Monique Tello – Voyants

peinture fleurs Peinture de Monique Tello.

Par Dominique Truco

«Telles les pages d’un volume dans lesquelles l’écrivain aurait laissé vagabonder les traits de pinceau et s’effilocher les lettres, les tableaux de Monique Tello lorsqu’on les voit à la suite les uns des autres, établissent une série de récits muets. Ses chroniques en image décrivent un monde immédiatement identifiable et jusqu’ici ignoré. […] Ses images sont l’exposition fidèle de quelque chose qui existe dans la pierre et dans la chair, traduit à présent en une progression entremêlée de lignes et de formes répétées. […] On avance dans la peinture de Monique Tello comme on avance dans le monde en passant de la première image à la dernière image au travers d’un paysage qui se déroule. […] L’expérience intellectuelle de ce voyage dans la peinture devient une expérience physique, qui fait appel au corps entier. Les images à venir promettent un point d’arrivée, un chatoiement sur l’horizon ; celles qu’on a déjà vues offrent une possibilité de remémoration.
Et dans le présent de l’image qu’on a devant soi, on existe en suspens dans un instant sans cesse changeant, île du temps qui miroite entre ce que l’on sait des couleurs et des formes à venir. […] Cette promesse d’une chose qui se trouve dans le futur mais ne sera jamais totalement atteinte, tel est le cadeau qu’offre Monique Tello à son public reconnaissant.»

C’est en 2013, dans L’Atelier contemporain publié par François-Marie Deyrolle, que l’écrivain Alberto Manguel rédigeait un texte qui apparaît – jusque dans ces extraits – prémonitoire des peintures nouvelles que Monique Tello présente cet été 2018 à la galerie Univer.

 

peinture nuages

Peinture de Monique Tello.

 

Ces toutes nouvelles œuvres travaillent elles aussi à nous rendre Voyants. Voyants de formes nouvelles, en mouvement dont la formation doit tout à des mécanismes naturels, gonflées d’eau, d’air et de lumière. Ces nuages… rouges, bleus, blancs évanescents flottent dans le damier-grille de la toile au-dessus d’un socle de roches hautes comme des montagnes qui se dessinent actuellement dans l’atelier. C’est le souffle qui est à l’origine du trait qui forme les lignes. Ce souffle est une énergie fluide qui nous traverse, nous meut et nous relie au monde. «Le nuage et la montagne cherchent la liberté du souffle qui les construit, qui nous construit. Parfois je retiens mon souffle. Le nuage pose un espace pour glisser vers l’infini des formes qui me projettent en avant», souligne Monique Tello.

L’artiste libère en nous une matière qui veut rêver. Ce chemin qui conduit aux nuages, de la terre au ciel, passe par les «sœurs vertes des nuages», la feuille de Fatsia japonica et la feuille de figuier qui commencèrent à se mouvoir après l’envol de l’oiseau-éléphant en 2005.
Forces soulevantes et formes élevantes qui jouent et flottent dans l’azur comme des fleurs jetées depuis les nuages. Personne ne manque au tableau.

 

Monique Tello vit à Poitiers. Exposition à la galerie Univer (6 cité de l’ameublement 75011 Paris) jusqu’au 28 juillet.
Dédicace du livre d’artiste réalisé avec le poète Antoine Emaz, Après les fleurs, par les éditions Pasnic, le 28 juin à partir de 18h.

Monique Tello galerie

Monique Tello à la galerie Univer.

 

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