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	<title>Alexandra Riguet - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Alexandra Riguet - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Le garage à papi…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Riguet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Nov 2018 15:35:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le garage à papi, avec vue sur le château de Dampierre, est à la fois club d’œnologie, club de lecture, club des recettes du monde...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Alexandra Riguet<br>
Photo Marc Deneyer</strong></p>
<p>C’est un lieu discret qui offre une autre perspective sur le château de Dampierre, à l’ombre des arbres, le long de la Boutonne. Le garage à papi est un petit bistrot «vintage», tenu par Nathalie Gay qui, dans l’esprit de la Renaissance, a voulu que le public puisse jouir de ce lieu de quiétude aménagé dans les anciens vergers du monument. Ancienne coach en développement personnel, elle a fait le pari que cet endroit où l’on partage un verre, l’on cause, l’on mange parfois allait devenir un rendez-vous dans un hameau situé à une trentaine de kilomètres de Niort. Nathalie Gay a imaginé ce lieu en mémoire de Robert Laurier son grand-père, le garagiste qui travaillait dans ces murs, «un homme magnifique qui riait tout le temps, sentait le cambouis et adorait prendre sa petite-fille sur ses genoux». Club d’œnologie, club de lecture, club des recettes du monde, dans son bar à thèmes, elle ne cesse de trouver des idées pour faire vivre le hameau toute l’année, au grand plaisir des propriétaires du château qui aiment venir y faire la fête. Un esprit fantasque et généreux comme dans celui du magnifique film <em>Bagdad Café</em> où le cœur du monde bat discrètement. Les Anglais, nombreux dans le coin, ne s’y trompent pas.</p>
<blockquote class="ensavoirplus"><p>Le garage à papi<br>
27 rue du château<br>
Dampierre-sur-Boutonne<br>
Ouvert toute l’année<br>
Du mercredi au samedi de 11h à 15h et de 17h à 20h<br>
Dimanche de 11h à 19h<br>
06 98 91 15 87</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/la-duchesse-de-retz-et-le-chateau-de-dampierre/">La duchesse de Retz et le château de Dampierre</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/le-garage-a-papi/">Le garage à papi…</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Un conservateur du Louvre&#160;au château de Dampierre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Riguet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Nov 2018 10:45:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis un an, Guillaume Kientz, conservateur au Louvre, occupe l’un des premiers châteaux de la Renaissance et un des rares en Charente-Maritime.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Alexandra Riguet<br>
Photos Marc Deneyer</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>«Deux vies dans ces îles enchantées, les quatre éléments affrontés, leurs peines enfouies en ces terres, leurs joies lues sur ses pierres.» Ce texte écrit par la châtelaine Marine Hedelin a été récemment gravé sur un des caissons en pierre de la galerie ésotérique du château de Dampierre-sur-Boutonne. À 80 ans, l’ancien professeur illustre, de par ces mots, ses cinquante années d’abnégation pour que le château ne perde rien de sa superbe. Avec son mari, Jean-Louis Hedelin, 82 ans, ils ont passé en 2017 leur dernier printemps à Dampierre. Le châtelain, affaibli par l’âge, effectuait avec de plus en plus de difficulté son rituel matinal&nbsp;: l’ouverture des nombreuses portes et fenêtres du château, classé monument historique en 1926. Marine Hedelin a senti qu’elle allait devoir cesser d’entretenir le monument : «Un déchirement, confie-t-elle. J’aurais aimé rester une dizaine d’années de plus.»</p>
<p>Depuis 1979, le couple a œuvré pour la sauvegarde du château victime des quatre éléments&nbsp;: des tempêtes, des inondations et, en 2002, un incendie qui l’a presqu’entièrement ravagé. «C’était une torche qui envahissait la toiture, tout brûlait. Mon mari, avait tout de suite dit «&nbsp;on reconstruira.» Le couple s’était battu pour réunir les quatre millions d’euros nécessaires à la reconstruction du monument. Jusqu’au printemps dernier, Marine Hedelin, agrégée d’histoire de l’art, de géographie et d’histoire, animait les visites toujours riches en anecdotes, avec une petite touche d’espièglerie qui laissait imaginer la vie dans ce château de villégiatures de la cour de Catherine de Médicis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-29025" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3326.jpg" alt width="1134" height="1516" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3326.jpg 766w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3326-224x300.jpg 224w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3326-650x869.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3326-150x201.jpg 150w" sizes="(max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le couple a voulu donner la possibilité à Aurélien leur petit-fils de 15 ans de devenir, un jour, l’héritier du château. Leur fille, Morgane, n’étant pas en capacité de le faire vivre, elle a pris contact, par la revue <em>Demeure historique</em>, avec Patrice Besse, agent immobilier des demeures de prestige, qui lui a proposé la solution d’un bail emphytéotique de trente ans afin de laisser à Aurélien le temps de réfléchir. Il s’agit de louer pendant trente années le monument à une personne qui l’entretiendra afin qu’au terme de ce bail, le petit-fils des Hedelin, puisse en reprendre la responsabilité. L’été dernier, Guillaume Kientz, 38 ans, l’un des conservateurs du Louvre a donc, avec sa famille, repris château. La châtelaine avait fait preuve de sagesse, son mari est décédé l’été dernier.</p>
<p>Voilà un an, Guillaume Kientz avait été saisi par la magie d’un des premiers châteaux de la Renaissance et un des rares en Charente-Maritime.<br>
Après avoir partagé les bancs des amphithéâtres de Sciences-Po Strasbourg, avec Mickael Vallet, le maire de Marennes, il fait une maîtrise d’histoire de l’art à Rome, puis devient conservateur, deux ans en Auvergne au service des Monuments historiques. Il a ensuite été recruté par le Louvre où il est spécialisé dans la collection des peintures espagnoles. À Dampierre, il se décrit comme un «passeur de mémoire&nbsp;désireux de conserver l’esprit renaissance en lien avec les grandes questions de notre temps&nbsp;: les valeurs universelles de l’humanisme, le rapport à la religion, à la nature, les grandes questions de société comme l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous ne sommes pas nostalgiques d’un monde qui n’existe plus, nous voulons explorer ce que la Renaissance a à nous dire sur notre monde.» Guillaume Kientz continuera d’exercer ses activités au Louvre, sa mère, Daniele Anne Grunhertz, et son beau-père, Alain Pfister, se sont installés au château pour le faire vivre toute l’année.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-29027" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3440.jpg" alt width="839" height="1134" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3440.jpg 758w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3440-222x300.jpg 222w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3440-650x878.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3440-150x203.jpg 150w" sizes="(max-width: 839px) 100vw, 839px"></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans l’esprit des festivités de la Renaissance, ils prévoient d’organiser carnavals vénitiens, joutes littéraires dans un château très ouvert sur le village. Guillaume Kientz vient de se rendre au Palazzo Gondi à Florence où il a retrouvé les descendants d’Albert de Gondi et de la duchesse de Retz qui ne connaissaient pas l’existence du château de Dampierre. Une exposition sur les Gondi peut-être naîtra de cette rencontre qui a enchanté la famille toujours installée dans le palais où est né Albert de Gondi.&nbsp;En collaboration avec Hélène Bouillon, conservatrice au ministère de la Culture, Guillaume Kientz prépare pour l’horizon 2020 une exposition sur les femmes savantes de l’antiquité à nos jours.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/la-duchesse-de-retz-et-le-chateau-de-dampierre/">La duchesse de Retz et le château de Dampierre</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/un-conservateur-du-louvre-au-chateau-de-dampierre/">Un conservateur du Louvre au château de Dampierre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Étrange alchimie au château</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Riguet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 08:14:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À la recherche de la pierre philosophale avec les signes ésotériques inscrits sur la pierre voutée de la galerie extérieure du château de Dampierre. L'art de l'alchimie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Alexandra Riguet</strong><br>
<strong>Photos Marc Deneyer</strong></p>
<p>Protégé par les bras de la Boutonne, le château de Dampierre est nimbé de mystère. Régulièrement, des visiteurs un peu particuliers viennent pour tenter de décrypter des symboles ésotériques gravés dans la pierre voûtée de la galerie extérieure. <em>«Le livre sculpté sur les caissons de Dampierre est unique par l’ampleur et la variété de son contenu</em>, écrit&nbsp; Marie-Henriette Réchou. <em>Les 93 caissons sculptés entre 1545 et 1550 et ornés de 128 clefs composant les pages de ce livre présentent des symboles, figures géométriques, scènes allégoriques, toujours accompagnés de phylactères où sont inscrites des devises pour la plupart en latin. Un en espagnol et un en français. On y reconnaît des emprunts à l’Ancien et au Nouveau Testament, à la mythologie grecque ou romaine et des références à d’anciens traités d’alchimie.»</em></p>
<p>Les visiteurs dont certains passent des heures à photographier les caissons un par un sont des adeptes de l’alchimie qui espèrent trouver la formule de la pierre philosophale dont la propriété serait de transformer un métal vil, oxydable, le plomb, en or, inaltérable, et de trouver l’élixir de l’immortalité. Cette fabrication de la matière noble est la métaphore de la quête de la connaissance, l’atteinte d’un état d’éveil supérieur, une illumination, dans l’esprit de l’humanisme de la Renaissance. Les matières viles représentent les passions terrestres, les faiblesses de l’homme.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-29051" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668.jpg" alt width="849" height="850" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668.jpg 849w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668-150x150.jpg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668-768x769.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp31668-650x651.jpg 650w" sizes="(max-width: 849px) 100vw, 849px"></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les esprits moqueurs imaginent de doux illuminés manier dans le plus grand secret fioles et alambics pour réaliser leurs exercices de sorcellerie. C’est ignorer qu’avant de devenir occulte, cette pratique mondiale et millénaire était celle des plus grands scientifiques, souvent médecins, astronomes, philosophes, qui ont inventé les acides nitritiques, sulfuriques ou citriques et des produits pharmaceutiques. Au Moyen Âge, des savants et le clergé pratiquaient l’alchimie. C’est à partir du <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup> siècle que des fabricants d’or falsifié ont fait naître le doute. Des suspicions renforcées par le fait que personne ne pouvait affirmer avoir réussi la fameuse transmutation de la matière vile en or. Les adeptes résistants se sont donc cachés derrière des symboles obscurs destinés à décourager les esprits sceptiques.</p>
<p>Pour d’autres la transformation ne peut se faire que par l’intervention du divin et ont recours à des thèmes religieux et de langages imagés mystérieux. L’alchimie spirituelle prend son essor au<span class="smallcaps">&nbsp;xviii</span><sup>e</sup> siècle, perd sa définition de science pour verser dans l’ésotérisme. C’est l’imprimerie qui a favorisé la divulgation de recettes, de théories et la multiplication des expériences dans toute l’Europe, jusqu’à toucher les milieux médicaux, manipuler de grandes quantités d’huiles essentielles</p>
<p>François <span class="smallcaps">I</span><sup>er</sup> interdit la science d’Hermès, l’alchimiste légendaire égyptien, qui donna le terme «hermétique» pour éloigner les profanes de cette pratique destinée à un groupe très confidentiel d’initiés, dont Rabelais et Erasme faisaient partis. Le roi autorise la censure et l’inquisition, par la Sorbonne, l’université de la théologie, sur ceux qui possèdent ces livres. Mais François <span class="smallcaps">I</span><sup>er</sup> ignorait qu’en voulant détruire cette pratique, il lui offrait l’immortalité… Elle s’est gravée dans la pierre des châteaux, des églises, des cloîtres. C’est après cette interdiction que les châtelains de Dampierre qui pratiquaient l’alchimie ont construit la galerie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-29037" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165.jpg" alt width="1134" height="1074" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165-300x284.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165-768x728.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165-650x616.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3165-150x142.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup>, les adeptes de l’alchimie, dont la discipline n’a pas été reconnue officiellement, utilisent des codes et un vocabulaire tellement abscons qu’ils forment un monde à part, occulte. <em>«L’alchimie est une science ésotérique, “philosophique” selon ses praticiens, et ses secrets ne devaient être révélés qu’à des sujets qui en fusent dignes par leur savoir, leur sagesse, leur labeur»</em>, écrit Marie-Henriette Réchou dans sa thèse.</p>
<p>Un monde à part qui existe toujours, entre des praticiens quelque peu déconcertants qui emploient un langage indéchiffrable et des adeptes savants qui étudient les textes les plus anciens et les plus complexes.&nbsp;Il faut aller à Dampierre pour en rencontrer parfois. Ils cherchent toujours le secret de la pierre philosophale dans ce joyau de pierre. L’alchimie n’a pas révélé son secret mais elle continue d’exister. On la retrouve même dans Harry Potter… où la recherche de la pierre philosophale est évoquée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_29609" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/10/igp3159.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-29609" class="wp-image-29609 size-large" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/10/igp3159-1024x981.jpg" alt width="1024" height="981"></a><p id="caption-attachment-29609" class="wp-caption-text">Selon les adeptes de l’alchimie, Lucifer «porteur de lumière» aurait transmis le secret de l’univers aux grands initiés.</p></div>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/la-duchesse-de-retz-et-le-chateau-de-dampierre/">La duchesse de Retz et le château de Dampierre</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/etrange-alchimie-au-chateau/">Étrange alchimie au château</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La duchesse de Retz&#160;: «espionne», savante et féministe (1/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Riguet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Sep 2018 13:59:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Née au château de Dampierre-sur-Boutonne, la duchesse Claude Catherine de Retz était au XVIe siècle à la tête du service d’espionnage de Catherine de Médicis. Femme savante, politique, polyglotte. Entretien fictif avec Marie-Henriette Réchou, qui lui a consacré une thèse.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien Alexandra Riguet<br>
Photos Marc Deneyer</strong></p>
<p>Née au château de Dampierre-sur-Boutonne, la duchesse Claude Catherine de Retz était au <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle à la tête du service d’espionnage de Catherine de Médicis. Femme savante, politique, polyglotte. Entretien fictif avec Marie-Henriette Réchou, qui lui a consacré une thèse. Marie-Henriette Réchou a été une des universitaires qui ont le plus travaillé sur la duchesse de Retz. Nous ne sommes pas parvenus à la rencontrer, la faculté de Saint-Étienne où elle a soutenu sa thèse en 1996, ayant perdu sa trace. Les réponses faites par l’auteure sont donc extraites de ses écrits. Nous avons ajouté les recherches de l’historien Emmanuel Buron qui, en 2006, a apporté des précisions sur le rôle de mécène de cette grande lettrée de la Renaissance. Ces travaux montrent que ces «féministes» littéraires de la haute société revendiquent surtout le droit à l’étude.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Claude Catherine de Retz est le personnage emblématique du château de Dampierre. Que sait-on sur sa petite enfance dans ce village ?</strong></p>
<p>Claude Catherine de Clermont est née au château de Dampierre en 1540 (1543, selon certains auteurs), en pleine guerre de religions. Une période pendant laquelle François I<sup>er</sup> ordonne la persécution de toute forme d’«hérésie», d’idée nouvelle et passe d’une tolérance relative à une terrible répression à l’égard des protestants. En même temps, la réforme progresse.<br>
Claude Catherine est le dernier maillon de sept générations de Clermont à Dampierre, fille unique de Jeanne de Vivonne et du baron Claude de Clermont, proche de François Ier avec lequel il a été élevé. Claude de Clermont, baron de Dampierre appartenait à une des familles les plus illustres du royaume. Le 20 décembre 1539, le roi aurait passé une nuit à Dampierre. La mère de Claude Catherine, Jeanne de Vivonne, lettrée et influente à la cour, recevait la noblesse au château, qui était devenue une puissante demeure de plaisance. C’est aussi l’époque des fastes et des fêtes de la Renaissance, des joutes littéraires auraient été organisées dans la galerie extérieure du monument. Claude de Clermont meurt en 1545, en combattant les Anglais. Claude Catherine est encore une fillette lorsqu’elle quitte la vie paisible de la presqu’île de Dampierre-sur-Boutonne pour suivre sa mère à la cour des Valois où elle passera une grande partie de sa vie. Avant de partir pour Paris, sa mère Jeanne avait fait faire un magnifique plafond dans la galerie, qui est un grimoire alchimique extraordinaire. Ayant achevé les travaux de Dampierre, Jeanne de Vivonne sait qu’elle a le devoir d’organiser la vie de sa fille, c’est pourquoi elle revient à la cour. La cour des Valois reflète les contrastes de la Renaissance, l’humanisme, la curiosité de l’autre avec un principe monarchique strict. Ce sont les esprits contraires de cette période : <em>«Les lettres fleurissent, les esprits se réveillent, c’est une joie de vivre, le monde rit au monde»</em>, écrit le poète Clément Marot. Ce sont aussi des années de meurtres en masse, de guerres, de famines.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28881" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138.jpg" alt width="1134" height="849" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138-768x575.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138-650x487.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3138-150x112.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
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<p><strong>Comment la vie s’organise-t-elle à Paris pour la mère et la fille ?</strong></p>
<p>Claude Catherine arrive à la cour, très jeune, c’est-à-dire vers trois, quatre ans. Elle est élevée avec les enfants royaux. Appréciée pour sa probité, sa sagesse et son intelligence, sa mère, Jeanne de Vivonne, veuve à 25 ans, est une favorite de la cour. La mère de Jeanne de Vivonne, Louise de Daillon, avait déjà été désignée par François I<sup>er</sup>, pour servir sa sœur Marguerite de Navarre, autre femme de lettre illustre. Anne de Vivonne, la sœur de Jeanne, les rejoindra à la cour avec le troisième de ses fils, Pierre de Bourdeille, qui deviendra l’homme de lettres, Brantôme.</p>
<p>Claude Catherine a 16 ans lorsque Catherine de Médicis, qui a remarqué sa vivacité d’esprit et sa beauté, la marie à Jean d’Annebault, baron de Retz, 65 ans, membre d’une vieille famille de gentilshommes normands. Il était d’usage à l’époque de récompenser les bons serviteurs du roi en leur proposant des jeunes filles de la plus haute noblesse. Le contrat de mariage, passé à Poitiers, le 28 avril 1558, révèle une fortune très importante en terres, seigneuries, argent et meubles. De 49 ans son aîné, Jean d’Annebault est décrit comme un homme honnête, de caractère difficile, sans génie que Claude Catherine n’aimait pas. En 1562, elle devient veuve à 22 ans. Elle aime l’intrigue et les plaisirs, elle est riche, tournée vers le monde. Catherine de Médicis va savoir utiliser ce très beau parti…</p>
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<p><strong>Claude Catherine devient un personnage important à la cour. Une femme à la tête des «renseignements généraux»… &nbsp;&nbsp;</strong></p>
<p>Henri II retient à la cour encore plus de femmes que son père François I<sup>er</sup>. L’escadron volant de la reine est composé de belles femmes, intelligentes et cultivées, influentes dans la vie politique, les arts, les lettres. Ces filles de la reine sont la parure de tous les spectacles et de toutes les fêtes. Aucune entrée royale, aucune noce, aucune réception de souverains ou de grands personnages ne peut se passer d’elles. Elles sont devenues pour Catherine de Médicis des armes pour séduire sans être séduites, d’entendre d’intéressantes confidences mêlées aux déclarations d’amour, tout en gardant l’apparence de la vertu. La discrétion et la modestie figurent au premier rang de cet art d’aimer. Tout doit se régler sans débauche, ni orgie, la reine détestait les dévergondages. Un scandale ne peut éclater dans ce cercle clos, les femmes qui tombaient enceintes risquaient d’être enfermées à vie au couvent, chassées, odieusement traitées par la cour. Les «filles de la reine» dirigent les affaires publiques, négocient ou rompent des traités, participent à toutes les intrigues et à tous les dangers des guerres civiles.</p>
<p>Catherine de Médicis placera Claude Catherine à la tête de cet escadron, outil privilégié de récolte des informations et de diffusion des renseignements, le service secret de la reine. Cet escadron volant accompagnait la reine dans ses déplacements, il prit part notamment au voyage de deux ans à travers la France avec le roi Charles IX, huit mille courtisans et six mille chevaux. Cet escadron devient très vite pour la reine un instrument de gouvernement et son service secret.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28925" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264.jpg" alt width="1134" height="849" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264-768x575.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264-650x487.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3264-150x112.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
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<p><strong>Claude Catherine épouse ensuite le florentin Albert de Gondi, personnage clé de la cour de France.</strong></p>
<p>Catherine de Médicis, qui cherche par tous les moyens à faire entrer la haute société italienne à la cour, trouve en cette belle personne érudite, un parti idéal pour un notable florentin, &nbsp;Albert de Gondi, né en 1522, qui possède une grande fortune. Il est d’une famille de gentilshommes qui se sont enrichis dans le commerce et la banque. Son père, Antoine de Gondi, était le trésorier de l’archevêché de Lyon et sa mère, Marie Catherine de Pierrevive, dite Marion, une femme d’affaires de très haut niveau, qui avait la renommée, à Lyon, d’être l’amie des belles lettres&nbsp;; proche de Louise Labbé, elle recevait Rabelais dans son salon littéraire.</p>
<p>Albert de Gondi a le double de l’âge de Claude Catherine, mais c’est un bel homme fin, érudit et guerrier. Catherine de Médicis l’anoblit en lui permettant de reprendre «Retz», le nom que sa femme tenait de son premier mari. Le mariage a eu lieu à Cognac, le 14 septembre 1565, en présence de la reine. Claude Catherine deviendra maréchale puis duchesse de Retz. Le nom de Gondi lui ouvre toutes les portes des banques florentines et elle partage, avec son mari, le sens des affaires. Le mariage est surtout l’alliance de deux ambitions qui s’épaulent. Mais cette union est mal vécue par sa mère et son cousin Brantôme, chroniqueur de l’époque qui tenait à la noblesse de leur lignée. Cette alliance avec un florentin ne lui plaisait pas du tout.</p>
<p>Quant à Albert de Gondi, ce mariage le faisait pénétrer de plein pied au cœur de cette noblesse française, si gonflée d’ostracisme envers les étrangers de petite maison, et surtout contre les Italiens, trop nombreux, trop influents, auprès de la reine. Cela ne perturbe en rien Claude Catherine qui fait un pied de nez à la montée de cette xénophobie. Certains députés s’élèveront contre ces Italiens, qui forment une communauté dans les hauts cercles de la France et des pays limitrophes, et qui ont le sens des affaires et du commerce. Des manifestations entrainant des pillages et des morts ont d’ailleurs été perpétrées contre quelques-uns d’entre eux, dont le maréchal de Retz. Serviteur courageux, voué corps et âme au royaume, habile et intelligent, il a joué un rôle prépondérant pendant tout le <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle. Il s’est fait remarquer pour sa bravoure dans des batailles et a joué un rôle dans la diplomatie.</p>
<p>En 1570, il réussit la mission de négocier le mariage de Charles <span class="smallcaps">IX</span> avec la princesse Élisabeth d’Autriche. Progressivement, les postes clés du royaume lui sont attribués. Albert de Gondi fait montre d’une fidélité égale aux rois successifs, sa grosse fortune lui permettant de prêter de l’argent pour négocier. Il renonce à sa politique antiprotestante pour suivre Henri IV qui lui fait une confiance aveugle. Il a mis son art de la diplomatie au service des derniers Valois comme du premier Bourbon avec une égale fidélité, car il savait que du trône seul lui viendrait la sécurité, la puissance et la gloire.</p>
<p>Albert de Gondi est l’exemple d’une intégration réussie, ses descendants resteront seigneurs de Retz jusqu’en 1676. Né florentin, il devint français aussi aisément que de Gondi, il passe à Retz. <em>«Tel est monté bien haut, qui fut fils d’un banquier»</em>, écrit le poète Amadis Jamyn. La reine Catherine de Médicis appréciait ce Florentin qui fut un serviteur courageux, intelligent, habile, infatigable et sans état d’âme. À la fin de sa vie, il partage son temps entre les méditations pieuses et les méditations philosophiques.</p>
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<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/09/igp3266.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-29445" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/09/igp3266-1024x767.jpg" alt width="1024" height="767"></a></p>
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<p><strong>La duchesse de Retz a‑t-elle une personnalité à part à la cour&nbsp;?</strong></p>
<p>Claude Catherine de Retz aimait vivre dangereusement et fréquentait les seigneurs de camps opposés au risque de subir des suites fâcheuses. Par exemple, Charles <span class="smallcaps">IX</span> avait été satisfait de voir son frère, le futur Henri <span class="smallcaps">III</span>, éloigné de la cour pour devenir roi de Pologne. Ils ne sympathisaient guère. Le roi se montrait jaloux des succès militaires remportés par Henri sur les protestants et de constater que sa sœur Marguerite lui préférait son frère. Ils étaient presque ennemis. Et voilà que Claude Catherine entretient une correspondance avec le roi de Pologne, ce frère détesté. À telle enseigne, qu’à la cour on parle de la disgrâce de la maréchale de Retz. Claude Catherine fit ses malles pour revenir au pays de Retz. Heureusement pour elle, le pauvre malade Charles <span class="smallcaps">IX</span> mourut le 30 mai 1574 de tuberculose. Son frère Henri <span class="smallcaps">III</span> fut donc appelé pour lui succéder. Madame de Retz n’avait plus rien à craindre. Tandis que Catherine de Médicis prenait la régence, Albert de Gondi et sa femme se trouvaient autant en faveur qu’avant. La politique de Claude Catherine changea souvent. Elle avait soutenu ardemment Henri <span class="smallcaps">III</span> avant d’approuver le duc de Guise qui voulait couper les cheveux du roi, l’enfermer dans un couvent et prendre sa place. Puis, elle prit le parti d’Henri <span class="smallcaps">IV</span> et elle prouva son attachement au nouveau roi en accompagnant son armée au siège de Rouen, pendant que son époux, le duc de Retz, négociait en Italie avec le pape, la reconnaissance du roi huguenot. Comme son mari, elle a participé au sacre d’Henri <span class="smallcaps">IV</span> à Chartres.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28938" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369.jpg" alt width="1134" height="849" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369-768x575.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369-650x487.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3369-150x112.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
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<p><strong>Claude Catherine&nbsp;: les intrigues, la fête et les facéties…</strong></p>
<p>La duchesse et maréchale de Retz retrouve les faveurs de la cour, elle sera de toutes les fêtes du nouveau roi, Henri<span class="smallcaps"> III</span>, grand amateur de divertissements. Elle y apparaît comme une fée couverte d’or et d’argent ou comme une naïade très légèrement vêtue. Le roi, maintes fois peint avec ses boucles d’oreilles, s’y habillait en femme et se montrait avec ses mignons. Les témoignages concernent surtout le fameux banquet <em>«orgiaque de Chenonceau»</em>, organisé par la maréchale de Retz. Le chroniqueur Pierre de L’Estoile, dit&nbsp;: <em>«En ce beau banquet, les dames les plus belles et les plus honnêtes de la cour, étant à moitié nues et ayant les cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service.»</em> Pierre de l’Estoile qui avait un esprit critique et moralisateur stigmatisait les nouvelles modes féminines en accusant les femmes de se dénuder à la gorge. On abandonnait alors les robes montantes, enserrant le cou dans une fraise, pour des robes décolletées en carré avec collerette haute, entourant l’arrière de la tête. Dans la vie quotidienne, la reine mère ou reine noire, vêtue de son éternelle robe noire après la mort de son époux, Henri <span class="smallcaps">II</span>, était un rabat-joie. Mais, lorsqu’elle donnait des festivités, elle mettait tout en œuvre pour distraire ses invités. Ce ne furent donc ni des orgies, ni des extravagances mais l’expression d’une mentalité selon laquelle les réjouissances étaient indispensables à la vie.</p>
<p>Madame de Retz était en excellents termes avec Henri<span class="smallcaps"> III</span>, le roi avait une grande ouverture d’esprit mais il avait aussi de <em>«grands travers»</em> dont la maréchale se moquait comme tous ses courtisans. Le roi lui-même était parfois gêné de ses propres excès et de ses mœurs dissolues. Alors que Henri<span class="smallcaps"> III</span> était vaillant aux armées, il avait peur de l’orage et se cachait sous son lit au premier coup de tonnerre.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28936" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250.jpg" alt width="1134" height="849" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250-768x575.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250-650x487.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/igp3250-150x112.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1134px) 100vw, 1134px"></p>
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<p>Ce qui donna à Claude Catherine et à quelques-uns de ses amis, l’idée de lui faire une farce. En compagnie d’Agrippa D’Aubigné, écrivain, élevé dans la religion calviniste, elle avait caché, dans le lit du souverain, une sarbacane et laissé croire au roi que la voix qui s’en échappait était celle d’un ange venu lui proférer des menaces. Anne de Joyeuse, le mignon favori du roi, pris crainte pour sa faveur et, trompant ses compagnons, alla tout raconter au roi. Ce dernier que la soi-disante intervention céleste dans sa vie privée avait rendu à demi-fou de terreur, entra dans une colère épouvantable. Il voulut se venger de Madame de Retz. Albert de Gondi avait été obligé d’intervenir auprès de Catherine de Médicis pour que tout rentre dans l’ordre.</p>
<p>Pendant la Saint-Barthélémy, la duchesse refusa de s’unir au gigantesque homicide qui avait gagné tous les catholiques de Paris, et accueillit, avec sa mère, un jeune Huguenot, Jean de Beaumanoir de Lavardin, qui cherchait refuge pour échapper à la mort. Elle le cacha dans sa garde-robe.</p>
<p>Des «soupers» galants se tenaient chez elle. Des propos joyeux se mêlaient aux dissertations savantes. Pasquier écrivit&nbsp;: «<em>Madame de Retz me convia à soupper, où se trouvèrent plusieurs seigneurs de marque. Toute la sérée se passa sur une infinité de bons et beaux propos concernant la calamité de ce temps, et sur les espoirs et desespoirs que chacun de nous appréhendoit, selon la diversité de ses opinions.</em> […] <em>Jamais je ne vy pièces plus décousues que celles-là, ny de meilleure estoffe&nbsp;! </em>[…]<em> Enfin, comme le discours de l’amour est l’assaisonnement des beaux esprits, aussi ne le peusmes l’oublier.»</em></p>
<p>Claude Catherine avait une vie sentimentale agitée, les chroniqueurs de l’époque dirent qu’elle était la plus belle et la plus intelligente dame de son temps et ont raconté que de nombreux hommes se sont disputé ses faveurs, plusieurs les ont partagées. Charles de Balzac d’Entragues aurait été son favori. Cette liaison fit jaser la cour, lorsque Claude Catherine, éloignée de son mari depuis plusieurs mois, se retrouva enceinte. Albert de Gondi la laissait entièrement libre, leur union scellée par une commune ambition&nbsp;: à lui la gestion des affaires, la guerre, la diplomatie, à elle la représentation à la cour, le mécénat des écrivains. Entre deux campagnes et deux ambassades, ils eurent dix enfants. Jamais le maréchal de Retz ne fit étalage de ses richesses. Ce souci de ne pas paraître aux yeux de ses contemporains était inscrit au-dessus de la cheminée du château de Dampierre dans la grande salle <em>«Se congnestre, estre et non parestre»</em>.</p>
<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-duchesse-de-retz-espionne-savante-et-feministe-2-2"><em>Suite de l’article : La duchesse de Retz&nbsp;: «espionne», savante et féministe</em></a></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/la-duchesse-de-retz-et-le-chateau-de-dampierre/">La duchesse de Retz et le château de Dampierre</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-duchesse-de-retz-espionne-savante-et-feministe-1-2/">La duchesse de Retz : «espionne», savante et féministe (1/2)</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>La duchesse de Retz&#160;: «&#160;espionne&#160;», savante et féministe (2/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Riguet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Sep 2018 13:23:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Née au château de Dampierre-sur-Boutonne, la duchesse Claude Catherine de Retz était au XVIe siècle à la tête du service d’espionnage de Catherine de Médicis. Femme savante, politique, polyglotte. Entretien fictif avec Marie-Henriette Réchou, qui lui a consacré une thèse.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-duchesse-de-retz-espionne-savante-et-feministe-2-2/">La duchesse de Retz : « espionne », savante et féministe (2/2)</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien Alexandra Riguet<br>
Photos Marc Deneyer</strong></p>
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<p><strong>La duchesse de Retz était une femme galante… mais que sait-on sur la femme savante&nbsp;?</strong></p>
<p>Sur les perfections de son esprit, les admirateurs sont prolixes. Elle étudiait les mathématiques, la philosophie, l’histoire, parlait à la perfection le grec et le latin, l’italien, l’espagnol, ce qui inspira à la femme de lettres, Marie de Romieu cette poésie qui nous donne une idée de sa culture&nbsp;:</p>
<blockquote><p>«Elle triomphe doncq du savoir admirable,<br>
Du langage Tusquan, du Francoy, du Romain,<br>
Du castillan encor, et d’un esprit divin<br>
Entre cent mill esprits en tous lieux remarquable»</p></blockquote>
<p>Elle est interprète dans les hautes tractations diplomatiques. Le bibliographe, La Croix du Maine, raconte qu’en 1573, lors de l’arrivée à Paris des ambassadeurs polonais qui venaient offrir à Henri de Valois (futur Henri<span class="smallcaps"> III</span>) le trône de Pologne, la maréchale servit à plusieurs reprises de truchement entre les délégués étrangers et le prince et répondit, au nom de Catherine de Médicis, à la harangue d’Adam Conarski, évêque de Posnanie, par un discours latin dont le style lui valut les félicitations des plus savants d’entre ses auditeurs. Elle parlait <em>«les langues grecque et latine avec autant de perfection, de pureté et de netteté que les premiers et les plus éloquents orateurs d’Athènes et de Rome»</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28943" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3.jpg" alt width="2248" height="768" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3-300x103.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3-768x263.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3-650x222.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau3-150x51.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 2248px) 100vw, 2248px"></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alexandre de Potaymery envoie un hymne à la maréchale&nbsp;: <em>«Princesse des vertus, vos propos sont oracles, vos pensers sont divins, vos effects sont miracles&nbsp;: sont comme le soleil par les yeux évidents.»</em> Dans les dernières années du <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle, l’Académie du Palais, très rarement ouvertes aux femmes, l’accueille, elle y siège aux côtés de Ronsard. La préfiguration de l’Académie française associe des poètes, des érudits, des artistes afin de cultiver les lettres, les arts. D’Aubigné évoque des réunions de l’Académie, deux fois par semaines, au Louvre, <em>«pour ouîr les plus doctes hommes qu’il pouvoit»</em> et il ajoute ces mots <em>«et mesme quelques dames qui avaoient estudié»</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_28929" style="width: 1737px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28929" class="wp-image-28929 size-full" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1.jpg" alt width="1727" height="528" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1-300x92.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1-768x235.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1-650x199.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau1-150x46.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1727px) 100vw, 1727px"><p id="caption-attachment-28929" class="wp-caption-text">Un des caissons mystérieux de la galerie des alchimistes qui représente un diable. Selon les adeptes de l’alchimie, Lucifer «porteur de lumière» aurait transmis le secret de l’univers aux grands initiés.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il nomme deux Académiciennes&nbsp;: <em>«Je choisis aussy, en la Court, pour mettre en ce rang, la Mareschale de Retz et Madame de Lignerolles»</em>, en ajoutant qu’elles se <em>«firent admirer»</em>, invitées à traiter des questions de morale ou de philosophie. Après la reine mère, le premier tabouret aux auditoires de l’Académie appartenait à Marguerite de Valois, reine de Navarre. Cette princesse, digne petite-fille de François<span class="smallcaps"> I</span><sup>er</sup>, était considérée comme la femme la plus spirituelle et l’intelligence la plus ornée de son temps.</p>
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<p><strong>La duchesse de Retz a‑t-elle bien créé un cénacle qui préfigurait les salons littéraires du <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e</sup> siècle&nbsp;?</strong></p>
<p>La duchesse de Retz n’a pas laissé d’ouvrages de sa plume mais, vers 1570, a créé un lieu qui réunissait la fine fleur des lettres et des arts. Un nouveau centre de réunions mondaines et littéraires situé dans l’hôtel de Retz, sur le faubourg Saint-Honoré, près du Louvre. La maison était ouverte aux visiteurs mais les élus, ceux que leur talent ou leur culte de la poésie rendaient digne d’être admis dans l’intimité de ce lieu, étaient reçus dans le cabinet des Dictynne, un petit salon tapissé de verdure, que l’on appelait le salon vert. S’y serait réuni tout ce que Paris comptait de plus brillant… Les vers des poètes étaient compilés dans un recueil aujourd’hui répertorié dans la Bibliothèque nationale de France. Dans le salon, les plaisanteries sur les femmes et le mariage, l’adultère auraient provoqué un tollé, le respect de la femme y était poussé jusqu’à l’adulation. Marguerite de Valois se serait aussi inspirée du salon de la duchesse de Retz pour créer le sien, l’un des plus actifs du début du <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e</sup> siècle.&nbsp;Dans le domaine de la littérature et des arts, le maréchal de Retz et sa femme jouent le rôle de mécènes bienveillants.</p>
<p><em>Un article de 2006 écrit par un historien, Emmanuel Buron, met en cause l’existence du salon&nbsp;: «le mot salon n’existe pas au <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle.» Un salon est un lieu où les hiérarchies sociales s’effacent, écrivains et aristocrates sont égaux afin de privilégier la qualité des échanges intellectuels. L’historien précise que ce n’était pas le cas des relations entre les poètes et la duchesse de Retz, la hiérarchie sociale étant maintenue. Il souligne plutôt le rôle de mécène de la duchesse : «Mme de Retz occupe le centre d’un réseau de relations mais cette collectivité reste purement virtuelle, elle ne se réunit jamais et l’égalité de la conversation n’y règne pas.»</em></p>
<p><em>Marie-Henriette Réchou cite cependant l’existence du salon des dames des Roches, Madeleine Neveu et sa fille Catherine qui ont créé un centre mondain de lettrés et d’érudits, à Poitiers de 1570 à 1578. Dans son ouvrage Deux féministes poitevines au <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle&nbsp;: les dames des Roches,&nbsp;elle écrit&nbsp;: «Longtemps oubliées, les dames des Roches, mères et filles, Madeleine Neveu (1520–1587) et Catherine Fradonnet (1542–1587) […] deux bourgeoises poitevines parmi les auteurs les plus célèbres et les plus admirées de leur temps. […] le «Salon» qu’elles tinrent pendant une vingtaine d’années dans leur maison de la paroisse Saint-Michel à Poitiers, il rivalisa avec les salons parisiens contemporains fréquentés par les humanistes comme celui […] de la maréchale de Retz.»</em></p>
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<p><strong>Claude Catherine est-elle un symbole de l’émancipation féminine&nbsp;?</strong></p>
<p>En dehors des œuvres de l’Antiquité, aucune production de l’esprit humain ne valait la peine d’être étudiée. Il fut admis qu’être savant, était un titre de gloire, et on ne pouvait l’être si on ne connaissait à fond la littérature des Anciens.</p>
<p>Les femmes de la haute société profitent de l’engouement général de la Renaissance pour se cultiver, retourner aux textes anciens, apprendre les langues. L’égalité des chances dans le domaine de l’intelligence est reconnue de plein droit pour les princesses et les femmes de haut rang mais remise en cause par les esprits doctes. Quant aux femmes de&nbsp;<em>«moindre qualité»</em>, François de Billon, écrivain, souligne: <em>«Lorsqu’elles cultivent le jardin du savoir, elles le font comme à la desrobée et nonobstant les épynes de prohibition paternelle.»</em></p>
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<p>Erasme s’inquiète&nbsp;: <em>«La face du monde est retournée, les moines ne savent pas lire et les femmes s’adonnent aux livres.»</em> La Réforme en faisant de la lecture et l’étude de la Bible le premier devoir du chrétien, favorise l’instruction féminine liée à la foi religieuse. On a beaucoup rallié la science des huguenotes qui se mêlaient de raisonner sur l’Écriture sainte. Les catholiques se montrent hostiles à l’ambition intellectuelle des femmes en matière de théologie. Ils considèrent que cela encourage leur orgueil et leur dépravation. Ronsard déplore dans la remontrance au peuple de France&nbsp;<em>«que les femmes fragiles interprètent en vain le sens des évangiles qui devroient mesnager et garder leur maison»</em>.<br>
Marie de Romieu prend la défense des femmes dans <em>«un discours de l’excellence de la femme sur l’homme»</em>. Elle s’efforce de montrer que les dons de l’intelligence sont un apanage de son sexe, elle cite Madame de Retz à qui elle décerne les titres de dixième muse et de quatrième grâce.</p>
<blockquote><p>«Vien donc, sœur des neuf sœurs et quatrième charité<br>
Ma comtesse de Retz&nbsp;! vien que tu soie escrite<br>
La première en mes vers&nbsp;! Le grec t’est familier<br>
De ta bouche ressort un parler singulier<br>
Qui contente les rois et leur cour magnifique&nbsp;;<br>
Le latin t’est commun et la langue italique&nbsp;;<br>
[…]<br>
Tu ravis les esprits des hommes mieux disans&nbsp;:<br>
Tant en prose et en vers tu sçais charmer nos sens.»</p></blockquote>
<p>La duchesse de Retz est l’exemple même de l’émancipation intellectuelle de la femme du <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle dans la haute société. Dans sa descendance, ce fut son petit-fils, François-Paul, le cardinal de Retz qui lui ressembla le plus. Il eut la même culture, la même intelligence extrêmement vive, le même goût de l’action et de l’intrigue, le même machiavélisme, le même tempérament passionné et les mêmes excès.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-28930" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2.jpg" alt width="1160" height="768" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2-300x199.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2-768x509.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2-650x430.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2018/07/chateau2-150x99.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1160px) 100vw, 1160px"></p>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/la-duchesse-de-retz-et-le-chateau-de-dampierre/">La duchesse de Retz et le château de Dampierre</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-duchesse-de-retz-espionne-savante-et-feministe-2-2/">La duchesse de Retz : « espionne », savante et féministe (2/2)</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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