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	<title>MSHS - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>MSHS - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>S’habiller du récit 2/2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jan 2022 08:33:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Historiens, littéraires et illustrateurs de bande dessinée ont rythmé la deuxième journée du colloque « La parure du corps », prenant place dans le cadre des Rencontres d’Angoulême.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Amina Tachefine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’usage du tissu dans la bande dessinée comme marqueur sexuel, professionnel ou social, permet de remplacer la parole. Le corps joue avec les vêtements et est modelé par lui. L’accoutrement conteste la norme ou enferme le personnage dans celle-ci. Habiller le corps permet de nouveaux espaces de narrations.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que révèlent les caricatures des soldats allemands réalisées lors de la Première Guerre mondiale ? Yann Jarriault questionne les représentations et la place de l’image en période de conflit. Doctorant à l’université de Poitiers, il travaille sur les pratiques mémorielles en Vienne et en Aveyron durant la Grande Guerre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La presse illustrée est une arme idéologique en temps de guerre. En raillant les Allemands, le dessin transforme les attributs physiques en des émetteurs de qualités morales. Lorsque le journal <em>La Baïonnette </em>fait paraître un dessin où Guillaume II est vêtu d’un habit aux allures de carnaval, accompagné d’un couvre-chef oriental, il qualifie le Kaiser de bouffon, en rappelant par son turban la présence de l’Allemagne en Turquie. Son accoutrement renforce un trait de personnalité. On prétend que son caractère est instable. D’autres images représentent le chef d’Etat allemand vêtu d’un tablier de boucher, d’un masque à gaz ou d’une cape blanche. Dénonçant la barbarie de la politique guerrière allemande, l’iconographie caricaturale intègre une dimension comique par le grotesque.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/baionnette-2-couv-1-757x1024.jpg" alt class="wp-image-35043" width="388" height="525"><figcaption>&nbsp;<em>La Baïonnette</em>, 10 février 1917, couverture illustrée par Georges Delaw. </figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le soldat français est paré d’un uniforme improvisé, fabriqué par des bandes de tissus souillés. Au début de la guerre, l’armée française fait face à une pénurie d’uniformes, qu’elle compense en fournissant des modèles simplifiés. La caricature du poilu, positive, montre un combattant fier. Il est redressé, prêt à l’assaut, le bleu de son uniforme rappelant l’horizon. L’Allemand, vêtu de vert, évoque un soldat caché dans le sol. Le peintre Marco de Gastyne dessine pour <em>La Baïonnette</em> de jeunes soldats aux traits enfantins, vêtus d’habits trop grands et d’une large écharpe. À l’opposé, il représente les soldats expérimentés par un costume emprunt de majesté. La tenue devient le symbole de la maturité et du savoir-faire guerrier.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’autre au féminin</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Icônes culturelles internationales, <em>Les Schtroumpfs</em> de Peyo ont vu le jour en 1958. Chauves, édentés et à l’habit minimaliste, les Schtroumpfs sont plongés dans l’anonymat. Certains personnages cassent cette uniformité, tel que le Grand Schtroumpf, la Schtroumpfette ou le Schtroumpf farceur, rappelle Valérie Blanchemanche, chercheuse au Centre de recherche sur les médiations de Lorraine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’habit blanc symbolise l’innocence propre à l’enfance. Le bonnet rappelle celui porté par les nourrissons, et évoque le phénomène de l’enfant né coiffé, lorsque celui-ci quitte le ventre de sa mère encore enveloppé dans la membrane amniotique. Naître dans de telles conditions serait signe d’une vie de bonne fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet univers homogène, les personnages sont tous masculins jusqu’en 1967, où la Schtroumpfette apparaît. Créée par Gargamel pour instaurer le chaos, celle-ci s’attache aux petits bonhommes bleus et cherche à gagner leur affection et respect. Le Grand Schtroumpf l’embellit, transforme ses cheveux courts et bruns en une longue chevelure blonde. Sa robe se pare de dentelle, assortie d’une paire d’escarpins. La Schtroumpfette, qui est l’exception dans ce monde où tous se ressemblent, devient la fiancée pour tous et incarne l’éternel jeune fille. Sa tenue crée et renforce la singularité de son genre.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/schtroumpfette-couv-742x1024.jpg" alt class="wp-image-35042" width="447" height="617"><figcaption>Peyo, <em>La Schtroumpfette</em>, Dupuis, 1967. </figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong></strong><strong>Trait ou aplat, un choix narratif</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Gaëtan le Coarer est doctorant au laboratoire Science de l’information et de la communication &amp; science de l’art à l’université de Savoie. Il travaille sur les nouveaux espaces de narrations en alliant bande dessinée et réalité mixte. Il analyse la spatialité narrative du vêtement chez Sergio Toppi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bédéiste italien privilégie l’usage de l’encre et préfère utiliser le trait. Les cases se veulent volontiers abstraites, les personnages y émergent dans un but esthétique. Les vêtements permettent une construction spatiale complexe. Lorsque Shéhérazade, protagoniste de<em> Sharaz-De</em>, apparaît, elle se déplace ensuite dans ses étoffes et bijoux. La toge et la barbe de certains personnages forment des royaumes. Les habits deviennent des cases.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv.jpg" alt class="wp-image-35090" width="412" height="541" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv.jpg 780w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv-229x300.jpg 229w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv-768x1008.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv-650x853.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/sharaz-decouv-150x197.jpg 150w" sizes="(max-width: 412px) 100vw, 412px"><figcaption>Sergio Toppi, <em>Sharaz-De</em> (intégral), Mosquito, 2013.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">N’utilisant pas les codes conventionnels de la BD, Sergio Toppi creuse son propre espace et permet au lecteur de partir en exploration. Il brise la linéarité du récit. Par l’usage du trait, la texture est davantage détaillée. Gaëtan Le Coarer présente l’œuvre de Toppi comme les prémices des nouvelles formes narratives propres à la réalité mixte. En transposant la méthode du bédéiste dans la réalité virtuelle, il serait possible d’habiller l’utilisateur afin de produire une immersion dans le décor, et de le faire voyager dans des espaces indécis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque que Marjane Satrapi réalise <em>Persepolis</em> ou <em>Poulet aux prunes</em>, l’univers graphique est celui du noir et blanc et l’aplat. Marine Motard-Noar, professeure de français au McDaniel College à Maryland, États-Unis, rappelle que la bédéiste ne veut pas d’un dessin « bavard ». L’artiste iranienne commence son dessin par les yeux. Le vêtement ne sert pas à distinguer les personnages, seuls leurs paroles, les cheveux et les accessoires le permettent. Un simple tracé blanc différencie les manches du reste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’illustration des habits rapproche le lecteur de l’intention de la narratrice. Une planche sur le voile à l’école met en scène des enfants en uniforme, réprimandés par des femmes voilées d’un habit semblable au tchador. Elles n’ont pas de corps : le tissu minimaliste, à plat, leur donnent des airs d’ange de la mort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Marjane Satrapi est tiraillée entre ces deux mondes. La dualité du noir et blanc permet à l’autrice de créer des univers sans nuances, et des mondes où les personnages se sentent étrangers.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/persepolis-couv-674x1024.jpg" alt class="wp-image-35049" width="368" height="559"><figcaption>Marjane Satrapi, <em>Persepolis</em>, L’Association, 2017.</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Tisser au fil rose</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2017 paraissent des bandes dessinées mettant en scène le travail d’enquête de Nellie Bly, née Elizabeth Jane Cochrane (1864–1922), pionnière du reportage clandestin. Pascale Hellégouarc’h est maîtresse de conférences à l’université Paris 13 et rattachée au Centre d’études des nouveaux espaces littéraires. Elle a étudié<em> Nellie Bly. Dans l’antre de la folie</em>, de Virginie Ollagnier-Jouvray et Carole Maurel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consciente des violences physiques et psychologiques que subissent les femmes internées dans les hôpitaux psychiatriques, la jeune Américaine s’est infiltrée pendant dix jours dans un de ces établissements après avoir fait croire, sans trop de difficulté, qu’elle était folle. La bande dessinée retrace cette terrible immersion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soucieuse de la réalité historique, l’illustratrice a mis un point d’honneur a parer ses personnages d’habits d’époque. Exempté d’anachronisme vestimentaire, le personnage principal est habillé de vêtements roses. Préférant les habits de cette couleur, Nellie Bly avait été surnommée « Pinky ». Les passagères qui accompagnent la journaliste portent une coiffure désordonnée, témoignant de leurs positions sociales. Des femmes saines sont mêlées à celles qui ne le sont plus.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/neillie-bly_couv-768x1024.jpg" alt class="wp-image-35056" width="389" height="517"><figcaption>Virginie Ollagnier, Carole Morel, <em>Nellie Bly. Dans l’antre de la folie</em>, Glénat, 2021. </figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">La tenue des infirmières affirme leur autorité sur les patientes, tandis que ces dernières doivent se séparer de leurs vêtements pour porter des tenues simples, ternes et inadaptées au climat hivernal. Briser leur individualité a été le premier acte de violence. Nellie Bly rapporte que chaque demande d’un vêtement supplémentaire pour se réchauffer, se heurtent au refus des infirmières, qui répondaient : « Vous devriez estimer heureuse de ce que la charité vous offre. » Faisant le choix de représenter les personnages face à face lors du repas (alors qu’en réalité, elle était les unes derrière les autres), les autrices créent ces instants de solidarité par le port de vêtements similaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’utilisation du bleu permet de représenter les personnages disparus, qui subsistent par le souvenir. Le noir est utilisé pour coloriser les tentacules qui symbolisent l’aliénation. Elles rendent compte de la folie créée par l’environnement de ces hôpitaux, prête à envahir les patientes. Le rose de Nellie Bly montre sa détermination, qui permettra la parution de son travail d’enquête en 1887.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la Schtroumpfette à Guillaume II, les choix des habits des héros de BD sont influencés par la société dans laquelle s’inscrit historiquement ces œuvres. La bande dessinée devient un témoignage de ces processus de pensée propres à une époque.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Organisée par la MSHS de Poitiers, en collaboration avec la CIBDI, de Magellis, de l’EESI, du Criham, du Forellis et du Réseau de recherche régionale en Nouvelle-Aquitaine sur la bande dessinée la rencontre a eu lieu le 9 et 10 novembre 2021 au Musée de la bande dessinée, sous la coordination de Frédéric Chauvaud et Denis Mellier.&nbsp;<br></p><p>Pour retrouver le programme du colloque, veuillez cliquer <a href="http://www.citebd.org/spip.php?article11006">ici</a>.<br>Retrouver la première partie de l’article : <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-bande-dessinee-vetue-et-devetue-1-2/">La bande dessinée vêtue et dévêtue</a>.</p><p></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/shabiller-du-recit/">S’habiller du récit 2/2</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Mis en cases, mis en cages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Nov 2021 16:53:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enfant battu, violé, prostitué ou abandonné, comment est-il représenté dans la bande dessinée ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Amina Tachefine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfant battu, violé, prostitué ou abandonné, comment est-il représenté dans la bande dessinée ? Auteur de la violence ou bien victime de celle-ci, l’enfant issu de famille dysfonctionnelle devient un personnage des récits graphiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque « <a href="https://mshs.univ-poitiers.fr/les-enfants-mis-en-case/">Enfants mis en cases</a> » s’interroge sur le fonctionnement narratif et graphique de l’enfance irrégulière dans la bande dessinée. Divisé en deux temps, une première journée organisée par le laboratoire Criham, le réseau Régional de recherche Nouvelle Aquitaine sur la bande dessinée, et la MSHS, sous la coordination de Frédéric Chauvaud et Jean-Jacques Yvorel, a eu lieu le 21 octobre 2021 à la Maison des sciences de l’homme et de la société de Poitiers. Un deuxième volet est attendu le 11 mars 2022 à Angoulême.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Enfance et errance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Frédéric Chauvaud, enseignant-chercheur de l’histoire contemporaine à l’université de Poitiers, rappelle que les prémices de ces représentations datent de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres. Des caricatures dénoncent l’existence des centres pénitenciers juvéniles. L’histoire se souvient du scandale de la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, créée pour les « enfants perdus », où un jeune Marseillais mit fin à ses jours. Elle hérite du surnom de « bagne d’enfant ». Le regard change, l’opinion publique est choquée. Jadis, le pire crime possible était le parricide. Dorénavant, c’est le meurtre d’un enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre est organisée en partenariat avec la <em>Revue sur l’enfance irrégulière</em>, dirigée par l’historien Jean-Jacques Yvorel. Son étude, toujours en cours, s’intéresse aux enfants vagabonds dans les romans graphiques, dont le rôle va au-delà de simple figurant. Il rappelle qu’au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle, le vagabondage était déjà un problème. La Petite Roquette, prison pour mineurs, accueillait les délinquants et les vagabonds. Dans son corpus constitué de 89 albums, il atteste d’une absence de personnage juvénile dans les bandes dessinées qui prennent pour décor les temps anciens et le Moyen Âge. L’errance est très souvent urbaine. La majorité de ces récits se déroulent au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle, à Londres. Il s’agit d’enfants des rues qui aident, par exemple, Sherlock Holmes dans ses aventures. En France, l’enfant vagabond tient de Gavroche. Le neuvième art porte un regard positif sur l’enfant vagabond. Victime, c’est souvent un personnage à la morale humaniste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’il s’agit de récit dystopique, l’enfant est rarement présent. Charli Sotto, doctorant à l’université de Poitiers, utilise des supports tels que <em>Metropolis</em>, <em>Golden City</em> et <em>Transperceneige</em> pour démontrer que l’enfant, s’il est représenté, est soit utilisé ou sur-protégé par les adultes. Dans un univers où la survie de l’humanité est menacée, l’enfance s’efface.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-white-color">.</span></p>



<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34841"><figure><a href="https://www.futuropolis.fr/9782754816434/o-vous-freres-humains.html"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-freres-humains-742x1024.jpg" alt data-id="34841" data-link="https://www.futuropolis.fr/9782754816434/o-vous-freres-humains.html" class="wp-image-34841" title="bd-freres-humains"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34823"><figure><a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-golden-city/album-golden-city-t01"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-golden-city-768x1024.jpg" alt data-id="34823" data-link="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-golden-city/album-golden-city-t01" class="wp-image-34823" title="BD Golden City"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34824"><figure><a href="https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums-transperceneige/transperceneige"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-transperceneige-728x1024.jpg" alt data-id="34824" data-link="https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums-transperceneige/transperceneige" class="wp-image-34824" title="BD Transperceneige"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34825"><figure><a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-metropolis/album-metropolis-t01"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-metropolis-682x1024.jpg" alt data-id="34825" data-link="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-metropolis/album-metropolis-t01" class="wp-image-34825" title="BD Metropolis"></a></figure></div></div></div>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-white-color">.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dessiner l’enfance irrégulière permet de témoigner de douleurs invisibles. Pour s’exprimer, l’enfant est obligé de passer par le vocabulaire des adultes. Pierre Dairon, enseignant en littérature française et francophone à l’université de Kenyon, Ohio, qui a fait ses études à l’université de Poitiers (maîtrise sous la direction de F. Chauvaud) s’appuie sur <em>Ô vous, frères humain</em>s, dessiné par Luz, et <em>Tombé dans l’oreille d’un sourd</em>, de Grégory Mahieux et Audrey Levitré, afin de discuter de « l’aliénation par les mots et des mots ». Luz met en images le livre d’Albert Cohen, publié en 1972, où il raconte sa découverte de l’antisémitisme. Grégory Mahieux et Audrey Levitré, dans leur récit autobiographique, racontent le quotidien difficile de parents d’enfant sourd. Ces bandes dessinées sont dirigées par la volonté de parler du traumatisme afin d’aller vers la résilience.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La brutalité des mots s’exprime par le dessin. L’insulte frappe littéralement le visage du petit Albert. « Page blanche, ma consolation, mon amie intime lorsque je rentre du méchant dehors qui me saigne chaque jour sans qu’ils s’en doutent », écrit Albert Cohen. Luz commence cet hommage par la représentation d’une page blanche. L’invisible devient descriptible.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>Tombé dans l’oreille d’un sourd</em>, l’enfant, « aliéné des mots », ne peut s’exprimer et peine à trouver sa place. Représenter la surdité et les difficultés propres aux enfants handicapés permet de redonner une voix à ces derniers.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Personnifier la violence</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La maltraitance des enfants était au cœur des discussions de la deuxième séance, présidée par Jean-Jacques Yvorel. Florent Perget, travaillant sur une thèse questionnant la place de la bande dessinée dans l’enseignement littéraire, est venue présenter l’œuvre d’Osamu Tezuka. Celui que l’on surnomme le père du manga a réalisé plus de 700 œuvres, telles que <em>Astro Boy</em>, <em>Buddha</em> ou l<em>e Roi Léo</em>. Le mangaka a cependant réalisé des œuvres plus sombres et porteuses d’un message politique et d’une critique de la société.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-ayako.jpg" alt width="208" height="287"><figcaption><em>Ayako</em> d’Osamu Tezuka, Delcourt, 2018.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ayako</em>, réalisé en 1973–1974, est un manga divisé en 3 tomes. Celui-ci, inscrit historiquement dans le présent, décrit une famille malsaine qui sert de métonymie de la société japonaise d’après-guerre. Osamu Tezuka y critique le renfermement de celle-ci sur elle-même.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayako Tenge, enfant issu de l’inceste et du viol du patriarche de la famille sur Sué, sa belle-fille, est par sa nature une menace à l’honneur de la famille. Celle-ci vit donc sa vie séquestrée, considérée comme morte par l’état-civil. L’enfermement de l’enfant permet d’invisibiliser l’horreur. La violence patriarcale s’exerce sur l’enfant, mais aussi sur les femmes et les jeunes filles, qui sont représentées au travers de personnages juvéniles ou infantilisés. Elles sont régulièrement humiliées, sexualisées et violées. L’utilisation des cases, de l’encrage de pages entières ou de la pluie renforce cette sensation d’enfermement sans échappatoire. La verticalité des traits, le cadrage et la représentation du corps d’Ayako emprisonnent un peu plus le personnage.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Illustrer l’histoire</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le cloisonnement de l’enfant peut également être employé pour le protéger. Agnès Peysson-Zeiss, professeure à l’université de Bryn Mawr, en Pennsylvanie, présente <em>Pour une couleur de peau</em>, scénarisé par Christophe Edimo. L’histoire retrace le parcours d’une mère cherchant à protéger sa fille albinos d’un Cameroun où les superstitions servent de prétexte à la violence. Les albinos sont souvent accusés de porter malchance et se voient attribuer des propriétés magiques. D’autres bandes dessinées s’octroient la charge de démystifier l’albinisme. <em>Dipoula</em>, par Pahé, préfère discuter de ces violences par l’autodérision et la légèreté. Ces histoires permettent de se réapproprier le corps et de se réinscrire dans l’espace visuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs Pierre Éric Fageol, Frédéric Garan et Gilles Gauvin de l’université de La Réunion ont abordé l’enfance dans les récits de l’océan Indien. Ces sociétés sont marquées par le souvenir de la colonisation et de l’esclavage. Le dessinateur Téhem met en scène Tiburce, dans une série du même nom, un enfant réunionnais livré à lui-même. Il y traite des problématiques propres à l’île, et avec humour décrit la violence dont les enfants sont victimes et auteurs. Celle-ci y est normalisée. De nombreux bédéistes représentent les problèmes propres à l’océan Indien, tel que Franco Clerc dans <em>Haza’Lahy</em>, qui raconte le trafic d’organes à travers la mort d’un enfant. Les auteurs Pov et Dwa racontent dans <em>Mégacomplots à Tananarive</em> les ambitions estudiantines dans un Madagascar rythmé par les coups d’État à répétition.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La représentation d’épisode historique majeur, tel que le scandale des enfants de la Creuse, de 1962 à 1984, où ont été déplacés des enfants réunionnais afin de repeupler des régions marquées par l’exode rural, permet de questionner l’identité de celle-ci. <em>Piments zoizos. Les enfants oubliés de la Réunion</em> de Téhem illustre cette quête d’identité par les personnages de Jean et Madeleine, envoyés en France par les services sociaux sous la promesse d’une vie meilleure. Le piment fait figure de madeleine de Proust. L’errance des enfants, ballotés de foyers en familles d’accueil, rend difficile la quête de soi et l’acheminement pour comprendre l’abandon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-white-color">.</span></p>



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<div class="wp-block-pgcsimplygalleryblock-slider simpLy-gallery-freedom-block" data-gallery-id="simpLy"><div class="sgb-gallery"><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34832"><figure><a href="https://www.editions-harmattan.fr/livre-pour_une_couleur_de_peau_martini_ngola_joseph_danny_nyembi_nathanael_ejob_edimo-9782343168760-63775.html"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-albinos-705x1024.jpg" alt data-id="34832" data-link="https://www.editions-harmattan.fr/livre-pour_une_couleur_de_peau_martini_ngola_joseph_danny_nyembi_nathanael_ejob_edimo-9782343168760-63775.html" class="wp-image-34832" title="BD Albinos"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34833"><figure><a href="https://editionspaquet.com/series/dipoula-l-albinos"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-dipoula-1-743x1024.jpg" alt data-id="34833" data-link="https://editionspaquet.com/series/dipoula-l-albinos" class="wp-image-34833" title="BD Dipoula"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34830"><figure><a href="https://steinkis.com/livres/piments-zoizos/piments-zoizos.html"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-piments-zoizos-745x1024.jpg" alt data-id="34830" data-link="https://steinkis.com/livres/piments-zoizos/piments-zoizos.html" class="wp-image-34830" title="BD Piments zoizos"></a></figure></div><div class="sgb-item sgb-wp-button" data-item-id="34831"><figure><a href="https://www.glenat.com/tcho/tiburce-tome-01-9782723477819"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="469" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-tiburce.jpg" alt data-id="34831" data-link="https://www.glenat.com/tcho/tiburce-tome-01-9782723477819" class="wp-image-34831" title="BD Tiburce" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-tiburce.jpg 600w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-tiburce-300x235.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/bd-tiburce-150x117.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px"></a></figure></div></div></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><span class="has-inline-color has-white-color">.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis longtemps, la bande dessinée n’est plus seulement réservée à la jeunesse. Le récit graphique s’enrichit de plus en plus. Ses auteurs s’approprient ses codes, pour les défaire et les réinventer. Les historiens et les littéraires l’ont bien compris : la bande dessinée qui adopte une posture ethnographique, alternant regard interne et externe, permet de comprendre l’histoire et ses enjeux sociaux. </p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mis-en-cases-mis-en-cages/">Mis en cases, mis en cages</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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