Charlotte Krauss – Mille et un itinéraires de l’imaginaire
The Land of make believe (1930) par le dessinateur américain Jaro Hess. Initialement publiée par The Child's Wonderland Company of Grand Rapids, Michigan. Entretien par Daria Tabacchi et Yoann Frontout-Neuffer
De l’île Lincoln imaginée par Jules Verne à la Terre du Milieu dépeinte par Tolkien, les cartes abondent dans les fictions, traçant les contours de lieux imaginaires. Si elles aident le lecteur à prendre leurs repères et à suivre les pérégrinations des personnages, elles apportent également un vernis de véracité, prolongent l’univers, voire révèlent, parfois, les incohérences du texte. Charlotte Krauss, professeure de littérature comparée à l’université de Poitiers et directrice du laboratoire Forellis, mène un projet de recherche au long cours sur ce qui constitue un véritable atlas de l’imaginaire.
L’Actualité – Peut-on considérer L’Utopie (1516) de Thomas More comme le premier récit fictionnel accompagné d’une carte ?
Charlotte Krauss – C’est en effet couramment admis, même si l’affirmation mérite d’être nuancée selon ce que l’on entend exactement par « premier récit fictionnel cartographié ». Il est difficile, tout d’abord, de dire ce qui a motivé l’intégration de la carte de l’île. On peut y voir la volonté de jouer sur l’absurdité de représenter ce qui n’existe pas. Dès le titre, le caractère fictionnel de l’île est souligné : U‑topia, jeu entre ou-topos (« nulle part ») et eu-topos (« lieu de bonheur »). La carte elle-même participe de ce jeu ironique : on y trouve, entre autres, le cours d’eau « Anhydre » (« sans eau »).

La gravure de la carte est par ailleurs refaite, de manière plus sophistiquée, pour l’édition de 1518. Ambrosius Holbein propose alors une carte affinée, aujourd’hui plus célèbre que celle de 1516. On y distingue certes l’île, mais aussi un crâne formant un effet de memento mori (« pense à la mort », et, de façon ludique, « pense à More »). Au premier plan, le narrateur Raphaël Hythlodée (signifiant « celui qui raconte des balivernes ») montre l’île à un personnage probablement identifiable à Thomas More tandis que l’on peut voir à droite un soldat non identifié. Cette image est plus qu’une illustration : elle multiplie les interprétations possibles et élargit le sens de l’œuvre.

Enfin, toutes les éditions n’ont pas comporté de carte. Comme le rappelle Roger Chartier dans Cartes et fictions. XVIe–XVIIIe siècles (2022), il convient de ne pas surestimer l’importance de cette carte, puisqu’elle n’a pas été reprise dans les traductions vernaculaires du XVIe siècle (à l’exception de l’allemand). L’édition française comportait toutefois un frontispice montrant des personnages assis autour d’une carte posée sur une table – visible seulement pour les trois interlocuteurs et cachée au lecteur. On y voit Raphaël Hythlodée, personnage fictionnel ayant passé cinq ans en Utopie, raconter son voyage à l’auteur Thomas More et à son hôte Pieter Gillis, deux personnages historiques.
Par la suite, à l’image de L’Île mystérieuse de Jules Verne, la carte n’a-t-elle pas pour fonction première de conférer une apparente véracité à la fiction ?
La carte de l’île Lincoln, dans L’Île mystérieuse (1875) de Jules Verne, s’inscrit dans une tradition déjà bien établie de représentations d’îles fictionnelles. Elle est précédée non seulement par la carte de l’Utopie, mais aussi par celle de l’île de Robinson Crusoe, de l’île de Felsenburg (dans le roman de l’auteur allemand Johann Gottfried Schnabel, Insel Felsenburg, 1731), ou encore des îles visitées par Gulliver, situées par l’éditeur sur des cartes du monde réel comportant également de véritables îles comme Sumatra.
Verne s’inscrit donc dans cette tradition, mais en perfectionnant l’illusion d’existence de l’île, conformément à un XIXe siècle valorisant l’exactitude scientifique. La latitude, l’échelle, la précision topographique relèvent de cette logique. À ce titre, la carte contribue bien à produire un effet de vraisemblance, mais elle ne s’y réduit pas : elle participe aussi de la robinsonnade vernienne comme version industrielle et scientifique du modèle hérité de Daniel Defoe.

La présence d’une échelle s’inscrit dans ce nouvel imaginaire technique. Mais toutes les cartes de pays imaginaires – y compris contemporaines – n’en ont pas nécessairement. Lorsqu’elles en comportent une, elle peut parfois être fantaisiste et relever davantage de l’ornement que de l’instrument scientifique. C’est le cas de An Ancient Mappe of Fairyland (1917) de Bernard Sleigh, où figure une « Scale of Thoughts » (« échelle de pensées »), dont le sens reste volontairement énigmatique. De même, beaucoup de mondes fictionnels ne sont que vaguement situés. L’île de Robinson Crusoé est censée se trouver près de l’embouchure de l’Orénoque, mais cette localisation n’est pas reportée sur la carte historique, ajoutée au roman à partir de la deuxième édition.
À partir du XXe siècle, on observe d’ailleurs une inflexion : les mondes fictionnels cessent souvent d’être pensés comme des espaces dissimulés dans notre propre monde – désormais entièrement cartographié – pour devenir des mondes autonomes. Dès lors, ils n’ont plus besoin d’être mesurables selon les critères de la cartographie réelle. C’est le cas de Westeros, dans l’univers de George R. R. Martin, ou du monde des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters : ces espaces ne comportent pas nécessairement d’échelle, mais ils n’en perdent pas pour autant leur cohérence interne. On pourrait même ajouter que leurs systèmes temporels ou historiques propres renforcent cette autonomie. Ainsi, on compte les années « A.T. », donc « après la construction de la Tour », dans le monde obscur (Le Guide des Cités, 1996).

En revanche, ce que l’on retrouve fréquemment sur les cartes de mondes fictionnels, ce sont des signes empruntés aux conventions cartographiques anciennes : roses des vents, monstres marins, graphies pseudo-médiévales, etc. Ces éléments peuvent certes renforcer un effet d’authenticité, mais ils ont aussi une fonction poétique, esthétique ou métaréflexive. Ainsi, la carte fictionnelle peut produire de la véracité, mais elle ne sert pas seulement à « faire vrai » : elle peut aussi construire un monde, orienter une lecture, ou jouer avec les codes mêmes de la cartographie.
Tolkien a‑t-il lancé une « mode » des cartes fictionnelles dans la fantasy ?
À mon sens, il faut distinguer plusieurs moments. D’abord, comme nous l’avons vu, les cartes de mondes fictionnels existent bien avant la fantasy moderne. Mais elles restent relativement rares, notamment pour une raison matérielle : la gravure coûte cher. Un véritable tournant s’opère au XXe siècle, et plus particulièrement avec J. R. R. Tolkien. C’est là, me semble-t-il, que les cartes deviennent un élément presque constitutif d’un certain type de fiction.
Dans The Hobbit puis The Lord of the Rings, les cartes sont célèbres, dessinées d’abord par Tolkien lui-même, puis retravaillées avec l’aide de son fils Christopher Tolkien (et, pour certaines, avec l’apport de Pauline Baynes). Surtout, elles ne servent pas seulement à illustrer un monde déjà inventé : elles participent à sa construction. Chez Tolkien, la géographie précède en partie le récit, comme il le dit lui-même.
“If you are going to have a complicated story, you must work to a map […] otherwise you’ll never make a map of it afterwards.”« Si vous vous lancez dans une histoire complexe, vous devez travailler à partir d’une carte […] sinon vous ne pourrez jamais en dresser une par la suite. » (cité d’après Huw Lewis-Jones (dir.), The Writer’s Map: An Atlas of Imaginary Lands, 2018).
C’est sans doute là une raison essentielle de leur succès en fantasy : la carte n’est pas seulement un dispositif de vraisemblance, mais un outil de worldbuilding. Elle permet de donner une profondeur historique, politique et spatiale au monde secondaire.
Ce modèle déborde aujourd’hui largement la littérature. On le retrouve dans les séries télévisées (par exemple Westeros), dans les jeux vidéo (comme The Elder Scrolls V: Skyrim ou Legend of Zelda), ou encore dans les jeux de rôle.

Certaines œuvres littéraires parues initialement sans carte sont même par la suite republiées avec…
Oui, tout à fait. Et cela me semble important de ne pas attribuer automatiquement la carte à une intention auctoriale. Son apparition peut relever de plusieurs logiques, éditoriales autant que littéraires. Ainsi, la carte de Robinson Crusoe n’est ajoutée qu’à la deuxième édition de 1720, une fois le succès commercial du roman assuré. Le cas de Gulliver’s Travels est peut-être plus intéressant encore, puisque les cartes sont ajoutées par l’éditeur, sans relever à l’origine d’une initiative explicite de Jonathan Swift.
On pourrait même distinguer trois moments possibles de la carte fictionnelle. D’abord, il y a les cartes de genèse : des cartes qui servent à l’auteur pendant l’invention du monde, sans nécessairement figurer dans l’œuvre publiée. Chez J. R. R. Tolkien, par exemple, cette dimension préparatoire est essentielle.
Ensuite, la carte peut faire partie intégrante de l’œuvre dès la première édition, conçue par l’auteur lui-même ou en collaboration avec un illustrateur proche. Dans ce cas, elle relève pleinement du projet de l’œuvre. Enfin, elle peut être ajoutée ultérieurement – et c’est un cas très intéressant, car cela peut produire des tensions. Une carte tardive peut figer un univers initialement plus mouvant, voire révéler des incohérences du récit. Roger Chartier le montre très bien avec la carte ajoutée à une édition de 1780 du Don Quichotte de Cervantes : en cherchant à spatialiser les aventures du chevalier, elle fait apparaître des contradictions de distances ou d’itinéraires.

On pourrait dire la même chose des Cités obscures, dont la cartographie, élaborée après les premiers volumes, pose la question du moment représenté et de la stabilité même des frontières.
Et j’ajouterais un quatrième niveau, peut-être : les cartes produites non plus par les auteurs ou les éditeurs, mais par les lecteurs – ce qu’on appellerait aujourd’hui le fan art. Là, la cartographie devient une forme d’appropriation de l’œuvre. Comme le remarque Huw Lewis-Jones dansThe Writer’s map, les livres populaires sont souvent interprétés d’une manière qui échappe à leur créateur.
Au fond, la carte fictionnelle n’est pas seulement un objet du texte ; c’est parfois aussi un objet de réception.
Nous n’avons pas encore parlé d’un rôle a priori clef de la carte : aider le lecteur à mieux suivre les pérégrinations des personnages…
Oui, c’est évidemment une fonction importante, particulièrement dans les récits de voyage, d’aventure ou de quêtes, de Swift à Tolkien. La carte peut servir au lecteur à se repérer, à suivre un trajet, à visualiser un parcours parfois complexe. Mais il me semble qu’elle remplit très tôt des fonctions beaucoup plus nombreuses.
D’abord, une fonction d’orientation : elle aide à se repérer dans des mondes parfois vastes ou fragmentés.
Ensuite, une fonction de dialogue entre texte et image : il y a souvent un jeu, parfois très cohérent, parfois plus tendu, entre ce que raconte le texte et ce que montre la carte. Et cette tension peut être productive.
Il y a bien sûr aussi une fonction de vraisemblance, un effet de réel : la carte renforce la croyance du lecteur, tout en pouvant simultanément jouer ironiquement avec cette croyance, comme le fait déjà l’Utopie. Mais elle peut aussi avoir une fonction critique inattendue : parfois, en fixant spatialement un récit, elle en révèle les incohérences – on le voit avec certaines cartes ajoutées après coup.
Et surtout, la carte déborde souvent le simple accompagnement du récit. Elle ouvre le monde fictionnel au-delà de l’intrigue racontée. C’est là, me semble-t-il, une de ses fonctions les plus fascinantes : elle suggère qu’il existe d’autres trajets, d’autres histoires possibles. J’aime beaucoup, à ce propos, cette formule de Pierre Jourde :
« Au sein de ce système [de la carte], le récit ne nous apparaît que comme l’un des itinéraires possibles. D’autres routes, d’autres histoires, un passé et un futur, tout le complexe enchevêtrement des figures que peut prendre la saisie de l’espace se dessinent devant nous. Si elle impose à notre rêverie des formes précises, la carte en même temps lui ouvre des perspectives inépuisables. » (J. Corti, 1991, p. 104)
Et c’est peut-être là que la carte favorise aussi des prolongements comme la fanfiction ou les appropriations par les lecteurs : elle rend le monde habitable. Donc oui, elle aide à suivre des pérégrinations, mais elle sert aussi à construire un espace fictionnel ouvert.
Y a‑t-il un enjeu pour l’auteur à écrire et cartographier en parallèle, afin d’éviter toute incohérence ?
Oui, certainement, et c’est même un enjeu classique du worldbuilding. Cartographier en parallèle de l’écriture peut être une manière de maintenir une cohérence spatiale (distances, trajets, frontières, temporalités du voyage) tout ce qui, sans cela, peut produire des contradictions. C’est précisément ce que dit J. R. R. Tolkien lorsqu’il affirme qu’un récit complexe doit se construire « sur une carte ». Dans ce cas, la carte n’est pas seulement une représentation a posteriori : elle devient un outil de composition.
Mais je nuancerais : la carte ne sert pas seulement à éviter des incohérences, elle peut aussi produire l’œuvre. Treasure Island de Robert Louis Stevenson part d’un dessin de carte. Elle est parfois un instrument heuristique, une manière de découvrir le monde en l’inventant.

Et inversement, certaines incohérences ne sont pas forcément des défauts. Des espaces flous, mouvants ou contradictoires peuvent relever d’une poétique. Dans certains mondes fictionnels, l’indétermination est constitutive.
Donc oui, écrire et cartographier en parallèle répond à un enjeu de cohérence. Mais réduire la carte à un outil de repérage des erreurs serait trop restrictif. Elle peut être un outil de contrôle, mais aussi un moteur d’invention.
Est-ce que les cartes fictionnelles sont d’ailleurs toujours exactes ?
Non, et c’est précisément ce qui est intéressant. D’abord parce qu’ « exacte », appliqué à une carte fictionnelle, est déjà une notion paradoxale : exacte par rapport à quoi ? À un monde imaginaire ? Au texte ? À une géographie cohérente ?
Certaines cartes cherchent une grande rigueur interne, comme chez Tolkien. D’autres sont volontairement lacunaires, symboliques, ou même contradictoires. Et certaines cartes ajoutées après coup révèlent des incohérences du récit au lieu de les résoudre.
Donc non, les cartes fictionnelles ne sont pas toujours « exactes », mais leur intérêt n’est pas toujours d’être exactes
Malgré l’engouement pour les cartes, tous les créatrices et créateurs de mondes fictionnels ne font pas le choix d’en proposer. C’est le cas par exemple d’Alain Damasio pour la Horde du Contrevent – et ce même dans l’édition “augmentée”, qui bénéficie pourtant d’une musique d’Arno Alyvan et d’un index des personnages.
C’est un choix intéressant, et qui montre bien que la carte n’est pas un élément obligatoire de la fiction. Ne pas proposer de carte peut être un geste pleinement assumé : cela peut laisser au lecteur une plus grande liberté de représentation, éviter de figer un espace pensé comme mouvant, ou encore renforcer une expérience de lecture fondée sur la désorientation ou la découverte progressive. On voit donc que l’absence de carte n’est pas forcément un manque, mais peut relever d’une poétique différente du monde fictionnel.

Dans le cas que vous évoquez, le fait que des lecteurs produisent ensuite des cartes montre aussi autre chose : la carte n’est pas seulement un objet d’auteur, mais aussi un outil de réception. Même lorsqu’elle est absente, elle peut être reconstruite par les communautés de lecteurs. On retrouve ce type de phénomènes dans de nombreux univers fictionnels, notamment dans les extensions éditoriales ou les pratiques de fan cartography.
On retrouve donc une tension intéressante : certains univers choisissent de ne pas fixer leur géographie, mais cette absence peut malgré tout susciter une cartographie secondaire, issue des pratiques de lecture et des appropriations collectives.
Vous menez actuellement un projet de cartographie immersive des mondes imaginaires ?
Il s’agit d’un projet que nous sommes en train de développer avec l’artiste et chercheuse Svetlana Gencheva. L’idée est de partir d’une sorte de méta-carte, c’est-à-dire une carte qui rassemble plusieurs mondes fictionnels dans un même paysage imaginaire, principalement issus de contes, de légendes ou de récits pour enfants.
Notre point de départ est une œuvre de Jaro Hess, The Land of Make Believe (1930), une grande aquarelle qui représente une trentaine de royaumes issus de différents contes et histoires pour enfants. Cette carte s’inscrit dans la continuité de celle de Bernard Sleigh, avec des paysages fictionnels peuplés de lieux légendaires et accompagnés de petites légendes explicatives. Le titre lui-même renvoie au jeu enfantin du make believe, c’est-à-dire le « faire comme si » — une expression qui, aujourd’hui, est reprise dans les théories de la fiction.

À partir de cette carte, notre projet consiste à la faire évoluer vers une forme immersive : d’abord en réalité augmentée, puis potentiellement en réalité virtuelle. L’objectif est de transformer cette méta-carte en espace habitable, dans lequel on pourra « plonger », afin de montrer concrètement ce que signifie s’immerger dans un univers fictionnel. Derrière la carte s’ouvriront ainsi d’autres couches explicatives ou d’autres cartes à explorer.
Il s’agit donc à la fois d’explorer les possibilités de l’immersion cartographique et de raconter une histoire des cartes de mondes imaginaires, en passant du support statique à une expérience sensible, éventuellement enrichie par le son — même si le projet en est encore à ses débuts.
Ce projet s’inscrit dans un travail plus large que vous menez sur les cartes fictionnelles…
Oui, j’ai notamment organisé en septembre 2025 une journée d’études intitulée Atlas et fiction, à l’université de Poitiers, dans le cadre de l’unité de recherche Forellis et de la MSHS, en collaboration avec l’Espace Mendès France. Puis, fin juin 2026, c’était un colloque intitulé Parler politique : cartographies, en collaboration avec des collègues de Cluj (Roumanie) et de Nantes Université. L’événement adoptait une approche volontairement large, à la croisée des lettres, de la linguistique, de l’histoire et des sciences politiques.
J’ai par ailleurs un projet d’ouvrage scientifique en cours, provisoirement intitulé Cartographies, atlas et fiction. Ce livre se propose d’étudier les relations entre cartographie, atlas et fiction, en particulier les formes d’atlas de mondes imaginaires et les cartes fictionnelles. L’idée est d’analyser ces objets à l’intersection de la littérature, des arts visuels et des pratiques éditoriales, depuis les premiers récits comme Utopia ou Treasure Island jusqu’à des univers plus contemporains comme Westeros ou Les Cités obscures.
Le projet s’intéresse aussi bien aux atlas récents de lieux imaginaires qu’à des formes plus anciennes ou hybrides, et il s’inscrit dans le renouvellement des études spatiales, depuis le spatial turn.
Au fond, l’enjeu de ces recherches est de proposer une approche qui parte de la fiction pour penser la carte, et non l’inverse – en considérant ainsi la cartographie non seulement comme un outil de représentation, mais surtout comme un véritable mode de production des mondes imaginaires.




