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	<title>Société - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Société - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>La voie des acras&#160;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 10:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[morue]]></category>
		<category><![CDATA[recette]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quant un plat hérité de l’enfance dans une île des Caraïbes résiste à toutes les vicissitudes de la vie et vient redonner du tonus : les acras de morue, avec toutes leurs variantes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Yenilé Caro&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours vu la nourriture de deux manières : une tâche ménagère ou le moment le plus attendu de ma journée. Ces deux visions extrêmes varient selon les plats, les aliments ou encore les phases de ma vie. Encore maintenant, pendant des périodes de durée variable, je n’ai aucun intérêt pour la nourriture, peu importe ce que je mange.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les phases où la nourriture est ma motivation première ne sont pas toujours très intéressantes à narrer. Cela peut souvent se résumer à « moi mangeant le même plat plusieurs fois par semaine ». Par exemple, après avoir fait des briques de thon, pomme de terre et fromage frais, il m’est arrivé de continuer ainsi et de manger uniquement ce plat pendant plusieurs semaines, avec peut-être du riz pour accompagner.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon quotidien alimentaire paraît alors se résumer soit à «&nbsp;ne rien manger&nbsp;» soit «&nbsp;manger la même chose durant plusieurs semaines&nbsp;». Pas très intéressant à décrire… Malgré tout, il y a un plat qui m’a toujours ouvert l’appétit&nbsp;: les acras de morue. Et peu importe la période dans laquelle je me trouve. Même si les acras sont généralement servis à l’apéritif, mon appétit d’oiseau me permet de transformer n’importe quoi en plat principal.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme mes tendances alimentaires, mon amour des acras de morue vient de mon enfance. J’ai grandi dans les Caraïbes, spécifiquement sur l’île de Saint-Martin. Mon père cuisinait les acras lors des apéritifs, des fêtes ou des évènements importants. Avec lui, j’ai très rapidement appris comment les cuisiner puis comment bien les mettre dans l’huile afin de leur offrir une forme optimale. Maintenant, c’est moi qui suis en charge des acras de morue dans la famille, j’ai même développé ma propre recette alternative avec un plus de piquant.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors pourquoi ces petites boules de pâtes et de poisson parviennent-elles à vaincre toutes mes phases étranges vis-à-vis de la nourriture&nbsp;? Simplicité et diversité, telle est la réponse&nbsp;! En effet, on peut simplement résumer les acras comme des petits beignets de morue composés d’oignons, d’herbes, d’épices et bien-sûr de morue. Pourtant, chaque personne que je connais les prépare d’une manière différente. Les épices qu’on y ajoute peuvent être différentes, personnellement, j’y ajoute du piment oiseau, ce qui offre un piquant que j’appelle la roulette russe. Certains rajoutent du lait dans la pâte et pas seulement de l’eau. Toutes ces manières différentes de faire les acras de morue permettent à chaque fois de découvrir un goût à la fois familier et nouveau. De plus, ces beignets de morue sont simples à manger et ne me rendent pas malade lors de ces périodes où manger me semble presque impossible. Ils m’apportent un certain confort lors de ces phases. De plus, j’ai aussi suivi la «&nbsp;tradition&nbsp;» de faire des acras lors des rencontres ou fêtes avec mes amies ou ma famille. Les acras sont ainsi liés à des sentiments de joie et de convivialité qui me mettent dans un meilleur état d’esprit pour manger, même lorsque je n’ai pas faim,&nbsp;même lorsque mon corps entier refuse complètement.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Donner du goût à la pâte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma propre recette n’est pas très compliquée et reprend beaucoup des recettes que l’on peut trouver en ligne, et elle dépend surtout des ingrédients présents chez moi. Lorsque la recette nécessite un peu d’eau, je rajoute de l’eau venant de la morue, qui a dessalé plusieurs heures au préalable, afin de donner du goût à ma pâte. Quant au ratio farine/eau, il faut obtenir une pâte ni liquide ni trop collante afin de pouvoir faire de petites boules de pâtes. Quant aux ingrédients que j’incorpore à la pâte, je mets souvent des oignons, de la ciboulette, du piment d’Espelette, et pour mon ingrédient secret pour un peu plus de piquant : du piment oiseau en toute petite quantité. Il faut laisser la pâte reposer pendant quelques heures puis chauffer de l’huile et, à l’aide de deux cuillères, faire de petites boules de pâtes puis les laisser tomber doucement dans l’huile. Les acras sont cuits lorsqu’ils sont dorés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sauce chien, créoline, mayonnaise ou ketchup</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous pouvez les manger avec de la sauce chien, de la sauce créoline ou tout simplement de la mayonnaise ou du ketchup. Je préfère personnellement la sauce chien avec mes acras.<br>La sauce chien est assez simple à faire, même si cette tâche est plus généralement donnée à mes amies guadeloupéennes plus expertes que moi. Elles hachent d’abord finement un oignon, du persil, du piment antillais puis elles écrasent l’ail dans un presse-ail afin d’obtenir de tout petits morceaux. Elles y ajoutent ensuite du jus de citron vert (pas jaune sinon je me fais taper sur les doigts), de l’eau frémissante et de l’huile. Une de mes amies recommande de l’huile d’arachide pour donner un goût à la sauce. Il faut laisser ensuite infuser la sauce pendant une à deux heures puis déguster !&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Yenilé Caro est étudiante du master Histoire publique et expertise historienne, à l’université de Poitiers.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/" title><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «&nbsp;Manger sans danger&nbsp;», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-voie-des-acras/">La voie des acras </a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Le foie haché de mon arrière-grand-mère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ulysse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 13:20:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La revue]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[repas]]></category>
		<category><![CDATA[tradition]]></category>
		<category><![CDATA[transmission]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment s’est transmise, de génération en génération et depuis la Pologne, une recette familiale de la cuisine juive ashkénaze. Facile à réaliser avec des foies de volaille, des oignons et un peu d’huile.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’est transmise, de génération en génération et depuis la Pologne, une recette familiale de la cuisine juive ashkénaze. Facile à réaliser avec des foies de volaille, des oignons et un peu d’huile.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Sarah Leski</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le foie haché est un pâté un peu particulier, qui ne ressemble à aucune autre préparation à base de foie que je connaisse. Fondant, au goût très marqué et pourtant doux. Je n’en mange pas souvent mais c’est toujours avec grand plaisir. Entretien avec ma mère sur ce plat familial transmis depuis plusieurs générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sarah Leski. – Le foie haché occupe-t-il une place particulière parmi tes recettes&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Catherine Leski. –</strong> Ça me rappelle ma grand-mère paternelle dont tu portes le prénom Sarah qui, entre autres choses, était une excellente cuisinière. C’est elle qui m’a fait découvrir la cuisine juive ashkénaze de Pologne dont le foie haché fait partie. Il y en avait toujours chez elle pour l’apéro.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y avait-il d’autres plats ou éléments toujours présents chez elle&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Mamie Sarah il y avait toujours de la salade verte, des fruits frais et des fleurs coupées&nbsp;; choses qui n’étaient pas accessible en Pologne. Elle était heureuse et fière d’en avoir chez elle. Cela relevait de son appartenance à la France. À l’inverse, sa cuisine des plats traditionnels juifs polonais était un marqueur de sa judéité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Était-elle religieuse ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, elle avait rejeté la pratique religieuse à l’âge de 15 ans. Mais ayant été élevée dans un cadre orthodoxe, elle avait gardé un lien par la cuisine. En revanche la viande n’était pas certifiée casher, ni aucun autre produit. C’était de la cuisine pseudo-casher en quelque sorte, qui imitait les goûts et les façons de faire sans se préoccuper de l’aspect proprement dit religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui était en jeu, si ce n’était pas la religion ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa cuisine était une part essentielle de son identité culturelle, qui est transmissible. Et d’ailleurs, dès mes 10 ans j’ai commencé à cuisiner comme ma grand-mère. Pendant plusieurs mois, je lui apportais mes essais de foie haché. Elle les goûtait, puis elle me disait avec son accent yiddish très marqué, «c’est très bon mais pas tout à fait ça». Elle me demandait comment j’avais fait et après elle me corrigeait «&nbsp;là tu aurais dû mettre plus de ceci, ou moins de cela&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>As-tu un jour obtenu une validation de sa part&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, un jour elle a dit que c’était très bien et nous avons arrêté les aller-retours. La recette était donnée de manière approximative avec une pincée, une poignée. Il n’y avait pas de mesure pesée. Tout ça me procurait une joie très grande. C’était un échange très agréable avec ma grand-mère, de l’ordre de la tradition qui se transmet. Une façon de m’inscrire dans une filiation. Elle cuisinait aussi avec mon père&nbsp;; c’était une partie importante de leur relation. Il a d’ailleurs continué à préparer ses recettes, à sa façon, mais qui restaient très proche de celles de Sarah.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place avait la cuisine dans la famille&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La nourriture était centrale, tant dans le quotidien que dans les évènements spéciaux. On a toujours cuisiné tous les jours, avec plaisir. Mon père était excellent cuisinier et nous a transmis, à mon frère et à moi, son amour de la cuisine. Cela nous concerne tous, autant les hommes que les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La cuisine jouait-elle un rôle important dans ta relation à ton père&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela a joué un rôle extrêmement important, dans le sens où mes parents se sont séparés lorsque mon frère et moi étions très petits, respectivement 5 et 6 ans. Mon père mettait un point d’honneur à nous préparer des repas de très grande qualité. Il était médecin, mais il prenait le temps de cuisiner. C’était vraiment un plaisir pour lui, un moyen de se détendre en rentrant du travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ensuite, comment le foie haché a‑t-il accompagné ta vie adulte ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1990, j’étais militante à l’association Aides et je faisais partie du conseil d’administration de Aides Île-de-France. Après la tenue du CA, nous avions l’habitude de dîner ensemble. Quand nous avons eu notre propre local avec de la restauration, nous cuisinions ensemble. C’était un moment très agréable. Une fois, nous avions décidé que les gens qui savaient en faire amènerait du foie haché au prochain repas et nous ferions une sorte de dégustation, car ils étaient tous un peu différents. Nous étions un certain nombre de juifs. Il y avait une vieille dame, rescapée de la Shoah, un homme d’une quarantaine d’années, moi, et une quatrième personne dont je me souviens moins bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le débat était de savoir si l’on met de l’œuf dur&nbsp;ou pas, s’il faut flamber les foies… Il y a tant de variations sur cette recette. Chaque famille a sa version. C’est vraiment un plat que toutes les familles juives faisaient, chacune a sa façon. D’abord parce que c’est très peu cher, rapide à préparer et que ça permet d’utiliser les foies des volailles (des poulets) que l’on mangeait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel souvenir gardes-tu de ce repas&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un souvenir d’une grande émotion. J’avais la sensation de trouver à l’intérieur d’un groupe déjà très soudé (par les défis traversés dans le cadre de la lutte militante pour la défense des patients atteint de VIH/sida) un niveau de connivence de plus. C’était l’impression de se retrouver dans notre identité plus personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était aussi, même si ce n’était pas très conscient, un moyen de se retrouver juifs devant les autres membres de Aides. D’affirmer que nous étions aussi des juifs. C’était une manière de dire qu’on sait ce que c’est d’être différents, d’être l’autre, ce qu’est le rejet et la ségrégation. C’était donc normal pour nous de reconnaître l’autre dans la même situation. Les patients atteints du sida étaient souvent rejetés par leurs familles, et pas forcément toujours bien traités par le corps médical. Cette idée était venue très spontanément, je ne me souviens plus qui l’avait initié. C’était une jolie manière, par la convivialité, d’affirmer qui on était et pourquoi on s’était engagé dans ce combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Veux-tu partager ta recette de foie haché&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout à fait&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ingrédients principaux sont 500 g de foie de volaille et le même volume d’oignon, voire un peu plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commencer par faire revenir les oignons, coupés en tranches fines, dans de l’huile d’olive jusqu’à les faire dorer. Puis les retirer, en gardant l’huile dans la poêle. Ensuite faire sauter les foies dans l’huile, jusqu’à ce qu’ils soient cuits, pas rosés, mais pas trop cuits non plus&nbsp;; la meilleure façon de savoir est d’en couper un pour voir l’intérieur. Saler, poivrer. Ajouter les oignons. Bien mélanger le tout, puis le passer au hachoir,&nbsp;et c’est tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut ajouter un œuf dur dans le mélange à mouliner, ou alors un œuf dur émietté par-dessus. Certains font flamber les foies au cognac ou au whiskey au moment de leur cuisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le foie haché se garde au mieux trois à quatre jours au frigo. Il se mange sur du pain noir de seigle, ou au cumin traditionnel, mais aussi sur n’importe quel toast ou pain. À l’apéro c’est parfait, éventuellement avec un peu de vodka ou de schnaps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sarah Leski est étudiante du master Histoire publique et expertise historienne, à l’université de Poitiers.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire d’autres témoignages, contributions scientifiques et recettes dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-141-manger-sans-danger/" target="_blank" rel="noopener" title="L’Actualité Nouvelle-Aquitaine «Manger sans danger», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026."><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> «Manger sans danger», n° 141, hiver-printemps, 196 pages, 2026.</a></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/foie-hache-arriere-grand-mere/">Le foie haché de mon arrière-grand-mère</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2024 14:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[avocat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment se mène une enquête de la scène de crime au procès et parfois jusqu'au livre et la fiction ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion des Rencontres Michel Foucault organisé en novembre 2023 par le TAP (théâtre auditorium de Poitiers) et l’Université de Poitiers autour du thème <a href="https://www.tap-poitiers.com/spectacle/evenements/rencontres-michel-foucault-2023/" title>Faits divers (Que s’est-il passé ?)</a>, Jean-Luc Terradillos – rédacteur en chef de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> – dialoguait avec le juge d’instruction Olivier Violeau et l’avocat et écrivain de roman noir Jean-Paul Bouchon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retour avec eux sur le déroulé d’une enquête de la scène de crime à l’écriture d’un livre. Cette table ronde est en lien avec le numéro 132 (été 2021) : <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-132-ete-2021-special-faits-divers/" title>Faits divers. Faits d’histoire, des experts, des romans noirs</a>.<a href="https://www.youtube.com/@TAPPOITIERS"></a></p>



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<iframe title="Faits divers : de l’enquête au roman | Table ronde Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/fbTFVr8mmts?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres conférences ont eu lieu pendant les rencontres 2023 :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Conférence du journaliste Fabrice Drouelle (France Inter), <a href="https://youtu.be/pdYw5aecqmw?feature=shared" title>Affaires sensibles</a></li>



<li>Conférence de l’historien Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/w_aVo_Xbw2o?feature=shared" title>L’invention des faits divers</a></li>



<li>Conférence de la littéraire Christine Baron (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/sVfARDuUzUE?feature=shared" title>Le Faits divers dans tous ses états</a></li>



<li>Conférence de la journaliste Patricia Tourancheau, <a href="https://youtu.be/VpNbDp9pStc?feature=shared" title>La Fabrique du récit du fait divers, une journaliste à l’oeuvre</a></li>



<li>Conférence du médecin légiste Michel Sapanet, <a href="https://youtu.be/XwE23hJ4CGY?feature=shared" title>Les Faits divers au regard des petites histoires de légiste</a></li>
</ul><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Tabagisme&#160;: logique d’un comportement insensé</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=tabagisme-logique-dun-comportement-insense</link>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2023 09:46:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[addiction]]></category>
		<category><![CDATA[cigarettes]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[tabagisme]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ses 75 000 morts par an, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Qu’apporte la cigarette pour qu’il soit si difficile d’y renoncer, au risque d’y perdre la vie ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/">Tabagisme : logique d’un comportement insensé</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Géraldine Quintin-Val</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses 75&nbsp;000 morts par an, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Savoir cela ne suffit pourtant pas à convaincre 20 millions de Français d’arrêter de fumer. Pourquoi&nbsp;? Qu’apporte la cigarette pour qu’il soit si difficile d’y renoncer, au risque d’y perdre la vie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">«C’est fou quand même de fumer», nous confie Louane, jeune fumeuse de vingt-quatre ans. Consommer un produit, dont la létalité est connue et reconnue de tous, ne peut évidemment qu’apparaître comme une folie. Pourtant, si un quart des Français persévèrent dans ce comportement, la psychologue que je suis est tentée de penser qu’il y a bien une logique derrière cela. C’est ce qui m’a amenée à explorer cette problématique au travers de mon doctorat en psychologie clinique et psychopathologie, à l’université de Poitiers, au sein du laboratoire CAPS. Afin de comprendre les fumeurs et les raisons de ce comportement volontaire, représentant la première cause de mortalité évitable dans notre pays, je suis allée à la rencontre de fumeurs, mais également de non-fumeurs et d’anciens fumeurs majeurs, sans troubles psychiatriques ni autres addictions associées. Je les ai tous interrogés sur leur rapport au tabac, leur histoire infantile et leur rapport au corps. Dans ce cadre-là, j’ai ainsi réalisé quarante entretiens auprès d’hommes et de femmes de 22 à 73 ans. Toutes les séances, d’une heure en moyenne, ont été intégralement enregistrées et retranscrites, avant d’être analysées par mes soins. De mes cinq années de recherches sur le terrain et dans la littérature, j’en ai conclu qu’il n’existe pas <em>une</em> mais <em>des</em> logiques à l’œuvre dans le comportement tabagique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La dépendance physique à la nicotine</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Fumer provoque indéniablement une dépendance. Celle-ci peut cependant être de différentes natures. La plus connue est la dépendance physique. Elle est provoquée par la nicotine, une molécule psychotrope modifiant la chimie cérébrale, amenant le fumeur à ressentir un inconfort dès que son taux sanguin passe en-dessous d’un certain seuil. Cela entraine le fumeur à consommer régulièrement du tabac afin d’éviter les signes de manque. Lorsque la personne souhaite arrêter, l’utilisation de substituts nicotiniques – en gommes ou en patchs – permet d’éviter les désagréments du syndrome de sevrage. En réduisant progressivement l’apport en nicotine, cela permet au cerveau de retrouver, petit à petit, un équilibre sans la molécule. Et pourtant, une fois la dépendance physique résorbée, nombre de personnes se remettent à fumer alors même que leur corps n’en éprouve plus le besoin. Ceci s’explique par l’existence d’une autre forme de dépendance, bien plus tenace et pourtant bien moins étudiée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La dépendance psychologique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La dépendance physique n’est qu’une des raisons rattachant le fumeur à sa cigarette. Au-delà de l’aspect purement physiologique, dont le traitement est relativement basique, la majorité des fumeurs présentent également une dépendance psychologique, en raison de laquelle ils ne peuvent pas se passer du produit, et ce, même lorsqu’ils ne présentent pas de dépendance à la nicotine. Cette dépendance psychologique est bien souvent associée à l’addiction, comme me l’ont fait remarquer nombre de fumeurs que j’ai rencontrés, comme Monique (65 ans) qui justifie ainsi son comportement&nbsp;: «C’est l’addiction», Laureen (25 ans)&nbsp;: «Même si on peut se le cacher au début […] ça reste une addiction quand même»&nbsp;; ou Louane (24 ans)&nbsp;: «C’est en lien avec l’addiction, j’ai besoin de ma nicotine». Le tabagisme serait donc une addiction. Au premier abord, cette affirmation semble relever de l’évidence. Pourtant, l’étude approfondie des cas que j’ai rencontrés m’amène à relativiser cette idée&nbsp;: fumer peut être une addiction, mais pas seulement. Pour comprendre cela, il est d’abord nécessaire de revenir sur la compréhension de cette notion d’addiction, du point de vue de la psychologie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’addiction&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une addiction peut se faire à un produit psychotrope ou un comportement. Dans tous les cas, que l’on soit addict à l’alcool, à la drogue, au tabac ou au jeu, on repère le même fonctionnement psychique. Chez les personnes concernées, la prise de produits ou le comportement ont pour objectif de permettre à la personne de se débarrasser de ses affects négatifs. Cela permet au sujet d’éviter d’y penser, tout autant que de les ressentir. De ce fait, l’addiction apporte un apaisement à des individus qui ne sont pas en mesure de se confronter à leurs affects et/ou de supporter ce qui peut les mettre à mal. À ce sujet, notons que le fait de prendre un produit ou de poser un comportement pour se débarrasser d’un affect désagréable n’a rien de pathologique en soi. C’est le cas de l’apéritif du vendredi soir ou d’un achat compulsif effectué pour se réconforter dans un moment de vague à l’âme. Cette conduite ne devient un problème que lorsqu’elle représente pour la personne la seule et unique solution pour réguler ses affects.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche exclusive d’apaisement grâce à la cigarette est fréquente chez les fumeurs. C’est souvent cela qui entraine la rechute de ceux qui essaient d’arrêter, comme Malo (31 ans) qui explique&nbsp;: «C’est un gros pic de stress qui m’a fait reprendre. […] Je travaillais avec mon père. On s’est bien disputé et y avait mon cousin qui fumait et je lui ai dit voilà&nbsp;: “donne-moi une cigarette, faut que je me calme”. Il m’a donné une cigarette et je suis reparti.&nbsp; […] Le lendemain j’allais m’acheter un paquet de cigarettes.»Cet aspect renvoie à une difficulté du sujet à s’apaiser tout seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fumeur utilise donc un objet extérieur pour se calmer, à la manière du petit enfant serrant fort son ours en peluche pour se rassurer quand sa mère n’est pas là. C’est ce que nous fait remarquer Louane (24 ans)&nbsp;: «Je trouve que la cigarette c’est un peu comme un doudou ou une béquille […] une béquille illusoire […] temporaire.» Temporaire, le mot est bien choisi, car en effet, si le doudou du tout-petit lui permet, peu à peu, d’apprendre à s’apaiser seul, la cigarette ne permet rien de tel. Elle calme sur le moment mais cela ne dure pas, d’où la nécessité de recommencer encore et toujours, dynamique spécifique à l’addiction. Cet usage de la cigarette n’est pourtant pas le seul, tous les fumeurs ne se situant pas dans le mécanisme de l’addiction tel que nous venons de le définir.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La cigarette&nbsp;: objet symbolique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si certains recherchent l’apaisement dans la cigarette, d’autres se positionnent davantage dans une dimension hédonique. Fumer représente alors un plaisir. Ce plaisir est d’ailleurs rarement lié à l’effet psychotrope du produit mais plutôt à la valeur symbolique que le fumeur accorde à sa cigarette. Celle-ci vient alors représenter un objet de plaisir en lien avec son histoire infantile. Elle vient prendre la place de ce qui a pu faire défaut, réparant en quelque sorte une blessure du passé. C’est le cas par exemple d’Aurélie (48 ans) qui aime «le fait de tenir la cigarette, le contact» et qui perçoit la cigarette comme «une consolation, c’[est] quelque chose qui m’aid[e] dans ces moments difficiles […] c’est comme si j’étais moins seule peut-être». La cigarette représente ici la mère des interactions précoces dont les câlins consolent le petit enfant en détresse, mère qui a fait défaut chez Aurélie, celle-ci l’ayant abandonnée à sa grand-mère dès la naissance. Cette dimension symbolique fait également avancer à Catherine (64 ans)&nbsp;: «Je dirais pas que ma cigarette c’est une amie, mais presque. […]&nbsp;Elle ne me juge pas. Elle est là, à côté de moi.» C’est également ce que nous confie Yassine (26 ans)&nbsp;: «&nbsp;Quand je me pose, quand je réfléchis par rapport à certaines choses, la cigarette est toujours là pour m’accompagner.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cigarette fumée dans une perspective de plaisir symbolique se retrouve également chez ceux qui la considèrent comme un facteur de lien social. Fumer apparaît alors comme ce qui permet ou facilite la relation, comme nous le fait remarquer Yassine&nbsp;: «On se sociabilise à travers la cigarette […] Je me suis fait des amis quand même avec ce moyen-là. J’avais pas de briquet, je demande un briquet à quelqu’un, on entame une conversation, bam… et on devient super potes.» C’est également ce que relève Murielle (48 ans), se remémorant ses années de tabagisme&nbsp;: «J’avais le plaisir de fumer avec les autres, de fumer pendant les pauses. […] Enfin, c’était un moment convivial. Je travaillais dans une équipe où on était nombreux à fumer et en fait, aller fumer ensemble, c’était vraiment un temps de partage quoi. On se retrouvait ensemble, on faisait une pause en fumant.» Dans cette configuration, la cigarette n’est pas tant appréciée pour son effet psychotrope que pour ce qu’elle représente dans la relation à l’autre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La prise en charge de la dépendance psychologique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous constatons donc que derrière un même comportement – le tabagisme – nous pouvons avoir deux logiques différentes, toutes deux pouvant être à l’origine d’une dépendance psychologique. Celle-ci ne renvoie cependant pas aux mêmes mécanismes psychiques selon que la personne a besoin de la cigarette pour réguler ses affects, ce qui est le cas dans l’addiction, ou qu’elle considère celle-ci comme seul moyen d’obtenir un certain plaisir. Selon que la conduite est motivée par l’un ou l’autre de ces enjeux, la prise en charge de la dépendance psychologique ne sera évidemment pas la même. Dans un cas, il sera nécessaire de permettre à la personne d’acquérir des capacités pour ne plus être submergée par ses affects désagréables alors que, dans l’autre, il faudra accompagner le sujet dans le renoncement à ce plaisir, en l’aidant à comprendre ce que la cigarette représente pour lui et pourquoi il s’y est attaché de cette manière. Si fumer répond à une blessure de l’enfance, panser celle-ci permettra au sujet de lâcher sa cigarette sans difficulté. Parallèlement à cela, il est également nécessaire de considérer la présence ou non d’une dépendance physique, celle-ci n’étant pas liée à la dépendance psychologique et devant être prise en charge séparément.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong><br>Bonnet, A., Bejaoui, M., Bréjard, V., Pedinielli, J.-L. (2011) «Dépendance physiologique et fonctionnement émotionnel chez les jeunes adultes&nbsp;: affectivité, intensité émotionnelle et alexithymie dans la consommation de substances psychoactives», <em>Annales Médico-Psychologiques</em>, 169, pp.92–97<br>Fernandez, L., Letourmy, F. (2007) <em>Le tabagisme. De l’initiation au sevrage</em>, Paris&nbsp;: Armand Colin, collection 128<br>Lesourne, O. (2008) <em>Le grand fumeur et sa passion,</em> Paris&nbsp;: Presses Universitaire de France<br>McDougall, J. (2004) «L’économie psychique de l’addiction», <em>Addiction et dépendance</em>, <em>Revue Française de Psychanalyse</em>, 68, pp.511–527<br>Pedinielli, J‑L., Rouan G., Bertagne P. (2022) <em>Psychopathologie des addictions</em>, Paris&nbsp;: Presses Universitaires de France, Que sais-je&nbsp;?<br>Quintin-Val, G., Serra, W., Albarracin, D. (2022) «Lutte contre le tabagisme&nbsp;: fondement historiques et efficacité des mesures de prévention à la lumière de la clinique», <em>Psychotropes</em>, 28, 3–4, pp.119–142</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph">Géraldine Quintin-Val est psychologue et doctorante en psychologie et psychopathologie, Attachée temporaire à l’enseignement et à la recherche au laboratoire CAPS, département de psychologie de l’Université de Poitiers.<br><strong>Titre de ma thèse</strong>&nbsp;: «&nbsp;Les enjeux psychiques du comportement tabagique&nbsp;»<br><strong>Directrices de thèse</strong>&nbsp;: Pr Dolores ALBARRACIN, Psychologue, Professeure des Universités, Université de Poitiers, Département de psychologie, Laboratoire CAPS<br><strong>Co-directeur de thèse</strong>&nbsp;: Dr Wilfried SERRA, Psychiatre, Addictologue, CH Laborit, Poitiers</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/">Tabagisme : logique d’un comportement insensé</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Annie Thébaud-Mony – Pour une science «&#160;non asservie&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 09:58:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Thébaud-Mony]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
		<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Pézerat]]></category>
		<category><![CDATA[Meredeth Turshen]]></category>
		<category><![CDATA[Paul François]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[sciences]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La reconnaissance des maladies professionnelles est le combat interdisciplinaire mené par la sociologue Annie Thébaut-Mony et l'association Henri Pézerat. Rencontre pour échanger sur santé au travail.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</em> sortait en 2021 aux éditions La Dispute. Trois séries d’entretiens menés par les sociologues Alexis Cukier et Hélène Stevens de l’université de Poitiers avec la sociologue du travail Annie Thébaud-Mony. Connue pour son engagement aux côtés du chimiste Henri Pézerat dans la lutte contre l’amiante et la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’exposition à ce matériau, Annie Thébaud-Mony n’a de cesse d’enquêter, d’analyser les risques au travail, la gestion de la santé et d’interroger le rôle des scientifiques dans ces problématiques. La sociologue est venue à Poitiers <a href="https://filmerletravail.org/cine-debat-rouge-2/">en septembre 2022 pour accompagner le film <em>Rouge</em> de Farid Bentoumi, présenté par Filmer le travail</a>. Nous l’avons rencontré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre retrace le parcours d’Annie Thébaud-Mony à l’aune de l’événement du Covid-19. La situation de la santé publique en France permet un lien avec les premiers terrains d’enquête de la sociologue en Algérie, dans les années 1970, pour comprendre l’accès aux soins des populations en dépit du faible nombre de soignants en période de tuberculose. En comparant avec la France, elle observe une meilleure prise en charge des malades en Algérie – alors que les moyens sont insuffisants et inégaux – tandis qu’en France, l’échec du traitement était supérieur. Le suivi en première ligne des personnels soignants tels qu’infirmières et aides-soignantes permettant un meilleur suivi des malades. «On peut faire beaucoup avec peu de médecins, indique-t-elle. Plusieurs pays n’ont pas les moyens d’avoir des médecins comme nous en avons. Pour autant, ils n’ont pas eu plus de décès pendant le Covid. Cela a été le cas en Algérie avec moins de décès rapportés au nombre d’habitants qu’en France. J’ai fait une observation similaire au Brésil. Dès 1988, le pays modifie sa Constitution et met en place un système unifié de santé avec un maillage sur tout le territoire avec des centres, des agents de santé et la gratuité des soins.» Annie Thébaud-Mony analyse ce qui a perturbé une meilleure prise en charge des malades en France, cette absence de proximité des soignants étant l’une des raisons. Elle évoque également une gestion purement financière et l’absence de données qui permettraient une amélioration du système de santé&nbsp;: «Il y a un paradoxe en France entre l’omniprésence d’une gestion avec des tableurs Excel et l’incapacité des hôpitaux à fournir une vision claire des statistiques de décès et leurs causes. La Commission européenne a d’ailleurs pointé cette déficience. Prenons l’exemple des malades du cancer, nous ne disposons que de registres qui sont fournis par des associations loi 1901 avec une mission de service public. On se trouve alors avec quelques registres de départements, registres qui représentent moins de 25 % de la population. De plus, il nous manque les chiffres de grandes métropoles comme Paris et Marseille… Les chiffres du cancer sont donc une extrapolation de données statistiques qui viennent du Tarn, du Calvados, etc… Ce manque empêche également de faire le lien entre l’incidence des cancers et les lieux de travail mais aussi le milieu dans lequel vivent les personnes touchées. Les facteurs de risque demeurent invisibles, comme l’exposition à des substances toxiques. La mise en place de registre départementaux de cancer est une demande formulée depuis longtemps, y compris par des géographes mais nous n’arrivons pas à l’obtenir.» La sociologue pointe également l’absence de prise en charge des diagnostics de cancer pendant la période du Covid. Les estimations sont de l’ordre de 90 000 cas non diagnostiqués dans un délai raisonnable. «C’est très important… Il s’agit d’un cas sur quatre, ce qui est invraisemblable pour un pays avancé comme la France. C’est également le cas pour les maladies cardio-vasculaires et neurologiques. J’ai évoqué avec la chercheuse Meredeth Turshen, la situation d’une femme de 40 ans atteinte de la maladie de Parkinson – certainement en lien avec l’exposition à des pesticides. Du jour au lendemain, les soins se sont arrêtés, la dégradation de sa santé est importante et elle n’a jamais récupéré musculairement. Cela ajoute du traumatisme au traumatisme.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Omission des risques</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour bien soigner, il faut comprendre les origines des maladies, les enquêtes menées par Annie Thébaud-Mony et ses collègues ont montré une invisibilisation du travail dans les causes de nombreuses pathologies. Souvent, les médecins et spécialistes de santé publique associent le cancer à des comportements individuels, ce qui omet la responsabilité du travail et <em>in fine</em> de l’employeur. Dans le livre, la sociologue évoque les enquêtes menées auprès des travailleurs marocains des fonderies de Bondy – pour l’industrie automobile – tombés malades du fait des conditions de travail mais qui n’avaient jamais été interrogés sur cela. Or ils étaient confrontés à des molécules cancérogènes comme la cristobalite ou l’amiante et travaillaient dans des conditions difficiles, souvent sans suivi médical régulier et avec peu de formation. Ces travaux menés en interdisciplinarité avec le laboratoire de physico-chimie de Henri Pézerat (CNRS) et régulièrement en lien avec les CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont permis de lutter contre l’invisibilisation de certains risques. «Les risques psycho-sociaux ont tendance à prendre le dessus, on parle de souffrances au travail, c’est un raccourci. Il y a une attention portée au burn-out des cadres mais plus on descend dans la hiérarchie du travail, moins les travailleuses et travailleurs sont visibles. Je prends souvent l’exemple des nettoyeuses et nettoyeurs. Ils cumulent les risques toxiques pour lesquels ils n’ont aucune information et une intensité de travail qui augmente. C’est le cas des femmes de chambres d’hôtel, les personnels de la SNCF… On peut également évoquer les ouvriers du nettoyage qui se sont occupés des immeubles, des rues autour de Notre-Dame après l’incendie. On sait que la pollution au plomb est stagnante. Or, il y a eu peu d’informations sur les risques, nous avons communiqué avec l’Union Départementale de la CGT de Paris mais les nettoyeurs se rendaient compte en tordant leur serpillère qu’elle était plus noire que d’habitude. Personne n’avait parlé des risques de l’exposition.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg" alt class="wp-image-37821" style="width:603px;height:402px" width="603" height="402" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 603px) 100vw, 603px"><figcaption class="wp-element-caption">Annie Thébaud-Mony et Hélène Stevens lors de la séance <em>Rouge</em> réalisé par Farid Bentoumi (2020) au cinéma Le Dietrich à Poitiers. Rencontre organisée par le festival <a href="https://filmerletravail.org/" data-type="link" data-id="https://filmerletravail.org/">Filmer le travail</a>. Photo FLT.</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>De victime à expert</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des risques et de la prévention, l’accompagnement de l’association Henri Pézerat se trouve également dans la constitution des dossiers de reconnaissances des maladies professionnelles. Les exemples sont pléthores mais citons le paysan Paul François, intoxiqué au Lasso, un pesticide produit par Monsanto. L’accident a eu lieu en 2004, il a fallu plus de dix ans pour que la responsabilité de l’entreprise soit reconnue par la Justice. Là, le rôle des chimistes, de certains médecins et d’avocats a été la clef. «J’ai intitulé l’un de mes livres <em>La Science asservie</em> (2014), c’est tiré de mon expérience et de celle de Henri Pézerat. En tant que chercheurs, nous étions mal à l’aise de produire de la science pour la science. Nous faisons de la recherche pour que nos résultats servent à quelqu’un. C’est un engagement citoyen, militant, sur les questions de santé au travail. Il était important pour nous, non seulement de lutter avec les travailleurs pour la reconnaissance en maladie professionnelle, mais surtout de leur donner les moyens de s’approprier les connaissances. À la fin, ils deviennent eux-mêmes experts. Pour chaque dossier, l’un des principes de l’association est d’être rigoureux dans l’approche d’un problème. Il s’agit d’une coopération dans la durée entre scientifiques, professionnels de santé et les personnes concernées. Par exemple, nous avons mené tout un travail autour d’une usine de broyage d’amiante à Aulnay-sous-Bois. La méthodologie a été de recenser les victimes, mettre en sécurité le site et constituer le dossier judiciaire. Tout cela se fait en collaboration, l’un des maillons étant les journalistes d’investigation qui permettent de faire sauter le couvercle de l’invisibilité. C’est toute une histoire pour chaque situation car souvent, dans un problème de pollution, cela implique les industriels et les pouvoirs publics. Il faut alors démêler les fils.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sentinelles collectives</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">De son expérience, Annie Thébaud-Mony constate certaines difficultés aujourd’hui pour accéder à des informations. À la question de l’accès aux données scientifiques, elle évoque l’enquête sur le nucléaire qu’elle a menée dans une centrale à Chinon à la suite d’une alerte du CHSCT, inquiet du manque de rigueur dans le suivi dosimétrique des intérimaires et travailleurs sous-traitants. «J’avais accès à plusieurs sources différentes&nbsp;: les officielles, les carnets dosimétriques des travailleurs, les médecins du travail et EDF qui avait mis en place le dosimètre électronique. En réunissant ces sources, on obtenait des éléments sérieux. Or depuis, cela a disparu. Tout est informatisé et les chercheurs n’obtiennent pas les accès si aisément. Les seules données accessibles sont celles officielles gérées par l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire qui est une instance étroitement liée à l’industrie nucléaire. Alors qu’il serait préférable d’avoir une instance indépendante en santé publique. De plus les CHSCT ont disparu, ce qui n’aide pas.» Dans ce tableau, s’ajoute la complexité des sources de pollutions. Dans l’affaire de l’incendie de Lubrizol (site classé Seveso) en 2019 à Rouen, un nuage toxique s’est dispersé et une toiture en amiante a été pulvérisée. Les sources de pollution sont multiples. «La plupart des conséquences sont différées mais rien n’est réellement mis en place pour récolter les données et aucun monitoring des pollutions n’a été positionné après l’incendie pour évaluer l’évolution. Or certaines informations sont préoccupantes comme la trace d’hydrocarbures dans le lait maternel après l’accident ou des taux importants de substances toxiques dans les lichens. Mais ce sont des bulles d’informations dans un océan d’ignorance. Au lieu de réfléchir à limiter la pollution, on rend responsables la population avec des recommandations qui sont des injonctions&nbsp;: “vous ne devez pas laisser vos enfants jouer dans le jardin”…»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard des entretiens menés par Hélène Stevens et Alexis Cukier qui croisent son parcours et les problématiques actuelles, on mesure l’importance des collectifs de travail dans un temps long qui ont mené vers des reconnaissances importantes, des changements de loi comme pour l’interdiction de l’amiante en 1997 ou des rencontres dans les luttes. Paul François témoigne dans son propre parcours de la force de ces rencontres et de la nécessité d’un travail rigoureux de recherche pour mener des combats de David contre Goliath dans <em>Un Paysan contre Monsanto </em>(2017), il écrit&nbsp;: «Annie Thébaud-Mony me l’a si souvent répété&nbsp;: “Les procès sont des outils pour faire bouger les lignes, et les travailleurs sont les sentinelles de la santé environnementale”.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Dans le thème des enquêtes sur la santé et l’environnement, l’Espace Mendès France organise <a href="https://emf.fr/ec3_event/superboom-de-rentree-phosphatons-un-avenir-radieux/">une soirée de lancement, le 13 septembre 2023 à partir de 18h30</a>, durant laquelle se tient un plateau radiophonique&nbsp;: Agriculture, nos futurs. Autour de la table se retrouveront les journalistes <strong>Inès Léraud</strong> (<em>France culture</em>, <em>Splann!</em>) et <strong>Morgan Large</strong> (<em>Radio Kreiz Breizh</em>) pour parler de l’enquête sur les algues vertes et l’agro-industrie en Bretagne et la chercheuse <strong>Marie-Laure Decau</strong> qui dirige une ferme expérimentale à l’INRAE de Lusignan. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cWPJGqu83E0&amp;ab_channel=EspaceMend%C3%A8sFrance">À écouter en direct ou en podcast</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à ces échanges, dansons avec Superphosphate, bal électrotrad, comme une grosse boum de fin du monde. Avec <strong>Armelle Dousset</strong> (Modulatrix) : accordéon, bidule clavier / <strong>Matthieu Metzger</strong> (Dr Systole) : saxophone sopranino, talking bidule / <strong>Alban Pacher</strong> (Square Boy) : violon, bidule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg" alt class="wp-image-37818" style="width:273px;height:437px" width="273" height="437" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg 638w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-187x300.jpeg 187w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-150x241.jpeg 150w" sizes="(max-width: 273px) 100vw, 273px"></figure>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour aller plus loin&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/" data-type="link" data-id="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/">Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</a></em>, entretiens avec Annie Thébaud-Mony par Alexis Cukier et Hélène Stevens, éditions La Dispute, 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire <em>Les Sentinelles</em> réalisé par Pierre Pézerat en 2016 revient sur les combats de Henri Pézerat, Annie Thébaud-Mony et le parcours de Paul François.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Science asservie</em> de Annie Thébaud-Mony, éditions La Découverte, 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un Paysan contre Monsanto</em> de Paul François, Fayard, 2017.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/">Annie Thébaud-Mony – Pour une science « non asservie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 08:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Ethiopie]]></category>
		<category><![CDATA[fouilles]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Horn East]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tigré]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Carnets de voyage d'une doctorante en archéologie de l'université de Poitiers, dans la région du Tigré en Éthiopie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Élise Mercier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Depuis 2018, l’équipe de l’ERC Horn East mène des prospections dans la région du Tigré, afin de rechercher des stèles funéraires musulmanes et de repérer des cimetières musulmans. C’est auprès de Julien, Simon, Amelie, Deresse, Hiluf et les autres que j’ai vécue l’expérience la plus marquante de ma vie – participer à une mission archéologique en Éthiopie.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sept heures, c’est le temps qu’il me faut pour arriver à Addis-Abeba depuis Paris. Trouver son chemin dans l’aéroport n’est pas simple. Les panneaux indiquent des directions dans une langue que je ne peux pas lire car l’alphabet ressemble à des petits graffitis. Le voyage n’est pas fini puisqu’il faut ensuite monter dans un bombardier De Havilland Cash 8Q tout droit sorti des années 1940, afin d’atterrir sur le tarmac de Mekelé, dans la région du Tigré, sur les hauts-plateaux éthiopiens à 2 250 mètres d’altitude. Mon arrivée ne passe pas inaperçue, les locaux s’interpellent de la présence d’une Occidentale seule, ce qui est plutôt inhabituel. Une fois les bagages récupérés sur un tapis grinçant, dans un bruit de ferraille, je rejoins la sortie de l’aéroport où je suis accueillie chaleureusement par l’équipe déjà sur place.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier défi est d’adapter son corps à l’environnement : la chaleur et l’altitude peuvent occasionner&nbsp;essoufflement, cauchemars et un léger état nauséeux. À mon arrivée, le climat est chaud et sec. L’Éthiopie est un pays tropical avec&nbsp;une saison sèche de janvier à mai. La température moyenne est d’environ 25 °C, mais elle peut atteindre jusqu’à 30 °C en été. Une fois cette étape passée, il s’agit de s’adapter à un environnement très dynamique, souvent bruyant car jamais rien ne s’arrête à Mekelé. C’est une région historiquement chrétienne, l’orthodoxie y a joué un rôle important. Les églises y sont très présentes, très actives et diffusent régulièrement des messages de paix et de bonne conduite dans leurs haut-parleurs. Les journées sont rythmées par de nombreuses processions, par des sacrifices et des prières où toute la communauté se réunit. Les ouvriers ne travaillent pas la terre et il est prohibé de manger de la viande, mais les locaux ne vous en tiendront pas rigueur si vous relevez le challenge de manger l’ingéra, cette grande crêpe fermentée à base de teff, essentiellement avec la main droite. La cérémonie du café est également un événement social important où le café est torréfié, moulu et infusé devant les invités.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialecte et les expressions locales sont d’autres aspects essentiels de l’adaptation sur place. L’amharique est la langue officielle de l’Éthiopie, mais il en existe plus de 80 autres parlées dans le pays, dont le tigrinya, majoritairement parlé au Tigré. Bien qu’il soit complexe d’apprendre une langue en si peu de temps, connaître quelques mots est toujours bienvenu. C’est un signe de respect envers la communauté qui vous accueille et contribue grandement à établir des relations ainsi qu’à montrer son appréciation de la culture locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir une attitude respectueuse et une ouverture d’esprit est crucial pour s’adapter. Il est essentiel d’être conscient des différences culturelles, d’éviter de faire des suppositions ou d’imposer ses croyances. L’Éthiopie a une histoire longue et complexe, avec la coexistence de divers groupes ethniques et religions dictée par des règles dont certaines sont construites sur des valeurs morales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des difficultés principales, il faut être capable de faire face aux situations imprévues, comme les vols et les pertes de matériel. Le vol de mon téléphone a suscité beaucoup d’agitations parmi les ouvriers. Au-delà de la perte d’un objet onéreux, se dégage un acte inqualifiable : le vol. Il est sévèrement puni et prend une grande importance dans une communauté chrétienne orthodoxe. C’est aussi se confronter au système judiciaire et administratif du pays. À l’exemple du vol de mon téléphone dès les premiers jours, je me suis vue parcourir les commissariats de Mekelé afin d’obtenir un document qui me permettra, dès mon retour de contacter mon assurance. Je découvre ainsi, sur le procès-verbal, qu’en Éthiopie nous ne sommes pas en décembre 2019 mais bien en novembre 2012. Effectivement, ce pays utilise le calendrier Julien, soit un décalage de huit ans avec la France.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les enjeux de la mission pour les locaux et les chercheurs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La mission vise à découvrir le riche patrimoine culturel de l’Éthiopie et à révéler l’existence de communautés musulmanes médiévales florissantes, connectées au reste du monde islamique. L’objectif était de prospecter et d’ouvrir un secteur de fouille archéologique à l’aplomb du cimetière moderne de l’église de Qwiha, repéré lors des premières opérations de l’équipe. La mission est pluridisciplinaire, impliquant histoire, archéologie et épigraphie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mener à bien une telle expédition, il est important de se préparer psychologiquement et matériellement. Il ne s’agit pas d’imposer sa présence, mais de s’adapter à un nouvel environnement. Vous ne verrez peut-être la vie des chercheurs pendant leur mission à l’étranger que sous forme de «&nbsp;carnet de fouille&nbsp;» ou d’interview, mais le voyage fascine généralement bien au-delà de l’histoire. C’est une véritable expérience de vie, une parenthèse immersive dans une culture inconnue. Un dépaysement provoquant souvent un questionnement et des mises en perspective incessantes avec notre propre culture. Tout n’aura pas forcément de sens pour nous, mais c’est ainsi. Il s’agit d’accepter et d’observer. Il est crucial de comprendre les coutumes et les traditions, ce que nous réalisons en nous engageant quotidiennement avec les collègues éthiopiens et les ouvriers qui travaillent sur le chantier archéologique. Le tout est construit sur les échanges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces missions à l’étranger permettent à de nombreux étudiants éthiopiens de participer à des chantiers de fouille archéologique. C’est un échange de savoirs et de méthodes constant entre les archéologues, les historiens de différentes nationalités et les étudiants.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg" alt class="wp-image-37418" width="741" height="495" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 741px) 100vw, 741px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East. Ouvriers et étudiants travaillant sur le chantier.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit de les initier aux relevés architecturaux et sédimentaires, d’expliquer les méthodes d’enregistrement des données et d’utiliser le matériel à disposition comme la lunette de chantier, ou tout simplement les outils de l’archéologue. Ils ont été initiés à toute la chaîne opératoire de la fouille archéologique, de la manipulation des outils jusqu’à l’enregistrement. Les échanges se sont toujours faits dans la bonne humeur, et lorsque notre présence est admise, des liens fascinants se créent entre les participants. L’échange est d’autant plus riche pendant les pauses, autour d’un café à la saveur complètement inédite, ou d’un thé à la saveur épicée incomparable. Assis dans les cailloux, nous partageons ces quelques minutes de calme pour écouter, observer, et s’émerveiller à coup de : « Comment est-ce que l’on vit chez toi ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chantier participe également à l’économie locale car, pour le mener à bien, des ouvriers locaux sont recrutés pour la fouille. Des hommes de tout âge nous ont rejoints, car le salaire est plutôt élevé au vu des conditions de vie sur place. Une vingtaine de places sont disponibles dont chacune représente une somme d’argent non négligeable pour l’année à venir,&nbsp;et nous recherchons des ouvriers déterminés. Notre contact sur place est chargé du recrutement. Ces hommes sont principalement agriculteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Participer à l’économie, c’est aussi consommer local. Bien que la tendance à reproduire des plats occidentaux se fait un peu partout dans le monde, il a été naturel pour l’équipe de se restaurer dans des petits restaurants proposant exclusivement des plats de la région.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S’adapter dans un pays où l’instabilité peut se fait sentir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les déplacements en voiture sont parfois stressants. Le taux de mortalité sur les routes d’Éthiopie est très élevé. En constatant l’état des routes, ce n’est pas vraiment une surprise. Peu d’entre elles sont goudronnées, nombreuses sont les pistes que nous avions dû emprunter pour les prospections dans les montagnes. Les camions roulent à vive allure entre les tuk tuks, les taxis collectifs et les transports de charrette tirée par des ânes. L’ensemble peut paraître chaotique, mais fonctionne plutôt bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il arrive parfois que le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;» nous tombe dessus. Un matin, l’une des zones de fouille située dans un jardin privé est devenue inaccessible, porte close. Au ton employé par la propriétaire (une femme âgée), nos collègues éthiopiens négocient, courbent un peu le dos, et demandent pourquoi. Elle nous reproche d’avoir fait entrer chez elle le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;», ce qui aurait entraîné la perte de l’une de ses bêtes. Pour la première fois depuis le début de la mission, nous ne sommes plus les bienvenus. La situation est délicate, la tension se fait sentir. Mais nous serons autorisés à revenir quelques jours afin de finir l’enregistrement des données et de reboucher la zone.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, pas une seule fois, nous nous sommes sentis en danger. Mais un tel voyage nécessite bien des mesures qui ont été prises en amont par les fonctionnaires de sécurité de défense (FSD) du CNRS : l’évaluation de la situation sur place. À ce moment, l’Éthiopie semblait entrer dans une période d’accalmie avec l’Érythrée. C’est d’ailleurs lors de notre séjour que le prix Nobel de la paix a été décerné au Premier ministre éthiopien. Document que nous avons eu la chance d’admirer à Addis-Abeba en décembre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, l’ambiance sur les lieux laisse présager d’une stabilité fragile au cœur même du pays. L’armée contrôlant la route principale que nous empruntons quotidiennement pour aller de Mekelé à Qwiha, le contrôle des papiers d’identité et des passeports est obligatoire. De brefs moments d’échanges nous permettaient parfois de passer plus rapidement, mais il est indéniable qu’un lourd silence s’installait lors de ces arrêts. L’ancien gouvernement majoritairement tigréen avait laissé place à la gouvernance d’un homme d’une autre région, et les conflits inter-ethniques sont au cœur même d’une grande discorde dans le pays. L’annonce officielle de la guerre en novembre 2020 viendra enflammer l’Éthiopie déjà traversée par une crise alimentaire. Plus de la moitié de la population du Tigré souffre d’une insécurité alimentaire sévère, tandis que la majorité n’a pas un accès régulier à la nourriture. La situation a été exacerbée par ce conflit de deux ans, précédé par une invasion de criquets qui détruisaient déjà les cultures lors de notre passage en 2019.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toute évidence, l’accès au terrain a été impossible lors de cette période de guerre. La priorité n’était plus à l’étude, il s’agissait plutôt d’aider ceux que nous connaissions avec le peu de moyens dont la mission disposait encore. Le projet de faire venir des étudiants en tant que réfugiés de guerre est souvent abordé lors de tels conflits, mais la région du Tigré a été plongé dans une très longue période d’isolement total, où tout moyen de communication avec le monde extérieur était impossible. Aujourd’hui, un accord de paix maintient un équilibre très fragile. Les prochaines missions archéologiques envisagées par le projet Horn East ne sont pas prévues avant 2024, mais les missions d’approches et de prospections sont programmées pour 2023. Le fragile fil de l’histoire reprend petit à petit son chemin, laissant au-dessus des locaux et des chercheurs l’ombre d’une nouvelle rupture encore beaucoup trop proche.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png" alt class="wp-image-37419" width="617" height="462" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png 454w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-300x225.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-80x60.png 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-150x112.png 150w" sizes="auto, (max-width: 617px) 100vw, 617px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East, église éthiopienne en construction au Tigré. Visité lors d’une prospection dans le nord de la région.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Bibliographie&nbsp;<br><br>Amelie Chekroun et Nicolas Baker, <em>Les stèles perdues d’Ethiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et Amelie Chekroun, <em>Ces stèles qui bouleversent l’histoire de l’Éthiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Simon Dorso, <em>Le site de Kwiha (Tigray, Éthiopie) de la période aksoumite au XVI<sup>e</sup> siècle : premier bilan des fouilles et recherches en cours</em>, Séminaire Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie, 2022.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et al., <em>Bilet and the wider world: New insights into the archaeology of Islam in Tigray. Antiquity</em>, 95(380), Cambridge, 2021, pp. 508–529.&nbsp;</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph">Élise Mercier est en thèse d’archéologie sous la direction de Yves Gleize et Vincent Michel : Les inhumations dans les lieux de culture chrétien en Palestine, de l’antiquité tardive à l’époque des croisés. Etude diachronique des différents aspects architecturaux, religieux et sociaux d’une pratique funéraire tolérée et privilégiée dans les églises.<br><br>Cet article a été réalisé dans le cadre d’une formation doctorale sur l’écriture journalistique avec l’École doctorale Humanités de l’Université de Poitiers.</p>
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		<title>Traversées o salto</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 09:20:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[Portugal]]></category>
		<category><![CDATA[Rosa Arburua Goienexte]]></category>
		<category><![CDATA[Salazar]]></category>
		<category><![CDATA[traversées]]></category>
		<category><![CDATA[voyages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte revient sur cette histoire.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte, professeure adjointe en philosophie et sciences de l’éducation à l’université du Pays basque de Saint-Sébastien, a recueilli les témoignages de ces passages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peuple de voyageurs, le Portugal a connu une augmentation des passages de frontières durant la dictature de Antonio de Oliveira Salazar qui débute en 1933 et s’achève avec sa mort en 1970. Le pic de cette vague d’émigration a lieu entre 1956 jusqu’à la révolution des œillets en 1974. Les Portugais fuient la misère économique pour venir trouver du travail en France mais également la guerre entreprise par Salazar dans les provinces portugais d’Afrique&nbsp;: la Guinée, l’Angola et le Mozambique. Ils sont plusieurs milliers à passer de manière clandestine, deux frontières, celle avec l’Espagne et celle avec la France. Ce qui retient l’attention de Rosa Arburua Goienexte, c’est le parcours de ces voyageurs à partir d’entretiens menés avec des personnes proches de la contrebande qui se met en place au Pays basque. <em>O Salto</em>, le grand saut, celui pour lequel les hommes – majoritaires – et les femmes payent pour traverser avec des personnes de la contrebande. Pour celles et ceux qui n’ont pas d’argent, c’est à pied, à ses risques et périls… Dans les nombreux entretiens menés par Rosa Arburua Goienexte, l’histoire de la photographie coupée revient régulièrement. Encarna, fille du passeur Antonio, raconte que les émigrés devaient apporter une photographie d’identité qui était alors coupée en morceau, l’un d’eux restait avec la grande partie de la somme au village – chez une personne de confiance – un autre morceau était chez le passeur avec une partie de la somme et le troisième était donné au «Français» qui revenait avec, une fois le passage effectué. «Mon père partait pour le Portugal avec ces deux morceaux, et il recevait l’argent avec le troisième bout de photo…»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="388" height="504" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg" alt class="wp-image-37060" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg 388w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-231x300.jpeg 231w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-150x195.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 388px) 100vw, 388px"><figcaption class="wp-element-caption">Otilia, l’une des femmes passeuses accompagnée de deux clients à Donostia-San Sebastian. Elle est un personnage récurrent dans les témoignages recueillis par Rosa Arburua Goienexte.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>En talons dans les montagnes</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si Rosa Arburua Goienexte a réalisé ce travail de recueil de la parole, c’est pour lever le tabou sur cette contrebande. Née en Espagne, elle a toujours entendu parler de la contrebande, celle des objets (roulements à bille, collants, parfums…) et des denrées (café, sucre, cigarette…). «Je savais qu’il y avait eu des passages clandestins, mais pas autant de passeurs. Personne n’en parlait. D’ailleurs, beaucoup de femmes participaient. Les passeurs et passeuses accompagnaient les Portugais, en voiture, à pied ou par le train, par les montagnes, jusqu’à des gares, des hôtels… C’était des voyages très longs sur des chemins difficiles. Ils souffraient et beaucoup n’étaient pas préparés. Certaines femmes étaient parties avec les meilleurs souliers qu’elles avaient, ceux du dimanche avec des talons.» Les chemins sont multiples&nbsp;: Pampelune-Bidassoa&nbsp;; Saint-Sébastien-Etxalar… Ces mouvements, on le découvre à travers les récits de vie, ont marqué, au-delà des passages de paysages, les fonctionnements de familles et des villages entiers, où l’argent se lit à l’entraide, mais aussi aux risques d’emprisonnement ou de mort pour assurer une vie nouvelle, plus prospère dans une France demandeuse de ces clandestins arrivant massivement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph"><em>Le passage clandestin des Portugais par la frontière du Pays basque</em> de Rosa Arburua Goienexte, éditions Quatorze, 2017.</p>
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		<title>Belle au naturel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2023 09:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[beauté]]></category>
		<category><![CDATA[coiffure]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, la mode n'est plus seulement d'apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Durant la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, la mode n’est plus seulement d’apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Élodie Lecire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les standards de beautés changent continuellement. Le <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle se trouve dans une période de transition où l’on tend à être plus naturel, qu’il s’agisse des modes d’habillements, de maquillage ou de coiffure. Ce besoin de nature est bouleversé par les nouvelles découvertes scientifiques laissant une place plus importante à la santé mentale et physique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pas de hula-hoop pour les petites filles&nbsp;!</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Passé l’âge de 7 ans les fillettes sont corsetées jusqu’à l’adolescence pour lutter contre la nature de l’enfant, afin qu’elles se tiennent «bien droites». Rousseau s’insurge contre ces principes barbares en 1762 dans<em> Émile ou de l’éducation</em>. Soutenu par les Hygiénistes et Encyclopédistes, cet ouvrage polémique relance le débat. Mais cette remise en question de l’habillement des enfants permet aussi à la gent masculine de pointer du doigt les femmes à l’origine de ces principes vestimentaires en remettant en question leurs rôles dans l’éducation de leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme tout rituel de beauté, la mode de l’habillement des femmes et des hommes de la haute société est une pratique courante. Elle subit de nombreux changements durant la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, affirmé par le besoin d’individualisme. La mode n’est plus seulement d’apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, naît la robe à la française, qui est sûrement une des moins confortables avec l’usage de panier sur les hanches, formant une silhouette en sablier. Puis on abandonne les paniers pour l’usage d’un jupon sur lequel est déposée une sur-jupe drapée au-dessus de la cheville. Cette robe qui apparaît dans la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviiii</span><sup>e</sup> siècle s’inspire des costumes polonais ce qui lui vaut le nom de «robe à la polonaise». Vers 1780, les paniers et les drapés cèdent la place à une robe plus simple dont l’inspiration est anglaise. Plus confortable, elle possède néanmoins un «faux- cul» lui permettant de conserver un volume à l’arrière de la jupe. Adopté notamment par Marie-Antoinette, le style anglais, libère les femmes et marque un tournant dans la mode, en accord avec le retour désiré à la nature de ce siècle.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-768x1024.jpeg" alt class="wp-image-37031" width="584" height="779" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-768x1024.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-225x300.jpeg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-650x867.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-150x200.jpeg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise.jpeg 800w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px"><figcaption class="wp-element-caption">Robe à l’anglaise avec sa jupe assortie, 1784–1787, coton, métal, soie,<br>Metropolitan Museum of Art, New-York.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Toutefois attention à ne pas sortir de chez soi en chemise de nuit ! Si la reine Marie-Antoinette donne le ton, avec son style vestimentaire, elle a été vivement critiquée dans un portrait réalisé par Élisabeth Vigée Le Brun exposé au salon de 1786. Dans cette œuvre, la reine, est vêtue d’une robe en mousseline blanche. La critique s’en était emparé pour dire qu’elle s’était fait peindre en chemise. Néanmoins, on notera encore qu’à certains moments du jour, la femme put se libérer de son corset.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun.jpeg" alt class="wp-image-37029" width="644" height="806" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun.jpeg 818w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-240x300.jpeg 240w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-768x961.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-650x814.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-150x188.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Marie-Antoinette en robe de mousseline</em>, portrait par Élisabeth Vigée Le Brun, 1783, Collection du prince Ludwig von Hessen, Wolfsgarten Castle, Allemagne.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le maquillage, marqueur social</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son cabinet de toilette, la maîtresse de maison, donne tous les soins avantageux à sa mise en beauté. Les femmes sont éduquées pour être belles et plaire à l’homme comme ce fut le cas de Sophie dont le seul but est de devenir l’épouse idéale d’Émile (dans l’ouvrage de Jean-Jacques Rousseau).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le maquillage n’était pas seulement employé pour cacher la dégradation du temps, du soleil ou de la maladie, c’était aussi un marqueur social. Après 1760, ces artifices sont vivement critiqués comme nous le rappelle Georges Vigarello au travers d’une citation de la baronne d’Oberkich, qui constate les mines dégradées par le maquillage, le 9 juin 1782, après le bal offert au futur tzar de Russie, à Versailles : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«Il faisait grand jour et les paysans se livrait à leur travail quotidien. Quel contraste entre leurs visages calmes et satisfaits et nos mines fatiguées : le rouge était tombé de nos joues, la poudre de nos cheveux. Le retour d’une fête n’est pas un beau spectacle et peut inspirer bien des réflexions philosophiques à qui veut en prendre la peine.»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle remet en question les effets néfastes de l’artifice sur la santé, préconisant un retour à une esthétique plus naturelle. On le constate dans la représentation des visages féminins par les peintres, le choix des couleurs varie du début à la fin de ce siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>La Toilette</em> de François Boucher peinte en 1742, la jeune femme a le teint très blanc et beaucoup de rose aux joues. L’artiste emploie souvent la mouche sur les visages féminins qu’il peint. Dans cette œuvre, la jeune fille en possède une, près de l’œil que l’on surnomme «la passionnée». Quelques années plus tard, lorsqu’Élisabeth Vigée Le Brun se représente dans ses autoportraits, son teint est naturel, nous ne constatons que peu de rouge sur ses joues et pas de mouche. C’est avec des teintes claires et naturelles que Madame Vigée Le Brun peint tous ses portraits de femmes. Nous comprenons sa colère lorsqu’elle voit son portrait de la comtesse du Barry, peint en 1782, badigeonnée de rouge aux joues : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«J’ai fait ce tableau avec le plus grand soin ; il était, ainsi que le premier, destiné au duc de Brissac, et je l’ai revu dernièrement. Le vieux général à qui il appartient a sans doute fait barbouiller la tête, car ce n’est point celle que j’ai faite ; celle-ci a du rouge jusqu’aux yeux, et madame Dubarry n’en mettait jamais. Je renie donc cette tête qui n’est point de moi ; tout le reste du tableau est intact et bien conservé.»</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Audacieuses et onéreuses créations capillaires</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les femmes nobles du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, être coiffée est l’une des obligations essentielles pour rappeler son statut social, se différencier, ou suivre la tendance du moment. À cette époque, les femmes sont coiffées à leur domicile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette pratique coûte très cher. Pour exemple, madame de Matignon, veuve à 16 ans, une figure notable de la mode parisienne, dépense 24 000 livres par an pour qu’on la coiffe tous les jours. Soit une valeur actuelle d’environ 420 570 euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1767, le coiffeur, Legros de Rumigny publie un ouvrage sur la coiffure des dames. Il enseigne la coiffure dans son académie payante et délivre des certificats à ses élèves. Entre autres, il entend former les valets et femmes de chambre à l’activité de coiffeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les domestiques peuvent être formés à la coiffure, ils ne peuvent pas rivaliser avec un coiffeur lorsque la demande est trop complexe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une coiffure élaborée, le coiffeur propose des compositions toujours plus extravagantes, jusqu’à la «Belle Poule» en 1778. Ces créations capillaires peuvent se conserver jusqu’à huit jours, de fait, les dames s’habituent à dormir assises, pour les conserver. Des coiffures si complexes que les nombreuses heures nécessaires, pour les réaliser, justifient leur coût considérable. Un nombre conséquent de coiffures, toutes plus compliquées les unes que les autres, font la mode dans la fin des années 1770.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263.jpeg" alt class="wp-image-37027" width="694" height="449" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-300x195.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-768x498.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-650x421.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-150x97.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px"><figcaption class="wp-element-caption">Caricature de l’<em>Académie de coiffure</em>, située&nbsp;rue de la Chaussée-d’Antin, <br>créée par Léonard</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la fin du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle marque le déclin de la perruque qui tend à disparaître, encouragée par des envies plus naturelles. Elle pose de nombreux problèmes notamment pour la santé, lorsqu’elle est poudrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour le maquillage, les coiffures naturelles sont revendiquées par la peintre Élisabeth Vigée Le Brun. Pourtant fille de coiffeuse, elle explique dans ses mémoires que sa coiffure ne lui coûtait pas un sou et qu’elle préférait s’arranger ses cheveux elle-même. Dans cette idée de naturel et de simplicité, M. Lefevre rédige le<em> Traité des principes de l’art de la coiffure des femmes</em> en 1778, expliquant aux femmes comment se coiffer elles-mêmes.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Régime léger et plein air</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la redécouverte de soi et de toutes les pratiques de santé, la fin <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle tend à être davantage dans le bien-être que dans le paraître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une définition du régime est précisée en 1765 dans le volume XIV de l’<em>Encyclopédie</em>. Cette pratique met en garde sur la consommation excessive d’aliment dont le but est de prévenir les maladies et de se maintenir en santé. Le souci de cette santé mentale et physique inquiète beaucoup la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour exemple, madame d’Épinay suit un régime sur les conseils du médecin Tronchin. Il lui recommande la consommation de laitage, de fruits, ainsi que des promenades en plein air. La population de cette fin de siècle cherchait à se rapprocher de la nature, dans l’objectif d’avoir une meilleure santé. De nos jours, les injonctions sont encore importantes à l’égard des femmes et de l’idéal qu’elles doivent représenter.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie<br></strong>Legros, <em>L’Art de la coëffure des dames françoises, avec des estampes, où sont représentées les têtes coëffées</em>, Paris, Au Quinze Vingt, 1767.<br><br>Lefevre M., <em>Traité des principes de l’art de la coiffure des femmes</em>, Paris, Chez l’auteur, 1778.<br><br><em>Mémoires de la Baronne d’Oberkirch</em>, publié par le comte de Montbrison, dédiés à Nicolas I<sup>er</sup>, tome 2, Paris, Charpentier, Libraire éditeur, 1853.<br><br>Stéphane, <em>L’Art de la coiffure féminine : son histoire à travers les siècles</em>, Paris, éd La coiffure de Paris, 1932.<br><br>Hippolyte Taine, <em>Les Origines de la France : L’Ancien régime (1875)</em>, tome 1, Paris, Librairie Hachette, 1902.<br><br>Georges Vigarello, <em>Le Propre et le Sale. L’hygiène du corps depuis le Moyen Âge</em>, Seuil, 1985, et <em>Histoire des pratiques de santé, Le sain et le malsain depuis le Moyen Âge</em>, Seuil, 1999.<br><br>Louise-Élisabeth Vigée Le Brun, <em>Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth</em>, tome 1, Paris, H. Fournier, 1835.</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph">Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’<a href="https://www.facebook.com/univpoitiers?__cft__[0]=AZVBkzLov9MlpEjBeYuNTGWH1VjuK9h34FPEYh2jEfmv_2xlzwEzka5sE1FtyjZJuVtAr0JkPAsondXlSCdsUFkNoQ3JlGL9qSXZ-_zXyBbstgDAXStFxbs-qsEEJWn1GjYGlc3fvU86cRS7hZwjy_id5sIufFznsagdA5wvhI7j09lTVG82ogCl8eUHrdha5p0&amp;__tn__=-]K-R">Université de Poitiers</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Maison du Peuple de Clichy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2023 09:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Ducasse]]></category>
		<category><![CDATA[Clichy]]></category>
		<category><![CDATA[Corbusier]]></category>
		<category><![CDATA[Eugène Beaudoin]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Prouvé]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Lods]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement moderne]]></category>
		<category><![CDATA[mur-rideau]]></category>
		<category><![CDATA[Rudy Riciotti]]></category>
		<category><![CDATA[villa Savoye]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Bodiansky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment réévaluer la qualité architecturale d’un patrimoine bâti du XXe siècle afin de le sauver de la ruine ou de la destruction.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/"><strong>La Maison du Peuple de Clichy</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment réévaluer la qualité architecturale d’un patrimoine bâti du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle afin de le sauver de la ruine ou de la destruction.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Manon Bugean</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«Pour notre ville coquette, soucieuse d’hygiène et de confort, ces installations rudimentaires et disparates ne peuvent se perpétuer plus longtemps. […] Il faut améliorer. Une note de confort et de coquetterie doit être marquée dans le nouvel agencement.»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que Charles Auffray, maire de la ville de Clichy de 1925 à 1935, lance le projet de construction de la Maison du Peuple. Porté par ses convictions communistes et l’engouement socialiste de l’époque, il souhaite offrir à sa ville et à ses habitants, un endroit qui rythmerait la vie du quartier grâce à diverses manifestations culturelles, sociales et politiques. Outre ces aspects, le but de ce projet est aussi d’agrandir l’espace dévolu au marché de la ville, devenu trop petit. Le lieu est trouvé : la Maison prendra place au cœur de la ville, sur un terrain bordé par l’une des voies les plus importantes de la ville, le boulevard de Lorraine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’appel d’offre est lancé en 1935. Très vite, Marcel Lods et Eugène Beaudoin sont choisis. Les deux architectes, qui n’en sont pas à leur première collaboration, proposent la création d’un édifice de grande taille dont les différents espaces seraient totalement modulables permettant d’accueillir à la fois les commerçants les jours de marché ainsi que les événements culturels et les associations pendant les week-ends. Plusieurs procédés mobiles sont alors mis au point afin d’assurer la polyvalence du lieu.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2.jpeg" alt class="wp-image-37012" width="612" height="922" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2.jpeg 680w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-199x300.jpeg 199w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-650x979.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-150x226.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px"><figcaption class="wp-element-caption">Eugène Beaudoin et Marcel Lods, Maison du Peuple de Clichy (Hauts-de-Seine), Montage<em> des panneaux de façades,</em> vers 1938, Fonds Jean Prouvé, Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, Paris.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Armoire à planchers et mur-rideau</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux architectes sont épaulés par Jean Prouvé (1901–1984) et Vladimir Bodiansky (1894–1966) dans la conception des éléments mobiles de la Maison du Peuple. Ensemble, ils imaginent la création d’une couverture mobile et d’une armoire à planchers. Le toit ouvrant permet d’offrir à la Maison du Peuple une cour intérieure pour les manifestations estivales mais aussi d’apporter une luminosité supplémentaire puisque les deux pans sont vitrés. L’armoire à plancher est composée de huit planchers dont seulement trois sont encore conservés. Par un système mécanique, ils peuvent être surélevés et disposés de manière à agrandir la surface au sol du premier étage en comblant l’espace donnant sur le rez-de-chaussée. Le fonctionnement de ces deux éléments, mis au point par Bodiansky, est assuré par la force mécanique. De son côté, Jean Prouvé propose pour la Maison du Peuple, un concept innovant pour l’époque : le mur-rideau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’en réalité il n’en soit pas le créateur, le nom de Jean Prouvé reste le plus connu lorsque l’on évoque ce type de façade. Le mur-rideau est une façade légère qui recouvre la partie extérieure d’un édifice mais contrairement à une façade traditionnelle, elle n’assure pas la stabilité de ce dernier et n’est donc pas constitué de murs porteurs. Jean Prouvé l’explique de la manière suivante : les bâtiments sont composés d’une «structure en métal ou en béton comme un être humain comporte un squelette, auquel il fallait ajouter le complément logique d’un squelette : l’enveloppe».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>«Une nouvelle façon de faire l’architecture» Jean Prouvé</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si la Maison du Peuple reste si importante pour l’histoire de l’architecture et du Mouvement moderne, c’est parce qu’elle est l’une des premières à présenter les théories de Jean Prouvé en matière de mur-rideau. Pour ce bâtiment, les façades sont constituées de grands panneaux en aluminium ouvert ou fermés. Outre l’innovation technique que cela représente et les aspects économiques, c’est aussi bien souvent pour son côté esthétique que le mur-rideau est employé. Aujourd’hui, l’utilisation du verre pour les façades des bâtiments est préférée à celle de l’aluminium. La technique du mur-rideau s’inscrit dans le Mouvement moderne en France qui apparaît au début du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apparition de nouveaux matériaux tels que le béton ou l’acier, et le perfectionnement de techniques industrielles donnent un nouvel essor à l’architecture. Les constructions sont plus sobres, plus pures, sans ornements superflus, et composées de volumes et de formes simples. En France, le courant est porté par la figure du Corbusier et de ses cinq grands principes architecturaux qui seront les caractéristiques majeures du Modernisme français. Pour rappel, ces cinq piliers sont les pilotis permettant de libérer l’espace du rez-de-chaussée&nbsp;; le plan libre qui décloisonne totalement l’espace intérieur en abolissant l’utilisation de murs porteurs&nbsp;; le toit-terrasse qui offre un nouvel espace en plein-air au sommet du bâtiment ; les fenêtres en bandeau et les façades libres, c’est-à-dire légère et indépendante de la structure, viennent compléter la liste. La villa Savoye, construite à Poissy par le Corbusier entre 1928 et 1931, se veut être l’exemple parfait de l’application de ces principes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3.jpeg" alt class="wp-image-37013" width="744" height="496" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-300x200.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-768x512.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-650x434.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-150x100.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 744px) 100vw, 744px"><figcaption class="wp-element-caption">Eugène Beaudoin et Marcel Lods, Maison du Peuple de Clichy (Hauts-de-Seine), <em>vue de la façade mur-rideau dans son état actuel</em>. Photo Manon Bugean, mai 2022.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Différents projets de réhabilitations</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le bijou moderniste que représente la Maison du Peuple pour les historiens de l’architecture et les architectes, sa pérennité a été menacée à plusieurs reprises. Au début des années 1980, les structures métalliques se dégradent de plus en plus et il devient alors urgent d’intervenir. Pour pallier le coût élevé des restaurations, la municipalité dépose une demande de classement au titre des monuments historiques. Après un premier refus en 1963, la demande se solde une nouvelle fois par un échec. Les raisons évoquées dans les deux cas sont le manque de recul nécessaire pour juger de l’importance de l’œuvre pour l’histoire de l’architecture et le fait qu’il est impossible de classer un monument dont les architectes et concepteurs sont encore vivants. Au moment du dépôt de la deuxième demande, Eugène Beaudoin et Jean Prouvé sont encore en vie. En 1982, le dossier de classement est de nouveau remis sur le tapis. Cette fois-ci, c’est une réussite&nbsp;: la Maison du Peuple est classée monument historique dans son intégralité lors de la séance du 24 janvier 1983. Jean Prouvé, dernier concepteur encore vivant au moment du classement, décède l’année suivante. Après l’avis favorable de la Commission, un programme de sauvegarde et de réhabilitation est mené par l’architecte en chef des Monuments historiques, Hervé Baptiste. Pendant dix ans, il s’attèle à la rénovation intérieure et extérieure de l’édifice.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un projet de Rudy Ricciotti</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Après 2005, outre le marché alimentaire au rez-de-chaussée, la Maison du Peuple est de nouveau peu à peu abandonnée. Il faut attendre la fin des années 2010 et le concours «Inventons la métropole du Grand Paris» (2016–2017) pour que l’avenir de l’édifice s’éclaircisse. Ce concours urbanistique est un vaste appel à projet de réhabilitations des édifices oubliés de la région parisienne. Pour la Maison du Peuple, c’est le projet de l’architecte Rudy Ricciotti qui est retenu. Connu et reconnu pour la construction du Mucem à Marseille, l’architecte souhaite proposer une nouvelle forme et une nouvelle fonction à l’édifice. Le bâti principal de la Maison du Peuple devient un marché de petits producteurs et proposera différents services à la population de la ville. Si jusqu’ici le projet semble être prometteur, son envie d’élever une tour tressée au-dessus pour y accueillir des logements de standings suscite de vives contestations des habitants et des experts. Ils y voient une dénaturation totale du courant artistique auquel appartient l’édifice. Le débat s’intensifie et se retrouve sur le bureau du ministre de la Culture de l’époque, Franck Riester, qui est sommé d’intervenir. L’architecte est contraint de proposer un nouveau projet. Faute d’accords entre les deux parties, la collaboration est finalement abandonnée en 2019.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4.jpeg" alt class="wp-image-37014" width="704" height="691" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-300x295.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-768x755.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-650x639.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-150x147.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 704px) 100vw, 704px"><figcaption class="wp-element-caption">Marcel Lods, Eugène Beaudoin et Rudy Ricciotti (architectes), <em>Simulation en trois dimensions du projet imaginé par l’architecte Rudy Ricciotti pour le concours «Inventons la métropole du Grand Paris», vue depuis le boulevard du Général Leclerc</em>, 2016. © Groupe Duval.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Coup de cœur d’Alain Ducasse</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La même année, la Maison du Peuple est repérée par le chef étoilé, Alain Ducasse. À la recherche d’un nouveau lieu pour installer le siège social du groupe Ducasse, il a un véritable coup de cœur pour l’édifice. Malgré quelques résistances, le projet est lancé. Pour en faire un lieu privé, il faut que la Maison du Peuple soit déclassée afin de permettre l’achat. La décision du déclassement est prise en juin 2021 par le conseil municipal. Ducasse souhaite faire de la Maison du Peuple, une vitrine de la gastronomie française. En plus de l’installation des bureaux de son siège social, il souhaite y implanter ses manufactures de chocolats, de biscuits et de glaces. Une allée marchande et un restaurant seront ouverts au public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet semble plaire, notamment parce qu’il conserve la forme architecturale emblématique de l’édifice. Cependant, quelques réserves quant à l’accessibilité du lieu sont émises par les habitants. Les travaux sont en cours et le groupe Ducasse prévoit de s’y installer début 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de la Maison du Peuple est importante sur le plan historique et artistique, mais elle l’est tout autant sur le plan politique. Les débats autour de sa protection et de ses projets de réhabilitations ont tout de même permis de faire avancer la politique patrimoniale française et de remettre l’édifice sur le devant de la scène architecturale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’<a href="https://www.facebook.com/univpoitiers?__cft__[0]=AZXSxK4l81BnsW-pnwmJlTwsMMA_pTpZfW_dxfhkZ8tOJV_urfabTa5m0pFu7HelmavsoDV4pWQaUejlGzJRD5t3roIKafppwElBBKGXcalFvNMm8aJRdV5UTE6yNNUZ7E9u5I-5RLyJ4Q8UzvN5H7-bOUmIQtxYOpcao0-lk53VPvSaiYZeVNt2IXqlmqbXsTY&amp;__tn__=-]K-R">Université de Poitiers</a>.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/"><strong>La Maison du Peuple de Clichy</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Recherches à l’université – CPER</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2023 16:55:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[CPER Insect]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour en vidéos sur les recherches menées à l'université de Poitiers dans le cadre du CPER Insect (2017-2022).</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du CPER (Contrat plan État-Région) Insect (2017–2022), plusieurs chercheuses et chercheurs ainsi que des laboratoires de l’université de Poitiers ont travaillé sur des thématiques sciences et société. Retour en vidéo sur le bilan de ces recherches.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/cv8Yj8RK4Go">Interactions entre finance et commerce internationale – Entretien avec Anne-Gaël Vaubourg<br></a>Anne-Gaël Vaubourg est professeure en sciences économiques à l’université de Poitiers. Elle est responsable de l’axe Monnaie, banque et finance du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Elle est spécialiste en économie financière et étudie, dans le cadre du CPER Insect, les interactions entre les financements des entreprises et le commerce international ainsi que l’impact qu’ont les accords commerciaux sur les exports d’un pays à un autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/tLBgcnseiPM">Apprentissage et processus cognitifs – Entretien avec Cyril Perret</a><br>Cyril Perret est maître de conférence à l’université de Poitiers et membre du Centre de recherches sur la cognition et l’apprentissage (CeRCa, CNRS). Ses recherches se focalisent essentiellement sur la compréhension des processus cognitifs impliqués dans la production verbale conceptuellement dirigée. Dans le cadre du CPER Insect, son objectif est de comprendre la façon dont un être humain réalise des apprentissages, dans le cadre scolaire mais aussi en dehors.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/0od7ubugPvA">Quelle attractivité pour les petites et moyennes villes&nbsp;? – Entretien avec Dominique Royoux<br></a>Dominique Royoux est professeur de géographie et vice-président délégué orientation-insertion à l’université de Poitiers. Il fait partie du laboratoire Ruralités au sein duquel il étudie les dynamiques des petites villes en France et en Nouvelle-Aquitaine. Dans le cadre du CPER Insect, son objectif est de montrer le nouveau rôle que jouent les petites villes sur le territoire français. En quoi les petites villes sont le point nodal des relations privilégiées entre le rural et l’urbain ? Quelle est leur place dans l’aménagement du territoire ? Pour ce faire, Dominique Royoux et son équipe ont croisé vingt-six indicateurs allant de la démographie à l’attractivité des équipements en passant par la mobilité.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://youtu.be/kIquQPn_358">Évolution du tourisme en France – Entretien avec Gilles Caire</a><br>Gilles Caire est maître de conférence HDR de sciences économiques à l’université de Poitiers ainsi que membre du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Ses recherches portent sur l’économie sociale et solidaire et l’économie du tourisme. Dans le cadre du CPER Insect, il s’intéresse à la place du tourisme en France en termes d’économie et sous les aspects à la fois géographique et sectoriel avec une approche globale sur l’ensemble du territoire. Il étudie tout particulièrement, à l’aide de statistiques, l’évolution du tourisme depuis les années 1960 en France et les évolutions conjoncturelles pendant les périodes de crises, économique et sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/QgXFNhpcRjg">Renoncement aux soins et parcours d’étudiants – Entretien avec Liliane Bonnal<br></a>Liliane Bonnal est enseignante-chercheuse en économie à l’université de Poitiers. Elle est également directrice de l’UFR Sciences économiques de Poitiers et du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Ses recherches s’appliquent à l’économie de la santé, de l’éducation et du travail. Dans le cadre du CPER Insect, elle a mené des recherches, à partir d’une base de données, sur le lien entre le renoncement aux soins des femmes enceintes et la santé de leurs nouveau-nés. Liliane Bonnal a également travaillé au sujet des étudiants à l’université. Les étudiants salariés ont-ils plus ou moins de chances de réussir leur année en travaillant en parallèle de leurs études ? Les étudiants sont-ils mobiles ? Est-ce que la mobilité a un impact sur leur insertion ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://youtu.be/4p8ytgm7834">Maladies chroniques et sociabilités – Entretien avec Ludovic Gaussot</a><br>Ludovic Gaussot est maître de conférence HDR en sociologie à l’université de Poitiers ainsi que membre du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). Il est également chercheur associé au CSU (cultures et sociétés urbaines). Ses thématiques de recherches sont le genre et les rapports sociaux de sexe, les normes et déviances et la sociologie de la connaissance. Dans le cadre du CPER Insect, son programme de recherche porte sur l’expérience de la maladie chronique à travers trois pathologies distinctes : l’alcoolisme, le diabète et le cancer. L’objectif est d’avoir une perspective transversale sur la maladie chronique en interrogeant les malades et leurs proches afin de saisir les vécus et les différences entre ces maladies, tout en étudiant les rôles des institutions dans les soins de ces pathologies.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://youtu.be/iVi6E49OVq8">Cabinets de curiosités et sociabilités – Entretien avec Myriam Marrache-Gouraud</a><br>Myriam Marrache-Gouraud est professeure de littérature française de la Renaissance et agrégée de lettres modernes à l’université de Poitiers. Spécialiste des cabinets de curiosité, elle a réalisé, avec l’aide de ses collègues du laboratoire Forellis et de l’Espace Mendès France, le site internet curiositas.org, une base de données entièrement dédiée à ce sujet. Ces cabinets sont des pièces consacrées à la collection et à l’exposition de choses rares, nouvelles ou singulières, parfois même exotiques. Dans le cadre du CPER Insect, elle s’interroge sur les formes que prennent ces cabinets, leur localisation géographique en Europe, les réseaux de sociabilités qu’ils généraient.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://youtu.be/qLa4roHnGv4">Fabrique des trajectoires sociales – Entretien avec Gilles Moreau<br></a>Gilles Moreau est professeur de sociologie à l’université de Poitiers, membre du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). Dans le cadre du CPER Insect, son programme s’intitule « Origines sociales, parcours et insertion ». Son équipe et lui y étudient la question des trajectoires sociales et la prise en compte de la variable temps dans ces parcours. Ils mobilisent ainsi quatre concepts pour interpréter ces données : la socialisation, l’effet de génération, l’état des institutions et enfin les interactions sociales.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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