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	<title>Lison Gevers - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Lison Gevers - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<item>
		<title>Tiphaine Maurin, paléontologue de la Shungura</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Aug 2018 10:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tiphaine Maurin, docteure en préhistoire, est spécialiste de la formation de la Shungura, dans la corne de l'Afrique, en Éthiopie.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tiphaine-maurin-paleontologue-de-la-shungura/">Tiphaine Maurin, paléontologue de la Shungura</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Tiphaine Maurin a soutenu sa thèse à l’université de Bordeaux sur les interrelations hominidés/environnements au début du Pléistocène dans la corne de l’Afrique en décembre 2017. Une docteure en préhistoire qui a un parcours assez atypique.&nbsp;Elle a été invitée au séminaire international de Paléontologie par le laboratoire PALEVOPRIM de l’université de Poitiers.</p>
<p><strong>L’Actualité.— Comment avez-vous choisi la paléontologie ?</strong></p>
<p><strong>Tiphaine Maurin.— </strong>J’ai commencé par un master 1 d’archéologie à l’université d’Aix-Marseille, en travaillant en taphonomie. C’est la science du tombeau. Cela consiste à étudier les altérations post-dépositionnelles des vestiges, en d’autres mots, toutes les actions qui peuvent les altérer une fois qu’ils ont été abandonnés après la création d’un site archéologique. Nous étudions ce qui va venir bouleverser ces vestiges&nbsp;: souris qui va déplacer les os, rivière qui va transporter les outils, etc. J’ai travaillé sur un sujet complètement différent que celui qui m’occupe aujourd’hui, l’étude des surfaces des céramiques. Ce qui m’a toujours intéressé dans l’archéologie, c’est le processus de transformation. Comment passe-t-on de quelque chose qui existe à un site archéologique&nbsp;?</p>
<p>Par la suite, et là est l’origine de mon déclic, j’ai fait un volontariat international au Musée national d’Éthiopie en 2010. Mon travail consistait en la conservation des collections de paléontologie et de préhistoire. C’est là que Jean-Renaud Boisserie m’a fait découvrir la paléontologie. À la fin de mon volontariat, je suis tombée amoureuse du terrain. J’ai compris que j’avais envie de travailler là. J’ai, par la suite, réfléchi à une poursuite de master avec l’appui de Jean-Renaud Boisserie et Anne Delagnes, directrice du laboratoire de préhistoire de Bordeaux (PACEA), qui étaient mes deux codirecteurs. Pour me former aux outils, j’ai fait un master pro à l’université de Tours en archéomatique, puis un master recherche en préhistoire pour avoir les connaissances scientifiques nécessaires pour l’élaboration de ma thèse.<br>
Ma carrière a connu un tournant ces dernières années. Désormais, je suis attachée parlementaire. Je n’ai pas fait de sciences politiques mais j’ai toujours eu un intérêt pour l’engagement syndical. Lorsqu’il y a eu la loi travail, j’ai décidé de participer à ce que cela ne se reproduise pas. J’avais l’impression qu’à cet instant de ma vie, j’étais plus utile en participant à la vie publique qu’en continuant la recherche. Mais je reste tout de même chercheure en préhistoire et avoir la possibilité de travailler un sujet de façon aussi aboutie et de pouvoir se considérer comme la spécialiste, c’est formidable.</p>
<div id="attachment_29325" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/img_4537.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29325" class="size-large wp-image-29325" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/img_4537-1024x683.jpg" alt="sédiments" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-29325" class="wp-caption-text">Occupation archéologique d’Omo 1<sup>e</sup> datée de 2,3 millions d’années.</p></div>
<p><strong>De quels aspects traite votre thèse ?</strong></p>
<p>Quelles sont les conditions de l’émergence de ce qui fait de nous des humains (outils, symbolisme, bipédie, langage)&nbsp;? Ce sont toutes ces différentes caractéristiques qui font de nous ce que nous sommes. À chaque fois qu’il y a l’émergence d’une nouvelle pratique qui est un marqueur de notre humanité, nous essayons de comprendre ses conditions. J’ai donc travaillé sur la taille de la pierre il a 300 000 ans, dans la corne de l’Afrique, sur le site de la formation de la Shungura, en Éthiopie. Ce site est particulier car il regroupait toutes les conditions nécessaires pour pouvoir répondre à cette question. C’est-à-dire&nbsp;: un enregistrement continu de la faune qui est un indicateur de l’environnement, une présence des outils oldowayens bien cantonnés à une période de temps et, enfin, une répartition spatiale gigantesque.</p>
<p>Avec une question, nous avions deux axes de réponses&nbsp;: essayer de comprendre l’émergence, puis, la répartition de ces tailleurs de pierre. Pour cela, j’ai d’abord observé si les sites archéologiques étaient en place ou s’ils avaient été complètement remaniés par des rivières. Si oui, ils ne peuvent pas être un marqueur d’un habitat. Dans un deuxième temps, le but était de voir quel était l’environnement avant que les hominidés se mettent à tailler, et une fois qu’ils se mettaient à tailler, quels étaient les signaux environnementaux.</p>
<div id="attachment_29326" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/p7130064.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29326" class="size-large wp-image-29326" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/p7130064-1024x768.jpg" alt="Sédiments paysage " width="1024" height="768"></a><p id="caption-attachment-29326" class="wp-caption-text">Sédiments de la Formation de Shungura datés entre 3,6 et 1 millions d’années, riches en fossiles et en matériel archéologique.</p></div>
<p>Ma thèse a permis de répondre à ces questions. Les sites archéologiques de la formation de Shungura sont remaniés mais un certain nombre sont encore suffisamment en place pour donner de nombreuses informations sur le lieu de vie des hominidés. Nous observons aussi une évolution du climat, avec une aridification et une persistance de zones plus humides où les hominidés se sont installés. Sur les bords de rivière il y a de l’eau, de l’ombre et des animaux qui viennent se désaltérer. Cette proximité des hominidés avec les plans d’eau se constate sur de nombreux sites.</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p>Tiphaine Maurin travaille à Villenave‑D’ornon, à côté de Bordeaux. Même si sa carrière a connu un tournant, elle reste avant tout une chercheuse engagée.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tiphaine-maurin-paleontologue-de-la-shungura/">Tiphaine Maurin, paléontologue de la Shungura</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Un monstre humain ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Aug 2018 08:43:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2007, un crime barbare a été commis à Richelieu. David Puaud, anthropologue, cherche à déconstruire la figure d’un sujet criminel qualifié de «monstre humain» en menant une enquête de plus de 10 ans.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Le 20 août 2007, un crime particulièrement violent est commis à Richelieu. Au retour d’une soirée, deux amis prennent un homme de 45 ans en stop. Ils s’en prennent alors à lui et le rouent de coups. Alors qu’ils souhaitent au départ lui soutirer de l’argent, l’opération à la machine de retrait avec la carte bleue de la victime échoue. Toujours séquestré dans leur voiture, il est alors emmené dans les bois où ils lui ordonnent de creuser sa tombe, opération qui s’avère impossible puisqu’en plein mois d’août, la terre est trop dure. Alors qu’il essaye de s’enfuir, il est rattrapé et à nouveau torturé&nbsp;: coup de pied dans la mâchoire, doigts brisés, émasculé, assailli de coups de poing dans les dents. L’histoire atteint un point de non-retour. Les deux criminels brûlent alors le corps, laissé à l’abandon dans le fossé. Ils sont interpellés deux jours après.</p>
<p>En parcourant l’article qui fait la Une des journaux et qui évoque ce crime en le qualifiant de «barbare et totalement gratuit», David Puaud, alors éducateur de rue, reconnaît l’un des co-auteurs. Il s’agit de l’un des jeunes qu’il suivait dans le cadre de ses missions de prévention. Il publie un livre sur cette affaire&nbsp;en 2018, suite à une thèse :<em> Monstre humain&nbsp;? Un anthropologue face à un crime sans mobile</em>.</p>
<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/9782707190147.jpg"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-29292" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/9782707190147-626x1024.jpg" alt width="384" height="628"></a></p>
<h3>Un regard croisé d’éducateur et chercheur</h3>
<p>David Puaud indique qu’au niveau de son cursus scolaire, il est passé très rapidement à la pratique. «En BEP sanitaire et social puis en formation BTA Services aux personnes, je me suis aperçu notamment lors de stages que j’étais plutôt à l’aise dans le relationnel qu’au niveau du soin. J’ai donc passé plusieurs concours pour entrer en DUT carrière animateur socio-culturel et puis ceux relatifs aux concours de moniteur-éducateur. Je suis rentré à l’IRTS (Institut régional du travail social) de Poitiers en formation de moniteur éducateur en 2001, puis, j’ai enchaîné sur éducateur spécialisé», explique-t-il. Un métier d’aide sociale qu’il a particulièrement apprécié, dans lequel il pouvait notamment tendre à l’émancipation sociale de personnes en difficulté. C’est ainsi qu’il en vient à la prévention spécialisée. En 2005, il devient éducateur de rue. «Après une licence de sociologie à Poitiers mention anthropologie, j’ai poursuivi mes études à l’EHESS Paris (École des hautes études en sciences sociales), et puis, sous la direction de Michel Agier qui a écrit la préface de mon livre, j’ai réalisé un master sur la déstructuration du tissu ouvrier et les conséquences sur la population ouvrière du quartier où j’intervenais comme éducateur en parallèle.» Le crime a lieu en 2007, David Puaud termine son master en 2009 et poursuit sa réflexion en doctorat autour de cet événement. Il continue son métier d’éducateur en parallèle de sa thèse jusqu’en 2014.<br>
«Ce qui guide ma pratique depuis maintenant plus de quinze ans c’est vraiment la liaison entre les savoirs pratiques et professionnels, et les connaissances théoriques qui peuvent être mises en lien avec ces données de terrain.» Même si son expérience d’anthropologue a enrichi son expérience d’éducateur et inversement, il n’est pas simple de mettre en pratique des données théoriques. Mais selon lui, cela lui a permis de se décentrer, un terme majeur en anthropologie, qui consiste à faire un pas de côté pour problématiser et analyser un événement. Un travail de longue haleine, à partir du procès à la cour d’assises d’Indre-et-Loire qui a eu lieu du 16 au 25 mars 2010. «J’ai abordé la trajectoire sociale du criminel. Mais finalement, il n’y a pas de formule arithmétique, et certains me disent à la fin de l’ouvrage qu’ils sont un peu déçus parce qu’il n’y a pas d’explication. Par contre, il y a une somme d’éléments de compréhension sur le plan psychologique, social, historique ou géographique qui peuvent nous amener à mieux appréhender ce qui a pu arriver et pourquoi.»</p>
<h3>Des motivations profondes</h3>
<p>Cet événement n’a pas réellement changé les motivations de l’anthropologue. Cependant, cela a eu un impact sur sa pratique. Il a cherché à analyser les éléments qui ont pu pousser un jeune homme de 19 ans qualifié de délinquant à commettre l’irréparable. «Les travailleurs sociaux peuvent être agents d’émancipation sociale mais à la fois ériger des murs. Ils sont les gardiens du seuil et peuvent ouvrir et fermer des portes.»<br>
Il cherche à comprendre comment Josué Ouvrard (nom anonymisé dans son ouvrage) a pu commettre un tel crime sans mobile. «Certes des travailleurs sociaux ont pu lui fermer des portes, mais Josué Ouvrad a aussi fait des choix d’acteur.» Le crime se produit lorsque David Puaud étudie et il profite de ses recherches universitaires pour les mêler avec sa pratique de terrain. Quelles motivations alors pour poursuivre avec une thèse&nbsp;? «En sciences humaines, il n’y a pas de hasard.» Son implication personnelle fut reliée au sujet de recherche et à son envie de comprendre ces passages entre différents mondes possibles et les trajectoires qui ont pu mener ce jeune criminel à une mort sociale annoncée.</p>
<h3>On ne naît pas criminel, on le devient</h3>
<p>Les violences sont fréquentes dans nos sociétés et il n’est pas rare d’entendre parler au quotidien de barbarie et de violence gratuite. Mais comment s’opère le passage à l’acte ? «Beaucoup de facteurs individuels entrent en jeu et il est impossible de généraliser à d’autres personnes ou d’autres cas. Mais pour celui-ci, une somme d’éléments se sont cristallisés au fur et à mesure du temps à travers l’histoire de cette personne qui peuvent nous permettre d’appréhender ce que j’ai appelé “la disponibilité biographique”. En d’autres termes, comment un individu à un instant x peut se projeter comme sujet violent.» Dans ce cas, l’anthropologue fait état des ressorts sociaux, psychologiques, historiques, mémoriels, familiaux, amicaux (car ils sont deux à commettre le crime), liés à l’histoire ouvrière. «J’ai mis en parallèle le conflit des New Fabris en 2008 où des ouvriers menaçaient de faire exploser avec des bonbonnes de gaz leur usine qui déposait le bilan. 300 salariés avaient été mis sur la paille. C’est arrivé un an après le crime. Bien sûr, il n’y a aucun lien de cause à effet mais il y a un tissu économique en souffrance sociale qui exacerbe les tensions», développe l’anthropologue. Cette famille était étroitement liée au tissu ouvrier local, le père et le grand-père de Josué étaient ouvriers. Il explique&nbsp;: «Aujourd’hui nous sommes à la troisième ou quatrième génération depuis la fermeture en 1968 de cette usine d’armement, qui était la manufacture de Châtellerault. La déstructuration du tissu ouvrier a laissé des traces dans la mémoire collective et dans le quartier de Châteauneuf où l’on retrouve la plupart des services sociaux. Il est aujourd’hui perçu comme un quartier particulièrement stigmatisé alors qu’il y a 60 ans, c’était un lieu de fierté ouvrière.»<br>
Lors du procès, lorsque le juge demande à Josué Ouvrard ses qualités, il lui répond «je sais tout faire de mes deux mains». Cette histoire de main est un symbole important de l’affaire, notamment avec la main du père qui a commis des violences.<br>
David Puaud a surtout cherché à comprendre l’événement, sans jamais chercher à excuser ni justifier. Il déconstruit cependant l’idée que Josué Ouvrard est né criminel. Pour lui, ce sont plusieurs choix qui ont abouti à un acte monstrueux. «Le même passif appliqué à un autre individu aurait pu mener à des voies complètement différentes telles qu’un acte suicidaire, une vie d’alcoolique ou même une carrière dans l’armée française comme il avait tenté deux mois auparavant. Peut-être que l’armée lui aurait permis de trouver une place sociale.»</p>
<h3>Des traits de personnalité pathogènes&nbsp;?</h3>
<p>Les experts psychiatres parlent du criminel comme ayant des “traits de personnalité pathogènes”. En d’autres mots, des traits de personnalité mauvais qui pourraient induire une potentialité morbide. David Puaud explique pourtant qu’il ne l’a jamais vu commettre des actes de violence. «L’un des psychiatres a dit qu’il était dénué d’empathie, je ne suis pas d’accord. Je l’ai vu avoir des relations d’empathie avec des personnes, et le premier, c’était moi. Je l’ai vu avoir des émotions, pleurer, se projeter de manière négative et donc avoir une auto réflexion sur lui-même. Il n’a jamais été violent envers moi, que ce soit verbalement ou physiquement. Jamais je ne me serais douté qu’il en vienne à commettre un crime.»<br>
Les psychologues expliquent que son passif et son enfance difficile sont des facteurs aggravants, mais pas déterminants. «Nous n’avons pas vraiment de prédispositions à commettre un crime. Heureusement, la majorité de ces enfants qui ont pu vivre des choses aussi similaires que lui en termes de violences familiales, de déstructuration, de déscolarisation et de rupture des liens ne sont pas devenus des criminels. La plupart du temps, nous avons affaire à des crimes de proximité, où le criminel et la victime se connaissent, ce qui n’est pas le cas dans cette affaire. Nous sommes dans une société où les crimes sont en baisse, malgré une prolifération des attentats.»<br>
Au-delà de la personnalité du cas étudié, cette histoire relève des tensions sociales et territoriales beaucoup plus vastes.</p>
<h3>Qu’est-ce qu’un monstre humain&nbsp;?</h3>
<p>Le monstre humain est une notion abordée par Michel Foucault, dans <em>Les anormaux</em>. Il utilise cette expression dans ses cours au Collège de France. Il explique qu’il y a eu une transformation de la représentation du monstre. Auparavant, le monstre était synonyme de difformités physiques. Puis, le terme a évolué et il y a eu une focalisation autour de la figure du monstre moral avec un individu qui n’est plus forcément remarquable par ses difformités extérieures. Nordahl Lelandais, le tueur impliqué dans l’affaire de la petite Maëlys, en est un archétype. David Puaud donne aussi l’exemple de Lucca Rocco Magnotta, tueur canadien, mannequin, qui a commis un acte d’anthropophagie. Dans les médias, ils opposaient cet homme d’une beauté physique remarquable à sa monstruosité morale. «Le but de l’anthropologie c’est d’essayer de déconstruire le fait que ce criminel soit qualifié de monstre moral durant le procès», explique David Puaud. En effet, différentes narrations ne faisaient aucun doute quant au caractère monstrueux de l’individu et certains journalistes ont aussi insisté sur la figure du monstre. Les notions de monstre et d’humain sont-elles réellement incompatibles&nbsp;?</p>
<p>À l’issue du procès en 2007, les deux criminels furent condamnés à la même peine : la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 20 ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p><em>Un monstre humain ? Un anthropologue face à un crime sans mobile, </em>éditions La Découverte, 238 pages, 19 €<br>
David Puaud a publié son second livre le 16 août intitulé <a href="https://www.presses.ehesp.fr/produit/spectre-de-radicalisation/"><em>Le spectre de la radicalisation. L’administration sociale en temps de menace terroriste</em></a>, aux éditions presses EHESP.</p>
<div id="attachment_29295" style="width: 164px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/image-20180320-31608-qxonqx-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29295" class=" wp-image-29295" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/image-20180320-31608-qxonqx-1.jpg" alt="David Puaud" width="154" height="154" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/image-20180320-31608-qxonqx-1.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/image-20180320-31608-qxonqx-1-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 154px) 100vw, 154px"></a><p id="caption-attachment-29295" class="wp-caption-text">David Puaud.</p></div></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/le-crime-parfait-nexiste-pas/">Le crime parfait n’existe pas</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/un-monstre-humain/">Un monstre humain ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>L’Homme oublié du canal de Panama</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lhomme-oublie-du-canal-de-panama-bernard-meunier/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lhomme-oublie-du-canal-de-panama-bernard-meunier</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Aug 2018 09:28:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le canal de Panama doit sa réussite à un ingénieur français de l’ombre né en 1821 en Corrèze, à Lissac-sur-Couze. Bernard Meunier le raconte dans un livre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>«Jamais on avait creusé autant, jamais on avait on n’avait coulé autant de béton&nbsp;!»</p>
<p>Alors que l’année 1914 est synonyme pour nombreux d’entre nous de champs de bataille, le 15 août 1914 est inauguré un canal aujourd’hui célèbre. Après le chantier le plus long, le plus consommateur de capitaux venant de France puis des États-Unis, mais aussi le plus cher en vies humaines, ternissant la carrière de nombreuses personnalités telles que Ferdinand de Lesseps, Gustave Eiffel ou encore Georges Clémenceau, un navire passe d’un océan à un autre pour la première fois. La Une de la presse française concerne l’avancement de la guerre et les pages suivantes reprennent le cours habituel des nouvelles. Pourtant, ce jour là, un chantier de trente-cinq ans se termine&nbsp;: le canal de Panama. Grâce à lui, «les navires, en évitant le passage du terrible cap Horn, faisaient l’économie d’une dizaine de milliers de kilomètres pour aller de l’Asie à l’Europe».</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29288" style="width: 317px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29288" class=" wp-image-29288" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11.jpg" alt="portrait Godin" width="307" height="263" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11.jpg 940w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11-300x257.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11-768x657.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11-650x556.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/thumbnail_11-150x128.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 307px) 100vw, 307px"></a><p id="caption-attachment-29288" class="wp-caption-text">Portrait de Godin de Lépinay.</p></div>
<h3></h3>
<h3>L’ingénieur des plus célèbres canaux</h3>
<p>Adolphe Godin de Lépinay, dont l’histoire parle très peu, a pourtant été à la source de la réussite de ce canal. Né en 1821 à Lissac-sur-Couze, il intègre l’École polytechnique en 1840 à l’âge de 19 ans. Il est ensuite admis à l’École royale des ponts et chaussées, malgré son fort caractère qui lui vaut des commentaires de mauvaise conduite. Il fait rapidement ses preuves dans son travail d’ingénieur. Il est remarqué par Napoléon III qui le fait chevalier de la légion d’honneur le 18 septembre 1860. En décembre 1860, il est nommé ingénieur ordinaire de première classe, à l’époque où Paris se transforme de ville encore médiévale à ville moderne, ce qu’on appellera plus tard le Paris haussmannien. Une politique hygiénique se met en place pour lutter contre les maladies, notamment les épidémies de choléra. «Le tracé des grands boulevards permet la construction d’un vaste réseau souterrain de collecteurs des eaux usées», ceux-ci étant encore utilisés par les réseaux de nos jours. Ses talents le mèneront à prévoir un tunnel sous le Mont-Blanc, à la construction de chemins de fer en Algérie mais aussi au Mexique où la fièvre jaune sévissait et à laquelle il échappe, alors que plusieurs de ses collègues en décèderont. Il occupera par la suite pendant plusieurs années le poste de contrôleur à la compagnie du Paris-Orléans et est nommé ingénieur en chef entre temps. Il participe à un projet d’un canal grand gabarit pour doubler le canal du Midi, celui que nous connaissons, élément essentiel du patrimoine touristique de la région occitane. En plus de ce projet, il est engagé dans le tracé d’un chemin de fer transsaharien dont le but est de rejoindre l’Afrique de l’Ouest au sud algérien avec une voie ferrée de plus de 2 500 kilomètres. Il travaille aussi sur un projet de mer intérieure en Tunisie qui devait amener l’eau de la Méditerranée par un canal de plus de 240 kilomètres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29275" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29275" class="size-large wp-image-29275" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/2-1024x865.jpg" alt="carte tracé du canal" width="1024" height="865"></a><p id="caption-attachment-29275" class="wp-caption-text">Canal des deux-mers, c.a. 1885 (collection de l’auteur).</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parmi les aventures de Godin de Lépinay, Bernard Meunier évoque celle de son rôle pendant la guerre de 1870 avec la Prusse et ses alliés. Godin de Lépinay quitte Paris assiégée en ballon le 20 décembre 1870, au milieu de la nuit. À cause du chargement trop important, du manque d’instrument de navigation et des vents violents, le ballon redescend le matin en Bavière. Il reçoit un coup violent sur les yeux lors de son atterrissage chaotique, blessure qui sera responsable de sa cécité quelques années plus tard. Il reste 52 jours en détention à Munich avec ses compagnons de voyage, jusqu’au 18 février 1871.</p>
<h3>La vérité selon Schopenhauer</h3>
<p>Ferdinand de Lesseps, connu pour avoir fait construire le canal de Suez, se lance dans le projet du canal de Panama. Il ouvre un congrès international en 1879 à Paris consacré à ce projet interocéanique sur les mots suivants&nbsp;:<br>
«C’est ici que doivent tomber les dernières barrières qui entravent la libre circulation des Océans. Venez, et à votre voix les montagnes s’abîmeront, les vallées ouvriront leurs flancs, deux mers uniront leurs ondes&nbsp;; des milliers de navires voleront, rapides, vers le plus riche marché du globe, et les nations dépouillées de leurs armures de fer, se donneront le baiser fécond de la paix universelle.»</p>
<p>Godin de Lépinay, quant à lui, a une démonstration quasi mathématique&nbsp;sur la réduction des coûts du canal, une conception rationnelle de celui-ci, en tenant compte au mieux des conditions naturelles, etc. Mais son projet est refusé. Le projet du canal de Panama de Ferdinand de Lesseps est choisi, malheureusement «il n’a jamais été capable de mettre en place une direction efficace&nbsp;[…]. En l’absence d’une gestion économe des sommes confiées par les épargnants français, Lesseps, trop marqué par l’âge et son orgueil conforté par le succès de Suez, a laissé le champ libre aux aigrefins de toutes sortes, pour son plus grand malheur et celui des Français», ce qui conduira au scandale de Panama quelques années plus tard.<br>
L’auteur cite le philosophe allemand Schopenhauer dans son épilogue. «Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence». Le refus du projet de Godin de Lépinay se poursuit jusqu’en 1906 avant qu’il s’impose finalement comme une évidence, en 1914, trente-cinq ans après le congrès de Paris et seize ans après sa mort.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29277" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/3.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29277" class="size-large wp-image-29277" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/3-1024x585.jpg" alt="Graphique canal" width="1024" height="585"></a><p id="caption-attachment-29277" class="wp-caption-text">Tracé du canal et situation des travaux en cours d’exécution au 1<sup>er</sup> juin 1883 (BnF).</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Finalement,&nbsp;l’auteur du livre explique que le projet du canal de Panama a été permis grâce à quatre éléments principaux&nbsp;: la compréhension du mode de transmission des maladies tropicales qui a permis de réduire considérablement les pertes humaines, le financement du chantier par le Trésor américain, un tel mode de financement n’étant pas envisageable par les Français, l’organisation militaire du gouvernement américain, confiée à de brillants officiers-ingénieurs et une chaîne de commandement particulièrement courte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29276" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/7.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29276" class="size-large wp-image-29276" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/7-1024x760.jpg" alt="travaux tranchée" width="1024" height="760"></a><p id="caption-attachment-29276" class="wp-caption-text">Creusement de la tranchée de la Culebra, 1910 (collection Daily Mail).</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Bernard Meunier :&nbsp;«Nous avons tous un peu oublié le formidable travail des ingénieurs de cette époque»</h3>
<p><strong>L’Actualité. –</strong> Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur ce sujet qu’est le canal de Panama ?</p>
<p><strong>Bernard Meunier. –</strong> &nbsp;Adolphe Godin de Lépinay, ingénieur des ponts et chaussées, a légué une grande propriété située sur la commune de Journet à proximité de Montmorillon à l’Académie des sciences en 1898. Célibataire, sans enfant, ce Corrézien par sa naissance ne souhaitait pas que son domaine poitevin soit morcelé après son décès. Impliqué depuis quelques années dans la gestion de ce domaine, j’ai souhaité faire connaître ce brillant ingénieur de la seconde moitié du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle. Nous avons tous un peu oublié le formidable travail des ingénieurs de cette époque, celle de la création du réseau de chemin de fer en France. Il a non seulement participé à la création de nombreuses lignes dans le Limousin, mais aussi en Algérie et au Mexique. Moins connue de la grande histoire, sa conception du canal de Panama, avec la construction d’un barrage et d’écluses et la création d’un grand lac artificiel, reste sa plus grande contribution à ce qui a été le plus grand chantier du monde sur la période 1880–1914. Après l’échec de Ferdinand de Lesseps, la réalisation du canal par les Américains entre 1906 et 1914 s’est faite en utilisant le projet de Godin de Lépinay. Quelques livres américains, non traduits en français, rendent un hommage discret à cet ingénieur de talent. Il était temps de nous remettre en mémoire cette carrière exceptionnelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29283" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29283" class="size-large wp-image-29283" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/1-1024x682.jpg" alt="demeure" width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-29283" class="wp-caption-text">Demeure de Ry-Chazerat, 2016, façade sud-est (collection D. Delisle).</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment s’est déroulé votre travail de recherche pour aboutir à l’écriture d’un tel livre ? Les références sont abondantes et très précises concernant la biographie de Godin de Lépinay, vous utilisez des lettres, des détails historiques précis et citez même les journaux de l’époque.</strong></p>
<p>Le dossier d’ingénieur des ponts et chaussées de Godin de Lépinay est accessible aux Archives nationales. Il contient ses échanges de courrier avec sa hiérarchie et permet de suivre les péripéties de sa carrière. Par ailleurs, le compte-rendu du congrès international sur le projet de canal à Panama ayant eu lieu à Paris en 1879 est consultable à la bibliothèque de l’École des Mines de Paris. Les archives de l’Académie des sciences permettent de compléter cette documentation. Quant aux journaux français de l’époque, ils sont consultables en ligne sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale.</p>
<p>Tout le travail sur le choix des tracés des chemins de fer ou des canaux se faisait à partir de cartes à deux dimensions avec mention du relief à l’aide des courbes de niveau et des calculs très simples, inspirés de la géométrie telle que Monge l’enseignait à l’École polytechnique au début du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle. Tout cela se faisait sans ordinateurs !</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p>Bernard Meunier est né en 1947 à Poitiers où il a commencé ses études de sciences. Il est membre de l’Académie des sciences et président de la fondation qui a en charge le domaine de Ry-Chazerat légué par Adolphe Godin de Lépinay à l’Académie des sciences.</p>
<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/bm.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-29272" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/bm-797x1024.png" alt="Portrait Bernard Meunier" width="182" height="234"></a></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>L’homme oublié du canal de Panama</em>,<em> Adolphe Godin de Lépinay,</em>&nbsp;de Bernard Meunier, CNRS éditions, 256 pages, 24 €</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lhomme-oublie-du-canal-de-panama-bernard-meunier/">L’Homme oublié du canal de Panama</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Les créatures informatiques de Raphaël Jean</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Aug 2018 08:38:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Raphaël Jean, photographe et artiste, crée des espèces originales dont le réalisme peut remettre en question la taxonomie existante…</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-creatures-informatiques-de-raphael-jean/">Les créatures informatiques de Raphaël Jean</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Raphaël Jean est photographe professionnel depuis plus de quarante ans. Passionné par l’image de synthèse, il crée des séries de plantes, animaux et humains dont l’ADN se mélange informatiquement.</p>
<p>«Dans les années 1990 j’avais une quête personnelle, je voulais savoir si nous étions capables de réaliser virtuellement des objets aussi réels que dans la réalité. Le résultat était intéressant. Mais le domaine organique m’intéressait plus que les objets qui pouvaient être photographiés facilement. Cependant, à cette époque, les ordinateurs n’étaient pas assez performants. J’ai donc abandonné l’idée et recommencé il y a maintenant une dizaine d’années en créant des choses qui n’existent pas, en inventant un monde à moi.»</p>
<h3>Le petit monde imaginaire du radis noir</h3>
<p>L’artiste travaille sur quatre différentes séries&nbsp;: le végétal et l’homme, les sphères, les ethnies imaginaires et des créations pour illustrer les albums pour enfants et adolescents intitulées «le petit monde imaginaire du radis noir».</p>
<div id="attachment_29190" style="width: 829px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/vegetal-face.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29190" class="size-large wp-image-29190" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/vegetal-face-819x1024.jpg" alt="visage végétal homme" width="819" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29190" class="wp-caption-text">Raphël Jean,&nbsp;<em>Vegetal Face</em>, série végétal et humain.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29188" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/ethnie-imaginaire.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29188" class="size-large wp-image-29188" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/ethnie-imaginaire-890x1024.jpg" alt="masque végétal insecte humain" width="890" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29188" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, série ethnies imaginaires.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29194" style="width: 1028px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/glischrochilus-ceruleus-sur-sa-planete.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29194" class="size-large wp-image-29194" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/glischrochilus-ceruleus-sur-sa-planete-1018x1024.jpg" alt="planète scarabée jaune bleu " width="1018" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29194" class="wp-caption-text">Raphaël Jean <em>Glischrochilus ceruleus sur sa planète</em>, série sphères.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29191" style="width: 829px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/ile-aux-serpents.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29191" class="size-large wp-image-29191" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/ile-aux-serpents-819x1024.jpg" alt="animaux volants île serpents désert fumée" width="819" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29191" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>divinités égyptiennes survolant l’île aux serpents</em>, série illustrations d’album pour enfants.</p></div>
<p>Lorsqu’on lui demande pourquoi ce choix de titre il répond en un sourire «tout simplement parce que je m’habille souvent en noir et un jour un collègue m’a dit “tiens voilà le radis noir”». Nous comprenons alors que ce monde imaginaire est celui de Raphaël Jean qui mélange virtuellement l’ADN dans la quête d’une créature qui viendrait bouleverser tous les codes physiques et biologiques existants. L’artiste crée des images de synthèse mais il peut parfois avoir recourt à ses propres photographies qu’il intègre à ses compositions (aigrette, pigeons).</p>
<p>«Certaines de mes créations peuvent être utilisées dans l’imaginaire de la science-fiction. J’ai eu une commande pour la couverture d’un livre par exemple.»</p>
<div id="attachment_29192" style="width: 685px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/108-moonlight.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29192" class="size-large wp-image-29192" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/108-moonlight-675x1024.jpg" alt="mante religieuse science fiction lune nuit" width="675" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29192" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>Moonlight</em>.</p></div>
<p>Ses œuvres sont imprimées sur un papier américain fait à partir de coton qui est notamment utilisé par les musées. Celui-ci a la particularité de ne pas être acide. Son ph neutre permet une conservation optimale et la couleur ne se dégrade pas. Ce procédé, appelé digigraphie, assure la pérennité de l’œuvre. Les encres utilisées sont végétales sans produits chimiques.</p>
<h3>Un écosystème virtuel</h3>
<p>«Je suis parti du principe qu’à l’origine il a le végétal, les insectes et puis l’animal. Certains végétaux sont pollinisés par les insectes. Sans eux, certains végétaux n’existeraient pas. Les petits animaux tels que les batraciens se nourrissent des insectes pour être à leur tour mangés par d’autres animaux. Une sorte de chaîne alimentaire se construit et mes créations sont finalement inspirées de cet écosystème.»</p>
<div id="attachment_29189" style="width: 850px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/etoiles.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29189" class="size-large wp-image-29189" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/etoiles-840x1024.jpg" alt="sphère insecte volant" width="840" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29189" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>pollinisateur d’étoiles</em>.</p></div>
<p>Mais alors que de nombreux artistes expriment leur art à travers la peinture ou le dessin, Raphaël Jean exprime le sien à travers des logiciels informatiques. Au départ il utilisait Xfrog, un logiciel d’origine allemande dont la finalité est de créer des végétaux. «J’ai détourné sa vocation pour en faire ce que je voulais. Je fais le gros œuvre de l’insecte, ensuite je l’exporte dans Photoshop pour finaliser la création en ajoutant les textures, les détails, les ombres, les lumières. J’ai aussi d’autres techniques, dont une qui consiste à dessiner directement un croquis sur l’écran d’ordinateur que j’exporte par la suite dans Photoshop pour les finitions. Une dernière façon de travailler consiste à dessiner mon croquis sur un bloc. Puis je le scanne et je l’exporte dans Photoshop pour les finitions.»</p>
<h3>Des créations très réalistes</h3>
<p>Raphaël Jean explique : «J’ai été plus loin dans la démarche en contactant des spécialistes. Pour les végétaux j’ai contacté le professeur Gérard Aymonin qui était botaniste, professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, pour avoir son avis. Au départ il m’a dit “surtout ne mettez pas ça sur internet, les gens vont croire que ça existe”. J’ai dû lui expliquer ma démarche artistique et qu’il n’y avait rien de scientifique.» En effet, ses créations ressemblent à s’y méprendre à des végétaux ou des insectes que nous pourrions croiser dans la nature. Il a aussi repris la façon qu’ont les botanistes et les entomologistes de classer les espèces en inventant un nom en latin et en français. L’artiste a aussi contacté François Couplan, un paléo ethno botaniste ainsi que Jean-Marie Pelt, l’ancien président de l’institut européen d’écologie, une association de recherche et de mise en valeur de l’écologie en milieu urbain. «Il avait trouvé mon travail très intéressant et je lui ai offert une œuvre», se souvient-il. Il a eu la même démarche par la suite en créant sa série sur les insectes en entrant en contact avec un chercheur entomologiste du Cirad de Montpellier, lui aussi artiste, qui a donc été plus sensible à sa démarche.</p>
<div id="attachment_29197" style="width: 706px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/11-urocerus-flavopteridus.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29197" class="size-large wp-image-29197" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/11-urocerus-flavopteridus-696x1024.jpg" alt="insecte volant" width="696" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29197" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>Urocerus flavopteridus.</em></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29198" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/dans-les-profondeurs.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29198" class="size-large wp-image-29198" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/dans-les-profondeurs-1024x724.jpg" alt="poisson profondeurs jaune" width="1024" height="724"></a><p id="caption-attachment-29198" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>dans les profondeurs</em>.</p></div>
<p>Raphaël Jean se distingue par l’originalité de son concept. «J’ai remplacé le crayon par la souris, l’ordinateur est un outil.» Cette technique de travail intéresse notamment le jeune public qui connaît la difficulté de créer sur ordinateur.</p>
<div id="attachment_29200" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/planete-de-noe.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29200" class="size-large wp-image-29200" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/08/planete-de-noe-1024x946.jpg" alt="planète bulle insectes " width="1024" height="946"></a><p id="caption-attachment-29200" class="wp-caption-text">Raphaël Jean, <em>planète de Noé</em>.</p></div>
<p>Malgré le réalisme de ses œuvres, Raphaël Jean ne s’inspire pourtant pas de la nature et imagine complètement ses espèces. «Si elles sont aussi réalistes c’est surtout parce que nous avons tous une mémoire qui enregistre tout. Je ne peux pas inventer des choses que je n’ai jamais vues.»</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-creatures-informatiques-de-raphael-jean/">Les créatures informatiques de Raphaël Jean</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jaleh Talebpour – Donner vie à la pierre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jul 2018 07:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Iran est invité à Poitiers lors des journées du patrimoine 2018. Jaleh Talebpour s'inspire des façades des églises et cathédrales poitevines pour donner un nouveau souffle à son art.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Jaleh Talebpour est une artiste iranienne originaire de Téhéran. Sa relation à l’art remonte à l’enfance, lorsque très jeune, elle est envoyée chez un maître pour apprendre à dessiner. Elle a ensuite étudié à la faculté des Beaux-Arts. Après l’université, elle a travaillé avec de nombreuses galeries, et vit aujourd’hui de sa passion. Elle a notamment un contrat avec une galerie à Téhéran où elle expose une fois par an.</p>
<p>Elle rêvait d’offrir une source d’inspiration nouvelle à ses créations et c’est dans cette optique et à l’occasion des journées du patrimoine sur le thème de l’art et du partage qui ont lieu en septembre 2018 qu’elle est invitée à Poitiers par François Diot qu’elle a rencontré à Téhéran. Elle est accueillie en résidence d’artiste co-produite par l’association En attendant les Cerises et les Clés de Notre-Dame.</p>
<h3>«Je ne veux pas être l’eau qui stagne»</h3>
<p>Jaleh Talebpour ne se reconnaît le disciple d’aucun maître et évolue constamment dans son travail. «Je pars du principe que je ne veux pas être l’eau qui stagne.» Mais rien n’est laissé au hasard dans ses œuvres, il n’y a aucune anarchie dans ses dessins et ses peintures. Seule une technique irréprochable peut lui permettre d’exprimer ce qu’elle souhaite qui soit à la hauteur de ses espérances. «Si la technique est insuffisante, elle ne permet pas de traduire mon travail, explique-t-elle. Dans le cas contraire, je peux être déçue du résultat.»</p>
<p>L’artiste ne s’impose pas des formes ou des techniques définies et la diversité de ses œuvres en est l’illustration. Dessins, peintures, personnages, nus, fleurs, elle a régulièrement recourt à la couleur noire mais la lumière semble parfois émaner de certaines de ses œuvres.</p>
<div id="attachment_29050" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/03decoupee.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29050" class="size-large wp-image-29050" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/03decoupee-740x1024.jpg" alt width="740" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29050" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, dessin aux crayons de couleur, 2013, 149 x 115 cm.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29052" style="width: 552px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/9recadree.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29052" class="size-full wp-image-29052" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/9recadree.jpg" alt="personnage bleu reflets" width="542" height="744" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/9recadree.jpg 542w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/9recadree-219x300.jpg 219w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/9recadree-150x206.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 542px) 100vw, 542px"></a><p id="caption-attachment-29052" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, dessin aux crayons de couleur, 2013, 130 x 90 cm.</p></div>
<h3>Inspiration d’art médiéval poitevin</h3>
<p>Les façades ornementales sur les églises et cathédrales françaises et en particulier poitevines sont une véritable passion pour l’artiste. Les sculptures et les innombrables personnages mis en scène sont autant de sources d’inspiration possibles. «Le projet a commencé il y a deux ans lorsque j’ai eu l’idée de travailler sur les reliefs et les statues des églises et cathédrales qui sont très différents de notre style. En Iran, sur les mosquées par exemple, le style est différent avec des surfaces plus lisses. Je n’avais pas accès à ces églises mais je m’en suis déjà beaucoup inspirée.» Pour Jaleh, Poitiers est une source d’inspiration très riche en matière de monuments. «Je dessinais les membres de ma famille, des personnes de mon entourage que les statues incarnaient. Mon arrivée à Poitiers me confronte directement à ces personnages que je rencontre finalement comme pour la première fois. De plus, sur les reliefs, nous pouvons remarquer que les visages sont souvent abimés et certaines parties manquent, ce qui me permet de manière encore plus forte de projeter mes personnages sur ces sculptures.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28965" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2--jaleh-talebpour2c-untitled2c-painting2c-oil-on-paper2c-150x380cm2c-2017.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28965" class="size-large wp-image-28965" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2--jaleh-talebpour2c-untitled2c-painting2c-oil-on-paper2c-150x380cm2c-2017-1024x417.jpg" alt="dessin personnages noir et blanc" width="1024" height="417"></a><p id="caption-attachment-28965" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, peinture à &nbsp;l’huile, 2017, 150 x 380 cm.</p></div>
<h3>Un dialogue des cultures</h3>
<p>Son projet consiste à réaliser des dessins inspirés des sculptures des façades de Notre-Dame-la-Grande et la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, mais aussi de sa culture visuelle de Persépolis, fondé en 518 av. J‑C, qui est aujourd’hui l’un des plus grands sites archéologiques au monde. Elle affirme que des liens peuvent être établis entre ce qui existe à Persépolis et sur les façades poitevines, notamment avec la représentation des animaux. Mais la différence peut résider dans l’histoire qui entoure chacune des religions et donc l’interprétation que nous pouvons en faire. «À Persépolis, la religion est plus sous jacente puisqu’il est avant tout question du palais d’un grand roi alors que la symbolique religieuse transparait beaucoup plus dans les monuments des églises et cathédrales.» Ici, les formes lui paraissent plus fluides, à l’opposé des colonnes droites et antiques des restes de Persépolis.</p>
<p>Au-delà du partage de cultures entre l’Iran et la France en créant des œuvres hybrides, la philosophie et le cinéma sont d’autres de ses passions. «Je m’inspire de personnages fictifs, des livres que je lis, des récits de vie, des histoires. Pour moi, la création se cristallise en un instant. Je ne pourrais pas dire précisément ce qui m’a inspiré pour une œuvre parce que j’ai une multiplicité de sources. Je pourrais comparer mon inspiration à la vie d’un chasseur qui sera face à une proie de façon soudaine. Parfois, lorsque je fais mon jogging dans le parc, je vois un rayon de lumière qui éclaire un endroit en particulier et pendant mon processus de création, c’est le même principe. À un moment donné, un rayon de lumière éclaire une idée particulière. Parfois j’arrive à la représenter, mais parfois non…»</p>
<div id="attachment_29055" style="width: 535px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/13recadree.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29055" class="size-full wp-image-29055" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/13recadree.jpg" alt="personnage reflets" width="525" height="730" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/13recadree.jpg 525w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/13recadree-216x300.jpg 216w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/13recadree-150x209.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 525px) 100vw, 525px"></a><p id="caption-attachment-29055" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, dessin aux crayons de couleur, 2013, 130 x 90 cm.</p></div>
<h3>L’art comme cheminement</h3>
<p>Lorsqu’on lui demande s’il n’est pas trop frustrant lorsque son œuvre ne répond pas à l’image qu’elle s’en faisait, Jaleh répond en un sourire&nbsp;:&nbsp;«c’est le processus même de création que vous décrivez&nbsp;là». Finalement, elle explique qu’elle se sépare de beaucoup de ses travaux&nbsp; parce qu’ils n’ont pas été à la hauteur de ce qu’elle avait &nbsp;imaginé. Elle préfère alors ne pas les garder plutôt que d’avoir une fausse représentation de ce qu’elle souhaitait montrer. Pourtant, malgré tout le travail que la création d’une œuvre demande, elle n’a aucun regret et c’est le geste qui a plus d’importance que la finalité. «Le processus de réalisation est parfois plus important que l’œuvre en elle-même. Selon moi, l’art est plus le cheminement que l’aboutissement. En fait, je compare l’art à la vie et j’accepte ses réussites comme ses échecs.»</p>
<div id="attachment_29058" style="width: 768px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/02recadree.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29058" class="size-large wp-image-29058" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/02recadree-758x1024.jpg" alt="plantes feuilles vert" width="758" height="1024"></a><p id="caption-attachment-29058" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, dessin aux crayons de couleur, 2014, 149 x 115 cm.</p></div>
<h3>Des œuvres récits</h3>
<p>Les œuvres de Jaleh sont finalement des récits. Ses dessins dématérialisent la pierre et donnent vie à des personnages qui ont été figés dans le temps.&nbsp;«Je fais passer les statues de l’immobilité au mouvement.» Alors que l’histoire arrive à nous par morceaux à travers ces sculptures de pierre, elle reconstitue encore cette histoire et son interprétation créée la nouvelle histoire d’une histoire ancienne.</p>
<p>Sa première impression des gargouilles gothiques de la cathédrale illustre la subjectivité interprétative de chacun d’entre nous. «Du fait de ma culture iranienne, je ne connaissais pas du tout ce genre de statues et tout ce que je pouvais interpréter c’était des monstres qui me terrorisaient. Mais en discutant autour de moi, je me suis rendu compte de l’écart d’interprétation. Pour certains, ces gargouilles protègent la cathédrale alors que pour moi elles sont une menace.»</p>
<p>François Diot explique qu’à Persépolis, les personnages sculptés représentent essentiellement des rois de différents pays en procession vers le palais du roi de Perse. Les murs racontent ce qui se passe une fois par an à Persépolis. Les personnages sont très droits mais en y regardant de plus près, nous pouvons remarquer des contacts entre eux, ils se tiennent la main, se regardent. L’amitié entre les peuples est flagrante à partir du moment où l’on s’attarde sur les détails et Jaleh s’inspire finalement de ces détails qui, comme les lignes de ses dessins, racontent les fragments d’une histoire.</p>
<div id="attachment_28960" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/dsc01547.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28960" class="size-large wp-image-28960" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/dsc01547-1024x768.jpg" alt="dessin personnages noir et blanc" width="1024" height="768"></a><p id="caption-attachment-28960" class="wp-caption-text">Dessin Jaleh Talebpour – photo : Lison Gevers.</p></div>
<p>Dans cette série, son dessin libère la matière. Mais elle a aussi pu travailler sur une série de nus qu’elle n’a pas eu le droit d’exposer en Iran. Ses œuvres de nus, à l’opposé de cette série de personnages qui se déplient, s’étouffent dans un cadre très petit. Ce choix est assez remarquable puisque la nudité est souvent associée à la liberté et elle a fait le choix de montrer l’immobilité et l’étouffement des corps qui deviennent presque plus froids que la pierre…</p>
<div id="attachment_29060" style="width: 600px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2-copyrecadree.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29060" class="size-full wp-image-29060" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2-copyrecadree.jpg" alt="Nu corps femme bleu" width="590" height="431" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2-copyrecadree.jpg 590w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2-copyrecadree-300x219.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/2-copyrecadree-150x110.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px"></a><p id="caption-attachment-29060" class="wp-caption-text">Jaleh Talebpour, dessin aux crayons de couleur, 2016, 12 x 9 cm.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p><a href="https://www.perse-poitiers.fr/jaleh-talebpour">Jaleh Talebpour</a> exposera à la cathédrale de Poitiers les 15 &amp; 16 septembre 2018 à l’occasion des journées du patrimoine.</p>
<p><a href="https://www.perse-poitiers.fr/">Le programme</a> de la Perse à Poitiers.</p>
<p><a href="https://vimeo.com/272332231">Vidéo</a> de Jaleh Talebpour à Persépolis en mai 2018.</p>
<p>&nbsp;</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/donner-vie-a-la-pierre/">Jaleh Talebpour – Donner vie à la pierre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Surfeurs de la lune</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jun 2018 08:18:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lucas Gevers, architecte paysagiste bordelais, a entrepris un périple en kayak dans le but de connaître l'estuaire de la Gironde dans ses profondeurs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Lucas Gevers, architecte paysagiste originaire de Bordeaux, entreprend en mai 2017 un périple en kayak sur l’estuaire de la Gironde. Une manière d’appréhender la rivière et ses coteaux, ses sujets d’études de prédilection, et de partager sa vision poétique du fil de l’eau. L’une de ses étapes est Saint Pardon à Vayres, une petite commune du Sud-Ouest.</p>
<p>À mesure que nous nous rapprochons de Saint Pardon, de nouveaux pratiquants de la Dordogne font leur apparition. Quelque chose se passe, une agitation est palpable chez les usagers. La marée est très basse près du port. Quelques personnes sont déjà rassemblées. Elles sont réunies ici pour le mascaret, phénomène social et naturel des lieux. Il s’agit d’un incontournable du département.</p>
<h3>L’Actualité. – Qu’est-ce que le mascaret&nbsp;?</h3>
<p>Lucas Gevers. – Le mascaret est un phénomène rare dans le monde. Pour qu’il se forme, il doit présenter une structure hydraulique particulière qui dépend des marées. Le fleuve doit en effet présenter une forme en entonnoir depuis l’embouchure pour accentuer l’effet d’onde. Le débit important qui s’oppose à la marée descendante crée une vague, à condition que le niveau d’eau soit bas pour l’élever et créer une ondulation. Sinon, la vague s’affaisse. De plus, il faut un coefficient important (autour de 100) pour proposer le débit nécessaire à sa formation. Un étiage très bas de la Dordogne lié à la sécheresse de l’été, combiné à une pleine lune proche, entraîne les mascarets. C’est la raison pour laquelle les surfeurs de Saint Pardon sont appelés «les surfeurs de la lune». La vague peut alors atteindre les 1,5 à 2 mètres et avancer jusqu’à 20 km/h. Le mascaret est avant tout la mise en scène d’un phénomène scientifique naturel ponctuel, d’une vague mystique et d’un paysage associé…</p>
<h3>Comment prend-on la vague ?</h3>
<p>Une heure avant le départ, le port de Saint Pardon se réveille et la frénésie est palpable. De plus en plus de personnes affluent, de toutes les générations. L’ambiance est familiale et tout le monde semble se connaître. Lorsque le départ est donné, chacun se lance dans la Dordogne avec sa fidèle monture et se dirige en amont pour attendre la vague. Avant de la voir, la vague s’entend. Elle vient à notre rencontre. La scène est singulière, surfeurs et kayakistes bien sagement alignés remontent la Dordogne avec la vague. Ils sont acclamés et applaudis au moment de la remontée, la vague elle-même semble être saluée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28284" style="width: 520px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-2-mascaret-preparation.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28284" class=" wp-image-28284" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-2-mascaret-preparation-1024x529.png" alt="préparation surfeurs " width="510" height="264"></a><p id="caption-attachment-28284" class="wp-caption-text">Préparation du mascaret. Photo : Lucas Gevers – capture à partir d’une vidéo de caméra embarquée.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28285" style="width: 523px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-3-mascaret-descente.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28285" class=" wp-image-28285" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-3-mascaret-descente-1024x495.png" alt width="513" height="248"></a><p id="caption-attachment-28285" class="wp-caption-text">Descente dans la cale. Photo : Lucas Gevers – capture à partir d’une vidéo de caméra embarquée.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28286" style="width: 526px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-4-mascaret-attente-vague.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28286" class=" wp-image-28286" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-4-mascaret-attente-vague-1024x542.png" alt="attente en position de la vague" width="516" height="273"></a><p id="caption-attachment-28286" class="wp-caption-text">Attente de la vague. Photo : Lucas Gevers – capture à partir d’une vidéo de caméra embarquée.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28287" style="width: 530px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-5-mascaret-vague.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28287" class=" wp-image-28287" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/photo-5-mascaret-vague-1024x510.png" alt="arrivée de la vague" width="520" height="259"></a><p id="caption-attachment-28287" class="wp-caption-text">Mascaret. Photo : Lucas Gevers – capture à partir d’une vidéo de caméra embarquée.</p></div>
<h3>Comment les habitants vivent-ils cet événement ?</h3>
<p>Pour certains habitants, le mascaret est synonyme d’érosion et de menace pour les maisons ayant osé braver les risques pour s’implanter au bord de la rivière. Cependant, tout le monde se rassemble pour honorer ce phénomène&nbsp;: spectateurs, habitants, surfeurs, kayakistes, paddlistes. Il s’agit d’un moment de convivialité où toutes les générations viennent s’adonner à la pratique ou simplement assister à la vague. Les gens n’assistent pas seulement à l’évènement, ils restent pendant des jours parfois et campent sur place. La plupart sont des locaux mais il y a aussi de nombreux étrangers. Les gens sont déguisés, viennent avec leurs familles, leurs chiens. C’est aussi l’occasion de faire se rencontrer des gens de disciplines sportives nautiques différentes. On reconnaît les gens qui viennent une année sur l’autre et puis les nouveaux, qui sont directement adoptés par la communauté. Une entraide est notable, car les conditions sont tout de même difficiles entre la vague et le courant, et les surfeurs ont pour habitude de veiller les uns sur les autres. Tout le village tourne autour du mascaret, un bar n’ouvre que le temps de l’évènement par exemple. Le phénomène développe une économie à petite échelle. Le mascaret transforme la vie d’un petit village et d’un paysage et crée surtout une communauté à part entière.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/surfeurs-de-la-lune/">Surfeurs de la lune</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Rira bien qui rira le dernier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jun 2018 08:10:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le numéro 126 de la revue La Licorne étudie le rire dans les dialogues. Comment et pourquoi rit-on des dialogues depuis le IV ème siècle?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Les études réunies dans <em>Rire et dialogue</em> examinent les usages plaisants du dialogue qui incitent au rire tels que la comédie, la conversation, la farce ou la satire sociale. Le regard croisé de spécialistes de périodes et approches diverses permet une analyse des mécanismes dialogaux du rire mais aussi de ce que le rire fait au dialogue. Ils explorent également les relations entre rire et sociabilité.</p>
<p>Le premier article par Gilles Col vise à proposer des pistes de réflexion pour décrire les mécanismes cognitifs et langagiers à l’œuvre dans le rire et le dialogue. Il explique que le rire dialogal met à mal «les routines cognitives» et repose sur le «décalage entre ce qui est attendu et ce qui est finalement construit», induisant une nouvelle perception.</p>
<p>Michel Briand, quant à lui, analyse les mélanges de tons, qui vacillent entre sérieux et drôle et qui impliquent une théâtralisation du dialogue.</p>
<h3>«Ici, tu pourras rire sans fin» *</h3>
<p>Les <em>Dialogues des morts</em>, de Lucien de Samosate, étudiés par Anne-Marie Favreau-Linder s’inspirent de la philosophie cynique, dont le <em>memento memori</em>. Les morts eux-mêmes rient. Lucien chamboule les codes et se moque de ce qui devrait inspirer le respect. Il joue sur la surprise du lecteur. Rire plutôt que consoler est le remède qu’il propose à la mélancolie.</p>
<p>Le rythme du texte est abordé par le biais d’une interview imaginaire inventée par Ariane Eissen dans laquelle Giorgio Manganelli est l’interlocuteur de Phèdre dans ses fables. En effet, elle aborde le théâtre radiophonique dans lequel l’interprétation par les acteurs joue un rôle central.</p>
<p>Le rire renvoie nécessairement à une communauté, en d’autres termes à un cadre social de référence. On s’interroge donc sur la codification des formes acceptables du rire et sur leurs usages qui peuvent être socialement discriminants. Certains rires de théâtre sont proscrits par les théoriciens du genre, comme le dialogue à une voix, analysé par Bernard Faivre. Le rire féminin abordé par Jeanne Chiron est perçu comme une manifestation grossière du corps, indice d’immaturité ou preuve du mauvais fond humain. Cependant, le rire est aussi vu sous un jour plus positif, notamment dans les dialogues éducatifs des Lumières, évoquant «la pédagogie du sourire» qui peut s’inscrire dans ce que nous pourrions appeler la pédagogie attrayante. Elle explique que l’idée qu’il faudrait montrer la sagesse avec un visage riant est une très vieille idée abordée par de grands noms tels que Montaigne (<em>Institution Oratoire</em>), Érasme (<em>Traité de l’éducation précoce et libérale des enfants</em>) et Fénelon (<em>Traité de l’éducation des filles</em>). «Le rire est un instrument symbolique fort, servant à la revendication d’une éducation renouvelée […]».</p>
<p>Patricia Gauthier explique que le roman comique établit un rapport de connivence avec le lecteur.</p>
<p>Il n’y a pas que le rire, il y a aussi le sourire et Christine Kossaifi rapproche le sourire à une invitation à entrer dans le monde de la fiction bucolique.</p>
<h3>«Rire est le propre de l’homme» **</h3>
<p>Le rire peut aussi avoir une visée politique, philosophique ou morale. Par exemple, Voltaire utilise ce rire militant pour dénoncer les atrocités religieuses. En des temps de barbarie et de fanatisme, nous pouvons comparer historiquement les conditions d’exercice du rire d’après Dominique Bertrand. Mais dans un contexte de censure, la satire se cache sous un masque, stratégie utilisée par Lucien, Rabelais, Érasme et Voltaire notamment. La précarité de la force comique dépend de l’intelligence du rire pour se déployer «à une époque où l’esprit critique et le jugement indépendant font encourir des risques immenses», selon Bernd Renner.</p>
<p>La scène comique et le dialogue philosophique sont étudiés par Françoise Le Borgne dans <em>Le Neveu de Rameau</em> de Diderot, ouvrage qui peut se lire comme une interrogation sur la nature et les usages du rire.</p>
<p>La revue incite à s’interroger sur la langue en elle-même, l’hypocrisie linguistique, mais aussi la capacité du rire à libérer l’individu de «toutes les confiscations institutionnelles», selon Jean Lecointe. Le rire pousse le dialogue à ses limites, désamorce les automatismes de pensée, tient à distance les normes sociales et favorise une expérience philosophique. Il peut aussi le subvertir radicalement et l’emmener à un point de rupture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Dialogue des morts, Lucien de Samosate<br>
** Gargantua, François Rabelais</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28023" style="width: 333px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/75536030-14873377.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28023" class=" wp-image-28023" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/75536030-14873377.jpg" alt="couverture de la revue la licorne 126" width="323" height="323" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/75536030-14873377.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/75536030-14873377-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 323px) 100vw, 323px"></a><p id="caption-attachment-28023" class="wp-caption-text">Rire et dialogue, La licorne 126, PUF, 22 €</p></div>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/rira-bien-qui-rira-le-dernier/">Rira bien qui rira le dernier</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Les bienfaits de l’amande</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 May 2018 08:10:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qualités nutritionnelles, gastronomiques, utilisées en médecine et en cosmétique, les amandes sont reconnues pour être un super-aliment. Pourquoi cette réputation ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Alors que l’amande est très souvent abandonnée dans nos régions, elle présente de nombreuses vertus. La très grande majorité des amandes consommées en France provient de l’étranger, et notamment des États-Unis.</p>
<h3>Des qualités nutritionnelles</h3>
<p>L’amande a des propriétés gustatives, nutritionnelles et médicinales remarquables.</p>
<p>Elle est riche en lipides, elle est donc calorique&nbsp;: environ 600 kcal et 50 g de lipides pour une portion de 100 g. Raison pour laquelle il ne faut pas non plus en abuser et ne pas en consommer plus de 100 g par jour. Cependant, les lipides de l’amande sont réputés pour favoriser le bon cholestérol (ses graisses sont en majorité sous forme d’acide oléique).<br>
L’amande est aussi très peu dosée en sucre (seulement 2 %) et possède une charge glycémique peut élevée.<br>
Bonne nouvelle pour les végétariens, la teneur en protéines de l’amande se rapproche de celle de la viande&nbsp;: 25 g de protéines pour une portion de 100 g.<br>
L’amande présente aussi 12 % de fibres qui sont connues pour réguler le transit intestinal.<br>
Les minéraux et les oligo-éléments font aussi partie de ses nombreux bienfaits.&nbsp; Elle est l’une des meilleures sources végétales de calcium&nbsp;: 250 mg pour 100 g, de phosphore&nbsp;: 416 mg, de magnésium&nbsp;: 250 mg et de zinc 3,3 mg. De plus, elle contient de nombreuses vitamines (E, B2, B3) et une teneur élevée en manganèse et en cuivre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27710" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/amandes-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27710" class="size-large wp-image-27710" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/amandes-1-1024x683.jpg" alt="amandes cassées" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27710" class="wp-caption-text">Amandes. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<h3>L’amande en cuisine</h3>
<p>Manger des amandes le plus naturellement possible permet de préserver toutes ces qualités nutritionnelles. En effet, il vaut mieux éviter les amandes transformées, grillées, sucrées, salées. Cependant, de nombreuses spécialités permettent de varier les plaisirs. L’amande est utilisée dans de nombreuses préparations culinaires.</p>
<p>L’huile d’amande douce peut être utilisée en gastronomie. Cependant, le coût est très élevé. Il faudra compter 50 € le litre pour une huile vierge. Le bio étant préférable puisque les graisses stockent beaucoup de produits toxiques.</p>
<p>L’amande amère est très appréciée dans certaines préparations culinaires dans lesquelles l’acide cyanydrique toxique lié à l’amertume est neutralisé (des doses élevées d’amande amère brute sont rapidement toxiques).</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27711" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/frangipane.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27711" class="size-large wp-image-27711" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/frangipane-1024x682.jpg" alt="parts gateau frangipane" width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27711" class="wp-caption-text">Frangipane. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27712" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/macarons-de-jean.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27712" class="size-large wp-image-27712" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/macarons-de-jean-1024x682.jpg" alt="macarons " width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27712" class="wp-caption-text">Macarons de Loudun. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27713" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/34.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27713" class="size-large wp-image-27713" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/34-1024x682.jpg" alt="amandes caramel " width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27713" class="wp-caption-text">Caramel aux amandes. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27716" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/sacristain.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27716" class="size-large wp-image-27716" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/sacristain-1024x682.jpg" alt="Sacristain" width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27716" class="wp-caption-text">Sacristain. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<h3>Un atout de santé et de beauté</h3>
<p>En plus de ses qualités culinaires, l’amande est aussi utilisée en médecine et en cosmétique. D’après Fruits Oubliés Réseau, l’écorce d’amandier a des propriétés fébrifuges (contre la fièvre) et diurétiques. Les feuilles ont les mêmes bienfaits et facilitent l’évacuation de la bile vers l’intestin. Les fleurs sont utilisées en infusion comme vermifuge et purgatif. La coque, préparée en décoction, améliore en usage interne les affections respiratoires grâce à ses propriétés adoucissantes. La graine, broyée et mélangée avec de l’eau, peut donner le lait d’amande ou le sirop d’orgeat avec du sucre. Ils sont recommandés dans d’anciens ouvrages de phytothérapie en usage interne pour les inflammations de nombreux organes.</p>
<p>L’huile d’amande douce est parfois aussi obtenue avec des amandes amères préalablement distillées. Cette huile est connue depuis toujours pour ses propriétés en usage externe&nbsp;: calmant des démangeaisons cutanées, friction d’huile chaude pour calmer les douleurs intestinales inflammatoires et elle est, de manière générale, nourrissante et adoucissante pour la peau. Elle est aussi largement recommandée pour la pratique du massage.</p>
<h3>L’amande, mais à quel prix ?</h3>
<p>Aujourd’hui, la production d’amandes appartient essentiellement aux États-Unis qui possèdent 80 % du marché mondial avec 40 kilos d’amandes/seconde. Leurs techniques sont à blâmer pour des raisons environnementales, écologiques et même éthiques&nbsp;: il faut 4 litres d’eau pour faire pousser une seule amande, ce qui oblige à faire des forages à des centaines de mètres sous terre alors que le pays connaît déjà une grande sécheresse. Les amandes sont ensuite importées en Inde et ouvertes par des enfants de 10 ans qui portent des sacs de 25 kilos sur leurs épaules et travaillent des heures par jour à même le sol. Le reportage sur France 5 <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ygKMeY3HMms&amp;feature=youtu.be">Amandes, les secrets d’un super aliment,</a> aborde de manière complète cet engouement pour l’amande qui n’est pas sans conséquences. Mais les États-Unis sont aussi les premiers en ce qui concerne la publicité liée aux amandes. «Si les bienfaits de l’amande sont si connus, explique Nathalie Rivière, technicienne à la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, c’est aussi grâce aux États-Unis qui font de la publicité, du marketing et ont mis en avant l’amande».</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p>Fruits Oubliés n°72, “comment sauver les amandes&nbsp;?“, 51 p – 7 €</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/les-amandiers/">Les amandiers</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-bienfaits-de-lamande/">Les bienfaits de l’amande</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Mieux connaître la culture de l’amandier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 May 2018 14:15:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Diversifier les espèces, étudier les conditions climatiques adaptées à la culture de l'arbre et se former à son adaptation dans notre région résume la culture intelligente de l'amandier.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mieux-connaitre-la-culture-de-lamandier/">Mieux connaître la culture de l’amandier</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers</strong></p>
<p>Depuis quelques années, un désir de plantation d’amandiers se fait sentir en Nouvelle-Aquitaine. Loin de vouloir concurrencer avec les gros producteurs d’amandes, le but serait de conserver l’aspect patrimonial, gastronomique et scientifique de l’amandier dans la région.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27698" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/arbre-floraison-rose.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27698" class="size-large wp-image-27698" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/arbre-floraison-rose-1024x683.jpg" alt="arbre floraison rose" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27698" class="wp-caption-text">Amandier floraison rose. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une diversification arboricole</h3>
<p>Nathalie Rivière, technicienne chargée de l’arboriculture fruitière, propose des formations à la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne dans le but de mieux connaître <a href="http://www.paca.chambres-agriculture.fr/nos-publications/la-publication-en-detail/actualites/referentiel-technique-pour-la-culture-de-lamandier-en-paca/">les informations techniques</a>&nbsp;sur l’adaptation de l’amandier dans le Sud-Ouest, et de donner aux producteurs la formation de base pour leur projet de plantation d’amandiers. Elle explique que le but n’est pas de tendre vers une production massive mais de diversifier les productions chez les agriculteurs qui souhaitent implanter des amandiers sur leur domaine. Son rôle est d’informer les producteurs sur les exigences de l’arbre, sa plantation, ses porte-greffes, le marché, afin qu’ils réussissent au mieux leurs plantations. Les connaissances acquises pour le moment se basent essentiellement sur les plantations dans le Sud-Est, berceau français de l’amandier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27703" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/dsc01392.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27703" class="size-large wp-image-27703" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/dsc01392-1024x768.jpg" alt="plantation bacs terre pelle" width="1024" height="768"></a><p id="caption-attachment-27703" class="wp-caption-text">Plantation de jeunes amandiers. Photo : Lison Gevers.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Cultiver la diversité</h3>
<p>Le conservatoire régional d’Aquitaine s’est intéressé à la culture de l’amande dans la région. Dans chaque département d’Aquitaine, divers vergers assurent la conservation des ressources génétiques fruitières régionales depuis plus de 35 ans. Il possède 16 espèces fruitières différentes telles que des pêches, des brugnons, des figues, des prunes, des cerises, des amandes. Sur un domaine de 19 hectares, le verger occupe 12 hectares. La question qui se pose quant à l’amandier est la suivante : Quel est le niveau d’adaptation de l’amandier dans nos conditions climatiques&nbsp;? En effet, «l’amandier est un arbre de lumière et de vent, nos influences océaniques peuvent être problématiques (pluie, brouillard, froid). L’arbre est aussi plus sensible aux maladies fongiques dans le Sud-Ouest, développe Nathalie Rivière. L’Espagne est un producteur important, nous pouvons en tirer des enseignements mais à nuancer car leurs conditions climatiques sont différentes des nôtres.»<br>
Le but est donc de sélectionner les espèces les mieux adaptées aux conditions de la région. Par exemple, les espèces avec les floraisons les plus tardives (autour du 10–15 mars) sont privilégiées pour éviter le gel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27702" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/dsc01373.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27702" class="size-large wp-image-27702" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/dsc01373-1024x768.jpg" alt="jeune plant amandier" width="1024" height="768"></a><p id="caption-attachment-27702" class="wp-caption-text">Jeune plant d’amandier. Photo : Lison Gevers.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une production française possible</h3>
<p>Aujourd’hui, la production d’amandes appartient essentiellement aux États-Unis qui occupent 80 % du marché mondial.&nbsp; Il est impossible de rivaliser mais l’amande peut répondre au marché français et à sa gastronomie. Cependant, «nous restons prudents sur la production d’amandes dans la région car nous n’avons pas beaucoup d’expérience», nuance t‑elle.</p>
<p>Un projet de production plus intensive voit pourtant le jour, en divergence avec cette culture de la diversification. Il existe un plan de relance de l’amande en région PACA via un projet d’alliance investisseur-agriculteur. L’objectif de la Compagnie française de l’amande méditerranéenne est de planter 2000 hectares d’amandiers en trois ans…</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27700" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/amandes.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27700" class="size-large wp-image-27700" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/amandes-1024x682.jpg" alt="tas amandes " width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27700" class="wp-caption-text">La diversité des amandes. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/les-amandiers/">Les amandiers</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mieux-connaitre-la-culture-de-lamandier/">Mieux connaître la culture de l’amandier</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Replanter des amandiers dans le Loudunais</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/27675-2/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=27675-2</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lison Gevers]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 May 2018 09:07:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis une décennie, dans la pointe Nord de la Nouvelle-Aquitaine, l’amandier éclaire de nouveau les terroirs calcaires et ensoleillés, pourtant assez loin de son berceau méditerranéen.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/27675-2/">Replanter des amandiers dans le Loudunais</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lison Gevers<br>
Photos Vincent Aguillon</strong></p>
<p>«L’amandier fait partie des essences fruitières qui peuvent nous donner envie d’aborder l’avenir du monde rural en toute confiance.» Vincent Aguillon est très engagé dès qu’il s’agit de promouvoir <em>Prunus dulcis</em>. Animateur patrimoine et environnement pour la Communauté de communes du Pays Loudunais, il explique son programme qui essaie d’allier conservation, valorisation et sensibilisation à la biodiversité.</p>
<h3>Genèse d’un projet inédit</h3>
<p>Après avoir été mis sur la voie par l’un de ses mentors, Jacques Manreza, personnage haut en couleurs qui s’intéressa à la production d’amandes en Poitou dès la fin des années 1960, Vincent Aguillon commença à synthétiser des données précieuses dues à ses observations de terrain (recensements des amandiers séculaires depuis 1997) et aux recherches de ses collègues, notamment les membres de l’association ARBRISSEL dont il fut l’un des fondateurs. Très vite, les travaux de Sylvette Noyelle et Thérèse De Laplane (Société Historique du Loudunais), ainsi que l’observation de la tradition culinaire, ont permis d’accréditer l’ancrage très ancien de l’espèce en Pays Loudunais. Il n’en fallait pas plus pour qu’une formidable épopée naisse autour de l’amandier avec comme évènement fondateur les journées de l’Amande en 2007 à Monts-sur-Guesnes. «C’est là que nous avons pris conscience de l’intérêt de cette essence fruitière auprès du grand public», explique Vincent Aguillon.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27679" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/7.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27679" class="size-large wp-image-27679" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/7-1024x683.jpg" alt="amandiers fleuris belle demeure " width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27679" class="wp-caption-text">Amandiers en fleurs. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La réimplantation de milliers d’amandiers</h3>
<p>De nombreuses sessions de plantation s’organisent alors sur les terrains publics communaux. Des milliers de jeunes plants issus de semis récoltés sous plus de cent amandiers centenaires du Pays sont depuis lors installés dans les terroirs du nord de la Vienne et pas seulement dans les zones de vignoble. Partout en Europe de l’Ouest, l’implantation de l’amandier suit celle de la vigne. Grâce à sa racine-pivot et à la quasi absence de racines superficielles, grâce aussi à son feuillage léger et à sa silhouette érigée, l’amandier ne concurrence que peu la vigne et n’empêche donc pas la maturation du raisin. Contrairement à certains arbres, comme le noyer, qui sont exclusifs. C’est-à-dire que pour éviter toute compétitivité, les racines libèrent une toxine qui empêche les herbes de s’installer à son pied. «Un noyer dans une vigne, c’est une catastrophe, les ceps à proximité ne poussent pas, développe-t-il. Mais à côté d’un pêcher ou d’un amandier, la vigne profite tout autant.»<br>
Création d’amanderaies communales, animations scolaires, ateliers du goût, expositions originales, végéto’troc, fêtes de l’arbre&nbsp;: tout est désormais prétexte à la promotion de l’amandier. En 2018, la Communauté de communes du Pays Loudunais et l’association ARBRISSEL cumulent plus de 10&nbsp;000 plants créés en dix ans. On ne compte même plus la transmission d’amandes qui s’opère de main en main et les vocations suscitées pour prendre le relais du côté des particuliers.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27685" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/5-bis-img_8976.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27685" class="size-large wp-image-27685" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/5-bis-img_8976-1024x683.jpg" alt="racine pivot amande" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27685" class="wp-caption-text">Racine pivot de l’amande. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>L’amandosaure et la diversité variétale</h3>
<p>C’est presque par hasard que Vincent Aguillon découvre la diversité variétale de l’amandier. «Pour préparer les journées de l’Amande de 2007, j’ai sillonné le pays loudunais afin de prélever des milliers d’amandes à déguster. En collectant une vingtaine “d’arbres paysans“ puis en posant les fruits secs sur ma table de jardin, j’ai constaté avec surprise que chaque amandier donnait des amandes aux caractéristiques différentes, et pas seulement en termes de forme ou de grosseur. Il y avait là des coques tendres, des coques incassables, des amandons au goût très fin, d’autres au goût plus commun et enfin des amandes amères.» C’est ici que commença véritablement l’aventure qui devait aboutir, une décennie plus tard, à la création de l’Amanderaie de collection de Bel Air.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_27680" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/chez-moi-au-tout-debut-de-loperation-le-declic-sur-les-varietes-24.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27680" class="size-large wp-image-27680" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/chez-moi-au-tout-debut-de-loperation-le-declic-sur-les-varietes-24-1024x683.jpg" alt="variétés d'amandes" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27680" class="wp-caption-text">Le déclic sur les variétés. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Afin de présenter de manière originale cette diversité, Vincent Aguillon récupère le tronc d’un gros amandier déraciné par l’ouragan de 1999 afin de l’aménager en présentoir d’amandes. «L’amandosaure&nbsp;du Poitou» est né. Il accompagne désormais Vincent dans toutes ses interventions, comme en novembre 2017, lorsque celui-ci se rend à la fête de l’arbre du conservatoire végétal d’Aquitaine à Montesquieu (Lot-et-Garonne).</p>
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<div id="attachment_27681" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/25-bis.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27681" class="size-large wp-image-27681" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/25-bis-1024x683.jpg" alt="amandosaure" width="1024" height="683"></a><p id="caption-attachment-27681" class="wp-caption-text">“L’amandosaure du Poitou”. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
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<h3>Les partenaires</h3>
<p>Evelyne Leterme, responsable de ce haut-lieu des essences fruitières, rencontrée lors d’une conférence organisée par l’association <a href="http://www.promhaies.net/">Prom’haies</a>, fut l’une des premières à encourager Vincent dans sa démarche de conservation des variétés d’amandiers. Henri Duval, de l’INRA d’Avignon, qui pilote le programme européen Safenut (sauvegarde des ressources génétiques d’amandes et de noisettes), en fit de même. Car malgré le travail entrepris sur la diversification de l’espèce grâce aux nombreux semis réalisés depuis 2007, rien de concret n’avait encore été fait pour préserver les meilleures variétés rencontrées.</p>
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<div id="attachment_27691" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/19.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27691" class="size-large wp-image-27691" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/19-1024x682.jpg" alt="amandier en fleurs abeille" width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27691" class="wp-caption-text">Amandier en fleurs. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
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<h3>Semis ou greffe&nbsp;?</h3>
<p>L’amandier est une espèce à très grande majorité autostérile. La fleur a besoin d’un agent pollinisateur en provenance d’un autre arbre pour être fécondée. Le fruit qui en découle possède ainsi les gènes d’autres variétés visitées par les insectes. Le semis ne reproduit donc pas fidèlement le même sujet. Même si, dans cette diversité génétique, il peut y avoir une semence qui donnera une variété extraordinaire, dix amandiers issus de semis d’un même arbre pourront donner dix amandes différentes. La reproduction n’est donc pas maîtrisée. Parfois, il y a ce qu’on appelle un semis de hasard. Par exemple, un trognon de pomme lancé sur le bord d’une route peut donner une variété avec des pommes de qualité.<br>
Les milliers de plants intégrés dans le terroir loudunais depuis dix ans ont donc permis de renforcer le patrimoine génétique de l’espèce dans la région car autant de nouvelles variétés y ont été créées. Mais il était temps de créer aussi une banque végétale des meilleures variétés rencontrées et de les fixer durablement en ayant recours à la greffe, seule technique permettant la reproduction fidèle d’un sujet.</p>
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<div id="attachment_27682" style="width: 509px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/47.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27682" class=" wp-image-27682" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/47-683x1024.jpg" alt="jeune pousse amande" width="499" height="749"></a><p id="caption-attachment-27682" class="wp-caption-text">Jeune pousse d’amande. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
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<h3>La collection de Bel Air</h3>
<p>Sur le conseil des spécialistes précités, Vincent Aguillon a commencé un fastidieux travail de caractérisation et de sélection des variétés aptes à rejoindre la collection. Démarrée en 2017, la collection devrait être ouverte au public à l’horizon 2022. Une centaine de variétés, reproduites en deux exemplaires (l’un greffé sur GF 677, l’autre sur amandier franc de pied issu de semis) seront alors rassemblées dans un même lieu. Sur cette centaine de variétés sélectionnées à partir de quatre cents arbres ancestraux, plus de vingt possèdent des qualités qui correspondent à des critères fiables de commercialisation&nbsp;: goût, forme de l’amandon, rendement à la casse, résistance aux maladies…<br>
Cette banque végétale pourra alors servir de point d’ancrage à une petite filière locale qui pourrait se mettre en place dans les années à venir. Le patrimoine génétique des amandiers locaux est tel que les maladies qui ravagent les amanderaies du sud de l’Europe sont inexistantes. «Il faut profiter de cette aubaine pour encourager particuliers et agriculteurs à diversifier leur activité en implantant quelques arbres et en continuant à prôner la diversité de l’espèce».</p>
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<div id="attachment_27684" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/8-bis-elevage-amandiers-de-pays.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27684" class="size-large wp-image-27684" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/8-bis-elevage-amandiers-de-pays-1024x682.jpg" alt="Plants amandiers" width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27684" class="wp-caption-text">Jeunes plants d’amandiers. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
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<h3>L’arbre de demain&nbsp;?</h3>
<p>Vincent Aguillon explique que l’amandier possède, en dehors de ses qualités gustatives et paysagères, bien d’autres atouts qui en font un arbre d’avenir&nbsp;: une mise à fruit très rapide (à peine cinq ans), un entretien minime des arbres (moins lourd que les pommiers et poiriers), une production régulière avec une faible alternance (depuis 2007, une seule année sans amandes). «Quand on ajoute à cela que l’amandier supporte des terrains calcaires superficiels ou des terres érodées, il n’en faut pas plus pour parier durablement sur cet arbre et imaginer qu’il puisse même devenir dans nos régions l’arbre de demain, comme le noyer fut celui d’hier», affirme Vincent.</p>
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<div id="attachment_27687" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/img_2030.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-27687" class="size-large wp-image-27687" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/05/img_2030-1024x682.jpg" alt="amandier sous la neige " width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-27687" class="wp-caption-text">Amandier en hiver. Photo : Vincent Aguillon.</p></div>
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<p>Implanter des fruitiers chez soi ne nécessite pas d’investissement important. Il suffit parfois qu’il y ait un particulier ou un agriculteur qui se lance pour que d’autres en aient l’envie. «Dans nos campagnes, nous avons en fait une multitude de petites richesses que l’on peut mettre à profit avec un investissement modeste.»</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/les-amandiers/">Les amandiers</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/27675-2/">Replanter des amandiers dans le Loudunais</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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