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	<title>Dominique Truco - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Dominique Truco - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Jacques Villeglé, ultime déchirure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jun 2022 13:50:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Villeglé]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lacérant nos cœurs, le 6 juin 2022, Jacques Villeglé quittait définitivement son atelier, le monde, les rues dont il a fait les plus vivants des musées tout au long de son œuvre. Nous publions ici un texte de Dominique Truco paru en 2016.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Lacérant nos cœurs, le 6 juin 2022, Jacques Villeglé quittait définitivement son atelier, le monde, les rues dont il a fait les plus vivants des musées tout au long de son œuvre. Nous publions ici un texte de Dominique Truco paru dans le catalogue </em>Villeglé, Opération quimpéroise<em> édité en 2016 à l’occasion des 90 ans de l’artiste par la galerie Georges-Philippe &amp; Nathalie Valois.</em><br><em>Dominique Truco est à l’origine à Poitiers, Melle, Cognac de nombreuses expositions de Jacques Villeglé en Poitou-Charentes.</em><br><em>En 1999, elle avait pour la toute première fois réuni Jacques Villeglé et deux cents œuvres consacré aux musiques amplifiées au compositeur Pierre Henry dans l’exposition </em>Le Grand Mix<em> au Confort Moderne. </em>Le Grand Mix<em> représentée une année plus tard à la Cité de la Musique&nbsp;!</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Jacques Villeglé&nbsp;: debout, dans le monde, parmi les Hommes</strong></h2>



<p><strong>Par Dominique Truco</strong></p>



<p>Comment vous célébrer&nbsp;?<br>Les mots sont en deçà de la réalité. Vous êtes omniprésent&nbsp;!<br>En vous appropriant, il y a soixante-dix ans l’<em>Affiche lacérée </em>par des passants anonymes, vous avez rempli les villes de milliers de Villeglé, vous avez fait des rues du monde occidental votre atelier, des villages et des villes les plus riches, les plus vivants des musées.<br>Vous avez révélé le <em>Lacéré anonyme</em> et fait du lacérateur votre <em>alter ego</em>, votre allié au geste augmentateur, le créateur de l’œuvre à vos côtés.<br>Vous affichez votre croyance en la création collective «faite par tous et non par un».<br>Vous revendiquez «l’homme sans métier». Vous avez le génie du métier d’Homme.<br>Avec vous et quelques-uns de vos grands amis poètes et artistes, Camille Bryen, Raymond Hains, François Dufrêne, «la non-peinture devient peinture» et le monde est un tableau.<br>Vos affiches, traces de civilisation parviennent «à bout et au bout de la peinture de transposition».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="831" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1.jpg" alt class="wp-image-36147" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1-300x243.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1-768x623.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1-650x527.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle_arts-et-metiers_1-150x122.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Jacques Villeglé, <em>Métro Arts-et-Métiers</em>, septembre 1992, 13,3 x 16,3 cm, affiches lacérées marouflées sur papier. Pour accompagner l’entretien avec le poète James Sacré dans <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>, n° 131.</figcaption></figure>
</div>


<p>Monumental, votre œuvre est le miroir de nos <em>Réalités collectives </em>[texte de Jacques Villeglé publié dans <em>Grammes</em> n° 2, 1958, éd. du Terrain Vague]<em>. </em>Un miroir abyssal, d’une implacable beauté réfléchissant – dans la fibre, le lambeau, les couleurs, les mots, les images lacérées – contestations, colères, victoires, élans de vie, embrasements d’humanité.<br>Avec vous, depuis 1949, de «la peau des murs» et de l’épigraphie contestataire surgit l’âme de la foule sur fond anatomique de société consumériste bigarrée et déchirée.<br>Par vos soins, l’âme de la foule sans cesse collectée.</p>



<p>Fondateur du <em>Nouveau Réalisme </em>avant la lettre, dès 1958, dans le champ des arts et de la vie vous êtes à l’origine d’une «révolution du regard» ainsi que l’écrit un autre poète, votre ami Alain Jouffroy. De cette heureuse révolution vous êtes également le théoricien et l’historien lumineux.<br>Qui vous aime vous lit&nbsp;: <em>Urbi &amp; Orbi</em>, <em>Cheminement</em>, <em>Liens et Lieux</em>, etc.<br>On vous sait Breton de Paris, Malouin, né le 27 mars 1926 à Quimper. Mais qui vous connaît Picto-Charentais&nbsp;?<br>Les premiers signes du monde c’est à Cognac que vous les saisissez entre 1929 et 1934.<br>Enfance de l’art. Votre père travaille à la Banque de France. Rien oublié. Des cygnes blancs sur le bassin du jardin François I<sup>er</sup> jusqu’au banc public de la place Beaulieu où votre grand-mère vous fredonne l’<em>Internationale. </em>Un air déterminant qui semble influer sur votre démarche.<br>Cheminant entre deux siècles vous ne marchez pas&nbsp;!<br>Vous dansez. Vous décollez. Vous volez. Vous nous ravissez.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/apotheose_manguel_villegle.jpg" alt class="wp-image-36148" width="669" height="923" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/apotheose_manguel_villegle.jpg 743w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/apotheose_manguel_villegle-218x300.jpg 218w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/apotheose_manguel_villegle-650x896.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/apotheose_manguel_villegle-150x207.jpg 150w" sizes="(max-width: 669px) 100vw, 669px"><figcaption>Une phrase d’Alberto Manguel, issue d’<em>Une histoire de la lecture</em>, transcrite en écriture socio-politique par Jacques Villeglé en 2017, en soutien à la librairie la Belle Aventure à Poitiers.</figcaption></figure>
</div>


<p>Vous inviter, vous accompagner, vous écouter, travailler à vos côtés depuis plus de vingt ans est un rare<em> bhonneur,</em> ainsi que je vous l’écrivais en 1999 lors de votre <em>Grand Mix</em> réunissant au Confort Moderne deux cents de vos œuvres nouvellement consacrées aux musiques amplifiées et à la décentralisation culturelle, et <em>Apparitions concertées</em>, œuvre musicale créée pour vous par Pierre Henry.</p>



<p>Radieux été 1999, reliant deux solistes virtuoses, deux plasticiens, vocalistes qui se sont approprié un aspect du monde à la fois metteurs en scène et rédempteurs de l’opéra live, tantôt grand, tantôt bouffe, au chœur – en paix ou en plaie – dont nous sommes tous les acteurs anonymes et originellement involontaire.<br>Un duo d’exception que la Cité de la Musique vous invite à rejouer en 2000 à Paris.<br>Bien inspiré, le Centre national des arts plastiques fait la première acquisition d’une œuvre majeure&nbsp;: <em>Genèse,</em> collectée en 1997 en Aquitaine et qui s’étire sur neuf mètres.<br>Depuis 1983, en Poitou-Charentes, nous sommes nombreux à vous avoir organisé vos vingt-huit expositions personnelles et collectives de Poitiers à Angoulême, de Melle à Royan, de Saint-Pierre‑d’Oléron à Thouars, de Cognac à Châtellerault. Vos œuvres sont entrées dans nos collections publiques régionales<sup>1</sup>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1024" height="686" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006.jpg" alt class="wp-image-36146" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006-768x515.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006-650x435.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-saint-jacques-poitiers-2006-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Jacques Villeglé, <em>Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle</em>, d’après Aimery Picaud, 4 toiles de 5 x 2,10 m, 2006, œuvre créée pour la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>
</div>


<p>En août 2006, pour la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers où je vous convie à l’exposition <em>La nuit des temps,</em> vous réalisez votre grand œuvre en écriture socio-politique – <em>Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle </em>– d’après un texte du <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle d’Aimery Picaud, sur quatre toiles écrues de 500 x 210 cm, acquises en 2011 par la ville de Poitiers.<br>La même année, l’acquisition par Gildas Le Reste de quarante de vos estampes pour l’artothèque de Châtellerault constitue le fonds le plus important jamais réuni en France, mariant affiches lacérées et écriture socio-politique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="450" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade.jpg" alt class="wp-image-36142" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade-300x132.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade-768x338.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade-650x286.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-melle-palissade-150x66.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Palissade de Jacques Villeglé pour la Biennale internationale d’art contemporain de Melle, place Bujault, en 2013, 31 m x 1,40 m. Photo J.-L. T.</figcaption></figure>
</div>


<p>En 2009, à la Maison de l’architecture de Poitiers, tout autour de la <em>Tour de Babel</em> de Jakob Gautel, vous calligraphiez en alphabet socio-politique&nbsp;<em>Vaduz, </em>le poème sonore autour des ethnies du monde de Bernard Heidsieck.<br>En 2013, convié à la VI<sup>e</sup> Biennale internationale d’art contemporain de Melle, vous interprétez la <em>Suite pour René Ghil</em> et vous déclarez avec Edgar Allan Poe sur une interminable palissade&nbsp;: «Être étonné c’est le bonheur.» Trente-trois mille visiteurs le confirment.</p>



<p><em>Affiches lacérées ou Guérilla des signes, </em>au sommet des deux versants de votre art, un être visionnaire, un être «collectif». Vous, éminemment présent dehors, dans le monde, parmi les humains.</p>



<p>Ovation, très cher Jacques.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="726" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers.jpg" alt class="wp-image-36149" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers-300x213.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers-768x545.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers-650x461.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/villegle-27-mars-2020-poitiers-150x106.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption>Les graffiti du dolmen de la Pierre levée à Poitiers actualisés par Jacques Villeglé le jour de son 94<sup>e</sup> anniversaire.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. Notamment, <em>Rue de l’Échaudé&nbsp;«De Mathieu à Mahé»</em>, 18 mai 1965, Frac Poitou-Charentes&nbsp;; <em>Rue Rique-Avoine «Ras l’Front»</em>, Poitiers 1998, Musées de Poitiers&nbsp;; <em>Les Carrés Magiques</em>, 1996–2004 et <em>Rue de Bretagne</em>, 1996–2004, tapisseries 4 x 1,96 m, FNAC / Musée de Cognac.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jacques-villegle-ultime-dechirure/">Jacques Villeglé, ultime déchirure</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Justice(s)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 12:05:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jakob Gautel]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Palais de justice]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'artiste Jakob Gautel expose ses portraits de Justice(s) au Palais de justice des Feuillants jusqu'au 30 juin 2022.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Dominique Truco</strong> </p>



<p>Une œuvre collective de Jakob Gautel.</p>



<p>Dans ce palais comme sur la planète, le besoin d’équilibre, d’équité, de protection, de réparation, d’émancipation, de justice, nous est commun.</p>



<p>Avec <em>Justice(s)</em>, l’artiste Jakob Gautel témoigne de cette nécessité de faire société. Et avec lui, cent personnes de tous horizons qui, à travers leurs portraits et textes, nous livrent leur approche singulière et sensible de la justice.</p>



<p>Imaginée en 2015 pour <em>La Diagonale Paris-Saclay</em> de l’université Paris-Sud, avec la juriste Alexandra Bensamoun, dans son développement au nouveau palais de justice de Poitiers, installé dans l’ancien lycée des Feuillants réhabilité, la création <em>Justice(s)</em> s’est enrichie pour la première fois de nombreux portraits sur le terrain même de la justice. <br>Avec les soutiens décisifs de Gwenola Joly-Coz (première présidente de la cour d’appel de Poitiers), de Franck Wastl-Deligne (précédemment président du tribunal judiciaire) et du juge Olivier Violeau, dix-neuf personnes de la justice de Poitiers ont répondu à la proposition de l’artiste. Les voici dans la salle des pas perdus jusqu’au 30 juin 2022.</p>



<p>Hors du palais des Feuillants, Jakob Gautel a réalisé les portraits d’autres femmes, hommes, enfants engagé·es dans le territoire de la Nouvelle-Aquitaine pour la défense des droits humains, de la nature et culturels : de Valérie Cabanes, Isabelle Autissier aux artistes du Cirque Octave Singulier…</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="426" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/01/graphiquecolle-3.png" alt class="wp-image-35350" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/01/graphiquecolle-3.png 640w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/01/graphiquecolle-3-300x200.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/01/graphiquecolle-3-150x100.png 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px"><figcaption>Installation de l’exposition <em>Justice(s)</em> au palais de justice des Feuillants. <br>Photo Jakob Gautel</figcaption></figure></div>



<p>Avec la précieuse collaboration de Frédéric Chauvaud, historien et directeur de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, de l’université de Poitiers, onze de ces portraits sont exposés du 1<sup>er</sup> mars au 30 avril à la MSHS.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Plusieurs pages du prochain numéro (février à juin 2022) de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> présenteront quelques portraits du projet Justice(s) accompagnés d’un texte de Gwenola Joly-Coz, première présidente de la cour d’appel de Poitiers.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Lundi 14 mars 2022 inauguration de l’exposition multisite</strong> :<br><br><strong>14h00 à la MSHS</strong>, suivie à 14h30 de la conférence de Gwenola Joly-Coz, première présidente de la Cour d’appel de Poitiers « Les missions et les représentations de la Justice&nbsp;»<br><br><strong>16h30 au Palais de justice des Feuillants</strong>, entrée libre</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus, rendez-vous sur <a href="https://gautel.net/jakob/fr/travaux-41/justice-s/exposition-a-poitiers.html">le site de l’artiste</a>. L’œuvre est coproduite par Jakob Gautel et Dominique Truco.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/justices/">Justice(s)</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Georges Bonnet – Être à l’heure de la vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2021 18:46:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Bonnet]]></category>
		<category><![CDATA[le temps qu&#039;il fait]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le poète Georges Bonnet n'est plus. Âgé de 101 ans, il s'est éteint le 22 février 2021. In memoriam.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>En hommage au poète Georges Bonnet, nous publions cet entretien qu’il avait accordé à Dominique Truco en 2017 pour le <a href="http://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/2259">numéro 115</a> de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>.</p></blockquote>



<p><strong>Entretien Dominique Truco</strong></p>



<p>Né à Pons en Charente-Maritime en juin 1919, longtemps professeur d’éducation physique à l’université de Poitiers, Georges Bonnet publie un nouvel opus au Temps qu’il fait. <em>Juste avant la nuit</em> bruisse de vie. Quand la poésie est le point d’enlacement entre l’homme et le monde. Une façon de vivre.</p>



<p><strong>L’Actualité. –</strong> Dans <em>Juste avant la nuit</em>, on lit «Ce qu’il écrit l’invente» (p. 12). L’invention de soi-même, est-ce cela pour vous l’aventure de la poésie, de l’écriture, d’une vie ?</p>



<p><strong>Georges Bonnet. –</strong> Oui, l’écriture m’invente. Elle m’amène bien plus loin que moi-même. L’écriture me fait moi-même. Pour écrire j’ai besoin de lire, j’ai besoin de lire les autres poètes. Un mot peut déclencher en moi des souvenirs. Je vais écrire un texte qui n’a rien à voir avec celui que je viens de lire. J’en fais un poème. J’ai besoin de m’enrichir des autres. Je ne sais plus qui a dit que depuis cinq mille ans, depuis qu’il y a des hommes qui pensent, on n’a plus grand-chose à dire… Je crois qu’on ne se répète pas même si les «thèmes» de l’existence sont les mêmes. Du mot, le poète tire le maximum. Du mot pensé, il fait quelque chose de vivant. Le mot est une rencontre entre le monde, le paysage extérieur, les gens.</p>



<p>Être poète c’est voir les choses. C’est les traduire autrement que ne voit le commun des mortels. Pour aller au-delà, il ne faut pas être sur terre comme tout le monde. Je ne suis plus le même quand j’écris. C’est l’écrivain qui vient au jour. On se dédouble. Parfois je m’émeus moi-même. J’ai écrit <em>Juste avant la nuit</em> dans l’exaltation. Et là, à bientôt 98 ans, ça me manque à un point… de ne plus pouvoir écrire car je ne vois plus.</p>



<p>Un jour que j’étais invité dans une école, un enfant m’a demandé : Monsieur, à quoi sert la poésie ? Je lui ai répondu que beaucoup de gens vivent sans poésie, mais que la poésie, l’art en particulier, la peinture, la musique, la littérature apportent quelque chose de plus qui fait que le bonheur est plus grand de vivre. La sensation de vivre est plus forte. Comment peut-on vivre sans poésie ?</p>



<p><strong>Un courant de sensualité traverse vos œuvres comme une nécessité existentielle…</strong></p>



<p>Oui, j’aime jouir de la vie. J’ai eu une vie pleine. Je pense finalement que j’ai été heureux. Au fond tout part de l’effleurement. Nous sommes effleurés par des milliers de choses qui sont autour de nous. On peut les ignorer ou au contraire être saisi par elles. Le poète capte tout ce qui l’entoure. Il y a tant de jouissance possible dans la vie quotidienne, dans la nature. J’ai toujours été très sensible à l’effleurement qui amène le désir, qui porte la vie en quelque sorte. Poète, j’ai aimé l’amour, c’est-à-dire la pleine conscience d’être vivant et de s’épanouir.<br>Être poète c’est jouir de tout ce que la vie terrestre peut nous apporter, du soleil qui nous dore la peau… Je me souviens de l’emportement de la vie qui jaillissait. Le désir, la joie de vivre, le plaisir de se dépenser. C’était fou.</p>



<p><strong>Est-ce une chance d’être devenu prof de gym, d’avoir tout le temps magnifié le corps ?</strong></p>



<p>J’ai aimé mon métier. J’ai eu la chance d’être à l’heure de la vie. C’étaient des moments intenses. Je me suis donné. Je n’ai jamais regretté de ne pas être prof de philo. Ce que j’aurais pu être. J’avais aussi une femme exceptionnelle. J’ai aimé ma femme, ce qui compte terriblement. Je suis très sensible à la beauté du corps. J’étais d’ailleurs un bel athlète, bien en muscles et bien en chair. J’étais fier de mon corps. Tout le monde le remarquait, même à 80 ans… le plus jeune de mes fils m’a dit : qu’est-ce que tu peux être fier de ton corps ! C’était au moment d’<em>Un si bel été</em>, nous étions dans l’île d’Oléron. J’étais torse nu, au soleil !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/02/bonnet-deneyer.jpg" alt class="wp-image-33848" width="366" height="366" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/02/bonnet-deneyer.jpg 512w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/02/bonnet-deneyer-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/02/bonnet-deneyer-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 366px) 100vw, 366px"><figcaption>Georges Bonnet. Photo Marc Deneyer.</figcaption></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><a href="http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20livres/Page%20nouv.615.html">Juste avant la nuit</a>, de Georges Bonnet, éd. Le temps qu’il fait, 152 p., 18 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/georges-bonnet-etre-a-lheure-de-la-vie/">Georges Bonnet – Être à l’heure de la vie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Denise A. Aubertin dans le corps du livre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Mar 2019 17:34:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage à Denise A. Aubertin qui s'est éteinte le 14 février 2019. Retour sur son œuvre dans un entretien réalisé en 2003.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien Dominique Truco</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est grâce à <a href="http://www.galerie-vallois.com/artiste/jacques-villegle/">Jacques Villeglé</a> si, au début du siècle, nous avons rencontré Denise A. Aubertin, une artiste absolument singulière qui vient de fermer définitivement le grand livre de la vie. Grand livre qu’elle a feuilleté en format poche, avec beaucoup d’amour et une insatiable curiosité. L’œuvre plastique de cette artiste constitue une anthologie qui témoigne de son&nbsp; appétit pour la littérature «support absolu des pensées et des connaissances».</p>
<p>C’est en 1974 que Denise A. Aubertin conçoit et réalise ses premiers <em>livres cuits</em> à partir d’une recette inventée pour chaque ouvrage dont la plasticité des ingrédients culinaires exalte sens et saveurs du texte. Par son art du volume, Denise A. Aubertin donne à savourer du regard les livres des auteurs qu’elle aime. Autre façon pour l’artiste d’attester que l’écriture, comme tout autre expression artistique, n’est pas un fruit confit sur le gâteau de la vie mais bien plutôt l’une de ses substances essentielles.</p>
<p>Écriture qu’elle amalgame tout autant qu’elle disperse dans ses <em>journaux impubliables</em>, autre versant de son œuvre, où l’intime résiste au tumulte et au chaos du monde.</p>
<p>Voici l’entretien publié dans un catalogue (épuisé depuis longtemps) édité par le CRDP de Poitiers lors de l’exposition monographique consacrée à Denise A. Aubertin en 2003.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment l’écrit et le livre sont-ils devenus fondateurs de votre œuvre plastique ?</strong></p>
<p>Les écrivains et les livres m’ont toujours accompagnée. Depuis l’enfance leurs présences me sont nécessaires. Les livres renferment des histoires, des mystères, des voyages, des confidences, des mots, de la matière.</p>
<p>J’ai moi-même toujours écrit. L’un de mes manuscrits avait intéressé Jean-Jacques Pauvert qui, cependant, m’avait demandé de reprendre l’ouvrage. Il n’était pas, selon lui, assez «viande crue». J’évoquais dans ce texte des moments difficiles de ma jeunesse. Je me rends compte aujourd’hui que dans mes <em>journaux impubliables</em> je ne sais toujours pas décrire la «viande crue», c’est-à-dire la violence du monde. C’est probablement pour cela que dans mes <em>journaux impubliables</em> je m’approprie des images de scènes terribles découpées dans la presse.</p>
<p>Dans les années 1965, à Paris, j’ai aussi découvert les premiers livres d’artistes du lettriste <a href="http://www.lara-vincy.com/gil-j-wolman-fr/oeuvre/">Gil&nbsp;</a><a href="http://www.lara-vincy.com/gil-j-wolman-fr/oeuvre/">Wolman</a>, de <a href="http://www.tomphillips.co.uk/">Tom Phillips</a> et, lors de voyages en Allemagne, les œuvres en chocolat de <a href="http://www.dieter-roth-foundation.com/">Dieter Roth</a>. Les livres de Wolman aux tranches scellées rendaient le contenu inaccessible. Le contenu devenait aussi précieux qu’un bijou qu’on y aurait enfermé. Cela me fascinait, tout comme les <em>tableaux-pièges</em> de Daniel Spoerri.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div id="attachment_30236" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/denise-a_05-copie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30236" class="size-large wp-image-30236" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/denise-a_05-copie-1024x425.jpg" alt width="1024" height="425"></a><p id="caption-attachment-30236" class="wp-caption-text"><em>Journal impubliable</em> «Artistes piégés», 1998, 17 x 46 cm (ouvert). Photo Christian Vignaud. Coll. part.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Depuis 1974, vous avez résolu la question de l’éditeur. Vous faites vous-même de chacun de vos <em>journaux impubliables</em> un livre unique de huit pages dans lequel le lecteur se heurte continuellement à la densité rigide d’une matière, proche des collages dadaïstes, qui enchevêtre fragments de phrases et d’images, éléments organiques et résidus collectés dans vos déplacements. Vous semblez substituer les strates aux chapitres. Comment invitez-vous à lire vos agrégations ? </strong></p>
<p>Les <em>journaux impubliables</em> proposent une manière d’écrire un livre : par collages, sur fond déjà imprimés, d’images et bulles de BD, de photos, de lambeaux de textes que je m’approprie. L’ensemble racontant simultanément avec mes propres écrits, eux-mêmes fragmentés, éclatés, entremêlés de taches de café, de vin et de matière relique, trace de parcours. Ces <em>journaux impubliables</em> résultent d’un travail sérieusement élaboré s’apparentant au rébus. Ils constituent mon journal personnel.</p>
<p>Les textes, images et bulles sont découpés dans des magazines d’actualité et des bandes dessinées réalistes. Mes récents découpages concernent les filles des banlieues qui, ces jours-ci, ont lancé la marche des femmes [février 2003]. Elles entreront dans le journal en cours.</p>
<p>J’écris mon journal sur un autre journal. Aujourd’hui c’est souvent sur des pages du quotidien <em>Le Monde</em>. J’ai besoin de raconter une histoire en m’appuyant sur quelque chose qui existe déjà. Et c’est souvent le versant tourmenté du monde. Le politique et le social se lient à mon présent, au temps qu’il fait, à mes histoires d’amour, à mes réflexions manuscrites dispersées mot à mot. Le lecteur doit s’accrocher, lire par bribes en suivant les quatre lignes de couleurs. Je mélange le bon et le mauvais. Je raconte tout simultanément. Cela nous rapproche de Jacques Villeglé. En 1975, lorsque je lui ai présenté mes premiers <em>journaux impubliables</em> il me fit ce précieux commentaire : «Je n’ai jamais rien vu de semblable.» À sa demande, j’ai réalisé ensuite un <em>journal impubliable</em> intitulé <em>Un mythe dans la ville</em>, titre éponyme de l’un de ses films présentés dans la salle que lui consacre le MNAM au Centre Georges-Pompidou. D’ailleurs, ce journal apparaît dans le film.</p>
<p>Aucun de mes <em>journaux </em>ne pourrait s’écrire sur une page blanche. C’est le même rapport qu’avec les <em>livres cuits</em>. Je travaille sur un livre édité généralement à des milliers d’exemplaires, en collection de poche. Je rends unique un exemplaire d’un livre d’un auteur que j’ai aimé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div id="attachment_30237" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/livres_cuits_denise_a.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-30237" class="size-large wp-image-30237" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2019/03/livres_cuits_denise_a-1024x455.jpg" alt width="1024" height="455"></a><p id="caption-attachment-30237" class="wp-caption-text">Trois livres cuits de Denise A. Aubertin, réalisés pour l’édition spéciale Écrivains de L’Actualité Poitou-Charentes n° 53, juillet 2001. Photo Christian Vignaud. Coll. part.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vos <em>livres cuits</em> sont-ils destinés à aiguiser nos appétits de lecture ? </strong></p>
<p>Les <em>livres cuits</em> appartiennent à cette catégorie de livres impossibles à lire dont le contenu rayonne alors d’une force magique. Tant mieux s’ils donnent envie d’aller les ouvrir chez les libraires ou dans les bibliothèques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment les confectionnez-vous et vous rapprochent-ils des auteurs culinaires ?</strong></p>
<p>Je les confectionne dans une pièce voisine de ma cuisine. Le livre va devenir gâteau immangeable, ouvrant l’appétit rien qu’à le regarder. Il peut être salé ou sucré, ou les deux à la fois si je le veux spécialement raffiné. J’enrobe le livre de farine mélangée à la colle Rousselot. Selon ce que le livre m’inspire, par son format, sa couleur, la qualité du papier de couverture, ainsi que le titre et souvent le contenu, j’y ajoute épices (baies roses, curry, curcuma de Madras, safran), plantes aromatiques séchées (thym, laurier, clous de girofle, piments), riz, pâtes, polenta, pois cassés, genièvre, sucre, réglisse, grains de café, fruits confits, etc. Chaque <em>livre cuit</em> est une composition singulière.</p>
<p>Par exemple, <em>Le Livre de sable</em> de Jorge Luis Borges est une constellation de farine, semoule et clous de girofle. Ensuite je fais cuire le livre façon gaufre, dans un moule plat, dans le four de ma cuisine. Je me fie à mon odorat et je surveille activement. Si la merveilleuse odeur de gâteau généreusement aromatisée tourne au livre qui brûle, j’arrête immédiatement la cuisson. Le livre est réussi. Là je suis plus plasticienne qu’écrivain. J’aime la sensualité des ingrédients, les couleurs, l’épaisseur des matières. Les hasards de la cuisson confèrent à chacun sa qualité d’exemplaire unique exactement comme une poterie.</p>
<p>Sinon au quotidien je ne sais pas vraiment cuisiner, mais j’aime bien manger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La cuisson peut-elle être ratée ?</strong></p>
<p>Elle rate rarement. Mais quelques auteurs semblent parfois résister. Ainsi j’ai rencontré des difficultés dans la cuisson de livres de Marguerite Duras, de celui de Denis Montebello, <em>Moi, Petturon, prince celte</em>, ou de certains livres d’art. Particulièrement l’un consacré à Léonard de Vinci qui a failli exploser. Son titre était en lettres pelliculées et ne cessait de se décoller au cours de la cuisson. Toutes les cinq minutes, je réajustais à l’aide d’une cuillère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment avez-vous préparé le livre de Jacques Puisais <em>Le goût chez l’enfant</em>&nbsp;?</strong></p>
<p>C’est un livre très clair. Je l’ai imaginé pour un enfant. En choisissant des amandes effilées, j’en ai fait un dessert.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p>Denise A. Aubertin a exposé à Poitiers (CRDP) et à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Biennale_d'art_contemporain_de_Melle">Biennale d’art contemporain de Melle</a> en 2003, à la <a href="http://lamaisonrouge.org/fr/expositions-archives-detail/activites/denise-a.-aubertin-livres-cuits/">Maison rouge</a> en 2006, et à la <a href="http://www.lara-vincy.com/denise-a--aubertin-fr/oeuvre/">galerie Lara Vinci</a>. Ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées, notamment au <a href="https://www.navigart.fr/fracli/#/artworks?layout=grid&amp;page=0&amp;filters=authors:AUBERTIN+Denise+A+(DEMALDENT+Denise,+dit)↹AUBERTIN+Denise+A+(DEMALDENT+Denise,+dit)">Frac Limousin</a>.</p>
<p><em>Denise Aubertin, l’irréductible</em>, par Anne Tronche, éditions de l’œil, 2017.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denise-a-aubertin-dans-le-corps-du-livre/">Denise A. Aubertin dans le corps du livre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Monique Tello – Voyants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jun 2018 13:44:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On avance dans la peinture de Monique Tello comme on avance dans le monde en passant de la première image à la dernière au travers d’un paysage qui se déroule. À voir à la galerie Univer.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Dominique Truco</strong></p>
<p>«Telles les pages d’un volume dans lesquelles l’écrivain aurait laissé vagabonder les traits de pinceau et s’effilocher les lettres, les tableaux de Monique Tello lorsqu’on les voit à la suite les uns des autres, établissent une série de récits muets. Ses chroniques en image décrivent un monde immédiatement identifiable et jusqu’ici ignoré. […] Ses images sont l’exposition fidèle de quelque chose qui existe dans la pierre et dans la chair, traduit à présent en une progression entremêlée de lignes et de formes répétées. […] On avance dans la peinture de Monique Tello comme on avance dans le monde en passant de la première image à la dernière image au travers d’un paysage qui se déroule. […] L’expérience intellectuelle de ce voyage dans la peinture devient une expérience physique, qui fait appel au corps entier. Les images à venir promettent un point d’arrivée, un chatoiement sur l’horizon&nbsp;; celles qu’on a déjà vues offrent une possibilité de remémoration.<br>
Et dans le présent de l’image qu’on a devant soi, on existe en suspens dans un instant sans cesse changeant, île du temps qui miroite entre ce que l’on sait des couleurs et des formes à venir. […] Cette promesse d’une chose qui se trouve dans le futur mais ne sera jamais totalement atteinte, tel est le cadeau qu’offre Monique Tello à son public reconnaissant.»</p>
<p>C’est en 2013, dans <em>L’Atelier contemporain</em> publié par François-Marie Deyrolle, que l’écrivain <a href="http://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/1319">Alberto Manguel</a>&nbsp;rédigeait un texte qui apparaît – jusque dans ces extraits – prémonitoire des peintures nouvelles que Monique Tello présente cet été 2018 à la galerie Univer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div id="attachment_28391" style="width: 889px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/m-tello_3006.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28391" class="size-large wp-image-28391" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/m-tello_3006-879x1024.jpg" alt="peinture nuages" width="879" height="1024"></a><p id="caption-attachment-28391" class="wp-caption-text">Peinture de Monique Tello.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ces toutes nouvelles œuvres travaillent elles aussi à nous rendre <em>Voyants</em>. <em>Voyants </em>de formes nouvelles, en mouvement dont la formation doit tout à des mécanismes naturels, gonflées d’eau, d’air et de lumière. Ces nuages… rouges, bleus, blancs évanescents flottent dans le damier-grille de la toile au-dessus d’un socle de roches hautes comme des montagnes qui se dessinent actuellement dans l’atelier. C’est le souffle qui est à l’origine du trait qui forme les lignes. Ce souffle est une énergie fluide qui nous traverse, nous meut et nous relie au monde. «Le nuage et la montagne cherchent la liberté du souffle qui les construit, qui nous construit. Parfois je retiens mon souffle. Le nuage pose un espace pour glisser vers l’infini des formes qui me projettent en avant»<em>,</em> souligne Monique Tello.</p>
<p>L’artiste libère en nous une matière qui veut rêver. Ce chemin qui conduit aux nuages, de la terre au ciel, passe par les «sœurs vertes des nuages», la feuille de <em>Fatsia japonica</em> et la feuille de figuier qui commencèrent à se mouvoir après l’envol de l’oiseau-éléphant en 2005.<br>
Forces soulevantes et formes élevantes qui jouent et flottent dans l’azur comme des fleurs jetées depuis les nuages. Personne ne manque au tableau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p><a href="http://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/1032">Monique Tello</a> vit à Poitiers.&nbsp;Exposition à la galerie Univer (6 cité de l’ameublement 75011 Paris) jusqu’au 28 juillet.<br>
Dédicace du livre d’artiste réalisé avec le poète Antoine Emaz, <em>Après les fleurs</em>, par les éditions Pasnic, le 28 juin à partir de 18h.</p>
<p></p><div id="attachment_28392" style="width: 530px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/tello_galerie_univer.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28392" class=" wp-image-28392" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/06/tello_galerie_univer-1024x768.jpg" alt="Monique Tello galerie " width="520" height="390"></a><p id="caption-attachment-28392" class="wp-caption-text">Monique Tello à la galerie Univer.</p></div></blockquote>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/monique-tello-voyants/">Monique Tello – Voyants</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Gilles Clément — À l’école du jardin planétaire</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-clement-a-lecole-du-jardin-planetaire/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=gilles-clement-a-lecole-du-jardin-planetaire</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Truco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2015 15:52:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De bonnes pratiques pour la reconnaissance individuelle et collective de la biodiversité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De bonnes pratiques pour la reconnaissance individuelle et collective de la biodiversité.</strong></p>
<p>Entretien Dominique Truco<br>
<a href="http://actu.emf.fr/files/show/1012">L’Actualité Poitou-Charentes</a> n° 106 octobre 2014</p>
<p>«Le jardin ne s’enseigne pas, il est l’enseignant, affirme Gilles Clément. Je tiens ce que je sais du temps passé à la pratique et à l’observation du jardin. J’y ajoute les voyages, c’est-à-dire la mise en comparaison des lieux que l’homme habite et dans lesquels il construit à chaque fois un rapport au monde, une cosmologie, un jardin. […] Ces pratiques de terrain auxquelles je dois tout s’appuient néanmoins sur un alphabet du savoir, ce à quoi chacun de nous devrait avoir accès et que, précisément, on appelle des cours, nécessaires pour accéder à l’expérience.» [Conférence inaugurale&nbsp;<em>Jardin, paysage, et génie naturel</em> au Collège de France le 1<sup>er</sup> décembre 2011.]<br>
Pratiques qui, rappelons-le, ont été pour une grande part élaborées dans son territoire expérimental situé dans la Creuse, à la Vallée près de Crozant.<br>
C’est cet alphabet pour la reconnaissance individuelle et collective de la biodiversité, notre bien commun, que transmet l’école du jardin planétaire conçue par Gilles Clément dont des antennes ont vu le jour à Viry-Châtillon, à Saint-Pierre de la Réunion et prochainement – peut-être – à Nantes.<br>
Une école à ciel ouvert et alternative qui s’appuie sur une diversité d’individus, de groupes ressources, de partenaires techniques, scientifiques, culturels locaux pour transmettre, éveiller les consciences et cultiver collectivement le vivant en milieu urbain.</p>
<p></p><div id="attachment_25415" style="width: 994px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-25415" class="size-full wp-image-25415" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier.jpg" alt width="984" height="658" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier.jpg 984w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier-768x514.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier-650x435.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/colrat-clement-jardinier-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 984px) 100vw, 984px"></a><p id="caption-attachment-25415" class="wp-caption-text">Gilles Clément – Design Pascal Colrat 2015.</p></div>
<p><strong>L’Actualité. – Que découvre-t-on à l’école du jardin planétaire et qui la fréquente&nbsp;?</strong><br>
Gilles Clément. – L’école du jardin planétaire c’est la reconnaissance de la biodiversité en ville, simplement pour faire comprendre aux gens, petits ou grands, sans leur imposer, que ces «plantes» ont un nom, que ce sont des êtres vivants. Seul ce qui a un nom existe. Ce qui n’a pas de nom n’existe pas et peut donc bien disparaître tant dans l’esprit de nos concitoyens que concrètement. Nommer c’est donner une intelligibilité. Devenir intelligent, c’est découvrir l’endroit où on habite. Cette école est donc celle du partage des savoirs, pour faire comprendre à chacun son rôle dans l’écosystème. Elle vient combler un enseignement qui n’existe plus dans le système scolaire&nbsp;: les sciences naturelles – supplantées par la microbiologie et la génétique. On n’apprend plus à quoi sert la plante. À quel animal est-elle liée&nbsp;? Quelle est son histoire avec les hommes&nbsp;? À quoi pourrait-elle servir dans une économie nouvelle&nbsp;? Nulle réponse dans les structures classiques d’enseignement.</p>
<p><strong>Que nous reste-t-il à découvrir&nbsp;?</strong><br>
Ce qui nous reste à découvrir est énorme&nbsp;! Cela s’appelle le génie naturel, dont on ignore tout. Pour le découvrir nous avons besoin des scientifiques. Nous devons découvrir comment les plantes communiquent entre elles. Comment, pendant des millions d’années, elles ont mis au point les techniques qui leur permettent de vivre. Pour l’instant on découvre tout juste que ça existe et la vulgarisation discrète de ce savoir se fait grâce notamment à des scientifiques tel que Bruno Moulia, directeur de recherche à l’INRA [Unité Mixte Physique et Physiologique intégrative de l’arbre à Clermont-Ferrand]. Ce chercheur découvre des choses vraiment extraordinaires&nbsp;: que les plantes communiquent entres elles, qu’elles sont sensibles à la gravité, aux sons, qu’elles perçoivent leur environnement au sens où nous l’entendons pour les animaux, etc.</p>
<p><strong>Comment est née votre école du jardin planétaire&nbsp;?</strong><br>
Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, j’avais proposé à Grenoble une école de la reconnaissance de la diversité en ville. C’était suite à deux ans de travail avec la direction des espaces verts de la ville pour essayer de développer la gestion différenciée, de valoriser la diversité, la gestion harmonieuse de la nature en ville, donc la qualité de vie. [su_quote]Nous nous sommes trouvés alors confrontés presque systématiquement à l’incompréhension des habitants qui n’ont pas aimé voir arriver des herbes entre les pavés des endroits où ils passaient – «d’habitude parfaitement propres» comme ils disaient – parce que, bien sûr, avant tout était traité avec les poisons ![/su_quote] Face à cette incompréhension des habitants, j’ai pensé qu’il y avait une pédagogie à faire. Et la première a été immédiatement engagée par les jardiniers eux-mêmes, avant que je ne sois sollicité par la ville. Ils se sont emparés du message à transmettre. Cela n’a pas suffi. C’est pourquoi j’ai proposé à la ville de Grenoble une école de la reconnaissance de la diversité en ville. De façon à ce que les gens qui ne comprennent pas la diversité du monde vivant accèdent à cette connaissance, donc à cette compréhension et qu’ils acceptent la diversité sans décider de ce qu’est ou non une mauvaise herbe. Cette école nourrit une prise de conscience. Ma proposition, qui avait suscité beaucoup d’enthousiasme, fut sans suite. Il y eut entretemps des échéances électorales…<br>
Quelques années plus tard, en 2009, la ville de Viry-Châtillon, partant de l’idée du Tiers-Paysage, me sollicite pour étudier les «délaissés». J’ai associé le collectif CoLoCo à cette étude. Invité par la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne à Viry-Châtillon à donner une conférence de formation à 130 agents intercommunaux sur le bien fondé des changements de pratiques, j’évoque aussi le projet d’école de la reconnaissance de la diversité en ville. Gabriel Amar, le président, était là. Aussitôt, il me dit&nbsp;: «Moi, je prends&nbsp;!»&nbsp; Il a souhaité que cette «école» s’appelle : école du jardin planétaire.</p>
<p></p><div id="attachment_25417" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/clement_gilles_barque_ph_deneyer_4047.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-25417" class="size-large wp-image-25417" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2015/12/clement_gilles_barque_ph_deneyer_4047-1024x682.jpg" alt width="1024" height="682"></a><p id="caption-attachment-25417" class="wp-caption-text">Gilles Clément à la Vallée. Photo Marc Deneyer.</p></div>
<p><strong>Où est-elle et quelle forme prend-elle&nbsp;?</strong><br>
Cette première antenne a été inaugurée à Viry-Châtillon en avril 2012. Elle s’appuie sur un parc abandonné qui a été repris par les jardiniers pour en faire une partie très gérée, une autre moyennement gérée, une autre pas du tout. Exactement ce que je propose lorsque que nous prenons les délaissés en études à la demande des commanditaires. Ce parc est une sorte d’emblème.<br>
À partir de là et avec des gens concernés, des enseignants, des spécialistes, des naturalistes, un programme a été établi avec Éric Maison, directeur général des services techniques de l’environnement et des transports communauté d’agglomération, et Julie Sannier, écologue chargée de mission biodiversité. Ils organisent des programmes annuels très ouverts de visites naturalistes de terrain, de conférences, d’ateliers et d’études thématiques presque comme dans une école de paysage. Sont conviés des chercheurs du CNRS, du Muséum national d’histoire naturelle, des associations de protection de la nature.<br>
Un livre intitulé <em>Biodiversité, une approche urbaine multiforme, guide pour l’action par l’exemple</em> (éditions Bruno Leprince), vise à favoriser la naissance de projets similaires.</p>
<p><strong>Donc votre école va faire école&nbsp;?</strong><br>
Depuis février 2014, une nouvelle école du jardin planétaire vient de naître dans l’île de la Réunion chapeautée par l’école d’architecture à l’initiative de Sébastien Clément, jeune paysagiste et enseignant à l’école d’architecture, qui avait découvert l’école de Viry-Châtillon.<br>
La Réunion est absolument parfaite pour cela. C’est une sorte de microplanète parce qu’elle a les superpositions de biomes avec des zones climatiques différentes entre le niveau de la mer et des sommets à 3 000 m comme les pitons des Neiges et de la Fournaise. Cette île a des conditions climatiques très intéressantes sur la fabrication des nuages holographiques ou des nuages de cirque. Un bâtiment vient d’y être créé pour l’observation du ciel en condition non nuageuse comme il y en a très peu dans le monde. La Réunion est un merveilleux site d’observation et de compréhension de la planète alors que c’est tout petit&nbsp;! On y observe aussi une richesse végétale avec des plantes australiennes qui remontent jusqu’en Europe, en passant par l’Amérique, l’Afrique du Sud. Il y a aussi un côtoiement culturel fort avec des gens venus d’Inde, d’Afrique, d’Asie, de Madagascar, d’Europe qui est vraiment très intéressant.<br>
On peut aussi y observer les dégâts écologiques provoqués par les industries brutales de culture de la canne à sucre, de géranium rosat et le développement intempestif de certaines espèces importées sans précaution comme la vigne maronne, une ronce expansive…<br>
La troisième antenne de l’école va peut-être éclore à Nantes, en lien avec l’étude du parcours de la biodiversité des Oblates au quai Marquis d’Aiguillon, butte Sainte-Anne sur laquelle j’ai produit une étude à la demande de la ville. Mais il faut dire que Nantes est avancée dans ce domaine et que, sans le formuler, à travers ses multiples interventions et animations de l’espace public, elle s’engage d’ores et déjà sur la voie d’une gestion intelligente du jardin planétaire.</p>
<p><strong>Qui sont les enseignants de cette école du jardin planétaire&nbsp;?</strong><br>
Je ne les connais pas personnellement. C’est une diversité de personnes, des chercheurs du CNRS ou du Muséum mais aussi des habitants, des bénévoles avertis qui connaissent très bien le terrain. [su_quote]Je suis très content que tout cela soit repris et simultanément tout cela m’échappe et je suis très heureux de n’avoir pas à m’en occuper. Il y a une diversité d’approche pour arriver à faire comprendre des choses. [/su_quote]Par exemple, à Viry-Châtillon, une belle pièce de théâtre a été faite pour les enfants, <em>Le dindon et le dodo</em>, jouée à Paris. À l’origine, c’était une conférence que j’avais préparée au théâtre de Montreuil pour faire comprendre le jardin planétaire à des tout petits. Comment le dindon remplace le dodo à l’île Maurice pour venir au secours du tambalacoque, un arbre endémique majestueux dont les graines ont besoin de passer dans le tube digestif d’un oiseau pour pouvoir germer mais qui sont beaucoup trop grosses pour être digérées par n’importe quel oiseau. Le dodo a été décimé au xvii<sup>e</sup> siècle et le tambalacoque est en voie de disparition alors qu’on connaît la place majeure qu’il occupe dans son écosystème…</p>
<p><strong>Vous êtes également à l’origine de l’université rurale du paysage en Creuse.</strong><br>
L’université rurale du paysage en Creuse a pour objectif de toucher la population d’exploitants agricoles. Ce qui est extrêmement difficile parce qu’ils sont bloqués dans un système qui les dépassent et les rend malheureux. Timidement quelques-uns se sont approchés. Un programme très élaboré de visites par des naturalistes, des historiens du paysage, des scientifiques, des gens des CPIE et de la LPO. Moi j’ai refait le cycle complet des dix cours au Collège de France devant des petites audiences de 90 personnes. Ce cycle est désormais achevé et il semble qu’après trois années de fonctionnement cette université rurale ait cessé de s’intéresser aux questions qui lient l’écologie, le paysage, l’agriculture et l’élevage. Sans doute le Collectif du Chaumet, en Auvergne, aura-t-il la possibilité de reprendre le flambeau. C’est à ce collectif que l’on doit la seconde édition augmentée du <em>Manifeste du Tiers-Paysage</em>.</p>
<p><strong>L’école du jardin planétaire serait-elle une résurgence nomade et vivante de votre exposition <em>Le jardin planétaire</em> à la grande halle de la Villette en 2000&nbsp;?</strong><br>
<em>Le jardin planétaire</em> a frappé les esprits en tant qu’exposition au moment où elle a eu lieu. Puis cette notion est tombée dans le silence pendant dix ans. Le jardin planétaire c’est la Terre regardée comme jardin, c’est une manière de considérer l’écologie en intégrant l’homme – le jardinier – dans le moindre de ses espaces, «faire le plus possible avec la nature, le moins possible contre» pour faire vivre le jardin, donc le jardinier.&nbsp;Pour parvenir à engager sérieusement une politique de survie de l’humanité sur Terre il faut s’immerger, s’accepter comme être de nature, ne plus se placer au dessus ou au centre, mais dedans et avec. Le jardin planétaire c’est l’école universelle de la vie.</p>
<p>[plusieurs liens Gilles Clément, notamment grand entretien n° 42 octobre 1998]</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilles-clement-a-lecole-du-jardin-planetaire/">Gilles Clément — À l’école du jardin planétaire</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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