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	<title>Non classé - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
	<lastBuildDate>Mon, 13 Sep 2021 17:10:46 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Non classé - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>La revue L’Actualité Nouvelle-Aquitaine évolue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Apr 2021 09:53:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle formule de la revue est en cours de préparation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Chère lectrice, Cher lecteur,</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rédaction de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>, éditée depuis 1988 par l’Espace Mendès France, vous annonce un changement important pour une meilleure présence en librairie… Vous ne découvrirez pas dans votre boîte aux lettres de numéro de printemps car nous allons changer de périodicité, de format, de papier et de nombre de pages ! Mais rassurez-vous, nous préparons un numéro pour l’été avec des surprises qui font sens ! 196 pages au total avec des dossiers, des brèves de recherche, des entretiens. Si le format change, le contenu et notre façon de construire la revue ne varie pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous retrouverez toujours l’intérêt et la curiosité que nous essayons de saisir dans chacun de nos numéros depuis l’existence de la revue. Nos horizons restent ceux de la valorisation des sciences, des actrices et acteurs de la région Nouvelle-Aquitaine mais également du partage des connaissances avec la participation de plusieurs univers : littérature, photographie, dessin… Rendre compte d’une richesse territoriale est un exercice singulier et permanent, qui nécessite un renouvellement des regards et de la curiosité. Nous avançons avec cette volonté de toujours surprendre, attiser l’intérêt pour les domaines de la recherche, de la science en train de se faire, de se penser et de s’écrire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous nous retrouverez au début de l’été pour un numéro qui évoquera les faits divers et la recherche en mathématiques, entre autres… ! Le numéro suivant paraîtra en hiver, mais en attendant découvrez chaque semaine des articles inédits<br>réalisés notamment par des jeunes pousses de la recherche universitaire, des vidéos et des podcasts sur le site <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/">actualite.nouvelle-aquitaine.science</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vous remercions pour votre fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Didier Moreau, directeur de l’Espace Mendès France.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-revue-lactualite-nouvelle-aquitaine-evolue/">La revue L’Actualité Nouvelle-Aquitaine évolue</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Steven Isaac, historien texan de l’Europe médiévale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Galilée]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jun 2019 13:47:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tous les étés, il revient à Poitiers pour ses trésors historiques, ses collègues, et les semaines d'études médiévales du CESCM</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Martin Galilée</strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatorze juillet 1995, Calais. Le tonnerre gronde et la pluie bat. Steven Isaac pédale, trempé. Après une semaine de voyage cycliste en Angleterre, il est sur les traces de Guillaume d’Ypres, guerrier flamand du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle et objet de son mémoire de master d’histoire médiévale. Son pèlerinage sur la tombe de Guillaume achevé, il retourne de Belgique en France. «Je suis passé par la plage de Dunkerque, c’était impressionnant de rouler juste à côté de toute cette histoire.» Son séjour dans le vieux monde, dans l’histoire omniprésente, dure six semaines. Il reviendra des années plus tard, médiéviste accompli, accro notamment à Poitiers. «Chaque été je suis là pour étudier. Après neuf ans, je suis toujours touché par la façade de Notre-Dame-la-Grande.»</p>



<h4 class="wp-block-heading">On peut être payé à lire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Son amour pour le Moyen Âge, Steven Isaac en trouve les racines dans ses lectures adolescentes : <em>Le seigneur des anneaux</em>, <em>Ivanhoé</em>. Mais devenir historien n’était pas pour lui une évidence, il était parti vers le journalisme. «C’est après mon premier cours d’histoire à l’université, très poussé mais passionnant, que j’ai redécouvert que j’adorais l’histoire.» Le système américain lui a permis d’ajouter l’histoire à son cursus et d’envisager la recherche, contre toute attente. «C’est vraiment possible, se disait-t-il, on peut être payé à lire ?!» Il s’est alors passionné pour l’histoire militaire médiévale. «J’ai d’abord étudié Richard Cœur de Lion, Aliénor, les noms mythiques. J’ai ensuite compris que l’histoire était plus complexe que je ne l’avais anticipé. Quand j’enseigne maintenant à des étudiants qui ont les mêmes attraits pour ces personnages, j’explique que Richard Cœur de Lion maîtrisait la guerre mais avait aussi compris qu’il fallait maîtriser les impôts. Ce n’est pas toujours plaisant d’étudier les impôts, non, mais c’est obligatoire.» Débutant la recherche en master, pratiquement noyé dans les lectures, il remarque un personnage mineur, Guillaume d’Ypres, qui restait à étudier. Souvent décrit comme mercenaire, il amène Steven Isaac à explorer le mercenariat médiéval dans sa thèse de doctorat. «Ça touche un nerf très humain, ces gens prêts à tuer pour de l’argent», explique-t-il. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Payés à la pièce</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse achevée en 1998, Steven Isaac la laisse de côté et se consacre principalement à l’enseignement. Mais l’histoire le rattrappe. En 2003, Georges W. Bush entre en guerre contre l’Irak et adjoint des mercenaires à son armée. Les États-Unis refusaient ou masquaient pourtant jusque-là ce recours, illégitime pour une nation qui se voulait toujours dans le camp des justes. «Par exemple, les Flying Tigers, l’escadron basé en Chine opérant avant l’entrée en guerre officielle des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, gagnaient de l’argent pour chaque avion japonais détruit. Mais officiellement ils étaient volontaires, pas mercenaires», explique Steven Isaac. Cette fois-ci, une privatisation de la guerre s’installe. «Beaucoup de soldats de l’U.S. Army, après leur période de service, sont entrés dans des compagnies privées comme Dyncorp ou Blackwater (renommée depuis Academi) pour continuer exactement les mêmes missions. Donc étaient-ils mercenaires… ou intelligents ? Ils faisaient le même travail mais beaucoup mieux payés !»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Steven Isaac décide alors de publier ses recherches pour le grand public, présentant les mercenaires du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle mais tirant des conclusions contemporaines, tout en conservant la qualité académique. Il tient à ses notes de bas de page. Ses sources viennent de chroniqueurs anglais, français, anglo-normands, espagnols, italiens ou allemands, ou de textes juridiques comme pour le cas de Guillaume d’Ypres. Il observe des préjugés contre les mercenaires, existant depuis l’Antiquité. «On pense qu’accepter de l’argent revient à perdre sa liberté, à ne plus être maître de soi.» Comme en attestent les poèmes satiriques de Guiot de Provins, ces préjugés se retrouvent aussi contre les ingénieurs, dirigeant les lignes de combat pour utiliser les machines de guerre aux dépens de l’autorité des chevaliers. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Les cartulaires sont à Poitiers</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une part croissante des recherches de Steven Isaac se fait en France. Dès 2000, il passe deux mois à Paris, travaillant à la BNF, et prend conscience de ses lacunes en français du quotidien&nbsp;: «Je pouvais discuter de loi féodale mais ne comprenais pas la direction des toilettes !» Il suit alors un cours d’été en immersion totale à La Rochelle en 2003 et découvre Poitiers où il reviendra tous les étés à partir de 2010 grâce à une bourse Fulbright. «J’ai repéré Poitiers pour ses fonds documentaires très riches, ses collections de cartulaires, ses sources primaires, ses chroniqueurs rassemblés, et aussi ses bibliothécaires toujours prêts à rendre service.» L’ambiance de travail y est aussi beaucoup plus humaine et chaleureuse. «Pour moi c’est rassurant d’avoir des collègues comme ça. Aux États-Unis, beaucoup de médiévistes travaillent seuls.» Au reste, l’omniprésence de l’histoire médiévale nourrit sa passion. «Ici l’histoire est partout, dans les abbayes, les châteaux-forts, les villes et les donjons. En trois jours en Auvergne avec l’équipe de castellologie, nous avons visité dix-sept châteaux ! Même pour moi, c’était presque trop !»</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Steven Isaac est à retrouver dans le dossier </em><a href="http://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/953"><em>60 étés au Moyen Âge</em></a><em>,</em> L’Actualité<em> n°108, printemps 2015, p. 39.</em></p></blockquote>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h4 class="wp-block-heading">Semaines d’études médiévales</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM) organise à Poitiers depuis 1954 une session annuelle internationale francophone de formation, les <a href="http://cescm.labo.univ-poitiers.fr/forma/17-juin-28-juin-2019-semaines-detudes-medievales/">Semaines d’études médiévales</a>. Ces journées regroupent une quarantaine d’étudiants, doctorants et jeunes chercheurs, français et étrangers. Les conférences, les séances de travail autour des ressources documentaires, les excursions et visites au programme sont proposées par des spécialistes du Moyen Âge venus du monde entier. Cette manifestation interdisciplinaire, unique en son genre, contribue à construire et à renforcer, depuis une soixantaine d’années, un solide réseau national et international dans le domaine de l’étude du Moyen Âge. Cette année, du 17 au 28 juin, le CESCM invite : Corrado Bologna (École normale supérieure de Pise), Corinne Beck (Université de Valenciennes), Lola Badia (Université de Barcelone), Quitterie Cazes (Université de Toulouse Jean Jaurès), Joseph Morsel (Université Panthéon-Sorbonne), Isabelle Ragnard (Sorbonne Université – Faculté des lettres), Marco Mostert (Université d’Utrecht), Howard Bloch (Université de Yale), Alban Gautier (Université de Caen Normandie), Maria Colombo (Sorbonne Université – STIH), Stéphane Boissellier (Université de Poitiers – CESCM), Maria Filomena Coelho (Université de Brasilia), Robert A. Maxwell (Institute of Fine Arts – Université de New York), et Roberto Delle Donne (Université de Naples Federico II).<br></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/steven-isaac-historien-texan-de-leurope-medievale/">Steven Isaac, historien texan de l’Europe médiévale</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Saint Marin de Maurienne, enquête posthume</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claire Boisseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2019 08:30:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe demeurent les vestiges d’un personnage mystérieux récemment identifié</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Claire Boisseau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Perdue à la frontière du Poitou, aux bords de la Gartempe, une somptueuse église romane se dresse depuis des siècles. Ornée de multiples peintures murales, l’abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe (<span class="smallcaps">xi</span><sup>e </sup>siècle, Unesco) fascine tant par la qualité des peintures qu’elle abrite que par le récit magistral de l’Ancien Testament qui se déroule sur le berceau de sa nef, à plus de 17 m du sol. Éblouis par tant d’éclat, beaucoup ignorent que dans les renfoncements obscurs de ce saint lieu les vestiges d’un personnage mystérieux autant qu’inconnu demeurent. Qui est-il&nbsp;? Comment est-il arrivé ici&nbsp;? Remontons le temps en quête de son identité et de son histoire…</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/stsavinweb-683x1024.png" alt class="wp-image-30884"><figcaption>Vue générale de la nef, Saint-Savin-sur-Gartempe. Photo Eva Avril, photothèque du CESCM.</figcaption></figure>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">À vrai dire, les traces de sa présence à Saint-Savin sont bien maigres. Il faut s’aventurer jusque dans la chapelle axiale, à l’extrémité orientale du chevet pour retrouver des traces de son passage, à travers un fragment de sarcophage retrouvé dans une crypte secondaire et gravé des lettres MARINVS, une inscription d’autel du <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle mentionnant “l’illustre martyr Marin repose ici”, et un cycle fragmentaire de peintures murales très effacées. Ses reliques ayant disparu, seuls ces trois témoins permettent d’en garder un maigre souvenir. Son nom est resté : Marin, mais pas son histoire. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Les travaux de l’abbé Lebrun</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Alors comment retrouver l’identité du personnage et retracer l’évolution de son culte au sein de l’édifice ? Les investigations débutèrent dès le <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle avec l’abbé Lebrun, alors curé de Saint-Savin. Ce dernier entreprit de réaménager les deux cryptes de l’abbatiale qui souffraient d’un manque crucial d’entretien et dont les accès avaient été obstrués au <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e</sup> siècle. Ce faisant, il enquêta sur l’identité du saint dénommé Marin, dont la présence au sein de son église avait été oubliée. Recherchant au plus près géographiquement quel saint de ce nom était mort en Poitou ou dans les alentours, il en conclut qu’il s’agissait d’un saint vendéen, martyrisé sur l’île d’Olonne au <span class="smallcaps">iii</span><sup>e</sup> siècle, appartenant à un groupe de quarante jeunes exécutés par un certain Dacianus, du temps de la persécution de Dioclétien. Une liste partielle de leurs noms demeure, parmi laquelle sont évoqués saint Domnin, enseveli à Avrillé, saint Simplicien de Poitiers, saint Clair de Loudun et un certain Marinus auquel l’abbé Lebrun s’empressa d’attribuer la dédicace de la chapelle axiale. Selon lui, ses reliques seraient arrivées à Saint-Savin pour échapper aux invasions normandes (<span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup>-<span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècles) comme bon nombre de reliques poitevines ou vendéennes. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Le récit de Jean Mabillon</h4>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean Mabillon (1632–1707), moine bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, est l’auteur d’un certain nombre d’ouvrages dont les <em>Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti</em>. Dans ces neuf volumes, il transcrit et commente la vie des saints bénédictins d’après des sources anciennes. Il est resté célèbre pour ses méthodes d’analyse et de critique des documents d’archives. </p></blockquote>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois cette hypothèse en contrariait une autre rapportée par Jean Mabillon deux siècles plus tôt dans son recueil des vies des saints bénédictins. Au 24 novembre est retranscrite la vie et la translation des reliques de saint Marin de Maurienne, moine bénédictin et ermite, martyr en Savoie en 731. Reprenant le texte d’un bréviaire manuscrit de Saint-Savin datant du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle, il allègue que les reliques de ce saint savoyard seraient arrivées en Poitou par le biais d’une donation effectuée par Charlemagne au moment de la fondation de l’abbatiale. La vie de ce personnage est largement plus connue, même si la version transmise par Jean Mabillon s’avère lacunaire. Pour la compléter, il faut se référer à un manuscrit du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle, conservé à Angers. Marin serait né au <span class="smallcaps">vii</span><sup>e</sup> siècle, à Rome, au sein d’une noble famille romaine. Confié dès son plus jeune âge à un évêque du nom d’Elidius, il étonne par sa grande maturité. Ordonné prêtre à 20 ans, il est choisi pour succéder à Elidius à la mort de celui-ci. Refusant la charge épiscopale, il distribue tous ses biens aux pauvres, quitte Rome et part pour la Maurienne (Savoie) où il est accueilli au sein du monastère bénédictin de Candor gouverné par l’abbé Erilius. Une nuit, Notre Dame lui apparaît en songe, l’exhortant à se retirer pour mener la vie érémitique à laquelle il aspirait tant et à se préparer à souffrir pour le Christ. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa vie érémitique débute par trois jours de jeûne, au terme desquels un ours vient le visiter et lui apporte de quoi se nourrir. Il vit ainsi retiré du monde pendant quatre ans jusqu’à l’arrivée des Vandales dans la région. Ayant eu vent des pillages auxquels ils se livraient, Marin décide de partir au-devant d’eux pour leur prêcher la parole du Christ. Fait prisonnier, il est présenté à leur chef Acquirinus qui entreprend alors de lui faire renier sa foi. N’y parvenant pas, il le fait jeter dans une fournaise ardente, ce qui se solde par un cuisant échec car les flammes, au lieu de s’en prendre au saint, se retournent contre l’assistance. Les rescapés de l’incident demandent le baptême. Fou de colère, Acquirinus fait décapiter Marin. Le manuscrit du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle précise alors qu’un autre prodige survient&nbsp;: le saint décapité se relève, prend sa tête entre ses mains et la dépose sur une colline des alentours, ce qui est communément appelé un miracle de céphalophorie. Puis son âme est emportée dans les cieux tandis qu’un démon s’empare de celle d’Acquirinus qui se jette du haut d’une falaise. Le corps du saint est par la suite recueilli par deux prélats, Eulipius et Urbanus, qui l’ensevelissent dans la cathédrale de Candor. </p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>La <em>céphalophorie</em> est le miracle par lequel un saint mort décapité se relève, prend sa tête dans ses mains et parcourt parfois des kilomètres avant de choisir l’emplacement de sa sépulture. Le plus célèbre de tous est saint Denis de Paris. </p></blockquote>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit manque clairement d’historicité en certains points. Toutefois, que le saint ait vécu ou non ce que la légende raconte n’est pas notre priorité. Il s’agit avant tout de retrouver la représentation idéale que l’on s’en faisait au <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> siècle afin de déterminer l’identité et l’histoire du saint vénéré à Saint-Savin. Comment trancher entre saint Marin de Maurienne et saint Marin le vendéen&nbsp;? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le culte encore attesté au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle ne nous apporte malheureusement aucune piste là-dessus car l’un comme l’autre peuvent se prêter à la protection des enfants. En effet, selon le témoignage de l’abbé Lebrun, les parents portaient encore leurs enfants dans la crypte au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle pour qu’ils y fassent leurs premiers pas sous le regard et la protection du saint. Un vitrail de la chapelle axiale, réalisé au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle relate cette habitude.</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/vitrestsavinweb-768x1024.png" alt class="wp-image-30883"><figcaption>Vitrail de saint Marin (<span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle), Saint-Savin-sur-Gartempe, chapelle axiale, baie nord. Le saint est reconnaissable à sa bure et à sa tonsure. Un bourreau s’apprête à la décapiter, tandis qu’une femme agenouillée lui présente son jeune enfant. L’iconographie de ce vitrail est révélatrice des pratiques cultuelles du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle envers saint Marin. Photo Claire Boisseau.</figcaption></figure>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">De même, dans la commune de Saint-Marcel près
d’Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre, se déroulait le pèlerinage dit des <em>rechignous</em>. La chapelle qui s’y trouvait
était dédiée au saint car elle fut pendant un temps intégrée au réseau
d’édifices placés sous la dépendance de l’abbaye de Saint-Savin. Les parents y
amenaient donc les enfants qui «rechignaient» trop à la naissance, dans
l’espoir d’une guérison. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Les relevés stratigraphiques</h4>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les relevés stratigraphiques ou archéographiques sont des relevés méticuleux de chaque trace de pigmentation présente sur une peinture murale détériorée ou présentant une problématique de lecture spécifique. Une fois repris par ordinateur, ils permettent de mettre en évidence la stratigraphie des couches picturales, les repeints et restaurations postérieures mais également de retrouver certains éléments clefs de l’iconographie qu’une simple observation ne permet pas de retrouver. Voir notre article sur la stratigraphie des peintures murales par Carolina Sarrade dans <a href="http://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/717">L’Actualité n°109</a> (2015), p. 22.</p></blockquote>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/stmarinstsavinweb-681x1024.png" alt class="wp-image-30881"></figure>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/relevestmarin-1-719x1024.png" alt class="wp-image-30897"><figcaption>La céphalophorie de saint Marin, Saint-Savin-sur-Gartempe, chapelle axiale, registre inférieur nord. Très effacée, la partie gauche de la scène est inexploitable, même par le biais d’un relevé stratigraphique. En revanche, le relevé a permis de distinguer dans la partie inférieure droite le corps d’un personnage vêtu d’une bure et déposant un objet circulaire sur une colline. L’assimilation de cet objet à une tête fut permise grâce à l’observation très précise des traces de pigmentation le constituant. En effet, les mêmes pigments que ceux utilisés pour le traitement des visages des personnages dans la chapelle axiale y sont regroupés (rose pâle des carnations, aplats rouge clair et foncé des joues, lumières blanches, ombres vertes et le jaune des cheveux). Photo Jean-Pierre Brouard, photothèque du CESCM. Relevé stratigraphique CESCM-CNRS, relevé sur le terrain Carolina Sarrade, DAO Claire Boisseau.</figcaption></figure>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Seule la découverte des peintures permit donc de trancher le
débat. Dissimulées dès la fin du Moyen Âge sous un décor postérieur, le cycle
de saint Marin de la chapelle axiale ne fut mis au jour qu’entre 1995 et 1999.
Actuellement composé de cinq scènes dont quatre particulièrement lacunaires et
effacées, il fallut entreprendre une campagne de relevés stratigraphiques en
2015 pour parvenir à lire les peintures et identifier les scènes. Après
confrontation entre les peintures et les avis divergents de l’abbé Lebrun et de
Jean Mabillon, l’évidence apparut&nbsp;: notre illustre martyr était saint
Marin de Maurienne. En effet, outre une scène de baptême et une représentation
du supplice de la fournaise, le saint, vêtu à chaque fois de sa bure, est mis
en scène comme céphalophore, en train de déposer sa tête sur une colline. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun doute n’était donc plus possible à son sujet. Son importance dans la chapelle axiale et dans la crypte secondaire qui lui est associée, s’expliquait par la donation effectuée par Charlemagne au <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> siècle. Relique prestigieuse et de choix, il était logique qu’elle jouisse d’une place à part au sein de l’édifice. Quant au récit de sa céphalophorie, il fut sans doute imaginé par un moine soucieux de revêtir d’un prestige nouveau le patron secondaire de l’édifice. Lui attribuer ce geste était une manière subtile de revendiquer la possession des reliques par l’abbaye, mais également de montrer le saint faisant le choix d’être enseveli à Saint-Savin.</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="456" height="300" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/tetestmarin.png" alt class="wp-image-30898" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/tetestmarin.png 456w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/tetestmarin-300x197.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/05/tetestmarin-150x99.png 150w" sizes="(max-width: 456px) 100vw, 456px"><figcaption>La tête de saint Marin. Détail du relevé stratigraphique. Photo Jean-Pierre Brouard, photothèque du CESCM. Relevé stratigraphique CESCM-CNRS, relevé sur le terrain Carolina Sarrade, DAO Claire Boisseau.</figcaption></figure></div>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête fut donc ardue. Identifier saint Marin et retrouver
ses exploits nécessita de recourir au peu de vestiges archéologiques conservés
dans l’édifice et à des travaux, recoupés aves des sources hagiographiques et
des témoignages postérieurs. Les peintures murales et les relevés furent la
clef qui permit de percer les mystères de ce personnage, de le redécouvrir à sa
juste valeur et de le faire sortir de l’oubli au fond duquel il avait sombré au
fil des siècles. </p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Claire Boisseau est doctorante au
centre d’études supérieures de civilisation médiévale de l’université de
Poitiers. Ses recherches portent sur la représentation des saints sur les
peintures murales de Saint-Savin-sur-Gartempe, sous la direction de Marcello
Angheben</em>. </p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/saint-marin-de-maurienne-enquete-posthume/">Saint Marin de Maurienne, enquête posthume</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>L’étoupe noire de la charité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvie Porcher]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2019 09:35:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la ville-arsenal de Rochefort, sous le Second Empire, l'atelier de charité est au service de la Marine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Sylvie Porcher</strong></p>
<p>Protéger les pauvres, mais aussi encourager le travail tout en ménageant les finances de la commune, tels sont les objectifs d’un atelier de charité. Dans une ville-arsenal comme Rochefort, il ne peut qu’être au service de la Marine.</p>
<p>Depuis la création de son arsenal par ordre de Louis XIV en 1666, l’activité de la ville de Rochefort est entièrement tournée vers la Marine. Sous le Second Empire, malgré l’essor des navires à vapeur, des vaisseaux à voile continuent d’être construits et réparés dans les fosses de radoub du port. Pour les rendre parfaitement étanches, les ouvriers chargés du calfatage introduisent de l’étoupe noire dans les interstices des planches qui forment le bordé des navires. À cette période, environ 3&nbsp;000 ouvriers travaillent à l’arsenal. La fermeture du bagne en 1852 amène un afflux de travailleurs plus ou moins qualifiés pour remplir les tâches dévolues auparavant aux forçats. Les salaires ne sont pas très élevés, aussi des travaux sont-ils proposés aux personnes bénéficiant des secours du bureau de bienfaisance.</p>
<p></p><div id="attachment_30433" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/etoupe.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30433" class="wp-image-30433 " src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/etoupe-1024x821.jpg" alt width="600" height="481"></a><p id="caption-attachment-30433" class="wp-caption-text">Etoupe blanche en résidu de chanvre issu des corderies. Photo Sylvie Porcher, avec l’autorisation du Centre international de la mer, à la Corderie royale de Rochefort.</p></div>
<p>Destinée au service de la Marine, c’est naturellement selon ses consignes qu’est organisée la confection de l’étoupe. L’étoupe noire réalisée dans les ateliers de charité est issue de vieux cordages et réservée au calfatage des vaisseaux, en opposition avec l’étoupe blanche, résidu du chanvre travaillé dans les corderies. Pour l’obtenir, il faut tout d’abord sécher le vieux cordage, lui retirer toute garniture tels que cuirs ou corps étrangers divers, et le couper en tronçons de 35 cm. Le procédé du «décommettage», action de détordre les torons, consiste en une immersion dans l’eau froide pendant le temps nécessaire pour ramollir les bouts de cordages. En effet, le cordage ne doit pas être bouilli, chauffé ni trempé, avant d’être travaillé. Une fois charpie, l’étoupe est filée, puis nettoyée afin d’extraire les corps étrangers, et enfin séchée.&nbsp; Elle est préparée en brins de 20&nbsp;cm minimum, de grosseur uniforme, qui seront tordus, pour disposer de torons de 40 à 120&nbsp;m selon les besoins de la Marine. Ces torons sont assemblés en manoques de 5&nbsp;kg pour l’étoupe noire filée, ou en manoques de 2&nbsp;kg pour l’étoupe noire fine, elles-mêmes réunies en paquets de 20 à 25&nbsp;kg, prêts à être livrés. La Marine se réserve la faculté de visiter les ateliers et les dépôts afin de s’assurer que la qualité n’est pas inférieure à celle des étoupes confectionnées dans le port. Si ce n’est pas le cas, et si elles peuvent être bonifiées, elles seront soumises de nouveau quinze jours plus tard, après avoir été travaillées de nouveau.</p>
<h5><strong>Des femmes aux pauvres</strong></h5>
<p>Sous le Second Empire, ce besoin en étoupe est si important qu’il implique trois partenaires aux exigences et aux intérêts propres&nbsp;: la Marine pour ses besoins en étoupe, la commune qui souhaite alléger les charges du bureau de bienfaisance en procurant un travail, et les entrepreneurs retenus après adjudication auprès de la Mairie, et espérant un profit substantiel.</p>
<p></p><div id="attachment_30430" style="width: 711px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/plangrand.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30430" class=" wp-image-30430" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/plangrand-1024x751.jpg" alt width="701" height="514"></a><p id="caption-attachment-30430" class="wp-caption-text">Plan d’un gabarot, petite embarcation à voile et rames, destiné au service du calfatage. Port de Rochefort, direction des constructions navales, 1865. Photo Sylvie Porcher</p></div>
<p>Depuis l’origine de Rochefort, la fabrication des étoupes a été confiée aux «étoupières», femmes ou veuves des ouvriers de l’arsenal et d’anciens marins&nbsp;; ce sont donc des personnes dans une grande précarité auxquelles il s’agit de fournir un revenu. En 1852, l’entreprise de la conversion du vieux cordage en étoupes a été adjugée à un entrepreneur étranger à la ville. Une certaine catégorie de malheureux s’est ainsi vue privée de travail et est devenue une charge lourde pour le bureau de bienfaisance de Rochefort, dont le dessein est de procurer des secours en nature et en argent aux pauvres de la ville. C’est pourquoi la commune regrette que le bureau de bienfaisance n’ait pas été chargé lui-même d’organiser cette fourniture. Le maire s’est alors entendu avec l’entrepreneur pour faire effectuer ce travail à Rochefort.</p>
<p>La question du local est discutée avec la Marine&nbsp;: pour sa part, elle se réserve le droit de faire confectionner des étoupes dans ses propres ateliers ou par une autre voie qu’elle choisit, mais garantit aux entrepreneurs un minimum de fabrication, déterminé par contrat. Ce travail doit néanmoins s’effectuer en dehors de l’enceinte militaire. La commune, après avoir essuyé le refus de l’arsenal d’offrir le local, comme cela se fait à Toulon, fournit en 1853 un hangar sur un terrain communal situé dans le faubourg de la ville, pour établir ateliers et magasins. L’année suivante, elle met à disposition de l’atelier une maison communale, également au faubourg, lieu d’habitation d’un grand nombre d’ouvriers ; elle propose également cette activité au domicile de ceux qui ne peuvent pas se déplacer.</p>
<h5><strong>Dix centimes le kilo</strong></h5>
<p>Ce sont ainsi tout d’abord deux frères, négociants à Angoulême, Jean et Martial Longeau, qui remportent le marché par adjudication en 1852. Le contrat est signé pour trois ans, et les oblige à faire effectuer la fabrication de l’étoupe à Rochefort&nbsp;; ils seraient libres de déplacer l’atelier ailleurs en cas de manque de travailleurs ou de l’exigence d’un salaire excédant 10 centimes le kilo d’étoupe. La ville leur verse une subvention de 300 francs, payables par quart chaque année, pendant le temps du marché.</p>
<p></p><div id="attachment_30429" style="width: 509px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/corde.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30429" class="wp-image-30429 " src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/corde-1024x1024.jpg" alt width="499" height="499"></a><p id="caption-attachment-30429" class="wp-caption-text">Cordage goudronné, Centre international de la mer. Photo Sylvie Porcher.</p></div>
<p>En 1866, Mme Sébille est chargée par la Marine du charpissage de l’étoupe&nbsp;; elle offre au bureau de bienfaisance une somme de 50 francs à la condition expresse que chaque personne recevant un secours de la ville soit obligée de charpir 20 kg d’étoupe par mois. Les locaux ne se prêtant pas à un travail de cette ampleur, et le séchage s’avérant nocif pour la santé par l’humidité qu’il produit, la commune refuse cette condition. Deux ans plus tard, Mme Sébille accepte de restreindre sa demande à 6 kg par personne et par mois, ce qui semble plus raisonnable. La Marine verse à l’entrepreneur 16,50 centimes par kilo d’étoupe charpie, en admettant 20&nbsp;% de déchet. Les ouvriers reçoivent pour salaire 10 centimes par kilo d’étoupe. En 1857, ils se plaignent des retenues sur leur salaire qu’ils jugent abusives&nbsp;: un rapport du bureau de bienfaisance mentionne que l’entrepreneur, outre la tolérance de 5&nbsp;% seulement de déchets, retient parfois 10 à 15 centimes s’il manque 100 grammes, «selon qu’il est bien ou mal disposé pour l’ouvrier». Les membres du bureau sont chargés de vérifier si les «retenues opérées sur les salaires des malheureux […] sont bien méritées».</p>
<h5><strong>Une charité paradoxale</strong></h5>
<p>Une difficulté récurrente est la lenteur de la livraison, préjudiciable aussi bien pour la Marine, qui a besoin de cette étoupe, que pour la mairie, qui finance en partie les secours versés par le bureau de bienfaisance. C’est en effet le maire de Rochefort qui a souhaité, en 1853, le retour du charpissage dans sa commune, pour procurer une ressource indispensable aux veuves d’ouvriers de l’arsenal et de marins, reconnus actifs et honnêtes, allégeant ainsi la charge du bureau de bienfaisance. Or, les entrepreneurs se plaignent du manque de bras, d’un rendement peu satisfaisant, compromettant ainsi les engagements pris, et la Marine déplore une livraison trop lente. En cas de retard de livraison non justifié de plus de dix jours, l’entrepreneur est passible d’une retenue de 20&nbsp;% sur le prix de la main d’œuvre. Au-delà de vingt jours, le marché peut être résilié.</p>
<p></p><div id="attachment_30434" style="width: 710px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/gravuregrand.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30434" class=" wp-image-30434" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/gravuregrand-778x1024.jpg" alt width="700" height="921"></a><p id="caption-attachment-30434" class="wp-caption-text">Gravure d’encyclopédie représentant le calfatage, Encyclopédie méthodique marine, Oméga, Paris 1783 réédité 1986. Photo Sylvie Porcher</p></div>
<p>Après un premier refus en 1854, le maire autorise finalement une confection hors commune, estimant que d’autres malheureux seront intéressés par ce travail quand cette opportunité sera connue. Peu après, des membres de la commission municipale chargée de l’assistance sont indignés par l’annulation de cette opportunité de revenus pour la population indigente de Rochefort&nbsp;: «Un grand nombre d’habitants sollicitent des secours au bureau de bienfaisance». Le paradoxe de la charité transparaît alors : «L’assistance n’est due qu’à ceux dont les ressources sont trop faibles. Elle doit être refusée pour ceux pour qui ce serait un encouragement à la paresse.» Le maire renchérit alors en stipulant que les personnes secourues qui refusent ce travail «perdront tout droit à la bienveillance de l’administration de l’assistance publique». En 1863, de nouveau, le maire «invite les membres du bureau à forcer toutes les personnes recevant des secours à charpir 25 livres d’étoupes par mois», au risque de se voir supprimer toute aide. Cette menace est mal accueillie au moins par deux personnes, la veuve Egoux et la fille Poiret, qui «ont répondu malhonnêtement» au responsable de la dernière distribution «en faisant des observations relatives au charpissage des étoupes»&nbsp;; les secours leur ont été supprimés.</p>
<p>En 1862, alors que Rochefort abrite 34&nbsp;151 habitants, le bureau de bienfaisance dénombre 1&nbsp;757 indigents secourus, soit 5&nbsp;% de la population, à raison de 15 francs par an et par personne. Il est certain que la délégation de la fabrication de l’étoupe à des malheureux, ainsi que des travaux municipaux tels que le balayage des rues ou l’enlèvement des «bourres», permettent d’alléger ses dépenses, mais ne peuvent faire espérer l’extinction des besoins. De plus, en 1869 est annoncée la mesure du renvoi de tous les ouvriers de l’arsenal ayant atteint leur temps de retrait. Le bureau s’attend à ce qu’une grande partie d’entre eux doive dorénavant lui demander aide et assistance. Or l’arsenal, premier employeur de Rochefort, est entré dans une phase irréversible de fermeture, ce qui présage de besoins en secours de plus en plus pressants et nombreux.</p>
<p></p><div id="attachment_30435" style="width: 470px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/timbrebleu.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30435" class=" wp-image-30435" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/timbrebleu-1024x806.jpg" alt width="460" height="362"></a><p id="caption-attachment-30435" class="wp-caption-text">Outils de calfat représentés sur timbre-poste français, Saint-Pierre-et-Miquelon, 1992. Photo Sylvie Porcher</p></div>
<p><em>Sylvie Porcher est doctorante à l’université de Poitiers. Elle travaille sur «la place des pauvres à Rochefort sous le Second Empire», sous la direction de Frédéric Chauvaud et Thierry Sauzeau.</em></p>
<blockquote><p>Sources&nbsp;:<br>
– Délibérations du conseil municipal de Rochefort de 1850 à 1871<br>
– Archives Municipales de Rochefort, 1Q4 et 1Q5<br>
– <em>Les Tablettes des Deux-Charentes,</em> février 1855</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/letoupe-noire-de-la-charite/">L’étoupe noire de la charité</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Personnalités nées à Poitiers</title>
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		<dc:creator><![CDATA[oscar sanchez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jul 2017 14:15:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'outil d'éditorialisation TimelineJs pour raconter des histoires en forme de frises chronologiques</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Entre histoire et haute technologie au fil du temps, notre ville a évolué et s’est métamorphosée en héritant siècle après siècle d’une magnifique architecture.</p>
<p style="text-align: justify;">Poitiers a toujours inspiré les artistes, les gens de passages mais aussi des personnalités qui ont savouré ses paysages et la mysticité qui y règne.</p>
<p style="text-align: justify;">La ville a vu naître des personnalités et des artistes qui ont marqué l’histoire. Ils ont été regroupées pour réaliser la frise chronologique «Les personnalités qui sont nées à Poitiers ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La technique :</strong><br>
Un des enjeux du web 2.0 est de représenter de manière ludique des données. Une des expérimentations la plus connue est la Timeline (la représentation des données sur des frises chronologiques). L’outil d’éditorialisation libre et gratuit TimeLineJs a été développé par la communauté du laboratoire Knight de l’Université Northwestern. L’objectif était de faciliter la création des frises chronologiques en ligne à partir d’une feuille de calcul Google ou bien à partir de données en format Json, dans lesquelles on peut insérer des fichiers audio, vidéo ou image.</p>
<p style="text-align: justify;">L’outil TimelineJs a été choisi pour montrer les personnalités qui sont nées à Poitiers. Pour cela, la base de données de Wikipedia.fr a été interrogée afin de récupérer les informations et de les afficher sous un format ludique.</p>
<p><a href="https://lm.emf.tech/~oscar/TimeLinePoitiers/oscar.html" target="_blank"> Voir en plein écran </a><br>
<iframe loading="lazy" width="100%" height="789" src="https://lm.emf.tech/~oscar/TimeLinePoitiers/oscar.html" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/personnalites-nees-a-poitiers/">Personnalités nées à Poitiers</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Plus de dix ans d’articles sur le climat dans L’Actualité, une sélection</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/dix-ans-darticles-sur-le-climat-dans-lactualite/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=dix-ans-darticles-sur-le-climat-dans-lactualite</link>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Dec 2015 13:44:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=171</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le changement climatique est un thème récurrent traité par L’Actualité depuis plus de dix ans de diverses manières.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le changement climatique est un thème récurrent traité par L’Actualité depuis plus de dix ans de diverses manières.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/dix-ans-darticles-sur-le-climat-dans-lactualite/">Plus de dix ans d’articles sur le climat dans L’Actualité, une sélection</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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