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	<title>Moyen Âge - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Moyen Âge - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Feb 2025 10:51:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En hommage à Martin Aurell, grand médiéviste mort subitement à son domicile dans la nuit du 7 au 8 février, nous publions l’un des nombreux entretiens qu’il nous a accordés.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/martin-aurell-rejoint-alienor-daquitaine/">Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En hommage à Martin Aurell, grand médiéviste mort subitement à son domicile dans la nuit du 7 au 8 février, nous publions l’un des nombreux entretiens qu’il nous a accordés.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université de Poitiers depuis 1994, au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale qu’il a dirigé de 2016 à 2022, Martin Aurell était un spécialiste des pouvoirs, de la société et de la culture de l’empire Plantagenêt et en Méditerranée occidentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son dernier ouvrage paru est consacré à <em>Aliénor d’Aquitaine. Souveraine femme</em> (coll. «Grandes Biographies», Flammarion, 2024), une somme d’érudition qui se lit comme un roman. Le personnage s’y prête mais, surtout, l’historien apportait un soin tout particulier à l’écriture. L’appareil critique est considérable, notamment parce qu’il intègre l’historiographie britannique&nbsp;: «Aliénor, aquitaine de naissance et reine de France, mais aussi reine d’Angleterre, où elle a vécu plus d’années que sur le continent, se trouve à la croisée de deux longues traditions nationales et scientifiques dont il importe de comprendre et d’exploiter les caractéristiques propres. Combiner la méthode anglaise, issue de l’empirisme, à la française, redevable du rationalisme, ne peut qu’aboutir à un résultat équilibré.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était toujours un plaisir de s’entretenir avec cet homme d’une rare élégance, au verbe clair, précis, bienveillant, dont l’immense savoir n’avait rien d’écrasant, au contraire il agissait comme un stimulant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons publié cet entretien dans <em>L’Actualité</em> n° 111, en janvier 2016, au moment de la fusion des régions Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine en Nouvelle-Aquitaine.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="808" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2.jpeg" alt class="wp-image-38597" style="width:507px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2.jpeg 808w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-237x300.jpeg 237w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-768x973.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-650x824.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-150x190.jpeg 150w" sizes="(max-width: 808px) 100vw, 808px"><figcaption class="wp-element-caption">Martin Aurell en 2002 quand il publie <em>L’Empire des Plantagenêt (1154–1224)</em>. Photo Mytilus.</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>La grande Aquitaine d’Aliénor</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Peut-on trouver un ancrage historique à cette grande Aquitaine qui, en 2016, résulte de la fusion avec le Poitou-Charentes et le Limousin&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Martin Aurell. –</strong> Une grande Aquitaine correspond à peu près à l’actuelle région, c’est le royaume d’Aquitaine créé par Charlemagne pour son fils Louis le Pieux. La géographie de cette nouvelle région ne me semble pas absurde, à part le fait qu’il n’y ait pas la Vendée qui, historiquement, fait partie du Poitou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait vain de chercher à établir un déterminisme géographique car les territoires sont toujours des constructions politiques et culturelles, mais on peut faire remonter la structure connue au Moyen Âge jusqu’aux tribus gauloises, via les Romains qui respectaient assez bien le tissu local conquis afin de mieux le gouverner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce territoire correspond aussi à celui de Guillaume IX le Troubadour, comte de Poitiers et duc d’Aquitaine, qui cherche à étendre son domaine et qu’il a parfois du mal à maîtriser…</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Guillaume IX veut le comté de Toulouse pour avoir un accès à la mer Méditerranée. En 1094, il se marie à Philippa, fille du comte de Toulouse, puis il conquiert la ville en 1098 et s’y installe afin de faire valoir ses droits sur la ville et le comté, qu’il perdra une dizaine d’années plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu de temps après son mariage avec Aliénor d’Aquitaine et sans doute poussé par elle, Louis VII fait une campagne contre Toulouse&nbsp;: un échec. Et quand elle est mariée à Henri II Plantagenêt, celui-ci lance à son tour une campagne contre Toulouse, en 1159, tentative d’expansion qui se soldera par l’annexion du Quercy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nord de l’Aquitaine, la querelle très ancienne et viscérale avec l’Anjou s’éteint par le mariage d’Aliénor avec Henri II qui est comte d’Anjou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche en Aquitaine, les sires sont très indépendants, prompts à prendre les armes pour se révolter contre le duc. Au sud de la Garonne, le territoire est morcelé en une multitude de vicomtés, de sorte que les ducs d’Aquitaine ont maille à partir avec l’aristocratie gasconne qui est difficile à maîtriser parce qu’elle est habituée à fonctionner de façon autonome dans ses seigneuries, dans ses principautés territoriales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Poitou, le pouvoir de quelques grandes familles est presque équivalent à celui des ducs d’Aquitaine&nbsp;: les Lusignan qui deviendront rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, les Parthenay l’Archevêque (leur nom garde la trace d’un ancêtre qui fut archevêque de Bordeaux), les très puissants vicomtes de Thouars, les vicomtes de Châtellerault, les Taillefer d’Angoulême dont une fille, Isabelle, deviendra reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre (1200). Dans la grande révolte de 1242 contre Alphonse de Poitiers, Henri III d’Angleterre, qui est le fils d’Isabelle d’Angoulême, est allié aux Lusignan. Entre l’Angleterre et la France, les sires poitevins sont habiles parce qu’ils savent jouer sur les deux tableaux. Pour obtenir davantage de marges de manœuvre, de liberté ou de moyens, ils peuvent passer des alliances avec le roi d’Angleterre pour se battre contre le roi de France, puis faire l’inverse. Ils y gagneront une mauvaise réputation. Au Moyen Âge, on associe souvent les Poitevins aux traîtres à cause de ce côté changeant qui est la logique politique de l’aristocratie locale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1024" height="582" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2.jpg" alt class="wp-image-38599" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-300x171.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-768x437.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-650x369.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-150x85.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Détail du grand vitrail de la Crucifixion de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (XII<sup>e</sup> siècle). Aliénor et Henri II Plantagenêt sont agenouillés, offrant un vitrail. Les quatre fils sont représentés de part et d’autre. Photo Christian Vignaud.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les seigneurs poitevins jouent-ils des alliances France-Angleterre jusqu’à la fin du Moyen Âge&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au contraire, le Poitou est très loyaliste vis-à-vis des Valois pendant la guerre de Cent Ans. Quand Paris est occupée par les Anglais, l’université vient se réfugier à Poitiers. Jean de Berry reconquiert Poitiers et son petit-neveu Charles VII s’y installera plus tard. Finalement, c’est toute la vallée de la Loire qui fait preuve d’une grande fidélité au roi de France. Le Poitou subira les conséquences de la guerre de Cent Ans de façon terrible par la présence des routiers – des mercenaires – et par la bataille de Nouaillé-Maupertuis en 1356 où le roi Jean le Bon est fait prisonnier par le Prince Noir dont les troupes remontaient du sud. Ainsi, par rapport à la Gascogne, le Poitou bascule définitivement du côté de la France à partir du <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e </sup>siècle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lorsque l’Aquitaine est intégrée à la couronne d’Angleterre, comment le duc affirme-t-il son pouvoir&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1154, Henri II devient roi d’Angleterre et sa femme Aliénor d’Aquitaine, reine. Henri II a essayé de contrôler étroitement le duché de son épouse, mais cela a fini mal pour lui&nbsp;: la grande révolte de 1173 menée par Aliénor et ses fils. Les moyens d’action du duc sur le Poitou sont toutefois peu efficaces. Il essaie d’installer quelques Anglo-Normands aux postes de pouvoir, mais sans beaucoup de succès car la noblesse locale et les communes réclament d’être aux affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand on évoque l’Aquitaine, c’est souvent Aliénor qui est citée. Comment expliquer cela&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e </sup>et le <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e </sup>siècle, Aliénor fait l’objet de romans qui profitent surtout de sa mauvaise réputation – tout à fait infondée – qui en fait un personnage sulfureux. Dernièrement, il y eu quelques romans dont un exceptionnel, à mon avis, celui de Clara Dupont-Monod, <em>Le Roi disait que j’étais diable</em> (Grasset &amp; Fasquelle, 2014). C’est un travail littéraire d’analyse psychologique fictive mais l’auteur a mis un point d’honneur à respecter ce que l’on sait d’Aliénor d’après les dernières recherches. Par exemple, elle ne la présente pas comme succombant au charme de son oncle Raymond d’Antioche, ni a aucun autre tentation d’adultère du reste. C’est romancé, je n’en conseillerais pas la lecture à mes étudiants comme livre d’histoire, mais c’est un grand roman, ne serait-ce que par son travail sur la langue, et le jury du Goncourt qui l’a placé parmi ses finalistes ne s’y est pas trompé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Donc si on associe aussi facilement Aliénor à l’Aquitaine c’est parce qu’elle est romanesque&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aliénor hérite de l’Aquitaine et l’apporte à son mari. C’est, d’une certaine façon, sa dot. D’autre part, sa vie est effectivement romanesque. Aliénor est allée à la croisade, elle a parcouru une grande partie de l’Occident notamment pour réunir la rançon de Richard lorsque celui-ce était tenu en captivité par l’empereur du Saint-Empire. C’est une grande dame&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e </sup>siècle, dans l’historiographie bourgeoise qui met en avant l’émancipation urbaine, elle est liée aux communes libres. Le grand vitrail de la mairie de Poitiers (commandé en 1874) met en scène Aliénor en train d’accorder les libertés aux Poitevins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien que d’avoir été successivement reine de France puis reine d’Angleterre, c’est fascinant. Elle a eu des enfants comme Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre dont tout le monde a entendu parler. Si l’on cherche une femme importante au Moyen Âge, à part Jeanne d’Arc, je ne vois personne qui soit aussi connue, aussi forte, aussi rayonnante qu’Aliénor d’Aquitaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que retenir de l’action d’Aliénor en Aquitaine&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’aussi faible soit sa marge de manœuvre, une femme, même dans une société traditionnelle comme la médiévale, peut toujours s’affirmer, voire s’émanciper, y compris en politique.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/martin-aurell-rejoint-alienor-daquitaine/">Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Georges Pon – Traduction, édition, érudition</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jan 2024 07:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage au médiéviste Georges Pon, membre du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de l'université de Poitiers et du CNRS, décédé à l'âge de 85 ans le 29 décembre 2023.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/georges-pon-traduction-edition-erudition/">Georges Pon – Traduction, édition, érudition</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">En hommage au médiéviste Georges Pon, décédé le 29 décembre 2023, voici l’entretien publié dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n121-ete-2018-special-communautes-dexistence/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> n° 121</a> où il nous livre en toute modestie son parcours d’érudition, de l’histoire économique à l’histoire religieuse en passant par les traductions du latin et les éditions critiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien Edina Bozóky et Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Georges Pon a été longtemps plus enseignant que chercheur mais depuis sa retraite en 1998, il s’est entièrement consacré à des travaux de recherche. Il a privilégié le travail d’équipe, l’érudition, mais en même temps montré le souci de faire connaître par la traduction à un plus vaste public les textes médiévaux. C’est pour lui la «vraie gloire», une gloire durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Pourquoi avez-vous choisi le Moyen Âge comme époque d’étude&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Georges Pon. –</strong> Je voulais faire de l’histoire. Je suis allé en khâgne au lycée Henri-IV, à Paris, j’ai échoué à l’oral de Normale Sup’ et choisi de poursuivre mes études à la Sorbonne. C’est là que j’ai découvert le Moyen Âge et que j’ai commencé à comprendre la différence entre les professeurs généralistes de la khâgne qui faisaient de brillantes synthèses et les professeurs-chercheurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai découvert aussi l’œuvre de Marc Bloch. Dans l’éveil d’une carrière, les lectures ont autant d’importance que les professeurs. J’ai décidé de faire un mémoire de maîtrise en histoire médiévale, sur la vie économique dans la Catalogne entre le <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi faire un travail sur la Catalogne&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le professeur Yves Renouard qui m’a proposé le sujet. Je ne l’ai pratiquement jamais rencontré. À cette époque, les professeurs de la Sorbonne n’avaient pas de bureau. Ils vous accordaient trois minutes dans un couloir. La recherche n’était pas vraiment dirigée. On n’avait aucune formation de base&nbsp;: pas de cours de méthodologie pour nous expliquer comment faire des fiches, nous présenter les instruments de travail. Il fallait tout découvrir et on ne pouvait le faire qu’à la Bibliothèque nationale, mais pour les trouver il fallait consulter trois ou quatre séries de fichiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallait aussi compter avec la difficulté de la langue des sources. Je connaissais bien le latin classique, mais le latin de textes catalans du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle est tout à fait particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous découvert le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir soutenu mon mémoire, j’ai passé l’agrégation avec succès, et l’on m’a proposé un poste à Poitiers ou à Pamiers, dans l’Ariège. Poitiers était plus proche de Paris, et j’avais entendu parler du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM).</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’enseignais à l’École normale d’instituteurs, alors installée dans les bâtiments du doyenné Saint-Hilaire. Je suis allé voir les locaux du CESCM où j’ai rencontré le secrétaire général, Pierre Gallais, et j’ai tout de suite été enthousiasmé par le premier étage où se trouvaient alors réunis dans la salle de séminaire et la bibliothèque tous les outils du médiéviste, les sources et les cartulaires. Merveille&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’année suivante, en 1962–1963, le service militaire m’a envoyé au Prytanée militaire de La Flèche, en même temps que Gabriel Bianciotto – nous partagions la même chambre. J’ai profité de ces mois pour lire la collection des <em>Annales. Économies, sociétés, civilisations</em>, la revue fondée par Marc Bloch et Lucien Febvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De retour à l’École normale, j’ai suivi autant que possible les séminaires du CESCM. Je regrette de n’avoir pu participer à ceux de Marie-Thérèse d’Alverny, une des premières chartistes, femme remarquable, lumineuse et généreuse. Elle enseignait la codicologie, la philosophie, la pensée islamique, disciplines où elle était réputée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous intégré le CESCM&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis inscrit à la session d’été de 1964 [<a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/lactualite-poitou-charentes-n108/">dossier de <em>L’Actualité</em> sur les 60 ans des sessions d’été du CESCM</a>]. C’est là que j’ai rencontré ma future femme, Charlotte Willemsen. Un peu plus tard, dans son séminaire, le directeur, Edmond-René Labande, m’a remarqué. Je posais beaucoup de questions, je connaissais bien le latin&nbsp;; il m’a laissé entendre qu’il pourrait peut-être m’engager comme assistant. Alors, en 1967, j’ai entrepris sous la direction de Jacques Boussard la publication des actes de Fontaine-le-Comte, sujet de thèse de 3<sup>e</sup> cycle qui m’a été suggéré par Dom Jean Becquet, moine de Ligugé, grand spécialiste des chanoines réguliers en France. J’ai compris la difficulté de la tâche&nbsp;: ma formation paléographique n’était pas très poussée, la salle des Archives départementales (rue Édouard-Grimaux à l’époque) était minuscule, pleine de généalogistes bruyants et de secrétaires bavardes. En 1974, j’ai soutenu ma thèse. Un professeur de Bordeaux, M.&nbsp;Guillemain, m’a dit&nbsp;: «Vous avez fait ce travail, maintenant il s’agit de devenir historien&nbsp;!» Pourtant, j’avais écrit 200 pages d’introduction historique, et j’étais assistant d’histoire du Moyen Âge depuis 1968.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand avez-vous commencé à publier des articles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai publié mon premier article qu’en 1975, dans le <em>Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest</em>, sur l’apparition des chanoines réguliers en Poitou, une petite communauté nommée Saint-Nicolas, qui a donné le nom d’une rue à Poitiers. On recrutait facilement un assistant qui n’avait rien publié, mais ensuite, pour être titularisé comme maître-assistant, il devait achever sa thèse de 3<sup>e</sup> cycle ou rédiger une partie significative de la thèse d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez donc entrepris une thèse d’État.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ma thèse de 3<sup>e</sup> cycle, j’avais l’intention d’entreprendre une recherche d’histoire économique et sociale du Poitou qui répondait à la fois aux modèles de l’époque et aux liens que j’entretenais avec le monde rural. J’avais connu pendant la guerre et après 1945 des campagnes qui ressemblaient encore aux campagnes médiévales&nbsp;: les outils étaient les mêmes, la fourche, la faux, la faucille. Mais, pour le Poitou, le sujet avait été en partie défloré par l’ouvrage d’un bon historien du droit, Marcel Garaud, <em>Les Châtelains du Poitou</em>, et par celui de mon ami américain Georges Beech sur la Gâtine poitevine. Puis a paru la thèse de Pierre Toubert sur le Latium. Pour moi c’était un chef‑d’œuvre. Je me suis rendu compte que j’étais incapable de faire quelque chose s’en approchant même vaguement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donc abandonné l’histoire économique pour l’histoire religieuse du diocèse de Poitiers du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup>. J’allais à la Bibliothèque nationale et aux Archives nationales. Il n’y avait pas d’ordinateurs, on n’obtenait des photocopies que très difficilement, et il était interdit de faire de photos. Ainsi, j’ai accumulé toutes sortes de fiches, mais je n’ai su ni les classer ni les utiliser, etc. Ma recherche a été également retardée par les changements qui ont suivi 1968, la nécessité d’inventer de nouvelles méthodes d’enseignement, ainsi que par les fonctions de secrétaire général que j’ai exercées pendant dix ans au CESCM sous la direction successive d’Edmond-René Labande, Pierre Bec et Robert Favreau. Finalement, vers 1983–1984, j’ai décidé que je resterai maître de conférences et ne ferai que ce que je savais faire, c’est-à-dire des éditions et des traductions de textes diplomatiques et de textes narratifs.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2.jpg" alt class="wp-image-37934" style="width:578px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-150x150.jpg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-768x768.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-650x650.jpg 650w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Église Saint-Sever dans les Landes. Photo Jean Cabanot.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>N’est-ce pas aussi parce que vous aimiez travailler en équipe&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Edmond-René Labande reprenait la tradition allemande des séminaires, notamment pour la traduction de l’autobiographie de Guibert de Nogent. C’était là un atelier de travail collectif où chacun apportait sa contribution. C’est là que j’ai appris à travailler avec d’autres historiens comme Yves Chauvin, Jean Cabanot, Keith Bate et, ces dernières années, avec Élisabeth Carpentier&nbsp;: on a à peu près le même âge, le même type de formation, on se comprend à demi-mot. Non seulement le travail d’équipe est efficace mais il renforce aussi l’amitié.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui était Adémar de Chabannes auquel vous avez consacré beaucoup de temps&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Adémar de Chabannes était un Limousin de petite noblesse devenu moine à Saint-Cybard d’Angoulême. Dans les deux premiers livres de son <em>Chronicon</em>, il reprend les sources antérieures, souvent en les copiant littéralement. C’est le roman national de l’an mil. Le dernier livre est consacré à des événements plus récents sur lesquels il apporte des renseignements originaux. L’édition a été établie en 1999 par Pascale Bourgain et par un historien américain, Richard Landes. J’ai été chargé de la rédaction des notes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite avec Yves Chauvin, nous avons fait la traduction de la <em>Chronique</em>, publiée en 2003. Dans l’introduction, j’ai insisté sur deux points. D’une part, Adémar de Chabannes n’était pas un fanatique de la Paix de Dieu, alors que certains historiens des années 1990 considéraient que c’était un mouvement gigantesque. D’autre part, il portait son regard fort loin, jusqu’à Jérusalem, il connaissait la conversion de la Bohème, de la Pologne et de la Hongrie, l’arrivée des Normands en Italie du Sud. C’était un homme bien renseigné, ouvert sur le monde. Il ne faut pas imaginer les monastères comme des lieux fermés où l’on passait son temps à prier le ciel. On y recevait des pèlerins, les nouvelles circulaient largement et Adémar de Chabannes était curieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez multiplié et diversifié vos recherches et travaux une fois à la retraite en 1998.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’édition, la traduction et le commentaire du récit de fondation de l’abbaye de Maillezais, composé vers 1060–1070 par le moine Pierre&nbsp;furent encore un travail collectif commencé par Edmond-René Labande. J’ai rédigé l’introduction du volume, travail dont je suis le plus satisfait. C’est Emma, épouse du duc d’Aquitaine Guillaume Fier à Bras, qui a eu l’idée de fonder un monastère&nbsp;dans une île du Marais poitevin où l’on avait découvert les restes d’une église abandonnée. Ce récit, en partie légendaire, est un excellent exemple d’un genre à demi historique, et il est aussi une contribution très utile à l’histoire des femmes et à la conquête de l’Ouest du Poitou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps que ces travaux portant sur des sources narratives, nous avons publié avec Robert Favreau le <em>Cartulaire de Fontevraud</em> dont l’édition avait été préparée par Jean-Marc Bienvenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai aussi participé à un autre travail collectif qui nous éloignait du Poitou, l’<em>Histoire de Philippe Auguste</em> écrite par le moine-médecin Rigord. Il en existait une ancienne édition et une traduction de Guizot. Mais ces ouvrages n’étaient plus disponibles. Aussi avons-nous l’idée de tenir un séminaire de traduction auquel participaient plusieurs médiévistes, aussi bien des historiens que des littéraires. Rigord m’avait un peu éloigné du Poitou. J’allais y revenir en participant à une nouvelle collection créée par Mgr Rouet, archevêque de Poitiers, dans le cadre de l’association Gilbert de la Porrée. J’ai participé à un volume sur Radegonde et dirigé un autre sur Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle et grand théologien, que nous avons pu offrir à Mgr Rouet que j’admirais beaucoup.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2.jpg" alt class="wp-image-37935" style="width:686px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-150x150.jpg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-768x768.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-650x650.jpg 650w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Détail de la porte ogivale dite des Apôtres de la cathédrale de Dax. Photo Jean Cabanot.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui vous a ensuite orienté vers Dax et la Gascogne&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais à Dax un ami, Jean Cabanot, que j’avais rencontré à la session d’été de 1964. Après la redécouverte du cartulaire de la cathédrale de Dax, document des <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècles, il m’a demandé d’en faire l’édition et la traduction. Nous avons pris l’habitude de travailler ensemble soit à Dax soit par l’échange de courriers électroniques. Jean Cabanot s’est occupé surtout de l’identification des lieux et de la mise au point de la publication. Par la suite nous avons publié deux gros volumes de documents sur l’abbaye de Saint-Sever, suivis d’une histoire de cette abbaye écrite en bonne partie par Jean Cabanot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons publié le <em>Beatus</em> de Saint-Sever d’après le manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque nationale de France (2012, site internet&nbsp;: <a href="http://www.eglises-landes.cef.fr/dossiers/beatus/beatus.htm">Cehag</a>). On appelle <em>Beatus</em> le commentaire de l’Apocalypse, composé au <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> siècle par un moine des Asturies, Beatus de Liebana. Nous lui avons consacré, Jean Cabanot et moi, une étude particulière, parue dans le <em>Bulletin de la Société de Borda</em> (2013).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis plusieurs années, vous cultivez de nouveaux champs d’érudition&nbsp;: vies et miracles des saints régionaux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnonnage avec Jean Cabanot ne m’a pas coupé des liens avec les chercheurs poitevins. Yves Chauvin nous a quittés trop tôt, peu de temps après sa retraite. Les liens entre Élisabeth Carpentier et moi se sont encore resserrés. Nous avons publié deux récits importants&nbsp;sur la fondation de l’abbaye de Montierneuf de Poitiers par Guillaume VIII&nbsp;et sur celle de l’église de La Chaize-le-Vicomte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la mort de mon épouse en juillet 2010, j’ai continué à travailler avec Élisabeth Carpentier sur des dossiers hagiographiques concernant des saints du Poitou&nbsp;: saint Junien de Mairé, saint Maixent avec la collaboration de Soline Kumaoka, les miracles de saint Hilaire avec la collaboration de Robert Favreau, ainsi que la vie de saint Aubin d’Angers par Venance Fortunat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel jugement portez-vous sur l’évolution de la recherche historique&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si je jette un regard d’ensemble sur ma vie de chercheur, je fais plusieurs constatations. J’ai abandonné mes ambitions de jeunesse d’être comme Marc Bloch, Georges Duby et mon ami André Chédeville, un spécialiste de l’histoire des campagnes médiévales. J’ai «labouré» les cartulaires pour une bien maigre récolte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dois beaucoup à deux institutions, le CESCM et la Société des Antiquaires de l’Ouest dont je suis membre depuis près de cinquante ans. Je ne sais pas si l’on a beaucoup pratiqué l’interdisciplinarité au Centre, mais j’ai toujours eu les contacts les plus fructueux avec les historiens de l’art et les archéologues&nbsp;: Marie-Thérèse Camus, Claude Andrault, Luc Bourgeois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne suis que difficilement les nouveaux sentiers de l’histoire médiévale. Il m’arrive de regretter qu’on néglige l’histoire sociale des <em>Annales</em> pour traiter de sujets plus «frivoles», du moins en apparence. Mais j’admire beaucoup mes «jeunes» collègues, Martin Aurell, Cécile Treffort, Thomas Deswarte. Ils ont commencé très tôt la recherche. Sitôt inscrits en thèse, ils ont dû participer à toutes sortes de journées d’études et de colloques et multiplier les publications, affronter des concours de recrutement de plus en plus difficiles, puis, quoique surchargés de tâches administratives, continuer à produire communications, livres et articles. Je crois qu’ils sont plus travailleurs que nous ne l’étions et plus novateurs dans leur démarche, même s’ils abusent parfois de problématiques compliquées.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="658" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3.jpg" alt class="wp-image-37936" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-300x193.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-768x494.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-650x418.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-150x96.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Mappemonde du <em>Beatus</em> de Saint-Sever. <em>Beatus</em> de Liebana, <em>Commentarius in Apocalypsim</em>, Saint-Sever (Landes), vers 1060. Manuscrit sur parchemin, 290 folios, 37 x 29 cm, BnF, Manuscrits, Latin 8878, fo 45bis vo 45ter.</figcaption></figure>
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		<title>Lucie Malbos – Le Monde Viking</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maya Merle]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Nov 2022 22:52:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[CESCM]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Lucie Malbos]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Scandinavie]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Vikings]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'homme scandinave n'est pas toujours un viking, bien au contraire. Retour sur l'ouvrage de Lucie Malbos, "Le Monde Viking".</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3 class="wp-block-heading">Par Maya Merle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Maîtresse de conférences en histoire médiévale à l’université de Poitiers et membre du CESCM, Lucie Malbos est spécialiste des sociétés scandinaves au premier Moyen Âge. Après avoir publié plusieurs articles et ouvrages, dont sa thèse remaniée sous le titre<em> Les Ports des mers nordiques à l’époque viking (<span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle)</em> chez Brepols en 2017 et <em>Harald à la Dent bleue. Viking, roi, chrétien</em> chez Passés composés en 2022 (prix de la Dame à la licorne 2022), l’historienne nous plonge dans l’univers des populations de l’ancienne Scandinavie avec son nouvel ouvrage <em>Le Monde Viking. Portraits de femmes et d’hommes de l’ancienne Scandinavie</em>, publié par les éditions Tallandier en 2022.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la question «&nbsp;<em>Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur l’ancienne Scandinavie ?</em>&nbsp;» Lucie Malbos répond que son déclic a été une université d’été à Aarhus, au Danemark, juste avant son master. Cette passion ne l’a pas quittée. Ainsi, au cours de ses dix dernières années de recherche, elle a fait la rencontre d’une multitude de personnages passionnants. Plus que les vikings à proprement parler, ce qui l’intéresse, c’est le monde scandinave. Elle souhaitait l’aborder de manière différente, et surtout mettre en avant des populations souvent méconnues du grand public. Avec l’aide de son éditeur, Tallandier<em>, </em>elle a opéré un large tri parmi la myriade de personnages, des femmes, hommes et enfants scandinaves aux histoires diverses. Au départ, elle n’avait même pas envisagé d’inclure Rollon et Eric le Rouge, ces très célèbres vikings qui occupent une place bien ancrée dans l’esprit des lecteurs. Cependant, il semblait important de les garder comme des repères.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les lecteurs ouvriront le livre pour aller suivre les aventures d’Eric le Rouge mais ce faisant, ils découvriront une multitude d’autres personnages passionnants. Ce qui est important, c’est l’équilibre.&nbsp;</em>», souligne Lucie Malbos.&nbsp;</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le Viking et le Scandinave,&nbsp; entre terre et mer</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, dans l’imaginaire collectif, le Viking est apparu comme cet imposant homme blond, barbu, affublé d’un casque à cornes. Si cette imagerie de l’homme du Nord a peu à peu disparu, c’est pour laisser place à d’autres représentations qui s’ancrent dans les esprits à travers les films, les séries ou les jeux vidéos. Désormais, le Viking a ôté son casque à cornes pour une apparence un peu différente, faite de coiffures stylisées et de tatouages. Les représentations iconographiques du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle ont laissé place à celles du début du <span class="smallcaps">xxi</span><sup>e</sup>, qui coïncident aussi avec les préoccupations politiques et sociales de notre époque. Ces stéréotypes, dont il semble être difficile de se détacher, sont «&nbsp;<em>à la fois l’objet combattu par les historiens, et celui auquel ils se raccrochent&nbsp;</em>» explique Lucie Malbos. Pour déconstruire les clichés, il faut les prendre comme point de départ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historienne le dit, elle ne souhaite pas faire l’histoire des vikings mais celle des Scandinaves au temps des vikings. La figure du Scandinave demeure toutefois très liée à celle du viking. Mais les populations du Nord sont diverses, hétérogènes et regorgent de particularités. Le viking, par définition, est «&nbsp;<em>celui qui prend la mer</em>&nbsp;» pour faire fortune. Il pille, commerce, explore de nouvelles terres&nbsp;et parfois s’y installe. Les sources textuelles chrétiennes dont on dispose en dressent souvent un portrait peu flatteur : barbare, païen et cruel. Néanmoins, les populations de l’ancienne Scandinavie souffrent aussi de ces qualificatifs dans l’imaginaire collectif, bien qu’elles ne participent pas toujours à ce type d’activités. En effet, si la mer est omniprésente dans la culture scandinave, il ne faut pas oublier l’importance de la terre.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ce qui a rendu possible les grandes expéditions vikings, c</em>’<em>est une exploitation des ressources terrestres. C</em>’<em>est justement parce que avant la période viking, cette exploitation s</em>’<em>intensifie, que celle-ci devient possible. La société scandinave est donc fondamentalement liée à la mer mais a aussi un pied sur la terre.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour construire un bateau, il faut du bois, de la laine et du fer, donc des forêts, des moutons et pâturages ou encore des mines dans les montagnes. Ainsi, la grande majorité des scandinaves vit sur terre et certains, aussi surprenant que cela puisse paraître, n’ont probablement jamais pris la mer. Cette terre constitue également la principale source de richesses : pour être reconnus dans la société, tout comme chez leurs voisins carolingiens, les Scandinaves doivent posséder des terres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les riches propriétaires fonciers possèdent des bateaux mais ils ne sont pas riches parce qu’ils ont des bateaux, ils ont des bateaux parce qu’ils sont riches et sont riches parce qu’ils possèdent de la terre</em>.&nbsp;»</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2.jpg" alt class="wp-image-36696" width="636" height="508" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2-300x240.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2-768x614.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2-650x520.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig55005_2000x1600-2-150x120.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px"><figcaption class="wp-element-caption">Hache, arme de la vie quotidienne des scandinaves pour la plupart fermiers, Musée historique de Stockholm. </figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>La difficulté des sources&nbsp;</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité des sources lorsque l’on étudie les populations scandinaves anciennes, c’est leur caractère lacunaire. Les textes, l’archéologie et les inscriptions runiques sont évidemment des outils indispensables mais il faut toujours les replacer dans leur contexte de production.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L’Edda de Snorri Sturluson, un texte littéraire du <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup> siècle présentant la mythologie nordique, a été très largement utilisé, </em>précise Lucie Malbos<em>. Toutefois, il est nécessaire de garder en tête qu’il s’agit d’un texte produit par un auteur chrétien postérieur à l’époque viking. Se pose alors la question de la part de reconstruction de celui-ci. Les chercheurs peuvent ainsi s’appuyer sur ce type de texte mais doivent impérativement rester conscients des biais qui existent et des partis pris de l’auteur.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est également le cas avec l’archéologie, en particulier funéraire. Celle-ci est une mise en scène, un choix opéré par les proches du défunt. Les tombes sont ainsi le reflet de choix postérieurs à la mort de l’individu et ne peuvent en aucun cas être une photographie exacte de la vie de celui-ci.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’inconnue de Birka, une femme guerrière ?&nbsp;</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La femme scandinave guerrière et libre ? Au début des années 2010, à une époque où l’on veut redonner aux femmes une place dont elles ont été privées dans les médias et l’historiographie, il semble important de faire le point sur les nouvelles constructions de la figure de la femme scandinave selon Lucie Malbos.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Certes, les femmes pouvaient se battre, mais les champs de bataille n’étaient pas à moitié composés de régiments féminins. Par ailleurs, elles n’avaient pas plus de libertés et n’étaient pas plus émancipées que leurs contemporaines occidentales, qui n’hésitaient pas non plus à prendre les armes lorsqu’il fallait se protéger et que leur époux était absent. Inversement, les femmes scandinaves s’occupaient aussi essentiellement du foyer et des enfants.&nbsp;</em>»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questionnements autour de ce qui relève du mythe et de la réalité s’incarnent parfaitement dans l’exemple de «&nbsp;l’illustre inconnue de la tombe Bj 581&nbsp;», découverte en 1878 à Birka par Hjalmar Stolpe et qui fait l’objet d’un chapitre du <em>Monde viking</em>. Cette tombe se situe sur une terrasse surplombant le port. À l’intérieur, on y a découvert un squelette humain ainsi que les restes de deux chevaux sacrifiés. Se trouvait à leurs côtés une panoplie entière de guerrier scandinave composée d’une épée, d’une hache, de lances, d’un couteau, des fragments de boucliers ainsi que des pointes de flèches, des poids en bronze et une monnaie. À l’époque de Stolpe, on envisage les armes comme des marqueurs masculins, les bijoux ou les objets liés aux activités textiles étant les marqueurs féminins de référence. L’inconnu, selon les clés de lecture de Stolpe, est alors interprété comme un homme. Toutefois, dans les années 2010, après des analyses ADN, on découvre qu’il s’agit en réalité du squelette d’une femme. Plusieurs questions émergent alors : y avait-il des femmes guerrières dans l’ancienne Scandinavie ? Pourquoi ces armes ? Comment interpréter la présence à la fois d’armes et d’instruments d’échange dans la même tombe ? Autant de questions qui restent plus ou moins en suspens. L’inconnue pourrait être une guerrière comme une marchande, ou tout simplement une protectrice de la ville. Nous n’avons aujourd’hui pas la même grille d’analyse qu’à l’époque, simplement quelques pistes pour formuler des hypothèses.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On doit s’interroger sur l’époque de la tombe, sur la signification des objets présents et replacer tout cela dans les mentalités de l’époque. Cela, on a beaucoup de mal à le cerner et c’est là que réside toute la difficulté de ces sources. Notre grille d’analyse n’est pas forcément la leur, il faut être prudent et prendre du recul. D’ailleurs, dans certains chapitres, je pose des questions et les laisse en suspens, je suis consciente du côté frustrant que cela peut avoir pour le lecteur !</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1.jpg" alt class="wp-image-36683" width="702" height="430" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1-300x184.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1-768x472.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1-650x399.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/birka_sweden_viking_grave_bj_581_by_hjalmar_stolpe_in_1889-1-150x92.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 702px) 100vw, 702px"><figcaption class="wp-element-caption">La chambre funéraire de l’inconnue de Birka, gravure de Evald Hansen, 1889. </figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>Politique et religion, intrinsèquement liés ?&nbsp;</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les Scandinaves sont passés d’un système de croyances polythéiste à une religion monothéiste en quelques siècles. Les premiers missionnaires chrétiens arrivent en Scandinavie au début du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> siècle, avant même le début de l’époque viking, mais les premières tentatives n’aboutissent pas : cela va prendre plus de temps. Toutefois, la Scandinavie n’a pas été convertie de force, contrairement à la Saxe par exemple :&nbsp; ce n’est pas une puissance extérieure qui essaie de convertir le Nord, mais une autorité locale émanant de l’intérieur, comme un roi, qui voit les bénéfices politiques de cette conversion. Rien ne lui est imposé.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La conversion de la Saxe est assez rapide en raison du recours à la force. Dans le cas du Nord, cela prend plus de temps. Mais c’est également la raison pour laquelle cela se passe mieux.&nbsp;»</em> &nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, évolution politique et évolution religieuse fonctionnent ensemble. Dans un premier temps, le fonctionnement politique scandinave est très éclaté, avec des communautés tribales s’organisant autour d’un chef différent en fonction des régions. Puis, à mesure que certains rois essaient de s’imposer et de construire des royaumes unifiés, la religion devient aussi un argument pour légitimer cette autorité. Harald à la Dent bleue est le premier à s’appuyer sur un Dieu unique pour justifier un pouvoir royal unique. Les Scandinaves entrent alors dans un nouveau système de croyances, semblable à celui de l’Occident, mais également dans un nouveau système politique. Les deux ne peuvent être séparés.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200.jpg" alt class="wp-image-36685" width="688" height="549" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200-300x240.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200-768x614.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200-650x520.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/hst_dig53924_4000x3200-150x120.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 688px) 100vw, 688px"><figcaption class="wp-element-caption">Pierre runique funéraire chrétienne, Musée historique de Stockholm. </figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>Et du côté de l’historiographie ?&nbsp;</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le site archéologique de Ribe, au Danemark, a été fouillé à plusieurs reprises. Les récentes découvertes faites par les Danois remettent en question ce que l’on pensait savoir de ce site et de son évolution. La principale difficulté rencontrée par les chercheurs,&nbsp; c’est la présence de la ville contemporaine au-dessus qui complique énormément les fouilles. Les archéologues danois fouillent aussi en tenant compte des progrès techniques : les forteresses de Harald à la Dent bleue en sont le parfait exemple. Ces forteresses géométriques et symétriques sont fouillées depuis les années 1970, par quart ou par moitié, afin de garder la possibilité de fouiller le reste plus tard, avec de nouvelles techniques. Le monde viking n’a donc pas encore livré tous ses secrets.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph">L’ouvrage <em>Le Monde Viking. Portraits de femmes et d’hommes de l’ancienne Scandinavie</em> de Lucie Malbos est disponible <a href="https://www.tallandier.com/livre/le-monde-viking/">ici</a> sur le site internet de Tallandier.<br><br>Vous pouvez également vous procurer <em>Harald à la Dent bleue. Roi chrétien</em> qui a obtenu le prix de la Dame à la licorne 2022 <a href="https://passes-composes.com/book/317">ici </a>sur le site internet de Passés / Composés. </p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lucie-malbos-le-monde-viking/">Lucie Malbos – Le Monde Viking</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Nos morts, en effigie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 12:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aliénor]]></category>
		<category><![CDATA[Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[Église]]></category>
		<category><![CDATA[Fontevraud]]></category>
		<category><![CDATA[gisant]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois tombeaux du Centre-Ouest de la France produits entre le XIIᵉ et le XIIIᵉ siècle permettent de mieux appréhender les pratiques et croyances entourant la mort et l’au-delà au Moyen Âge.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Trois tombeaux du Centre-Ouest de la France produits entre le <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ et le <span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle permettent de mieux appréhender les pratiques et croyances entourant la mort et l’au-delà au Moyen Âge.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Damien Strzelecki</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prochains Rendez-vous de l’Histoire de Blois porteront sur un sujet qui fait écho à la crise épidémique et à la hausse extraordinaire de la mortalité qu’elle a suscitée : Les vivants et les morts. La mort est effectivement une affaire de vivants, ce sont eux qui rendent les ultimes rituels, visitent le mort ou encore fleurissent sa tombe. Le tombeau est d’ailleurs le point de rencontre entre le vivant et le mort, ici se concentre la jonction entre les deux mondes, ici se conserve la mémoire du disparu. Marqueur de la sépulture et objet du souvenir, le monument funéraire est aussi révélateur des conceptions que se fait une société sur la mort et sur ses morts. C’est particulièrement perceptible au Moyen Âge, dans un contexte où la vie et la mort sont encadrées par l’Église et le christianisme. Trois tombeaux à effigie produits entre le <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ-<span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle et destinés à de grands personnages poitevins démontrent les continuités, les ruptures, les évolutions en somme avec les visions modernes sur la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’image du mort au Moyen Âge</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de présenter les défunts, il faut définir ce qu’est une effigie funéraire. L’effigie est une représentation anthropomorphique placée sur un tombeau ou un élément commémoratif destiné à supporter la mémoire du disparu. Il existe plusieurs types d’effigies funéraires et sans doute le plus célèbre est celle du gisant tel qu’il existe à l’abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire) pour Aliénor d’Aquitaine, décédée en 1204. Outre les gisants, de nombreux autres types d’effigie existent et fréquemment ce n’est pas uniquement le corps du défunt qui est représenté, mais aussi son âme, substance faisant pleinement partie de la personne au Moyen Âge.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel.jpeg" alt class="wp-image-36670" width="668" height="388" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-300x175.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-768x447.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-650x378.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-150x87.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 668px) 100vw, 668px"><figcaption>Gisant d’Aliénor d’Aquitaine. Photo Damien Strzelecki.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Commençons par l’image d’un corps et pas des moindres, celui du grand ecclésiastique Pierre II de Poitiers qui a occupé le siège épiscopal de la ville de 1087 à sa mort en 1115. Bien qu’exilé à la fin de sa vie pour avoir excommunié le comte Guillaume le Troubadour, il meurt en odeur de sainteté et est rapatrié dans la ville de son épiscopat. Son corps est inhumé à l’abbaye Saint-Cyprien, établissement qui a aujourd’hui disparu. En 1117, ses restes sont transférés à l’abbaye royale de Fontevraud et déposés dans le chœur des religieuses. Entre la fin du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle et le premier tiers du <span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle, est confectionné un gisant en sa mémoire. Malgré sa disparition au fil du temps, un dessin de la collection constituée par François-Roger de Gaignières (1642–1715) nous permet de voir à quoi ressemblait le tombeau de l’évêque défunt.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers-.jpeg" alt class="wp-image-36671" width="541" height="699" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers-.jpeg 751w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--232x300.jpeg 232w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--650x840.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--150x194.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 541px) 100vw, 541px"><figcaption>Gisant Pierre II de Poitiers. Dessin de la collection Gaignières.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le tombeau dessiné donne à voir une scène de funérailles. Le corps couché est paré de ses vêtements épiscopaux, notamment de sa mitre et de sa crosse. Couché sur un lit, il a les yeux fermés et son chef repose sur un oreiller. L’assemblée de moines tonsurés accompagnée d’une moniale entourant le gisant signifie qu’il s’agit d’une veillée du corps qui est comme reconstituée par ces personnages figurés. Le soin du corps est alors mis en avant et le rituel des funérailles est constamment rappelé, comme rejoué sur ce tombeau.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mort&nbsp;comme séparation ontologique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La mort ne signifie pas la fin de la vie dans le christianisme, mais la mort temporaire du corps et la survie de l’âme. Le bas-relief concernant saint Hilaire de Poitiers, évêque tout autant célèbre mort en 337, est significatif à ce propos. Bien qu’enterré dans la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand au sud de Poitiers, c’est à la chapelle des Augustins, dans l’actuel rue Sainte-Catherine qu’il faut chercher son effigie funéraire. Pour cause, cet établissement, qui au Moyen Âge était le monastère Saint-Hilaire-de-la-Celle, passe pour avoir été fondé par Hilaire. Au milieu du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle, la communauté religieuse a fait réaliser un cénotaphe, dont l’étymologie grecque signifie un tombeau qui ne contient pas de corps. En effet, la dépouille d’Hilaire repose dans la crypte de la collégiale et non au monastère. L’absence du corps a alors peut-être été un argument supplémentaire motivant la réalisation de ce cénotaphe afin d’exalter le fondateur malgré l’absence de son corps. Cela marque la continuité entre l’évêque défunt du <span class="smallcaps">iv</span>ᵉ siècle et les vivants du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle, le fondateur mort représente une pierre d’assise sur laquelle se fonde la communauté des vivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fragmentaire, le tombeau est en partie conservé, les pièces disparues ont aussi été dessinées pour la collection Gaignières [BnF, Département des Estampes et de la photographie, Res. Pe 1F, fol. 53]. L’ensemble du monument narre principalement la victoire de saint Hilaire sur l’hérésie arienne au concile de Nicée de 325 et la mort du saint évêque en 337. Cette dernière scène est le sujet du seul fragment conservé, dont l’original est visible à la chapelle des Augustins et où une copie par moulage a été placée dans la salle médiévale du musée Sainte-Croix de Poitiers. Sur cette effigie comme sur celle de Pierre II, le saint est entouré d’une foule, mais contrairement à celle du prélat mort en 1115, l’image insiste moins sur la veillée que sur le moment de mort de saint Hilaire. Le défunt vient à peine de mourir comme en témoigne son âme accostée de deux anges. La proximité de cette âme et de son corps est bien marquée au niveau de la tête du personnage. L’âme et le souffle sont traduisibles par <em>spiritus</em>&nbsp;en latin, ce que rend bien ce tombeau puisque l’expiration de l’âme se fait au niveau de la bouche, comme si le défunt venait de rendre son dernier souffle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le sort de l’âme après trépas</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le corps mort et l’âme extirpée, un périple attend cette dernière vers l’au-delà. Le relief encastré à l’extérieur du bras sud du transept de l’église Saint-Divitien de Saulgé de la deuxième moitié du XIIᵉ siècle invite à ne considérer que l’âme du défunt. Une inscription placée sur la bordure inférieure révèle l’identité du trépassé qui se nomme Ranulfe, noble descendant d’Agnès et dont on dit qu’il est élevé <em>ad</em> <em>astra</em> soit&nbsp;: vers les astres. L’écrit et l’image se répondent dans la mesure où l’âme figurée dans un encadrement en forme d’amande et les mains jointes est bel et bien emmenée vers les astres par des anges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corps reste alors sur terre et c’est l’âme qui monte vers les cieux, accompagnée d’anges comme pour celle de saint Hilaire. De plus, Il faut penser que ces monuments ne sont pas seulement destinés à se souvenir ou à se recueillir, mais ils enjoignent aussi à prier pour l’âme du défunt et cela afin d’être acteur de son salut. L’âme de Ranulfe n’est pas annoncée explicitement dans les astres, mais vers les astres, sous-entendu qu’elle n’a pas encore atteint sa destination et qu’il faut l’aider pour qu’elle atteigne l’au-delà. La prière d’un tiers doit alors la soutenir pour concrétiser cette séparation entre son corps matériel destiné à pourrir sur terre et son âme immatérielle destinée à atteindre des réalités spirituelles. Ce divorce n’est que temporaire et les deux entités se réuniront pour les siècles des siècles…</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel.jpeg" alt class="wp-image-36672" width="652" height="489" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel.jpeg 756w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-300x225.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-80x60.jpeg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-650x488.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-150x113.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px"><figcaption>Bas relief de Ranulf. Photo Damien Strzelecki.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ce bref panorama permet d’entrer dans la complexité des conceptions sur la mort et ses au-delà au Moyen Âge. Le pluriel est de mise dans la mesure où la mort entraîne un ensemble de préoccupations terrestres et corporelles (funérailles), spirituelles et animiques (prière pour l’âme). Du corps à l’âme, les croyances sur la mort et ses au-delà ou ce qui lui fait suite tant dans le traitement du corps que celui de l’âme sont complexes au Moyen Âge. Ces deux entités ontologiques ne sont pourtant pas traitables séparément, si l’âme se sépare de son corps à la mort du défunt, elle doit atteindre le Paradis dans l’attente de regagner et donner son nouveau souffle au corps lors du Jugement dernier. À défaut de prier pour leurs âmes, cela invite au souvenir de ces défunts qui continuent de survivre par le biais de leur monument, lesquels sont autant des objets patrimoniaux que des reflets d’une croyance complexe entourant la mort et la mémoire au Moyen Âge.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Bibliographie&nbsp;</strong><br>Danièle Alexandre-Bidon, <em>La mort au Moyen Âge. XIIIᵉ-XVIᵉ siècles</em>, Hachette, La vie quotidienne, 1998.<br><br>Caroline Walker Bynum, <em>The Resurrection of the Body in Western Christianity, 200‑1336</em>, Columbia University Press, 1995.<br><br>Maurice Godelier (dir.), <em>La Mort et ses au-delà</em>, CNRS Éditions, « Bibliothèque de l’Anthropologie », 2014.<br><br>Cécile Treffort, <em>L’Église carolingienne et la mort</em>, Presses Universitaires de Lyon, Collection d’histoire et d’archéologie médiévales, 1996.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/">Nos morts, en effigie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L’art de l’émail</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[Art déco]]></category>
		<category><![CDATA[émail]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Limoges]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mot «émail» vient de l’ancien français «esmalt» : la fusion, opération dont est issu l’émail, qui est une substance poudreuse, vitrifiable au feu. Histoire et évolution de cette technique artistique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Tamari Sitchinava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Antiquité l’orfèvrerie occupait une place exceptionnelle dans la production artistique. Elle était en effet d’une importance capitale dans la vie quotidienne comme dans la vie religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’ornementation des bijoux rituels, on utilisait des pierres précieuses et semi-précieuses. La nécessité d’allier variété de couleurs et commodité de production a mené les artistes ou artisans à imaginer une nouvelle technique&nbsp;: l’émail. Le mot «émail» vient de l’ancien français «esmalt», lui-même dérivé du bas latin <em>smaltum</em>&nbsp;: la fusion, opération dont est issu l’émail, qui est une substance poudreuse, vitrifiable au feu, obtenue à partir de verre finement écrasé et pilé. Les couleurs s’obtiennent au moyen d’oxydes métalliques (cobalt, cuivre, chrome, parfois oxyde d’étain…). L’émail peut être posé sur des métaux ou des alliages (or, argent, cuivre, bronze, fer…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette technique fut utilisée dans les grandes civilisations disparues. La technologie de l’émail est aussi vieille que le monde. Il semblerait que les Égyptiens, les Grecs, les Étrusques et même les Gaulois aient eu connaissance des secrets de l’émaillerie. Les Éduens en ont laissé la trace avant l’arrivée des Romains sur l’oppidum du Mont Beuvray.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saint Éloi, le patron des orfèvres est gallo-romain. Il est né à Chaptelat, près de Limoges, vers 588. Il étudie l’orfèvrerie à Limoges auprès d’Abbon, un orfèvre réputé. Arrivé à Paris, il est présenté au roi Clotaire II qui lui commande un siège d’or. En artiste consciencieux, Éloi fabrique deux trônes avec la matière fournie. Admiratif de sa probité, le roi en fait son conseiller intime et lui confère la double charge d’orfèvre et de graveur de monnaie. Élu évêque de Noyon en 641, il fonde près de Limoges en 631 le monastère de Solignac, qui se peuple rapidement d’ouvriers habiles, créateurs de magnifiques orfèvreries religieuses. André du Saussay (évêque de Toul de 1655 à 1675) affirme en 1651 avoir examiné et authentifié un calice en émail réalisé par saint Éloi. Il a été détruit durant la Révolution française mais il nous en reste deux précieuses descriptions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait avec certitude que depuis le <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle les religieux s’adonnaient aux travaux des métaux précieux car dans les monastères bénédictins, on repère l’emplacement des ateliers d’orfèvres et de verriers, indiqués sur le plan au même titre que le réfectoire, le dortoir ou le cloître. Ainsi, l’anneau pastoral de Géraud, évêque de Limoges mort à Charroux dans la Vienne en 1020 et enterré sur place, a été retrouvé dans son tombeau en 1850. «Il est d’or massif, formé de quatre feuilles trilobées, sur lesquelles courent de légers filets d’émail bleue», écrit l’abbé Texier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Limoges était alors connue depuis plusieurs décennies pour ses ateliers d’émail artistique. Ils se singularisaient par leur créativité et leurs techniques novatrices. Cette production a connu des périodes florissantes et d’autres moins productives, par exemple la Guerre de Cents ans.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Champlevé-Œuvre de Limoges</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le règne de Louis VII dit le Jeune, au <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle, la vogue des émaux s’étend jusqu’en Sicile et même en Chine. Dès la fin du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle les émaux limousins, très colorés et de haute qualité appelés «œuvre de Limoges», sont massivement exportés à l’échelle mondiale. Les émailleurs de Limoges ont contribué à faire rayonner l’art français à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’art d’émail limousin, on distingue deux grandes catégories&nbsp;: les émaux incrustés et les émaux peints. Parmi les émaux incrustés, le champlevé était la technique de prédilection au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle. Elle a trouvé par la suite un grand épanouissement dans le monde chrétien occidental. Cette technique d’émaillage du Moyen Âge est assez laborieuse&nbsp;: dans l’épaisseur du métal, à l’aide de burins et d’échoppes, sont creusées des cavités, qui sont ensuite remplies avec de la poudre humide de verre coloré, puis cuites au four à plusieurs reprises et enfin polies et nettoyées pour obtenir une pièce lisse qui peut être par la suite recouverte d’or ou d’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle est considéré comme l’âge d’or de l’émail limousin, qui se caractérise par un extrême raffinement esthétique et une pluralité d’usages surtout pour les objets liturgiques (croix, encensoirs, chasses, sorte de sarcophage miniature dédié aux reliques des saints), mais aussi profanes (bijoux, décorations…). Vers le <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup> siècle la technique des émaux champlevés disparait en Limousin mais l’émail renaîtra plus tard avec d’autres techniques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie.jpg" alt class="wp-image-36405" width="685" height="556" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-300x244.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-768x624.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-650x528.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-150x122.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 685px) 100vw, 685px"><figcaption>L. Limosin, <em>Pietà</em>, v. 1565, musée des Beaux-Arts de Limoges.</figcaption></figure>
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		<title>Émail contemporain de Limoges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 08:02:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Alain Duban]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l'univers de l'émail, certains artisans utilisent des savoir-faire classiques, tandis que d'autres utilisent une technique qui prend en compte les tendances modernes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Tamari Sitchinava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement au <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle, il n’existe plus de grands ateliers de production d’émail ; les artistes travaillent individuellement dans leur propre atelier. Au siècle dernier, l’art de l’émail procédait surtout par reproductions en grandes quantités, mais il y avait peu de créativité et d’originalité. La demande était élevée, ce qui garantissait une stabilité financière pour ouvrir de grands ateliers et embaucher des ouvriers et des apprentis. Cela attirait des touristes, augmentait la réputation de la ville et permettait d’organiser des biennales et des expositions internationales.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La Vierge noire de Léa Sham’s et Alain Duban</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement, certains artisans utilisent des savoir-faire classiques, tandis que d’autres utilisent une technique qui prend en compte les tendances modernes. Chaque émailleur possède totalement les techniques du passé et les mêle hardiment afin de créer des œuvres originales et personnelles. Ainsi, Léa Sham’s et Alain Duban, deux artistes émailleurs limousins ont réalisé une Vierge noire baptisée <em>Notre Dame de la Pleine Lumière</em> qui trône actuellement à Limoges dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale Saint-Étienne et qu’ils ont créée pour les ostensions limousines en 2009. Alain Duban raconte que la création de leur vierge noire a été inspirée par le reliquaire de sainte Foy à Conques. La statue mesure 1,17 m, son corps est en champlevé, les poignets et le liseré de la robe en émail cloisonné. C’est une des plus grandes statues de vierge émaillée. Léa Sham’s affirme avoir voulu concevoir une œuvre hybride qui mêle classicisme et modernité&nbsp;; l’emploi du champlevé, technique de prédilection au Moyen Âge est un hommage rendu à cette glorieuse époque, et de plus, l’émail cloisonné est l’une de ses techniques préférées. Elle confie aimer beaucoup les vierges noires d’Auvergne qui, pour elle, a une dimension symbolique forte. En effet, ces vierges représentent la Femme, et toute Femme est une reine, et porte en elle la reine qu’elle doit faire émerger. Par goût, elle travaille plus volontiers sur de grandes pièces, comme des vases ou des coupes, ce qui est rendu possible par l’acquisition d’un grand four. C’est rare car les artistes, pour créer des grandes pièces, font le plus souvent un assemblage de plusieurs petites pièces. Léa Sham’s utilise surtout le plein émail, technique relativement nouvelle (<span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle) qui consiste à faire fondre des grains d’émail broyés sur une plaque de cuivre. Alain Duban crée plutôt des objets décoratifs, coupelles, tableaux avec un esprit de miniature, bijoux, ainsi que des animaux en bronze qu’il orne d’email. Actuellement, ils travaillent sur une crèche en vue des ostensions limousines de 2023, une tradition religieuse populaire remontant à la fin de <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle qui se déroule tous les sept ans.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="458" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vierge.jpeg" alt class="wp-image-36411" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vierge.jpeg 458w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vierge-215x300.jpeg 215w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vierge-150x210.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px"><figcaption>Léa Sham’s et Alain Duban, <em>Notre Dame de la Pleine Lumière</em>, émaux champlevés et cloisonné au fil d’argent, Hauteur 117cm sur âme de bois. Émaux opaques. Têtes en bronze patiné. Trône en laiton gravé.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Tous deux travaillent et exposent ensemble. Leurs œuvres sont exposées également à la galerie du Canal créée par un collectif d’artistes auxquels ils appartiennent. Ils constatent que la période actuelle est un peu creuse en ce qui concerne l’art de l’émail, mais ils ont confiance en un prochain renouveau créatif.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item " data-item-id="36429"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="480" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1.jpeg" alt data-id="36429" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1.jpeg" class="wp-image-36429" title="hyppo(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1.jpeg 605w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1-300x238.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/hyppo1-150x119.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Alain Duban, Émaux opaques, laiton gravé, hauteur : 15 cm.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36427"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="401" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1.jpeg" alt data-id="36427" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1.jpeg" class="wp-image-36427" title="pingouin1 copie(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1.jpeg 401w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1-188x300.jpeg 188w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/pingouin1-copie1-150x239.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 401px) 100vw, 401px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Alain Duban, Émaux opaques, laiton, support en résine, hauteur : 23cm</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36425"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="481" height="579" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1.jpeg" alt data-id="36425" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1.jpeg" class="wp-image-36425" title="le chat et l'oiseau-mouche(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1.jpeg 481w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1-249x300.jpeg 249w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/le-chat-et-loiseau-mouche1-150x181.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 481px) 100vw, 481px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Alain Duban, Émaux opaques, Laiton gravé, hauteur 23 cm.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36413"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="442" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1.jpeg" alt data-id="36413" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1.jpeg" class="wp-image-36413" title="vasevert(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1.jpeg 442w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1-207x300.jpeg 207w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/vasevert1-150x217.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 442px) 100vw, 442px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Léa Sham’s, Vase Vert : plein émail, feuille d’or, sertissage laiton, hauteur : 30 cm.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36414"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="339" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1.jpeg" alt data-id="36414" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1.jpeg" class="wp-image-36414" title="TableauRouge(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1.jpeg 339w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1-159x300.jpeg 159w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/tableaurouge1-150x283.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 339px) 100vw, 339px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Léa Sham’s, Tableau : émaux transparents et opaques, hauteur : 35 cm</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36415"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="455" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11.jpeg" alt data-id="36415" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11.jpeg" class="wp-image-36415" title="T_BLEU1(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11.jpeg 455w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11-213x300.jpeg 213w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/t_bleu11-150x211.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Léa Sham’s, Tableau bleu. Émail champlevé, bois, papier marouflé, , hauteur : 25 cm.</figcaption></figure></div></div></div>
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</div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>« Va me chercher la marguerite »</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Michèle et Dominique Gilbert, un couple d’émailleurs de Limoges, ont fait renaître l’émail champlevé en en modifiant la technique médiévale pour la rendre un peu plus rapide et facile. Ils créent divers objets : des bijoux, des coupelles, des tableaux de paysages, et de petites pièces sculptées destinées en partie aux expositions de la galerie du Canal. Ils préparent une exposition sur le thème « va me chercher la marguerite » organisée en juin 2022 par la galerie du Canal, à laquelle sont également conviés plusieurs artistes étrangers. Cette galerie fut créée dans le dernier quart du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle à leur initiative ainsi qu’à celle de cinq autres artistes dans le but de vulgariser les arts du feu contemporains et d’échanger avec leur public. La création de ce type de lieu a pris le relais des grands ateliers, en regroupant les artistes en association ou en collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les futurs émailleurs n’ont pas grand choix pour se former aujourd’hui. Il existe une formation unique assurée par l’École des métiers d’art de l’AFPI Limousin, en partenariat avec la Maison de l’émail. Elle est dispensée à Limoges par des émailleurs professionnels et des formateurs des métiers d’art de l’AFPI Limousin. Cette formation se déroule sur six mois à temps plein et se termine par cinq semaines de stage en entreprise. Des échanges s’effectuent avec l’Europe, notamment avec l’Espagne et son école d’art de Barcelone.</p>



<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item " data-item-id="36418"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="429" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181.jpeg" alt data-id="36418" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181.jpeg" class="wp-image-36418" title="Gilbert (18)(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181.jpeg 429w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181-201x300.jpeg 201w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/gilbert-181-150x224.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 429px) 100vw, 429px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Michèle Gilbert, Émaux champlevés sur cuivre, émaux opaques, traitement argenture, encadrement ardoise.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36417"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="432" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1.jpeg" alt data-id="36417" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1.jpeg" class="wp-image-36417" title="D.Gilbert siesta(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1.jpeg 432w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1-203x300.jpeg 203w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/d-gilbert-siesta1-150x222.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 432px) 100vw, 432px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Dominique Gilbert, Cuivre ajouré, plein émail.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36416"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="416" height="640" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1.jpeg" alt data-id="36416" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1.jpeg" class="wp-image-36416" title="champleveM.Gilbert(1)" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1.jpeg 416w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1-195x300.jpeg 195w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/champlevem-gilbert1-150x231.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 416px) 100vw, 416px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Michèle Gilbert, Émaux champlevés sur cuivre, émaux opaques, traitement dorure, support bois.</figcaption></figure></div></div></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Retrouver les formules anciennes oubliées</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Buforn, après cinquante ans de pratique, constate avec regret la situation actuelle de l’émail, très commercialisé depuis le <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle et qui perd peu à peu sa dimension artistique. La responsabilité en incombe, selon lui, à un oubli de la tradition et à un éloignement de la vocation première de l’émail : le domaine religieux. La modernité alliée au manque de formation solide et à une création en série étouffe progressivement le métier d’émailleur qui n’est plus qu’une «semi profession» voire un loisir créatif. Lui-même dit avoir toujours travaillé avec des techniques ancestrales, en cherchant à retrouver les formules anciennes oubliées ou délaissées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 2016–2017, dans l’espoir de faire revivre cette activité artistique, il avait créé à Limoges une coopérative dont le but était de créer, d’enseigner et d’exposer, mais cette entreprise s’est rapidement éteinte faute d’un soutien financier suffisant.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2.jpg" alt class="wp-image-36421" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2-300x169.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2-768x432.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2-310x174.jpg 310w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2-650x366.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/paul-2-150x84.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Paul Buforn, Enluminure d’email transparent sur cuivre, 2010.</figcaption></figure>
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		<title>Village en bord de mer, un millénaire de vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Jul 2022 09:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Charente-Maritime]]></category>
		<category><![CDATA[fouilles]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le site de Monsidun à l’Houmeau en Charente-Maritime, une vaste fouille s’est déroulée sur huit mois en 2008. Entretien avec Thierry Cornec, responsable d’opération.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sur le site de Monsidun à l’Houmeau en Charente-Maritime, une vaste fouille s’est déroulée sur huit mois en 2008. Cent-vingt sépultures, un bâtiment viticole antique et un village médiéval ont été découverts. Entretien avec Thierry Cornec, responsable d’opération.&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le site de Monsidun, un diagnostic de fouille a été établi en 2007 par Emmanuelle Galtié de l’Inrap et met en évidence la présence de vestiges de l’Antiquité et du Moyen Âge. À la suite de ce diagnostic, une fouille exhaustive est ordonnée par l’État, et l’Inrap en a la charge. Thierry Cornec est le responsable de cette opération, assisté de Gaëlle Lavoix et rassemblant vingt archéologues et spécialistes de l’Inrap. Ce site côtier est occupé durant presque un millénaire (<span class="smallcaps">ii</span><sup>e </sup>au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle), et nous renseigne sur l’évolution des pratiques funéraires, des activités humaines, agricoles, architecturales ou encore sur l’évolution de l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Le site présente une occupation quasi millénaire entre le <span class="smallcaps">ii</span><sup>e </sup>e et le <span class="smallcaps">x</span><sup>e </sup>siècle de notre ère comprenant deux époques distinctes, quelles sont les principales différences entre ces époques&nbsp;à Monsidun ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thierry Cornec. –</strong> Pour l’Antiquité, nous identifions clairement une activité vinicole. Nous n’avons pas retrouvé réellement de traces des vignes, mais un bâtiment viticole dans lequel nous distinguons tout le processus de transformation du raisin en vin, jusqu’à la conservation. Nous sommes en présence de vestiges de deux réceptacles avec un fouloir juste au-dessus reliés entre eux pour permettre l’écoulement du jus, plus une pièce accolée de forme allongée, considérée comme le chai. Nous pouvons affirmer que le bâtiment a été construit en une seule fois, puis quelques modifications ont été apportées au cours de sa période de fonctionnement. Vraisemblablement rattaché à une villa viticole, cet édifice a été bâti à proximité d’une voie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1.jpg" alt class="wp-image-36219" width="680" height="510" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px"><figcaption>Le bâtiment vinicole. Photo G. Lavoix.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Nous observons une période intermédiaire entre la fin de l’Antiquité et le haut Moyen Âge. Des édifices sur poteaux sont édifiés, et coïncident avec la modification du bâtiment vinicole sans que la fonction de l’ensemble soit déterminée. Cependant nous constatons l’émergence d’une activité d’exploitation du calcaire avec notamment la présence d’un imposant four à chaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant le Moyen Âge, nous sommes en présence d’une organisation raisonnée de maisons entre elles. Des traces d’activités artisanales sont identifiées, une aire de battage, un silo, des outils métalliques, des ateliers liés à un travail agricole mais également un espace funéraire sous la forme d’îlots de sépultures fonctionnant du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle.<br>Le village perdure jusqu’à environ la fin du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle. S’en suit un changement d’habitation sûrement vers le village de l’Houmeau, ce sont des pratiques courantes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2.jpg" alt class="wp-image-36220" width="647" height="863" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-225x300.jpg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-650x867.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-150x200.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 647px) 100vw, 647px"><figcaption>Le four à chaux. Photo C. Pironnet</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette évolution temporelle se traduit-elle par des stratifications ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est en milieu rural. À la différence du milieu urbain où les strates se superposent nettement en suivant l’évolution chronologique, ici nous travaillons sur de grands espaces, et nous n’observons pas forcément un empilement des couches, mais plutôt des croisements, des interférences des vestiges médiévaux et antiques. Même si certaines installations médiévales sont construites par-dessus des installations antiques, il n’y a que très peu de différences d’altitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour différencier les phases d’occupation, nous avons donc une autre approche, qui est l’étude du mobilier. Brigitte Vequaud, spécialiste de la céramique médiévale à l’Inrap, et David Guitton, spécialiste de la céramique antique à l’Inrap, ont apporté leur expertise afin d’établir des datations à partir des céramiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’espace funéraire est important sur ce site, quelles sont les pratiques d’inhumation&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de Fabrice Leroy, cent-vingt sépultures ont été recensées et étudiées, dont l’architecture est similaire sur l’ensemble de la parcelle. Ce sont des coffres aménagés avec des dalles orientées est-ouest, signe d’appartenance à la chrétienté. Nous observons une légère évolution dans l’inhumation des défunts, au fil du Moyen Âge la présence d’attributs personnels s’estompe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <span class="smallcaps">v</span><sup>e </sup>siècle est le début du christianisme sur le territoire français actuel, et les inhumations dans les espaces ruraux ne se font pas à l’écart des lieux d’activités. Ces pratiques induisent un mélange intime entre la mort et le vivant. Vers le second Moyen Âge, une évolution est en cours, les inhumations s’établissent autour d’un édifice cultuel, mais ce n’est qu’à partir du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle que les morts sont éloignés des vivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une sépulture a particulièrement éveillé votre intérêt, pouvez-vous la présenter&nbsp;? Avez-vous identifié les trois personnes inhumées&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement la découverte d’une sépulture multiple et collective attribuée à l’Antiquité, proche du bâtiment vinicole et accompagnée de quatre tombes individuelles, a fait grand bruit. Sa dimension est exceptionnelle pour seulement trois corps, 8 m de long sur 3m de large et 1,5m de profondeur. Parmi les défunts, deux ont été déposés à la même période, et le dernier deux siècles plus tard. La présence d’offrandes telles que de la vaisselle en céramique et en verre contenant des mets (poisson, viande, coquillage) nous laisse penser qu’il s’agit du couple propriétaire du domaine. Ce type d’inhumation est classique pour l’époque, elle atteste de l’importance sociale des défunts. Pour autant, il ne s’agit pas d’une sépulture luxueuse.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3.jpg" alt class="wp-image-36221" width="621" height="466" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/3-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 621px) 100vw, 621px"><figcaption>Trois exemples de sépultures en coffre. Photo F. Leroy.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi n’y a‑t-il plus de traces d’occupations à partir du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est bien situé, proche du littoral. Il a été occupé jusqu’au <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle, puis la population s’est déplacée, ce n’est pas un abandon, c’est un phénomène commun pour cette période. Les installations se faisaient davantage autour d’une église. On peut qualifier ce déplacement de «déménagement» qui s’effectue certainement vers le village de l’Houmeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les études post-fouilles permettent de vous renseigner sur l’alimentation, sur l’environnement ou encore sur les cultures présentes, que vous disent-elles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous essayons de déterminer la manière dont vivaient ces populations, c’est tout l’intérêt de notre pratique. Nous avons notamment travaillé sur l’ichtyologie (étude des poissons) et la malacologie (étude des mollusques) ce qui nous a permis d’établir l’existence d’une pêche côtière, d’estran, qui est organisée, raisonnée. À la différence de la pêche des mollusques, qui relève davantage de comportements opportunistes. Au-delà des produits de la mer, une organisation des apports alimentaires est mise en place, l’élevage de différents animaux était pratiqué, tout comme la culture de végétaux. L’alimentation était variée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel souvenir gardez-vous de cette fouille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un site remarquable par ses caractéristiques peu communes, 5ha de superficie d’emprise de fouille, et un millénaire d’occupation. Au-delà des résultats obtenus, pouvoir travailler sur une mission aussi longue (huit mois), avec une équipe aussi importante (vingt archéologues) est formidable sur le plan archéologique mais surtout sur le plan humain.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/village-en-bord-de-mer-un-millenaire-de-vie/">Village en bord de mer, un millénaire de vie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Les Landes et l’agropastoralisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Grégory Vouhé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jul 2022 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bellocq]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Landes]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De la fin du Paléolithique à la fin de l’Antiquité, des populations s’installent sur le site de Bellocq à Saint-Geours-de-Maremne dans les Landes. Rencontre avec Vanessa Elizagoyen, archéologue de l’Inrap qui nous raconte l’évolution du site.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>De la fin du Paléolithique à la fin de l’Antiquité, des populations s’installent sur le site de Bellocq à Saint-Geours-de-Maremne dans les Landes. L’agropastoralisme se met en place progressivement, l’héritage laissé est préservé. Rencontre avec Vanessa Elizagoyen, archéologue de l’Inrap qui nous raconte l’évolution du site.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un diagnostic archéologique réalisé en 2017 révèle des occupations diachroniques s’étalant sur plus de 8&nbsp;000 ans. Une fouille a alors été ordonnée en 2018. De la fin du Paléolithique à l’Antiquité tardive, des traces d’occupations humaines sont retrouvées à Saint-Geours-de-Maremne, ville landaise située entre Dax et le littoral atlantique. Cette colline est cernée par des affluents de l’Adour. Vanessa Elizagoyen, responsable d’opération de cette fouille, était accompagnée de douze à trente agents de l’Inrap pour réaliser cette fouille qui a duré trois mois, sur 8&nbsp;800 m².</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Comment s’organisaient les différents niveaux de fouille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vanessa Elizagoyen. –</strong> Suivant les endroits cela varie, le site est érodé, les vestiges peuvent être juxtaposés. Sur le même plan, nous pouvons retrouver des silex du Paléolithique et des pots de l’Antiquité tardive. Au niveau de la dépression et en contrebas du site, les sédiments sont stratigraphiés, nous sommes en présence d’une accumulation de vestiges, avec au niveau de la couche sommitale les époques les plus récentes, et au niveau des couches les plus enfouies, les vestiges les plus anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous retracer l’histoire de ce site et son évolution&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’occupation débute au Tardiglaciaire, entre 13&nbsp;000 et 9&nbsp;000 ans avant le présent, où nous retrouvons une occupation azilienne, ce qui en fait un site inédit pour cette période dans les Landes. Cinq concentrations de débitage de silex sont présentes, parmi lesquelles nous observons une majorité de grattoirs utilisés pour le travail des peaux, des couteaux à dos pour le découpage de la viande, des armatures de chasses présentant des stigmates d’impacts, dont des pointes à dos courbe. La situation géographique du site laisse penser qu’une faune significative devait être présente. Nous avons fouillé avec attention un locus, centré autour d’une structure de combustion, qui était probablement un foyer. Les vestiges évoquent une occupation récurrente, saisonnière, certainement de type «halte de chasse».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons identifié deux phases d’occupation datées de la protohistoire dans la moitié nord de l’emprise de fouille. L’évolution des pratiques évolue et les populations se sédentarisent. Un secteur d’environ 1&nbsp;500 m² autour d’une zone humide caractérise une occupation de l’âge du Bronze ancien / moyen, vers ‑1800 / ‑1&nbsp;500 ans av. JC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les vestiges, nous avons retrouvé des traces de structures de grand volume qui pourraient correspondre à des silos, destinés au stockage de denrées alimentaires. L’établissement est interprété comme un petit habitat de plein air à vocation agropastorale. Le site est d’un intérêt considérable à l’échelle régionale, car peu d’habitats de cette période sont documentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’âge du Fer est également représenté pour cette période protohistorique. Les vestiges sont datés du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle av. J.-C. Les nouvelles structures sont plus hautes que pour celles de l’âge du Bronze, même s’il est difficile de restituer les plans des bâtiments qu’elles déterminent, nous pouvons envisager la présence d’un bâtiment au plan subcirculaire. Deux foyers sont localisés à l’intérieur d’un bâtiment, un silo livre des restes d’épeautre. Des fragments de faisselle documentent la fabrication de fromage. Cet habitat de l’âge du Fer correspond également à une occupation de type agropastorale, ce qui est rare pour la période, car au sud de la Garonne, ce sont la plupart du temps des sites à vocation funéraire qui sont mis au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle av. JC et le début du <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle ap. JC, l’absence de vestige pointe un hiatus. Durant l’Antiquité des populations s’établissent de nouveau à Bellocq, elles seront présentes jusqu’au haut Moyen Âge, du <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle ap. JC. Parmi les nouveaux bâtiments sur poteaux qui ont été édifiés, certains semblent cumuler des fonctions d’habitat, de stockage de céréales et d’atelier dédié de métallurgie. D’autres pourraient correspondre à des bergeries ou encore à des annexes&nbsp;: greniers, poulaillers, etc. La culture de l’épeautre, de l’orge et du millet sont attestés. Un aménagement en bois permet l’accès à une source qui s’écoule au pied du promontoire. Nous avons également retrouvé des traces de réduction du minerai de fer, qui est la première étape du travail du fer. &nbsp;L’établissement est détruit par un incendie qui intervient à la fin du <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> tout début du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À la suite de cet incendie, le site est-il remanié&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous observons des restes d’ateliers de forge mais peu de traces de reconstructions apparaissent aux <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> siècle. Durant la première moitié du <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> siècle, un long bâtiment sur poteaux est aménagé, et quelques réparations sont constatées sous la forme de recreusement de poteaux. Au Moyen Âge, les populations se dispersent et le site n’est plus occupé. Cela correspond à une évolution de l’occupation des sols, le territoire est divisé en diocèses. Le bourg actuel de Saint-Geours-de-Maremne,&nbsp; situé à 2–3 km du promontoire, témoigne ainsi d’une occupation ancienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À partir de quand et comment se développent les pratiques agropastorales&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’âge du Bronze, les populations ont des pratiques agropastorales. La mise en culture des sols extrêmement pauvres des Landes nécessite l’élevage des moutons, qui enrichit les sols par la fumure. Le site était propice à une telle installation, étant en hauteur, sur un plateau bien drainé et à la fois et alimenté en eau. Les populations concernées vivent avec peu de moyens et témoignent d’une culture propre, typique de l’Aquitaine méridionale. Les importations de biens manufacturés sont insignifiantes sur le site pour la période antique et ils fonctionnent avec des récipients en céramique modelés, dont les formes sont spécifiques. L’activité artisanale de métallurgie du fer est une occupation saisonnière de faible ampleur. Le site de Saint-Geours-de-Maremne a été délaissé au Moyen Âge mais l’agropastoralisme a perduré dans les Landes jusqu’au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle, puis les cultures intensives comme celles des pins et du maïs ont pris le dessus à partir de Napoléon III.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-landes-et-lagropastoralisme/">Les Landes et l’agropastoralisme</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Tailler le silex au bord de la Charente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Charente]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[paléolithique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du diagnostic de fouille établi en 2010, Mila Folgado-Lopes a mis au jour des vestiges du Paléolithique moyen et supérieur dont une sépulture du Mésolithique ainsi que des vestiges antiques et médiévaux (un ensemble sépulcrale et un espace de stockage). L’État a donc ordonné une fouille portant sur l’ensemble des vestiges présents. Le site se situe sur un versant de la Charente. Les conditions qu’il propose, un site ouvert formant une sorte de crique, ont permis aux différentes populations d’installer certaines de leurs activités. Trois zones distinctes sont fouillées, une concernant le Paléolithique, une autre portant sur l’Antiquité et une dernière renseignant sur le Moyen Âge.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg" alt class="wp-image-36210" width="551" height="694" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg 674w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-238x300.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-650x819.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-150x189.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 551px) 100vw, 551px"><figcaption>Vue rapprochée d’une concentration de silex taillés en cours de fouille. Photo Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«Nous sommes en présence de vestiges du Paléolithique moyen vers – 50&nbsp;000 ans, ainsi que du Paléolithique supérieur, de l’Aurignacien, daté de – 40&nbsp;000 / – 30 000, sur une surface de 3&nbsp;500 m²», explique Nelly Connet. Ce site est situé sur un versant de la Charente, où des colluvions ont permis la stratification des vestiges. «Les vestiges du Paléolithique moyen sont situés plutôt en bas du versant, et ceux du Paléolithique supérieur sur le versant, il s’agit d’un site stratifié en plein air.» Le Paléolithique supérieur présente des vestiges de zones de taille, où neuf concentrations de restes de taille de silex ont été identifiées, pour un total de 8&nbsp;364 vestiges dont principalement des déchets de production de lamelles. «Nous tentons de reconstituer, par les remontages, sortes de puzzle en 3D, les blocs de silex exploités afin d’en restituer les enchaînements techniques. Certains des blocs contiennent manifestement des erreurs corrigées, et pourraient donc relever d’exercices d’apprentissage de la taille du silex, ajoute-t-elle. La dispersion des vestiges sur le site et les liens mis en évidence par les remontages permettent de retracer les déplacements des objets. Dans le cas de la zone supposée d’apprentissage, ils montrent que les corrections apportées aux erreurs des apprentis ont été faites dans d’autres secteurs du site, montrant ainsi l’interaction possible entre élève et maître. Une telle découverte n’est pas fréquente.» La taille des blocs de minéraux n’est pas la tâche la plus aisée, c’est très technique et un apprentissage est nécessaire. «Le site n’a pas livré de restes osseux, nous ne savons pas ce qu’ils ont consommés, mais, par les analyses tracéologiques réalisées par Émilie Claud – étude des micro-traces des objets pour définir les pratiques et matières travaillées – nous savons que les Hommes ont pratiqué la boucherie et le travail des peaux.» Le lieu n’est donc pas simplement un atelier de taille de silex, c’est un véritable lieu de vie, sûrement un vaste campement. Le même genre d’activités est également présent au Paléolithique moyen.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="647" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg" alt class="wp-image-36209" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-300x190.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-768x485.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-650x411.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-150x95.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Localisation des ensembles paléolithiques sur une vue aérienne du secteur paléolithique. Photo P. Neury, Inrap.</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">«Alexandra Hanry était en charge de la fouille et de l’étude de la période antique», précise Nelly Connet. Plusieurs bâtiments sont présents, dont un ensemble important, à vocation viticole, daté entre le <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> et le <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle et qui est particulièrement bien conservé.» Puis l’ensemble a périclité jusqu’au <span class="smallcaps">iii</span><sup>e</sup> – <span class="smallcaps">iv</span><sup>e </sup>siècle. L’activité viticole s’avère avoir été de courte durée et il semblerait ensuite que l’occupation ait été épisodique. «Pour le Moyen Âge, c’est David Martin qui a dirigé la fouille. Un ensemble de silos, rassemblés sur 1&nbsp;000 m², a fonctionné entre le <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle. L’habitat devait être relativement proche même s’il ne se trouve dans l’espace du projet qui a donné lieu à cette fouille.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Deux secteurs distincts comportant des sépultures et dissociés de la zone d’ensilage ont été retrouvées&nbsp;». Fouillés sous la direction d’Isabelle Souquet, un premier ensemble de quatorze sépultures datées du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup>, <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle est présent à l’ouest de la fouille&nbsp;: «Ce lot est contemporain de l’activité des silos, mais nous ne pouvons pas affirmer qu’ils soient liés.&nbsp;Ce sont des tombes individuelles orientées ouest-est où toutes les classes d’âge sont représentées. Des coffrages en calcaire sont utilisés uniquement pour les sujets les plus jeunes.» Le second ensemble se situe dans les vestiges antiques abandonnés, et certaines sépultures sont alignées contre un mur antique qui devait donc être encore visible, et sans doute en partie en élévation. Cet ensemble, distant d’une cinquantaine de mètres du précédent, comprend sept sépultures datées entre le <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> et la fin du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e </sup>siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fouille témoigne d’occupations régulières, plus ou moins pérennes à Bourg-Charente. Certaines découvertes, comme l’apprentissage de la taille de silex, donnent ici matière à comprendre un peu mieux les pratiques de nos ancêtres, la fouille contribue donc à l’enrichissement des savoirs. L’éducation laisse des traces et révèle ses pratiques, à chaque époque sa méthode.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tailler-le-silex-au-bord-de-la-charente/">Tailler le silex au bord de la Charente</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La place Fournier dévoile des secrets bien gardés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jun 2022 15:27:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[inrap]]></category>
		<category><![CDATA[Limoges]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fouille réalisée par l’Inrap place Fournier à Limoges a révélé de nombreux vestiges, dont certains inattendus. Entretien avec Christophe Maniquet, responsable de l’opération de fouille.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La fouille réalisée par l’Inrap place Fournier à Limoges a révélé de nombreux vestiges, dont certains inattendus. Entretien avec Christophe Maniquet, responsable de l’opération de fouille à propos des découvertes ainsi que leur apport à la compréhension de l’évolution du quartier.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du réaménagement de la place de la République ainsi que des rues et des places adjacentes, un diagnostic de fouille a été établi en 2016 révélant des sépultures (du <span class="smallcaps">v</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup>) à 40 cm de profondeur. Le Service régional d’archéologie a demandé une fouille extensive de 640 m² place Fournier qui a mobilisé huit membres de l’Inrap du 8 février au 13 avril 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – De quelles informations historiques disposiez-vous avant d’entreprendre les fouilles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christophe Maniquet. –</strong> À la suite du sondage effectué sur le site en 2016, nous savions qu’il y avait des vestiges archéologiques importants sous la place, susceptibles d’être perturbés voire complètement détruits par les travaux. C’est un milieu hyper urbain, donc les niveaux se stratifient sur de grandes épaisseurs, avec souvent plusieurs états d’occupation successifs qui se superposent. Le but est de comprendre l’évolution urbaine de ce quartier au cours du temps, depuis les niveaux les plus profonds que l’on puisse atteindre, et d’apporter de nouvelles informations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, nous avons été étonnés de l’ampleur du cimetière qui s’étend sous la place Fournier. Cette fouille a également permis de visualiser l’environnement immédiat de l’abbaye Saint-Martial. Nous avons retrouvé une absidiole de l’abbatiale et pu établir des liens stratigraphiques entre le bâtiment et les sépultures, dont les plus récentes sont datés de la fin du <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup> siècle. La grande surprise de cette fouille est la découverte de plusieurs fossés défensifs qui cernaient probablement l’abbaye entre le <span class="smallcaps">x</span><sup>e </sup>et le <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle. Les systèmes défensifs étaient vaguement abordés dans les textes, et ce n’est qu’au moment de la fouille que nous avons constaté la présence d’au moins trois fossés successifs, d’environ 20 m de large et 5 m de profondeur.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445.jpg" alt class="wp-image-36130" width="659" height="494" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/02-dji_0445-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 659px) 100vw, 659px"><figcaption>L’absidiole de l’abbatiale mise au jour dans l’angle de la fouille. Photo Louis Maniquet.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Lors de l’étude d’une partie des fossés nous avons trouvé des tombes creusées dans leurs remplissages. On observe une période d’interruption des inhumations qui correspond à la construction puis à l’utilisation des fossés, soit du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces vestiges étaient inconnus jusqu’alors, nos travaux apportent donc une information inédite et importante sur l’évolution topographique de ce quartier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925.jpg" alt class="wp-image-36131" width="661" height="496" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/03-p1190925-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 661px) 100vw, 661px"><figcaption>Mur gallo-romain et sépultures des <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">vi</span><sup>e</sup> siècles dégagés sous les creusements des fossés défensifs médiévaux. Photo Christophe Maniquet, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jusqu’à quelle profondeur avez-vous pu fouiller ?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici nous avons essayé d’atteindre le terrain originel, celui sur lequel l’homme s’est établi. Nous avons retrouvé des traces de l’ancien ruisseau d’Enjoumar qui a été canalisé par la suite. C’est autour de ce ruisseau que s’installent les premières occupations gallo-romaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les profondeurs atteintes sont celles qui seront perturbées par les aménagements, nous sommes donc descendus jusqu’à 3 m – 3,50 m de profondeur ponctuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Certaines de ces tombes sont en carreaux de terre cuite, est-ce une utilisation courante pour l’époque&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas la première fois que ce type de sépulture est découverte. Depuis les années 1960 plusieurs fouilles ont été menées à la suite de la construction du parking souterrain de la place de la République, à l’emplacement du cimetière et d’une partie des édifices cultuels de l’abbaye Saint-Martial. Des sépultures datant de toute la période médiévale avaient été découvertes. Les plus anciennes, aménagées à l’aide de carreaux de terre cuite de tradition romaine, peuvent être été datées entre le <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">vi</span><sup>e </sup>siècle de notre ère. Les analyses au carbone 14 prévues permettront de préciser la période d’inhumation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas d’explication particulière quant à l’utilisation de ces matériaux. Il se peut qu’à certaines périodes, des matériaux architecturaux ont été utilisé à d’autres fins, dont la construction de tombes.</p>



<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item " data-item-id="36133"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="611" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg" alt data-id="36133" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg" class="wp-image-36133" title="05a.P1190969" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-300x179.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-768x458.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-650x388.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05a-p1190969-150x90.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Sépulture dallée et coffrée de carreaux de terre cuite (tegulae mammatae) de tradition romaine Photos Camille Martofel, Inrap.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36134"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="695" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg" alt data-id="36134" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg" class="wp-image-36134" title="05b.P1200710" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-300x204.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-768x521.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-650x441.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/05b-p1200710-150x102.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36136"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="550" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg" alt data-id="36136" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg" class="wp-image-36136" title="06.P1170919" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-300x161.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-768x413.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-650x349.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/06-p1170919-1-150x81.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Sépulture coffrée de carreaux de terre cuite, datée du XIIIe ou du XIVe siècle. Photo Christophe Maniquet, Inrap.</figcaption></figure></div><div class="sgb-item " data-item-id="36137"><figure><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg" alt data-id="36137" data-link="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg" class="wp-image-36137" title="07.P1210731" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/07-p1210731-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></a><figcaption class="sgb-item-caption">Certaines tombes de la fin du Moyen Âge voyaient leurs parois doublées de rangées de pierres. Photo Benoît Kirschenbilder, Inrap.</figcaption></figure></div></div></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous pu déterminer quel type de population a été enterré&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau de la place Fournier, concernant la période de la fin médiévale, les individus inhumés sont surtout des hommes plutôt âgés. Il pourrait s’agir du cimetière des moines qui est mentionné pour les périodes modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y avait également des individus inhumés dans un linceul ou un cercueil en bois, qui ont disparu avec le temps, quelles ont été les techniques utilisées pour déterminer la position initiale du corps et le type de sépulture&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là du travail des anthropologues. Après le dégagement et la fouille minutieuse des squelettes, en fonction de la position des ossements ils peuvent déterminer s’ils se sont décomposés en espace ouvert ou en espace colmaté. C’est-à-dire si la terre a bloqué le mouvement des ossements avant la décomposition des corps, ou non. Si l’espace est vide, nous sommes sûrement en présence d’un cercueil ou d’un coffrage en bois qui s’est décomposé après le corps&nbsp;; les os ne sont plus forcément dans leur position initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez découvert un four destiné à la fabrication d’une cloche, et un mur de l’ancienne abbatiale. En quoi ces éléments nous renseignent-ils sur l’organisation du site à cette époque&nbsp;? </strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons retrouvé de multiples fragments de moules à cloche, ce qui nous a permis de comprendre la nature de cette structure. La céramique va nous permettre de dater ce four, puis nous allons consulter les textes mentionnant la fabrication de cloches à différentes périodes afin d’émettre des hypothèses sur leurs destinations, mais nous n’aurons jamais de certitudes. Le four est en très bon état et sa base est construite avec des pierres récupérées sur l’abbaye. Ces pierres moulurées qui conservent des traces de peinture apportent des informations inédites sur le mode de construction et la décoration de l’abbaye.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant le mur de l’abbatiale, il faut savoir que toute l’abbaye a été classée au titre des Monuments Historiques. Il était donc impossible d’envisager que ce mur soit détérioré par les aménagements. Des modifications de projet établies avec les aménageurs ont permis de ne pas dégrader davantage ce mur qui restera enfoui sous la place.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426.jpg" alt class="wp-image-36138" width="776" height="582" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/08-dji_0426-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 776px) 100vw, 776px"><figcaption>Le four à cloche aménagé à l’aide de blocs moulurés récupérés sur les bâtiments de l’abbaye. Il est perturbé par un mur de la période moderne. Photo Louis Maniquet.</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aucune trace de présence humaine entre le <span class="smallcaps">xv</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle n’a été découverte, comment expliquez-vous cette absence&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, des remaniements majeurs de la topographie ont entrainé des décaissement et arasement très importants. Les découvertes de maçonneries ou sépultures enfouies ont alors dû être nombreuses. Seulement, à cette époque l’archéologie n’existait pas encore et nous pouvons légitimement penser que les vestiges mis au jour ont été évacués sans aucune observation archéologique. L’archéologie a réellement débuté au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle par l’intermédiaire d’érudits qui ont fait part de leurs découvertes lors de divers aménagements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avoir en tête qu’aujourd’hui nous construisons en creusant et en excavant à l’aide d’engins mécaniques, alors que durant l’Antiquité et le Moyen Âge, la méthode ordinaire consistait, le plus souvent, à construire les nouveaux édifices directement sur les niveaux de destruction des précédents. Ceci engendre un rehaussement progressif des structures et constitue la stratigraphie étudiée par les archéologues. De ce fait, en général, plus on descend profondément et plus les vestiges sont anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une année s’est écoulée depuis la fin des fouilles, où en êtes-vous de la phase d’étude ?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un travail de longue haleine, avec dans un premier temps la phase de lavage du mobilier&nbsp;: ossements (animaux et humains), céramique, verre, métal (dont les monnaies), etc. Après cette phase de lavage, le mobilier est orienté vers différents spécialistes&nbsp;: l’archéozoologue, le céramologue, le carpologue, l’anthracologue… C’est le travail conjoint des différents spécialistes et la mise en commun des informations qui nous permet de comprendre l’ensemble du site et son évolution dans le temps. La phase d’étude est toujours en cours.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-place-fournier-devoile-des-secrets-bien-gardes/">La place Fournier dévoile des secrets bien gardés</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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