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	<title>L&#039;Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>L&#039;Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Denise de Montesquieu – Vrai vie, faux mémoires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 15:25:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Académie française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>François Cadilhon s'est lancé un défi. À travers sa plume et celle de Denise de Montesquieu, c'est un regard différent que l'on pose sur le XVIIIe siècle. Celui d'une femme de l'aristocratie de province, loin des rues de Paris et des intrigues de la cours.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Ulysse Iparraguirre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qui est cette femme ? C’est en parcourant les couloirs obscurs du <a href="https://www.chateaulabrede.com/" title>château de La Brède</a> que François Cadilhon remarque l’incrédulité des visiteurs face à l’un des portraits au mur. Celui de «Denise de Montesquieu, plume à la main, en train d’écrire ou de réécrire l’Esprit des lois». Professeur émérite de l’université Bordeaux Montaigne, ce spécialiste de Montesquieu – auquel il a déjà consacré plusieurs ouvrages – et membre honoraire du cercle des amis de Montesquieu se met alors une idée en tête : «partir à la rencontre de cette femme dont on ne savait que peu de choses». Les archives de la bibliothèque municipale de Bordeaux regorgent de sources, notamment son importante correspondance, témoignant de sa riche existence, cachée par l’ombre immense de son père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, né en 1689 et mort en 1755, fut conseiller du parlement de Bordeaux et membre de l’Académie française. Il est l’auteur des<em> <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_persanes" title>Lettres persanes</a></em> et de <em><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/De_l%E2%80%99esprit_des_lois_(%C3%A9d._Nourse)/Texte_entier" title>De l’esprit de lois</a></em>, ouvrage majeur dans lequel il défend le principe de séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires qui inspirera la constitution américaine et celle de 1791, en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme un pied de nez à sa longue carrière universitaire, François Cadilhon «brise les codes scientifiques et humains» et offre une forme pour le moins atypique. Comme <a href="https://www.livredepoche.com/livre/memoires-dagrippine-9782253135081/" title>Agrippine</a>, <a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/moi-claude/9782070298938" title>Claude</a> ou <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k235892/f3.item" title>d’Artagnan</a>, Denise de Secondat, de Roques, baronne de Montesquieu et de Montagnac aura droit à ses mémoires fictifs. Il faut dire que sa vie n’est pas de tout repos. Observatrice active d’un XVIII<sup>e</sup> siècle en transition avec laquelle elle s’éteindra, elle a connu la monarchie absolue, la Révolution et les prémices d’un Empire naissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute jeune, elle est placée sous la protection de l’Église, comme nombre d’enfants de familles nombreuses à l’époque. Son père, qu’elle voit peu, tient néanmoins à ce qu’elle sache «bien écrire et bien lire». Rappelée auprès de lui, à Paris, elle vit son adolescence au rythme des changements de couvents. Mais après avoir goûté à la vie mondaine et aux bals parisiens, c’est à son grand désespoir qu’elle est forcée de rentrer au château de La Brède, domaine familial en Gironde. Là, elle retrouve le goût des livres et devient la jeune secrétaire de son «papa», consignant ses idées pour l’écriture de son <em>Esprit des lois</em>. Elle est mariée, sans avoir son mot à dire, à Godefroy de Secondat de Roques, un cousin de 25 ans son aîné «dont la tendresse et la fidélité tranchait avec les mœurs du temps». Un mariage, contre toute attente, passionné et heureux. Cependant, «c’est dans la douleur, au péril de leur vie, aux dépens de leurs charmes et souvent au détriment de leur santé» que les femmes de l’époque donnent naissance. Car c’est là sa principale mission, assurer la continuité du nom et de la fortune de sa famille. Son premier fils, Charles, meurt jeune, mais c’est son second, Joseph-Cyrille, qui lui succédera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Denise de Montesquieu aimait son père, dont elle était très proche. Pour elle, sa mort est une tragédie. S’ensuit une bataille juridique avec son frère dont elle ressortira victorieuse, s’assurant, ainsi qu’à son fils, l’héritage du domaine de Montesquieu. Le couple s’installe à Agen, dont la baronne devient vite une figure incontournable de la vie locale. À cette époque, voyageurs et nobles bordelais se succèdent dans son salon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle reste très attachée à la pensée de son père. Son train de vie, rythmé par les dimanches à l’église dans la paroisse de Montagnac et les échanges épistolaires, est interrompu quelque temps, entre 1764 et 1765, par les rumeurs d’une «bête monstrueuse qui dévorait des innocents», au Gévaudan. Le domaine de Falmont, situé en campagne, où l’on pouvait entendre hurler les loups, paru quelque temps trop dangereux pour s’y rendre. Après la mort de son père en 1755, elle voit mourir Godefroy, le 6 mars 1774 et le roi Louis XV deux mois plus tard. Bien qu’abattue par le décès de son mari, celui du roi la laisse «franchement indifférente» tant il est peu apprécié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques années plus tard, la Révolution s’annonce. Denise de Montesquieu devient alors, depuis Agen, l’observatrice d’une France en crise. Elle échappe au climat de terreur qui règne à Bordeaux – horrifiée par l’exécution du roi et son «procès indigne» – mais perd plusieurs de ses proches dans les soulèvements. Pourtant, <em>De l’esprit des lois</em> de son père a son rôle à jouer dans l’élaboration de la future république. La constitution de 1791 s’appuie, justement, sur ses réflexions concernant la séparation des pouvoirs. Les années passant, le climat de peur s’estompe et, lors d’une fête agenaise en 1798, elle fut même élevée au titre des anciens les plus vénérables de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle passe les dernières années de sa vie entourée de Foy, sa fille, et de ses petits-enfants. Elle se remémore son passé, citoyenne d’une république sans doute «en train de disparaître et un nouveau monde de voir le jour».</p>



<p class="wp-block-paragraph">François Cadilhon s’est lancé un défi. À travers sa plume et celle de Denise de Montesquieu, c’est un regard différent que l’on pose sur le XVIII<sup>e</sup> siècle. Celui d’une femme de l’aristocratie de province, loin des rues de Paris et des intrigues de la cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être ce livre l’extirpe-t-il un peu de l’ombre d’un père passé à la postérité.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="418" height="631" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/3296.jpg" alt class="wp-image-45648" style="aspect-ratio:0.6624519647948431;width:280px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/3296.jpg 418w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/3296-199x300.jpg 199w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/3296-150x226.jpg 150w" sizes="(max-width: 418px) 100vw, 418px"><figcaption class="wp-element-caption">Couverture : Portrait de Denise de Montesquieu (Fondation jacqueline de Chabannes – château de La Brède).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.editions-cairn.fr/Confluences/2792-denise-de-montesquieu-9791070065266.html" title>Denise de Montesquieu, Mémoires fictifs</a></em> de François Cadilhon, Cairn, coll. «confluences / Traversées», 144 p., 14,50 €</p>



<p class="wp-block-paragraph">Découvrir un autre ouvrage de François Cadilhon (p. 29) dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-137-le-corps-en-mouvement/" title><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Le corps en mouvement, dans l’élan de Georges Vigarello », n° 132, été-automne, 196 pages, 2021</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi qu’un article en libre accès sur Montesquieu (p. 34–35) dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n131-janvier-fevrier-mars-2021/" title><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Le siècle d’Edgar Morin », n° 131, janvier-février-mars, 148 pages, 2021</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denise-de-montesquieu-vrai-vie-faux-memoires/">Denise de Montesquieu – Vrai vie, faux mémoires</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Décélérer avec Jean Harambat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 14:50:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
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		<category><![CDATA[retour à la terre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi toujours courir ? Prenez le temps : d'écouter le chant des oiseaux, de boire une bière entre amis, de restaurer une ferme et, surtout, de laisser la place à la nature.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Ulysse Iparraguirre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«On dit que le chemin se fait en marchant». Cette nouvelle bande dessinée de Jean Harambat, justement, prend ce temps. Celui de marcher, d’observer la nature, de jardiner, de bricoler avec son père, d’être imprécis, de fumer une cigarette au milieu des roses ou de boire une bière entre amis. De faire les choses «avec lenteur et méthode», paisiblement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas de <a href="https://www.dargaud.com/bd/le-detection-club-bda5280410" title>polar</a> ou <a href="https://www.dargaud.com/bd/operation-copperhead-bda5540910" title>d’espionnage</a> cette fois-ci. Loin de son registre fictionnel habituel, Jean Harambat s’attaque ici à l’intime, au sensible. Il opère à la plume et au feutre, en noir et blanc, ajoutant les couleurs sur son ordinateur. Une manière de faire preuve «de pudeur» et «de discrétion», laissant «la place au ciel et au sol». Chaque page est une nuance de vert. Appuyé sur la tradition des estampes&nbsp;– «comme celles d’Henri Rivière ou les estampes japonaises modernes»&nbsp;– le dessin cherche à «saisir des atmosphères correspondant au lieu, aux moments, aux saisons» et «une forme de fidélité au paysage».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Certaines routes ne sont linéaires qu’à première vue, elles ont des branches comme les arbres, des affluents comme les rivières »</strong></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="777" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13.jpg" alt class="wp-image-45632" style="aspect-ratio:0.7588108011974983;width:401px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13.jpg 777w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13-228x300.jpg 228w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13-768x1012.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13-650x857.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/page-13-150x198.jpg 150w" sizes="(max-width: 777px) 100vw, 777px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>J’ai toujours rêvé d’être un fermier</em> de Jean Harambat. page 13.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur, fils d’agriculteur, y conte sa vie. Après avoir parcouru le monde, travaillant en Tasmanie, en Argentine puis au Liberia, c’est l’histoire d’un retour à la terre qu’il dessine : le rachat d’une ferme centenaire dans le Sud-Ouest, non loin de sa Chalosse natale, son installation et sa vie d’artiste sur place. Car «nous sommes des êtres incarnés, toujours en chemin, au milieu des choses, au milieu de la réalité brute du réel». Il nous invite à décélérer, vivre ce qui semble être une longue journée à ses côtés, dans sa campagne du pays d’Armagnac, au milieu de la nature, loin du bruit de la ville et du progrès qui, «dans son mouvement perpétuel, évacue ceux qu’il était censé servir».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des figures du passé arpentent les pages et nous épaulent tout au long de la lecture. Mère, grand oncle, gascons revenant d’Algérie plantant des palmiers, Yul Brynner, Ulysse, dieux grecs et chêne centenaire viennent nous apporter une vision nouvelle du monde et de la nature. Une façon de «montrer avec une forme de douceur comment ici la nature traverse le quotidien, que ce soit la beauté du printemps, le chant d’un crapaud ou la pluie épouvantable qui t’empêche de travailler dehors.»</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="778" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture.jpg" alt class="wp-image-45631" style="width:346px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture.jpg 778w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture-228x300.jpg 228w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture-768x1011.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture-650x856.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couverture-150x197.jpg 150w" sizes="(max-width: 778px) 100vw, 778px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.dargaud.com/bd/jai-toujours-reve-detre-un-fermier-bda5617810" title>J’ai toujours rêvé d’être un fermier</a></em> de Jean Harambat, éd.Dargaud, 2026, 112 p. 23,95 €</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/decelerer-avec-jean-harambat/">Décélérer avec Jean Harambat</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Crime à Ronce-les-Bains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 13:12:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[1980]]></category>
		<category><![CDATA[avocat]]></category>
		<category><![CDATA[crime]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Xavier et Flavie forment un couple idyllique. Deux filles, une villa en bord de mer, tout semble parfait. Pourtant, quand une amie de Flavie refait surface, le rêve de Xavier se brise. Jusqu'où ira-t-il pour le préserver ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Ulysse Iparraguirre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Été 1974, 23 h 15, ciné Saint-Martin, Ronce-les-Bains, Xavier Latour, jeune khâgneux fils d’enseignants, est assis dans la salle, la séance va commencer. Quelques rangées plus loin, Flavie Lassalle est seule, elle aussi. Elle a une robe gitane, un chemisier blanc, des chaussures basses et un visage «de princesse romaine de l’Empire». Pour Xavier, c’est le coup de foudre. Le cinéma continue : dans sa tête, le jeune homme de 19 ans monte des plans pour «s’en faire aimer» malgré ses origines bourgeoises. Il se fait voyeur, les suit dans sa 4L à trois vitesses, elle et son groupe, au flipper du bar Saint-Jean, au camping Mon bonheur et sur la plage de la Pointe espagnole, où ils pratiquent le naturisme sauvage. Sans succès. «On est con quand on a 18 ans, a dit à peu près Rimbaud.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années passent et Xavier range la fille de la pointe dans un coin de sa tête. Il devient avocat, se marie avec une copine institutrice puis divorce, cinq ans plus tard. Seul pour les congés d’été de 1988, il décide, pour la première fois depuis longtemps, de retourner à Ronce-les-bains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un matin, Flavie est là, à la Maison de la presse, achetant le journal du jour. Il l’aborde. Elle aussi est fraîchement divorcée. Ils prennent un verre au Saint-Jean, se baignent à la plage de la Pointe et ne se quittent plus de l’été. En octobre, Flavie, de passage à Poitiers, lui apprend qu’elle est enceinte : le mariage suivra bientôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, la petite famille retourne à Ronce-les-Bains, dans la villa Geneviève, une des plus belles de la station, pour passer l’été. Flavie s’occupe des enfants, Xavier, lui, va et vient depuis le tribunal de Poitiers. Un été, alors qu’il est en ville, Flavie l’appelle. Elle a retrouvé une amie de jeunesse, Cécile, et aimerait la recevoir à Ronce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours se transforment en semaines. Quand Xavier Latour rentre de Poitiers, quelque chose dans l’air est étrange. Les deux femmes ne se quittent plus, elles semblent s’être beaucoup rapprochées. Les a‑t-il vraiment vues s’embrasser ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évincé, peu à peu, de son couple et de la villa, doublé par Cécile qui s’avère être le premier amour adolescent de Flavie, Xavier ne vient plus à Ronce que pour voir sa fille. Il essaie de se faire une raison, fait un tour à Paris et se plonge dans le travail – il suit le procès d’un homme accusé d’avoir envoyé des centaines de lettres à une amourette de jeunesse en apprenant la mort de son mari. Pas d’Hercule Poirot ici, encore moins de Colombo. Les pages ne s’ouvrent pas sur une scène macabre, bien au contraire. La mort sait s’y faire attendre. D’ailleurs, y a t‑il vraiment un meurtre dans ce roman noir ? Le lecteur se le demandera encore aux deux tiers du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, une idée fait son chemin chez ce grand lecteur de romans. Dans <em><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65266338.texteImage" title>Mademoiselle Giraud, ma femme</a></em> d’Adolphe Belot, le crime parfait existe… mais c’était il y a 100 ans.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="632" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couv-la-fille-de-la-pointe.jpg" alt class="wp-image-45623" style="width:284px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couv-la-fille-de-la-pointe.jpg 632w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couv-la-fille-de-la-pointe-185x300.jpg 185w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/06/couv-la-fille-de-la-pointe-150x243.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 632px) 100vw, 632px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Crime à Ronce-les-Bains. La fille de la Pointe</em> de Jean-Paul Bouchon, <a href="https://www.gesteditions.com/auteurs/bouchon-jean-paul/">La Geste</a>, 2026, 328 p. 13,90 €</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et faits divers dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-132-ete-2021-special-faits-divers/" title><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Faits divers, faits d’histoire, des experts, des romans noirs», n° 132, été-automne, 196 pages, 2021</a><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/">.</a> Notamment «Sherlock à Poitiers» avec Jean-Paul et Alain Bouchon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/crime-a-ronce-les-bains/">Crime à Ronce-les-Bains</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Edgar Morin – Relier la science et les citoyens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 14:38:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage à Edgar Morin décédé vendredi 29 mai, penseur non conformiste qui a encouragé, soutenu et stimulé l’Espace Mendès France et L’Actualité Nouvelle-Aquitaine depuis 1994. Il aurait eu 105 ans début juillet.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/edgar-morin-relier-la-science-et-les-citoyens/">Edgar Morin – Relier la science et les citoyens</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«Je me dois de dire qu’ici – je dois le reconnaître, je dois l’avouer – à Poitiers, l’Espace Mendès France est mon bouillon de cultures favori, c’est là où j’aime venir me ressourcer, c’est là où j’aime venir, pas seulement intervenir, mais aussi apprendre, connaître, parce que c’est un vrai bouillon de cultures.» Ainsi s’exprimait Edgar Morin le 25 janvier 2017 à l’Espace Mendès France lors du lancement d’une nouvelle édition de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n115-janvier-fevrier-mars-2017/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em></a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les fondateurs de l’Espace Mendès France – des scientifiques désireux d’aller à la rencontre des gens et des acteurs de la culture populaire – ont jeté les bases d’un projet original, la rencontre avec Edgar Morin en 1994 fut déterminante. C’était aux 4<sup>e</sup> rencontres CNRS «Sciences et Citoyens» tenues au Futuroscope. Avec Didier Moreau, alors directeur de l’Espace Mendès France, nous avons assisté le dimanche matin à la communication d’Edgar Morin, totalement improvisée mais lumineuse. Nous étions plusieurs à lui demander le texte… Heureusement, j’avais enregistré avec mon petit Olympus&nbsp;! Il fut convenu que je décrypterais l’intervention et lui soumettrais le texte pour validation. C’est ainsi que nous avons publié «Relier la science et les citoyens» dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n27-janvier-fevrier-mars-1995/"><em>L’Actualité</em> en janvier 1995</a><em>.</em> Première étape d’une longue collaboration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa pensée non conformiste nous a permis de conceptualiser ce que nous cherchions en tâtonnant. Ainsi est né un dialogue fructueux qui, pendant une trentaine d’années, a ouvert des voies inédites pour la culture scientifique et étendue son champ d’action.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous pressentions était une bonne voie. Mais il fallait oser, faire fi des modèles, ne pas chercher à imiter mais inventer. «Il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en cheminant.» Edgar Morin aime à citer Antonio Machado… Cela nous a permis d’ouvrir un espace de liberté. Retour aux bases en quelque sorte, aux fondements de la culture populaire. Il ne s’agit pas d’asséner des vérités, de tricoter à l’infini les mêmes thèmes en vogue, les mêmes recettes, mais plutôt de parler de la science en train de se faire, y compris dans ce qu’elle a de moins spectaculaire. Donc aller au-delà de la culture du résultat, contextualiser, décloisonner, ne pas séparer la culture scientifique de la culture. Mettre l’humain au centre, la recherche c’est une aventure intellectuelle et humaine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="751" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/petite-couv-actu-131-copie.jpg" alt class="wp-image-45616" style="aspect-ratio:0.7333923628154484;width:294px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/petite-couv-actu-131-copie.jpg 751w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/petite-couv-actu-131-copie-220x300.jpg 220w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/petite-couv-actu-131-copie-650x886.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/petite-couv-actu-131-copie-150x205.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 751px) 100vw, 751px"><figcaption class="wp-element-caption">En <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n131-janvier-fevrier-mars-2021/">janvier 2021</a>, <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> a consacré une édition à Edgar Morin (portrait par Claude Pauquet, réalisé en 2003) pour fêter son centenaire, avec notamment son texte sur «Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur», ainsi que les témoignages et analyses d’Alfredo Pena-Vega et François Dosse.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relier la science et les citoyens</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Edgar Morin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La science est reliée à l’entreprise, à l’État. Elle est très mal reliée au citoyen. C’est devenu un problème de plus en plus grave puisque la science et la technique envahissent le champ de la vie civile, les problèmes de la paternité, de la maternité, de la vie, de la mort. Les citoyens tendent à être dépossédés. La finalité de notre effort serait évidemment une démocratie cognitive, c’est-à-dire où la connaissance et la compétence puissent être partagées. Il y a loin. Mais relier ne signifie pas un consensus béat. Relier suppose la révélation de la conflictualité, de la difficulté. Donc je pense que ce travail de reliance profonde est un travail historique dont nous ne sommes qu’au début. Les citoyens par ailleurs subissent des processus d’atomisation. Ils tendent à être de moins en moins reliés les uns aux autres, malgré des tentatives, notamment dans les associations, de retrouver la communauté. […] </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons des solidarités certes collectives, mais bureaucratiques et anonymes. Et au fond, dans la société montent des SOS (SOS amitié, SOS sida, SOS exclusion, SOS chômage) qui témoignent du besoin d’un lien, d’un lien de solidarité. Or dans la devise de notre République, «Liberté Egalité Fraternité», vous savez que la liberté peut être instituée et garantie par la constitution, vous savez que l’égalité peut plus ou moins être imposée par des lois, ou par l’accession à la scolarité, mais la fraternité, nul ne peut l’imposer de l’extérieur. La fraternité doit être vécue. C’est une nécessité fondamentale. La solidarité est ce qui relie. Nous sommes dans une société qui est une nation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez que toute nation présente un double aspect : aspects de communauté et de société. J’explique ces termes : la société, c’est là où jouent les relations individuelles, égoïstes, rivalitaires, concurrentielles, antagonistes – il n’y a pas de société sans antagonismes, rivalités et conflits – ; l’aspect communautaire, c’est le sentiment d’appartenance à quelque chose qui lie. Cet aspect apparaît surtout dans les périodes de danger, quand la patrie est menacée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot patrie est important car il concentre en lui la signification de sa communauté. Pourquoi ? Voici un mot qui commence de façon masculine (le père) et qui se termine de façon féminine (la mère). Dans l’idée de patrie, il y a une substance maternelle (mère-patrie, le foyer) et une substance paternelle (l’autorité que l’on reconnaît légitime). Ce qui donne un fondement à cette idée, qui fraternise les enfants de la patrie, c’est le sentiment d’une communauté d’origine, souvent mythologique du reste, d’une communauté d’identité qui se trouve forgée par la culture et à travers un langage commun, et d’une communauté de destin, c’est-à-dire dans lesquels les membres de la communauté sentent qu’ils ont vécu dans le passé un destin commun de défaites, de victoires, d’épreuves et qu’ils veulent affronter ensemble un destin futur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le problème se pose non seulement de resserrer le lien au sein des patries mais je dirais même d’amplifier ce lien, c’est-à-dire de considérer aussi que nous avons une communauté de destin avec l’Europe, qui est en train, peut-être, de se construire, et je dirais aussi dans la planète. Dans le monde actuel, il y a des forces d’unification incontestables, avec la technique, la télécommunication, l’économie. Mais ces forces d’unification sont abstraites, mécaniques, mercantiles, machiniques, et en réalité, il y a en même temps des forces de dislocation formidables, de repliement sur l’identité, ethniques, religieuses, nationales. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le problème de notre reliance humaine. […] Nous devons comprendre, et nous pouvons comprendre, grâce aux sciences de la Terre, qu’il y a une véritable communauté d’origine des êtres humains. Il y a aussi une communauté d’identité, parce qu’à travers la formidable diversité des individus, des caractères, des cultures, des langues, il y a un fonds commun, c’est-à-dire cette aptitude à rire, à pleurer, à sourire, et dans le fond la même machinerie qui se trouve dans chaque cerveau humain. Les sciences historiques nous montrent que nous sommes dans l’ère planétaire, que le tissu d’interactions couvre désormais toute la planète, qu’un événement qui surgit à la bourse de New York ou au Koweit retentit sur toute la planète, et que les problèmes fondamentaux de vie et de mort se posent pour toute l’humanité. C’est une communauté de destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Communauté d’origine, communauté d’identité, communauté de destin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Terre est aussi une patrie. Ce n’est pas une patrie qui doit remplacer les autres patries, il n’y a pas d’alternative, comme avant, entre un cosmopolitisme sans racine et un enracinement particulier ; c’est un enracinement plus englobant et plus profond dans lequel nous pouvons avoir une identité, une poly-identité concentrique : je suis Français, je suis Méditerranéen, je suis Européen, je me sens aussi Citoyen du Monde, emporté dans le même destin que tous les humains. Relions-nous à nos racines, relions nous à notre destin commun. Savez-vous que la solidarité est une condition essentielle de la complexification de la société ? Qu’est-ce que la complexité dans le sens social ? Cela signifie que les membres de la société, notamment les individus, sont libres et peuvent développer leurs multiples aptitudes créatrices ou autres. Il y a la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la limite, la complexité absolue signifierait la désintégration de la société puisqu’il n’y aurait plus aucune contrainte, aucun lien social. Le lien social est maintenu par la contrainte, par l’autorité, par le gendarme, par l’inhibition. Mais si l’on veut que le lien social ne soit pas fondé principalement sur la contrainte et sur l’autorité, il faut qu’il soit fondé sur quelque chose d’autre, c’est-à-dire un sentiment vécu, intériorisé, de sa propre solidarité avec le reste de sa patrie, de ses patries. La solidarité – le fait de se relier – présume l’éthique même de la complexité humaine. Et à l’inverse, la complexité humaine requiert l’éthique de la solidarité. C’est la solidarité qui permet à la liberté de ne pas être criminelle, qui permet à chacun de ne pas se livrer librement à l’agression, à la domination sur autrui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«Vous devrez vous spécialiser, mais cultivez-vous !</strong> <strong>N’abandonnez jamais le souci de la culture !»</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La connaissance fonctionne sur deux notes, deux thèmes ou deux modes. La computation – ce mode qu’on ne peut pas réduire au mot de calcul –, c’est séparer et c’est lier. Toute connaissance est une connaissance qui distingue et qui associe. Elle sépare, elle analyse, c’est l’acte de séparation, et la synthèse, c’est l’acte de rassemblement. Le cerveau a séparé et a relié. Nous avons cette double qualité liée et toute prédominance de l’un des aspects sur l’autre aboutit à un appauvrissement et à une mutilation de la connaissance. Donc la connaissance a besoin de la reliance. Par exemple une information n’a aucun sens si elle n’est pas intégrée, c’est-à-dire reliée dans un contexte, et si possible dans une globalité qui peut être un système d’ensemble. Il est impossible de donner un sens à ce qui arrive à Sarajevo ou au Rwanda si nous ne sommes pas capables de le situer dans son contexte historique, culturel, géographique, et dans l’ensemble des problèmes de l’Europe ou de la planète. Autrement dit, une connaissance qui ne serait pas capable de relier serait une connaissance impuissante. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement ce qu’on appelle la culture, c’est ce qui va nous aider à contextualiser et à globaliser, non seulement par la nécessaire variété des connaissances mais aussi par la gymnastique mentale à laquelle elles nous conduisent. C’est pourquoi le défaut n’est pas dans la spécialisation mais dans l’hyper-spécialisation qui devient une clôture et qui empêche la culture. Il faut relier les deux cultures, la culture dite des Humanités (la littérature, les arts, la philosophie) et la culture scientifique. Or, c’est très difficile. Pourquoi ? La première est une culture de réflexion et d’intégration des idées dans la vie. Alors que la culture scientifique est fondée sur un mode tout à fait différent, sur la compartimentation et sur une croissance exponentielle des savoirs et des informations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui l’une et l’autre sont paupérisées. La culture des Humanités parce qu’elle n’a plus le grain des connaissances qui viennent à son moulin, puisque ces connaissances restent ésotériques, enfermées dans les disciplines scientifiques, voire dans des banques de données. Par contre, le monde de la culture scientifique est privé de la possibilité de la réflexivité, de réfléchir sur ce qu’il fait, sur le sens évidemment humain, politique et social de son développement. Où va la science ? C’est une marche dont nous ne connaissons absolument pas la destination. C’est elle pourtant qui guide l’aventure inconnue de toute l’humanité. Donc réfléchir, lier les deux cultures, devient une nécessité vitale. Vous devrez vous spécialiser, mais <em>cultivez-vous ! </em>N’abandonnez jamais le souci de la culture ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité, celle sur laquelle portent notre connaissance et nos sciences, est à la fois séparable et inséparable. On peut isoler les éléments qui constituent la réalité mais on se rend compte de plus en plus qu’ils sont liés les uns aux autres. En quelque sorte, les choses séparées sont liées et les choses liées sont aussi, d’une certaine façon, distinctes. Il est extrêmement important, toujours dans l’idée de relier, de voir ce qui relie les choses séparées. C’est d’autant plus fort dans les choses organisées. Qu’est-ce que c’est qu’une organisation ? C’est ce qui est constitué en un système qui lie des éléments différents en un tout, depuis le noyau des atomes jusqu’aux astres, jusqu’aux êtres vivants, jusqu’aux sociétés humaines, jusqu’à l’individu. Or les “tout” organisés produisent des qualités qui ne peuvent pas exister à l’état des parties, mais qui peuvent rétroagir sur les parties. Ainsi par exemple, la société humaine possède un certain nombre de traits qui lui permettent d’instituer une langue, une culture, un savoir, et bien que la société humaine soit créée par l’interaction entre les individus, cette société rétroagit sur les individus dès leur naissance, et même avant, en leur apportant ses normes, ses interdits, son langage, sa culture. Autrement dit, nous, individus, nous produisons la société, mais la société elle même nous produit. Les qualités émergentes, vous ne les connaîtrez jamais si vous coupez les systèmes organisés en rondelles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«</strong>&nbsp;<strong>Dans ce monde physique, biologique, social, intellectuel, scientifique, où sont si puissantes, et deviennent de plus en plus puissantes, les forces de rupture, de renfermement, de dislocation, de conflit, il ne faut pas rêver à une utopie paradisiaque où tout serait réconcilié.</strong>&nbsp;<strong>»</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin élémentaire du mot : <em>complexus</em>, «&nbsp;ce qui est tissé ensemble&nbsp;». Les constituants sont différents, mais il faut voir, comme dans une tapisserie, la figure d’ensemble. Le vrai problème (de réforme de pensée) c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il faut mieux réapprendre à relier. Relier, c’est-à-dire pas seulement établir bout à bout une connexion, mais établir une connexion qui se fasse en boucle. Du reste, dans le mot relier, il y a le «&nbsp;re&nbsp;», c’est le retour de la boucle sur elle-même. Or la boucle est autoproductive. À l’origine de la vie, il s’est créé une sorte de boucle, une sorte de machinerie naturelle qui revient sur elle-même et qui produit des éléments toujours plus divers qui vont créer un être complexe qui sera vivant. Le monde lui-même s’est autoproduit de façon très mystérieuse. La connaissance doit avoir aujourd’hui des instruments, des concepts fondamentaux qui permettent de relier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Même constat : nous avons une pensée qui sépare très bien mais qui relie très mal. L’excès de séparation est diabolique, dans le sens littéral du mot, <em>diabolus</em>, «&nbsp;celui qui sépare&nbsp;». Mais après tout vous me direz, c’est peut-être le diable qui a créé l’univers ? Puisqu’effectivement nous ne pouvons vivre que dans la séparation. Là nous abordons un problème très complexe. Je pense à l’instant à cette fresque de la chapelle Sixtine qui montre ce moment de la Genèse. Le dieu génésique sépare les ténèbres et la lumière. Mais il a l’air de sortir lui-même de ce tourbillon, de s’autocréer lui-même pour pouvoir effectuer la séparation. C’est vrai, nous sommes dans un monde qui n’est monde que parce qu’il y a séparation du temps et de l’espace. Mais il n’existe que parce qu’il y a des forces de liaison. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie est une formidable force de reliance d’éléments très divers (ADN, protéines, etc.) qui a créé les êtres polycellulaires, végétaux, animaux, les écosystèmes, les sociétés… Ces forces de reliance se sont développées en intégrant leur propre ennemi en elles-mêmes, c’est-à-dire la destruction et la mort. En effet, ce qui différencie la machine vivante de la machine artificielle, c’est que la machine ne peut supporter le moindre désordre : elle se bloque, elle se détruit. Alors que l’être vivant, non seulement peut tolérer du désordre, mais il l’intègre. Et il l’intègre sous la forme la pire, qui est la destruction et la mort, pour se régénérer. En effet, il a été dit : sans arrêt nos molécules se dégradent et sans arrêt nos cellules refont ces molécules. Sans arrêt, notre organisme se régénère. La mort lui sert à se rajeunir. Héraclite disait : «&nbsp;Vivre de mort, mourir de vie.&nbsp;» </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la société, nous intégrons d’énormes désordres et conflits. Le conflit et la rivalité deviennent productifs, du moins jusqu’à un certain point. Nous voyons que les forces de reliance ont besoin, à un moment donné, d’intégrer les forces qui les détruisent pour continuer, pour survivre. C’est le sens du titre que Maupassant avait donné à l’un de ses romans, <em>Fort comme la mort</em>, il parlait de l’amour. Continuer la vie, c’est continuer à résister à la mort qui nous environne. C’est uniquement dans la mesure où nous nous sentons reliés, solidaires, fraternels et aimants, que nous pouvons affronter ce destin. Dans ce monde physique, biologique, social, intellectuel, scientifique, où sont si puissantes, et deviennent de plus en plus puissantes, les forces de rupture, de renfermement, de dislocation, de conflit, il ne faut pas rêver à une utopie paradisiaque où tout serait réconcilié, où il n’y aurait plus de conflit. Il n’y aura pas de paradis sur terre. On peut seulement espérer en un monde moins terrible, moins cruel, on peut espérer en une humanisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Humaniser et civiliser notre Terre. Tout ceci suppose encore la reliance. C’est une nécessité vitale pour la pensée, pour l’épanouissement des êtres humains qui ont besoin d’un métier et d’amour et qui, sans cela, dépérissent et s’aigrissent, pour la survie de l’humanité qui devra trouver sa reliance propre si elle ne veut pas sombrer dans une régression très profonde…</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">D’autres textes d’Edgar Morin ont été publiés dans <em>L’Actualité</em>&nbsp;:</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">«Tous humains&nbsp;», n° 35.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Le consensus et le conflit», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n59-janvier-fevrier-mars-2003/">n° 59</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Dépasser la notion de développement», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n63-janvier-fevrier-mars-2004/">n° 63</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«La complexité, un défi à la connaissance», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n68-avril-mai-juin-2005/">n° 68</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«L’incertitude fondamentale», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n71-janvier-fevrier-mars-2006/">n° 71</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les livres qui ont compté», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n117-ete-2017-special-sentiers-chemins/">n° 117</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Le problème d’une démocratie cognitive», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n130-octobre-novembre-decembre-2020/">n° 130</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur», <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n131-janvier-fevrier-mars-2021/">n° 131</a>.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/edgar-morin-relier-la-science-et-les-citoyens/">Edgar Morin – Relier la science et les citoyens</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>De la graine à la salade grecque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 12:55:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[bio]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
		<category><![CDATA[retraite]]></category>
		<category><![CDATA[tomate]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jacky Mercier, «le roi de la tomate» a dédié sa vie à ce fruit souvent ni rouge ni rond. Ses tomates anciennes et colorées ont su conquérir les cœurs, des marchés viennois aux palaces parisiens.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Ulysse Iparraguirre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat semble sans appel, la plus grande richesse ramenée du Nouveau Monde n’est pas une cité d’or, c’est sans conteste la tomate ! Fini le temps des grands explorateurs, en cinq siècles, ce trésor a fait bien du chemin et Frontenay-sur-Dive est sans doute l’un de ses nouveaux fiefs. En effet, c’est dans cette commune rurale que vit «le roi de la tomate», comme certains surnomment Jacky Mercier, maraîcher célèbre, des marchés poitevins aux palaces parisiens. Après 45 ans à cultiver ce légume-fruit – qui continue d’animer les débats entre botanistes et cuisiniers – Jacky a finalement passé la main de son exploitation de quatre hectares à son petit-cousin, Grégory Devergne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quel secret pousse des chefs étoilés à venir de Paris, dans un petit village du nord de la Vienne, croquer ses tomates à même le pied ? «Vacances ? Vous avez dit vacances ?» Beaucoup de travail et de passion plutôt. Et surtout, l’originalité !</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1.jpeg" alt class="wp-image-45608" style="aspect-ratio:1.501508211373031;width:482px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1-300x200.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1-768x512.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1-650x433.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-195-osu-blue-1-150x100.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Tomates de la Bourdaisière, Osu blue. Photo Thérèse Rinuit.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 1980, Jacky se lance d’abord dans la tomate conventionnelle mais ça n’est pas une franche réussite, alors en 1993, il décide de cultiver ses tomates en bio, en plein champ, non tuteurées et sans retirer les gourmands – de petites tiges non productives poussant dans l’aisselle des tiges principales et réputées pomper l’énergie du pied de tomate. Pourtant, 10 ans plus tard, c’est la remarque de son ami Jean de la Vaissière qui fait tout basculer&nbsp;: «Fais pas le con, fais la différence avec les autres : démarque-toi.» Cap sur la couleur : Jacky se lance dans les variétés anciennes. Loin des standards industriels rouges et ronds, ses tomates sont noires, vertes ou blanches, allongées ou côtelées, charnues, fruitées ou sucrées, une farandole de goûts, de formes, de noms et de couleurs à n’en plus finir puisqu’il a cultivé plus de 200 variétés oubliées. Fireworks, gold nugget, tétons de vénus, nuits australes, ivory egg, evergreen, corrogo, ou encore la traditionnelle san marzano, idéale pour la sauce tomate, sont autant de trésors qui peuplent la terre de son exploitation.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1.jpeg" alt class="wp-image-45609" style="aspect-ratio:1.501508211373031;width:476px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1-300x200.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1-768x512.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1-650x433.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/2025-09-14-tomates-de-la-bourdaisiere-176-indigo-apple-1-150x100.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Tomates de la Bourdaisière, Indigo apple. Photo Thérèse Rinuit.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Peu de surprise, alors, à ce que les chefs comme Cédric Ravaud, de <a href="https://www.ribaudiere.com/restaurant/" title="la table du Clos de la Ribaudière ">la table du Clos de la Ribaudière </a>à Chasseneuil-du-Poitou, Alexandre Faix, lui aussi originaire de Fontenay-sur-Drive, qui tient le <a href="https://lebistrotdemegeve.com/la-carte-du-bistrot/" title>Bistrot de Megève</a>, ou Philippe Labbé, qui a dirigé l’Arnsbourg en Moselle et la Tour d’argent à Paris, se pressent dans sa petite exploitation pour créer mille recettes de ce répertoire fruité. Cocktail, apéro, entrée, plat, «trou fontenaysien», plat, dessert : après un Top 50 des 34 tomates préférées de Jacky, chaque étape du repas se décline sous le signe de la tomate à la fin de l’ouvrage. À son échelle, dans son jardin, tout est là pour prendre la relève. Le maraîcher fournit l’inventaire de ses techniques, chaque piège, chaque astuce sont abordés, page après page, la tomate est décortiquée, de la graine à l’assiette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré son succès parisien, le roi de la tomate reste simple et très attaché au marché des Couronneries de Poitiers. Ce premier livre cosigné par Thérèse Rinuit, correspondante dans le Loudunais de <em>La Nouvelle République</em>, sonne comme une lettre du jeune retraité à ses clients fidèles et aux nouveaux gourmands avides de fraîches assiettes estivales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.gesteditions.com/metive/jacky-le-roi-de-la-tomate" title>Jacky le Roi de la tomate</a></em>, de Jacky Mercier et Thérèse Rinuit, Métive, 2026, 192 p., 25 €</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="727" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/couv-roi-tomate-1.jpg" alt class="wp-image-45607" style="aspect-ratio:0.7099684815524381;width:225px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/couv-roi-tomate-1.jpg 727w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/couv-roi-tomate-1-213x300.jpg 213w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/couv-roi-tomate-1-650x916.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/couv-roi-tomate-1-150x211.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 727px) 100vw, 727px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/de-la-graine-a-la-salade-grecque/">De la graine à la salade grecque</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Éloge de la patate</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 14:32:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[blé]]></category>
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		<category><![CDATA[bujault]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recettes et conseils de Jacques Pierre Bujault pour lutter contre la misère. Vive la pomme de terre !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Ulysse Iparraguirre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mendicité «tue le travail, consomme sans cesse et ne produit jamais». Car «c’est dans la classe pauvre et laborieuse que réside la puissance et la force de la nation». Mais alors, comment lutter contre cette mendicité qui détruit notre productivité ? En mangeant et en faisant manger des pommes de terre ! Puisque le prix de la farine, et donc du pain, ne cesse de monter, remplaçons les par la patate, bien plus économique. La génération actuelle aura sans doute du mal à sauter le pas mais leurs enfants, qui n’auront jamais connu le pain, s’y attacheront bien vite. D’ailleurs, la population décroît et nul réarmement démographique ne peut se faire sans cette chère patate puisque, comme le disait si bien Buffon «à côté du pain il naît un homme». Et la pomme de terre prendra bientôt la place du pain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle n’a pas que des avantages, il faut bien l’avouer. Bien moins nutritive que le pain, il faudrait en manger trois fois plus ! Qu’à cela ne tienne, il suffira d’en consommer entre les repas ! Puisque «les femmes, les enfants et les vieillards ne font presque rien pendant les trois quarts de l’année», ils pourraient cultiver le tubercule. Il ne tiendrait plus qu’à la ménagère de ramener aux champs, à heures fixes, le légume encore chaud et emballé d’une étoffe de laine pour nourrir les travailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment consommer la pomme de terre ? Pas dans le pain, certains s’y sont déjà essayés. Il ne gonfle pas et perd toutes ses qualités. De plus, le pain se consomme trop souvent froid et la pomme de terre doit toujours être consommée chaude. Voici plutôt quelques conseils avisés de préparation :</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Ayez une marmite de fer, d’une grandeur convenable aux besoins de la famille ou de la ferme. C’est un ustensile à bas prix, qui ne coûte que six sous la livre. Vous y faites adapter un couvercle en tôle, concave en dedans, convexe en dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous remplissez le vase de pommes de terre lavées, sans eau, ou du moins avec une très petite quantité d’eau. Vous placez la marmite à la crémaillère, au feu du ménage, et dans un instant les pommes de terre seront cuites. Elles seront sèches, légères, farineuses et de bon goût. Vous les servez chaudes, et on les mange à la place du pain avec le petit salé, les choux, les haricots, le beurre, le fromage, les autres mets, enfin, qu’on peut avoir à sa disposition.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour un peu plus d’exotisme : chez nos voisins irlandais et allemands «on fait cuire les pommes de terre lavées dans la marmite de fer, on les pèle, on les écrase, on les détrempe avec du lait bouillant, jusqu’à la consistance d’une bouillie épaisse, et on sert chaud. Quand on n’a pas de lait, c’est avec de l’eau, du beurre et du sel, ou avec un bouillon ordinaire, à l’ognon, aux choux, aux carottes, aux haricots, au lard, etc. – C’est la soupe irlandaise : ces gens en font presque tous leurs repas ; ils en mangent trois à quatre fois par jour.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien entendu, tous ces conseils nous viennent tout droit du passé. De 1829, précisément, et de la plume de Jacques Pierre Bujault. Originaire des Deux-Sèvres, né en 1771 et mort en 1842, il est imprimeur à Niort, avocat à Melle puis achète trois fermes dans les environs en 1810 et devient agriculteur. De ces expériences, il tire de nombreux ouvrages où il conseille et vulgarise l’agriculture. <em><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9612882s/f1.item" title>Le grand almanach du cultivateur</a></em> est sans doute son œuvre la plus connue. Notons, qu’en 1988, le lycée agricole de Melle a pris son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Défenseur du monde paysan, dans <em><a href="https://www.google.fr/books/edition/Le_pain_a_un_sou_la_livre_ou_la_Pomme_de/wkgmDkT-wJoC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=Le+pain+%C3%A0+un+sou+la+livre,+ou+la+pomme+de+terre+employ%C3%A9e+%C3%A0+la+nourriture+de+l%E2%80%99homme&amp;pg=PA12&amp;printsec=frontcover" title>Le pain à un sou la livre, ou la pomme de terre employée à la nourriture de l’homme</a></em>, c’est l’usage miraculeux de cette dernière qu’il nous livre comme remède contre la misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors à vos frites !</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/traite-de-pomme-de-terre-article-lactualite-na.png" alt class="wp-image-45598" style="width:354px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/traite-de-pomme-de-terre-article-lactualite-na.png 640w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/traite-de-pomme-de-terre-article-lactualite-na-188x300.png 188w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/05/traite-de-pomme-de-terre-article-lactualite-na-150x240.png 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/eloge-de-la-patate/">Éloge de la patate</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La voie des acras&#160;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 10:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[morue]]></category>
		<category><![CDATA[recette]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quant un plat hérité de l’enfance dans une île des Caraïbes résiste à toutes les vicissitudes de la vie et vient redonner du tonus : les acras de morue, avec toutes leurs variantes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Yenilé Caro&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours vu la nourriture de deux manières : une tâche ménagère ou le moment le plus attendu de ma journée. Ces deux visions extrêmes varient selon les plats, les aliments ou encore les phases de ma vie. Encore maintenant, pendant des périodes de durée variable, je n’ai aucun intérêt pour la nourriture, peu importe ce que je mange.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les phases où la nourriture est ma motivation première ne sont pas toujours très intéressantes à narrer. Cela peut souvent se résumer à « moi mangeant le même plat plusieurs fois par semaine ». Par exemple, après avoir fait des briques de thon, pomme de terre et fromage frais, il m’est arrivé de continuer ainsi et de manger uniquement ce plat pendant plusieurs semaines, avec peut-être du riz pour accompagner.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon quotidien alimentaire paraît alors se résumer soit à «&nbsp;ne rien manger&nbsp;» soit «&nbsp;manger la même chose durant plusieurs semaines&nbsp;». Pas très intéressant à décrire… Malgré tout, il y a un plat qui m’a toujours ouvert l’appétit&nbsp;: les acras de morue. Et peu importe la période dans laquelle je me trouve. Même si les acras sont généralement servis à l’apéritif, mon appétit d’oiseau me permet de transformer n’importe quoi en plat principal.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme mes tendances alimentaires, mon amour des acras de morue vient de mon enfance. J’ai grandi dans les Caraïbes, spécifiquement sur l’île de Saint-Martin. Mon père cuisinait les acras lors des apéritifs, des fêtes ou des évènements importants. Avec lui, j’ai très rapidement appris comment les cuisiner puis comment bien les mettre dans l’huile afin de leur offrir une forme optimale. Maintenant, c’est moi qui suis en charge des acras de morue dans la famille, j’ai même développé ma propre recette alternative avec un plus de piquant.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors pourquoi ces petites boules de pâtes et de poisson parviennent-elles à vaincre toutes mes phases étranges vis-à-vis de la nourriture&nbsp;? Simplicité et diversité, telle est la réponse&nbsp;! En effet, on peut simplement résumer les acras comme des petits beignets de morue composés d’oignons, d’herbes, d’épices et bien-sûr de morue. Pourtant, chaque personne que je connais les prépare d’une manière différente. Les épices qu’on y ajoute peuvent être différentes, personnellement, j’y ajoute du piment oiseau, ce qui offre un piquant que j’appelle la roulette russe. Certains rajoutent du lait dans la pâte et pas seulement de l’eau. Toutes ces manières différentes de faire les acras de morue permettent à chaque fois de découvrir un goût à la fois familier et nouveau. De plus, ces beignets de morue sont simples à manger et ne me rendent pas malade lors de ces périodes où manger me semble presque impossible. Ils m’apportent un certain confort lors de ces phases. De plus, j’ai aussi suivi la «&nbsp;tradition&nbsp;» de faire des acras lors des rencontres ou fêtes avec mes amies ou ma famille. Les acras sont ainsi liés à des sentiments de joie et de convivialité qui me mettent dans un meilleur état d’esprit pour manger, même lorsque je n’ai pas faim,&nbsp;même lorsque mon corps entier refuse complètement.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Donner du goût à la pâte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma propre recette n’est pas très compliquée et reprend beaucoup des recettes que l’on peut trouver en ligne, et elle dépend surtout des ingrédients présents chez moi. Lorsque la recette nécessite un peu d’eau, je rajoute de l’eau venant de la morue, qui a dessalé plusieurs heures au préalable, afin de donner du goût à ma pâte. Quant au ratio farine/eau, il faut obtenir une pâte ni liquide ni trop collante afin de pouvoir faire de petites boules de pâtes. Quant aux ingrédients que j’incorpore à la pâte, je mets souvent des oignons, de la ciboulette, du piment d’Espelette, et pour mon ingrédient secret pour un peu plus de piquant : du piment oiseau en toute petite quantité. Il faut laisser la pâte reposer pendant quelques heures puis chauffer de l’huile et, à l’aide de deux cuillères, faire de petites boules de pâtes puis les laisser tomber doucement dans l’huile. Les acras sont cuits lorsqu’ils sont dorés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sauce chien, créoline, mayonnaise ou ketchup</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous pouvez les manger avec de la sauce chien, de la sauce créoline ou tout simplement de la mayonnaise ou du ketchup. Je préfère personnellement la sauce chien avec mes acras.<br>La sauce chien est assez simple à faire, même si cette tâche est plus généralement donnée à mes amies guadeloupéennes plus expertes que moi. Elles hachent d’abord finement un oignon, du persil, du piment antillais puis elles écrasent l’ail dans un presse-ail afin d’obtenir de tout petits morceaux. Elles y ajoutent ensuite du jus de citron vert (pas jaune sinon je me fais taper sur les doigts), de l’eau frémissante et de l’huile. Une de mes amies recommande de l’huile d’arachide pour donner un goût à la sauce. Il faut laisser ensuite infuser la sauce pendant une à deux heures puis déguster !&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Yenilé Caro est étudiante du master Histoire publique et expertise historienne, à l’université de Poitiers.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/" title><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-voie-des-acras/">La voie des acras </a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Manger pour se construire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 07:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[marché]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
		<category><![CDATA[soup dumpling]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En quête de nourritures terrestres qui augmentent l’existence, de Paris à Poitiers via les souvenirs des soup dumplings de Chinatown à New York ou des cigares au fromage et aux olives du Proche Orient.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quête de nourritures terrestres qui augmentent l’existence, de Paris à Poitiers via les souvenirs des <em>soup dumplings</em> de Chinatown à New York ou des cigares au fromage et aux olives du Proche Orient.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Sarah Leski</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pourrais raconter ma vie en me basant sur la nourriture – sur les nourritures. Lorsque j’habitais à Paris, j’avais mes petites habitudes. J’allais faire mes courses dans quelques magasins et marchés, pas loin de chez moi. Et parmi le grand nombre de restaurants de la capitale, j’en avais trouvé où j’aimais revenir régulièrement. Il y en avait un, italien, où l’on mange des pâtes à se damner&nbsp;; et en entrée, du poulpe grillé cuit à la perfection, croustillant à l’extérieur et fondant à l’intérieur. J’ai l’eau à la bouche rien qu’en y pensant. J’y allais pour des occasions spéciales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je crois que mon restaurant préféré de tous les temps, qui heureusement pour moi est bien plus abordable, est celui où j’ai pu remanger des dim-sum, de délicieux raviolis chinois. Ce ne sont pas n’importe lesquels&nbsp;; non seulement ils sont faits maison comme toute la carte, que j’explore un peu plus à chaque visite, mais c’est là que j’ai retrouvé les <em>soup dumplings</em> que j’avais découverts il y a des années avec ma mère et ma tante à Chinatown à New York. En commandant, on s’attendait à recevoir une soupe avec des raviolis dedans. On était donc surprises en voyant les plats en bambou habituels, et pas de soupe. La vraie surprise est arrivée à la première bouchée&nbsp;; la soupe était à l’intérieur du ravioli. Il nous a fallu observer les autres personnes dans la salle pour comprendre comment les manger. La technique est simple&nbsp;: il faut tenir le ravioli avec les baguettes au-dessus d’une cuillère, pour récupérer le bouillon savoureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, j’ai cherché ces raviolis dans de multiples restaurants chinois. C’était une grande joie pour moi de les retrouver enfin après plus de sept ans. J’ai récemment pu amener ma mère et ma tante en manger, et partager cette redécouverte avec elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Découvertes aux marchés de Poitiers</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il m’a fallu près de cinq ans pour me construire tous mes repères parisiens. Je n’en suis pas encore à ce niveau à Poitiers. Mais depuis fin août 2025, j’ai commencé à développer des nouvelles habitudes de marché. Pour les produits «exotiques» le choix est plus limité. Mais les fruits et légumes que je trouve sont sans comparaison avec ceux que j’achetais à Paris, tant sur le prix que la qualité. La différence de prix qui m’a le plus marquée, est celle des huîtres&nbsp;: à Paris, c’est un produit de luxe&nbsp;; je n’en achetais jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petit à petit, je me familiarise avec les produits locaux. J’ai encore beaucoup de variétés de fromage de chèvre à goûter mais je crois avoir trouvé la version du farci poitevin que je préfère – c’est celui de la <a href="https://www.lafermedespetitesboisnes.fr/" target="_blank" rel="noopener" title="Ferme des Petites Boisnes">Ferme des Petites Boisnes</a>. Et les rillons, quelle chouette addition à un apéro&nbsp;! Ma dernière découverte est le tourteau fromager. Le marchand de fromage de chèvre en vend, mais j’étais persuadée que c’était un fromage. Quand des amis m’en ont proposé pour le dessert, j’ai découvert la texture aérienne de ce gâteau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime particulièrement le marché des Couronneries du dimanche matin. Parmi mes commerçants préférés, il y a Fares et Walaa (les Saveurs de Damas) qui préparent des falafels comme je n’ai jamais mangé nulle part ailleurs. Leur taboulé vert au persil est fabuleux aussi et leur caviar d’aubergine, excellent. En plus de cela, ils sont adorables. Lorsque j’ai goûté leurs cigares au fromage et aux olives, j’ai été instantanément transportée dans mon enfance au Proche Orient. J’avais complètement oublié ce goût. Est-ce le fromage&nbsp;? Je ne saurais pas le décrire. J’avais l’impression de le retrouver dans une version améliorée, plus de quinze ans plus tard. C’était à la fois le réconfort de retrouver un goût familier, perdu depuis mon enfance, et la joie d’une nouvelle trouvaille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Décidément, la nourriture occupe une place centrale dans ma mémoire et je pense même dans mon identité. Heureusement qu’il faut manger pour vivre car je vis aussi pour manger.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1.jpg" alt class="wp-image-45554" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/saveurs_damas_img_5169_2-1-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Cigares au fromage et aux olives, samoussas et falafels, des Saveurs de Damas. Photo J‑L Terradillos</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sarah Leski est étudiante du master Histoire publique et expertise historienne, à l’université de Poitiers.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/" title="L’Actualité Nouvelle-Aquitaine «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026."><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/manger-pour-se-construire/">Manger pour se construire</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Le foie haché de mon arrière-grand-mère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 13:20:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
		<category><![CDATA[tradition]]></category>
		<category><![CDATA[transmission]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment s’est transmise, de génération en génération et depuis la Pologne, une recette familiale de la cuisine juive ashkénaze. Facile à réaliser avec des foies de volaille, des oignons et un peu d’huile.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’est transmise, de génération en génération et depuis la Pologne, une recette familiale de la cuisine juive ashkénaze. Facile à réaliser avec des foies de volaille, des oignons et un peu d’huile.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Sarah Leski</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le foie haché est un pâté un peu particulier, qui ne ressemble à aucune autre préparation à base de foie que je connaisse. Fondant, au goût très marqué et pourtant doux. Je n’en mange pas souvent mais c’est toujours avec grand plaisir. Entretien avec ma mère sur ce plat familial transmis depuis plusieurs générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sarah Leski. – Le foie haché occupe-t-il une place particulière parmi tes recettes&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Catherine Leski. –</strong> Ça me rappelle ma grand-mère paternelle dont tu portes le prénom Sarah qui, entre autres choses, était une excellente cuisinière. C’est elle qui m’a fait découvrir la cuisine juive ashkénaze de Pologne dont le foie haché fait partie. Il y en avait toujours chez elle pour l’apéro.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y avait-il d’autres plats ou éléments toujours présents chez elle&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Mamie Sarah il y avait toujours de la salade verte, des fruits frais et des fleurs coupées&nbsp;; choses qui n’étaient pas accessible en Pologne. Elle était heureuse et fière d’en avoir chez elle. Cela relevait de son appartenance à la France. À l’inverse, sa cuisine des plats traditionnels juifs polonais était un marqueur de sa judéité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Était-elle religieuse ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, elle avait rejeté la pratique religieuse à l’âge de 15 ans. Mais ayant été élevée dans un cadre orthodoxe, elle avait gardé un lien par la cuisine. En revanche la viande n’était pas certifiée casher, ni aucun autre produit. C’était de la cuisine pseudo-casher en quelque sorte, qui imitait les goûts et les façons de faire sans se préoccuper de l’aspect proprement dit religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui était en jeu, si ce n’était pas la religion ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa cuisine était une part essentielle de son identité culturelle, qui est transmissible. Et d’ailleurs, dès mes 10 ans j’ai commencé à cuisiner comme ma grand-mère. Pendant plusieurs mois, je lui apportais mes essais de foie haché. Elle les goûtait, puis elle me disait avec son accent yiddish très marqué, «c’est très bon mais pas tout à fait ça». Elle me demandait comment j’avais fait et après elle me corrigeait «&nbsp;là tu aurais dû mettre plus de ceci, ou moins de cela&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>As-tu un jour obtenu une validation de sa part&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, un jour elle a dit que c’était très bien et nous avons arrêté les aller-retours. La recette était donnée de manière approximative avec une pincée, une poignée. Il n’y avait pas de mesure pesée. Tout ça me procurait une joie très grande. C’était un échange très agréable avec ma grand-mère, de l’ordre de la tradition qui se transmet. Une façon de m’inscrire dans une filiation. Elle cuisinait aussi avec mon père&nbsp;; c’était une partie importante de leur relation. Il a d’ailleurs continué à préparer ses recettes, à sa façon, mais qui restaient très proche de celles de Sarah.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place avait la cuisine dans la famille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La nourriture était centrale, tant dans le quotidien que dans les évènements spéciaux. On a toujours cuisiné tous les jours, avec plaisir. Mon père était excellent cuisinier et nous a transmis, à mon frère et à moi, son amour de la cuisine. Cela nous concerne tous, autant les hommes que les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La cuisine jouait-elle un rôle important dans ta relation à ton père&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela a joué un rôle extrêmement important, dans le sens où mes parents se sont séparés lorsque mon frère et moi étions très petits, respectivement 5 et 6 ans. Mon père mettait un point d’honneur à nous préparer des repas de très grande qualité. Il était médecin, mais il prenait le temps de cuisiner. C’était vraiment un plaisir pour lui, un moyen de se détendre en rentrant du travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ensuite, comment le foie haché a‑t-il accompagné ta vie adulte ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1990, j’étais militante à l’association Aides et je faisais partie du conseil d’administration de Aides Île-de-France. Après la tenue du CA, nous avions l’habitude de dîner ensemble. Quand nous avons eu notre propre local avec de la restauration, nous cuisinions ensemble. C’était un moment très agréable. Une fois, nous avions décidé que les gens qui savaient en faire amènerait du foie haché au prochain repas et nous ferions une sorte de dégustation, car ils étaient tous un peu différents. Nous étions un certain nombre de juifs. Il y avait une vieille dame, rescapée de la Shoah, un homme d’une quarantaine d’années, moi, et une quatrième personne dont je me souviens moins bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le débat était de savoir si l’on met de l’œuf dur&nbsp;ou pas, s’il faut flamber les foies… Il y a tant de variations sur cette recette. Chaque famille a sa version. C’est vraiment un plat que toutes les familles juives faisaient, chacune a sa façon. D’abord parce que c’est très peu cher, rapide à préparer et que ça permet d’utiliser les foies des volailles (des poulets) que l’on mangeait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel souvenir gardes-tu de ce repas&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un souvenir d’une grande émotion. J’avais la sensation de trouver à l’intérieur d’un groupe déjà très soudé (par les défis traversés dans le cadre de la lutte militante pour la défense des patients atteint de VIH/sida) un niveau de connivence de plus. C’était l’impression de se retrouver dans notre identité plus personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était aussi, même si ce n’était pas très conscient, un moyen de se retrouver juifs devant les autres membres de Aides. D’affirmer que nous étions aussi des juifs. C’était une manière de dire qu’on sait ce que c’est d’être différents, d’être l’autre, ce qu’est le rejet et la ségrégation. C’était donc normal pour nous de reconnaître l’autre dans la même situation. Les patients atteints du sida étaient souvent rejetés par leurs familles, et pas forcément toujours bien traités par le corps médical. Cette idée était venue très spontanément, je ne me souviens plus qui l’avait initié. C’était une jolie manière, par la convivialité, d’affirmer qui on était et pourquoi on s’était engagé dans ce combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Veux-tu partager ta recette de foie haché&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout à fait&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ingrédients principaux sont 500 g de foie de volaille et le même volume d’oignon, voire un peu plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commencer par faire revenir les oignons, coupés en tranches fines, dans de l’huile d’olive jusqu’à les faire dorer. Puis les retirer, en gardant l’huile dans la poêle. Ensuite faire sauter les foies dans l’huile, jusqu’à ce qu’ils soient cuits, pas rosés, mais pas trop cuits non plus&nbsp;; la meilleure façon de savoir est d’en couper un pour voir l’intérieur. Saler, poivrer. Ajouter les oignons. Bien mélanger le tout, puis le passer au hachoir,&nbsp;et c’est tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut ajouter un œuf dur dans le mélange à mouliner, ou alors un œuf dur émietté par-dessus. Certains font flamber les foies au cognac ou au whiskey au moment de leur cuisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le foie haché se garde au mieux trois à quatre jours au frigo. Il se mange sur du pain noir de seigle, ou au cumin traditionnel, mais aussi sur n’importe quel toast ou pain. À l’apéro c’est parfait, éventuellement avec un peu de vodka ou de schnaps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sarah Leski est étudiante du master Histoire publique et expertise historienne, à l’université de Poitiers.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/" target="_blank" rel="noopener" title="L’Actualité Nouvelle-Aquitaine «Manger sans danger», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026."><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «Manger sans danger», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/foie-hache-arriere-grand-mere/">Le foie haché de mon arrière-grand-mère</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Glen Baxter – Ultime frisson</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 11:28:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[La revue]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[dessin]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Glen Baxter s’est éteint le 29 mars 2026 à Londres. Récit d’une longue histoire avec cet artiste exceptionnel qui a sublimé les saveurs de notre région dans le Safari historico-gastronomique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Glen Baxter s’est éteint le 29 mars 2026 à Londres. Récit d’une longue histoire avec cet artiste exceptionnel qui a sublimé les saveurs de notre région dans le Safari historico-gastronomique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que se passe-t-il dans <em>Atlas</em>&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur une aile d’avion, Jeannette est en «classe touriste», un géologue dompte des vers luisants, un vieux cow-boy ne supporte pas l’analyse néo-lacanienne, un plus jeune grimpe aux arbres à la vue d’une plaquette de poésie contemporaine, un gentleman tresse la longue barbe d’un comparse, Harry devient pénible avec son index magique… À cela s’ajoute un inventaire des «grandes catastrophes culinaires de notre temps» et des «grands fiascos de notre temps»&nbsp;: Robert saute par la fenêtre pour ne pas avoir à affronter une autre moussaka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet album loufoque est dessiné en noir et blanc&nbsp;; le trait délicieusement suranné, comme dans les comics d’aventure et de SF des années 1930–1950. Il fourmille de ces héros populaires mais ici l’histoire est condensée en une page&nbsp;: un dessin et une phrase qui fait disjoncter l’image. Assurément, c’est du Glen Baxter&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Atlas</em> est son premier livre publié en français, en 1983 au Dernier Terrain vague, que nous avons déniché quelques années plus tard chez un bouquiniste poitevin. Choc intense. Début d’une longue histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1987 au musée des Sables‑d’Olonne, Didier Semin présente la première exposition de Glen Baxter en France. «Fantastic&nbsp;!» Deuxième choc. De retour à Poitiers, Dominique Truco décide d’aller le voir à Londres et de l’inviter au Confort Moderne. En 1991, elle organise le Glen Baxter French Tour, avec trois autres lieux, à Rennes, Mulhouse, Dole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«À quoi sait-on que l’on est dans une exposition de Glen Baxter ? Aux éclats de rire des visiteurs», constate Dominique Truco.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="534" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2.jpg" alt class="wp-image-45470" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-au-confort-moderne-1991-v2-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Glen Baxter au Confort Moderne en 1991, avec le T‑shirt que Dominique Truco a fait éditer par Martine Laydet qui deviendra sa galeriste en France (Martine et Thibault de la Châtre) jusqu’en 2016 (puis Isabelle Gounod jusqu’en 2026). «“Pour moi, la fenêtre est un motif très connoté sur le plan symbolique”, éructa Cody.» Photo Jean-Luc Terradillos.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cow-boys, collégiens à queue de canidé, explorateurs de l’empire britannique&nbsp;dans des situations inhabituelles, incongrues, troublantes&nbsp;: «Pour générer cet état de stupéfaction, dit-il, j’avais besoin de figures archétypales pour les extraire de leur contexte. Tout le monde connaît les cow-boys mais la juxtaposition du cow-boy et de l’art contemporain, cela crée un frisson. À ce moment-là se produit quelque chose comme une éruption volcanique ou un tremblement de terre. Instantanément, vous êtes forcé d’imaginer la logique de l’histoire, d’inventer comme un écrivain ou un peintre, d’essayer de produire du sens parce c’est non-sens.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Glen Baxter, le décalage est inné. Il a souvent raconté qu’enfant il était bègue, handicap qui le plaçait toujours un peu à côté, à distance, en toute innocence. Quand il fréquente l’école des Beaux-Arts de Leeds (1960–1965), c’est le règne de l’abstraction et du pastiche de l’expressionnisme abstrait américain. Mais il préfère Giorgio de Chirico et les collages de Max Ernst. Quand il découvre Dada, le surréalisme, André Breton, un champ mental s’ouvre à lui&nbsp;: «J’ai réalisé que j’étais déjà un surréaliste à l’âge de 16 ans.» Puis les livres de Raymond Roussel lui révèlent un monde où «tout semble étrange mais reste intensément logique», comme la sculpture dans un grain de raisin ou la statue d’Emmanuel Kant roulant sur des rails en mou de veau…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1974, Larry Fagin et Ron Padgett l’invitent à participer au Poetry Project, à New York. Sa lecture ne laisse pas indifférent. Félicitations de Harry Mathews, membre de l’<a href="https://www.oulipo.net/fr/oulipiens/hm">Oulipo</a>. Et dans la foulée, première exposition personnelle de ses dessins, à la Gotham Book Mart Gallery.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à New York que Glen Baxter sympathise avec <a href="https://le-tripode.net/livre/edward-gorey/une-anthologie">Edward Gorey</a> qui lui conseille judicieusement d’abandonner la poésie et de persévérer dans le dessin. Bien vu !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Symphonie de fromages de chèvre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans un de ses livres, notre première rencontre est explosive. Non parce qu’il n’a pas lu le Raymond Roussel de Michel Foucault, mais parce que le restaurant poitevin où nous dînons est réputé à l’époque pour ses fruits de mer, son charriot de fromages et ses vins de Loire, chenins <em>of course </em>: explosion de saveurs&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Glen Baxter se souviendra toujours de cette «symphonie de fromages de chèvre». En sortant, il croit voir une météorite dans la vitrine d’un crémier. Nous lui expliquons que cette noire concrétion est comestible, qu’il s’agit d’un tourteau fromagé. Notre amitié est désormais scellée ce mardi 12 mars 1991 à 20 h 27 précises. Une lecture bilingue de <em>Ma Vie</em> est prévue le lendemain, jour du vernissage de l’exposition au Confort Moderne. «Pas la peine de prévoir beaucoup de chaises, dit-il, il y avait quatre personnes à New York et encore moins à Londres lors de mes dernières lectures.» Erreur&nbsp;! Il faut rajouter des chaises pour accueillir une centaine de personnes dont bon nombre d’étudiants de la fac d’anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre surprise&nbsp;: Dave Stewart, en rupture avec Annie Lennox – exit Eurythmics –, vient donner un concert au Confort Moderne avec son nouveau groupe, The Spirituals Cowboys. Quand il découvre les cow-boys de Glen Baxter aux prises avec l’art contemporain, il achète la moitié de l’exposition. Du jamais vu&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="566" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2.jpg" alt class="wp-image-45472" style="width:800px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2-300x212.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2-768x543.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2-650x460.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-route-chabichou-2-150x106.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Pour la biennale de Melle en 2003, la poche en papier destinée à emballer les fromages de chèvre de la<a href="https://routedesfromagesdechevre.fr/la-Route-du-Chabichou"> Route du chabichou</a>.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 1999, nous lui demandons d’imaginer l’an 3000 pour <em>L’Actualité Poitou-Charentes </em>qui, ainsi, s’associe à «L’art d’être au monde», projet lancé à Poitiers par Dominique Truco et finalement réalisé à Melle en 2003. L’idée du Safari historico-gastronomique nous est venue après un <em>road trip</em> en Poitou-Charentes, du Poitou à l’île de Ré via La Rochelle, Les Demoiselles de Rochefort, la maison de Pierre Loti. Un trio se forme avec la complicité de Denis Montebello, qu’il va parfois mettre en scène en Sergent Montebello, et du photographe Marc Deneyer, pour la rubrique Saveurs de <em>L’Actualité</em>. Après Fruits of the World in Danger et Glen Baxter’s Gourmet Guide, il avait suffisamment d’expérience pour commencer cette nouvelle série.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’entrons dans aucune stratégie commerciale ou touristique. C’est pour la beauté du geste. S’il arrive que Glen Baxter s’intéresse à un produit bien connu, comme le chabichou ou le beurre d’Échiré, c’est parce qu’il les achète chez son crémier à Londres, au Borough Market. Notons que sa cave est bien garnie en vins français grâce à un troc avec un importateur, Yapp Brothers, dont il illustre le catalogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas de grands discours entre nous mais une conversation ininterrompue, le plus souvent via le fax puis Internet, en partageant ces petits riens de la vie quotidienne, ces instants de bonheur qui font le sel de la vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie.jpg" alt class="wp-image-45486" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/pineau-farci-poitevin-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Invité aux Gastronomades en 2005, Glen Baxter expose le Safari historico-gastronomique au Théâtre d’Angoulême. Lors de cette nouvelle étape, il est intronisé chevalier de la confrérie du franc pineau qu’il salue ensuite avec un dessin lunaire.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie.jpg" alt class="wp-image-45484" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/foucault-fondu-creusois-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie.jpg" alt class="wp-image-45485" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/marmite-melon-eau-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="573" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2.jpg" alt class="wp-image-45474" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2-300x215.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2-768x550.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2-650x466.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_beurre_echire_ns_2_v2-150x107.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Voyages extraordinaires dans l’orbite d’une assiette</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque dessin est le résultat d’une expérience gustative, littéraire ou épistolaire. Parfois il s’agit de saveurs disparues (le non-autorisé de Nueil-les-Aubiers, la marmite huguenote, le pain romain…), oubliées (les crêpes dures comme à Châtellerault, le cul de mulet, le poirion, la confiture de vieux garçon…), rarissimes (la jonchée, la fressure, la mique, le scofa, la grimolle, le petatou…), de nature archéologique (comme la seiche moitrée de l’île de Ré dont nous a parlé Jacques Boucard, ou le dail, ou la carotte-remède du docteur Amy Félix Bridault exhumée par le conservateur de la bibliothèque universitaire de La Rochelle…), des inventions (les escargots à l’ortie du restaurant Les Glycines à Melle, le trépaïs, le pain à la drèche, la fôte des bergères, le marbré, la moutarde de Lencloître…). Certains mets pourraient d’ailleurs entrer dans la série des «grands fiascos culinaires». Le plus souvent il s’agit de curiosités culinaires – les qualifier de «gastronomiques» serait un peu fort – qui viennent réactiver un patrimoine en sortant des balises strictement conventionnelles pour l’ériger en objet d’art comestible, avec un brin de folie douce et savoureuse. En tout cas c’est de la cuisine familiale, gourmande, pas compliquée – ce qui s’inscrit parfaitement dans l’optique du <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/actualite093/">Repas gastronomique des Français</a>, classé par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie.jpg" alt class="wp-image-45480" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/bouilliture-kintoa-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie.jpg" alt class="wp-image-45481" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/broye_poitou-copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Le broyé du Poitou ne doit pas être découpé mais brisé d’un coup de poing sur la table (ou de pied). Musée Sainte-Croix de Poitiers, 12 juin 2010. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 2015, la fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes en Nouvelle-Aquitaine ouvre de nouvelles pistes au Safari historico-gastronomique, allant jusqu’au Pays basque, région déjà sillonnée par Glen Baxter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages ont des prénoms qui sonnent<em> vintage</em>, comme André, Claudine, Didier, Dominique, Ferdinand, Françoise, Jany, Jean-Luc, Jean-Pierre, Marielle, Martine… Nous traduisons les textes sans fioritures, en faisant appel de temps en temps à Fred Derey-Viaud, Pascale Drouet et Denis Montebello. Et parfois nous glissons un clin d’œil à des figures familières, comme Gilles Clément, Frédéric Chauvaud, Ulysse Dubois, Liliane Jagueneau, Alain Quella-Villéger, Michel Foucault…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première exposition des dessins publiés dans chaque édition de <em>L’Actualité</em> est organisée par Dominique Truco en 2003 à la Biennale internationale d’art contemporain de Melle, suivent les expositions au Centre international de poésie Marseille en 2004, à Châtellerault via Gildas Le Reste et l’école d’arts plastiques en 2005, aux Gastronomades d’Angoulême en 2005, au lycée Kyoto à Poitiers en 2011, au salon des Littératures européennes de Cognac en 2014.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="455" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014.jpg" alt class="wp-image-45477" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014-300x171.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014-768x437.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014-650x370.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_montebello_cognac_2014-150x85.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">À Cognac en 2014, Glen Baxter est invité par Anne-Lise Dyck-Daure au salon des Littératures européennes pour une exposition du Safari et un échange que nous menons avec Françoise Barbin-Lécrevisse et Denis Montebello. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="534" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017.jpg" alt class="wp-image-45473" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_bayonne_2017-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Pour la foire au jambon de Bayonne, en 2017, Glen Baxter a dessiné l’affiche, les pochettes en papier et les gobelets. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005.jpg" alt class="wp-image-45476" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_manguel_mondion_2005-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Glen Baxter et Alberto Manguel à Mondion, dans la Vienne, devisant sur le Safari historico-gastronomique en 2005. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’apothéose reste «L’expédition Baxter en Poitou-Charentes» durant l’été 2010 à Poitiers, avec le Safari et quantité d’autres œuvres réunies par Dominique Truco – 179 au total – exposées en divers sites (galerie Louise-Michel, maison de l’architecture, musée Sainte-Croix, Espace Mendès France, CRDP, librairie La belle aventure) et murs de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le livre édité à cette occasion, Alberto Manguel qualifie Glen Baxter de «singulier anthropologue-gastronome» qui «explore et savoure les pratiques et représentations culinaires vernaculaires les plus secrètes, les plus humbles jusqu’au plus renommées».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haro sur la standardisation&nbsp;! Célébrons la diversité des terroirs et de leurs inventions&nbsp;qui nous font frissonner de plaisir&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="520" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie.jpg" alt class="wp-image-45483" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie-300x195.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie-768x499.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie-650x423.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/expedition_baxter_2010-copie-150x98.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Fred Derey-Viaud imitant le colonel Baxter en 2010 lors du vernissage de «L’expédition Baxter» à Poitiers (sérigraphie réalisée par Gérard Adde à l’école d’art de Châtellerault). Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010.jpg" alt class="wp-image-45479" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_ukulele_2010-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Convergence de ukulélés le 12 juin 2010 en l’honneur de Glen Baxter, grand amateur de cet instrument et du <a href="https://www.ukuleleorchestra.com/">Ukulele Orchestra of Great Britain</a>. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="556" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution.jpg" alt class="wp-image-45471" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution-300x209.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution-768x534.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution-650x452.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter-brunet-evolution-150x104.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Dessin reproduit sur une grande bâche fixée sur une façade de l’Espace Mendès France en 2010. Le professeur Michel Brunet a donné son accord pour entrer dans la légende.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010.jpg" alt class="wp-image-45478" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/baxter_parking_effia_2010-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">Parking Effia à la gare de Poitiers en 2010. La conquête de l’Ouest&nbsp;: «Quelle vue époustouflante, pensa Kit. Il doit y avoir de la place pour garer au moins 800 000 voitures.» Photo J.-L. T.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="582" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010.jpg" alt class="wp-image-45482" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010.jpg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010-300x218.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010-768x559.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010-650x473.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2026/04/carte-baxter-2010-150x109.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"><figcaption class="wp-element-caption">La carte des saveurs en 2010. Depuis la création de la région Nouvelle-Aquitaine en 2015, le Safari historico-gastronomique a effectué 28 étapes pour autant de nouveaux dessins. Depuis l’an 2000, les gambades exubérantes de Glen Baxter l’ont mené un peu partout. La table est bien garnie. On rêve qu’un musée l’adopte dans ses collections.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Safari historico-gastronomique</em> en Poitou-Charentes, livre bilingue avec un texte d’Alberto Manguel, un entretien avec Glen Baxter, 46 dessins, publié par <a href="https://editionsatlantique.com/">Atlantique</a> à l’occasion de l’exposition de Poitiers en 2010 (épuisé).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Articles publiés dans <em>L’Actualité </em>écrits par Didier Semin (<a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/actualite089/">n° 89</a>, p. 112–113), Grégory Vouhé (<a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/actualite093/">n° 93</a>, p. 122–124), Jean-Pierre Mercier (<a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/lactualite-poitou-charentes-n100/">n° 100</a>, p. 69).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leporello de <em>L’Actualité</em> pour l’exposition de Châtellerault, 2005 : «Glen Baxter et le sens du non-sens», texte de Jean-Jacques Salomon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leporello de <em>L’Actualité </em>pour la biennale de Melle, 2003 : texte de Denis Montebello.<br>Fascicule du Confort Moderne, 1991, «Glen Baxter», texte de Didier Semin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Exposition Glen Baxter à la galerie Semiose, à Paris, du 23 mai au 20 juin 2026.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/glen-baxter-ultime-frisson/">Glen Baxter – Ultime frisson</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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