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	<title>Antiquité - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Antiquité - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>L’art de l’émail</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 08:04:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mot «émail» vient de l’ancien français «esmalt» : la fusion, opération dont est issu l’émail, qui est une substance poudreuse, vitrifiable au feu. Histoire et évolution de cette technique artistique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Tamari Sitchinava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Antiquité l’orfèvrerie occupait une place exceptionnelle dans la production artistique. Elle était en effet d’une importance capitale dans la vie quotidienne comme dans la vie religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’ornementation des bijoux rituels, on utilisait des pierres précieuses et semi-précieuses. La nécessité d’allier variété de couleurs et commodité de production a mené les artistes ou artisans à imaginer une nouvelle technique&nbsp;: l’émail. Le mot «émail» vient de l’ancien français «esmalt», lui-même dérivé du bas latin <em>smaltum</em>&nbsp;: la fusion, opération dont est issu l’émail, qui est une substance poudreuse, vitrifiable au feu, obtenue à partir de verre finement écrasé et pilé. Les couleurs s’obtiennent au moyen d’oxydes métalliques (cobalt, cuivre, chrome, parfois oxyde d’étain…). L’émail peut être posé sur des métaux ou des alliages (or, argent, cuivre, bronze, fer…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette technique fut utilisée dans les grandes civilisations disparues. La technologie de l’émail est aussi vieille que le monde. Il semblerait que les Égyptiens, les Grecs, les Étrusques et même les Gaulois aient eu connaissance des secrets de l’émaillerie. Les Éduens en ont laissé la trace avant l’arrivée des Romains sur l’oppidum du Mont Beuvray.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saint Éloi, le patron des orfèvres est gallo-romain. Il est né à Chaptelat, près de Limoges, vers 588. Il étudie l’orfèvrerie à Limoges auprès d’Abbon, un orfèvre réputé. Arrivé à Paris, il est présenté au roi Clotaire II qui lui commande un siège d’or. En artiste consciencieux, Éloi fabrique deux trônes avec la matière fournie. Admiratif de sa probité, le roi en fait son conseiller intime et lui confère la double charge d’orfèvre et de graveur de monnaie. Élu évêque de Noyon en 641, il fonde près de Limoges en 631 le monastère de Solignac, qui se peuple rapidement d’ouvriers habiles, créateurs de magnifiques orfèvreries religieuses. André du Saussay (évêque de Toul de 1655 à 1675) affirme en 1651 avoir examiné et authentifié un calice en émail réalisé par saint Éloi. Il a été détruit durant la Révolution française mais il nous en reste deux précieuses descriptions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait avec certitude que depuis le <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle les religieux s’adonnaient aux travaux des métaux précieux car dans les monastères bénédictins, on repère l’emplacement des ateliers d’orfèvres et de verriers, indiqués sur le plan au même titre que le réfectoire, le dortoir ou le cloître. Ainsi, l’anneau pastoral de Géraud, évêque de Limoges mort à Charroux dans la Vienne en 1020 et enterré sur place, a été retrouvé dans son tombeau en 1850. «Il est d’or massif, formé de quatre feuilles trilobées, sur lesquelles courent de légers filets d’émail bleue», écrit l’abbé Texier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Limoges était alors connue depuis plusieurs décennies pour ses ateliers d’émail artistique. Ils se singularisaient par leur créativité et leurs techniques novatrices. Cette production a connu des périodes florissantes et d’autres moins productives, par exemple la Guerre de Cents ans.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Champlevé-Œuvre de Limoges</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le règne de Louis VII dit le Jeune, au <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle, la vogue des émaux s’étend jusqu’en Sicile et même en Chine. Dès la fin du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle les émaux limousins, très colorés et de haute qualité appelés «œuvre de Limoges», sont massivement exportés à l’échelle mondiale. Les émailleurs de Limoges ont contribué à faire rayonner l’art français à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’art d’émail limousin, on distingue deux grandes catégories&nbsp;: les émaux incrustés et les émaux peints. Parmi les émaux incrustés, le champlevé était la technique de prédilection au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle. Elle a trouvé par la suite un grand épanouissement dans le monde chrétien occidental. Cette technique d’émaillage du Moyen Âge est assez laborieuse&nbsp;: dans l’épaisseur du métal, à l’aide de burins et d’échoppes, sont creusées des cavités, qui sont ensuite remplies avec de la poudre humide de verre coloré, puis cuites au four à plusieurs reprises et enfin polies et nettoyées pour obtenir une pièce lisse qui peut être par la suite recouverte d’or ou d’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle est considéré comme l’âge d’or de l’émail limousin, qui se caractérise par un extrême raffinement esthétique et une pluralité d’usages surtout pour les objets liturgiques (croix, encensoirs, chasses, sorte de sarcophage miniature dédié aux reliques des saints), mais aussi profanes (bijoux, décorations…). Vers le <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e</sup> siècle la technique des émaux champlevés disparait en Limousin mais l’émail renaîtra plus tard avec d’autres techniques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie.jpg" alt class="wp-image-36405" width="685" height="556" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-300x244.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-768x624.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-650x528.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/03--bal-l--limosin-pieta-v--1565-inv--2020-1-1-copie-150x122.jpg 150w" sizes="(max-width: 685px) 100vw, 685px"><figcaption>L. Limosin, <em>Pietà</em>, v. 1565, musée des Beaux-Arts de Limoges.</figcaption></figure>
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		<title>Tailler le silex au bord de la Charente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À Bourg-Charente (16), des traces d’occupation humaine du Paléolithique moyen au Moyen Âge ont été révélées. L’équipe de l’Inrap dirigée par Nelly Connet a effectué la fouille sur 2 ha en 2012.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du diagnostic de fouille établi en 2010, Mila Folgado-Lopes a mis au jour des vestiges du Paléolithique moyen et supérieur dont une sépulture du Mésolithique ainsi que des vestiges antiques et médiévaux (un ensemble sépulcrale et un espace de stockage). L’État a donc ordonné une fouille portant sur l’ensemble des vestiges présents. Le site se situe sur un versant de la Charente. Les conditions qu’il propose, un site ouvert formant une sorte de crique, ont permis aux différentes populations d’installer certaines de leurs activités. Trois zones distinctes sont fouillées, une concernant le Paléolithique, une autre portant sur l’Antiquité et une dernière renseignant sur le Moyen Âge.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg" alt class="wp-image-36210" width="551" height="694" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1.jpg 674w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-238x300.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-650x819.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/2-amas_l6-1-150x189.jpg 150w" sizes="(max-width: 551px) 100vw, 551px"><figcaption>Vue rapprochée d’une concentration de silex taillés en cours de fouille. Photo Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«Nous sommes en présence de vestiges du Paléolithique moyen vers – 50&nbsp;000 ans, ainsi que du Paléolithique supérieur, de l’Aurignacien, daté de – 40&nbsp;000 / – 30 000, sur une surface de 3&nbsp;500 m²», explique Nelly Connet. Ce site est situé sur un versant de la Charente, où des colluvions ont permis la stratification des vestiges. «Les vestiges du Paléolithique moyen sont situés plutôt en bas du versant, et ceux du Paléolithique supérieur sur le versant, il s’agit d’un site stratifié en plein air.» Le Paléolithique supérieur présente des vestiges de zones de taille, où neuf concentrations de restes de taille de silex ont été identifiées, pour un total de 8&nbsp;364 vestiges dont principalement des déchets de production de lamelles. «Nous tentons de reconstituer, par les remontages, sortes de puzzle en 3D, les blocs de silex exploités afin d’en restituer les enchaînements techniques. Certains des blocs contiennent manifestement des erreurs corrigées, et pourraient donc relever d’exercices d’apprentissage de la taille du silex, ajoute-t-elle. La dispersion des vestiges sur le site et les liens mis en évidence par les remontages permettent de retracer les déplacements des objets. Dans le cas de la zone supposée d’apprentissage, ils montrent que les corrections apportées aux erreurs des apprentis ont été faites dans d’autres secteurs du site, montrant ainsi l’interaction possible entre élève et maître. Une telle découverte n’est pas fréquente.» La taille des blocs de minéraux n’est pas la tâche la plus aisée, c’est très technique et un apprentissage est nécessaire. «Le site n’a pas livré de restes osseux, nous ne savons pas ce qu’ils ont consommés, mais, par les analyses tracéologiques réalisées par Émilie Claud – étude des micro-traces des objets pour définir les pratiques et matières travaillées – nous savons que les Hommes ont pratiqué la boucherie et le travail des peaux.» Le lieu n’est donc pas simplement un atelier de taille de silex, c’est un véritable lieu de vie, sûrement un vaste campement. Le même genre d’activités est également présent au Paléolithique moyen.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1024" height="647" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg" alt class="wp-image-36209" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-300x190.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-768x485.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-650x411.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/1-bc_paleo_aerienne-1-150x95.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Localisation des ensembles paléolithiques sur une vue aérienne du secteur paléolithique. Photo P. Neury, Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«Alexandra Hanry était en charge de la fouille et de l’étude de la période antique», précise Nelly Connet. Plusieurs bâtiments sont présents, dont un ensemble important, à vocation viticole, daté entre le <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> et le <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle et qui est particulièrement bien conservé.» Puis l’ensemble a périclité jusqu’au <span class="smallcaps">iii</span><sup>e</sup> – <span class="smallcaps">iv</span><sup>e </sup>siècle. L’activité viticole s’avère avoir été de courte durée et il semblerait ensuite que l’occupation ait été épisodique. «Pour le Moyen Âge, c’est David Martin qui a dirigé la fouille. Un ensemble de silos, rassemblés sur 1&nbsp;000 m², a fonctionné entre le <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle. L’habitat devait être relativement proche même s’il ne se trouve dans l’espace du projet qui a donné lieu à cette fouille.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Deux secteurs distincts comportant des sépultures et dissociés de la zone d’ensilage ont été retrouvées&nbsp;». Fouillés sous la direction d’Isabelle Souquet, un premier ensemble de quatorze sépultures datées du <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup>, <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle est présent à l’ouest de la fouille&nbsp;: «Ce lot est contemporain de l’activité des silos, mais nous ne pouvons pas affirmer qu’ils soient liés.&nbsp;Ce sont des tombes individuelles orientées ouest-est où toutes les classes d’âge sont représentées. Des coffrages en calcaire sont utilisés uniquement pour les sujets les plus jeunes.» Le second ensemble se situe dans les vestiges antiques abandonnés, et certaines sépultures sont alignées contre un mur antique qui devait donc être encore visible, et sans doute en partie en élévation. Cet ensemble, distant d’une cinquantaine de mètres du précédent, comprend sept sépultures datées entre le <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> et la fin du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e </sup>siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fouille témoigne d’occupations régulières, plus ou moins pérennes à Bourg-Charente. Certaines découvertes, comme l’apprentissage de la taille de silex, donnent ici matière à comprendre un peu mieux les pratiques de nos ancêtres, la fouille contribue donc à l’enrichissement des savoirs. L’éducation laisse des traces et révèle ses pratiques, à chaque époque sa méthode.</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tailler-le-silex-au-bord-de-la-charente/">Tailler le silex au bord de la Charente</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Zeus, gare à toi !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Héra et Aphrodite se lient contre Zeus, cela donne un épisode de relation entre femmes qui détonne dans le contexte de la guerre de Troie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Iseult Le Roux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Libération du corps et de la sexualité ainsi que solidarité entre femmes dans un monde gouverné par les hommes, cette idée fait parfois grincer des dents. Pourtant, cela n’a rien de nouveau. Retour sur les plaines de l’Ida en pleine guerre de Troie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Iliade</em>, chant XIV. À ce stade de l’épopée, Zeus interdit aux dieux d’intervenir sur le champ de bataille, et prend momentanément le parti des Troyens, au grand damne de son épouse Héra. Cette dernière, voyant Poséidon participer au combat, tente alors de détourner l’attention du roi de l’Olympe. «Héra, la souveraine à l’œil de vache s’interrogeait : comment tromper l’esprit de Zeus qui porte l’égide ? Dans son cœur cette décision se montra la meilleure : aller sur l’Ida en s’étant bien armée, dans l’espoir qu’il désire s’endormir d’amour contre sa chair et qu’elle répande sur ses paupières et son esprit pénétrant un inoffensif et tiède sommeil» (<em>Il</em>. XIV). Il est de notoriété publique que Zeus ne peut résister au désir qui lui est inspiré, et Héra se prépare à utiliser l’<em>éros</em> comme un soldat choisissant le meilleur équipement en vue d’un combat. Le désir devient, littéralement, une arme qui a pour vocation de vaincre l’ennemi, et de l’assujettir. Son armure consiste alors à préparer son corps à cet affrontement érotique. Héra s’embellit afin de faire ressortir sa <em>charis</em> (grâce), en accentuant sa beauté à l’aide d’artifices.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puissance de l’<em>éros</em></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qui, de l’Olympe, est la reine de l’artifice&nbsp;? Il ne s’agit de nulle autre qu’Aphrodite. Il est alors logique de constater que c’est en usant de ses charmes, en lien avec l’<em>éros, </em>domaine privilégié d’Aphrodite, qu’Héra choisit de duper Zeus. La souveraine demande explicitement son aide à la déesse de l’amour&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Quand autour de son corps elle eut placé la parure, elle sortit de la chambre, convoqua Aphrodite à l’écart des autres dieux et lui dit ces mots : “Obéiras-tu, chère enfant, à ce que je pourrai dire, ou refuseras-tu par colère dans ton cœur, parce que je soutiens les Danaens et toi les Troyens ?” Aphrodite fille de Zeus lui répondit : “Héra, déesse de premier rang, fille du grand Cronos, dis ta pensée. Mon cœur me pousse à l’accomplir si je peux l’accomplir et si cela doit être accompli. “Héra la souveraine lui dit avec des pensée de fraude : “Donne-moi amour et désir, grâce à qui tu maîtrises tous les immortels et les hommes mortels.”» (<em>Il</em>. XIV) </p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Aphrodite ôte pour cela sa ceinture où sont stockés les enchantements voués à l’art de la séduction, et l’offre à Héra. Les deux déesses forment dans cette optique une alliance contre Zeus. Une alliance pourtant singulière&nbsp;: ennemies lors du jugement de Pâris pour savoir qui est la plus belle, elles prennent ensuite chacune le parti du camps adverse. Aphrodite du côté des Troyens, Héra du côté des Achéens, leur antagonisme est bel et bien ancré. Là s’opère toute l’originalité de cette démarche&nbsp;: bien qu’en réalité, Aphrodite ne sache pas réellement la nature des engagements de la reine de l’Olympe, elle accepte tout de même de l’aider et de se détacher de ses attributs afin qu’Héra réussisse son subterfuge, malgré leur opposition, loin d’être pacifiste, dans le conflit entre Achéens et Troyens.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quand naît l’alliance</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une sorte de «sororité» se développe entre déesse, mot à utiliser avec de grands guillemets, car tout de même bien anachronique. Malgré le fait qu’elles soient initialement ennemies, elles s’allient pour la victoire de l’une en exploitant les pouvoirs de l’autre, en vue de démontrer leur force respective. Il s’agit alors d’une revanche dans la sexualité pour des déesses censées être subordonnées au masculin. C’est un retournement de situation où l’homme (en l’occurrence le dieu) est sous l’emprise de ses propres envies et pulsions, et les femmes (ou plutôt les déesses) s’en servent afin d’en tirer le meilleur profit. Zeus est berné par Héra, «vaincu par le sommeil et l’amour, étreignant celle qui partage son lit» (<em>Il</em>. XIV). Héra et Aphrodite&nbsp;: 1, Zeus&nbsp;: 0.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</p><p></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/zeus-gare-a-toi/">Zeus, gare à toi !</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Dans l’odeur de la poudre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jan 2022 09:29:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Revivre un événement historique, c'est possible... Plusieurs associations proposent des reconstitutions de batailles notamment.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Louis Garreau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Waterloo, 1815. Imaginez vous en première ligne française, côte-à-côte avec vos camarades, vous n’entendez rien a cause de l’artillerie, vous manœuvrez en permanence, sous le feu ennemi. Le capitaine au bout du bataillon hurle qu’il faut charger vos armes, alors vous chargez tous vos fusils, c’est long mais vous êtes prêts. Vous entendez au loin «En joue !» , les anglais sont en face choisissez en un, et soudain : «Feu !» Durant quelques secondes, c’est le déluge de feu. L’ardente chaleur déployée par les fusils et les éclats de poudre vous brûlent le visage, le bruit est assourdissant, et la fumée vous aveugle. Soudain, vous entendez un grondement sourd, c’est le Maréchal Ney qui charge l’ennemi avec ses cuirassiers, tout votre régiment ne peut s’empêcher de pousser un cri de joie qui vous saisit, comme si vous étiez sauvés. Puis les cavaliers s’en vont, l’infanterie avance des deux côtés au pas de charge, la bataille continue…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconstitution historique, c’est en partie ça, de la vie de simple soldat aux grandes batailles, en passant par les fastes de la Cour Impériale, il y en a pour tous les goûts, et de toutes les époques ! C’est revivre l’histoire un court instant. Imaginez partir le temps d’un week-end seul ou à plusieurs, avec autant d’affaires que si vous partiez avec toute votre famille, de monter un bivouac a l’arrivée, de dormir peu, de revenir épuisé avec tout votre matériel a nettoyer. Mais en dehors de cela, c’est surtout du bon temps passé avec des passionnés d’histoire, apprendre toujours plus de choses, et faire des rencontres… ! Vous donnerez du sens a tout ce que vous ferez, vous expliquerez aux visiteurs ce que vous faites, vous leur montrerez comment se passe la vie du soldat, etc. Vous plongez dans un univers entièrement reconstitué ! Dans ce genre d’événements, il est évident que les éléments anachroniques sont à bannir ! Mettez de côté votre téléphone, votre montre connectée, vos baskets et habillez vous en vrai soldat : chemise en coton, gilet et pantalon, col de guerre, et surtout votre uniforme en drap de laine, qui vous tient chaud l’été ! Votre fusil de 4,5 kg, votre havresac avec tout votre matériel et nécessaire du soldat… Vous dormirez dans votre tente, sur une paillasse. Même pour la nourriture : la marmite en fonte cuit au dessus du feu ; dans le cercle privé, on peut se permettre de dîner comme l’on souhaite, mais ici, légumes et potée sont de vigueur, vous n’êtes pas à la table des maréchaux !</p>



<h4 class="wp-block-heading">Vivre l’histoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il existe bien sûr d’autres époques, telle l’époque médiévale, reconstitution de camps militaires, avec entre autres le sport de plus en plus populaire qu’est le béhourd, ces combats de chevaliers ; ou bien la Première Guerre Mondiale, où des passionnés redonnent vie a des photos de nos ancêtres en uniformes. De l’Antiquité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, vous trouverez de nombreuses associations qui offrent ce genre d’événements. Car oui, ce sont pour la plupart du temps des associations (souvent loi 1901) qui regroupent ces personnes : plus simple pour se faire connaître au grand public, et permettre un meilleur développement de cette activité. Les noms d’associations peuvent varier selon les régions, selon leurs activités, etc… Vous pouvez trouver l’association Vivre l’Histoire en Deux-Sèvres, faisant vivre a la fois un bataillon de voltigeurs sous l’Empire, ainsi qu’une troupe de régiment de forteresse de 1940 ! Dans l’Est de la France, vous apercevrez le corps d’Observation du Rhin, en Moselle, proche de l’Allemagne ; au nord-ouest, il existe par exemple le 14<sup>e</sup> de ligne dans la Somme ; dans le sud-ouest se trouvent les Canonniers de Haute-Garonne… Vous trouverez également des régiments de cavalerie, indispensables sous l’Empire, comme le 7<sup>e</sup> Régiment de Hussards, le 1<sup>er</sup> Régiment de Cuirassiers, et bien d’autres encore ! Chaque association peut rassembler moins de 10 personnes à plus de 50 personnes pour les plus grandes d’entre elles. Les associations correspondent entre elles, et généralement une association, une commune ou un particulier organise un événement, auxquelles sont conviées les différentes associations pour gonfler les effectifs, et ainsi organiser un grand événement, souvent contre une menue rémunération, qui permet de faire vivre les associations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque reconstitution est différente, et dépends de son but. En effet, reconstituer une bataille implique généralement de se déplacer sur les lieux de la bataille (observez les reconstitutions de la Bataille de Waterloo en 2015 par exemple). Ou bien, un simple bivouac entre une ou plusieurs associations permet de se retrouver et de pratiquer «l’école du soldat» afin ne pas oublier les manœuvres à effectuer en bataille ! Autrement, si vous souhaitez revivre les fastes de la Cour, vous devrez vous déplacer dans l’un des nombreux châteaux de France dans lesquels Napoléon a séjourné : Versailles, Rambouillet, Fontainebleau…</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/dans-lodeur-de-la-poudre/">Dans l’odeur de la poudre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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