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	<title>Anaëlle Quiertant - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Anaëlle Quiertant - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<item>
		<title>Karen Dutrech – Le don des oiseaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Dec 2020 12:37:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Escampette]]></category>
		<category><![CDATA[Karen Dutrech]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[oiseaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Le don des oiseaux, Karen Dutrech nous parle des oiseaux qu'elle a recueillis et soignés.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">«La rencontre avec un nouvel oiseau éveille toujours des émotions proches d’une rencontre amoureuse&nbsp;: une sorte de trac, la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir l’aider, l’envie d’être acceptée – condition <em>sine qua non</em> d’un “sauvetage”.» Avec <em>Le don des oiseaux</em>, paru aux éditions de L’Escampette, Karen Dutrech nous parle des oiseaux qu’elle recueille et soigne. Des textes dans lesquels elle évoque les moments d’émerveillement et de partage avec ces petits animaux sauvages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le hasard met les oiseaux sur son chemin. Des petits êtres ailés qui ont besoin de soin et qui la réclament. Une aventure qu’elle accepte et qu’elle prend à cœur. Le récit d’une confiance qui s’installe peu à peu, avant de laisser les animaux repartir à la vie sauvage. Karen Dutrech nous parle de ceux qu’elle prend sous sa protection&nbsp;: des moineaux, des martinets, des étourneaux. C’est lors d’un séjour en Italie que, pour la première fois, elle recueille et soigne un moineau&nbsp;: «C’est en me trompant de chemin, écrit-elle, à l’intérieur du dédale d’un monastère, que je t’ai trouvée. À Ottaviano, au pied du Vésuve, au large de Naples où j’effectue des recherches pour mon doctorat.» L’expérience se renouvelle plusieurs fois et l’autrice noue des liens avec ces animaux en convalescence&nbsp;: «La confiance, dit-elle, c’est une nécessité. Sans confiance, il est impossible de les soigner.» Partant de l’envie de partager l’émotion du temps passé avec les oiseaux, Karen Dutrech partage avec nous le bonheur des rencontres, des moments du quotidien, des instants d’émerveillement. Un besoin d’écrire pour transmettre les émotions, pour rendre compte de la relation qui s’établit entre les oiseaux et elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«C’est toi qui me fais <em>hospitalière</em>, me <em>donnant</em> le sens de l’hospitalité.» Comme requise par ces oiseaux qui réclament son aide, Karen Dutrech nous fait le récit d’une aventure qui a changé son expérience du monde, une aventure faite de coups de becs et de coups d’aile, de chants, de danses et de plumes. Simple et émouvant, <em>Le don des oiseaux</em> est un ouvrage plein d’empathie, marqué d’un profond respect pour le vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/12/don-des-oiseaux-couv.jpg" alt class="wp-image-33608" width="180" height="285" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/12/don-des-oiseaux-couv.jpg 360w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/12/don-des-oiseaux-couv-189x300.jpg 189w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/12/don-des-oiseaux-couv-150x238.jpg 150w" sizes="(max-width: 180px) 100vw, 180px"></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Karen Dutrech, <em>Le don des oiseaux</em>, <a href="https://www.escampette-editions.fr/">éditions de L’Escampette</a>, 88 pages, 2020, 13 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/karen-dutrech-le-don-des-oiseaux/">Karen Dutrech – Le don des oiseaux</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Mohammed Bennis – D’ivresse et d’extase</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2020 14:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Escampette]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Bennis]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Sylviane Sambor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le poète marocain Mohammed Bennis célèbre le vin dans un recueil éponyme éditée par l'Escampette.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;J’ai cru que l’ivresse allait me séduire mais je découvris que c’était moi qui séduisais l’ivresse.&nbsp;» Ce vers de Mohammed Bennis est tiré de <em>Vin</em>, recueil de poèmes traduits de l’arabe en collaboration avec Mostafa Nissabouri. Bernard Noël, poète avec qui il travaille depuis de nombreuses années, a écrit la préface, tandis que Claude Esteban signe la postface. Le poète marocain signe un ouvrage dans lequel il dialogue avec l’universel, dévoilant toute la puissance de la langue arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Bernard Noël a préfacé le recueil <em>Vin</em>, vous avez traduit certains de ses ouvrages et il a traduit certains des vôtres. Comment avez-vous commencé à travailler avec lui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohammed Bennis. -</strong> J’ai découvert la poésie de Bernard Noël dans les années 1980 en lisant <em>Le même nom</em>. C’était une découverte fascinante pour moi. À cette époque, je cherchais un poète français contemporain, avec qui je pourrais partager une vision moderne de la poésie et dont l’expérience réside aux confins de l’interrogation sur l’écriture. Ce recueil de Bernard a satisfait ma curiosité et m’a conduit vers lui sans hésitation. En 1989, à l’occasion de la rencontre de poètes français et arabes, au Yémen, nous avions, Bernard et moi, fait connaissance. Ma traduction et publication en arabe de ce recueil lui a fait plaisir et, petit à petit, il s’est intéressé, de sa part, à ma poésie. Depuis cette rencontre, notre travail en commun s’est développé. Ensemble, nous nous sommes lancés dans une aventure ininterrompue de traductions réciproques. J’ai eu le bonheur de traduire une anthologie poétique de lui et, sans tarder, il m’a poussé à traduire en commun mon recueil <em>Le Don du vide</em> (paru en 1999). Nous avons maintenant traduit et publié plusieurs ouvrages dans les deux langues. Grâce à cette réciprocité, notre amitié s’est consolidée et notre relation est devenue synonyme d’une fraternité poétique. Il me semble que notre collaboration, avec Isabella Checcaglini, dans la réalisation d’une publication bilingue (en français et en arabe) de <em>Un coup de Dés</em> de Stéphane Mallarmé, est le signe de notre attention au dialogue entre nos deux cultures que nous avons suivi avec passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que la modernité poétique ? Pourquoi est-ce important pour vous de moderniser la langue arabe ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux questions sont à la fois importantes et significatives. En ce qui concerne la modernité poétique, je dirais que le patrimoine poétique arabe ancestral était pour moi une source qui m’a rendu facile la découverte de la tradition, mais les œuvres des cultures modernes m’ont permis de m’ouvrir à la poésie occidentale et ses aventures qui touchent à notre vie moderne. Chacun de ces deux trésors illumine l’autre. Tout au début, j’étais conscient qu’il fallait connaître les chemins secrets de la poésie moderne sans perdre ma propre mémoire poétique. C’est pourquoi la modernité est devenue pour moi une quête patiente d’idées nouvelles, une modernité à construire au seuils de la tradition arabe et de la poésie moderne occidentale. Il s’agit d’une modernité en mouvement, qui fait de l’interrogation une boussole dans l’exploration du sens de la langue, du corps et du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle modernité en mouvement ne serait possible que dans la perspective d’un travail en profondeur sur la modernisation de la langue arabe. Notre culture, qui souffre de la domination du fanatisme religieux, demande une vision libératrice. La modernisation de la langue est l’un des éléments fondateurs de cette vision. Fuir l’arabe, l’abandonner, pour écrire en d’autres langues étrangères, ne mène qu’aux risques de laisser le champs libre aux fondamentalistes et permet de faire durer leur confiscation de notre belle langue. En revanche, l’écriture en arabe est une pratique critique, qui implique le corps dans l’aventure de donner sens à notre vie et à notre mort. Il s’agit d’un corps qui se nourrit des traces de lectures mais aussi des réminiscences de voix lointaines. Par cette démarche, je ne fais que suivre l’expérience de la culture occidentale moderne en France, comme en Allemagne ou en Italie. Loin de toute ambiguïté, je répète&nbsp;: oui, il est urgent de continuer à moderniser la langue arabe pour la libérer et lui donner la chance d’être dans le monde et avec le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment vous est venue l’idée du recueil <em>Vin</em> ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une révélation que j’avais reçue de la sensibilité quand nous étions, Bernard Noël et moi, au milieu des années 1990, invités par Sylviane Sambor, alors directrice du «&nbsp;Carrefour des livres&nbsp;» à Bordeaux. Un jour, dans un musée moderne, elle, connaisseuse des vins de Bordeaux, nous a proposé de boire un petit vin. En tenant subtilement le vers entre mes doigts, je ne sais comment la couleur rouge de ce vin dans le verre avait une lumière singulière. J’étais touché par cette lumière, moi qui avais pris l’habitude d’évaluer le vin par la qualité de son rouge rubis. Le degré de sa lumière et de sa transparence me renseigne sur sa pureté. Ce petit vin de Bordeaux m’a ébloui, alors que mon regard restait accroché au verre. Je respirais cette belle couleur. Et, silencieusement, j’ai bu la première gorgée. Sans bouger ni rien dire, j’ai regardé encore le rouge rubis. Avec la deuxième gorgée, j’ai ressenti un air de fraîcheur traverser ma poitrine. Silence. Ce vin me procure une joie intérieure. Joie de vivre. Joie de boire un très bon vin, unique dans sa splendeur. À l’insu de tous, j’ai levé mon vers et dit à voix haute&nbsp;: j’écrirai un recueil qui portera le titre de <em>Vin</em> et il sera ma manière de saluer le vin de Bordeaux. Bernard m’a dit&nbsp;:&nbsp;peut-être que ce titre est confus, parce qu’on va croire qu’il s’agit du nombre vingt. Je lui ai répondu&nbsp;:&nbsp;personne ne s’y trompera une fois que le mot est écrit. En arabe, ce mot ne désigne pas le nombre. La poésie arabe lui a, par ailleurs, donné ses lettres de noblesse à travers les âges. Poètes et mystiques ont écrit à son sujet une poésie illuminée par le mystère. Je vais les suivre tout en étant moi, de notre temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En annonçant mon désir, je ne savais pas exactement ce que j’allais écrire. Par ces paroles, mon annonce avait franchi les barrières et s’était transformée en une déclaration qui ne concerne que moi. Heureusement que je n’avais pas tardé à écrire. J’ai commencé par un hymne au vin «&nbsp;Qu’il soit&nbsp;». Dans le grand silence, qui a duré presque trois ans, le vin m’a accompagné dans la quête du beau et de l’inconnu. Deux suites de chants, et le recueil se clôture par «&nbsp;Révélation&nbsp;», un chant d’ivresse et d’extase.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vin</em> est un recueil sur lequel je n’aurais jamais pensé écrire. Mais la révélation que j’avais reçue m’avait orienté à célébrer le vin, création humaine destinée au bonheur de l’être humain. Chant infini pour une vie ouverte au bonheur d’être vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin.jpg" alt class="wp-image-33711" width="331" height="431" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin.jpg 693w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-230x300.jpg 230w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-650x847.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-150x195.jpg 150w" sizes="(max-width: 331px) 100vw, 331px"></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Mohammed Bennis, <em>Vin</em>, éditions de L’Escampette, 144 pages, 2020, 16 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mohammed-bennis-divresse-et-dextase/">Mohammed Bennis – D’ivresse et d’extase</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Denis Richard – Sur la disparition des insectes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 09:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Richard]]></category>
		<category><![CDATA[entomologie]]></category>
		<category><![CDATA[insectes]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre-Olivier Maquart]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Albouy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vincent Albouy, entomologiste, Denis Richard, pharmacien et auteur naturaliste, et Pierre-Olivier Maquart, entomologiste, cosignent aux éditions Ulmer "L’adieu aux insectes ?"</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denis-richard-sur-la-disparition-des-insectes/">Denis Richard – Sur la disparition des insectes</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vincent Albouy, entomologiste, Denis Richard, pharmacien et auteur naturaliste, et Pierre-Olivier Maquart, entomologiste, cosignent aux éditions Ulmer <em>L’adieu aux insectes&nbsp;?</em> Proposant une synthèse d’études scientifiques menées sur la disparition des insectes et des témoignages d’entomologistes ayant observé ce phénomène dans nos régions, cet ouvrage met en exergue un sujet jusqu’alors encore peu évoqué auprès du public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi un tel livre avec Vincent Albouy et Pierre-Olivier Maquart&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition des insectes, les entomologistes en font le constat depuis des années. Cependant, tout s’est précipité à la suite de l’annonce faite en 2018 dans les grands médias d’une étude montrant une réduction dramatique du nombre des insectes volants dans certaines réserves d’Allemagne. Cette étude est en fait une parmi de nombreuses autres, toutes alarmantes. Pour nous, le temps était venu de tenter de faire passer un message, d’où ce livre, qui est à la fois un constat, un pamphlet, et aussi un panorama des problèmes à l’origine de la raréfaction des insectes, qui ne concernent évidemment pas que ces animaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Environ 80 % des insectes auraient disparu en trente ans. Quelles en sont les causes&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlons plutôt de raréfaction&nbsp;! Ce chiffre issu d’une publication illustre une réalité dans un site donné et ne peut bien sûr être extrapolé tel quel à d’autres situations. Cette raréfaction varie selon les habitats, les pays, les groupes d’insectes, etc. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a un effondrement plus ou moins massif des populations d’insectes dans tous les milieux, dans toutes les régions où elles font l’objet de suivis. Même les études réalisées sous les tropiques montrent, toujours à peu près pour les mêmes raisons, une disparition des insectes. Tout ceci est particulièrement préoccupant. Plus qu’au changement climatique, ce phénomène est avant tout lié à l’imprégnation des milieux terrestres et aquatiques par des produits phytosanitaires (insecticides, herbicides, etc.) toxiques et rémanents, par des engrais azotés perturbant la flore et donc les insectes qui y sont associés, à la destruction des habitats par l’agriculture, les élevages et la sylviculture intensifs, à l’artificialisation et l’urbanisation des milieux par les activités humaines. Cela aboutit à la raréfaction puis à la disparition silencieuse d’un très grand nombre d’espèces, en particulier les plus spécialisées au plan écologique, et à l’amenuisement des populations des espèces jadis les plus banales. Bien évidemment, des mouches, des moustiques, on en aura toujours et il ne faut pas se fier à certaines observations ponctuelles. Les guêpes, par exemple, ont été abondantes en France cet été, en raison d’un hiver peu rigoureux et du calme associé au confinement. Cela pourrait suggérer que les insectes sont plus nombreux, que leurs populations sont plus dynamiques, mais il n’en est rien lorsque l’on considère la situation avec objectivité. Tous les témoignages de naturalistes ayant connu les populations d’insectes des années 1950, 60 et 70 le confirment.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/apollon-parnassius-apollo-va-1024x768.jpg" alt class="wp-image-33675"><figcaption>Papillon Apollon. Photo&nbsp;Vincent Albouy.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les principales catégories d’insectes concernées&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les catégories les plus touchées sont les plus spécialisées au plan écologique. Les études ont porté avant tout sur les papillons, notamment les papillons de jour qui sont des insectes populaires ayant donné lieu depuis des dizaines d’années à d’innombrables observations, mais aussi sur des sauterelles et criquets, sur des coléoptères, etc. Mais on peut imaginer que si les populations des espèces que nous connaissons le mieux, qui sont le plus visibles, s’effondrent, toutes celles qui sont plus discrètes régressent de la même façon et pour les mêmes raisons. La disparition de coléoptères minuscules n’est pas évidente à constater, mais ils sont également victimes des pesticides, de la diffusion des engrais azotés dans tous les habitats, de la disparition et de la pollution des milieux aquatiques, du saccage des forêts remplacées par des «&nbsp;cultures d’arbres&nbsp;», etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les conséquences générales pour la faune, la flore et l’humain&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences sont immenses dans la mesure où les insectes constituent l’essentiel, en milieu terrestre, du règne animal macroscopique. Leur disparition prive la nature et donc l’homme d’un grand nombre de services comme la pollinisation, le nettoyage des milieux par le recyclage des cadavres, des excréments, etc. Cela fait aussi disparaître une grande diversité génétique et un potentiel biologique largement mis à profit dans la création de nouvelles bio-technologies entre autres. Et puis, les insectes constituant un groupe essentiel dans le milieu naturel, leur raréfaction met en péril les oiseaux insectivores ainsi que tous les animaux de la chaîne alimentaire dont ils sont un maillon&nbsp;: une fois que les insectes disparaissent, tous les animaux qui eux-mêmes s’en nourrissent disparaissent également. Et inversement, certains organismes peuvent pulluler parce que les insectes n’en contrôlent plus les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quelle manière pourrait-on provoquer une prise de conscience&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des observations des naturalistes, la prise de conscience de la population générale reste difficile. Beaucoup de gens ont d’autres préoccupations dans le contexte social que l’on sait et, indépendamment, dans un monde anthropocentrique et promouvant comme valeur unique ou presque l’impératif économique. Ensuite, on n’enseigne plus les sciences de la nature comme on en faisait auparavant. Sans forcément s’y intéresser spécialement, mes grands-parents, mes parents savaient reconnaître telle ou telle espèce d’insecte et connaissaient les grandes lignes de leur évolution, de l’œuf au papillon. Ils ne se contentaient pas de dire «&nbsp;un papillon&nbsp;», ils disaient «&nbsp;un paon-du-jour&nbsp;», «&nbsp;une piéride&nbsp;», «&nbsp;un machaon&nbsp;», «&nbsp;une cétoine&nbsp;»&nbsp;: bref, ils nommaient les êtres peuplant leur environnement immédiat. Il y avait un réel savoir populaire sur les insectes, les animaux comme les plantes d’ailleurs, alors que les connaissances dans ce domaine des générations actuelles sont d’une vacuité effarante et dramatique. Pour notre société, la nature est un produit de consommation de masse, comme en témoignent des jeux type Koh-Lanta, la multiplication des activités lucratives organisées en montagne, là où les gens savaient jadis apprécier la sérénité d’une simple randonnée sans avoir toujours besoin d’être «&nbsp;coachés&nbsp;» ou de trouver des animateurs qui imaginent pour eux ce qu’ils doivent faire… Bref, il faudrait réhabiliter ce type d’enseignement. Il faudrait aussi assumer des mesures bien plus drastiques et donc sûrement impopulaires dans le domaine environnemental. En particulier, s’imposerait un contrôle effectif de l’usage agricole des pesticides et des produits phytosanitaires. Cela semble toutefois mal parti, pour le moins, lorsque l’usage des néonicotinoïdes est ré-autorisé en France pour «&nbsp;sauver&nbsp;» la filière de la betterave sucrière&nbsp;! Il est certain que tant que les politiques porteront un regard complaisant sur de telles pratiques, ou changeront à ce propos de discours selon les opportunités, et tant que l’on cèdera aux pressions du lobby de l’agriculture intensive on ne pourra rien espérer de mieux&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bios-1924679-2-1024x683.jpg" alt class="wp-image-33676"><figcaption>Prairie du Lubéron voisine d’un champ traité de façon intensive. Photo Gilles San Martin.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment pourrait-on convaincre les agriculteurs de travailler en respectant la protection de la biodiversité&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains d’entre eux, il y a une volonté forte, un passage aux actes et de réelles réussites. Ils sont même finalement nombreux à pratiquer une culture respectueuse de leurs terres et donc de notre terre à nous tous. Quant aux autres, ceux de l’agriculture intensive, enfermés dans un système de pensées rétrograde, je pense qu’ils ont une certaine conscience du problème, mais comme il leur est difficile de faire leur propre révolution et de prendre du recul sur leurs pratiques. Il ne sert à rien de supporter des filières agro-alimentaires au détriment de la nature. Ma position personnelle, c’est que la nature et sa richesse est à tous et qu’ils ne sont que les dépositaires fugaces de parcelles destinées à la culture ou à l’élevage&nbsp;: tous ceux qui vivent de la terre, ce terme étant entendu au sens large, ont ainsi une responsabilité importante au présent et surtout pour le futur. Je dirais la même chose pour la filière bois. La «&nbsp;culture&nbsp;» des arbres telle qu’elle se pratique majoritairement n’est pas compatible avec une saine gestion de la biodiversité du milieu forestier… Les «&nbsp;usines à bois&nbsp;» que sont devenues certaines forêts sont un non-sens écologique mais elles satisfont ceux qui considèrent que les surfaces plantées d’arbres sont des objets d’intérêt économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles mesures environnementales devraient être prises&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je vous le disais, contrôler l’usage des produits phytosanitaires et réduire drastiquement l’artificialisation des milieux. Pour des raisons économiques, nous l’évoquions, on autorise les producteurs de betteraves à employer des néonicotinoïdes. En effet, s’il n’y a pas tellement d’insectes qui butinent sur les fleurs de betteraves, ces néonicotinoïdes s’étendent partout autour des champs, imprègnent les plantes qui sont en bordure des zones cultivées, sont entraînés par les eaux vers les rivières et agissent partout à des doses infinitésimales en tuant les arthropodes et d’autres organismes ou en perturbant leur comportement. De très nombreuses études prouvent l’effet délétère de ces substances mais aucune ne prouve qu’elles apportent quoique ce soit à la biodiversité&nbsp;! De plus, on ignore tout des effets des cocktails de pesticides, même en doses infinitésimales, sur les organismes vivants, y compris sur l’homme. Ces poisons très stables dans le temps constituent une véritable bombe à retardement pour la nature, et une arme destructrice à court terme pour les insectes, comme pour les animaux et les végétaux qui en dépendent, comme pour l’homme. Il faudrait aussi créer des zones de continuité entre les milieux naturels plus vastes qu’actuellement, ne pas laisser les réserves naturelles isolées géographiquement mais tenter de les faire se rejoindre, ménager de véritables corridors verts entre les régions, végétaliser «&nbsp;utile&nbsp;» les villes et ne pas confondre «&nbsp;bétonnage vert&nbsp;» et nature, sauvegarder des zones sans intervention humaine drastique, ce qui ne signifie pas sans y développer une économie&nbsp;! Il y a de nombreuses activités et techniques possibles, notamment agricoles, qui sont respectueuses de la nature et qui concourent en créant ou maintenant des paysages diversifiés à une égale diversification des êtres vivants. Tout cela est affaire de mesure, de sensibilité et de bonne volonté&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les évolutions technologiques ont apporté des possibilités de remplacement des fonctionnalités environnementales des insectes (exemple des drones pollinisateurs). Quelles sont les limites de ces remplacements&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée me semble grotesque. Intéressant au plan scientifique pour ceux qui s’amusent à imaginer et concevoir ces dispositifs, ce genre de création est un reniement de la nature. Quel est l’intérêt d’utiliser ces technologies de remplacement quand on a déjà un service rendu spontanément par la vie&nbsp;? La nature a sa poésie, sa beauté, ses mystères&nbsp;: tout ceci ne peut pas être remplacé par des machines aussi sophistiquées soient-elles&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/couverture_final-710x1024.jpg" alt class="wp-image-33677"><figcaption>Couverture de l’ouvrage. Illustrations Matt Dorfman.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Vincent Albouy, Denis Richard, Pierre-Olivier Maquart, <em>L’adieu aux insectes&nbsp;?</em>, éditions Ulmer, 192 pages, 2020, 22 €<br><br>Denis Richard publie également avec Pierre-Olivier Maquart <em>Il faut sauver nos insectes&nbsp;!</em>, éditions Delachaux et Niestlé, 192 pages, 2020, 29,90 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denis-richard-sur-la-disparition-des-insectes/">Denis Richard – Sur la disparition des insectes</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Poésie de l’instant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Nov 2020 09:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Baudelaire]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Bukowski]]></category>
		<category><![CDATA[éditions Tarabuste]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Ponge]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Michaux]]></category>
		<category><![CDATA[James Sacré]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Claude Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Le Merle moqueur]]></category>
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		<category><![CDATA[Mallarmé]]></category>
		<category><![CDATA[poèmes]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[prose]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Carver]]></category>
		<category><![CDATA[Rimbaud]]></category>
		<category><![CDATA[William Carlos Williams]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est en 1965, à la découverte du surréalisme, que Jean-Claude Martin commence à vouloir écrire. Son expression, ce sont les poèmes en prose, à travers lesquels il évoque des instants du quotidien qu’il transforme en moments symboliques.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en 1965, à la découverte du surréalisme, que Jean-Claude Martin commence à vouloir écrire. Son expression, ce sont les poèmes en prose, à travers lesquels il évoque des instants du quotidien qu’il transforme en moments symboliques. Le poète né en 1947 à Montmoreau-Saint-Cybard, en Charente, est fortement influencé par Francis Ponge, Henri Michaux, ou encore les objectivistes américains. En 2020, il publie deux recueils, <em>Ô toi qui le savais</em>, édité par Le Merle moqueur, et <em>Lire un jardin</em> aux éditions Tarabuste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi des poèmes en prose plutôt qu’en vers&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’écris en prose depuis le début. Les gens que j’ai lus, ceux qui m’ont influencé, c’était Henri Michaux, Francis Ponge, des prosateurs. Et puis, dans les années 1960–1970, et même à l’heure actuelle, je trouvais que la poésie n’était souvent que de la prose découpée&nbsp;: c’est du discours, des choses que l’on met à la suite pour faire comme des vers, et cela ne me paraissait pas honnête. Autant faire de la prose. J’ai senti que c’était ça, ma façon d’écrire. Cela me permettait de faire tantôt des petits récits, tantôt d’écrire des impressions… «Poème en prose», expression étrange&nbsp;! Beaucoup de gens ne considèrent pas ça comme de la poésie. Mais la forme, la ponctuation du poème en prose, c’est toujours ce qui m’a permis le mieux d’exprimer ce que je voulais. Je me donne tout de même quelques règles&nbsp;: il ne faut pas que ça dépasse une quinzaine de lignes, surtout pas une page, et avec le moins d’alinéas possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À partir de quels matériaux travaillez-vous&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le ciel, principalement. Le ciel, les nuages, l’air… auxquels je prête des sentiments humains. Je ne suis pas peintre, mais je compare un peu ça à de la peinture, qui peut être tantôt de la peinture de chevalet, tantôt une installation avec des changements… tout dépend aussi des périodes, de mon envie d’écrire. Parfois je me lève le matin, je vois un rayon de soleil, j’écris. Je pars du quotidien, mais je me sers toujours de ce quotidien pour symboliser des choses. Il faut déchiffrer entre les lignes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place la poésie occupe-t-elle dans votre quotidien&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ma vie, mais ça occupe finalement une petite partie de mon temps&nbsp;: il y a beaucoup de moments où je n’écris pas, puis une période de trois mois où je vais écrire 50, 80 poèmes… parfois je laisse reposer, puis je reprends. Ceux que je préfère, ce sont les «enfants mal nés», des poèmes commencés puis laissés en pause, pour une raison ou une autre, que j’essaie de reprendre. Mais ce n’est pas facile, j’ai un peu perdu le déclic… mais quand je réussis à les finir, c’est ceux qui me donnent le plus de plaisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La poésie, c’est peut-être 80% de ce que j’écris. J’ai essayé de faire des romans, mais c’est plus fort que moi, il faut que ça tienne en peu de mots, alors j’avais tendance à découper et ça n’avait plus de chair. Mon expression, c’est vraiment ces petites proses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a‑t-il des similarités entre le travail d’un poète et le travail d’un peintre, comme vous le suggérez dans <em>Lire un jardin </em>?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au printemps ou en été car le temps est plus doux et agréable, je m’installe dehors, ou plutôt j’y vais parce qu’une phrase, un mot m’est venu à l’esprit. Mais ce n’est pas une transcription. Je le dis dans mes poèmes, le jardin dont je parle, ce n’est pas mon jardin, c’est un jardin mental. J’aime «peindre» une espèce de jardin spirituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le titre du recueil <em>Ô toi qui le savais</em>, est une référence évidente à Baudelaire et son poème «À une passante», tiré des <em>Fleurs du Mal</em>. Qu’est-ce qui vous inspire chez ce poète&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai repris ce poème car c’est pour moi l’un des plus beaux de Baudelaire. Il témoigne d’un regret éternel, de quelque chose dont il n’est pas dupe&nbsp;: <em>Ô toi qui le savais</em>… «À une passante» est un très beau texte. J’ai repris ce vers et j’ai réuni dans un recueil des poèmes d’«amour» que j’avais déjà écrits, des poèmes sur une vision particulière du Christ, écrits aussi il y a quelques années, des textes sur la poésie elle-même… Ce sont des textes qui sont assez anciens, à part quelques inédits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Baudelaire n’est pas exactement un poète qui a fait évoluer la poésie, comme l’ont fait Rimbaud ou encore Mallarmé. Il reste assez classique, mais dans ce qu’il dit, il y a une telle force d’humanité. Il reste un phare incontestable. Et puis, il a écrit des poèmes en prose, même si beaucoup d’entre eux sont plutôt des récits, ce sont des textes très beaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez cité quelques prosateurs qui vous ont inspiré. Quelques autres poètes vous ont influencé&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime beaucoup les poètes américains. William Carlos Williams, Louis Zukofsky, ceux que l’on appelait les objectivistes américains. Raymond Carver aussi, même si on le connaît moins comme poète car il était plutôt nouvelliste, a fait de la bonne poésie. C’est un peu aussi comme de la prose découpée mais ça ne manque pas de force, tout comme Charles Bukowski.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le poète James Sacré a préfacé le recueil. Comment cela s’est-il passé&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout simplement. La maison d’édition Le Temps des Cerises a lancé une collection, qui par la suite est devenue une association, <em>Le merle moqueur</em>. <em>Ô toi qui le savais</em> est le premier livre et l’éditeur voulait une préface. J’ai sollicité James Sacré, que je connais depuis longtemps et qui est un poète que j’aime beaucoup. Il a gentiment accepté, et voilà.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans <em>Un ciel trop grand</em>, vous écrivez&nbsp;: «À quarante-sept ans, écrire encore des poèmes&nbsp;! […] Ce monde, qu’as-tu fait pour le changer&nbsp;?» Vous considérez qu’en tant que poète, vous avez une sorte de responsabilité à changer le monde autour de vous&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas vraiment. Le poète et la personne, pour moi c’est bien différent. Je ne veux pas dire que le poète ne peut pas écrire sur ce qui lui semble important, bien sûr, mais je pense que c’est surtout l’être humain qui doit agir. Écrire de la poésie devrait plutôt susciter une exigence éthique et esthétique. On essaie de produire quelque chose de beau. Si on ne cherche qu’à transmettre un message, on peut passer à côté du travail d’écriture, et ce message n’est pas forcément perceptible. Certains y parviennent, mais la poésie tient en peu de mots, alors on n’a pas la responsabilité, la voix que peuvent avoir d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis occupé pendant longtemps de la Maison de la Poésie à Poitiers, j’ai observé deux tendances chez les poètes, qu’ils soient français ou étrangers&nbsp;: les poètes «urbains», qui écrivent sur&nbsp; le monde moderne, et les poètes «réflexifs», linguistiques, s’interrogeant davantage sur la poésie elle-même. À mon avis, un bon poète, un bon écrivain, doit mélanger les deux. On cherche à exprimer la force, la beauté, tout en menant une réflexion esthétique sur le travail d’écriture.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean-Claude Martin, <em>Ô toi qui le savais</em>, éditions Le Merle moqueur, 89 pages, 2020, 12 €<br><em>Lire un jardin</em>, éditions Tarabuste, 74 pages, 2020, 12 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/poesie-de-linstant/">Poésie de l’instant</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Pour dire une photographie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2020 10:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Plossu]]></category>
		<category><![CDATA[Carole Naggar]]></category>
		<category><![CDATA[Christer Strömholm]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Montebello]]></category>
		<category><![CDATA[Dolorès Marat]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[Eduardo Berti]]></category>
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		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Deneyer]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Bon]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Dieuzaide]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Rodriguez]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Rochefort]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Airoldi]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Pélissier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La collection "Pour dire une photographie" est publiée depuis 2018 aux éditions Les petites allées. Dirigée par Serge Airoldi, la collection lie la littérature et la photo.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des petits livres façonnés de manière artisanale, sur un beau papier vergé, avec une couverture en impression typographique. <em>Pour dire une photographie </em>est une collection dirigée par l’écrivain Serge Airoldi et à laquelle divers auteurs et photographes prennent part. Elle est publiée par <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nathalie-rodriguez-et-michel-bon-les-petites-allees-menent-aux-grandes/">Les petites allées, une maison d’édition dont l’aventure débute en 2008</a>, quand Michel Bon, typographe, et Nathalie Rodriguez, conservatrice en bibliothèque, décident de reprendre une imprimerie typographique basée depuis le début du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle à Rochefort. En 2012, l’imprimerie devient aussi une maison d’édition. Les petites allées publient de la littérature&nbsp;: des textes d’auteurs dont l’œuvre a basculé dans le domaine public ainsi que de la littérature contemporaine. Ce sont des «livres à poster»&nbsp;: vendus sous sachet cellophane avec une enveloppe assortie qui permet de les envoyer. Quatre collections sont sorties depuis les débuts de la maison d’édition. C’est en 2018 que démarre la plus récente, <em>Pour dire une photographie</em>, une collection en tirages limités et numérotés, qui relie la littérature et la photo.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/20200624_151957-768x1024.jpg" alt class="wp-image-33553"><figcaption>Serge Airoldi, <em>La petite fille au lapin</em> sur une photographie de Jean Dieuzaide, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La collection naît d’une image. La photographie d’une petite fille tenant un lapin entre ses mains. Elle fixe l’objectif. Son regard est profond et tranquille. <em>La petite fille au lapin</em> de Jean Dieuzaide appartient à une série de photos faites au Portugal dans les années 1950. Elle fascine Serge Airoldi qui écrit un petit texte à partir de cette photographie. Il propose ce texte aux éditions Les petites allées, chez qui il a publié en 2014 <em>Nous cheminons de la forge aux chevaux des nuits, de la marisma, le livre-cosmos, à la mine éteinte… </em>Cette idée suscite l’enthousiasme et il est décidé par la suite d’en faire une collection. Airoldi en prend la direction et fait appel à différents photographes et écrivains. Ce sont de petits ouvrages au format presque carré et cousus à la main. Sur la première de couverture, une photographie. Une carte volante de ce même cliché est glissée à l’intérieur du livre&nbsp;; on peut la sortir et laisser son regard passer du texte à la photo pendant la lecture. Pour constituer cette collection, Serge Airoldi ne se donne pas une directive bien précise concernant le choix des photographies&nbsp;: «Je ne cherche pas spécialement à mettre en avant des thèmes, je fonctionne simplement au coup de cœur.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fait appel à des photographes et écrivains dont l’univers et le style varient. Parfois ces artistes se connaissent, parfois non. Parfois leurs univers coïncident, parfois non. Mais il provoque tout de même la rencontre car quelque chose d’original peut en sortir. Les photographies nous montrent le lieu de vie d’un artiste, une nature paisible ou un paysage imprégné de la magie des chamans… Les textes, quant à eux, évoquent l’histoire des hommes ou le temps qui file, la disparition de l’être… De courts textes qui expriment la poésie des images.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/couv_valcarlosok-827x1024.jpg" alt class="wp-image-33561"><figcaption>Eduardo Berti, <em>Le vent des vainqueurs</em> sur une photographie de Gabrielle Duplantier, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Des photographies qui frappent l’œil, des mots qui marquent l’esprit, des univers complexes qui ont parfois poussé la renommée de certains artistes au-delà des frontières de leur pays. L’écrivain argentin Eduardo Berti, qui a écrit pour la collection une nouvelle intitulée <em>Le vent des vainqueurs, </em>a publié de nombreux recueils de nouvelles et romans traduits en huit langues, dont le français. Son texte s’inspire d’un cliché de Gabrielle Duplantier, photographe française dont l’univers intimiste et poétique, explorant les mouvements suspendus, les paysages tremblés et les instants crépusculaires. Pour <em>Le vent des vainqueurs</em>, elle dévoile la photographie en noir et blanc d’un épouvantail avec, à la place de la tête, une rangée de têtes de poupées. Une image étrange, un paysage à l’atmosphère imprégnée de la magie chamanique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres photos nous présentent un cadre plus simple et intimiste. Le texte de Carole Naggar, <em>Giacometti à la fenêtre</em>, est inspiré d’un portrait fait en 1960 du sculpteur dans son atelier par l’artiste suédois Christer Strömholm. Dans son texte <em>Almensilla</em>, François Garcia livre l’analyse et l’histoire d’un autre portrait, celui du torero photographié par Michel Dieuzaide. Avec <em>Le cheval n’a plus lieu</em>, Vincent Pélissier s’inspire d’une photographie saisissante de Dolorès Marat, montrant la silhouette floue d’un cheval à l’aspect fantomatique et évoque la fuite d’un être qui se dérobe à la réalité. Un texte de Serge Airoldi nous emmène sur l’île italienne de Ventotene, avec une photographie de Bernard Plossu tirée selon le procédé Fresson. Un texte qui rend compte de l’immensité du monde dans lequel l’homme est englouti et dont la photo traduit la magie par la puissance des couleurs. Enfin, <em>Les tremblants</em> de Denis Montebello évoque des souvenirs d’enfance et le temps qui file. Une photo des herbes folles faite par Marc Deneyer illustre la délicatesse des instants fugaces, des bribes de souvenirs qui surgissent du passé.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/20200624_152252-1024x768.jpg" alt class="wp-image-33556"><figcaption>Carole Naggar, <em>Giacometti à la fenêtre</em> sur une photographie de Christer Strömholm, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La collection <em>Pour dire une photographie</em> nous emmène dans des ailleurs lointains, nous fait vivre les émotions des êtres qui se perdent dans l’intensité du monde. Des photographies magnifiques et des textes subtils font de ces petits livres à poster une belle littérature qui nous transporte dans des univers singuliers et poétiques. La collection s’enrichit d’un livre ou deux, parfois plus, chaque année. De quoi continuer à nous faire voyager.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les petites allées, 19 rue Audry de Puyravault, 17300 Rochefort-sur-Mer<br>05 46 99 29 43<br><a href="mailto:lespetitesallees@imprim17.fr"><u>lespetitesallees@imprim17.fr</u></a><br><a href="http://www.lespetitesallees.fr/"><u>www.lespetitesallees.fr</u></a>&nbsp;<br>Diffusion&nbsp;: auto-diffusion<br>Collection <em>Pour dire une photographie</em> dirigée par Serge Airoldi, format 10,5 x 13 cm, 15 €<br>Livres imprimés et façonnés par Les petites allées.&nbsp;</p><p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nathalie-rodriguez-et-michel-bon-les-petites-allees-menent-aux-grandes/">“Nathalie Rodriguez et Michel Bon – Les petites allées mènent aux grandes”</a> par Laurine Rousselet, novembre 2018.</p></blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pour-dire-une-photographie/">Pour dire une photographie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Lire des images</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 08:56:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Courtiaud]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Lekston]]></category>
		<category><![CDATA[Jocelyn Kao]]></category>
		<category><![CDATA[Julie de Terssac-Grugeaux]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Junien]]></category>
		<category><![CDATA[Stefano Faraveli]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphanie Lafitte]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Chagnaud]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les éditions Apeiron, établies à Saint-Junien en Haute-Vienne, publient des livres d'«art poétique» mettant en avant le travail des illustrateurs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des petits livres colorés, des images qui racontent des histoires, une profusion de poésie et de fantaisie… C’est l’œuvre des éditions Apeiron, établies à Saint-Junien en Haute-Vienne, à 30 km de Limoges. Yves Chagnaud, le créateur et administrateur de la maison d’édition, s’attache à mettre le travail des artistes au centre des livres. C’est là le concept de ces éditions d’«art poétique»&nbsp;: laisser les images nous transmettre des histoires et des émotions, plus encore que ne les feraient les mots. Plongeons dans cet univers.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Tout risquer</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tout part de ce que l’éditeur Yves Chagnaud appelle «une catastrophe». Pendant les années 1980–1990, il est coloriste de bande dessinée. En 1995, avec l’arrivée incontournable de l’informatique, il crée l’entreprise Image et Couleur et collabore durant dix ans avec Disney International où il conçoit et réalise de nombreux livres et fascicules. Mais quelque chose lui manque. Questionnant la démarche artistique, la manière dont on peut, en tant qu’artiste, créer, exprimer des émotions, se sentir libre, il cherche une façon de se donner un nouveau moyen d’exister. La volonté de tout risquer pour se confronter à la création le pousse finalement à créer les éditions Apeiron. Un cheminement de hasards et de rencontres l’amène à créer, partager, travailler avec des artistes qui l’inspirent pour, finalement, exprimer des choses authentiques. C’est une envie de laisser les images raconter qui est la ligne éditoriale d’Apeiron.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="549" height="661" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/nouvvalise-ok.png" alt class="wp-image-33535" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/nouvvalise-ok.png 549w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/nouvvalise-ok-249x300.png 249w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/nouvvalise-ok-150x181.png 150w" sizes="(max-width: 549px) 100vw, 549px"><figcaption>Diverses publications des éditions Apeiron, situées en Haute-Vienne.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le langage des images</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’imaginaire et la poésie de l’artiste qui doivent être recherchés au cœur des œuvres, comme une histoire qui ne se raconte qu’à nos yeux. Mais le sens ne se dévoile pas si facilement&nbsp;: il s’agit de plonger son regard dans l’image pour tenter de le trouver. Car c’est bien là la signification de l’<em>Apeiron</em>&nbsp;: concept philosophique émis par Anaximandre au VI<sup>e </sup>siècle av. J.-C. qui tente de définir ce qui est illimité, indéterminé et indéfinissable, qui est imperceptible à notre sensibilité mais doit être pour permettre l’existence de toute chose. L’<em>Apeiron</em> est LE mystère que l’on ne peut expliquer. C’est le mystère que cachent les images et s’offre au lecteur comme une poésie à déchiffrer. Les images font appel à notre sensibilité, des choses que parfois les mots seuls ne peuvent exprimer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Nos livres racontent quelque chose, ce ne sont pas des catalogues. Ce sont des récits graphiques, des chemins poétiques, sensibles et parfois initiatiques.»</em></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’image n’a pas vocation à illustrer un texte. C’est en l’image que réside toute la poésie d’un ouvrage, c’est elle qui se raconte. Elle ne doit pas orienter le lecteur vers une certaine manière de comprendre et de penser les choses, comme le feraient les mots. Elle touche des émotions et des moments de vie qui n’appartiennent qu’à lui. L’image n’illustre pas le mot. «Le mot illustre l’image», insiste Yves Chagnaud, pour qui le mot a pour fonction de «tenter d’aiguiller le lecteur vers le plus profond de la pensée de l’artiste». Car c’est le travail de l’artiste qui est toujours au cœur de l’ouvrage, il est une invitation à plonger en notre monde intérieur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/p1040935-1024x429.jpeg" alt class="wp-image-33536"><figcaption>Annie Courtiaud, <em>Pour toujours</em>, réédition 2016, format 16,5 x 16,5 cm, 28 €</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Prendre le temps de regarder</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Laisser les images nous émouvoir. Plonger dans le monde du rêve. Laisser l’enchantement se faire. Pour cela, il faut se laisser le temps d’admirer. Il faut se laisser le droit de rêver un peu et de s’extraire du quotidien, même si ce n’est que pour un court instant. Il est question de partager. Dans les salons et festivals littéraires, l’éditeur partage cet univers avec le public. Des stands colorés, des livres qui enchantent le regard, l’occasion de discuter, de découvrir, d’admirer. De manipuler ces petits livres au format parfois atypique. La conception des livres est articulée autour des travaux déjà existants des artistes, qui varient les techniques&nbsp;: peintures, collages, sculptures et photographies sont autant de moyens de raconter une histoire. Le format en accordéon de certains livres nous invite à «regarder» cette histoire de deux manières possibles. On peut se laisser happer par le rêve. <em>Festernacht</em>, le livre d’Edouard Lekston est un «Almanach mécano-astrono-festif». Assemblé en accordéon, le livre nous fait suivre le cycle des fêtes sous le regard des zodiaques qui sont dissimulés au long des pages.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/page-1-fem-renarde-1-1024x168.png" alt class="wp-image-33542"><figcaption>Julie de Terssac-Grugeaux / Stéphanie Lafitte, <em>Femme-renarde</em>, réédition 2020, format 10 x 10 cm, 20 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 2020, les éditions Apeiron ont publié quatre nouveaux livres, quatre nouveaux voyages. Un voyage au Japon illustré par Jocelyn Kao, <em>Chacha à Tokyo</em>. Une réflexion proposée par l’artiste italien Stefano Faraveli sur la symbolique éléphantesque qui se présente sous la forme d’un carnet de voyage&nbsp;: <em>Elefanti</em>. L’évolution d’une danseuse qui s’enivre des mille parfums de la vie et découvre la joie de vivre, racontée par Yves Chagnaud inspiré par les œuvres de Julie de Terssac-Grugeaux dans <em>La danseuse</em>. L’illustratrice publie aussi une réédition sous un nouveau format de <em>Femme-renarde</em>. Un livre dit « attrape-rêves », où la réalité et le rêve se mêlent et dont la première édition avait été publiée par Apeiron en 2015. Le texte de Stéphanie Lafitte, une comptine sur l’histoire d’une femme qui se rêve renarde et d’une renarde qui se rêve femme, est articulée autour des peintures/collages de l’illustratrice. Un voyage onirique, dont le mystère réside ici, selon l’illustratrice, en ces interrogations&nbsp;: « Où est la réalité&nbsp;? où est le rêve&nbsp;? qui attrape qui&nbsp;? et qu’en est-il des liens que nous tissons avec la nature, avec l’animal&nbsp;? »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/page-1-elefanti-1024x249.png" alt class="wp-image-33538"><figcaption>Stefano Faravelli, <em>Elefanti</em>, format 17 x 17 cm, 30 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste encore des univers à explorer et des rêves à garder en vie. Les images n’ont pas fini de se raconter et de nous faire voyager. Cette poésie qui nous invite à penser les choses autrement est le mystère dans lequel Apeiron continuera de nous attirer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Éditions Apeiron, 8 rue Vermorel, 87200 Saint-Junien<br>Diffusion&nbsp;: auto-diffusion sur un réseau de 170 librairies partenaires<br>05 55 02 70 22 / 06 82 86 73 67<br><a href="about:blank">editionsapeiron@orange.fr</a><br><a href="about:blank">www.editionsapeiron.fr</a></p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Collection <em>Accords des Ons</em>, format 12 x 100 cm, 5 €<br>Collection <em>Mini-livres</em>, format 7,5 x 7,5 cm, 5 €<br>Collection <em>Zig-Zag</em>, format 13 x 6 cm, 15 €<br>Collection <em>Double JE</em>, format 13 x 13 cm, 20 €<br>Et d’autres hors collection…<br><em><u>Nouveautés 2020&nbsp;:</u></em><br>Jocelyn Kao, <em>Chacha à Tokyo</em>, format 13 x 13 cm, 20 €<br>Stefano Faravelli, <em>Elefanti</em>, format 17 x 17 cm, 30 €<br>Julie de Terssac / Yves Chagnaud,<em> La danseuse</em>, format 13 x 13 cm, 20 €<br>Julie de Terssac / Stéphanie Lafitte, <em>Femme-renarde</em>, réédition, format 10 x 10 cm, 20 €<br><br>Livres conçus dans les bureaux et ateliers d’Apeiron, imprimés par Maugein Imprimeurs à Tulle, couvertures carton (fabriqué en Creuse) façonnés par Rambault à Confolens, puis assemblés à la main par Marie Brunet et Alizée Russo à Saint-Junien et Brigueuil.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lire-des-images/">Lire des images</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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