<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Société - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
	<atom:link href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/sujets/societe/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science</link>
	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
	<lastBuildDate>Sun, 16 Feb 2025 16:29:50 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/09/cropped-favicon-32x32.png</url>
	<title>Société - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
	<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2024 14:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[avocat]]></category>
		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[faits divers]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Bouchon]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Foucault]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Violeau]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres Michel Foucault]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[TAP]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37947</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment se mène une enquête de la scène de crime au procès et parfois jusqu'au livre et la fiction ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion des Rencontres Michel Foucault organisé en novembre 2023 par le TAP (théâtre auditorium de Poitiers) et l’Université de Poitiers autour du thème <a href="https://www.tap-poitiers.com/spectacle/evenements/rencontres-michel-foucault-2023/" title>Faits divers (Que s’est-il passé ?)</a>, Jean-Luc Terradillos – rédacteur en chef de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> – dialoguait avec le juge d’instruction Olivier Violeau et l’avocat et écrivain de roman noir Jean-Paul Bouchon.</p>



<p>Retour avec eux sur le déroulé d’une enquête de la scène de crime à l’écriture d’un livre. Cette table ronde est en lien avec le numéro 132 (été 2021) : <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-132-ete-2021-special-faits-divers/" title>Faits divers. Faits d’histoire, des experts, des romans noirs</a>.<a href="https://www.youtube.com/@TAPPOITIERS"></a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Faits divers : de l’enquête au roman | Table ronde Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/fbTFVr8mmts?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>D’autres conférences ont eu lieu pendant les rencontres 2023 :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Conférence du journaliste Fabrice Drouelle (France Inter), <a href="https://youtu.be/pdYw5aecqmw?feature=shared" title>Affaires sensibles</a></li>



<li>Conférence de l’historien Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/w_aVo_Xbw2o?feature=shared" title>L’invention des faits divers</a></li>



<li>Conférence de la littéraire Christine Baron (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/sVfARDuUzUE?feature=shared" title>Le Faits divers dans tous ses états</a></li>



<li>Conférence de la journaliste Patricia Tourancheau, <a href="https://youtu.be/VpNbDp9pStc?feature=shared" title>La Fabrique du récit du fait divers, une journaliste à l’oeuvre</a></li>



<li>Conférence du médecin légiste Michel Sapanet, <a href="https://youtu.be/XwE23hJ4CGY?feature=shared" title>Les Faits divers au regard des petites histoires de légiste</a></li>
</ul><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tabagisme&#160;: logique d’un comportement insensé</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=tabagisme-logique-dun-comportement-insense</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2023 09:46:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[addiction]]></category>
		<category><![CDATA[cigarettes]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[tabagisme]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37926</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec ses 75 000 morts par an, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Qu’apporte la cigarette pour qu’il soit si difficile d’y renoncer, au risque d’y perdre la vie ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/">Tabagisme : logique d’un comportement insensé</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Géraldine Quintin-Val</strong></p>



<p>Avec ses 75&nbsp;000 morts par an, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Savoir cela ne suffit pourtant pas à convaincre 20 millions de Français d’arrêter de fumer. Pourquoi&nbsp;? Qu’apporte la cigarette pour qu’il soit si difficile d’y renoncer, au risque d’y perdre la vie&nbsp;?</p>



<p>«C’est fou quand même de fumer», nous confie Louane, jeune fumeuse de vingt-quatre ans. Consommer un produit, dont la létalité est connue et reconnue de tous, ne peut évidemment qu’apparaître comme une folie. Pourtant, si un quart des Français persévèrent dans ce comportement, la psychologue que je suis est tentée de penser qu’il y a bien une logique derrière cela. C’est ce qui m’a amenée à explorer cette problématique au travers de mon doctorat en psychologie clinique et psychopathologie, à l’université de Poitiers, au sein du laboratoire CAPS. Afin de comprendre les fumeurs et les raisons de ce comportement volontaire, représentant la première cause de mortalité évitable dans notre pays, je suis allée à la rencontre de fumeurs, mais également de non-fumeurs et d’anciens fumeurs majeurs, sans troubles psychiatriques ni autres addictions associées. Je les ai tous interrogés sur leur rapport au tabac, leur histoire infantile et leur rapport au corps. Dans ce cadre-là, j’ai ainsi réalisé quarante entretiens auprès d’hommes et de femmes de 22 à 73 ans. Toutes les séances, d’une heure en moyenne, ont été intégralement enregistrées et retranscrites, avant d’être analysées par mes soins. De mes cinq années de recherches sur le terrain et dans la littérature, j’en ai conclu qu’il n’existe pas <em>une</em> mais <em>des</em> logiques à l’œuvre dans le comportement tabagique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La dépendance physique à la nicotine</strong></h4>



<p>Fumer provoque indéniablement une dépendance. Celle-ci peut cependant être de différentes natures. La plus connue est la dépendance physique. Elle est provoquée par la nicotine, une molécule psychotrope modifiant la chimie cérébrale, amenant le fumeur à ressentir un inconfort dès que son taux sanguin passe en-dessous d’un certain seuil. Cela entraine le fumeur à consommer régulièrement du tabac afin d’éviter les signes de manque. Lorsque la personne souhaite arrêter, l’utilisation de substituts nicotiniques – en gommes ou en patchs – permet d’éviter les désagréments du syndrome de sevrage. En réduisant progressivement l’apport en nicotine, cela permet au cerveau de retrouver, petit à petit, un équilibre sans la molécule. Et pourtant, une fois la dépendance physique résorbée, nombre de personnes se remettent à fumer alors même que leur corps n’en éprouve plus le besoin. Ceci s’explique par l’existence d’une autre forme de dépendance, bien plus tenace et pourtant bien moins étudiée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La dépendance psychologique</strong></h4>



<p>La dépendance physique n’est qu’une des raisons rattachant le fumeur à sa cigarette. Au-delà de l’aspect purement physiologique, dont le traitement est relativement basique, la majorité des fumeurs présentent également une dépendance psychologique, en raison de laquelle ils ne peuvent pas se passer du produit, et ce, même lorsqu’ils ne présentent pas de dépendance à la nicotine. Cette dépendance psychologique est bien souvent associée à l’addiction, comme me l’ont fait remarquer nombre de fumeurs que j’ai rencontrés, comme Monique (65 ans) qui justifie ainsi son comportement&nbsp;: «C’est l’addiction», Laureen (25 ans)&nbsp;: «Même si on peut se le cacher au début […] ça reste une addiction quand même»&nbsp;; ou Louane (24 ans)&nbsp;: «C’est en lien avec l’addiction, j’ai besoin de ma nicotine». Le tabagisme serait donc une addiction. Au premier abord, cette affirmation semble relever de l’évidence. Pourtant, l’étude approfondie des cas que j’ai rencontrés m’amène à relativiser cette idée&nbsp;: fumer peut être une addiction, mais pas seulement. Pour comprendre cela, il est d’abord nécessaire de revenir sur la compréhension de cette notion d’addiction, du point de vue de la psychologie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’addiction&nbsp;?</strong></h4>



<p>Une addiction peut se faire à un produit psychotrope ou un comportement. Dans tous les cas, que l’on soit addict à l’alcool, à la drogue, au tabac ou au jeu, on repère le même fonctionnement psychique. Chez les personnes concernées, la prise de produits ou le comportement ont pour objectif de permettre à la personne de se débarrasser de ses affects négatifs. Cela permet au sujet d’éviter d’y penser, tout autant que de les ressentir. De ce fait, l’addiction apporte un apaisement à des individus qui ne sont pas en mesure de se confronter à leurs affects et/ou de supporter ce qui peut les mettre à mal. À ce sujet, notons que le fait de prendre un produit ou de poser un comportement pour se débarrasser d’un affect désagréable n’a rien de pathologique en soi. C’est le cas de l’apéritif du vendredi soir ou d’un achat compulsif effectué pour se réconforter dans un moment de vague à l’âme. Cette conduite ne devient un problème que lorsqu’elle représente pour la personne la seule et unique solution pour réguler ses affects.</p>



<p>Cette recherche exclusive d’apaisement grâce à la cigarette est fréquente chez les fumeurs. C’est souvent cela qui entraine la rechute de ceux qui essaient d’arrêter, comme Malo (31 ans) qui explique&nbsp;: «C’est un gros pic de stress qui m’a fait reprendre. […] Je travaillais avec mon père. On s’est bien disputé et y avait mon cousin qui fumait et je lui ai dit voilà&nbsp;: “donne-moi une cigarette, faut que je me calme”. Il m’a donné une cigarette et je suis reparti.&nbsp; […] Le lendemain j’allais m’acheter un paquet de cigarettes.»Cet aspect renvoie à une difficulté du sujet à s’apaiser tout seul.</p>



<p>Le fumeur utilise donc un objet extérieur pour se calmer, à la manière du petit enfant serrant fort son ours en peluche pour se rassurer quand sa mère n’est pas là. C’est ce que nous fait remarquer Louane (24 ans)&nbsp;: «Je trouve que la cigarette c’est un peu comme un doudou ou une béquille […] une béquille illusoire […] temporaire.» Temporaire, le mot est bien choisi, car en effet, si le doudou du tout-petit lui permet, peu à peu, d’apprendre à s’apaiser seul, la cigarette ne permet rien de tel. Elle calme sur le moment mais cela ne dure pas, d’où la nécessité de recommencer encore et toujours, dynamique spécifique à l’addiction. Cet usage de la cigarette n’est pourtant pas le seul, tous les fumeurs ne se situant pas dans le mécanisme de l’addiction tel que nous venons de le définir.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La cigarette&nbsp;: objet symbolique</strong></h4>



<p>Si certains recherchent l’apaisement dans la cigarette, d’autres se positionnent davantage dans une dimension hédonique. Fumer représente alors un plaisir. Ce plaisir est d’ailleurs rarement lié à l’effet psychotrope du produit mais plutôt à la valeur symbolique que le fumeur accorde à sa cigarette. Celle-ci vient alors représenter un objet de plaisir en lien avec son histoire infantile. Elle vient prendre la place de ce qui a pu faire défaut, réparant en quelque sorte une blessure du passé. C’est le cas par exemple d’Aurélie (48 ans) qui aime «le fait de tenir la cigarette, le contact» et qui perçoit la cigarette comme «une consolation, c’[est] quelque chose qui m’aid[e] dans ces moments difficiles […] c’est comme si j’étais moins seule peut-être». La cigarette représente ici la mère des interactions précoces dont les câlins consolent le petit enfant en détresse, mère qui a fait défaut chez Aurélie, celle-ci l’ayant abandonnée à sa grand-mère dès la naissance. Cette dimension symbolique fait également avancer à Catherine (64 ans)&nbsp;: «Je dirais pas que ma cigarette c’est une amie, mais presque. […]&nbsp;Elle ne me juge pas. Elle est là, à côté de moi.» C’est également ce que nous confie Yassine (26 ans)&nbsp;: «&nbsp;Quand je me pose, quand je réfléchis par rapport à certaines choses, la cigarette est toujours là pour m’accompagner.»</p>



<p>La cigarette fumée dans une perspective de plaisir symbolique se retrouve également chez ceux qui la considèrent comme un facteur de lien social. Fumer apparaît alors comme ce qui permet ou facilite la relation, comme nous le fait remarquer Yassine&nbsp;: «On se sociabilise à travers la cigarette […] Je me suis fait des amis quand même avec ce moyen-là. J’avais pas de briquet, je demande un briquet à quelqu’un, on entame une conversation, bam… et on devient super potes.» C’est également ce que relève Murielle (48 ans), se remémorant ses années de tabagisme&nbsp;: «J’avais le plaisir de fumer avec les autres, de fumer pendant les pauses. […] Enfin, c’était un moment convivial. Je travaillais dans une équipe où on était nombreux à fumer et en fait, aller fumer ensemble, c’était vraiment un temps de partage quoi. On se retrouvait ensemble, on faisait une pause en fumant.» Dans cette configuration, la cigarette n’est pas tant appréciée pour son effet psychotrope que pour ce qu’elle représente dans la relation à l’autre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La prise en charge de la dépendance psychologique</strong></h4>



<p>Nous constatons donc que derrière un même comportement – le tabagisme – nous pouvons avoir deux logiques différentes, toutes deux pouvant être à l’origine d’une dépendance psychologique. Celle-ci ne renvoie cependant pas aux mêmes mécanismes psychiques selon que la personne a besoin de la cigarette pour réguler ses affects, ce qui est le cas dans l’addiction, ou qu’elle considère celle-ci comme seul moyen d’obtenir un certain plaisir. Selon que la conduite est motivée par l’un ou l’autre de ces enjeux, la prise en charge de la dépendance psychologique ne sera évidemment pas la même. Dans un cas, il sera nécessaire de permettre à la personne d’acquérir des capacités pour ne plus être submergée par ses affects désagréables alors que, dans l’autre, il faudra accompagner le sujet dans le renoncement à ce plaisir, en l’aidant à comprendre ce que la cigarette représente pour lui et pourquoi il s’y est attaché de cette manière. Si fumer répond à une blessure de l’enfance, panser celle-ci permettra au sujet de lâcher sa cigarette sans difficulté. Parallèlement à cela, il est également nécessaire de considérer la présence ou non d’une dépendance physique, celle-ci n’étant pas liée à la dépendance psychologique et devant être prise en charge séparément.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Bibliographie</strong><br>Bonnet, A., Bejaoui, M., Bréjard, V., Pedinielli, J.-L. (2011) «Dépendance physiologique et fonctionnement émotionnel chez les jeunes adultes&nbsp;: affectivité, intensité émotionnelle et alexithymie dans la consommation de substances psychoactives», <em>Annales Médico-Psychologiques</em>, 169, pp.92–97<br>Fernandez, L., Letourmy, F. (2007) <em>Le tabagisme. De l’initiation au sevrage</em>, Paris&nbsp;: Armand Colin, collection 128<br>Lesourne, O. (2008) <em>Le grand fumeur et sa passion,</em> Paris&nbsp;: Presses Universitaire de France<br>McDougall, J. (2004) «L’économie psychique de l’addiction», <em>Addiction et dépendance</em>, <em>Revue Française de Psychanalyse</em>, 68, pp.511–527<br>Pedinielli, J‑L., Rouan G., Bertagne P. (2022) <em>Psychopathologie des addictions</em>, Paris&nbsp;: Presses Universitaires de France, Que sais-je&nbsp;?<br>Quintin-Val, G., Serra, W., Albarracin, D. (2022) «Lutte contre le tabagisme&nbsp;: fondement historiques et efficacité des mesures de prévention à la lumière de la clinique», <em>Psychotropes</em>, 28, 3–4, pp.119–142</p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus">Géraldine Quintin-Val est psychologue et doctorante en psychologie et psychopathologie, Attachée temporaire à l’enseignement et à la recherche au laboratoire CAPS, département de psychologie de l’Université de Poitiers.<br><strong>Titre de ma thèse</strong>&nbsp;: «&nbsp;Les enjeux psychiques du comportement tabagique&nbsp;»<br><strong>Directrices de thèse</strong>&nbsp;: Pr Dolores ALBARRACIN, Psychologue, Professeure des Universités, Université de Poitiers, Département de psychologie, Laboratoire CAPS<br><strong>Co-directeur de thèse</strong>&nbsp;: Dr Wilfried SERRA, Psychiatre, Addictologue, CH Laborit, Poitiers</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/">Tabagisme : logique d’un comportement insensé</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/tabagisme-logique-dun-comportement-insense/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Annie Thébaud-Mony – Pour une science «&#160;non asservie&#160;»</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 09:58:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Thébaud-Mony]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
		<category><![CDATA[Filmer le travail]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Pézerat]]></category>
		<category><![CDATA[Meredeth Turshen]]></category>
		<category><![CDATA[Paul François]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[sciences]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37817</guid>

					<description><![CDATA[<p>La reconnaissance des maladies professionnelles est le combat interdisciplinaire mené par la sociologue Annie Thébaut-Mony et l'association Henri Pézerat. Rencontre pour échanger sur santé au travail.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/">Annie Thébaud-Mony – Pour une science « non asservie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p><em>Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</em> sortait en 2021 aux éditions La Dispute. Trois séries d’entretiens menés par les sociologues Alexis Cukier et Hélène Stevens de l’université de Poitiers avec la sociologue du travail Annie Thébaud-Mony. Connue pour son engagement aux côtés du chimiste Henri Pézerat dans la lutte contre l’amiante et la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’exposition à ce matériau, Annie Thébaud-Mony n’a de cesse d’enquêter, d’analyser les risques au travail, la gestion de la santé et d’interroger le rôle des scientifiques dans ces problématiques. La sociologue est venue à Poitiers <a href="https://filmerletravail.org/cine-debat-rouge-2/">en septembre 2022 pour accompagner le film <em>Rouge</em> de Farid Bentoumi, présenté par Filmer le travail</a>. Nous l’avons rencontré.</p>



<p>Le livre retrace le parcours d’Annie Thébaud-Mony à l’aune de l’événement du Covid-19. La situation de la santé publique en France permet un lien avec les premiers terrains d’enquête de la sociologue en Algérie, dans les années 1970, pour comprendre l’accès aux soins des populations en dépit du faible nombre de soignants en période de tuberculose. En comparant avec la France, elle observe une meilleure prise en charge des malades en Algérie – alors que les moyens sont insuffisants et inégaux – tandis qu’en France, l’échec du traitement était supérieur. Le suivi en première ligne des personnels soignants tels qu’infirmières et aides-soignantes permettant un meilleur suivi des malades. «On peut faire beaucoup avec peu de médecins, indique-t-elle. Plusieurs pays n’ont pas les moyens d’avoir des médecins comme nous en avons. Pour autant, ils n’ont pas eu plus de décès pendant le Covid. Cela a été le cas en Algérie avec moins de décès rapportés au nombre d’habitants qu’en France. J’ai fait une observation similaire au Brésil. Dès 1988, le pays modifie sa Constitution et met en place un système unifié de santé avec un maillage sur tout le territoire avec des centres, des agents de santé et la gratuité des soins.» Annie Thébaud-Mony analyse ce qui a perturbé une meilleure prise en charge des malades en France, cette absence de proximité des soignants étant l’une des raisons. Elle évoque également une gestion purement financière et l’absence de données qui permettraient une amélioration du système de santé&nbsp;: «Il y a un paradoxe en France entre l’omniprésence d’une gestion avec des tableurs Excel et l’incapacité des hôpitaux à fournir une vision claire des statistiques de décès et leurs causes. La Commission européenne a d’ailleurs pointé cette déficience. Prenons l’exemple des malades du cancer, nous ne disposons que de registres qui sont fournis par des associations loi 1901 avec une mission de service public. On se trouve alors avec quelques registres de départements, registres qui représentent moins de 25 % de la population. De plus, il nous manque les chiffres de grandes métropoles comme Paris et Marseille… Les chiffres du cancer sont donc une extrapolation de données statistiques qui viennent du Tarn, du Calvados, etc… Ce manque empêche également de faire le lien entre l’incidence des cancers et les lieux de travail mais aussi le milieu dans lequel vivent les personnes touchées. Les facteurs de risque demeurent invisibles, comme l’exposition à des substances toxiques. La mise en place de registre départementaux de cancer est une demande formulée depuis longtemps, y compris par des géographes mais nous n’arrivons pas à l’obtenir.» La sociologue pointe également l’absence de prise en charge des diagnostics de cancer pendant la période du Covid. Les estimations sont de l’ordre de 90 000 cas non diagnostiqués dans un délai raisonnable. «C’est très important… Il s’agit d’un cas sur quatre, ce qui est invraisemblable pour un pays avancé comme la France. C’est également le cas pour les maladies cardio-vasculaires et neurologiques. J’ai évoqué avec la chercheuse Meredeth Turshen, la situation d’une femme de 40 ans atteinte de la maladie de Parkinson – certainement en lien avec l’exposition à des pesticides. Du jour au lendemain, les soins se sont arrêtés, la dégradation de sa santé est importante et elle n’a jamais récupéré musculairement. Cela ajoute du traumatisme au traumatisme.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Omission des risques</strong></h4>



<p>Pour bien soigner, il faut comprendre les origines des maladies, les enquêtes menées par Annie Thébaud-Mony et ses collègues ont montré une invisibilisation du travail dans les causes de nombreuses pathologies. Souvent, les médecins et spécialistes de santé publique associent le cancer à des comportements individuels, ce qui omet la responsabilité du travail et <em>in fine</em> de l’employeur. Dans le livre, la sociologue évoque les enquêtes menées auprès des travailleurs marocains des fonderies de Bondy – pour l’industrie automobile – tombés malades du fait des conditions de travail mais qui n’avaient jamais été interrogés sur cela. Or ils étaient confrontés à des molécules cancérogènes comme la cristobalite ou l’amiante et travaillaient dans des conditions difficiles, souvent sans suivi médical régulier et avec peu de formation. Ces travaux menés en interdisciplinarité avec le laboratoire de physico-chimie de Henri Pézerat (CNRS) et régulièrement en lien avec les CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont permis de lutter contre l’invisibilisation de certains risques. «Les risques psycho-sociaux ont tendance à prendre le dessus, on parle de souffrances au travail, c’est un raccourci. Il y a une attention portée au burn-out des cadres mais plus on descend dans la hiérarchie du travail, moins les travailleuses et travailleurs sont visibles. Je prends souvent l’exemple des nettoyeuses et nettoyeurs. Ils cumulent les risques toxiques pour lesquels ils n’ont aucune information et une intensité de travail qui augmente. C’est le cas des femmes de chambres d’hôtel, les personnels de la SNCF… On peut également évoquer les ouvriers du nettoyage qui se sont occupés des immeubles, des rues autour de Notre-Dame après l’incendie. On sait que la pollution au plomb est stagnante. Or, il y a eu peu d’informations sur les risques, nous avons communiqué avec l’Union Départementale de la CGT de Paris mais les nettoyeurs se rendaient compte en tordant leur serpillère qu’elle était plus noire que d’habitude. Personne n’avait parlé des risques de l’exposition.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg" alt class="wp-image-37821" style="width:603px;height:402px" width="603" height="402" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 603px) 100vw, 603px"><figcaption class="wp-element-caption">Annie Thébaud-Mony et Hélène Stevens lors de la séance <em>Rouge</em> réalisé par Farid Bentoumi (2020) au cinéma Le Dietrich à Poitiers. Rencontre organisée par le festival <a href="https://filmerletravail.org/" data-type="link" data-id="https://filmerletravail.org/">Filmer le travail</a>. Photo FLT.</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>De victime à expert</strong></h4>



<p>Au-delà des risques et de la prévention, l’accompagnement de l’association Henri Pézerat se trouve également dans la constitution des dossiers de reconnaissances des maladies professionnelles. Les exemples sont pléthores mais citons le paysan Paul François, intoxiqué au Lasso, un pesticide produit par Monsanto. L’accident a eu lieu en 2004, il a fallu plus de dix ans pour que la responsabilité de l’entreprise soit reconnue par la Justice. Là, le rôle des chimistes, de certains médecins et d’avocats a été la clef. «J’ai intitulé l’un de mes livres <em>La Science asservie</em> (2014), c’est tiré de mon expérience et de celle de Henri Pézerat. En tant que chercheurs, nous étions mal à l’aise de produire de la science pour la science. Nous faisons de la recherche pour que nos résultats servent à quelqu’un. C’est un engagement citoyen, militant, sur les questions de santé au travail. Il était important pour nous, non seulement de lutter avec les travailleurs pour la reconnaissance en maladie professionnelle, mais surtout de leur donner les moyens de s’approprier les connaissances. À la fin, ils deviennent eux-mêmes experts. Pour chaque dossier, l’un des principes de l’association est d’être rigoureux dans l’approche d’un problème. Il s’agit d’une coopération dans la durée entre scientifiques, professionnels de santé et les personnes concernées. Par exemple, nous avons mené tout un travail autour d’une usine de broyage d’amiante à Aulnay-sous-Bois. La méthodologie a été de recenser les victimes, mettre en sécurité le site et constituer le dossier judiciaire. Tout cela se fait en collaboration, l’un des maillons étant les journalistes d’investigation qui permettent de faire sauter le couvercle de l’invisibilité. C’est toute une histoire pour chaque situation car souvent, dans un problème de pollution, cela implique les industriels et les pouvoirs publics. Il faut alors démêler les fils.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sentinelles collectives</strong></h4>



<p>De son expérience, Annie Thébaud-Mony constate certaines difficultés aujourd’hui pour accéder à des informations. À la question de l’accès aux données scientifiques, elle évoque l’enquête sur le nucléaire qu’elle a menée dans une centrale à Chinon à la suite d’une alerte du CHSCT, inquiet du manque de rigueur dans le suivi dosimétrique des intérimaires et travailleurs sous-traitants. «J’avais accès à plusieurs sources différentes&nbsp;: les officielles, les carnets dosimétriques des travailleurs, les médecins du travail et EDF qui avait mis en place le dosimètre électronique. En réunissant ces sources, on obtenait des éléments sérieux. Or depuis, cela a disparu. Tout est informatisé et les chercheurs n’obtiennent pas les accès si aisément. Les seules données accessibles sont celles officielles gérées par l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire qui est une instance étroitement liée à l’industrie nucléaire. Alors qu’il serait préférable d’avoir une instance indépendante en santé publique. De plus les CHSCT ont disparu, ce qui n’aide pas.» Dans ce tableau, s’ajoute la complexité des sources de pollutions. Dans l’affaire de l’incendie de Lubrizol (site classé Seveso) en 2019 à Rouen, un nuage toxique s’est dispersé et une toiture en amiante a été pulvérisée. Les sources de pollution sont multiples. «La plupart des conséquences sont différées mais rien n’est réellement mis en place pour récolter les données et aucun monitoring des pollutions n’a été positionné après l’incendie pour évaluer l’évolution. Or certaines informations sont préoccupantes comme la trace d’hydrocarbures dans le lait maternel après l’accident ou des taux importants de substances toxiques dans les lichens. Mais ce sont des bulles d’informations dans un océan d’ignorance. Au lieu de réfléchir à limiter la pollution, on rend responsables la population avec des recommandations qui sont des injonctions&nbsp;: “vous ne devez pas laisser vos enfants jouer dans le jardin”…»</p>



<p>Au regard des entretiens menés par Hélène Stevens et Alexis Cukier qui croisent son parcours et les problématiques actuelles, on mesure l’importance des collectifs de travail dans un temps long qui ont mené vers des reconnaissances importantes, des changements de loi comme pour l’interdiction de l’amiante en 1997 ou des rencontres dans les luttes. Paul François témoigne dans son propre parcours de la force de ces rencontres et de la nécessité d’un travail rigoureux de recherche pour mener des combats de David contre Goliath dans <em>Un Paysan contre Monsanto </em>(2017), il écrit&nbsp;: «Annie Thébaud-Mony me l’a si souvent répété&nbsp;: “Les procès sont des outils pour faire bouger les lignes, et les travailleurs sont les sentinelles de la santé environnementale”.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Dans le thème des enquêtes sur la santé et l’environnement, l’Espace Mendès France organise <a href="https://emf.fr/ec3_event/superboom-de-rentree-phosphatons-un-avenir-radieux/">une soirée de lancement, le 13 septembre 2023 à partir de 18h30</a>, durant laquelle se tient un plateau radiophonique&nbsp;: Agriculture, nos futurs. Autour de la table se retrouveront les journalistes <strong>Inès Léraud</strong> (<em>France culture</em>, <em>Splann!</em>) et <strong>Morgan Large</strong> (<em>Radio Kreiz Breizh</em>) pour parler de l’enquête sur les algues vertes et l’agro-industrie en Bretagne et la chercheuse <strong>Marie-Laure Decau</strong> qui dirige une ferme expérimentale à l’INRAE de Lusignan. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cWPJGqu83E0&amp;ab_channel=EspaceMend%C3%A8sFrance">À écouter en direct ou en podcast</a></p>



<p>Suite à ces échanges, dansons avec Superphosphate, bal électrotrad, comme une grosse boum de fin du monde. Avec <strong>Armelle Dousset</strong> (Modulatrix) : accordéon, bidule clavier / <strong>Matthieu Metzger</strong> (Dr Systole) : saxophone sopranino, talking bidule / <strong>Alban Pacher</strong> (Square Boy) : violon, bidule.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg" alt class="wp-image-37818" style="width:273px;height:437px" width="273" height="437" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg 638w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-187x300.jpeg 187w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-150x241.jpeg 150w" sizes="(max-width: 273px) 100vw, 273px"></figure>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Pour aller plus loin&nbsp;:</strong></p>



<p><em><a href="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/" data-type="link" data-id="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/">Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</a></em>, entretiens avec Annie Thébaud-Mony par Alexis Cukier et Hélène Stevens, éditions La Dispute, 2021.</p>



<p>Le documentaire <em>Les Sentinelles</em> réalisé par Pierre Pézerat en 2016 revient sur les combats de Henri Pézerat, Annie Thébaud-Mony et le parcours de Paul François.</p>



<p><em>La Science asservie</em> de Annie Thébaud-Mony, éditions La Découverte, 2014.</p>



<p><em>Un Paysan contre Monsanto</em> de Paul François, Fayard, 2017.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/">Annie Thébaud-Mony – Pour une science « non asservie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 08:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Ethiopie]]></category>
		<category><![CDATA[fouilles]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Horn East]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tigré]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37414</guid>

					<description><![CDATA[<p>Carnets de voyage d'une doctorante en archéologie de l'université de Poitiers, dans la région du Tigré en Éthiopie.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/">Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Élise Mercier</strong></p>



<p><em>Depuis 2018, l’équipe de l’ERC Horn East mène des prospections dans la région du Tigré, afin de rechercher des stèles funéraires musulmanes et de repérer des cimetières musulmans. C’est auprès de Julien, Simon, Amelie, Deresse, Hiluf et les autres que j’ai vécue l’expérience la plus marquante de ma vie – participer à une mission archéologique en Éthiopie.&nbsp;</em></p>



<p>Sept heures, c’est le temps qu’il me faut pour arriver à Addis-Abeba depuis Paris. Trouver son chemin dans l’aéroport n’est pas simple. Les panneaux indiquent des directions dans une langue que je ne peux pas lire car l’alphabet ressemble à des petits graffitis. Le voyage n’est pas fini puisqu’il faut ensuite monter dans un bombardier De Havilland Cash 8Q tout droit sorti des années 1940, afin d’atterrir sur le tarmac de Mekelé, dans la région du Tigré, sur les hauts-plateaux éthiopiens à 2 250 mètres d’altitude. Mon arrivée ne passe pas inaperçue, les locaux s’interpellent de la présence d’une Occidentale seule, ce qui est plutôt inhabituel. Une fois les bagages récupérés sur un tapis grinçant, dans un bruit de ferraille, je rejoins la sortie de l’aéroport où je suis accueillie chaleureusement par l’équipe déjà sur place.&nbsp;</p>



<p>Le premier défi est d’adapter son corps à l’environnement : la chaleur et l’altitude peuvent occasionner&nbsp;essoufflement, cauchemars et un léger état nauséeux. À mon arrivée, le climat est chaud et sec. L’Éthiopie est un pays tropical avec&nbsp;une saison sèche de janvier à mai. La température moyenne est d’environ 25 °C, mais elle peut atteindre jusqu’à 30 °C en été. Une fois cette étape passée, il s’agit de s’adapter à un environnement très dynamique, souvent bruyant car jamais rien ne s’arrête à Mekelé. C’est une région historiquement chrétienne, l’orthodoxie y a joué un rôle important. Les églises y sont très présentes, très actives et diffusent régulièrement des messages de paix et de bonne conduite dans leurs haut-parleurs. Les journées sont rythmées par de nombreuses processions, par des sacrifices et des prières où toute la communauté se réunit. Les ouvriers ne travaillent pas la terre et il est prohibé de manger de la viande, mais les locaux ne vous en tiendront pas rigueur si vous relevez le challenge de manger l’ingéra, cette grande crêpe fermentée à base de teff, essentiellement avec la main droite. La cérémonie du café est également un événement social important où le café est torréfié, moulu et infusé devant les invités.&nbsp;</p>



<p>Le dialecte et les expressions locales sont d’autres aspects essentiels de l’adaptation sur place. L’amharique est la langue officielle de l’Éthiopie, mais il en existe plus de 80 autres parlées dans le pays, dont le tigrinya, majoritairement parlé au Tigré. Bien qu’il soit complexe d’apprendre une langue en si peu de temps, connaître quelques mots est toujours bienvenu. C’est un signe de respect envers la communauté qui vous accueille et contribue grandement à établir des relations ainsi qu’à montrer son appréciation de la culture locale.</p>



<p>Avoir une attitude respectueuse et une ouverture d’esprit est crucial pour s’adapter. Il est essentiel d’être conscient des différences culturelles, d’éviter de faire des suppositions ou d’imposer ses croyances. L’Éthiopie a une histoire longue et complexe, avec la coexistence de divers groupes ethniques et religions dictée par des règles dont certaines sont construites sur des valeurs morales.&nbsp;</p>



<p>Au-delà des difficultés principales, il faut être capable de faire face aux situations imprévues, comme les vols et les pertes de matériel. Le vol de mon téléphone a suscité beaucoup d’agitations parmi les ouvriers. Au-delà de la perte d’un objet onéreux, se dégage un acte inqualifiable : le vol. Il est sévèrement puni et prend une grande importance dans une communauté chrétienne orthodoxe. C’est aussi se confronter au système judiciaire et administratif du pays. À l’exemple du vol de mon téléphone dès les premiers jours, je me suis vue parcourir les commissariats de Mekelé afin d’obtenir un document qui me permettra, dès mon retour de contacter mon assurance. Je découvre ainsi, sur le procès-verbal, qu’en Éthiopie nous ne sommes pas en décembre 2019 mais bien en novembre 2012. Effectivement, ce pays utilise le calendrier Julien, soit un décalage de huit ans avec la France.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les enjeux de la mission pour les locaux et les chercheurs</strong></h4>



<p>La mission vise à découvrir le riche patrimoine culturel de l’Éthiopie et à révéler l’existence de communautés musulmanes médiévales florissantes, connectées au reste du monde islamique. L’objectif était de prospecter et d’ouvrir un secteur de fouille archéologique à l’aplomb du cimetière moderne de l’église de Qwiha, repéré lors des premières opérations de l’équipe. La mission est pluridisciplinaire, impliquant histoire, archéologie et épigraphie.</p>



<p>Pour mener à bien une telle expédition, il est important de se préparer psychologiquement et matériellement. Il ne s’agit pas d’imposer sa présence, mais de s’adapter à un nouvel environnement. Vous ne verrez peut-être la vie des chercheurs pendant leur mission à l’étranger que sous forme de «&nbsp;carnet de fouille&nbsp;» ou d’interview, mais le voyage fascine généralement bien au-delà de l’histoire. C’est une véritable expérience de vie, une parenthèse immersive dans une culture inconnue. Un dépaysement provoquant souvent un questionnement et des mises en perspective incessantes avec notre propre culture. Tout n’aura pas forcément de sens pour nous, mais c’est ainsi. Il s’agit d’accepter et d’observer. Il est crucial de comprendre les coutumes et les traditions, ce que nous réalisons en nous engageant quotidiennement avec les collègues éthiopiens et les ouvriers qui travaillent sur le chantier archéologique. Le tout est construit sur les échanges.</p>



<p>Ces missions à l’étranger permettent à de nombreux étudiants éthiopiens de participer à des chantiers de fouille archéologique. C’est un échange de savoirs et de méthodes constant entre les archéologues, les historiens de différentes nationalités et les étudiants.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg" alt class="wp-image-37418" width="741" height="495" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 741px) 100vw, 741px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East. Ouvriers et étudiants travaillant sur le chantier.</figcaption></figure>
</div>


<p>Il s’agit de les initier aux relevés architecturaux et sédimentaires, d’expliquer les méthodes d’enregistrement des données et d’utiliser le matériel à disposition comme la lunette de chantier, ou tout simplement les outils de l’archéologue. Ils ont été initiés à toute la chaîne opératoire de la fouille archéologique, de la manipulation des outils jusqu’à l’enregistrement. Les échanges se sont toujours faits dans la bonne humeur, et lorsque notre présence est admise, des liens fascinants se créent entre les participants. L’échange est d’autant plus riche pendant les pauses, autour d’un café à la saveur complètement inédite, ou d’un thé à la saveur épicée incomparable. Assis dans les cailloux, nous partageons ces quelques minutes de calme pour écouter, observer, et s’émerveiller à coup de : « Comment est-ce que l’on vit chez toi ? »</p>



<p>Le chantier participe également à l’économie locale car, pour le mener à bien, des ouvriers locaux sont recrutés pour la fouille. Des hommes de tout âge nous ont rejoints, car le salaire est plutôt élevé au vu des conditions de vie sur place. Une vingtaine de places sont disponibles dont chacune représente une somme d’argent non négligeable pour l’année à venir,&nbsp;et nous recherchons des ouvriers déterminés. Notre contact sur place est chargé du recrutement. Ces hommes sont principalement agriculteurs.</p>



<p>Participer à l’économie, c’est aussi consommer local. Bien que la tendance à reproduire des plats occidentaux se fait un peu partout dans le monde, il a été naturel pour l’équipe de se restaurer dans des petits restaurants proposant exclusivement des plats de la région.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S’adapter dans un pays où l’instabilité peut se fait sentir</strong></h4>



<p>Les déplacements en voiture sont parfois stressants. Le taux de mortalité sur les routes d’Éthiopie est très élevé. En constatant l’état des routes, ce n’est pas vraiment une surprise. Peu d’entre elles sont goudronnées, nombreuses sont les pistes que nous avions dû emprunter pour les prospections dans les montagnes. Les camions roulent à vive allure entre les tuk tuks, les taxis collectifs et les transports de charrette tirée par des ânes. L’ensemble peut paraître chaotique, mais fonctionne plutôt bien.</p>



<p>Il arrive parfois que le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;» nous tombe dessus. Un matin, l’une des zones de fouille située dans un jardin privé est devenue inaccessible, porte close. Au ton employé par la propriétaire (une femme âgée), nos collègues éthiopiens négocient, courbent un peu le dos, et demandent pourquoi. Elle nous reproche d’avoir fait entrer chez elle le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;», ce qui aurait entraîné la perte de l’une de ses bêtes. Pour la première fois depuis le début de la mission, nous ne sommes plus les bienvenus. La situation est délicate, la tension se fait sentir. Mais nous serons autorisés à revenir quelques jours afin de finir l’enregistrement des données et de reboucher la zone.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, pas une seule fois, nous nous sommes sentis en danger. Mais un tel voyage nécessite bien des mesures qui ont été prises en amont par les fonctionnaires de sécurité de défense (FSD) du CNRS : l’évaluation de la situation sur place. À ce moment, l’Éthiopie semblait entrer dans une période d’accalmie avec l’Érythrée. C’est d’ailleurs lors de notre séjour que le prix Nobel de la paix a été décerné au Premier ministre éthiopien. Document que nous avons eu la chance d’admirer à Addis-Abeba en décembre.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, l’ambiance sur les lieux laisse présager d’une stabilité fragile au cœur même du pays. L’armée contrôlant la route principale que nous empruntons quotidiennement pour aller de Mekelé à Qwiha, le contrôle des papiers d’identité et des passeports est obligatoire. De brefs moments d’échanges nous permettaient parfois de passer plus rapidement, mais il est indéniable qu’un lourd silence s’installait lors de ces arrêts. L’ancien gouvernement majoritairement tigréen avait laissé place à la gouvernance d’un homme d’une autre région, et les conflits inter-ethniques sont au cœur même d’une grande discorde dans le pays. L’annonce officielle de la guerre en novembre 2020 viendra enflammer l’Éthiopie déjà traversée par une crise alimentaire. Plus de la moitié de la population du Tigré souffre d’une insécurité alimentaire sévère, tandis que la majorité n’a pas un accès régulier à la nourriture. La situation a été exacerbée par ce conflit de deux ans, précédé par une invasion de criquets qui détruisaient déjà les cultures lors de notre passage en 2019.&nbsp;</p>



<p>De toute évidence, l’accès au terrain a été impossible lors de cette période de guerre. La priorité n’était plus à l’étude, il s’agissait plutôt d’aider ceux que nous connaissions avec le peu de moyens dont la mission disposait encore. Le projet de faire venir des étudiants en tant que réfugiés de guerre est souvent abordé lors de tels conflits, mais la région du Tigré a été plongé dans une très longue période d’isolement total, où tout moyen de communication avec le monde extérieur était impossible. Aujourd’hui, un accord de paix maintient un équilibre très fragile. Les prochaines missions archéologiques envisagées par le projet Horn East ne sont pas prévues avant 2024, mais les missions d’approches et de prospections sont programmées pour 2023. Le fragile fil de l’histoire reprend petit à petit son chemin, laissant au-dessus des locaux et des chercheurs l’ombre d’une nouvelle rupture encore beaucoup trop proche.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png" alt class="wp-image-37419" width="617" height="462" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png 454w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-300x225.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-80x60.png 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-150x112.png 150w" sizes="auto, (max-width: 617px) 100vw, 617px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East, église éthiopienne en construction au Tigré. Visité lors d’une prospection dans le nord de la région.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Bibliographie&nbsp;<br><br>Amelie Chekroun et Nicolas Baker, <em>Les stèles perdues d’Ethiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et Amelie Chekroun, <em>Ces stèles qui bouleversent l’histoire de l’Éthiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Simon Dorso, <em>Le site de Kwiha (Tigray, Éthiopie) de la période aksoumite au XVI<sup>e</sup> siècle : premier bilan des fouilles et recherches en cours</em>, Séminaire Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie, 2022.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et al., <em>Bilet and the wider world: New insights into the archaeology of Islam in Tigray. Antiquity</em>, 95(380), Cambridge, 2021, pp. 508–529.&nbsp;</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus">Élise Mercier est en thèse d’archéologie sous la direction de Yves Gleize et Vincent Michel : Les inhumations dans les lieux de culture chrétien en Palestine, de l’antiquité tardive à l’époque des croisés. Etude diachronique des différents aspects architecturaux, religieux et sociaux d’une pratique funéraire tolérée et privilégiée dans les églises.<br><br>Cet article a été réalisé dans le cadre d’une formation doctorale sur l’écriture journalistique avec l’École doctorale Humanités de l’Université de Poitiers.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/">Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Traversées o salto</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/traversees-o-salto/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=traversees-o-salto</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/traversees-o-salto/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 09:20:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[Portugal]]></category>
		<category><![CDATA[Rosa Arburua Goienexte]]></category>
		<category><![CDATA[Salazar]]></category>
		<category><![CDATA[traversées]]></category>
		<category><![CDATA[voyages]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37058</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte revient sur cette histoire.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/traversees-o-salto/"><strong>Traversées <em>o salto</em></strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p>Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte, professeure adjointe en philosophie et sciences de l’éducation à l’université du Pays basque de Saint-Sébastien, a recueilli les témoignages de ces passages.</p>



<p>Peuple de voyageurs, le Portugal a connu une augmentation des passages de frontières durant la dictature de Antonio de Oliveira Salazar qui débute en 1933 et s’achève avec sa mort en 1970. Le pic de cette vague d’émigration a lieu entre 1956 jusqu’à la révolution des œillets en 1974. Les Portugais fuient la misère économique pour venir trouver du travail en France mais également la guerre entreprise par Salazar dans les provinces portugais d’Afrique&nbsp;: la Guinée, l’Angola et le Mozambique. Ils sont plusieurs milliers à passer de manière clandestine, deux frontières, celle avec l’Espagne et celle avec la France. Ce qui retient l’attention de Rosa Arburua Goienexte, c’est le parcours de ces voyageurs à partir d’entretiens menés avec des personnes proches de la contrebande qui se met en place au Pays basque. <em>O Salto</em>, le grand saut, celui pour lequel les hommes – majoritaires – et les femmes payent pour traverser avec des personnes de la contrebande. Pour celles et ceux qui n’ont pas d’argent, c’est à pied, à ses risques et périls… Dans les nombreux entretiens menés par Rosa Arburua Goienexte, l’histoire de la photographie coupée revient régulièrement. Encarna, fille du passeur Antonio, raconte que les émigrés devaient apporter une photographie d’identité qui était alors coupée en morceau, l’un d’eux restait avec la grande partie de la somme au village – chez une personne de confiance – un autre morceau était chez le passeur avec une partie de la somme et le troisième était donné au «Français» qui revenait avec, une fois le passage effectué. «Mon père partait pour le Portugal avec ces deux morceaux, et il recevait l’argent avec le troisième bout de photo…»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="388" height="504" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg" alt class="wp-image-37060" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg 388w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-231x300.jpeg 231w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-150x195.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 388px) 100vw, 388px"><figcaption class="wp-element-caption">Otilia, l’une des femmes passeuses accompagnée de deux clients à Donostia-San Sebastian. Elle est un personnage récurrent dans les témoignages recueillis par Rosa Arburua Goienexte.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>En talons dans les montagnes</strong></h4>



<p>Si Rosa Arburua Goienexte a réalisé ce travail de recueil de la parole, c’est pour lever le tabou sur cette contrebande. Née en Espagne, elle a toujours entendu parler de la contrebande, celle des objets (roulements à bille, collants, parfums…) et des denrées (café, sucre, cigarette…). «Je savais qu’il y avait eu des passages clandestins, mais pas autant de passeurs. Personne n’en parlait. D’ailleurs, beaucoup de femmes participaient. Les passeurs et passeuses accompagnaient les Portugais, en voiture, à pied ou par le train, par les montagnes, jusqu’à des gares, des hôtels… C’était des voyages très longs sur des chemins difficiles. Ils souffraient et beaucoup n’étaient pas préparés. Certaines femmes étaient parties avec les meilleurs souliers qu’elles avaient, ceux du dimanche avec des talons.» Les chemins sont multiples&nbsp;: Pampelune-Bidassoa&nbsp;; Saint-Sébastien-Etxalar… Ces mouvements, on le découvre à travers les récits de vie, ont marqué, au-delà des passages de paysages, les fonctionnements de familles et des villages entiers, où l’argent se lit à l’entraide, mais aussi aux risques d’emprisonnement ou de mort pour assurer une vie nouvelle, plus prospère dans une France demandeuse de ces clandestins arrivant massivement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus"><em>Le passage clandestin des Portugais par la frontière du Pays basque</em> de Rosa Arburua Goienexte, éditions Quatorze, 2017.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/traversees-o-salto/"><strong>Traversées <em>o salto</em></strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/traversees-o-salto/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Belle au naturel</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/belle-au-naturel/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=belle-au-naturel</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/belle-au-naturel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2023 09:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[beauté]]></category>
		<category><![CDATA[coiffure]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Vigée Le Brun]]></category>
		<category><![CDATA[Encyclopédie]]></category>
		<category><![CDATA[François Boucher]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Vigarello]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[madame de Matignon]]></category>
		<category><![CDATA[Madame Dubarry]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Antoinette]]></category>
		<category><![CDATA[Rousseau]]></category>
		<category><![CDATA[standards]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37024</guid>

					<description><![CDATA[<p>Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, la mode n'est plus seulement d'apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/belle-au-naturel/"><strong>Belle au naturel</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Durant la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, la mode n’est plus seulement d’apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</em></p>



<p><strong>Par Élodie Lecire</strong></p>



<p>Les standards de beautés changent continuellement. Le <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle se trouve dans une période de transition où l’on tend à être plus naturel, qu’il s’agisse des modes d’habillements, de maquillage ou de coiffure. Ce besoin de nature est bouleversé par les nouvelles découvertes scientifiques laissant une place plus importante à la santé mentale et physique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pas de hula-hoop pour les petites filles&nbsp;!</strong></h4>



<p>Passé l’âge de 7 ans les fillettes sont corsetées jusqu’à l’adolescence pour lutter contre la nature de l’enfant, afin qu’elles se tiennent «bien droites». Rousseau s’insurge contre ces principes barbares en 1762 dans<em> Émile ou de l’éducation</em>. Soutenu par les Hygiénistes et Encyclopédistes, cet ouvrage polémique relance le débat. Mais cette remise en question de l’habillement des enfants permet aussi à la gent masculine de pointer du doigt les femmes à l’origine de ces principes vestimentaires en remettant en question leurs rôles dans l’éducation de leurs enfants.</p>



<p>Comme tout rituel de beauté, la mode de l’habillement des femmes et des hommes de la haute société est une pratique courante. Elle subit de nombreux changements durant la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, affirmé par le besoin d’individualisme. La mode n’est plus seulement d’apparat, elle doit aussi répondre à des exigences de bien-être.</p>



<p>Au début du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, naît la robe à la française, qui est sûrement une des moins confortables avec l’usage de panier sur les hanches, formant une silhouette en sablier. Puis on abandonne les paniers pour l’usage d’un jupon sur lequel est déposée une sur-jupe drapée au-dessus de la cheville. Cette robe qui apparaît dans la seconde moitié du <span class="smallcaps">xviiii</span><sup>e</sup> siècle s’inspire des costumes polonais ce qui lui vaut le nom de «robe à la polonaise». Vers 1780, les paniers et les drapés cèdent la place à une robe plus simple dont l’inspiration est anglaise. Plus confortable, elle possède néanmoins un «faux- cul» lui permettant de conserver un volume à l’arrière de la jupe. Adopté notamment par Marie-Antoinette, le style anglais, libère les femmes et marque un tournant dans la mode, en accord avec le retour désiré à la nature de ce siècle.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-768x1024.jpeg" alt class="wp-image-37031" width="584" height="779" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-768x1024.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-225x300.jpeg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-650x867.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise-150x200.jpeg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/robe-a-langlaise.jpeg 800w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px"><figcaption class="wp-element-caption">Robe à l’anglaise avec sa jupe assortie, 1784–1787, coton, métal, soie,<br>Metropolitan Museum of Art, New-York.</figcaption></figure>
</div>


<p>Toutefois attention à ne pas sortir de chez soi en chemise de nuit ! Si la reine Marie-Antoinette donne le ton, avec son style vestimentaire, elle a été vivement critiquée dans un portrait réalisé par Élisabeth Vigée Le Brun exposé au salon de 1786. Dans cette œuvre, la reine, est vêtue d’une robe en mousseline blanche. La critique s’en était emparé pour dire qu’elle s’était fait peindre en chemise. Néanmoins, on notera encore qu’à certains moments du jour, la femme put se libérer de son corset.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun.jpeg" alt class="wp-image-37029" width="644" height="806" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun.jpeg 818w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-240x300.jpeg 240w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-768x961.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-650x814.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/ma-lebrun-150x188.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Marie-Antoinette en robe de mousseline</em>, portrait par Élisabeth Vigée Le Brun, 1783, Collection du prince Ludwig von Hessen, Wolfsgarten Castle, Allemagne.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le maquillage, marqueur social</strong></h4>



<p>Dans son cabinet de toilette, la maîtresse de maison, donne tous les soins avantageux à sa mise en beauté. Les femmes sont éduquées pour être belles et plaire à l’homme comme ce fut le cas de Sophie dont le seul but est de devenir l’épouse idéale d’Émile (dans l’ouvrage de Jean-Jacques Rousseau).</p>



<p>Le maquillage n’était pas seulement employé pour cacher la dégradation du temps, du soleil ou de la maladie, c’était aussi un marqueur social. Après 1760, ces artifices sont vivement critiqués comme nous le rappelle Georges Vigarello au travers d’une citation de la baronne d’Oberkich, qui constate les mines dégradées par le maquillage, le 9 juin 1782, après le bal offert au futur tzar de Russie, à Versailles : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Il faisait grand jour et les paysans se livrait à leur travail quotidien. Quel contraste entre leurs visages calmes et satisfaits et nos mines fatiguées : le rouge était tombé de nos joues, la poudre de nos cheveux. Le retour d’une fête n’est pas un beau spectacle et peut inspirer bien des réflexions philosophiques à qui veut en prendre la peine.»</p>
</blockquote>



<p>La deuxième moitié du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle remet en question les effets néfastes de l’artifice sur la santé, préconisant un retour à une esthétique plus naturelle. On le constate dans la représentation des visages féminins par les peintres, le choix des couleurs varie du début à la fin de ce siècle.</p>



<p>Dans <em>La Toilette</em> de François Boucher peinte en 1742, la jeune femme a le teint très blanc et beaucoup de rose aux joues. L’artiste emploie souvent la mouche sur les visages féminins qu’il peint. Dans cette œuvre, la jeune fille en possède une, près de l’œil que l’on surnomme «la passionnée». Quelques années plus tard, lorsqu’Élisabeth Vigée Le Brun se représente dans ses autoportraits, son teint est naturel, nous ne constatons que peu de rouge sur ses joues et pas de mouche. C’est avec des teintes claires et naturelles que Madame Vigée Le Brun peint tous ses portraits de femmes. Nous comprenons sa colère lorsqu’elle voit son portrait de la comtesse du Barry, peint en 1782, badigeonnée de rouge aux joues : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«J’ai fait ce tableau avec le plus grand soin ; il était, ainsi que le premier, destiné au duc de Brissac, et je l’ai revu dernièrement. Le vieux général à qui il appartient a sans doute fait barbouiller la tête, car ce n’est point celle que j’ai faite ; celle-ci a du rouge jusqu’aux yeux, et madame Dubarry n’en mettait jamais. Je renie donc cette tête qui n’est point de moi ; tout le reste du tableau est intact et bien conservé.»</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Audacieuses et onéreuses créations capillaires</strong></h4>



<p>Pour les femmes nobles du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle, être coiffée est l’une des obligations essentielles pour rappeler son statut social, se différencier, ou suivre la tendance du moment. À cette époque, les femmes sont coiffées à leur domicile.</p>



<p>Mais cette pratique coûte très cher. Pour exemple, madame de Matignon, veuve à 16 ans, une figure notable de la mode parisienne, dépense 24 000 livres par an pour qu’on la coiffe tous les jours. Soit une valeur actuelle d’environ 420 570 euros.</p>



<p>En 1767, le coiffeur, Legros de Rumigny publie un ouvrage sur la coiffure des dames. Il enseigne la coiffure dans son académie payante et délivre des certificats à ses élèves. Entre autres, il entend former les valets et femmes de chambre à l’activité de coiffeur.</p>



<p>Si les domestiques peuvent être formés à la coiffure, ils ne peuvent pas rivaliser avec un coiffeur lorsque la demande est trop complexe.</p>



<p>Pour une coiffure élaborée, le coiffeur propose des compositions toujours plus extravagantes, jusqu’à la «Belle Poule» en 1778. Ces créations capillaires peuvent se conserver jusqu’à huit jours, de fait, les dames s’habituent à dormir assises, pour les conserver. Des coiffures si complexes que les nombreuses heures nécessaires, pour les réaliser, justifient leur coût considérable. Un nombre conséquent de coiffures, toutes plus compliquées les unes que les autres, font la mode dans la fin des années 1770.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263.jpeg" alt class="wp-image-37027" width="694" height="449" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-300x195.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-768x498.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-650x421.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/academie_de_coiffure_on_the_rue_de_la_chaussee-dantin_-_the_picture_magazine_vol3_1894_p263-150x97.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px"><figcaption class="wp-element-caption">Caricature de l’<em>Académie de coiffure</em>, située&nbsp;rue de la Chaussée-d’Antin, <br>créée par Léonard</figcaption></figure>
</div>


<p>Pourtant, la fin du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle marque le déclin de la perruque qui tend à disparaître, encouragée par des envies plus naturelles. Elle pose de nombreux problèmes notamment pour la santé, lorsqu’elle est poudrée.</p>



<p>Comme pour le maquillage, les coiffures naturelles sont revendiquées par la peintre Élisabeth Vigée Le Brun. Pourtant fille de coiffeuse, elle explique dans ses mémoires que sa coiffure ne lui coûtait pas un sou et qu’elle préférait s’arranger ses cheveux elle-même. Dans cette idée de naturel et de simplicité, M. Lefevre rédige le<em> Traité des principes de l’art de la coiffure des femmes</em> en 1778, expliquant aux femmes comment se coiffer elles-mêmes.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Régime léger et plein air</strong></h4>



<p>Avec la redécouverte de soi et de toutes les pratiques de santé, la fin <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle tend à être davantage dans le bien-être que dans le paraître.</p>



<p>Une définition du régime est précisée en 1765 dans le volume XIV de l’<em>Encyclopédie</em>. Cette pratique met en garde sur la consommation excessive d’aliment dont le but est de prévenir les maladies et de se maintenir en santé. Le souci de cette santé mentale et physique inquiète beaucoup la population.</p>



<p>Pour exemple, madame d’Épinay suit un régime sur les conseils du médecin Tronchin. Il lui recommande la consommation de laitage, de fruits, ainsi que des promenades en plein air. La population de cette fin de siècle cherchait à se rapprocher de la nature, dans l’objectif d’avoir une meilleure santé. De nos jours, les injonctions sont encore importantes à l’égard des femmes et de l’idéal qu’elles doivent représenter.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Bibliographie<br></strong>Legros, <em>L’Art de la coëffure des dames françoises, avec des estampes, où sont représentées les têtes coëffées</em>, Paris, Au Quinze Vingt, 1767.<br><br>Lefevre M., <em>Traité des principes de l’art de la coiffure des femmes</em>, Paris, Chez l’auteur, 1778.<br><br><em>Mémoires de la Baronne d’Oberkirch</em>, publié par le comte de Montbrison, dédiés à Nicolas I<sup>er</sup>, tome 2, Paris, Charpentier, Libraire éditeur, 1853.<br><br>Stéphane, <em>L’Art de la coiffure féminine : son histoire à travers les siècles</em>, Paris, éd La coiffure de Paris, 1932.<br><br>Hippolyte Taine, <em>Les Origines de la France : L’Ancien régime (1875)</em>, tome 1, Paris, Librairie Hachette, 1902.<br><br>Georges Vigarello, <em>Le Propre et le Sale. L’hygiène du corps depuis le Moyen Âge</em>, Seuil, 1985, et <em>Histoire des pratiques de santé, Le sain et le malsain depuis le Moyen Âge</em>, Seuil, 1999.<br><br>Louise-Élisabeth Vigée Le Brun, <em>Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth</em>, tome 1, Paris, H. Fournier, 1835.</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus">Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’<a href="https://www.facebook.com/univpoitiers?__cft__[0]=AZVBkzLov9MlpEjBeYuNTGWH1VjuK9h34FPEYh2jEfmv_2xlzwEzka5sE1FtyjZJuVtAr0JkPAsondXlSCdsUFkNoQ3JlGL9qSXZ-_zXyBbstgDAXStFxbs-qsEEJWn1GjYGlc3fvU86cRS7hZwjy_id5sIufFznsagdA5wvhI7j09lTVG82ogCl8eUHrdha5p0&amp;__tn__=-]K-R">Université de Poitiers</a>.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/belle-au-naturel/"><strong>Belle au naturel</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/belle-au-naturel/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Maison du Peuple de Clichy</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=la-maison-du-peuple-de-clichy</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2023 09:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Ducasse]]></category>
		<category><![CDATA[Clichy]]></category>
		<category><![CDATA[Corbusier]]></category>
		<category><![CDATA[Eugène Beaudoin]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Prouvé]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Lods]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement moderne]]></category>
		<category><![CDATA[mur-rideau]]></category>
		<category><![CDATA[Rudy Riciotti]]></category>
		<category><![CDATA[villa Savoye]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Bodiansky]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=37009</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment réévaluer la qualité architecturale d’un patrimoine bâti du XXe siècle afin de le sauver de la ruine ou de la destruction.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/"><strong>La Maison du Peuple de Clichy</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Comment réévaluer la qualité architecturale d’un patrimoine bâti du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle afin de le sauver de la ruine ou de la destruction.</em></p>



<p><strong>Par Manon Bugean</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Pour notre ville coquette, soucieuse d’hygiène et de confort, ces installations rudimentaires et disparates ne peuvent se perpétuer plus longtemps. […] Il faut améliorer. Une note de confort et de coquetterie doit être marquée dans le nouvel agencement.»</p>
</blockquote>



<p>C’est ainsi que Charles Auffray, maire de la ville de Clichy de 1925 à 1935, lance le projet de construction de la Maison du Peuple. Porté par ses convictions communistes et l’engouement socialiste de l’époque, il souhaite offrir à sa ville et à ses habitants, un endroit qui rythmerait la vie du quartier grâce à diverses manifestations culturelles, sociales et politiques. Outre ces aspects, le but de ce projet est aussi d’agrandir l’espace dévolu au marché de la ville, devenu trop petit. Le lieu est trouvé : la Maison prendra place au cœur de la ville, sur un terrain bordé par l’une des voies les plus importantes de la ville, le boulevard de Lorraine.</p>



<p>L’appel d’offre est lancé en 1935. Très vite, Marcel Lods et Eugène Beaudoin sont choisis. Les deux architectes, qui n’en sont pas à leur première collaboration, proposent la création d’un édifice de grande taille dont les différents espaces seraient totalement modulables permettant d’accueillir à la fois les commerçants les jours de marché ainsi que les événements culturels et les associations pendant les week-ends. Plusieurs procédés mobiles sont alors mis au point afin d’assurer la polyvalence du lieu.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2.jpeg" alt class="wp-image-37012" width="612" height="922" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2.jpeg 680w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-199x300.jpeg 199w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-650x979.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-2-150x226.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px"><figcaption class="wp-element-caption">Eugène Beaudoin et Marcel Lods, Maison du Peuple de Clichy (Hauts-de-Seine), Montage<em> des panneaux de façades,</em> vers 1938, Fonds Jean Prouvé, Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, Paris.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Armoire à planchers et mur-rideau</strong></h4>



<p>Les deux architectes sont épaulés par Jean Prouvé (1901–1984) et Vladimir Bodiansky (1894–1966) dans la conception des éléments mobiles de la Maison du Peuple. Ensemble, ils imaginent la création d’une couverture mobile et d’une armoire à planchers. Le toit ouvrant permet d’offrir à la Maison du Peuple une cour intérieure pour les manifestations estivales mais aussi d’apporter une luminosité supplémentaire puisque les deux pans sont vitrés. L’armoire à plancher est composée de huit planchers dont seulement trois sont encore conservés. Par un système mécanique, ils peuvent être surélevés et disposés de manière à agrandir la surface au sol du premier étage en comblant l’espace donnant sur le rez-de-chaussée. Le fonctionnement de ces deux éléments, mis au point par Bodiansky, est assuré par la force mécanique. De son côté, Jean Prouvé propose pour la Maison du Peuple, un concept innovant pour l’époque : le mur-rideau.</p>



<p>Bien qu’en réalité il n’en soit pas le créateur, le nom de Jean Prouvé reste le plus connu lorsque l’on évoque ce type de façade. Le mur-rideau est une façade légère qui recouvre la partie extérieure d’un édifice mais contrairement à une façade traditionnelle, elle n’assure pas la stabilité de ce dernier et n’est donc pas constitué de murs porteurs. Jean Prouvé l’explique de la manière suivante : les bâtiments sont composés d’une «structure en métal ou en béton comme un être humain comporte un squelette, auquel il fallait ajouter le complément logique d’un squelette : l’enveloppe».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>«Une nouvelle façon de faire l’architecture» Jean Prouvé</strong></h4>



<p>Si la Maison du Peuple reste si importante pour l’histoire de l’architecture et du Mouvement moderne, c’est parce qu’elle est l’une des premières à présenter les théories de Jean Prouvé en matière de mur-rideau. Pour ce bâtiment, les façades sont constituées de grands panneaux en aluminium ouvert ou fermés. Outre l’innovation technique que cela représente et les aspects économiques, c’est aussi bien souvent pour son côté esthétique que le mur-rideau est employé. Aujourd’hui, l’utilisation du verre pour les façades des bâtiments est préférée à celle de l’aluminium. La technique du mur-rideau s’inscrit dans le Mouvement moderne en France qui apparaît au début du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p>L’apparition de nouveaux matériaux tels que le béton ou l’acier, et le perfectionnement de techniques industrielles donnent un nouvel essor à l’architecture. Les constructions sont plus sobres, plus pures, sans ornements superflus, et composées de volumes et de formes simples. En France, le courant est porté par la figure du Corbusier et de ses cinq grands principes architecturaux qui seront les caractéristiques majeures du Modernisme français. Pour rappel, ces cinq piliers sont les pilotis permettant de libérer l’espace du rez-de-chaussée&nbsp;; le plan libre qui décloisonne totalement l’espace intérieur en abolissant l’utilisation de murs porteurs&nbsp;; le toit-terrasse qui offre un nouvel espace en plein-air au sommet du bâtiment ; les fenêtres en bandeau et les façades libres, c’est-à-dire légère et indépendante de la structure, viennent compléter la liste. La villa Savoye, construite à Poissy par le Corbusier entre 1928 et 1931, se veut être l’exemple parfait de l’application de ces principes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3.jpeg" alt class="wp-image-37013" width="744" height="496" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-300x200.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-768x512.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-650x434.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-3-150x100.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 744px) 100vw, 744px"><figcaption class="wp-element-caption">Eugène Beaudoin et Marcel Lods, Maison du Peuple de Clichy (Hauts-de-Seine), <em>vue de la façade mur-rideau dans son état actuel</em>. Photo Manon Bugean, mai 2022.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Différents projets de réhabilitations</strong></h4>



<p>Malgré le bijou moderniste que représente la Maison du Peuple pour les historiens de l’architecture et les architectes, sa pérennité a été menacée à plusieurs reprises. Au début des années 1980, les structures métalliques se dégradent de plus en plus et il devient alors urgent d’intervenir. Pour pallier le coût élevé des restaurations, la municipalité dépose une demande de classement au titre des monuments historiques. Après un premier refus en 1963, la demande se solde une nouvelle fois par un échec. Les raisons évoquées dans les deux cas sont le manque de recul nécessaire pour juger de l’importance de l’œuvre pour l’histoire de l’architecture et le fait qu’il est impossible de classer un monument dont les architectes et concepteurs sont encore vivants. Au moment du dépôt de la deuxième demande, Eugène Beaudoin et Jean Prouvé sont encore en vie. En 1982, le dossier de classement est de nouveau remis sur le tapis. Cette fois-ci, c’est une réussite&nbsp;: la Maison du Peuple est classée monument historique dans son intégralité lors de la séance du 24 janvier 1983. Jean Prouvé, dernier concepteur encore vivant au moment du classement, décède l’année suivante. Après l’avis favorable de la Commission, un programme de sauvegarde et de réhabilitation est mené par l’architecte en chef des Monuments historiques, Hervé Baptiste. Pendant dix ans, il s’attèle à la rénovation intérieure et extérieure de l’édifice.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un projet de Rudy Ricciotti</strong></h4>



<p>Après 2005, outre le marché alimentaire au rez-de-chaussée, la Maison du Peuple est de nouveau peu à peu abandonnée. Il faut attendre la fin des années 2010 et le concours «Inventons la métropole du Grand Paris» (2016–2017) pour que l’avenir de l’édifice s’éclaircisse. Ce concours urbanistique est un vaste appel à projet de réhabilitations des édifices oubliés de la région parisienne. Pour la Maison du Peuple, c’est le projet de l’architecte Rudy Ricciotti qui est retenu. Connu et reconnu pour la construction du Mucem à Marseille, l’architecte souhaite proposer une nouvelle forme et une nouvelle fonction à l’édifice. Le bâti principal de la Maison du Peuple devient un marché de petits producteurs et proposera différents services à la population de la ville. Si jusqu’ici le projet semble être prometteur, son envie d’élever une tour tressée au-dessus pour y accueillir des logements de standings suscite de vives contestations des habitants et des experts. Ils y voient une dénaturation totale du courant artistique auquel appartient l’édifice. Le débat s’intensifie et se retrouve sur le bureau du ministre de la Culture de l’époque, Franck Riester, qui est sommé d’intervenir. L’architecte est contraint de proposer un nouveau projet. Faute d’accords entre les deux parties, la collaboration est finalement abandonnée en 2019.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4.jpeg" alt class="wp-image-37014" width="704" height="691" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-300x295.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-768x755.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-650x639.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/01/illu-4-150x147.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 704px) 100vw, 704px"><figcaption class="wp-element-caption">Marcel Lods, Eugène Beaudoin et Rudy Ricciotti (architectes), <em>Simulation en trois dimensions du projet imaginé par l’architecte Rudy Ricciotti pour le concours «Inventons la métropole du Grand Paris», vue depuis le boulevard du Général Leclerc</em>, 2016. © Groupe Duval.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Coup de cœur d’Alain Ducasse</strong></h4>



<p>La même année, la Maison du Peuple est repérée par le chef étoilé, Alain Ducasse. À la recherche d’un nouveau lieu pour installer le siège social du groupe Ducasse, il a un véritable coup de cœur pour l’édifice. Malgré quelques résistances, le projet est lancé. Pour en faire un lieu privé, il faut que la Maison du Peuple soit déclassée afin de permettre l’achat. La décision du déclassement est prise en juin 2021 par le conseil municipal. Ducasse souhaite faire de la Maison du Peuple, une vitrine de la gastronomie française. En plus de l’installation des bureaux de son siège social, il souhaite y implanter ses manufactures de chocolats, de biscuits et de glaces. Une allée marchande et un restaurant seront ouverts au public.</p>



<p>Le projet semble plaire, notamment parce qu’il conserve la forme architecturale emblématique de l’édifice. Cependant, quelques réserves quant à l’accessibilité du lieu sont émises par les habitants. Les travaux sont en cours et le groupe Ducasse prévoit de s’y installer début 2024.</p>



<p>L’histoire de la Maison du Peuple est importante sur le plan historique et artistique, mais elle l’est tout autant sur le plan politique. Les débats autour de sa protection et de ses projets de réhabilitations ont tout de même permis de faire avancer la politique patrimoniale française et de remettre l’édifice sur le devant de la scène architecturale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’<a href="https://www.facebook.com/univpoitiers?__cft__[0]=AZXSxK4l81BnsW-pnwmJlTwsMMA_pTpZfW_dxfhkZ8tOJV_urfabTa5m0pFu7HelmavsoDV4pWQaUejlGzJRD5t3roIKafppwElBBKGXcalFvNMm8aJRdV5UTE6yNNUZ7E9u5I-5RLyJ4Q8UzvN5H7-bOUmIQtxYOpcao0-lk53VPvSaiYZeVNt2IXqlmqbXsTY&amp;__tn__=-]K-R">Université de Poitiers</a>.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/"><strong>La Maison du Peuple de Clichy</strong></a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-maison-du-peuple-de-clichy/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Recherches à l’université – CPER</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/recherches-a-luniversite-cper/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=recherches-a-luniversite-cper</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/recherches-a-luniversite-cper/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2023 16:55:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[CPER Insect]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=36911</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour en vidéos sur les recherches menées à l'université de Poitiers dans le cadre du CPER Insect (2017-2022).</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/recherches-a-luniversite-cper/">Recherches à l’université – CPER</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre du CPER (Contrat plan État-Région) Insect (2017–2022), plusieurs chercheuses et chercheurs ainsi que des laboratoires de l’université de Poitiers ont travaillé sur des thématiques sciences et société. Retour en vidéo sur le bilan de ces recherches.</p>



<p><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/cv8Yj8RK4Go">Interactions entre finance et commerce internationale – Entretien avec Anne-Gaël Vaubourg<br></a>Anne-Gaël Vaubourg est professeure en sciences économiques à l’université de Poitiers. Elle est responsable de l’axe Monnaie, banque et finance du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Elle est spécialiste en économie financière et étudie, dans le cadre du CPER Insect, les interactions entre les financements des entreprises et le commerce international ainsi que l’impact qu’ont les accords commerciaux sur les exports d’un pays à un autre.</p>



<p><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/tLBgcnseiPM">Apprentissage et processus cognitifs – Entretien avec Cyril Perret</a><br>Cyril Perret est maître de conférence à l’université de Poitiers et membre du Centre de recherches sur la cognition et l’apprentissage (CeRCa, CNRS). Ses recherches se focalisent essentiellement sur la compréhension des processus cognitifs impliqués dans la production verbale conceptuellement dirigée. Dans le cadre du CPER Insect, son objectif est de comprendre la façon dont un être humain réalise des apprentissages, dans le cadre scolaire mais aussi en dehors.</p>



<p><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/0od7ubugPvA">Quelle attractivité pour les petites et moyennes villes&nbsp;? – Entretien avec Dominique Royoux<br></a>Dominique Royoux est professeur de géographie et vice-président délégué orientation-insertion à l’université de Poitiers. Il fait partie du laboratoire Ruralités au sein duquel il étudie les dynamiques des petites villes en France et en Nouvelle-Aquitaine. Dans le cadre du CPER Insect, son objectif est de montrer le nouveau rôle que jouent les petites villes sur le territoire français. En quoi les petites villes sont le point nodal des relations privilégiées entre le rural et l’urbain ? Quelle est leur place dans l’aménagement du territoire ? Pour ce faire, Dominique Royoux et son équipe ont croisé vingt-six indicateurs allant de la démographie à l’attractivité des équipements en passant par la mobilité.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p><a href="https://youtu.be/kIquQPn_358">Évolution du tourisme en France – Entretien avec Gilles Caire</a><br>Gilles Caire est maître de conférence HDR de sciences économiques à l’université de Poitiers ainsi que membre du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Ses recherches portent sur l’économie sociale et solidaire et l’économie du tourisme. Dans le cadre du CPER Insect, il s’intéresse à la place du tourisme en France en termes d’économie et sous les aspects à la fois géographique et sectoriel avec une approche globale sur l’ensemble du territoire. Il étudie tout particulièrement, à l’aide de statistiques, l’évolution du tourisme depuis les années 1960 en France et les évolutions conjoncturelles pendant les périodes de crises, économique et sanitaire.</p>



<p><a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a><a href="https://youtu.be/QgXFNhpcRjg">Renoncement aux soins et parcours d’étudiants – Entretien avec Liliane Bonnal<br></a>Liliane Bonnal est enseignante-chercheuse en économie à l’université de Poitiers. Elle est également directrice de l’UFR Sciences économiques de Poitiers et du Centre de recherche sur l’intégration économique et financière (CRIEF). Ses recherches s’appliquent à l’économie de la santé, de l’éducation et du travail. Dans le cadre du CPER Insect, elle a mené des recherches, à partir d’une base de données, sur le lien entre le renoncement aux soins des femmes enceintes et la santé de leurs nouveau-nés. Liliane Bonnal a également travaillé au sujet des étudiants à l’université. Les étudiants salariés ont-ils plus ou moins de chances de réussir leur année en travaillant en parallèle de leurs études ? Les étudiants sont-ils mobiles ? Est-ce que la mobilité a un impact sur leur insertion ?</p>



<p><a href="https://youtu.be/4p8ytgm7834">Maladies chroniques et sociabilités – Entretien avec Ludovic Gaussot</a><br>Ludovic Gaussot est maître de conférence HDR en sociologie à l’université de Poitiers ainsi que membre du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). Il est également chercheur associé au CSU (cultures et sociétés urbaines). Ses thématiques de recherches sont le genre et les rapports sociaux de sexe, les normes et déviances et la sociologie de la connaissance. Dans le cadre du CPER Insect, son programme de recherche porte sur l’expérience de la maladie chronique à travers trois pathologies distinctes : l’alcoolisme, le diabète et le cancer. L’objectif est d’avoir une perspective transversale sur la maladie chronique en interrogeant les malades et leurs proches afin de saisir les vécus et les différences entre ces maladies, tout en étudiant les rôles des institutions dans les soins de ces pathologies.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p><a href="https://youtu.be/iVi6E49OVq8">Cabinets de curiosités et sociabilités – Entretien avec Myriam Marrache-Gouraud</a><br>Myriam Marrache-Gouraud est professeure de littérature française de la Renaissance et agrégée de lettres modernes à l’université de Poitiers. Spécialiste des cabinets de curiosité, elle a réalisé, avec l’aide de ses collègues du laboratoire Forellis et de l’Espace Mendès France, le site internet curiositas.org, une base de données entièrement dédiée à ce sujet. Ces cabinets sont des pièces consacrées à la collection et à l’exposition de choses rares, nouvelles ou singulières, parfois même exotiques. Dans le cadre du CPER Insect, elle s’interroge sur les formes que prennent ces cabinets, leur localisation géographique en Europe, les réseaux de sociabilités qu’ils généraient.<a href="https://www.youtube.com/@EspaceMendesFrance"></a></p>



<p><a href="https://youtu.be/qLa4roHnGv4">Fabrique des trajectoires sociales – Entretien avec Gilles Moreau<br></a>Gilles Moreau est professeur de sociologie à l’université de Poitiers, membre du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). Dans le cadre du CPER Insect, son programme s’intitule « Origines sociales, parcours et insertion ». Son équipe et lui y étudient la question des trajectoires sociales et la prise en compte de la variable temps dans ces parcours. Ils mobilisent ainsi quatre concepts pour interpréter ces données : la socialisation, l’effet de génération, l’état des institutions et enfin les interactions sociales.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Interactions entre finance et commerce international – Entretien avec Anne-Gaël Vaubourg" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/cv8Yj8RK4Go?list=PL8ObWQ0EzBDmqxkGknyRCTt8ll92vc4o-" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/recherches-a-luniversite-cper/">Recherches à l’université – CPER</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/recherches-a-luniversite-cper/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nos morts, en effigie</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nos-morts-en-effigie</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 12:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aliénor]]></category>
		<category><![CDATA[Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[Église]]></category>
		<category><![CDATA[Fontevraud]]></category>
		<category><![CDATA[gisant]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=36668</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois tombeaux du Centre-Ouest de la France produits entre le XIIᵉ et le XIIIᵉ siècle permettent de mieux appréhender les pratiques et croyances entourant la mort et l’au-delà au Moyen Âge.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/">Nos morts, en effigie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Trois tombeaux du Centre-Ouest de la France produits entre le <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ et le <span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle permettent de mieux appréhender les pratiques et croyances entourant la mort et l’au-delà au Moyen Âge.</em></p>



<p><strong>Par Damien Strzelecki</strong></p>



<p>Les prochains Rendez-vous de l’Histoire de Blois porteront sur un sujet qui fait écho à la crise épidémique et à la hausse extraordinaire de la mortalité qu’elle a suscitée : Les vivants et les morts. La mort est effectivement une affaire de vivants, ce sont eux qui rendent les ultimes rituels, visitent le mort ou encore fleurissent sa tombe. Le tombeau est d’ailleurs le point de rencontre entre le vivant et le mort, ici se concentre la jonction entre les deux mondes, ici se conserve la mémoire du disparu. Marqueur de la sépulture et objet du souvenir, le monument funéraire est aussi révélateur des conceptions que se fait une société sur la mort et sur ses morts. C’est particulièrement perceptible au Moyen Âge, dans un contexte où la vie et la mort sont encadrées par l’Église et le christianisme. Trois tombeaux à effigie produits entre le <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ-<span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle et destinés à de grands personnages poitevins démontrent les continuités, les ruptures, les évolutions en somme avec les visions modernes sur la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’image du mort au Moyen Âge</strong></h4>



<p>Avant de présenter les défunts, il faut définir ce qu’est une effigie funéraire. L’effigie est une représentation anthropomorphique placée sur un tombeau ou un élément commémoratif destiné à supporter la mémoire du disparu. Il existe plusieurs types d’effigies funéraires et sans doute le plus célèbre est celle du gisant tel qu’il existe à l’abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire) pour Aliénor d’Aquitaine, décédée en 1204. Outre les gisants, de nombreux autres types d’effigie existent et fréquemment ce n’est pas uniquement le corps du défunt qui est représenté, mais aussi son âme, substance faisant pleinement partie de la personne au Moyen Âge.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel.jpeg" alt class="wp-image-36670" width="668" height="388" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-300x175.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-768x447.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-650x378.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/gisant-alienor-daquitaine-cliche-personnel-150x87.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 668px) 100vw, 668px"><figcaption>Gisant d’Aliénor d’Aquitaine. Photo Damien Strzelecki.</figcaption></figure>
</div>


<p>Commençons par l’image d’un corps et pas des moindres, celui du grand ecclésiastique Pierre II de Poitiers qui a occupé le siège épiscopal de la ville de 1087 à sa mort en 1115. Bien qu’exilé à la fin de sa vie pour avoir excommunié le comte Guillaume le Troubadour, il meurt en odeur de sainteté et est rapatrié dans la ville de son épiscopat. Son corps est inhumé à l’abbaye Saint-Cyprien, établissement qui a aujourd’hui disparu. En 1117, ses restes sont transférés à l’abbaye royale de Fontevraud et déposés dans le chœur des religieuses. Entre la fin du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle et le premier tiers du <span class="smallcaps">xiii</span>ᵉ siècle, est confectionné un gisant en sa mémoire. Malgré sa disparition au fil du temps, un dessin de la collection constituée par François-Roger de Gaignières (1642–1715) nous permet de voir à quoi ressemblait le tombeau de l’évêque défunt.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers-.jpeg" alt class="wp-image-36671" width="541" height="699" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers-.jpeg 751w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--232x300.jpeg 232w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--650x840.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/dessin-de-la-collection-gaignieres-gisant-pierre-ii-de-poitiers--150x194.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 541px) 100vw, 541px"><figcaption>Gisant Pierre II de Poitiers. Dessin de la collection Gaignières.</figcaption></figure>
</div>


<p>Le tombeau dessiné donne à voir une scène de funérailles. Le corps couché est paré de ses vêtements épiscopaux, notamment de sa mitre et de sa crosse. Couché sur un lit, il a les yeux fermés et son chef repose sur un oreiller. L’assemblée de moines tonsurés accompagnée d’une moniale entourant le gisant signifie qu’il s’agit d’une veillée du corps qui est comme reconstituée par ces personnages figurés. Le soin du corps est alors mis en avant et le rituel des funérailles est constamment rappelé, comme rejoué sur ce tombeau.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mort&nbsp;comme séparation ontologique</strong></h4>



<p>La mort ne signifie pas la fin de la vie dans le christianisme, mais la mort temporaire du corps et la survie de l’âme. Le bas-relief concernant saint Hilaire de Poitiers, évêque tout autant célèbre mort en 337, est significatif à ce propos. Bien qu’enterré dans la collégiale Saint-Hilaire-le-Grand au sud de Poitiers, c’est à la chapelle des Augustins, dans l’actuel rue Sainte-Catherine qu’il faut chercher son effigie funéraire. Pour cause, cet établissement, qui au Moyen Âge était le monastère Saint-Hilaire-de-la-Celle, passe pour avoir été fondé par Hilaire. Au milieu du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle, la communauté religieuse a fait réaliser un cénotaphe, dont l’étymologie grecque signifie un tombeau qui ne contient pas de corps. En effet, la dépouille d’Hilaire repose dans la crypte de la collégiale et non au monastère. L’absence du corps a alors peut-être été un argument supplémentaire motivant la réalisation de ce cénotaphe afin d’exalter le fondateur malgré l’absence de son corps. Cela marque la continuité entre l’évêque défunt du <span class="smallcaps">iv</span>ᵉ siècle et les vivants du <span class="smallcaps">xii</span>ᵉ siècle, le fondateur mort représente une pierre d’assise sur laquelle se fonde la communauté des vivants.</p>



<p>Fragmentaire, le tombeau est en partie conservé, les pièces disparues ont aussi été dessinées pour la collection Gaignières [BnF, Département des Estampes et de la photographie, Res. Pe 1F, fol. 53]. L’ensemble du monument narre principalement la victoire de saint Hilaire sur l’hérésie arienne au concile de Nicée de 325 et la mort du saint évêque en 337. Cette dernière scène est le sujet du seul fragment conservé, dont l’original est visible à la chapelle des Augustins et où une copie par moulage a été placée dans la salle médiévale du musée Sainte-Croix de Poitiers. Sur cette effigie comme sur celle de Pierre II, le saint est entouré d’une foule, mais contrairement à celle du prélat mort en 1115, l’image insiste moins sur la veillée que sur le moment de mort de saint Hilaire. Le défunt vient à peine de mourir comme en témoigne son âme accostée de deux anges. La proximité de cette âme et de son corps est bien marquée au niveau de la tête du personnage. L’âme et le souffle sont traduisibles par <em>spiritus</em>&nbsp;en latin, ce que rend bien ce tombeau puisque l’expiration de l’âme se fait au niveau de la bouche, comme si le défunt venait de rendre son dernier souffle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le sort de l’âme après trépas</strong></h4>



<p>Le corps mort et l’âme extirpée, un périple attend cette dernière vers l’au-delà. Le relief encastré à l’extérieur du bras sud du transept de l’église Saint-Divitien de Saulgé de la deuxième moitié du XIIᵉ siècle invite à ne considérer que l’âme du défunt. Une inscription placée sur la bordure inférieure révèle l’identité du trépassé qui se nomme Ranulfe, noble descendant d’Agnès et dont on dit qu’il est élevé <em>ad</em> <em>astra</em> soit&nbsp;: vers les astres. L’écrit et l’image se répondent dans la mesure où l’âme figurée dans un encadrement en forme d’amande et les mains jointes est bel et bien emmenée vers les astres par des anges.</p>



<p>Le corps reste alors sur terre et c’est l’âme qui monte vers les cieux, accompagnée d’anges comme pour celle de saint Hilaire. De plus, Il faut penser que ces monuments ne sont pas seulement destinés à se souvenir ou à se recueillir, mais ils enjoignent aussi à prier pour l’âme du défunt et cela afin d’être acteur de son salut. L’âme de Ranulfe n’est pas annoncée explicitement dans les astres, mais vers les astres, sous-entendu qu’elle n’a pas encore atteint sa destination et qu’il faut l’aider pour qu’elle atteigne l’au-delà. La prière d’un tiers doit alors la soutenir pour concrétiser cette séparation entre son corps matériel destiné à pourrir sur terre et son âme immatérielle destinée à atteindre des réalités spirituelles. Ce divorce n’est que temporaire et les deux entités se réuniront pour les siècles des siècles…</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel.jpeg" alt class="wp-image-36672" width="652" height="489" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel.jpeg 756w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-300x225.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-80x60.jpeg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-650x488.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/11/bas-relief-ranulf-cliche-personnel-150x113.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px"><figcaption>Bas relief de Ranulf. Photo Damien Strzelecki.</figcaption></figure>
</div>


<p>Ce bref panorama permet d’entrer dans la complexité des conceptions sur la mort et ses au-delà au Moyen Âge. Le pluriel est de mise dans la mesure où la mort entraîne un ensemble de préoccupations terrestres et corporelles (funérailles), spirituelles et animiques (prière pour l’âme). Du corps à l’âme, les croyances sur la mort et ses au-delà ou ce qui lui fait suite tant dans le traitement du corps que celui de l’âme sont complexes au Moyen Âge. Ces deux entités ontologiques ne sont pourtant pas traitables séparément, si l’âme se sépare de son corps à la mort du défunt, elle doit atteindre le Paradis dans l’attente de regagner et donner son nouveau souffle au corps lors du Jugement dernier. À défaut de prier pour leurs âmes, cela invite au souvenir de ces défunts qui continuent de survivre par le biais de leur monument, lesquels sont autant des objets patrimoniaux que des reflets d’une croyance complexe entourant la mort et la mémoire au Moyen Âge.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Bibliographie&nbsp;</strong><br>Danièle Alexandre-Bidon, <em>La mort au Moyen Âge. XIIIᵉ-XVIᵉ siècles</em>, Hachette, La vie quotidienne, 1998.<br><br>Caroline Walker Bynum, <em>The Resurrection of the Body in Western Christianity, 200‑1336</em>, Columbia University Press, 1995.<br><br>Maurice Godelier (dir.), <em>La Mort et ses au-delà</em>, CNRS Éditions, « Bibliothèque de l’Anthropologie », 2014.<br><br>Cécile Treffort, <em>L’Église carolingienne et la mort</em>, Presses Universitaires de Lyon, Collection d’histoire et d’archéologie médiévales, 1996.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/">Nos morts, en effigie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nos-morts-en-effigie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jean-Claude Bertrand, tout un monde en musique</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique</link>
					<comments>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julie Duhaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Oct 2022 09:38:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[disquaire]]></category>
		<category><![CDATA[jean-claude bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[mondes du disque]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/?p=36455</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Jean-Claude Bertrand, fondateur des Mondes du Disque à Poitiers.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique/">Jean-Claude Bertrand, tout un monde en musique</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p>Dans la rue Henri Pétonnet à Poitiers, non loin du magasin d’instruments de musique, se trouve un autre haut lieu de rencontre pour les mélomanes. Une vitrine remplie de disques – et de chats, pour qui s’amuse à les chercher. Entretien avec Jean-Claude Bertrand, fondateur des <em>Mondes du Disque</em>, un des derniers disquaires indépendants de la région.</p>



<p><strong>L’Actualité. – Comment êtes-vous devenu disquaire ?</strong></p>



<p><strong>Jean-Claude Bertrand. – </strong>Même si je ne me suis jamais dit «un jour je serai disquaire», adolescent, l’idée m’a souvent effleuré. C’était un rêve car, pour être disquaire, il faut des moyens, un local, des meubles, un stock. Malheureusement, je ne les avais pas. En fait, tout a commencé dans les années 1960 : l’arrivée du rock’n’roll, des yéyés, de la musique pop a été pour moi une véritable renaissance. On écoute la radio, avec Johnny, Elvis, les Beatles, Dylan, les Stones et tous les autres. C’est un souffle nouveau, une ouverture sur un monde, dans notre tête bien meilleur, évidemment. Je fais partie de ces gens qui ont cru, à l’époque, que le vieux monde et ses atrocités allaient mourir. Parallèlement à tout ce qui vient d’Angleterre et des États-Unis, je découvre la poésie par l’intermédiaire de la chanson, Boris Vian, Prévert, Aragon… J’écoute aussi Brassens, Ferré, Brel. Puis arrive le mouvement hippie, le <em>flower power</em>, le pacifisme de Martin Luther King, les grands rassemblements comme Woodstock et l’Île de Wight, où j’ai eu la chance d’aller. À l’époque, on nomme cela la «contre culture» et c’est celle-là qui m’a nourri.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited.jpeg" alt class="wp-image-36634" width="573" height="571" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited.jpeg 600w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited-300x300.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited-150x150.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 573px) 100vw, 573px"><figcaption>Bob Dylan, <em>Highway 61 revisited</em>, 1965.</figcaption></figure>
</div>


<p>À la fin des années 1960, après une scolarité un peu chaotique, je réalise un premier rêve : je rentre à l’université en philosophie. Je garde un merveilleux souvenir de ces années. Tout va bien jusqu’à la maîtrise mais les concours ne pardonnent pas les parcours chaotiques. À partir de la licence, je deviens vacataire à la bibliothèque de la section de philosophie, donne des cours particuliers et passe de belles heures d’oisiveté. Pendant ces heures, je fréquente assidûment un lieu terrible pour mes maigres revenus, la <em>Librairie des Étudiants</em>, qui a un rayon disque. Un matin, je décide précisément de faire un tour dans ma librairie préférée pour échanger quelques mots avec le responsable du rayon disques, monsieur Chollet, grand amateur de jazz à qui je dois la découverte de Coltrane, Mingus, Miles Davis et tant d’autres. Mais ce jour-là, il est absent et le patron, monsieur Vergnaud, me dit qu’il le sera plusieurs jours. Personne pour s’occuper du rayon à trois semaines de Noël, il me demande alors si je peux les aider. Il est 11h30, je réponds «cet après-midi à 14 heures». C’est comme ça que j’ai commencé. Je suis resté dans le magasin jusqu’à la fin de l’année et j’ai proposé mes services en cas de besoin. Il me rappelle au mois de septembre suivant, j’abandonne alors progressivement mes cours particuliers et la bibliothèque de l’université pour devenir vendeur à temps plein avec monsieur Chollet, devenu alors mon collègue. Nous avons travaillé ensemble pendant huit ans, de 1978 à 1986.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/high-country-snows-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36640" width="552" height="552"><figcaption>Dan Fogelberg, <em>High country snows</em>, 1985.</figcaption></figure>
</div>


<p>Quand mon patron prend sa retraite, il vend le magasin à l’enseigne <em>Connexion</em>, spécialisé dans le matériel audio, Hi-Fi, télévision, etc. Ces magasins n’ont pas l’habitude d’avoir un rayon disque mais, ayant à disposition un stock et deux vendeurs, ils nous gardent. En 1988, notre nouveau patron décide de vendre ses trois locaux dans Poitiers pour les réunir en un, en périphérie. Mon collègue a l’âge de la retraite mais souhaite continuer et je ne me vois pas aller dans une zone commerciale alors je démissionne. Nous discutons avec notre patron, monsieur Guilbaud, qui voudrait bien se séparer du rayon disque. Nous lui proposons de l’acheter et il accepte que nous lui payons mensuellement, sur un an. Sans son aide, <em>Les Mondes du disque</em> n’auraient sans doute jamais existé. En résumé, une passion de longue date, des rencontres, la saisie d’une opportunité sont à l’origine de l’ouverture du magasin le 2 septembre 1988.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment conseillez-vous les gens, qu’ils soient habitués ou occasionnels ?&nbsp;</strong></p>



<p>Conseiller, c’est tout le charme du travail. Il faut sentir les intérêts de la personne, comprendre au mieux sa demande, poser un certain nombre de questions pour révéler ses goûts ou, si c’est pour offrir, ceux du destinataire. Souvent je commence par demander l’âge, c’est un premier repère, puis ses centres d’intérêt, ses loisirs, dans quel contexte la personne écoute de la musique. Enfin, je propose de faire écouter. J’ai besoin de tout ceci pour répondre au mieux à sa demande. J’aime l’échange autour de la musique, partager, discuter, faire découvrir. Pour moi c’est ça, cette discussion, être disquaire. Ce n’est pas seulement distribuer des disques. Un jour, dans un festival de jazz, un homme est venu me voir pour me féliciter : son épouse vient tous les ans autour de Noël pour choisir des disques à lui offrir. «À chaque fois, c’est parfait», m’a‑t-il dit. On ne peut pas me faire plus beau compliment.</p>



<p><strong>Comment faites-vous la sélection ?</strong></p>



<p><em>Les Mondes du disque</em> est un magasin généraliste. Tous les secteurs de la musique y sont représentés, le nom même a été choisi pour signifier qu’ici, ce n’est pas une chapelle où se retrouvent des gens vouant un culte à tel ou tel genre, mais un lieu ouvert où tous les amateurs de musique et de disques se côtoient. Il y a malgré tout deux domaines qui sont absents : le rap et le metal. Je ne connais pas ces secteurs, je suis donc incapable de sélectionner ou de conseiller. La vitrine est souvent réalisée au gré de mes envies. J’aime l’idée de surprendre, de proposer des artistes qui ne sont pas forcément dans l’air du temps, de mettre en avant des musiciens vivant dans la région ou autour d’évènements de la Nouvelle-Aquitaine, comme le festival <em>Jazz à Dissay</em>. Je n’écarte pas pour autant les nouveautés en lien avec des revues, par exemple <em>Diapason</em>, <em>Jazz Magazine</em>, <em>Rock’n’Folk</em>, etc., mais ce n’est pas ce que je mets le plus en avant. Les « grandes enseignes », dont la sélection est essentiellement basée sur l’actualité et les nouveautés, le font suffisamment. Enfin, dans tous les domaines, j’ai mes indétrônables et je veille à ce qu’ils ne me manquent jamais. Ce sont des disques phares, qui n’ont pas d’âge, célèbres ou « obscurs » d’après un client anglais. Pour les enfants, <em>Pierre et le Loup</em> de Prokofiev et dit par Gérard Philipe, à l’origine un vinyle de 1954, reste un incontournable. Il en va de même en jazz avec <em>Kind of Blue</em> de Miles Davis (1959), en country music avec Dan Fogelberg, <em>High country snows</em> (1985), en contemporain avec Anja Lechner et François Couturier dans des œuvres de Komitas, Gurdjieff et Mompou chez ECM (2014). Mais ce ne sont que quelques exemples.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/kind-of-blue-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36636" width="528" height="528"><figcaption>Miles Davis, <em>Kind of blue</em>, 1959.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Comment recevez-vous les nouveautés ?</strong></p>



<p>Tout ce qui arrive au magasin relève d’un choix personnel. Il n’y a aucun arrivage systématique de nouveautés. Il y a cependant des contraintes au niveau des commandes. Certaines maisons n’expédient les colis que si le montant de la facture atteint une somme qui m’apparaît maintenant trop élevée, compte tenu de l’état actuel du marché du disque. Si l’on atteint pas la somme requise, elles imposent des frais de port trop importants. A contrario, une structure comme <em>Universal</em> a nettement abaissé son franco de port, ce qui est très habile car cela permet de commander beaucoup plus souvent et donc de satisfaire plus rapidement la clientèle. En ce qui concerne les nouveautés, la majorité de l’information est transmise en ligne ou sur les sites des labels. Malheureusement, seules quelques petites structures envoient encore des documents papiers, alors que la consultation des sites est très souvent fastidieuse et qu’il n’y a pratiquement plus de correspondants avec lesquels échanger.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36639" width="557" height="557" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-1024x1024.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-300x300.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-150x150.jpeg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-768x768.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-650x650.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens.jpeg 1190w" sizes="auto, (max-width: 557px) 100vw, 557px"><figcaption>Rhiannon Giddens avec Francesco Turrisi, <br><em>They’re calling me home</em>, 2021.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Y a‑t-il une culture de l’objet disque ?</strong></p>



<p>La culture voire le culte de l’objet disque est arrivé dans les années 1960 avec le microsillon. Le jazz, le blues, le rock’n’roll, etc., sont certes des musiques mais leur médiation par leur disque passe aussi par des images qui alimentent notre imaginaire. De grands photographes, dessinateurs et designers se sont fait connaître grâce à leur travail pour des pochettes de disque. L’arrivée des CD, au début des années 1980, n’a pas fait l’unanimité. Si le public du classique l’a immédiatement adopté, l’engouement a été beaucoup plus mitigé dans les autres domaines. On critique la petitesse de l’objet, les textes et les photos souvent illisibles, le boîtier en plastique… Bref, certains n’arrivent pas à vénérer ce petit CD argenté comme ils ont vénéré leur belle «galette» de vinyle. Car le disque a vraiment eu son heure de gloire dans les années 1960–70. Peut-être que, plus ou moins consciemment, ces réfractaires flairaient que nous étions en train de changer d’époque, que le numérique allait prendre le pas et ils refusaient que leur objet tant chéri soit relégué au rang du passé. En même temps, pour un large public, le CD est devenu la nouvelle référence. La publicité autour de ce nouveau support est énorme. Au début des années 1980, la platine CD est LE cadeau de Noël, même pour des gens qui n’écoute pratiquement jamais de musique : c’est l’objet qu’une personne voulant être de son temps doit posséder. À l’époque, l’engouement pour ce nouveau produit est tel (et c’est le revers de la médaille) que les grandes surfaces s’engouffrent avec voracité dans le marché, bien soutenues par certaines maisons de disque qui préfèrent, pour des raisons financières évidentes, mettre en place 200 CD d’un artiste dans un seul point de vente plutôt que 20 dans 10. Les grandes surfaces font du CD un produit d’appel, vendu avec une marge réduite ou compensée par une remise en amont offerte par l’éditeur. À partir du moment où les conditions d’achat ne sont pas les mêmes, où la marge perdue sur le disque peut être récupérée ailleurs et quand, à la différence du livre, le CD ne bénéficie d’aucune protection en matière de prix, parler de concurrence et de loi du marché n’a plus aucun sens. L’abattage du disquaire indépendant venait de commencer. Tout au long des années suivantes, ce sont des centaines de points de vente qui ferment. Le problème est que l’histoire ne s’arrête pas là. Comme s’il fallait parachever le travail de démolition, sont arrivés Internet, la vente en ligne et le streaming. Quelques années plus tard, soubresaut de l’édition phonographique pour résister à la dématérialisation. Le vinyle, qui n’a jamais totalement disparu, renaît de ses cendres à grand renfort de publicité. Il devient alors objet de luxe, LE support ayant soi-disant un meilleur son. Ceci est fort discutable. Avec quel appareil écoute-t-on ? La différence entre une platine haut-de-gamme et un électrophone est considérable. Les vinyles actuels sont-ils repressés à partir des matrices originales ou de leur numérisation ? Tous les disques depuis 1983 ont été enregistrés en numérique alors quelle est la différence entre un vinyle et un CD ?</p>



<p>Enfin, les objets réédités sont certes de qualité (vinyle 180 grammes) mais coûtent généralement très cher. Je n’ai rien contre le vinyle (je n’ai pas été un des premiers à adopter le CD) mais je trouve que le CD a une facilité et une qualité d’écoute qui n’a rien à envier à son illustre prédécesseur. Dans les années 1980, au moment où le CD et le vinyle se sont côtoyés, quand un client demandait un article, si nous lui proposions un vinyle il répondait «ah non, le CD !». Aujourd’hui, c’est plutôt «mais vous ne l’avez pas en vinyle ?». Bob Dylan avait bien dit «les temps sont en train de changer». Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette mutation : pour un public jeune c’est un nouveau produit, pour un public plus âgé c’est un retour aux sources, et la tendance vintage actuelle ne fait que conforter ce choix.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Mais qu’importe le support, comme le dit Olivier Gasnier dans une plaquette des Allumés du Jazz, <em>Le CD a ses charmes</em>, défendant le support physique par rapport à la musique connectée : «Mentionnons enfin que le disque porte encore avec lui la possibilité de se procurer en boutiques ou magasins, c’est-à-dire en un lieu qui devrait rester au moins autant vecteur de lien social que de commerce. Ce qui est bien souvent le cas chez les disquaires spécialisés et indépendants».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/carolina-confessions-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36638" width="582" height="582"><figcaption>The Marcus King Band, <em>Carolina Confessions</em>, 2018.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Des coups de cœur ?</strong></p>



<p>Oui bien sûr ! Ils sont indissociables de mon activité de disquaire. La liste exhaustive serait trop longue mais il y a des musiques que j’aime depuis des décennies – je me rappelle par exemple avoir essayé de traduire <em>Like a rolling stone</em> de Bob Dylan avec mon petit dico d’anglais à la fin du collège –,&nbsp;et chaque jour peut m’en faire découvrir de nouvelles. C’est un échange, il m’est arrivé de découvrir un morceau en le faisant écouter à un client, pour ensuite le proposer à d’autres parce que je l’avais apprécié. J’ai quelques exemples d’artistes que j’aime et que je mets en avant depuis quelques années : en folk-blues, la chanteuse américaine Rhiannon Giddens ; en blues le magnifique album du Marcus King Band, <em>Carolina Confessions</em> ; en jazz, le nouvel album de Tord Gustavsen Trio, <em>Opening</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/opening-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36637" width="540" height="540"><figcaption>Tord Gustavsen Trio, <em>Opening</em>, 2022.</figcaption></figure>
</div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique/">Jean-Claude Bertrand, tout un monde en musique</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-claude-bertrand-tout-un-monde-en-musique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
