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	<title>La Rochelle - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>La Rochelle - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Thierry Girard – «&#160;Je ne prends pas, on échange&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 08:20:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Thierry Girard raconte comment il photographie les gens, les villes, les paysages. Retour sur deux missions, à Campeche dans le Yucatan et sur les traces des écrivains en Périgord.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Thierry Girard raconte comment il photographie les gens, les villes, les paysages. Retour sur deux missions, à Campeche dans le Yucatan et sur les traces des écrivains en Périgord.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de sa grande traversée des États-Unis en 1985, Thierry Girard avait effectué quelques incursions à la frontière mexicaine. Fin 2021, il est retourné au Mexique suite à un appel à projet de la communauté d’agglomération de La Rochelle dans le cadre d’une coopération avec l’État de Campeche portant sur l’urbanisme et le patrimoine, avec le Centre Intermondes comme opérateur et le service culturel de la ville. Ainsi, pendant quinze jours, le photographe a arpenté San Francisco de Campeche, ville historique fortifiée inscrite depuis 1999 au patrimoine mondial de l’Unesco. L’exposition qui en résulte, présentée ce printemps à La Rochelle, à la chapelle des Dames blanches, ira à Campeche en décembre 2024. Thierry Girard y poursuivra son travail afin de donner matière à un livre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’Actualité. – Comment préparez-vous une telle mission&nbsp;</strong><strong>?</strong><strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thierry Girard. – </strong>San Francisco de Campeche est la capitale du Campeche, un des trois États du Yucatan au sud du Mexique, la partie la moins touristique. Une ville tranquille de 220 000 habitants – pas de violence, pas de cartels – dont l’origine est un petit fort de pirates construit au <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e</sup> siècle. Le projet portait sur le centre historique, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, sans pour autant s’interdire d’en sortir, en allant explorer d’autres quartiers. Pour préparer le voyage je suis allé voir à quoi la ville ressemblait sur Google Street View. Des rues joliment colorées, des façades peintes, des trottoirs propres… c’était trop beau. Qu’allais-je pouvoir photographier&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Peur de la carte postale&nbsp;</strong><strong>? </strong><strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Exactement. J’arrive en début d’après-midi, je fais un premier tour dans le quartier. Peu de monde dans ce cœur de ville, maisons fermées, mon angoisse redouble. Arrive le soir et tout à coup, à la fraîche, au moment où la lumière tombe, les gens rentrent chez eux, ouvrent en grand portes et fenêtres&nbsp;; les maisons sont éclairées comme des palais. Je passe ma tête par une fenêtre, puis une autre… j’ai trouvé mon sujet&nbsp;: je vais entrer chez les gens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au dîner, j’explique aux jeunes gens qui doivent m’accompagner pendant ces deux semaines que je veux faire des portraits et des photos d’intérieurs. Dès le lendemain, on se donne rendez-vous à 18h, on choisit une rue, puis ils vont frapper chez les gens et leur expliquer le projet pour les convaincre de me laisser entrer et photographier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le matin, je me levais assez tôt pour faire des photos du côté du marché, là où il y avait un peu plus de foule.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Avec des appareils&nbsp;encombrants et un trépied ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais un trépied et un appareil moyen format numérique, moins lourd et moins encombrant qu’une chambre photographique. Pour ce projet, j’avais un Pentax 645Z et un moyen format numérique plus compact, plus facile à utiliser notamment dans la rue, à main levée, un Fujifim X Pro.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quand la lumière est composite, n’est-ce pas plus simple de travailler en numérique car les capteurs des appareils analysent mieux les différentes températures de lumière&nbsp;</strong><strong>?</strong><strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique accepte plus facilement des lumières composites, mais contrairement à ce que les gens croient on ne peut pas se contenter du fichier brut. Le numérique, même avec du matériel professionnel, exige un gros travail de post-production. Il faut refaire la courbe des contrastes, désaturer les couleurs, recréer un équilibre entre haute et basse lumière, etc. Par exemple, pour la photo du peintre, j’ai repris un par un les cadres accrochés au mur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces portraits, il y a beaucoup de naturel et de dignité quel que soit le niveau social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le portrait c’est un échange. Quand j’étais plus jeune, je pouvais paraître sévère car j’avais du mal à aller à la rencontre des autres. Aujourd’hui, je mets les gens en confiance tout de suite, je suis devenu plus bonhomme.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m.jpg" alt class="wp-image-38118" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/campeche2thierrygirard_thg8680-m-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Portrait de Manuel De la Cruz Martinez, artiste-peintre et professeur, calle 65, centre historique.&nbsp;</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Cette aisance avec les gens n’est-elle pas venue lors de <em>la Route du Tokaïdo</em> au Japon&nbsp;? </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de ce voyage au Japon, je m’inspirais des estampes d’Hiroshige. Les gens sont simplement des petits personnages dans le cadre. C’est lors du voyage en Chine, sur les pas de Victor Segalen (<em>Voyage au pays du réel</em>) que j’ai senti que je ne pouvais échapper au portrait. C’était facile, tout le monde acceptait de se faire photographier, dans une relation simple et courtoise. Cela m’a débloqué. J’ai alors décidé de ne réaliser qu’un portrait par jour. Restait à choisir <em>la</em> personne&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, pour faire un portrait je n’ai pas besoin de discuter pendant des heures, d’expliquer longuement mon projet ou d’être en empathie totale. En général, je repère assez facilement l’endroit où je dois photographier la personne, je l’installe, on fait quelques petites différences de positionnement mais je ne vais pas chercher à compliquer les choses. Il faut que cela reste une espèce de jeu sans que cela ne devienne pesant.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le portrait c’est une relation humaine. Cela se joue dès le premier regard, n’est-ce pas&nbsp;</strong><strong>?</strong><strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Exactement. Il peut il y avoir des résistances, mais lorsque j’ai l’accord de la personne, c’est en fait toujours un échange. Le décor est important. Je me sens plus à l’aise en respectant un peu de distance et surtout en inscrivant la personne dans son espace, avec les objets, les couleurs… avec un regard à la Matisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension psychologique de la personne m’importe assez peu – ce qu’elle représente socialement m’intéresse davantage – d’où l’absence de plans serrés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869.jpg" alt class="wp-image-38119" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/perigord_th_girard_dsf4869-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Site de Commaque, Les Eyzies. Cette photo accompagne un extrait de <em>Malevil</em> (1972) de Robert Merle, dont l’action se situe en Périgord&nbsp;: «Au milieu de ces rondeurs douces, Malevil surgit farouche et vertical.»</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vos photographies illustrent <em>Le Périgord des écrivains</em>, anthologie des éditions du Ruisseau qui vient de paraître. Pourquoi y a‑t-il si peu de portraits&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un projet très différent. Pour faire ce travail, j’ai eu à la fois une grande liberté de ton et une contrainte assez lourde qui consistait à “coller” peu ou prou aux textes des écrivains que nous avions choisis. Et nous avons alors privilégié les descriptions de lieux et de paysages. Je n’avais aucune envie de me mettre en quête d’un enfant dépenaillé pour en faire un Jacquou le Croquant ou d’une buraliste accorte et pulpeuse pour en faire l’Yvonne du roman de Pierre Michon (<em>Les Deux Beune</em>). Et la restitution a été également très différente : autant, pour l’exposition sur Campêche, mon choix d’images et leur présentation ont été très libres ; autant pour l’ouvrage sur le Périgord, la sélection a été plus difficile, parfois douloureuse, car il a fallu s’ajuster aux textes et à l’esprit de la collection.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="751" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/couv-perigord-ecrivains.jpg" alt class="wp-image-38120" style="width:446px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/couv-perigord-ecrivains.jpg 751w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/couv-perigord-ecrivains-220x300.jpg 220w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/couv-perigord-ecrivains-650x886.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/05/couv-perigord-ecrivains-150x205.jpg 150w" sizes="(max-width: 751px) 100vw, 751px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Périgord des écrivains</em>, sous la direction de Romain Bondonneau, photographies de Thierry Girard, dessins de Pancho, coll. «Sédiments 16», Les éditions du Ruisseau, 112 p., 22 €</figcaption></figure><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/thierry-girard-je-ne-prends-pas-on-echange/">Thierry Girard – « Je ne prends pas, on échange »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La Rochelle, 70 ans de cinéma</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Herbaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 14:30:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Découvrir le cinéma du siècle dernier dans le pays rochelais, c’est l’ambition de l’ouvrage La Rochelle… fait son cinéma !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Juliette Herbaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Rochelle… fait son cinéma </em>retrace l’histoire cinématographique liée à la «&nbsp;ville blanche&nbsp;» et ses alentours, sur plus de trente ans. Au total, ce sont treize films cultes qui sont présentés dans des dossiers mêlant photographies, résumés et anecdotes en tout genre. On retrouve <em>Les Vieux de la vieille </em>de Gilles Grangier avec Jean Gabin et Pierre Fresnay, <em>Le Bateau d’Émile </em>de Denys de la Patellière avec Annie Girardot et Lino Ventura ou <em>Le Petit Bougnat </em>de Bernard Toublanc-Michel, avec la jeune Isabelle Adjani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maryz Bessaguet a travaillé de nombreuses années aux Francofolies en tant que responsable de la production audiovisuelle puis du bureau de presse du festival. Elle partage depuis des années avec le public sa passion pour la musique, la photographie mais aussi et surtout l’histoire cinématographique de La Rochelle. Déjà, en 2019, elle réalisait une exposition nommée <em>Atmosphère… Atmosphère…&nbsp;Quand le patrimoine, cinéma et chanson s’expose&nbsp;!</em> au cœur des remparts rochelais, accompagnée d’une sélection des photographies de Jean Gaillard, photographe du journal <em>Sud-Ouest</em> pendant plus de trente ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son livre <em>La Rochelle … fait son cinéma, </em>qu’elle écrit avec la complicité de Vincent Martin, qui collectionne «&nbsp;depuis toujours tout ce qui se rapporte au cinéma à La Rochelle&nbsp;» («&nbsp;<a href="https://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/items/show/102">Vincent Martin : La Rochelle star depuis 1896</a><strong>&nbsp;»,</strong><em> L’Actualité Poitou-Charentes</em>, n°97, 2012) elle présente chaque film en ajoutant des commentaires et des anecdotes de tournage. Ces petites histoires, souvent cocasses, rythment l’ouvrage et permettent au lecteur de se glisser dans l’envers du décor. Le livre est également rempli de photographies, empruntées une nouvelle fois à Jean Gaillard. On peut ainsi découvrir, au fur et à mesure de la lecture, une Romy Schneider souriante dans les bras de son partenaire Jean-Louis Trintignant, ou encore Jean Gabin et Gilles Grangier, poings levés, en pleine répétition d’une scène de bagarre dans <em>Le Sang à la tête.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/gabinbagarre-v2-copie-1024x1021.jpg" alt class="wp-image-34881" width="567" height="565"><figcaption>Jean Gabin et Gilles Grangier dans <em>Le Sang à la tête </em>de Gilles Grangier, 1956. Photo Coll. privée.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">La Pallice à l’internationale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le lecteur aura également la surprise de découvrir que des réalisateurs, acteurs et actrices internationaux ont un passé commun avec la «&nbsp;ville blanche&nbsp;». Ainsi, Steven Spielberg et Wolfgang Petersen ont tourné dans la base sous-marine du port de La Pallice à quelques mois d’intervalles en 1981&nbsp;: le premier y filme la scène d’infiltration d’Indiana Jones dans une base nazie dans <em>Les aventuriers de l’Arche perdue&nbsp;</em>; le second réalise son film <em>Das Boot </em>dans des conditions loin d’être évidentes&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«&nbsp;Le tournage rochelais eu lieu en deux temps,</em> explique Maryz Bessaguet.<em>&nbsp;La réplique de l’U.Boot fabriqué dans les ateliers allemands se brisera lors de sa sortie en mer. Il sombre au large de l’île de Ré… Le tournage est interrompu. Le submersible endommagé doit être réparé. Il le sera dans les ateliers de la base sous-marine de La Pallice. Les caméras reprendront du service fin janvier 1982.&nbsp;»</em></p></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/aventuriers-de-l-arche-perdue-copie-1024x435.jpg" alt class="wp-image-34880"><figcaption><em>Les Aventuriers de l’Arche perdue</em> (<em>Raiders of the lost ark</em>) de Steven Spielberg, 1981. Photo Collection Christophel –&nbsp;Paramount Pictures – Lucasfilm aventures.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Certains films sont aussi accompagnés par des témoignages de figurants ou d’anonymes, comme celui de «&nbsp;Roro&nbsp;», pilote du bateau qui mena Lino Ventura et Alain Delon au Fort Boyard pour <em>Les Aventuriers </em>de Robert Enrico&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«&nbsp;Après plusieurs jours passés ensemble, Ventura me regarde et me dit&nbsp;: tu veux faire de la lutte&nbsp;? Comme j’étais jeune à l’époque et musclé, je lui dis&nbsp;: ok&nbsp;! je vais te mettre KO… Premier corps à corps, le voilà par terre&nbsp;; mais au second tour, je n’ai pas eu le temps de dire ouf, qu’en deux secondes j’étais au sol, terrassé… En fait, après, il m’a dit, ce con, qu’il avait été lutteur… On a encore bien ri tout les deux. Quand il est parti, il m’a donné son téléphone personnel en me disant&nbsp;: si tu passes à Paris, tu viens chez moi…&nbsp;»</em></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve aussi à la fin de l’ouvrage, une série de douze portraits de chanteurs, comme Johnny Halliday, Jacques Brel, ou de comédiens comme Bourvil et Jean-Paul Belmondo. L’un des derniers est celui de Georges Simenon, qui a vécu quelques années à La Rochelle et qui y situe plusieurs romans, comme <em>Le Testament Donadieu </em>(1937) ou encore <em>Les Fantômes du chapelier </em>(1949). Tenant sur une à deux pages et accompagnés de photographies, ils complètent les dossiers sur les films et démontrent, une nouvelle fois, la richesse culturelle de La Rochelle entre 1950 et 1980.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/couv-la-rochelle-fait-son-cinema-805x1024.jpg" alt class="wp-image-34882" width="364" height="463"></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><a href="http://www.gesteditions.com/beaux-livres/autres-beaux-livres/la-rochelle-fait-son-cinema-atmosphere-atmosphere">La Rochelle fait son cinéma. Atmosphère… atmosphère…</a> </em>de Maryz Bessaguet. Geste éditions, 30 €. </p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-rochelle-70-ans-de-cinema/">La Rochelle, 70 ans de cinéma</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Marie NDiaye, grand prix de l’Académie de Saintonge</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aline Chambras]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 15:51:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Académie de Saintonge]]></category>
		<category><![CDATA[La Rochelle]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marie NDiaye]]></category>
		<category><![CDATA[Nicole Garcia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Royan, l'Académie remet quatorze prix à des personnalités qui se sont distinguées dans les domaines de la culture, des arts, des sciences et de l'identité régionale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Aline Chambras</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 octobre 2021, la cérémonie des prix de l’édition 2021 de l’Académie de Saintonge, dirigée par Marie-Dominique Montel, se tient à Royan, à partir de 14h30 à la salle Jean-Gabin. Cette année, la lauréate du grand prix est l’écrivaine Marie NDiaye, pour<em> Royan. La professeure de français,</em> une pièce de théâtre parue chez Gallimard en 2020. Dans ce texte de commande, écrit pour l’actrice Nicole Garcia, Marie NDiaye met en scène Gabrielle, une professeure de français d’un lycée de Royan. Le temps d’un monologue, aussi vindicatif que désespéré, Gabrielle s’adresse aux parents d’une de ses élèves, Daniella. La jeune fille s’est suicidée en se jetant du troisième étage par la fenêtre de la classe. Confrontée à ce geste irrémédiable, Gabrielle n’a de cesse de convier, dans un même élan, dénégation et accablement, comme si elle refusait avec véhémence d’endosser le costume de la coupable, sans pour autant être vraiment certaine de son innocence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;<em>L’émotion et l’épouvante conjuguées l’oubli de tout contrôle c’était sa faute&nbsp;?</em><br><em>J’aurai bien voulu le savoir j’aurais bien voulu le savoir j’aurais bien</em>&nbsp;»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce texte littéralement dramatique, la notion de culpabilité s’érige comme indissociable d’une injustice fondamentale, socle de la condition humaine. Nicole Garcia a joué pour la première fois ce monologue en juillet 2021 à Avignon, sous la direction de son fils Frédéric Bélier-Garcia. Actuellement en tournée dans toute la France,<em> Royan. La professeure de français</em> est à l’affiche du théâtre de La Coursive de La Rochelle, les 19 et 20 octobre prochains.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Le Palmarès 2021 de l’Académie de Saintonge</strong><br><br><strong>Grand Prix<br></strong>Marie NDiaye pour <em>Royan. La professeure de français</em> (Gallimard 2020).<br><br><strong>Prix de l’île d’Oléron<br></strong>Philippe et Gérard Chagneau pour les cinémas d’art et d’essai et les <em>Cahiers d’Oléron</em> (avec l’association le LOCAL).<br><br><strong>Prix de la Mer<br></strong>Éric Chaumillon, professeur de géologie, pour ses travaux sur le littoral et la montée de l’océan (Lienss, La Rochelle Université). &nbsp;<br><br><strong>Prix Madeleine La Bruyère<br></strong>Fabien Clauw pour ses romans historiques maritimes <em>Pour les trois couleurs</em>, etc. (Paulsen).<br><br><strong>Prix de la Ville de Rochefort<br></strong>Nathalie Rodriguez et Michel Bon pour l’imprimerie à l’ancienne des Petites allées à Rochefort.&nbsp;<br><br><strong>Prix de la Haute Saintonge<br></strong>Philippe Deblaise pour Moi, <em>Nicolas Jenson, libraire à Venise en 1470</em> (Le Pythagore, 2021).<br><br><strong>Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois<br></strong>L’association cultuelle de l’Église protestante de Barbezieux pour la Commanderie de Cressac et la fresque des templiers.&nbsp;<br><br><strong>Prix de la Communauté d’agglomération Royan Atlantique<br></strong>Monette Foucaud pour ses ouvrages sur le patois.&nbsp;<br><br><strong>Prix Dangibeaud<br></strong>Pierre Campo pour son atelier de sculpture avec des moules du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle.&nbsp;<br><br><strong>Prix Champlain<br></strong>Laurent Busseau pour <em>De l’Iroquoisie à Marseille : galériens iroquois du Roi Soleil</em>.<br><br><strong>Prix de la Ville de Marennes<br></strong>Anne Richard, botaniste, spécialiste des plantes des marais. &nbsp;<br><br><strong>Prix de l’île de Ré<br></strong>Pierre Miramand, Éric Depré, Thierry Bouyer pour <em>Paléontologie de l’Aunis, sur les traces d’Alcide d’Orbigny</em>.&nbsp;<br><br><strong>Prix de la Ville de Saintes<br></strong>Jean-François Favre, artiste peintre. &nbsp;<br><br><strong>Prix de la Ville de Royan<br></strong>Camille Geoffroy, femme de théâtre, pour son travail à Royan et La Rochelle.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/marie-ndiaye-grand-prix-de-lacademie-de-saintonge/">Marie NDiaye, grand prix de l’Académie de Saintonge</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La passion d’un lecteur monogame</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 15:31:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
		<category><![CDATA[archives]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[La Rochelle]]></category>
		<category><![CDATA[Léon Bloy]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Médiathèque Michel-Crépeau]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grâce à Joseph Bollery, officier de la police judiciaire lettré, la médiathèque Michel-Crépeau<br />
de la Communauté d’agglomération de La Rochelle conserve un exceptionnel fonds<br />
sur l’écrivain Léon Bloy (1846-1917).</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du 21 au 23 octobre 2021 se tient à Poitiers un colloque avec Alberto Manguel à propos de son œuvre d’écrivain et de lecteur.&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine&nbsp;</em>propose à cette occasion de publier au gré des semaines les articles de l’écrivain parus dans ses précédentes éditions. Le colloque est organisé par le laboratoire FoReLLIS, université de Poitiers, équipe&nbsp;B2&nbsp;« Histoire et poétique des genres », programme « La lecture et les genres » (Alain Bègue, Séverine Denieul, Charlotte Krauss, Pierre Loubier et Antonia Zagamé). Pour consulter le programme des trois journées :&nbsp;<a href="https://emf.fr/ec3_event/alberto-manguel-ecrivain-lecteur-la-lecture-le-livre-la-bibliotheque/">Alberto Manguel, écrivain lecteur. La lecture, le livre, la bibliothèque</a>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Alberto Manguel Photos Marc Deneyer<br>Traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est rare que soit donnée une explication satisfaisante à la relation entre deux êtres. L’appariement fortuit, en apparence, d’amants, d’amis, de compagnons de loisirs ou de collègues de travail dépend de facteurs trop complexes ou trop délicats pour notre compréhension ordinaire. Bouvard et Pécuchet, Don Quichotte et Sancho, Julien et Mathilde ne sont pas des couples évidents, et pourtant il est impossible de douter des liens qui les unissent. Moins évidentes encore sont les histoires d’amour entre les lecteurs et leurs livres. L’attachement de saint Augustin à l’<em>énéide</em> et celui de Jean Giono à <em>Moby Dick</em> ne peuvent en aucune façon être justifiés pleinement. Le hasard, des circonstances particulières, un goût personnel pour ceci ou cela, une nostalgie secrète ou une obsession cachée peuvent contribuer un peu à expliquer notre passion pour un livre ou un auteur et non un autre, mais derrière ces mouvements du cœur se trouvent des fils invisibles, tels ceux qui joignent dans le ciel certaines constellations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faudrait donc pas s’étonner d’apprendre qu’un certain étudiant bourguignon de l’École normale âgé de dix-neuf ans, né en Saône-et-Loire en 1890, plutôt timide et réservé, s’éprit passionnément de l’œuvre irascible, véhémente dans ses prises de parti, virulente et irrépressible de Léon Bloy, qui n’était rien de tout cela dans sa vie privée. La question demeure néanmoins&nbsp;: pourquoi Bloy&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Joseph Bollery<sup>1</sup> découvrit Léon Bloy en 1909, dans ses <em>Pages choisies</em> de 1906, que lui avait recommandées un condisciple. Bollery se sentit «séduit par cette poésie intense et par ce style incomparable» et lut tout ce qu’il put trouver de cet étrange auteur. Il poursuivit sa lecture de Bloy au long de sa carrière d’enseignant, et durant la Première Guerre mondiale, qui fit de lui un <em>grand mutilé</em>. Après la guerre, il s’installa à La Rochelle où il fut secrétaire de police et, plus tard, officier de la police judiciaire, et finit par devenir le biographe de Bloy et l’un de ses critiques les plus lucides. Il mourut à La Rochelle le 13 avril 1967 avec, sans nul doute, un volume de son auteur préféré entre les mains. En 1969, la bibliothèque municipale de La Rochelle acquit des héritiers de Bollery la totalité de sa collection des œuvres de Bloy (ainsi que divers trésors, tels que les livres et papiers concernant Villiers de L’Isle-Adam). La bibliothèque y a ajouté d’autres trésors encore, en rapport avec ceux-là, dont le manuscrit autographe original de l’<em>épopée byzantine</em>, de Bloy, sous une ravissante reliure de René Kieffer ornée, en première de couverture, de quatre oiseaux entremêlés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2.jpg" alt class="wp-image-34403" width="553" height="546" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2.jpg 996w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-300x296.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-768x759.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-650x642.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-150x148.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px"><figcaption>Sur <em>Le Désespéré</em> (1886), envoi de Léon Bloy à Henri Girard, comédien.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à la fin des années 1990, la bibliothèque de La Rochelle a occupé les locaux de l’ancien hôtel épiscopal, où elle était établie depuis la Révolution. Aujourd’hui, elle a été relogée dans la médiathèque Michel-Crépeau, un magnifique bâtiment moderne qui fait face aux tours et au port de La Rochelle. L’architecture intérieure suggère l’activité navale qui a fait la célébrité de la ville&nbsp;: salles de lecture agréables, vues splendides, générosité de l’espace dévolu aux collections prêtent à la bibliothèque l’atmosphère de l’intérieur d’un bateau et en font un lieu particulièrement propice à l’étude et à la consultation. Et des collections singulières, comme celle de Bollery, paraissent parfaitement à leur place dans cet endroit intime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques années après ses premières lectures, Bollery fit une conférence sur Bloy à l’Institut des conférences rochelaises. Le succès de cette conférence, que ses amis publièrent sous forme d’une petite brochure intitulée <em>Un grand écrivain français méconnu</em>, poussa René Martineau, un collègue de Bloy, à proposer à Bollery la direction d’une revue consacrée à l’œuvre de Bloy. La première livraison des <em>Cahiers Léon Bloy</em> parut en 1924 et la publication se poursuivit jusqu’en 1939, avec Bollery aux postes non seulement de directeur, mais aussi de secrétaire, rédacteur et correcteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de ces amants qui, dans les romans de chevalerie, ne se trouvent jamais en présence de l’objet de leurs amours mais n’en connaissent que les œuvres ou les portraits, Bollery ne rencontra jamais Bloy. Ce n’est qu’après la mort de Bloy que Bollery fit connaissance de sa veuve, Jeanne Léon-Bloy, et, plus tard, de leur plus jeune fille, Madeleine. Ces contacts familiaux permirent à Bollery d’avoir accès aux manuscrits de Bloy, aux vingt-quatre volumes du journal inédit et à de nombreux autres papiers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des archives recopiées à la main</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à son activité dans les <em>Cahiers</em> et à son amitié avec la famille de Bloy, Bollery put, au cours des ans, amasser abondance de documents. Il est émouvant de voir la collection constituée avec amour par un lecteur qui a, littéralement, grandi avec son sujet, suivant l’œuvre de Bloy de livre en livre et d’anecdote en anecdote, d’abord comme l’adolescent qui entrevoit quelque chose dont il ne peut tout à fait comprendre l’attrait et puis, à la fin, comme l’érudit capable d’analyses et de</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à son activité dans les <em>Cahiers</em> et à son amitié avec la famille de Bloy, Bollery put, au cours des ans, amasser abondance de documents. Il est émouvant de voir la collection constituée avec amour par un lecteur qui a, littéralement, grandi avec son sujet, suivant l’œuvre de Bloy de livre en livre et d’anecdote en anecdote, d’abord comme l’adolescent qui entrevoit quelque chose dont il ne peut tout à fait comprendre l’attrait et puis, à la fin, comme l’érudit capable d’analyses et de jugements exacts. Malheureusement, Bollery n’était pas riche et il lui fut impossible d’acheter nombre des documents qui lui passèrent entre les mains. Faute de quoi, avec une remarquable piété, Bollery recopia, à la main, beaucoup de ces écrits&nbsp;: journaux, notes, lettres, textes littéraires. Grâce à sa connaissance approfondie de l’œuvre et de la vie de Bloy et à ces archives recopiées (ainsi qu’à plusieurs documents originaux&nbsp;: différentes épreuves de la deuxième édition de <em>La chevalière de la mort</em>, de Bloy, les épreuves corrigées de trois volumes du journal, des quantités de lettres), Bollery réalisa une colossale biographie de son héros littéraire, en trois volumes qui furent publiés par Albin Michel entre 1947 et 1954.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_prince_noir_2-1014x1024.jpg" alt class="wp-image-34404" width="543" height="548"><figcaption>Épreuve corrigée d’un chapitre de <em>La Chevalière de la mort</em>, 1896 (Ms 2738).</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">«Ça pue le bon dieu ici !»</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne pouvons que tenter d’imaginer ce que pouvait ressentir le sobre Bollery lorsqu’il parcourait, par exemple, les notes jetées au hasard par Bloy – idées pour des essais, injures originales, aphorismes et équivalents, contre la fausse piété, l’hypocrisie bourgeoise, le journalisme corrompu, l’avidité mercantile – comme celles-ci, copiées d’un manuscrit de Bloy datant de 1904<sup>2 </sup>:</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Manger de l’argent</em><br><em>La justice et la miséricorde sont identiques</em><br><em>«Si je n’aime rien, je ne suis rien» – réponse d’une prostituée se justifiant à son maquereau.</em><br><em>Ça pue le bon Dieu ici&nbsp;!</em><br><em>Araignée de pissotière.</em><br><em>Je ne comprends pas qu’une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.</em><br><em>Dans la nuit noire, sur une table noire, une fourmi noire, Dieu la voit et l’entend.</em><br><em>Il y a dans le département de Tarn-et-Garonne une commune qui se nomme Notre-Dame des Misères.</em><br><em>Le Démon est un sentimental.</em><br><em>Goût de Napoléon pour l’imparfait du subjonctif.</em><br><em>Partout où il y a un imbécile, il y a du danger.</em><br><em>Pour montrer le mal avec précision, avec une exactitude rigoureuse, il est indispensable de l’exagérer.</em></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une dizaine d’années environ après que Bollery était tombé amoureux de l’œuvre de Léon Bloy, l’un de ses contemporains d’outre-Atlantique, aussi timide et réservé que l’avait été Bollery, lut les livres avec une ferveur égale quoique sans le désir de collectionner matériellement les manuscrits. Jorge Luis Borges, en Argentine, découvrit Bloy et écrivit à son sujet, et quelque chose de ce que Borges pensait de Bloy pourrait expliquer la passion de Bollery&nbsp;: «Peut-être le sédentaire et pusillanime Léon Bloy se métamorphosa-t-il en deux êtres irascibles&nbsp;: le franc-tireur Marchenoir, terreur des armées prussiennes, et l’impitoyable polémiste que nous connaissons et qui, pour les générations actuelles, est sans doute le véritable Bloy. Il forgea un style incomparable qui, selon notre état d’âme, peut sembler insupportable ou magnifique… en tout cas, un des plus vigoureux de la littérature.» Il est possible que Bollery ait perçu dans cette créature double un reflet de sa propre personnalité non réalisée, soldat blessé et silencieux érudit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_clef_desespere_2-1024x1017.jpg" alt class="wp-image-34405" width="429" height="426"></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Dans le cercle de Léon Bloy</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, c’est dans son activité de lecteur de Bloy (et de ses contemporains car, pour l’amour de son écrivain préféré, il avait étendu son intérêt à tous ceux qui faisaient partie de l’entourage de Bloy) que Bollery atteignit à une sorte de modeste célébrité. La plupart des dictionnaires français de biographies, ignorant inconsidérément Bollery et ses travaux, ne lui accordent qu’une vague immortalité par procuration, associée à l’écrivain qu’il lut et soutint avec une telle fidélité. Il en fut d’autres, assurément, qui de temps à autre attirèrent l’attention de Bollery au dehors de ce cercle, mais ce n’étaient que des intérêts nocturnes, passagers, qui au matin avaient perdu à ses yeux toute importance. Bollery était cette rareté suprême dans l’univers des livres&nbsp;: un lecteur monogame.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Borges a fait la liste des dégoûts universels et contradictions impartiales de Bloy&nbsp;: «Il exécra tout autant l’Angleterre – qu’il surnomma “l’île infâme” – que l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis. Inutile d’ajouter qu’il fut antisémite, bien que l’un de ses livres les plus admirables s’intitule <em>Le salut par les juifs</em>. Il dénonça la perfidie italienne, appela Zola “le crétin des Pyrénées”, injuria Renan, France, Bourget, les symbolistes et, d’une façon générale, le genre humain.» Assurément, une telle verve doit faire exulter un homme timide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de sa vie, Borges devait observer que «un écrivain écrit ce qu’il peut&nbsp;; un lecteur lit ce qu’il veut», oubliant peut-être que ces mots étaient une variante d’une observation de Bloy&nbsp;: «Le talent fait tout ce qu’il veut, le génie ce qu’il peut», que Bollery avait dûment recopiée. Sans doute cette liberté talentueuse était-elle ce que Bollery cherchait, et avait trouvé, en lisant Léon Bloy.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. Annick Bernard, «Le Fonds Bollery de la Bibliothèque municipale de La Rochelle», Bulletin du bibliophile, 1981.<br>2. Léon Bloy, «Carnet vert». Copie dactylographiée par Joseph Bollery d’un manuscrit inédit (ms 2806).</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les éditions Atlantique ont fait paraître&nbsp;<a href="https://editionsatlantique.com/index.php?id_product=38&amp;controller=product">La Perle d’Estrémadure. Une histoire de l’île de Ré</a>, par Alberto Manguel avec les photographies de Thierry Girard.&nbsp;</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/alberto-manguel-ecrivain-lecteur/">Alberto Manguel, écrivain lecteur.</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-passion-dun-lecteur-monogame/">La passion d’un lecteur monogame</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Pour le meilleur et pour le peintre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jun 2021 13:52:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La collection Petit Geste fait paraître le nouveau jeu de 7 familles des musées des Beaux-Arts de la Nouvelle Aquitaine, imaginé par Pascal Pérennès.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Amina Tachefine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paquet de cartes renferme quatorze musées de quatorze villes de Nouvelle-Aquitaine. Celles-ci se déclinent en 7 familles, composées chacune d’elles de 6 tableaux exposés dans les musées des Beaux-Arts de la région. Pascal Pérennès explique l’initiative de ce projet : «L’identité néo aquitaine est à construire. Pour que cette appartenance régionale existe, elle doit être transmise par les enfants.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien et toujours à la mode jeu des 7 familles revêt les couleurs du patrimoine artistique. Il faudra piocher entre la famille Agen-Brive, Angoulême-Périgueux, Bayonne-Pau, La Rochelle-Rochefort, Bordeaux-Libourne, Guéret-Limoges et Niort-Poitiers. On y retrouve des œuvres telles que celles de Théodore Géricault et son portrait d’Alexandre Dieudonné, exposé au musée Bonnat-Helleu de Bayonne, ou bien encore le Priam d’Étienne-Barthélémy Garnier, en austère grand-père, se trouvant au musée d’Angoulême. Ainsi, 43 tableaux peuvent se glisser dans la poche.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-perennes-garnier-619x1024.jpg" alt class="wp-image-34157" width="199" height="329"><figcaption>Pascal Pérennès, Jeu des 7 familles. Les musées des Beaux-Arts de Nouvelle-Aquitaine, Geste éditions, 2020.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Pascal Pérennès convie le joueur à une visite muséale pendant une partie de cartes : «Je me suis mis à la place des parents qui ne peuvent, ou n’osent pas, emmener leurs enfants au musée. Avec 6,90 euros, le prix du jeu, la culture devient accessible. Alors, l’enfant peut s’attacher à l’image et amener la famille au musée.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ophélie</em> de Jules-Elie Delaunay, inspiré d’<em>Hamlet </em>de Shakespeare, devient alors la mère de la famille Bordeaux-Libourne. Quant à Fransisco Goya et son autoportrait, il est ici marié à <em>Hommage à Georges de la Tour</em> d’André Lhote. Entre préromantisme et cubisme, il s’agit d’une association audacieuse que Pascal Pérennès propose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu des 7 familles a été créé par ses fils, Carlo et Williams : «Ce sont les enfants qui ont choisi les tableaux, explique Pascal Pérennès. Par exemple, <em>la Grèce sur les ruines de Missolonghi</em> d’Eugène Delacroix devait être la mère de la famille Bordeaux-Libourne. Mais les enfants n’imaginaient pas en mère cette femme en colère.»&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Improbables familles&nbsp;!</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce petit format propose sept jeux en un. Il suffit d’inclure la 43<sup>e</sup> carte, où figure <em>Jeune taureau sautant la barrière </em>de Rosa Bonheur, exposé à Angoulême, dans les cartes afin de pouvoir jouer à Mistigri. Jouer au memory est également possible&nbsp;: les grands-pères et grands-mères ou encore fils et filles font office de pairs.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="392" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2.jpg" alt class="wp-image-34160" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-300x115.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-768x294.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-650x249.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-150x57.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une aventure artistique, les associations familiales sont étonnantes. Dans la famille Angoulême-Périgueux, la figure féministe Marcelle Tinayre, peinte par Frédéric Lauth, en devient la mère. Le portrait de Jenny Sacerdote, grande styliste périgourdine immortalisée par le pinceau de Jean-Gabriel Domergue, en est la grand-mère. Si William Bouguereau reste célèbre pour ses représentations du nu féminin, ce n’est pas un tableau sensuel comme sa<em> Naissance de Vénus</em> que l’on peut retrouver, mais le portrait de sa tante Adèle, portant la coiffe charentaise, dans le rôle de la grand-mère de la famille Rochelle-Rochefort. Le père&nbsp;? Qui d’autre que Pierre Loti, l’auteur de <em>Madame Chrysanthème</em>, peint par Edmond de Pury en tenue traditionnelle du guerrier ottoman, pour remplir ce rôle. Mais la famille Niort-Poitiers n’a rien à envier à ses voisines&nbsp;: Françoise d’Aubigné, secrètement unie à Louis XIV dans un mariage morganatique, sublimée par Pierre Mignard, se retrouve mariée au Marquis d’Artaguiette, portraitiste de la cour de Louis XV, représenté une bouteille à la main par Alexis Grimou. Tous nos vœux de bonheur !</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour vous procurer le jeu, rendez-vous sur <a href="http://www.gesteditions.com/jeux/jeux-des-7-familles/jeu-des-7-familles-les-musees-des-beaux-arts-de-nouvelle-aquitaine">le site de Geste éditions</a> !</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pour-le-meilleur-et-pour-le-peintre/">Pour le meilleur et pour le peintre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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