Poitiers en 2019</a>.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/larcheologie-est-un-sport-dequipe/">L’archéologie est un sport d’équipe</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Bordeaux et ses Girondins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jul 2022 07:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[football]]></category>
		<category><![CDATA[François Garcia]]></category>
		<category><![CDATA[Girondins]]></category>
		<category><![CDATA[Lescure]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>François Garcia est médecin et écrivain. La passion des Girondins lui a été transmise par son grand-père, il retranscrit son attachement particulier à son club dans «Ce soir encore Lescure va chanter».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>François Garcia est médecin et écrivain. La passion des Girondins lui a été transmise par son grand-père, il retranscrit son attachement particulier à son club dans «<a href="https://mediapop-editions.fr/catalogue/ce-soir-encore-lescure-va-chanter/">Ce soir encore Lescure va chanter</a>».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les Girondins viennent de descendre en deuxième division, le livre de François Garcia<em>&nbsp;Ce soir encore Lescure va chanter</em> permet de se replonger dans l’histoire prestigieuse des marine &amp; blanc et de s’imaginer les scènes de liesses qui envahissent la place de la Victoire un soir de titre en 1985 ou en 1999.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le port de la Lune, un club éclaire la ville, les Girondins de Bordeaux, club mythique créé en 1881, référence nationale qui a vu défiler les plus grandes gloires du football français, les Giresse, Zidane, Tigana, Trésor, Lizarazu, Kargu, Girard, Benarbia, Cantona, etc. Mais si le foot est aujourd’hui une affaire de gros sous et de pouvoir, fut un temps où la passion du jeu se suffisait à elle-même, où l’institution girondine imposait le respect, c’est ce que ressent François Garcia quand il se rend avec son père dans les bureaux du club encore installés au 55 cours Georges Clémenceau&nbsp;: «Il y a un respect du club, une solennité du lieu à laquelle se mêle une décontraction des sportifs.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur fait ses premiers pas au Stade municipal accompagnant son grand-père, fidèle supporter. Cette passion transmise de génération en génération n’a pas épargné son père, qui de plus, est joueur de l’équipe première avant que la guerre ne l’éloigne définitivement des terrains. Si l’amour du scapulaire est présent, il n’est pas dupe&nbsp;: «Dès mes premières années, je comprends que l’enfer n’est jamais loin», comment lui donner tort, au vu de l’état actuel du club.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le foot n’est pas un sport comme un autre, il se pratique dans la cour de récréation, avec des sacs en guise de cage, dans le hall d’un immeuble, entre deux portes ou sur la plage. Cette passion il la vit comme bon nombre d’enfants. Il s’attache aux Girondins, on lui raconte le premier titre de champion de France en 1950, alors qu’ils remontaient juste de deuxième division. «Les noms magiques, André Gérard, Jean Swiatek, René Gallice, de Harder et Kargu surtout.» Lui, né un an plus tard, en 1951. Une époque où l’on «découpe dans le journal la composition des équipes», où le foot est au début de sa professionnalisation. Puis viennent des années peu glorieuses pour le club, qui s’empêtre dans le championnat de seconde division avant de remonter en 1962 dans l’élite. Le club est stabilisé, se porte mieux, et fait partie des prétendants au titre sous l’impulsion de&nbsp;«Didier Couécou, Bordelais de naissance» ou de Carlos Ruiter, premier Brésilien. L’auteur prend plaisir à citer les noms représentants une époque, une génération, tout amateur de foot sait à quel point l’attachement aux joueurs est fort, une image d’un but, d’un drible, d’un soir.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’expérience du stade</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Vivre l’expérience de supporter, c’est vivre celle du stade. D’abord sous le nom de Stade municipal, puis parc Lescure et stade Chaban-Delmas. Cet antre si particulier pour toute une région, à l’architecture unique, est la résidence des Girondins et de ses plus grandes gloires, mais il accueil également des années durant les exploits des cyclistes pédalant sur la piste qui entourait la pelouse, sous les yeux de François Garcia. Ses souvenirs sont nombreux, et nous plongent avec lui dans une ambiance singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment évoquer le Girondins de Bordeaux sans parler de la période Bez, ce président ambitieux qui permet au club de se hisser au premier plan national durant la décennie 1980, et de connaître ses plus belles lettres de noblesses. L’époque de «Giresse, le surdoué», le prince de Lescure, qui fait lever les foules au fil de ces dribles, une élégance rare, son joueur favori. François Garcia sera médecin du stade dans ces années-là, et appréciera de près les exploits de ses joueurs fétiches. Un soir d’avril 1985, la grande Juventus de Platini se rend au Parc Lescure pour la demi-finale retour de la coupe des clubs champions. Ce soir-là, 42&nbsp;000 personnes s’amassent dans les travées du stade, c’est un record d’affluence jamais battu. Certainement le point culminant de l’histoire du club au scapulaire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/henri-garcia.jpg" alt class="wp-image-36282" width="632" height="842" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/henri-garcia.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/henri-garcia-225x300.jpg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/henri-garcia-650x867.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/henri-garcia-150x200.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 632px) 100vw, 632px"><figcaption>Henri Garcia, le père de François, en 1942.<br>Coll. François Garcia.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Quelques années après, le club descend en deuxième division suite à une gestion financière controversée, Bez est remercié, Afflelou prend les rênes du club, les jeunes Dugarry et Lizarazu restent au club, remontent directement en première division et accueillent un certain Zinedine Zidane dans l’effectif. Cette équipe marque les esprits pour son parcours en coupe de l’UEFA, menée 2–0 à la suite du quart de finale aller, ils renversent le Milan AC de Maldini et Desailly 3–0 dans un Lescure en fusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, deux titres de champions de France sont venus garnir l’armoire à trophée en 1999 et 2009. Deux souvenirs mémorables, deux générations exceptionnelles, les Benarbia, Laslandes, Micoud, Wiltord, puis les Chamakh, Gourcuff, Planus, Fernando, Wendell. Entre ces deux titres, dix années se sont écoulées, alternant le bon et le moins bon.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ultramarines, garant du club</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le supporter des Girondins est «bordelais dans ses réflexions, ses exigences, possède une tonalité monocorde pour râler, ronchonner, un long grommellement, un agacement, une impatience mal contenue qui va rarement jusqu’à l’explosion», cela l’a toujours été, les tribunes ont parfois du mal à se remplir, il faut bien l’avouer. «D’autant que Bordeaux a la réputation parfois juste, parfois erronée, de posséder un public réservé, capable de prendre volontiers ses distances et, même si la présence du carré des fidèles, sans lequel un club n’existe pas, est inaliénable.» La tribune sud, populaire depuis l’origine, donne de la voix, encourage ses joueurs, les ultramarines sont un acteur incontournable de la vie du club, s’érigent en garant des valeurs du club.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’épopée européenne de 2009–2010 est le «dernier véritable moment d’enthousiasme girondins, derniers embrassements à Lescure». Depuis ce parcours arrêté en quarts de finale de la Ligue des champions, c’est une longue descente aux enfers. Lescure a été délaissé pour «un nouveau stade architecturalement beau, mais sans l’âme de Lescure», et fait aujourd’hui le bonheur de l’Union Bordeaux Bègles, l’autre club de la ville, celui de rugby, qui attire les foules chaque week-end, contraste saisissant avec le Matmut Atlantique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, Bordeaux a été «la belle endormie» pendant que son club brillait en France et parfois en Europe. Il semblerait aujourd’hui, que ce soit aux Girondins de s’endormir, espérons que ce ne soit que temporaire. En attendant, replongeons-nous un instant dans l’enthousiasme du jeune supporter&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ça fuse, j’ai six, sept, huit ans, je ris de bon cœur de cette réjouissance, ils ont l’air contents et tous ensemble, c’est magnifique, et puis, au Stade municipal, les joueurs sont proches, on distingue leurs expressions, on peut les entendre, entendre aussi le bruit su shoot, du pied contre le cuir, le ballon propulsé, arrêt du gardien, clameurs, ou bien, trop tard, le gardien&nbsp;! ras de terre ou dans la lucarne, but&nbsp;!»</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><a href="https://mediapop-editions.fr/catalogue/ce-soir-encore-lescure-va-chanter/">Ce soir encore Lescure va chanter</a></em> de François Garcia, Médiapop éditions, collection le club des écrivains, 88 p., 9 €</p></blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/lcde-6-fc-bordeaux-couv-04-03.jpeg" alt class="wp-image-36267" width="433" height="648" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/lcde-6-fc-bordeaux-couv-04-03.jpeg 683w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/lcde-6-fc-bordeaux-couv-04-03-200x300.jpeg 200w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/lcde-6-fc-bordeaux-couv-04-03-150x225.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 433px) 100vw, 433px"><figcaption>“Ce soir encore Lescure va chanter” de François Garcia,  Médiapop éditions.</figcaption></figure>
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		<title>Mystérieux Mésolithique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jul 2022 07:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[fouilles]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[mésolithique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Casseneuil préservait un précieux trésor. En 2021, une sépulture double, vieille de 11 000 ans a été exhumée par l’Inrap. Entretien avec Frédéric Prodéo, responsable d’opération.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Casseneuil préservait un précieux trésor. En 2021, une sépulture double, vieille de 11&nbsp;000 ans a été exhumée par l’Inrap. Les secrets qu’elle dévoile permettent d’enrichir nos connaissances sur cette période encore floue. Entretien avec Frédéric Prodéo, responsable d’opération.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une sépulture de 11&nbsp;000 ans a été découverte à Casseneuil dans le Lot-et-Garonne lors d’un diagnostic archéologique mené par Anne Pons-Métois en 2008. En 2021, une fouille dirigée par Frédéric Prodéo a révélé que cette tombe contenait deux individus. Le travail minutieux effectué par huit agents de l’Inrap apporte des informations précieuses sur une période pauvre en vestiges funéraires. Cette sépulture est datée par le Carbone 14 de la plus vieille période du Mésolithique, au début des temps post-glaciaires&nbsp;: le Sauveterrien. Elle doit son nom à la commune de Sauveterre-la-Lémance située à une cinquantaine de kilomètres de la fouille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Quelles sont les particularités et l’importance de ce site&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Frédéric Prodéo. –</strong> Suite au diagnostic archéologique réalisé en 2008 par Anne Pons-Métois, divers vestiges ont été découverts, dont une incinération de l’âge du Fer et une sépulture présentant un individu inhumé dans une position inhabituelle. En raison de ces découvertes, une fouille a été ordonnée en 2021 par le Service régional de l’archéologie, sur environ 2&nbsp;000 m², avant la construction d’une maison. Nous avons étudié les sépultures, et particulièrement celle contenant les ossements. La sépulture est étroite, elle mesure 1,20 m de long, 80 cm de large et 1 m de profondeur. Un corps est disposé au fond de la fosse, adossé à la paroi, les jambes fléchies et appuyées contre le bord de la fosse. Mais nous avons également retrouvé dans cette sépulture le squelette incomplet d’un second individu, dont son crâne et quelques os longs. Cela est inattendu, et montre que les ossements d’un premier défunt ont été prélevés dans sa tombe pour être déposés dans la sépulture d’une personne décédée bien plus tard. La présence de cette sépulture datée de 11 000 ans, appartenant au Mésolithique, représente l’intérêt majeur de la fouille car peu de vestiges funéraires de cette période sont connus à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi les sépultures du Mésolithique sont-elles rares&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rareté des tombes mésolithiques s’explique certainement par des pratiques funéraires différentes selon les individus. Pour la plupart, elles ont été réalisées dans des conditions ne permettant pas leur conservation jusqu’à aujourd’hui, alors que certaines, plus rares comme celle de Casseneuil, nous sont parvenues. Il faut savoir que cette période correspond à la fin des modes de vie nomade. Les individus sont encore des chasseurs-cueilleurs, organisés en petits groupes qui se déplacent fréquemment avec leur campement, sur des vastes territoires, en utilisant peut-être des travois, qui est une sorte de traîneau attelé. Nous retrouvons régulièrement des traces de leur passage, mais ce qui est plus rare, c’est la présence de sépultures. Sur les 5 000 ans d’histoire que représente cette période, seulement une cinquantaine de sépultures sont référencées, soit seulement une sépulture par tranche de cent ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quoi le site de Casseneuil renseigne-t-il sur les pratiques funéraires du Mésolithique&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au vu du peu de sépultures connues pour cette période, chaque élément apporte nécessairement des informations inédites. Ici la fosse a été creusée dans un sédiment limoneux et en-dessous nous retrouvons des graviers qui composent la nappe fluviatile de la Lède. La fosse a creusé les graviers de cet affluent du Lot, mais nous n’en retrouvons pas dans le remplissage de la tombe, ce qui est une information importante, car cela indique qu’ils ont certainement été utilisés pour marquer la présence de la sépulture. Ce balisage est a été nécessaire pour la repérer et pour pouvoir collecter les ossements destinés à accompagner le second défunt. Mais nous pouvons également penser que ce balisage est important pour d’autres pratiques, notamment pour s’y recueillir à l’occasion d’un nouveau passage du groupe dans les parages. Une manipulation de squelette au Mésolithique a déjà été observée sur d’autres sites comme à La Chaussée-Tirancourt dans la Somme, donc ce n’est pas une nouveauté. Seulement, il s’agissait du déplacement d’un seul squelette retrouvé en partie et inhumé en deux temps.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876.jpg" alt class="wp-image-36227" width="691" height="518" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/p1190876-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 691px) 100vw, 691px"><figcaption>La sépulture en fin de fouille, montrant un individu en connexion adossé au rebord de la fosse avec les jambes fléchie et accompagné du crâne et de quelques os longs d’un individu décédé avant lui déposés sur ses jambes.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel était le type de sépulture&nbsp;? Les corps sont-ils inhumés dans un endroit colmaté ou ouvert&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour répondre à cette question, nous avons travaillé avec Isabelle Souquet, anthropologue-biologiste. Elle a pu déterminer que le corps s’est décomposé dans un espace ouvert suffisamment longtemps pour que les chairs aient le temps de se décomposer. Ainsi, le crâne est affaissé sur la poitrine, ce qui ne serait pas possible si le corps avait été inhumé en pleine terre, ce qui aurait maintenu la tête dans sa position initiale. Trois objets significatifs ont été retrouvés dans la fosse, un fragment de mandibule de cheval, une vertèbre de cerf et une vertèbre de sanglier. Ils ont été déposés intentionnellement, mais ne sont pas manufacturés. Cela peut paraître trivial aujourd’hui, mais ils sont porteurs d’une symbolique certaine et constituent une offrande. Notre interprétation est limitée à ces observations et à nos connaissances actuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Grâce au travail anthropologique, avez-vous pu déterminer les caractéristiques des individus enterrés et la cause de leur mort&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces études menées par Isabelle Souquet sont en cours. Nous ne connaissons pas encore le sexe, ni l’âge précis des deux individus. Cependant, nous pouvons affirmer que l’individu dont le squelette est entier, est décédé entre 35 et 40 ans, et qu’il était dans un mauvais état de santé. Il a été victime d’une fracture de la mandibule et du tibia, dont les traces de consolidation sont lisibles. Plusieurs abcès dentaires, une importante arthrose vertébrale et une fracture du crâne ont également été observés. Cette dernière blessure est potentiellement la cause de la mort. Mais il n’est pas impossible que cette fracture soit survenue au moment de l’inhumation du corps lorsque le couvercle de la tombe s’est affaissé. Les examens anthropologiques permettront peut-être de déterminer la cause de la mort, mais pour le moment nous n’avons aucune certitude. Cela dit, nous touchons les limites du savoir pertinent pour un archéologue. Ce que je cherche, c’est surtout de renseigner les pratiques funéraires, les modes de vie, tout ce qui a une portée anthropologique et sociologique pour cette période.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est la place de ces individus au sein des groupes nomades&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En raison de sa rareté, nous sommes certains que la pratique de l’inhumation était réservée à des personnalités singulières au sein des groupes mésolithiques. &nbsp;Mais quel était leur statut&nbsp;? Plutôt élevé dans la hiérarchie sociale, ou bien le contraire&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on s’autorise à aller au-delà de ce que les faits archéologiques nous permettent de démontrer, on peut imaginer que ce sont des chamanes bénéficiant d’un cérémoniel hors norme. Ou bien au contraire, que ce sont des parias, des maudits, exclus des pratiques funéraires communes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On atteint là les limites de ce que les observations brutes nous permettent d’affirmer et il faudra attendre d’autres découvertes plus éloquentes pour progresser dans ces interprétations.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mysterieux-mesolithique/">Mystérieux Mésolithique</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Orthez, le 27 février 1814</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2022 11:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une fosse de soldats morts lors de la bataille d’Orthez le 27 février 1814 ainsi qu’un cimetière ont été découverts lors de la fouille de l’Inrap. Isabelle Souquet et Christian Scuiller racontent.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Une fosse de soldats morts lors de la bataille d’Orthez le 27 février 1814 ainsi qu’un cimetière ont été découverts lors de la fouille de l’Inrap. Isabelle Souquet et Christian Scuiller racontent.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-six squelettes enchevêtrés, disposés sans soin particulier, sont retrouvés. Le responsable d’opération, Christian Scuiller, et son équipe composée de huit archéologues de l’Inrap et de deux étudiants de l’université de Pau&nbsp;et de Pays de l’Adour ont fouillé le site de 280 m² entre le 8 décembre 2016 et le 5 février 2017. Leur recherche a mis au jour une fosse au contenu inattendu. «C’est la première fois que l’on est en présence d’un charnier de soldats de l’armée impériale morts au combat en France», affirme-t-il. Cette sépulture plurielle se situe au nord-ouest du chantier de fouille, au sein duquel quatre-vingts sépultures ont été étudiées. À l’origine de ce chantier, la construction d’une crèche qui donne lieu à un diagnostic de fouille établi par Nadine Béague de l’Inrap en 2015 et qui mentionne la présence d’un cimetière communal. La littérature disponible présente deux périodes notables pour le site, la première est celle du couvent des cordeliers (ordre franciscains) construit au <span class="smallcaps">xiii</span><sup> e </sup>siècle, qui sera transformé en hôpital au lendemain de la Révolution française en 1791. Les analyses au carbone 14 permettent de dater, avec une fiabilité de 95 %, l’inhumation des corps de cette partie du cimetière entre le <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e </sup>et le début du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e </sup>siècle. «Les tombes sont des cercueils de bois cloués et parallèles, l’organisation est régulière et il n’y a que très peu de recoupements entre les sépultures. Ce n’est pas un cimetière classique», indique Isabelle Souquet, archéo-anthropologue, avant d’ajouter qu’elle n’a quasiment jamais vu ça. Les défunts sont orientés majoritairement est-ouest, seuls deux corps disposés face contre terre et quelques sépultures doubles présentent des singularités qui pourraient être dues à un événement inhabituel. Le geste d’inhumation diffère, les corps auraient alors été enterrés promptement. Mais l’étude biologique est complexe. «La moitié de la fouille présente des corps abimés, en miettes, donc l’étude biologique est irréalisable&nbsp;sur cette partie», détaille-t-elle. Néanmoins la seconde moitié du site révèle qu’il s’agit d’une population d’enfants, de femmes et d’hommes peu favorisés, «ce qui peut attester de la présence de l’hôpital», ajoute-t-elle. Mais la population inhumée est certainement diverse, comprenant des laïcs, des religieux ou encore les habitants du quartier.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un mobilier hors du commun</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt de cette fouille réside à l’intérieur d’une fosse de 11 m², présentant vingt-six hommes, plus ou moins complets et dont la disposition témoigne d’une inhumation rapide. Lors du sondage de la fosse, les archéologues ont découvert de multiples corps ainsi qu’un boulet de canon. «La présence de cette fosse est totalement surprenante, rien dans les textes relatifs à la période ne laissait présager d’une telle composition», signale Christian Scuiller. Ces éléments dirigent l’équipe de l’Inrap sur la piste de la bataille d’Orthez du 27 février 1814, qui s’inscrit dans la fin de la guerre d’indépendance espagnole (1808–1814). Les troupes françaises fortes de trente-cinq mille soldats sont sous le commandement du maréchal Jean-de-Dieu Soult et les forces alliés (anglaises et portugaises) du duc de Wellington sont composées de quarante-quatre mille hommes. Cette bataille se conclut par la retraite de l’armée des Pyrénées qui se déplace vers Toulouse, évitant ainsi une progression des alliés vers le nord et Paris. Par la suite, ce sont des munitions, des boutons d’uniforme, une pierre à fusil, une pièce de tissu qui sont retrouvés.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap.jpg" alt class="wp-image-36233" width="668" height="446" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap-768x514.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap-650x435.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/dun-bouton-cliche-p--galibert-de-linrap-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 668px) 100vw, 668px"><figcaption>Bouton retrouvé sur le site de fouilles. Photo P. Galibert (Inrap).</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>«L’archéologie moderne a été délaissée pendant longtemps»</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sépulture est un voyage dans le temps, une rencontre imprévue avec le Premier Empire. Seulement deux siècles séparent cette époque de la nôtre et pourtant les connaissances archéologiques sont lacunaires. «L’archéologie moderne a été délaissée pendant longtemps, nous nous y intéressons depuis peu et nous manquons encore de documentation», explique Christian Scuiller. La mission des archéologues est d’apporter des éléments de réponse sur la manière dont les corps ont été inhumés, sur les causes des décès, sur l’âge, le sexe et la provenance des soldats. Il s’agit d’un travail inhabituel car «le soldat n’est absolument pas notre quotidien». C’est justement cette singularité ainsi que le contexte qui amènent une certaine émulation au sein l’équipe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap.jpg" alt class="wp-image-36234" width="577" height="571" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap.jpg 943w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap-300x297.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap-768x761.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap-650x644.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/des-louis-dor-trouves-sous-les-vertebres-lombaires-dun-soldat-photo-v--genevieve-de-linrap-150x149.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 577px) 100vw, 577px"><figcaption>Des Louis d’Or retrouvés sous les vertèbres lombaires d’un soldat. Photo V. Geneviève (Inrap).</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>Morts au combat</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières réponses proviennent de l’étude du mobilier confiée à Jérôme Girodet, responsable de la collection hussard au musée Massey de Tarbes et spécialiste de l’uniformologie, afin de déterminer l’époque et les origines des soldats. Ces éléments sont appuyés par l’étude des squelettes ainsi que de l’ADN dont Isabelle Souquet a la charge. L’étude porte sur le mode vie des soldats et sur leur inhumation. Des boutons d’uniformes portent les numéros de régiment, cinq régiments différents pour un total de treize soldats de l’armée napoléonienne. Les prélèvements ADN confirment la présence de sept soldats alliés (trois Britanniques, quatre ibériques), identifiés au préalable par des fragments de tenues et une pierre à fusil en silex noir non courante chez les soldats français. Cependant, le régiment de rattachement ou l’origine géographique de six soldats restent indéterminés pour le moment. Les ossements sont conservés dans un bon état, mais les corps sont meurtris, les traumatismes ont laissé des traces indélébiles. Une partie d’un membre inférieur est déposée à 50 cm d’un soldat, les coups de sabre ont fracturé et tranchés plusieurs os, un crâne est perforé, sous l’effet d’une baïonnette, les mitrailles ont causé des ravages tout comme les boulets de canon qui fracturent et fragmentent les os. Justement, une preuve directe se situe dans la fosse, un boulet de canon retrouvé au contact du bassin d’un soldat alors fracturé, prisonnier des chairs lors de sa mort. Mais si l’artillerie laisse des traces évidentes sur les squelettes, «les traces des armes blanches sont plus ténues» d’après Isabelle Souquet. Ses prochains travaux porteront notamment sur l’étude des soldats décédés sous l’effet des lames.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun doute ne demeure sur la mort de ces soldats, dont deux étaient âgés entre dix-sept et dix-neuf ans, seize entre vingt et vingt-neuf ans et huit de plus de trente ans. «Il faut éviter la propagation de maladies, les corps sont donc inhumés rapidement sur des terrains proches&nbsp;des lieux de trépas», précise l’anthropologue. Ici il s’agissait d’un jardin, sur l’emplacement de l’ancien cimetière communal fermé en 1809.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap-.jpg" alt class="wp-image-36235" width="624" height="556" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap-.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap--300x267.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap--768x684.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap--650x579.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/une-generale-avec-les-tombes-individuelles-environnantes-cliche-de-w--oyl-de-linrap--150x134.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 624px) 100vw, 624px"><figcaption>Vue générale avec les tombes individuelles environnantes. Photo W. O’yl (Inrap).</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>Au plus proche de la réalité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à la remise du rapport de fouille, devant l’importance des données de terrain, un projet de recherche complémentaire a été amorcé sous la direction d’Isabelle Souquet. L’analyse ADN de l’ensemble des soldats permettra de renseigner sur les phénotypes. La couleur des yeux, des cheveux, le teint apporteront autant d’éléments déterminants afin de reconstituer leurs caractéristiques physiques. L’étude isotopique à partir des os et des dents permettra de renseigner les régimes alimentaires et les origines des soldats. L’ensemble de ces données permettront de les comparer aux registres de l’armée impériale, qui comprennent une multitude d’informations comme la taille, la couleur des yeux et des cheveux, les noms, le lieu de recrutement, les éventuelles blessures et parfois les lieux de décès. Ce travail de grande ampleur est mené par Philippe Calmettes, archéologue à l’Inrap. Cette fouille extraordinaire a réservé bien des surprises aux archéologues, de la découverte de la fosse à l’étude post-fouilles, les avancées sont considérables et «l’objectif ultime serait de mettre un nom en face d’un soldat», souligne Isabelle Souquet. Les soldats n’ont donc encore pas tiré leurs dernières cartouches.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/orthez-le-27-fevrier-1814/">Orthez, le 27 février 1814</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Village en bord de mer, un millénaire de vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Jul 2022 09:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Charente-Maritime]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le site de Monsidun à l’Houmeau en Charente-Maritime, une vaste fouille s’est déroulée sur huit mois en 2008. Entretien avec Thierry Cornec, responsable d’opération.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sur le site de Monsidun à l’Houmeau en Charente-Maritime, une vaste fouille s’est déroulée sur huit mois en 2008. Cent-vingt sépultures, un bâtiment viticole antique et un village médiéval ont été découverts. Entretien avec Thierry Cornec, responsable d’opération.&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le site de Monsidun, un diagnostic de fouille a été établi en 2007 par Emmanuelle Galtié de l’Inrap et met en évidence la présence de vestiges de l’Antiquité et du Moyen Âge. À la suite de ce diagnostic, une fouille exhaustive est ordonnée par l’État, et l’Inrap en a la charge. Thierry Cornec est le responsable de cette opération, assisté de Gaëlle Lavoix et rassemblant vingt archéologues et spécialistes de l’Inrap. Ce site côtier est occupé durant presque un millénaire (<span class="smallcaps">ii</span><sup>e </sup>au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle), et nous renseigne sur l’évolution des pratiques funéraires, des activités humaines, agricoles, architecturales ou encore sur l’évolution de l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Le site présente une occupation quasi millénaire entre le <span class="smallcaps">ii</span><sup>e </sup>e et le <span class="smallcaps">x</span><sup>e </sup>siècle de notre ère comprenant deux époques distinctes, quelles sont les principales différences entre ces époques&nbsp;à Monsidun ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thierry Cornec. –</strong> Pour l’Antiquité, nous identifions clairement une activité vinicole. Nous n’avons pas retrouvé réellement de traces des vignes, mais un bâtiment viticole dans lequel nous distinguons tout le processus de transformation du raisin en vin, jusqu’à la conservation. Nous sommes en présence de vestiges de deux réceptacles avec un fouloir juste au-dessus reliés entre eux pour permettre l’écoulement du jus, plus une pièce accolée de forme allongée, considérée comme le chai. Nous pouvons affirmer que le bâtiment a été construit en une seule fois, puis quelques modifications ont été apportées au cours de sa période de fonctionnement. Vraisemblablement rattaché à une villa viticole, cet édifice a été bâti à proximité d’une voie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1.jpg" alt class="wp-image-36219" width="680" height="510" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px"><figcaption>Le bâtiment vinicole. Photo G. Lavoix.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Nous observons une période intermédiaire entre la fin de l’Antiquité et le haut Moyen Âge. Des édifices sur poteaux sont édifiés, et coïncident avec la modification du bâtiment vinicole sans que la fonction de l’ensemble soit déterminée. Cependant nous constatons l’émergence d’une activité d’exploitation du calcaire avec notamment la présence d’un imposant four à chaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant le Moyen Âge, nous sommes en présence d’une organisation raisonnée de maisons entre elles. Des traces d’activités artisanales sont identifiées, une aire de battage, un silo, des outils métalliques, des ateliers liés à un travail agricole mais également un espace funéraire sous la forme d’îlots de sépultures fonctionnant du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle.<br>Le village perdure jusqu’à environ la fin du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle. S’en suit un changement d’habitation sûrement vers le village de l’Houmeau, ce sont des pratiques courantes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2.jpg" alt class="wp-image-36220" width="647" height="863" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-225x300.jpg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-650x867.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-150x200.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 647px) 100vw, 647px"><figcaption>Le four à chaux. Photo C. Pironnet</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette évolution temporelle se traduit-elle par des stratifications ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est en milieu rural. À la différence du milieu urbain où les strates se superposent nettement en suivant l’évolution chronologique, ici nous travaillons sur de grands espaces, et nous n’observons pas forcément un empilement des couches, mais plutôt des croisements, des interférences des vestiges médiévaux et antiques. Même si certaines installations médiévales sont construites par-dessus des installations antiques, il n’y a que très peu de différences d’altitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour différencier les phases d’occupation, nous avons donc une autre approche, qui est l’étude du mobilier. Brigitte Vequaud, spécialiste de la céramique médiévale à l’Inrap, et David Guitton, spécialiste de la céramique antique à l’Inrap, ont apporté leur expertise afin d’établir des datations à partir des céramiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’espace funéraire est important sur ce site, quelles sont les pratiques d’inhumation&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de Fabrice Leroy, cent-vingt sépultures ont été recensées et étudiées, dont l’architecture est similaire sur l’ensemble de la parcelle. Ce sont des coffres aménagés avec des dalles orientées est-ouest, signe d’appartenance à la chrétienté. Nous observons une légère évolution dans l’inhumation des défunts, au fil du Moyen Âge la présence d’attributs personnels s’estompe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <span class="smallcaps">v</span><sup>e </sup>siècle est le début du christianisme sur le territoire français actuel, et les inhumations dans les espaces ruraux ne se font pas à l’écart des lieux d’activités. Ces pratiques induisent un mélange intime entre la mort et le vivant. Vers le second Moyen Âge, une évolution est en cours, les inhumations s’établissent autour d’un édifice cultuel, mais ce n’est qu’à partir du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle que les morts sont éloignés des vivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une sépulture a particulièrement éveillé votre intérêt, pouvez-vous la présenter&nbsp;? Avez-vous identifié les trois personnes inhumées&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement la découverte d’une sépulture multiple et collective attribuée à l’Antiquité, proche du bâtiment vinicole et accompagnée de quatre tombes individuelles, a fait grand bruit. Sa dimension est exceptionnelle pour seulement trois corps, 8 m de long sur 3m de large et 1,5m de profondeur. Parmi les défunts, deux ont été déposés à la même période, et le dernier deux siècles plus tard. La présence d’offrandes telles que de la vaisselle en céramique et en verre contenant des mets (poisson, viande, coquillage) nous laisse penser qu’il s’agit du couple propriétaire du domaine. Ce type d’inhumation est classique pour l’époque, elle atteste de l’importance sociale des défunts. Pour autant, il ne s’agit pas d’une sépulture luxueuse.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3.jpg" alt class="wp-image-36221" width="621" height="466" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 621px) 100vw, 621px"><figcaption>Trois exemples de sépultures en coffre. Photo F. Leroy.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi n’y a‑t-il plus de traces d’occupations à partir du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est bien situé, proche du littoral. Il a été occupé jusqu’au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle, puis la population s’est déplacée, ce n’est pas un abandon, c’est un phénomène commun pour cette période. Les installations se faisaient davantage autour d’une église. On peut qualifier ce déplacement de «déménagement» qui s’effectue certainement vers le village de l’Houmeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les études post-fouilles permettent de vous renseigner sur l’alimentation, sur l’environnement ou encore sur les cultures présentes, que vous disent-elles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous essayons de déterminer la manière dont vivaient ces populations, c’est tout l’intérêt de notre pratique. Nous avons notamment travaillé sur l’ichtyologie (étude des poissons) et la malacologie (étude des mollusques) ce qui nous a permis d’établir l’existence d’une pêche côtière, d’estran, qui est organisée, raisonnée. À la différence de la pêche des mollusques, qui relève davantage de comportements opportunistes. Au-delà des produits de la mer, une organisation des apports alimentaires est mise en place, l’élevage de différents animaux était pratiqué, tout comme la culture de végétaux. L’alimentation était variée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel souvenir gardez-vous de cette fouille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un site remarquable par ses caractéristiques peu communes, 5ha de superficie d’emprise de fouille, et un millénaire d’occupation. Au-delà des résultats obtenus, pouvoir travailler sur une mission aussi longue (huit mois), avec une équipe aussi importante (vingt archéologues) est formidable sur le plan archéologique mais surtout sur le plan humain.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/village-en-bord-de-mer-un-millenaire-de-vie/">Village en bord de mer, un millénaire de vie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Les Landes et l’agropastoralisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jul 2022 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bellocq]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Landes]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De la fin du Paléolithique à la fin de l’Antiquité, des populations s’installent sur le site de Bellocq à Saint-Geours-de-Maremne dans les Landes. Rencontre avec Vanessa Elizagoyen, archéologue de l’Inrap qui nous raconte l’évolution du site.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>De la fin du Paléolithique à la fin de l’Antiquité, des populations s’installent sur le site de Bellocq à Saint-Geours-de-Maremne dans les Landes. L’agropastoralisme se met en place progressivement, l’héritage laissé est préservé. Rencontre avec Vanessa Elizagoyen, archéologue de l’Inrap qui nous raconte l’évolution du site.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un diagnostic archéologique réalisé en 2017 révèle des occupations diachroniques s’étalant sur plus de 8&nbsp;000 ans. Une fouille a alors été ordonnée en 2018. De la fin du Paléolithique à l’Antiquité tardive, des traces d’occupations humaines sont retrouvées à Saint-Geours-de-Maremne, ville landaise située entre Dax et le littoral atlantique. Cette colline est cernée par des affluents de l’Adour. Vanessa Elizagoyen, responsable d’opération de cette fouille, était accompagnée de douze à trente agents de l’Inrap pour réaliser cette fouille qui a duré trois mois, sur 8&nbsp;800 m².</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Comment s’organisaient les différents niveaux de fouille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vanessa Elizagoyen. –</strong> Suivant les endroits cela varie, le site est érodé, les vestiges peuvent être juxtaposés. Sur le même plan, nous pouvons retrouver des silex du Paléolithique et des pots de l’Antiquité tardive. Au niveau de la dépression et en contrebas du site, les sédiments sont stratigraphiés, nous sommes en présence d’une accumulation de vestiges, avec au niveau de la couche sommitale les époques les plus récentes, et au niveau des couches les plus enfouies, les vestiges les plus anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous retracer l’histoire de ce site et son évolution&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’occupation débute au Tardiglaciaire, entre 13&nbsp;000 et 9&nbsp;000 ans avant le présent, où nous retrouvons une occupation azilienne, ce qui en fait un site inédit pour cette période dans les Landes. Cinq concentrations de débitage de silex sont présentes, parmi lesquelles nous observons une majorité de grattoirs utilisés pour le travail des peaux, des couteaux à dos pour le découpage de la viande, des armatures de chasses présentant des stigmates d’impacts, dont des pointes à dos courbe. La situation géographique du site laisse penser qu’une faune significative devait être présente. Nous avons fouillé avec attention un locus, centré autour d’une structure de combustion, qui était probablement un foyer. Les vestiges évoquent une occupation récurrente, saisonnière, certainement de type «halte de chasse».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons identifié deux phases d’occupation datées de la protohistoire dans la moitié nord de l’emprise de fouille. L’évolution des pratiques évolue et les populations se sédentarisent. Un secteur d’environ 1&nbsp;500 m² autour d’une zone humide caractérise une occupation de l’âge du Bronze ancien / moyen, vers ‑1800 / ‑1&nbsp;500 ans av. JC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les vestiges, nous avons retrouvé des traces de structures de grand volume qui pourraient correspondre à des silos, destinés au stockage de denrées alimentaires. L’établissement est interprété comme un petit habitat de plein air à vocation agropastorale. Le site est d’un intérêt considérable à l’échelle régionale, car peu d’habitats de cette période sont documentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’âge du Fer est également représenté pour cette période protohistorique. Les vestiges sont datés du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle av. J.-C. Les nouvelles structures sont plus hautes que pour celles de l’âge du Bronze, même s’il est difficile de restituer les plans des bâtiments qu’elles déterminent, nous pouvons envisager la présence d’un bâtiment au plan subcirculaire. Deux foyers sont localisés à l’intérieur d’un bâtiment, un silo livre des restes d’épeautre. Des fragments de faisselle documentent la fabrication de fromage. Cet habitat de l’âge du Fer correspond également à une occupation de type agropastorale, ce qui est rare pour la période, car au sud de la Garonne, ce sont la plupart du temps des sites à vocation funéraire qui sont mis au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle av. JC et le début du <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle ap. JC, l’absence de vestige pointe un hiatus. Durant l’Antiquité des populations s’établissent de nouveau à Bellocq, elles seront présentes jusqu’au haut Moyen Âge, du <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle ap. JC. Parmi les nouveaux bâtiments sur poteaux qui ont été édifiés, certains semblent cumuler des fonctions d’habitat, de stockage de céréales et d’atelier dédié de métallurgie. D’autres pourraient correspondre à des bergeries ou encore à des annexes&nbsp;: greniers, poulaillers, etc. La culture de l’épeautre, de l’orge et du millet sont attestés. Un aménagement en bois permet l’accès à une source qui s’écoule au pied du promontoire. Nous avons également retrouvé des traces de réduction du minerai de fer, qui est la première étape du travail du fer. &nbsp;L’établissement est détruit par un incendie qui intervient à la fin du <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> tout début du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À la suite de cet incendie, le site est-il remanié&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous observons des restes d’ateliers de forge mais peu de traces de reconstructions apparaissent aux <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> siècle. Durant la première moitié du <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> siècle, un long bâtiment sur poteaux est aménagé, et quelques réparations sont constatées sous la forme de recreusement de poteaux. Au Moyen Âge, les populations se dispersent et le site n’est plus occupé. Cela correspond à une évolution de l’occupation des sols, le territoire est divisé en diocèses. Le bourg actuel de Saint-Geours-de-Maremne,&nbsp; situé à 2–3 km du promontoire, témoigne ainsi d’une occupation ancienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À partir de quand et comment se développent les pratiques agropastorales&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’âge du Bronze, les populations ont des pratiques agropastorales. La mise en culture des sols extrêmement pauvres des Landes nécessite l’élevage des moutons, qui enrichit les sols par la fumure. Le site était propice à une telle installation, étant en hauteur, sur un plateau bien drainé et à la fois et alimenté en eau. Les populations concernées vivent avec peu de moyens et témoignent d’une culture propre, typique de l’Aquitaine méridionale. Les importations de biens manufacturés sont insignifiantes sur le site pour la période antique et ils fonctionnent avec des récipients en céramique modelés, dont les formes sont spécifiques. L’activité artisanale de métallurgie du fer est une occupation saisonnière de faible ampleur. Le site de Saint-Geours-de-Maremne a été délaissé au Moyen Âge mais l’agropastoralisme a perduré dans les Landes jusqu’au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle, puis les cultures intensives comme celles des pins et du maïs ont pris le dessus à partir de Napoléon III.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-landes-et-lagropastoralisme/">Les Landes et l’agropastoralisme</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Tailler le silex au bord de la Charente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Charente]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[paléolithique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du diagnostic de fouille établi en 2010, Mila Folgado-Lopes a mis au jour des vestiges du Paléolithique moyen et supérieur dont une sépulture du Mésolithique ainsi que des vestiges antiques et médiévaux (un ensemble sépulcrale et un espace de stockage). L’État a donc ordonné une fouille portant sur l’ensemble des vestiges présents. Le site se situe sur un versant de la Charente. Les conditions qu’il propose, un site ouvert formant une sorte de crique, ont permis aux différentes populations d’installer certaines de leurs activités. Trois zones distinctes sont fouillées, une concernant le Paléolithique, une autre portant sur l’Antiquité et une dernière renseignant sur le Moyen Âge.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg" alt class="wp-image-36210" width="551" height="694" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg 674w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-238x300.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-650x819.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-150x189.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 551px) 100vw, 551px"><figcaption>Vue rapprochée d’une concentration de silex taillés en cours de fouille. Photo Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«Nous sommes en présence de vestiges du Paléolithique moyen vers – 50&nbsp;000 ans, ainsi que du Paléolithique supérieur, de l’Aurignacien, daté de – 40&nbsp;000 / – 30 000, sur une surface de 3&nbsp;500 m²», explique Nelly Connet. Ce site est situé sur un versant de la Charente, où des colluvions ont permis la stratification des vestiges. «Les vestiges du Paléolithique moyen sont situés plutôt en bas du versant, et ceux du Paléolithique supérieur sur le versant, il s’agit d’un site stratifié en plein air.» Le Paléolithique supérieur présente des vestiges de zones de taille, où neuf concentrations de restes de taille de silex ont été identifiées, pour un total de 8&nbsp;364 vestiges dont principalement des déchets de production de lamelles. «Nous tentons de reconstituer, par les remontages, sortes de puzzle en 3D, les blocs de silex exploités afin d’en restituer les enchaînements techniques. Certains des blocs contiennent manifestement des erreurs corrigées, et pourraient donc relever d’exercices d’apprentissage de la taille du silex, ajoute-t-elle. La dispersion des vestiges sur le site et les liens mis en évidence par les remontages permettent de retracer les déplacements des objets. Dans le cas de la zone supposée d’apprentissage, ils montrent que les corrections apportées aux erreurs des apprentis ont été faites dans d’autres secteurs du site, montrant ainsi l’interaction possible entre élève et maître. Une telle découverte n’est pas fréquente.» La taille des blocs de minéraux n’est pas la tâche la plus aisée, c’est très technique et un apprentissage est nécessaire. «Le site n’a pas livré de restes osseux, nous ne savons pas ce qu’ils ont consommés, mais, par les analyses tracéologiques réalisées par Émilie Claud – étude des micro-traces des objets pour définir les pratiques et matières travaillées – nous savons que les Hommes ont pratiqué la boucherie et le travail des peaux.» Le lieu n’est donc pas simplement un atelier de taille de silex, c’est un véritable lieu de vie, sûrement un vaste campement. Le même genre d’activités est également présent au Paléolithique moyen.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="647" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg" alt class="wp-image-36209" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-300x190.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-768x485.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-650x411.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-150x95.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Localisation des ensembles paléolithiques sur une vue aérienne du secteur paléolithique. Photo P. Neury, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«Alexandra Hanry était en charge de la fouille et de l’étude de la période antique», précise Nelly Connet. Plusieurs bâtiments sont présents, dont un ensemble important, à vocation viticole, daté entre le <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> et le <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle et qui est particulièrement bien conservé.» Puis l’ensemble a périclité jusqu’au <span class="smallcaps">iii</span><sup>e</sup> – <span class="smallcaps">iv</span><sup>e </sup>siècle. L’activité viticole s’avère avoir été de courte durée et il semblerait ensuite que l’occupation ait été épisodique. «Pour le Moyen Âge, c’est David Martin qui a dirigé la fouille. Un ensemble de silos, rassemblés sur 1&nbsp;000 m², a fonctionné entre le <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle. L’habitat devait être relativement proche même s’il ne se trouve dans l’espace du projet qui a donné lieu à cette fouille.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Deux secteurs distincts comportant des sépultures et dissociés de la zone d’ensilage ont été retrouvées&nbsp;». Fouillés sous la direction d’Isabelle Souquet, un premier ensemble de quatorze sépultures datées du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup>, <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle est présent à l’ouest de la fouille&nbsp;: «Ce lot est contemporain de l’activité des silos, mais nous ne pouvons pas affirmer qu’ils soient liés.&nbsp;Ce sont des tombes individuelles orientées ouest-est où toutes les classes d’âge sont représentées. Des coffrages en calcaire sont utilisés uniquement pour les sujets les plus jeunes.» Le second ensemble se situe dans les vestiges antiques abandonnés, et certaines sépultures sont alignées contre un mur antique qui devait donc être encore visible, et sans doute en partie en élévation. Cet ensemble, distant d’une cinquantaine de mètres du précédent, comprend sept sépultures datées entre le <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> et la fin du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e </sup>siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fouille témoigne d’occupations régulières, plus ou moins pérennes à Bourg-Charente. Certaines découvertes, comme l’apprentissage de la taille de silex, donnent ici matière à comprendre un peu mieux les pratiques de nos ancêtres, la fouille contribue donc à l’enrichissement des savoirs. L’éducation laisse des traces et révèle ses pratiques, à chaque époque sa méthode.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tailler-le-silex-au-bord-de-la-charente/">Tailler le silex au bord de la Charente</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Sur les traces de nos ancêtres gaulois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jun 2022 08:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[archéozoologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bessines]]></category>
		<category><![CDATA[Deux-Sèvres]]></category>
		<category><![CDATA[Gaule]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les Deux-Sèvres, à Bessines, une fouille de 7 000 m² dirigée par Patrick Maguer (Inrap), a permis d’étudier un sanctuaire gaulois entre septembre et décembre 2008.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les Deux-Sèvres, à Bessines près de Niort, une fouille de 7&nbsp;000 m² menée par une équipe de l’Inrap dirigée par Patrick Maguer, a permis d’étudier un sanctuaire gaulois entre septembre et décembre 2008. En activité entre la fin du <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle et le début du <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> siècle avant notre ère, le site apporte un nouveau témoignage sur les pratiques cultuelles gauloises.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’archéologie a rarement l’occasion d’aborder la question des lieux de culte de cette période, d’autant que, souvent réoccupés et transformés à la période romaine, nombre de sanctuaires de la fin de l’âge du Fer ont été plus ou moins détruits par ces aménagements postérieurs. À Bessines, toute activité religieuse cesse avant la conquête romaine, préservant ainsi le sanctuaire dans son état initial. Il contribue de ce fait à l’enrichissement de nos connaissances sur les pratiques religieuses de la fin de l’âge du Fer dans l’ouest de la Gaule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe de l’Inrap, composée d’une dizaine d’archéologues, dont un anthropologue et un archéozoologue, permettent ainsi de nous plonger dans l’histoire, à la fois étonnante et fascinante de notre territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un fossé profond de 1,4 m et large de 2,8 m délimite un sanctuaire trapézoïdal de 700 m².&nbsp;«Nous sommes en présence d’un sanctuaire rural, ce qui est intéressant, car les quelques sanctuaires fouillés ces dernières années sont souvent liés à des agglomérations», précise Patrick Maguer. L’entrée du sanctuaire est orientée au sud-est, ce qui est la norme dans l’ouest de la Gaule. «Nous avons retrouvé les éléments d’une cotte de maille – qui est une invention gauloise – et de nombreux objets du quotidien, de l’outillage, des couteaux, une broche à cuire, des éléments de parure, un dé en os à jouer ou de divination, plus de 160 kg d’ossements animaux, mais aussi 140 kg de vaisselle en céramique.» Les restes d’animaux proviennent de porcs, de bœufs, d’ovicapridés, de chevaux et de chiens. Ils témoignent d’abattages massifs en lien avec les pratiques religieuses. «Le public n’assiste probablement pas aux cérémonies se déroulant dans l’enceinte sacrée du sanctuaire réservée aux initiés, mais participe aux banquets durant lesquels sont consommés les animaux sacrifiés», ajoute l’archéologue. Lieu de culte, le sanctuaire est sans doute aussi un site d’observation des signes astronomiques et probablement un espace à vocation judiciaire. Treize fragments d’os humains, appartenant à au moins trois individus adultes, ont d’ailleurs été retrouvés. «Nous avons identifié sur ces os des manipulations post-mortem, comme en témoignent les stries de découpe observées sur un fragment de tibia, vraisemblablement liées à un rituel religieux. Nous savons que ces ossements sont déposés frais dans le fossé car nous avons des traces de rognage, or les chiens n’attaquent que les os frais.» Il peut s’agir de guerriers vaincus, ou bien de condamnés judiciaires, mais d’autres hypothèses sont à envisager.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1016" height="762" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie.jpg" alt class="wp-image-36175" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie.jpg 1016w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1016px) 100vw, 1016px"><figcaption>Bessines, Grand-Champ-Est, faune : exemples de crânes découverts dans le comblement médian du fossé d’enclos. A : crâne d’étalon présentant une grande perforation ovalaire&nbsp;; B : crâne de bœuf ; C : crâne de vache ; D : crâne de jument. Photo J.-G. Ferrié/Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’entrée du sanctuaire est délimitée par une ouverture large de 90 cm, où de part et d’autre était exposé un trophée militaire, composé d’un umbo de bouclier, d’une épée, de deux fourreaux d’épée, d’une chaîne de suspension d’épée. «Nous avons retrouvé deux ensembles de trous de poteau au sein du sanctuaire, attestant la présence d’au moins deux bâtiments. Le premier, de forme carrée, pourrait avoir une fonction religieuse. Le second, de forme plus étroite et allongée, pourrait correspondre à une stabulation pour les animaux destinés au sacrifice.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est implanté au sud-est de l’ancien golfe des Pictons (l’actuel Marais poitevin), le long d’un axe routier permettant de contourner le golfe par l’est. L’endroit est certainement stratégique pour l’époque et explique probablement la présence de ce sanctuaire. «Contrairement aux sanctuaires d’agglomération, celui de Bessines n’était sans doute fréquenté qu’au cours de certaines grandes fêtes religieuses dirigées par la classe sacerdotale composée de druides, de bardes et de vates.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si Strabon évoque l’existence de prêtresses vivant sur une île à l’embouchure de la Loire, les druides sont essentiellement des hommes, sans doute plutôt issus de familles aristocratiques, même s’ils peuvent choisir des apprentis parmi le peuple», détaille Patrick Maguer.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de la connaissance de la religion, ils s’adonnent à un apprentissage spécifique et particulièrement long&nbsp;: «L’éducation religieuse est uniquement orale, l’écriture étant proscrite dans ce domaine. Ils doivent apprendre les textes par cœur et les transmettre ensuite à leurs élèves. Durant leur formation, ils doivent également acquérir des connaissances en philosophie, en mathématique, en botanique ou encore en astronomie. Pour cette raison, celle-ci peut durer une vingtaine d’années.» Ainsi, seuls quelques initiés ont accès au savoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hormis les druides, les vates et les bardes sont aussi des religieux, mais hiérarchiquement moins importants que les druides. Les bardes sont des panégyristes et des poètes. Ils ont notamment la charge de la mémoire des élites aristocratiques et accompagnent les sacrifices en musique. Les vates s’occupent des cérémonies religieuses, ils sacrifient et interprètent les signes. Les religieux, particulièrement les druides, occupent une place prépondérante dans la société gauloise. Selon César, ils prennent part aux décisions importantes, règlent les conflits entre États ou entre particuliers. «Ils rendent la justice sous autorité divine, ce qui peut expliquer la présence d’ossements humains dans les sanctuaires», indique Patrick Maguer.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="395" height="563" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2.jpg" alt class="wp-image-36176" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2.jpg 395w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2-210x300.jpg 210w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2-150x214.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 395px) 100vw, 395px"><figcaption>De gauche à droite et de haut en bas&nbsp;: épée, fourreau d’épée, chaîne de suspension d’épée, anneaux de cotte de maille, talon de lance, umbo de bouclier. Photo : Isabelle Fortuné/ université de Poitiers.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans les Deux-Sèvres, la fouille du sanctuaire de Grand-Champ-Est apporte ainsi un témoignage inédit sur les pratiques religieuses gauloises. À travers ces vestiges archéologiques et les restes qui y sont déposés, c’est la société gauloise qui se dessine avec ses paysans, ses artisans, ses guerriers et ses prêtres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Patrick Maguer,<em> Trophée guerrier à la porte du sanctuaire : le cas de l’enclos celtique de Grand-Champ-Est à Bessines (Deux-Sèvres), in </em>Lemaître S., Batigne-Vallet C. (dir.)<em>, Abécédaire pour un archéologue Lyonnais. Mélanges offerts à Armand Desbat, Montagnac, Monique Mergoil, <em><em>(coll. Archéologie et Histoire Romaine, 30)</em></em></em>, <em><em>2015</em>.</em><br><br><em>Maguer P., Brunie D., Ferrié J.-G., Landreau G., Lemaître S</em>.<em>, <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02891694">Les sanctuaires de plein air en Centre Ouest (VI<sup>e</sup> siècle/I<sup>er</sup> siècle av. J.-C.)</a>, in </em>Barral P., Thivet M. (dir.)<em>, Sanctuaires de l’âge du Fer. Actes du 41<sup>e</sup> colloque international de l’Association française pour l’étude de l’âge du Fer </em>(Dole, 25–28 mai 2017), AFEAF (coll. 1), p.&nbsp;199‑220, 2019.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/sur-les-traces-de-nos-ancetres-gaulois/">Sur les traces de nos ancêtres gaulois</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La place Fournier dévoile des secrets bien gardés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jun 2022 15:27:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Limoges]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fouille réalisée par l’Inrap place Fournier à Limoges a révélé de nombreux vestiges, dont certains inattendus. Entretien avec Christophe Maniquet, responsable de l’opération de fouille.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La fouille réalisée par l’Inrap place Fournier à Limoges a révélé de nombreux vestiges, dont certains inattendus. Entretien avec Christophe Maniquet, responsable de l’opération de fouille à propos des découvertes ainsi que leur apport à la compréhension de l’évolution du quartier.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du réaménagement de la place de la République ainsi que des rues et des places adjacentes, un diagnostic de fouille a été établi en 2016 révélant des sépultures (du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup>) à 40 cm de profondeur. Le Service régional d’archéologie a demandé une fouille extensive de 640 m² place Fournier qui a mobilisé huit membres de l’Inrap du 8 février au 13 avril 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – De quelles informations historiques disposiez-vous avant d’entreprendre les fouilles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christophe Maniquet. –</strong> À la suite du sondage effectué sur le site en 2016, nous savions qu’il y avait des vestiges archéologiques importants sous la place, susceptibles d’être perturbés voire complètement détruits par les travaux. C’est un milieu hyper urbain, donc les niveaux se stratifient sur de grandes épaisseurs, avec souvent plusieurs états d’occupation successifs qui se superposent. Le but est de comprendre l’évolution urbaine de ce quartier au cours du temps, depuis les niveaux les plus profonds que l’on puisse atteindre, et d’apporter de nouvelles informations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, nous avons été étonnés de l’ampleur du cimetière qui s’étend sous la place Fournier. Cette fouille a également permis de visualiser l’environnement immédiat de l’abbaye Saint-Martial. Nous avons retrouvé une absidiole de l’abbatiale et pu établir des liens stratigraphiques entre le bâtiment et les sépultures, dont les plus récentes sont datés de la fin du <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup> siècle. La grande surprise de cette fouille est la découverte de plusieurs fossés défensifs qui cernaient probablement l’abbaye entre le <span class="smallcaps">x</span><sup>e </sup>et le <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle. Les systèmes défensifs étaient vaguement abordés dans les textes, et ce n’est qu’au moment de la fouille que nous avons constaté la présence d’au moins trois fossés successifs, d’environ 20 m de large et 5 m de profondeur.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445.jpg" alt class="wp-image-36130" width="659" height="494" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 659px) 100vw, 659px"><figcaption>L’absidiole de l’abbatiale mise au jour dans l’angle de la fouille. Photo Louis Maniquet.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Lors de l’étude d’une partie des fossés nous avons trouvé des tombes creusées dans leurs remplissages. On observe une période d’interruption des inhumations qui correspond à la construction puis à l’utilisation des fossés, soit du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces vestiges étaient inconnus jusqu’alors, nos travaux apportent donc une information inédite et importante sur l’évolution topographique de ce quartier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925.jpg" alt class="wp-image-36131" width="661" height="496" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 661px) 100vw, 661px"><figcaption>Mur gallo-romain et sépultures des <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> siècles dégagés sous les creusements des fossés défensifs médiévaux. Photo Christophe Maniquet, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jusqu’à quelle profondeur avez-vous pu fouiller ?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici nous avons essayé d’atteindre le terrain originel, celui sur lequel l’homme s’est établi. Nous avons retrouvé des traces de l’ancien ruisseau d’Enjoumar qui a été canalisé par la suite. C’est autour de ce ruisseau que s’installent les premières occupations gallo-romaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les profondeurs atteintes sont celles qui seront perturbées par les aménagements, nous sommes donc descendus jusqu’à 3 m – 3,50 m de profondeur ponctuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Certaines de ces tombes sont en carreaux de terre cuite, est-ce une utilisation courante pour l’époque&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas la première fois que ce type de sépulture est découverte. Depuis les années 1960 plusieurs fouilles ont été menées à la suite de la construction du parking souterrain de la place de la République, à l’emplacement du cimetière et d’une partie des édifices cultuels de l’abbaye Saint-Martial. Des sépultures datant de toute la période médiévale avaient été découvertes. Les plus anciennes, aménagées à l’aide de carreaux de terre cuite de tradition romaine, peuvent être été datées entre le <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">vi</span><sup>e </sup>siècle de notre ère. Les analyses au carbone 14 prévues permettront de préciser la période d’inhumation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas d’explication particulière quant à l’utilisation de ces matériaux. Il se peut qu’à certaines périodes, des matériaux architecturaux ont été utilisé à d’autres fins, dont la construction de tombes.</p>



<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item " data-item-id="36133"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="611" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg" alt data-id="36133" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg" class="wp-image-36133" title="05a.P1190969" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-300x179.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-768x458.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-650x388.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-150x90.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Sépulture dallée et coffrée de carreaux de terre cuite (tegulae mammatae) de tradition romaine Photos Camille Martofel, Inrap.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36134"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="695" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg" alt data-id="36134" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg" class="wp-image-36134" title="05b.P1200710" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-300x204.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-768x521.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-650x441.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-150x102.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36136"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="550" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg" alt data-id="36136" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg" class="wp-image-36136" title="06.P1170919" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-300x161.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-768x413.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-650x349.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-150x81.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Sépulture coffrée de carreaux de terre cuite, datée du XIIIe ou du XIVe siècle. Photo Christophe Maniquet, Inrap.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36137"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg" alt data-id="36137" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg" class="wp-image-36137" title="07.P1210731" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Certaines tombes de la fin du Moyen Âge voyaient leurs parois doublées de rangées de pierres. Photo Benoît Kirschenbilder, Inrap.</figcaption></figure></div></div></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous pu déterminer quel type de population a été enterré&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau de la place Fournier, concernant la période de la fin médiévale, les individus inhumés sont surtout des hommes plutôt âgés. Il pourrait s’agir du cimetière des moines qui est mentionné pour les périodes modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y avait également des individus inhumés dans un linceul ou un cercueil en bois, qui ont disparu avec le temps, quelles ont été les techniques utilisées pour déterminer la position initiale du corps et le type de sépulture&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là du travail des anthropologues. Après le dégagement et la fouille minutieuse des squelettes, en fonction de la position des ossements ils peuvent déterminer s’ils se sont décomposés en espace ouvert ou en espace colmaté. C’est-à-dire si la terre a bloqué le mouvement des ossements avant la décomposition des corps, ou non. Si l’espace est vide, nous sommes sûrement en présence d’un cercueil ou d’un coffrage en bois qui s’est décomposé après le corps&nbsp;; les os ne sont plus forcément dans leur position initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez découvert un four destiné à la fabrication d’une cloche, et un mur de l’ancienne abbatiale. En quoi ces éléments nous renseignent-ils sur l’organisation du site à cette époque&nbsp;? </strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons retrouvé de multiples fragments de moules à cloche, ce qui nous a permis de comprendre la nature de cette structure. La céramique va nous permettre de dater ce four, puis nous allons consulter les textes mentionnant la fabrication de cloches à différentes périodes afin d’émettre des hypothèses sur leurs destinations, mais nous n’aurons jamais de certitudes. Le four est en très bon état et sa base est construite avec des pierres récupérées sur l’abbaye. Ces pierres moulurées qui conservent des traces de peinture apportent des informations inédites sur le mode de construction et la décoration de l’abbaye.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant le mur de l’abbatiale, il faut savoir que toute l’abbaye a été classée au titre des Monuments Historiques. Il était donc impossible d’envisager que ce mur soit détérioré par les aménagements. Des modifications de projet établies avec les aménageurs ont permis de ne pas dégrader davantage ce mur qui restera enfoui sous la place.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426.jpg" alt class="wp-image-36138" width="776" height="582" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 776px) 100vw, 776px"><figcaption>Le four à cloche aménagé à l’aide de blocs moulurés récupérés sur les bâtiments de l’abbaye. Il est perturbé par un mur de la période moderne. Photo Louis Maniquet.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aucune trace de présence humaine entre le <span class="smallcaps">xv</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle n’a été découverte, comment expliquez-vous cette absence&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, des remaniements majeurs de la topographie ont entrainé des décaissement et arasement très importants. Les découvertes de maçonneries ou sépultures enfouies ont alors dû être nombreuses. Seulement, à cette époque l’archéologie n’existait pas encore et nous pouvons légitimement penser que les vestiges mis au jour ont été évacués sans aucune observation archéologique. L’archéologie a réellement débuté au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle par l’intermédiaire d’érudits qui ont fait part de leurs découvertes lors de divers aménagements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avoir en tête qu’aujourd’hui nous construisons en creusant et en excavant à l’aide d’engins mécaniques, alors que durant l’Antiquité et le Moyen Âge, la méthode ordinaire consistait, le plus souvent, à construire les nouveaux édifices directement sur les niveaux de destruction des précédents. Ceci engendre un rehaussement progressif des structures et constitue la stratigraphie étudiée par les archéologues. De ce fait, en général, plus on descend profondément et plus les vestiges sont anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une année s’est écoulée depuis la fin des fouilles, où en êtes-vous de la phase d’étude ?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un travail de longue haleine, avec dans un premier temps la phase de lavage du mobilier&nbsp;: ossements (animaux et humains), céramique, verre, métal (dont les monnaies), etc. Après cette phase de lavage, le mobilier est orienté vers différents spécialistes&nbsp;: l’archéozoologue, le céramologue, le carpologue, l’anthracologue… C’est le travail conjoint des différents spécialistes et la mise en commun des informations qui nous permet de comprendre l’ensemble du site et son évolution dans le temps. La phase d’étude est toujours en cours.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-place-fournier-devoile-des-secrets-bien-gardes/">La place Fournier dévoile des secrets bien gardés</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L’Inrap pour l’histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jun 2022 17:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[archéozoologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bordeaux]]></category>
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		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[université de Bordeaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Institut national de recherches archéologiques préventives fête ses 20 ans. Entretien avec la directrice interrégionale en Nouvelle-Aquitaine et Outre-Mer, Gracy Pradier-Guldner.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Institut national de recherches archéologiques préventives fête ses 20 ans. Il est un acteur incontournable du monde de l’archéologie. Depuis sa création, en Nouvelle-Aquitaine, l’Inrap est intervenu à 4&nbsp;259 reprises pour sonder et fouiller les sols. Retour sur ses missions et son fonctionnement avec la directrice interrégionale Gracy Pradier-Guldner.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 20 ans, ce sont 3&nbsp;801 diagnostics et 458 fouilles qui ont été effectuées en Nouvelle-Aquitaine. L’Inrap est un établissement public placé sous la double tutelle du ministère de la culture et du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. L’organisation territoriale se répartit en huit délégations régionales et interrégionales dont celle de Nouvelle-Aquitaine et Outre-Mer (NAOM) dirigée par Gracy Pradier-Guldner. Elle se compose des douze départements de Nouvelle-Aquitaine mais aussi de La Réunion, de Mayotte, de La Martinique, de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de Saint-Barthélémy et de la Guyane. Les territoires d’outre-mer et la Nouvelle-Aquitaine sont liés par des traditions d’échanges économique et universitaire, notamment entre les universités bordelaises et antillaises comme en témoigne le décret du 27 juin 1947 qui rattache l’enseignement supérieur des Antilles à l’université de Bordeaux. Traditionnellement de nombreux étudiants d’outre-mer remplissent les rangs des amphithéâtres néo-aquitains.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un devoir de mémoire</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’archéologie est la discipline scientifique qui étudie les traces de la présence humaine au cours du temps, pour nous permettre de comprendre l’évolution des civilisations en renseignant les pratiques. «C’est une véritable discipline citoyenne qui s’appuie sur l’histoire locale et éclaire nos sujets de société actuels, l’environnement, l’alimentation, les migrations, l’évolution de l’urbanisme, les questions ethniques ou religieuses», affirme Gracy Pradier-Guldner.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="677" height="450" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/4673_vignette_restauration-copie.jpg" alt class="wp-image-36122" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/4673_vignette_restauration-copie.jpg 677w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/4673_vignette_restauration-copie-300x199.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/4673_vignette_restauration-copie-650x432.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/4673_vignette_restauration-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 677px) 100vw, 677px"><figcaption>Remontage, en laboratoire, de fourreaux d’épées gauloises retrouvées dans le sanctuaire de Tintignac à Naves (Corrèze), 2005. Photo Patrick Ernaud, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’archéologie préventive s’intègre dans le cadre d’aménagements susceptibles de détruire ou de dégrader de potentiels vestiges enfouis, comme un parking sous-terrain, un immeuble, une voie ferrée ou une route, et représente 90 % des fouilles réalisées en France. La première phase est celle du diagnostic, effectuée sur prescription du préfet, et réalisée par un organisme public, que ce soit l’Inrap ou les services d’archéologies des collectivités territoriales. Si le site sondé révèle des vestiges significatifs sur le plan scientifique ou patrimonial, alors l’État, par l’intermédiaire du Service régional d’archéologie ordonne une fouille, c’est le cas dans 20 % des diagnostics. L’aménageur doit alors faire appel à un service agrémenté par l’État qu’il soit public comme l’Inrap, ou privé, afin d’effectuer une fouille. «C’est un domaine ouvert à la concurrence depuis 2003 et nous avons des équipes capables de répondre aux différentes exigences des cahiers des charges scientifiques réalisés par les SRA lors de la prescription de fouilles», précise la directrice. Ces fouilles sont plus conséquentes que les diagnostics et les archéologues passent au peigne fin les différentes couches stratigraphiques qui se sont accumulées avec une abondance de biomasse, et qui conservent les vestiges.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Travail collectif</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">«Le travail d’équipe et l’approche interdisciplinaire&nbsp;sont au cœur de l’Inrap, toutes les chronologies sont couvertes par nos équipes et de nombreuses spécialités sont représentées», insiste Gracy Pradier-Guldner. Une fois le travail de terrain effectué, le mobilier est transmis aux différents spécialistes pour qui chaque élément est une information potentielle. Ainsi le carpologue identifie les pratiques alimentaires et agricoles à partir des graines conservées, l’archéozoologue caractérise les espèces animales à partir des os, des cornes ou des dents et l’anthropologue parvient à renseigner le sexe, l’âge, la taille ou encore les causes de la mort à partir des ossements humains présents, s’ils sont convenablement conservés. D’autres études environnementales existent également comme la palynologie, l’anthracologie, la xylologie…</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11841_vignette_villeneuve-sur-lot-2017-pg.jpg" alt class="wp-image-36123" width="518" height="778" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11841_vignette_villeneuve-sur-lot-2017-pg.jpg 668w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11841_vignette_villeneuve-sur-lot-2017-pg-200x300.jpg 200w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11841_vignette_villeneuve-sur-lot-2017-pg-650x976.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11841_vignette_villeneuve-sur-lot-2017-pg-150x225.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 518px) 100vw, 518px"><figcaption>Amphore type Dressel 1, Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Photo Pascale Galibert, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>Valoriser le savoir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les missions confiées à l’Inrap, outre la réalisation des diagnostics et des fouilles archéologiques, il y a également l’exploitation scientifique de ces résultats ainsi que la contribution à l’enseignement, la valorisation et la diffusion des savoirs. Pour cela, après chaque fouille «le rapport d’opération, orchestré par le responsable de fouille, fruit de la collaboration des différents acteurs doit être rendu dans les deux années post-opération». Il permet de rendre compte des découvertes, mais aussi de commenter les observations et résultats. L’Inrap NAOM contribue à la diffusion du savoir archéologique au sein de la communauté scientifique, en accordant à ses agents en 2020, «environ 2 300 jours afin qu’ils puissent mener à bien leurs projets de recherche, colloque, enseignement, et autres activités en lien avec la recherche», détaille Gracy Pradier-Guldner. Une partie de ses agents sont également rattachés aux laboratoires universitaires, comme Pacéa ou Ausonius à Bordeaux, preuve supplémentaire de l’importance de l’Inrap dans le monde de l’archéologie comme en témoigne la directrice interrégionale&nbsp;: «Pour nous, il est important que nos agents puissent mener des actions de recherche en tant qu’institut national de recherche.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe.jpg" alt class="wp-image-36124" width="616" height="410" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/12322_vignette_panneaux-tip-taupe-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 616px) 100vw, 616px"><figcaption>Animation de sensibilisation à l’archéologie. Photo Pascale Galibert, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs échanges entre pairs, la médiation scientifique s’affirme. «La valorisation des savoirs auprès du public le plus large possible prend de plus en plus de place signale-t-elle. Ainsi les sollicitations extérieures sont en&nbsp;constante augmentation, que ce soit de la part des aménageurs, des écoles, des médiathèques ou d’autres acteurs.» En 2020, en France, ce sont 628&nbsp;048 visiteurs qui ont bénéficié d’actions de valorisation de l’Inrap. «Le partage des connaissances est l’occasion d’approfondir la connaissance de nos territoires, d’éclairer notre façon de concevoir la ville aujourd’hui. C’est un enjeu et une mission du service public.» Pour cela, plusieurs événements sont organisés tout au long de l’année. Durant les fouilles, avec la mise en place de journées portes ouvertes, mais également après les opérations avec des conférences ou les journées européennes de l’archéologie qui sont coordonnées par l’Inrap. Elles permettent d’approcher cet univers si évocateur, pourvoyeur de rêve, qui permet d’imaginer la vie de nos ancêtres des siècles voire des millénaires en arrière.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578.jpg" alt class="wp-image-36125" width="596" height="398" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/11981_vignette_11725-vignette-dsc5578-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px"><figcaption>Lors d’une fouille, rien ne doit échapper à l’attention de l’archéologue. Un tamis à grosse maille permet de faire apparaître les plus petits vestiges qui pourraient se cacher dans les sédiments. Un deuxième tamisage à l’eau, encore plus fin, peut être ensuite effectué pour identifier notamment des graines, fruits, noyaux qu’étudiera le carpologue. Ici, lors d’une fouille de l’îlot Renaudin à Angoulême (Charente), l’archéologue tamise des sédiments recelant des vestiges du Paléolithique final. Photo Denis Gliksman, Inrap.</figcaption></figure>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’archéologie préventive pour l’avenir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La délégation NAOM fluctue entre 220 et 230 salariés, répartis entre les neuf implantations de l’interrégion&nbsp;: 6 centres de recherches archéologiques, à Bègles (Gironde), qui est également le siège de la direction interrégionale, Campagne (Dordogne), Poitiers (Vienne) Limoges (Haute-Vienne), Cayenne (Guyane), Gourbeyre (Guadeloupe) et trois autres sites (Saint-Denis à La Réunion, Le Lamentin en Martinique et Oyster Pond à Saint-Martin). Actuellement un plan de recrutement à l’échelle nationale est mené, 200 agents devraient intégrer l’Institut d’ici deux ans, selon les besoins de chaque délégation régionale / interrégionale. «L’archéologie préventive a une activité importante en France, les découvertes sont fréquentes.» Les aménagements futurs de ce vaste territoire ne contrediront certainement pas Gracy Pradier-Guldner. Ils permettront aux équipes de l’Inrap de mettre au jour le passé présent sous nos pieds, afin de retracer les pas de nos prédécesseurs, pour le plus grand plaisir du public, qui plébiscite ces découvertes.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/linrap-pour-lhistoire/">L’Inrap pour l’histoire</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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