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	<title>Biodiversité - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Biodiversité - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<item>
		<title>Faune et flore du Golfe de Gascogne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 14:02:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec deux chercheuses de l'Ifremer à Anglet, Marie-Noëlle de Casamajor et Nathalie Caill-Milly.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Interview à Anglet de deux chercheuses de l’Ifremer, <strong>Marie-Noëlle de Casamajor</strong> et <strong>Nathalie Caill-Milly</strong></p>



<p></p>



<p>Entretien par <strong>Marjolaine Macaire</strong></p>



<p>Marie-Noëlle de Casamajor et Nathalie Caill-Milly sont deux des quatre agents de l’implantation de l’Ifremer à Anglet, au Pays basque. Marie-Noëlle de Casamajor étudie la biodiversité marine avec une approche habitats et communautés, tandis que Nathalie Caill-Milly est spécialiste des ressources halieutiques exploitées à visée de gestion durable de ces ressources dans leur environnement.</p>



<p><strong>Quelles sont les missions de l’Ifremer au Pays basque&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Nathalie Caill-Milly. – </strong>Nous sommes un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) et nous avons trois activités principales&nbsp;: l’observation, l’expertise et la recherche.</p>



<p>L’observation prend place dans le cadre de réseaux de surveillance pour l’application des directives&nbsp;européennes : la directive-cadre sur l’eau (DCE) et, la directive-cadre stratégie pour les milieux marins (DCSMM) qui vise à maintenir ou restaurer un bon fonctionnement des écosystèmes marins.</p>



<p>Nous avons une mission d’expertise auprès des services de l’État, auprès du préfet, auprès de la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique (DIRM SA), du ministère, selon les sujets. Par exemple, nous avons été sollicitées concernant la délocalisation d’une station d’épuration de Saint-Jean-de-Luz, au sujet d’aménagements qui ont un impact sur les ressources et plus largement sur le milieu marin, d’activités de pêche lorsqu’il y a des modifications d’engins de pêche susceptibles d’avoir un effet sur le milieu marin. On relie alors les études d’impact aux projets escomptés.</p>



<p>Concernant la recherche, nous sommes impliquées dans des travaux dont le but est de valider de manière robuste (en publiant dans des revues à comité de lecture) les différentes connaissances manquantes pour améliorer la qualité des réponses aux expertises. Pour ce faire, nous collaborons avec différentes équipes en interne et en externe (universités). En local, nous sommes par ailleurs impliquées dans l’enseignement d’étudiants de l’université de Pau et des Pays de l’Adour (cours, encadrement de projets, évaluations).</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="569" height="781" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly.jpg" alt class="wp-image-38178" style="width:420px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly.jpg 569w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly-219x300.jpg 219w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly-150x206.jpg 150w" sizes="(max-width: 569px) 100vw, 569px"><figcaption class="wp-element-caption">Marie-Noëlle de Casamajor au 1er plan et Nathalie Caill-Milly, Ifremer, Anglet.</figcaption></figure>



<p><strong>Quel espace maritime au large du Pays basque est couvert par votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Marie-Noëlle de Casamajor. – </strong>Nous travaillons principalement sur l’aire marine protégée (AMP) classée Natura 2000&nbsp;au titre de la directive habitat faune flore (DHFF) « Côte basque rocheuse et extension au large ». Cette zone de côtes rocheuses est identifiée comme une zone d’intérêt.</p>



<p><strong>Qu’est-ce qui fait la particularité des habitats marins sur le littoral basque&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>Les champs de gorgones et les grottes – notamment celles de Saint-Jean-de-Luz qui sont considérées comme remarquables – sont des spécificités du Pays basque. Ces habitats tridimensionnels ont une fonctionnalité écologique et un rôle important dans le développement de la chaîne alimentaire.</p>



<p><strong>Comment se porte le milieu marin du sud du Golfe de Gascogne, la biodiversité s’y épanouit-elle ?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>La biodiversité sur la côte basque présente un intérêt particulier en raison de la présence d’espèces à affinité méridionale, mais ce n’est pas le seul critère pour évaluer la qualité du milieu marin. S’il y a beaucoup d’espèces opportunistes, il peut y avoir une biodiversité importante, ce n’est pas signe de bon état écologique pour autant.</p>



<p>On prend plutôt pour référence les groupes fonctionnels au sein des espèces. On considère le niveau trophique ou les rythmes de croissance.</p>



<p><strong>Ces opportunistes sont-elles des espèces invasives&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>On parle d’espèces invasives lorsqu’elles viennent d’ailleurs, comme d’Asie ou d’autres territoires. Tandis que là, il peut s’agir d’espèces locales mais qui prolifèrent dès qu’il y a une perturbation, parce qu’elles trouvent des conditions propices. Par exemple, le développement des algues filamenteuses explose lorsqu’il y a des perturbations.</p>



<p><strong>Pouvez-vous donner d’autres exemples flagrants qui signalent des dysfonctionnements du milieu aquatique&nbsp;au sud du Golfe de Gascogne ?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>La diminution des récoltes de l’espèce d’algue rouge emblématique de la côte basque, le <em>Gelidium corneum</em>, qui sert à produire l’agar-agar [gélifiant naturel référencé E406 dans la liste des additifs alimentaires, NDLR]. Les récoltes des navires du département ont été divisées par deux en trois ans, et celles des ramasseurs à terre se sont effondrées.</p>



<p>À ce jour, on ne comprend pas suffisamment les mécanismes qui agissent sur l’état de santé des champs de <em>Gelidium</em>. Les paramètres tels que l’évolution de la température des eaux dans la zone principale de colonisation du <em>Gelidium</em>, les niveaux d’irradiance et les disponibilités en nutriments restent insuffisamment connus. Pour acquérir ces connaissances, la mise en place d’un observatoire local des conditions environnementales est nécessaire.</p>



<p><strong>N. C.-M. – </strong>Des observations, dont la cause est attribuée à des modifications des conditions environnementales sous l’effet du changement climatique, sont faites localement. Cela se traduit notamment par l’apparition d’espèces à affinité méridionale comme la Carangue coubali, la Sériole (ou Limon), le Croupia roche…</p>



<p>Il y a aussi le fait que les pêcheurs fassent état depuis une vingtaine d’années de la présence du Liga, signe d’un état environnemental perturbé.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum.jpg" alt class="wp-image-38179" style="width:700px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Gelidium</em>, photo Ifremer/MN de Casamajor.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu’est-ce que le Liga&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>N. C.-M. – </strong>Le Liga est un mucilage marin qui se forme en raison d’un déséquilibre en nutriments dû à des excès de nitrates vis-à-vis des phosphates. À l’origine c’est une réponse biologique du phytoplancton à un changement environnemental qui peut être naturel, ou accentué par des causes extérieures et rendu plus intensif.</p>



<p>Sur la matrice issue de la production phytoplanctonique, des agrégats se forment dans la colonne d’eau et des micro-organismes viennent se fixer. Ces micro-organismes vont se développer avec des communautés dont la composition varie selon la saison. On y trouve la micro-algue toxique <em>Ostreopsis</em>, des larves de cnidaires, des bactéries… C’est la raison pour laquelle le Liga peut être toxique, ou urticant pour les pêcheurs au moment de relever les filets, ainsi que pour les autres usagers de la mer.</p>



<p><strong>En quoi le Liga est-il nuisible pour les espèces marines&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>À force de s’agréger, le Liga finit par couler et se déposer sur le fond. Son mucilage forme une sorte de tapis gluant qui recouvre le benthos, c’est-à-dire l’ensemble des espèces vivant sur le fond marin. Ce tapis a pour effet de limiter, voire d’empêcher, la photosynthèse des algues, de bloquer le système de filtration des organismes filtreurs, tels que les éponges et les hydrozoaires. Ces derniers ont des polypes qu’ils déploient pour s’alimenter, comme c’est le cas du corail.</p>



<p>Il arrive que la houle nettoie les fonds et que des nappes de Liga, de couleur marron, se forment en surface. En revanche, lorsqu’il y a des épisodes de mer très calme, le Liga reste au fond sur les organismes et provoque des mortalités parmi le benthos, des blanchiments sur des algues, et pourrait expliquer certains jaunissements du <em>Gelidium</em> – cela reste à étudier de façon plus précise. Les poissons en pâtissent aussi car le Liga colmate leurs branchies, même si leur mobilité leur permet parfois d’y échapper. Tous ces effets provoquent des déséquilibres dans la chaîne alimentaire jusqu’à concerner les poissons exploités à l’échelle locale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>À l’occasion des 40 ans de l’Ifremer, retrouvez plusieurs articles dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-138-prehistoire-le-temps-des-origines-de-lascaux-a-cussac/" title>le numéro 138 de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em></a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Des larmes aux bassines, quelques extraits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 00:04:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[amibes]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[larmes]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Découvrez quelques articles du numéro De l'eau, avec des chercheurs de l'université de Poitiers.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous vous proposons quelques articles à découvrir du numéro 136 de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> sur l’eau (été-automne 2023) écrits par des chercheurs de l’<a href="https://www.univ-poitiers.fr/">université de Poitiers</a>. Vous pouvez toujours acquérir la revue en librairies, à l’Espace Mendès France ou <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-136-special-eau/" data-type="link" data-id="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-136-special-eau/">en ligne</a>.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>« Salut les amibes » par Vincent Delafont, Ascel Samba et Yann Héchard, enseignants-chercheurs au laboratoire EBI (CNRS, Université de Poitiers).</li>
</ul>



<div style="text-align: center; width:560px; margin: 12px auto;"><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=003476710bd15afb9baf4&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;mode=viewer" width="560" height="350" style="width:560px;height:350px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div>



<ul class="wp-block-list">
<li>«Nécessité des larmes », par Frédéric Becq, professeur en physiologie, laboratoire PRéTI, Université de Poitiers.</li>
</ul>



<div style="text-align: center; width:560px; margin: 12px auto;"><iframe loading="lazy" src="//v.calameo.com/?bkcode=003476710648eb09c720c&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;mode=viewer" width="560" height="350" style="width:560px;height:350px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div>




<ul class="wp-block-list">
<li>« Politique de gestion de l’eau. Le mieux est l’ami du moins », par Benoît Grimonprez, professeur de droit, CECOJI, Université de Poitiers.</li>
</ul>



<div style="text-align: center; width:560px; margin: 12px auto;"><iframe loading="lazy" src="//v.calameo.com/?bkcode=0034767106eea3ef621c8&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;mode=viewer" width="560" height="350" style="width:560px;height:350px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/des-larmes-aux-bassines-quelques-extraits/">Des larmes aux bassines, quelques extraits</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Paysage avec bassine. Une autre lutte est-elle possible ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexis Pernet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Mar 2023 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agrobusiness]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Pernet]]></category>
		<category><![CDATA[bassines]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[Marais poitevin]]></category>
		<category><![CDATA[paysagiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Être paysagiste et chercheur au contact des agriculteurs irrigants, est-ce cautionner un système agroalimentaire de profit et de pollution ? Ou une chance de poser les jalons d’une transition agroécologique avec un collectif large et diversifié ? Chronique d’un chercheur impliqué.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Être paysagiste et chercheur au contact des agriculteurs irrigants, est-ce cautionner un système agroalimentaire de profit et de pollution&nbsp;? Ou une chance de poser les jalons d’une transition agroécologique avec un collectif large et diversifié&nbsp;? Chronique d’un chercheur impliqué.</em></p>



<p><strong>Par Alexis Pernet</strong></p>



<p>Comment écrire sur les bassines sans ajouter au bruit et à la fureur ? En pensant à un objet voisin, le château d’eau, je puise dans un livre de Jean-Yves Jouannais cette ouverture apaisante&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Depuis notre enfance, au fil des nationales de nos vacances, comme cent et cent balises sur les trajets qui menaient aux plages comme aux montagnes, nous avons tous vu et regardé, nommé les châteaux d’eau. Il n’existe pas de silhouettes plus familières auxquelles nous nous soyons accoutumés avec plus d’aisance. Tous nos paysages étaient avec châteaux d’eau.&nbsp;Le paysage, c’est le château d’eau. » </p>
<cite><em>Jean-Yves Jouannais, <em>Prolégomènes à tout château d’eau</em>, Inventaire invention éditions, 2001.</em></cite></blockquote>



<p><em>Tous nos paysages étaient avec châteaux d’eau</em>. Tous nos paysages seront-ils bientôt avec bassines&nbsp;? Ce nouvel objet hydraulique et paysager occupe une place importante, depuis le début des années 2020, dans le débat public, concentrant sur lui l’opprobre d’un mouvement alternatif, écologique et anticapitaliste qui en a fait le symbole controversé de <em>l’agrobusiness</em>, accusé à lui-seul d’assécher les sols, les nappes et les rivières et de contribuer au dérèglement des écosystèmes. Ce mouvement antibassine, aujourd’hui puissant et très relayé médiatiquement n’applique pas sa vindicte avec la même fougue sur des objets voisins pourtant tout aussi porteurs d’ambiguïtés comme les équipements de l’industrie agroalimentaire, les installations portuaires (avec les plateformes d’importation d’engrais azotés de synthèse, véritables bombes climatiques), les réseaux de production et de commercialisation de pesticides.</p>



<p>La bassine, en revanche, est l’objet focal d’un opprobre qui a rallié des collectifs multiples et instantanément unanimes, alors que la connaissance directe des dossiers et des ouvrages est le lot d’un très petit nombre d’acteurs environnementaux et agricoles. Les appels médiatiques se multiplient, à la «&nbsp;prise de la bassine&nbsp;», à leur démantèlement. «&nbsp;Pas une bassine de plus&nbsp;» ne doit exister à la surface des plaines. Les jours de manifestation, des trophées sont brandis sous l’œil des caméras&nbsp;: canalisations arrachées, extirpées du sol, pompes découpées à la meuleuse, tandis que fusent autour lacrymogènes et grenades de désencerclement. Une génération activiste semble faire ses armes dans les champs, sans égard vis-à-vis d’une population agricole qui, les jours de manifestation, est appelée à rester à l’abri des fermes, à ne pas exercer elle-même de tentative de résistance. Étranges scènes que celles qui se déroulent désormais à l’automne et au printemps dans le Poitou, dans les parages des chantiers de construction des réserves de substitution. La furia passée, les chantiers reprennent, sous haute surveillance<sup>1</sup>. N’existe-t-il pas d’autres manières d’infléchir le cours des choses&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Irriguer dans un contexte d’incertitude climatique</strong></h4>



<p>Sans bassine, ou plutôt sans la fonction de «&nbsp;substitution&nbsp;» qui est cœur de son fonctionnement, c’est bien au cœur des nappes phréatiques que continuerait d’être puisée l’eau qui irrigue les cultures, en saison sèche, en fonction des arrêtés administratifs encadrant les prélèvements. Une eau incolore et indolore en quelque sorte, puisqu’elle appartient alors à l’épaisseur du substrat géologique poreux, au gré des fluctuations de niveau de nappe, dans une moindre prévisibilité pour les usagers. On comprend alors combien la mesure de ces niveaux souterrains, tout autant que des débits aériens, est au cœur de toutes les attentions. Cette mesure est dépendante de toute une métrologie complexe, déployée à travers un vaste réseau de données dont l’administration est garante (mais pas toujours productrice – voir la plateforme du <a href="http://siemp.epmp-marais-poitevin.fr/">Système d’information sur l’eau du Marais poitevin</a>). Retenons ceci&nbsp;: avec tous ses défauts, sa lourdeur, son apparence trapue au-dessus des plaines céréalières, la bassine possède <em>au moins</em> un mérite&nbsp;: elle rend visible la ressource en eau qui est mobilisable, une année donnée, pour les cultures et permet donc de sécuriser son utilisation. Les ouvrages aujourd’hui conçus sont dimensionnés pour en contenir de 100&nbsp;000 à 800&nbsp;000 mètres cube, parfois plus, en général pour des utilisateurs multiples (de l’ordre d’une dizaine de fermes). Contenue dans les bâches noires, enfermée dans les quatre digues qui en marquent le pourtour, et même peu visible du public, cette quantité existe en tant que telle, limitée, partagée, attribuée, comptée et payée. Les conditions de remplissage sont strictement encadrées à l’intérieur d’un système de gouvernance collective, peut-être le plus complexe et abouti en France, installé suite aux mobilisations environnementales dans le Marais poitevin du cours des années 1990<sup>2</sup>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline.jpg" alt class="wp-image-37281" width="619" height="464" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 619px) 100vw, 619px"><figcaption class="wp-element-caption">Site de la réserve de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, avant le chantier. Silo, future réserve et fossé de remembrement s’articulent autour d’une ancienne voie romaine.</figcaption></figure>
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<p>Mais l’objet inquiète et hypnotise. À défaut de pouvoir y accéder, les militants les surveillent depuis longtemps par la voie aérienne, ULM d’abord, puis drones, qui ramènent les images des chantiers de décapage et d’érection des digues, dans un environnement transformé par les engins de chantier. S’y infiltrant, ils vont y puiser des échantillons d’eau capable de fournir des analyses de cyanobactéries, dont le risque est brandi dans le réquisitoire avant même tout retour de long terme. Chaque étude de mesure des impacts sur les niveaux d’eau environnants est contestée, aucune modélisation de nappe ne réussissant le test de transparence et d’obéissance qui conviendrait. Les assecs provoqués ou aggravés par le dérèglement climatique sont là, et pour longtemps désormais. Les bassines émergent peu à peu, démarrent leur existence dans ce climat de controverse, de peurs multiples et d’anathèmes. Pourra-t-on les remplir chaque année&nbsp;? S’il semble que non, tout le désaveu pèse sur leurs utilisateurs. Peu importent les mesures de solidarité qu’ils déploient dans les conditions difficiles des années sèches. Ils sont, aux yeux de leurs détracteurs, des accapareurs, des profiteurs, des voleurs, et en regard de l’enjeu climatique, des <em>mal-adaptés</em>… il ne fait pas bon cultiver avec l’eau au cours des années 2020. Mais que veut même dire le terme d’irrigant, quand l’un est membre d’une structure familiale pratiquant l’élevage de race bovine locale en marais et produisant des cultures de vente en bio, quand un autre est le dirigeant de plusieurs sociétés exploitant plus de mille hectares de monocultures conventionnelles ? Nombre d’entre eux se revendiquent d’un modèle de polyculture-élevage sur des bases qui ne peuvent être ni assimilées à l’agriculture paysanne, ni à l’agro-industrie, l’irrigation apportant un facteur de sécurité dans les affouragements, ainsi que des cultures de vente qui complémentent des revenus fragiles ou incertains. En dépend aussi l’installation d’un associé, ou de meilleures conditions de transmission d’exploitation.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges.jpg" alt class="wp-image-37282" width="584" height="438" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px"><figcaption class="wp-element-caption">Atelier paysage à Sainte-Soline, décembre 2019. L’hydrogéologue et l’agriculteur, regard sur une future réserve.</figcaption></figure>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un bassin versant dans l’ombre du littoral charentais</strong></h4>



<p>Alors nos paysages <em>avec bassines</em>, que sont-ils&nbsp;? Et où sont-ils&nbsp;? Les automobilistes qui filent à vive allure entre Niort et La Rochelle, peut-être pressés de rejoindre un Eden insulaire ou les arcades commerciales de la ville blanche, savent-ils que c’est spécifiquement le bassin versant du Marais poitevin qu’ils traversent par la Nationale 11 avant d’aborder la zone littorale ? Certes, des panneaux évoquent bien quelques promenades en barque, dans des conches bordées de frênes têtards archétypiques, archi-typiques. Mais ces plaines étendues, sans relief prononcé, sans trop de haies, ces quelques fonds plus humides que la route enjambe, indifférente&nbsp;: comment penser que ce territoire sans histoire ni grâce puisse concentrer à lui-seul autant d’enjeux&nbsp;? Ce sont pourtant ces plaines, au nord et au sud de la zone humide principale, baignée par la Sèvre niortaise, qui ont connu les premières implantations de réserves de substitution. Cela s’est d’abord produit en Vendée, sous l’impulsion d’un syndicat mixte de travaux hydraulique agissant sur le bassin de la Vendée et de l’Autize, et dont le résultat se lit parfaitement aujourd’hui depuis l’axe autoroutier entre Niort et Fontenay-le-Comte. Des bassines publiques en quelque sorte, publiques sans le dire&nbsp;: le syndicat ne communique pas, les accès demeurent fermés, seuls des panneaux de financeurs publics permettent à un visiteur éventuel de se faire une idée des partenariats techniques et politiques qui président à leur construction.</p>



<p>Les ouvrages du bord de N11, dans le secteur de Cram-Chaban (Charente-Maritime) sont plus troubles&nbsp;: construits par un groupement syndical d’irrigants, ils n’ont jamais franchi l’ensemble des étapes d’une bonne inscription dans le système de régulation de l’eau du Marais poitevin. Ils font régulièrement l’objet de recours juridiques et semblent se destiner à constituer l’un des tout premiers paysages de ruines de bassines, au fond d’un système de champs ouverts et d’arroseurs (plusieurs options se présenteraient dans un tel cas&nbsp;: reboucher les trous, le volume de matière des digues correspondant à ce qui a été excavé pour contenir l’eau&nbsp;; laisser se développer la végétation sur et dans les digues, de manière à créer un boisement de plaine permettant de démarrer un maillage écologique&nbsp;; y expérimenter des modes hybrides d’étanchéification…).</p>



<p>Les réserves deux-sévriennes, sur le bassin versant de la Sèvre niortaise, de la Courance et du Mignon, sont désormais en cours de construction, après un début chaotique, qui a concentré toute la vindicte des groupes militants. Comme s’il fallait endiguer un nouveau flot, c’est ce programme qui concentre aujourd’hui le plus de critiques et d’énergie contraire. Il s’agit pourtant, et paradoxalement, aux yeux des spécialistes des projets d’irrigation collective, du mieux étudié, de celui qui a fait l’objet des engagements les plus avancés de la part des utilisateurs, dans une logique de compromis territorial – la complexité de paramétrage laissant toujours prise à la controverse. Le paysage deux-sévrien porte lui-même l’héritage d’une culture bocagère qui, même imparfaitement répartie, imprègne assez fortement l’ensemble des agriculteurs. Ceux-ci ont entrepris l’élaboration de ce programme de substitution après une crise aiguë, survenue en 2005, lorsque le réseau d’alimentation en eau potable du Niortais est passé à trois heures d’une banqueroute complète. S’opère alors le véritable point de bascule d’une gestion par arrêtés sécheresse beaucoup plus contraignante pour les acteurs du territoire, mais débouchant pour les agriculteurs sur la volonté de substituer les prélèvements les plus impactants. La culture collaborative et coopérative du territoire se lit dans le projet, porté par une société coopérative de l’eau d’environ 300 coopérateurs, fondée pour palier le refus des collectivités d’engager la création d’une structure publique porteuse du réseau d’ouvrages.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chercheur impliqué, les ateliers paysage du protocole deux-sévrien</strong></h4>



<p>Le 18 décembre 2018, après une année marquée par les premières manifestations d’ampleur en Deux-Sèvres est signé le Protocole d’accord pour une agriculture durable, qui encadrera les engagements environnementaux des agriculteurs en parallèle de la construction des réserves. Pour accompagner ce processus, l’État s’appuie sur la participation des principales associations environnementales locales (dont l’historique Coordination pour la défense du Marais poitevin et Deux-Sèvres Nature environnement). Sa gouvernance prévoit l’installation d’un Comité scientifique et technique (CST), que j’ai rejoint comme paysagiste, issu de la recherche publique (aux côtés de nombreux autres organismes, souvent liés aux organisations professionnelles agricoles). Ce comité a été amené à préciser, dès le départ, les modalités d’application d’un protocole aux contours encore très larges au moment de sa signature, mais validant de fait l’installation progressive des réserves. &nbsp;</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg" alt class="wp-image-37283" width="639" height="479" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 639px) 100vw, 639px"><figcaption class="wp-element-caption">Atelier paysage à Saint-Sauvant, le 11 décembre 2019, lecture de paysage au bord d’un site de réserve.</figcaption></figure>
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<p>Il me semble important que quelques lignes puissent être consacrées à tirer un bilan de cette participation, car elle apparaît parfois comme très inopportune dans ce climat d’opprobre entretenu par de nombreuses communautés (et dont participent aussi des scientifiques pas toujours soucieux du détail régional). Être paysagiste et chercheur au contact de ce monde des irrigants, est-ce cautionner brusquement un système agroalimentaire de profit et de pollution&nbsp;? N’est-ce pas plutôt une chance de construire un contact durable avec un collectif à la fois large et diversifié&nbsp;? J’ai estimé, à la suite de mes travaux sur la projection et la médiation paysagère, et sur la base d’une expérience de vie au contact de ce milieu géographique et humain<sup>3</sup>, qu’il y avait là comme une opportunité à saisir, à rebours de certaines représentations, et en dépit du grand inconfort de la situation locale.</p>



<p>Dans un premier temps, il n’a d’ailleurs pas été question de rencontrer les protagonistes du projet. La composition du CST ne prévoyait pas la représentation directe des agriculteurs concernés. Les réunions à huis clos se déroulaient dans une salle aveugle de la Préfecture, seule la Chambre d’agriculture assurant la liaison des recommandations et des décisions de l’instance auprès des principaux intéressés. Nourri d’une approche fondée sur la médiation par le paysage, pourquoi se priver de mobiliser une interface directe, capable de plus de briser les carcans relationnels imposés par les <em>habitus</em> administratifs&nbsp;? J’ai porté l’idée d’organiser sur le terrain des ateliers pour aider à structurer des propositions viables sur le paysage et la biodiversité. C’est ainsi que se sont tenus, de l’été 2019 à décembre 2020, les cinq premiers ateliers paysage du Protocole d’accord pour une agriculture durable. Des sorties de terrain ont été organisées sur le site des futures réserves, précédées d’échanges sur des supports cartographiques, en présence des utilisateurs, des élus locaux, des techniciens et ingénieurs de structures d’appui à l’agriculture ou à la gestion des cours d’eau.</p>



<p>Si le protocole ne prévoyait pas de retoucher au dessin général des réserves, c’est d’abord un travail de fond des paysagistes du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement des Deux-Sèvres et du Parc naturel régional du Marais poitevin qui a permis de renforcer des mesures d’intégration dans des périmètres élargis par rapport aux abords directs initialement visés. Nous leur devons la refonte complète du dessin du local technique, qui arbore désormais un système de casquette métallique à pan unique, un bardage en bois en lieu et place du modèle architectural original, triste et banal. Nous leur devons aussi, cruelle ironie, l’abandon de la lourde clôture de zone d’activité au profit d’un modèle agricole plus transparent, qui n’impose pas la même distance à l’ouvrage. Les paysagistes ont aussi proposé un renfort conséquent des maillages arborés dans les environs, en fonction des lignes de force ou de faiblesse du grand paysage. Ce programme a été bien adopté et respecté par les agriculteurs (les initiés des logiques d’aménagement savent combien ces prescriptions sont en général lettre morte).</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg" alt class="wp-image-37284" width="540" height="405" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px"><figcaption class="wp-element-caption">Adossé au boisement, le site de la future réserve de Saint-Sauvant dans la Vienne.</figcaption></figure>
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<p>Les ateliers devaient permettre d’amplifier cet élan, en passant par l’appréhension du paysage, au-delà de mesures ponctuelles, supposant une animation et une intelligence collective à trouver pour mettre en cohérence des actions à plus grande échelle. Des échanges de terrain surgissent souvent des lignes d’accord fondées sur des observations directement partagées, quand la formulation générique de dispositifs institutionnalisés paraît parfois parfaitement absconse ou rebutante. Les agriculteurs furent, au-delà d’une nécessaire étape de «&nbsp;brise-glace&nbsp;», immédiatement intéressés à participer à cette médiation par le paysage. Nombre de principes d’action sont nées d’échanges de bord de champ&nbsp;: reconvertir des parcelles labourées en fond de vallée en prairie pour améliorer la rétention d’eau et regagner en diversité biologique&nbsp;; introduire l’agroforesterie pour restructurer des parcelles de bord de marais&nbsp;; redonner à des linéaires de haies surtaillés une épaisseur et un gabarit capable d’en assurer une meilleure longévité et productivité&nbsp;; border des zones de «&nbsp;gouffres&nbsp;» de zones tampon filtrant les écoulements et révélant mieux ces formes de dolines spécifiques des plateaux poitevins&nbsp;; et pourquoi pas, abandonner quelques plantations prévues autour des réserves pour mieux laisser poindre, dans le grand paysage, leur silhouette&nbsp;?</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline.jpg" alt class="wp-image-37285" width="565" height="424" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 565px) 100vw, 565px"><figcaption class="wp-element-caption">Sur le plateau de Saint-Sauvant dans la Vienne, lecture des écoulements, face à un gouffre (effondrement naturel dans la roche calcaire).</figcaption></figure>
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<p>En 2020 le Covid interrompt brutalement ce processus d’ateliers. L’animateur de la Chambre d’agriculture, trop isolé, est écrasé du poids des demandes des différents engagements du protocole, des diagnostics, des bases de données à établir, dans un climat de défiance croissant alimenté par le travail de sape, au sein même des associations signataires, par les opposants «&nbsp;durs&nbsp;». En témoignent des images de procès de rue durant lesquels les noms et visages de responsables associatifs signataires du Protocole ont été livrés à la vindicte des manifestants. Ces stratégies, discrètes ou manifestes, ont conduit certains à des formes d’effondrement physiques et psychiques. En regard de cette stratégie de la peur, les agriculteurs ont semblé massivement réticents à appliquer des mesures volontaristes de réduction des pesticides, malgré des engagements collectifs ambitieux<sup>4</sup>. Quels signaux reçoivent-ils de leur environnement économique, notamment des groupes coopératifs&nbsp;? La méthode – inaugurale – du protocole était-elle la bonne&nbsp;? Le contexte national n’aide pas, avec un gouvernement qui acte en 2020 le retour des néonicotinoïdes sur les cultures betteravières, en dépit de toute la littérature scientifique existant sur le sujet. Et quant aux élus locaux, le silence et la peur s’installent. Tenir au Protocole, désormais, c’est être isolé, comme un pari un peu fou mais dont on sait qu’il ne sera jamais tenu intégralement… et dont personne ne souhaite assumer les immanquables faiblesses.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r.jpg" alt class="wp-image-37286" width="733" height="456" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-300x187.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-768x479.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-650x405.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-150x93.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px"><figcaption class="wp-element-caption">Notes graphiques&nbsp;: vers une deuxième génération de réserves&nbsp;?</figcaption></figure>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les paysages épongent</strong></h4>



<p>Je n’ai jamais dessiné ni conçu un seul de ces projets de réserve, mais j’ai souvent redessiné, dans mes cahiers, ce qui pourrait constituer une évolution significative du modèle générique de la réserve de substitution. La surface d’eau partiellement mise à l’abri par une couverture photovoltaïque, j’ai affirmé qu’un accès partiel des talus devait être réservé pour le grand public, de manière à ce que chacun puisse prendre la mesure du rythme de remplissage et de vidange de l’ouvrage. La douzaine de mètres d’altitude gagnée au-dessus du sol permettrait de lire, dans le paysage environnant, le déploiement de mesures agroécologiques&nbsp;: parcelles redivisées et cultures diversifiées, haies ou linéaires d’arbres plantés, compositions éventuelles jouant avec les lignes du relief ou des éléments de topographie (les arbres sont proscrits des réserves pour des raisons géotechniques). Tout autour, à l’échelle des multiples compartiments hydrographiques du bassin versant, chaque centimètre carré de sol devrait être désormais considéré comme partie intégrante d’un impluvium gigantesque destiné à nourrir l’aquifère en période de pluie. C’est tout le paysage qui est ainsi amené à jouer le rôle actif d’éponge, retrouvant un statut fonctionnel en lieu et place du rôle de décor qu’on lui a longtemps assigné. De ce fait, retenir l’eau dans les sols devrait être un objectif désormais facile à partager avec les agriculteurs ayant connu cette expérience, difficile et traumatisante, de la construction des réserves. L’intuition qui me guide désormais, c’est que la controverse des réserves a contribué à installer chez les agriculteurs concernés une culture collective de la gestion de l’eau qui, en dehors des secteurs de marais ou d’associations locales d’irrigation, n’existait pas à cette échelle dans le tissu rural. Sur cette base, et une fois des cadres de travail communs institués, toutes les aventures sont possibles, y compris menant et passant par l’agroécologie. C’est cette hypothèse que je m’apprête à instruire dans le cadre d’une recherche de plus long terme menée sur la Zone atelier Plaine &amp; Val de Sèvre.</p>



<p>La charge de l’opprobre qui s’exerce aujourd’hui à l’encontre des bassines me semble pouvoir être dépassée par l’affirmation de cette culture commune de la gestion de l’eau. La condition, c’est de la sceller durablement. C’est un paradoxe difficile à appréhender, mais la construction et la maintenance d’infrastructures hydrauliques (infiltration, stockage, distribution), correctement territorialisées, y contribuera. Si lutter contre les bassines comme symbole reste la ligne conductrice, des années durant, du mouvement écologiste et alternatif, les conséquences en seront le remparement accentué des organisations agricoles, déjà si dramatiquement coupées d’interactions avec la diversité des aventuriers de la transition. Mais agir pour l’agroécologie depuis les bassines mêmes, en tant que composantes d’un système, sur la base de compromis et de portages politiques locaux courageux, n’est-ce pas une autre voie de lutte pour tourner la page de la révolution verte et de son cortège de nuisances, en y associant des formes utiles à tous de relocalisation et de transition alimentaire&nbsp;? Nous pourrions être nombreux à pouvoir affirmer et réaliser alors, que <em>le paysage, c’est la bassine</em>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r.jpg" alt class="wp-image-37287" width="640" height="400" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-300x188.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-768x480.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-650x406.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-150x94.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px"><figcaption class="wp-element-caption">Notes graphiques&nbsp;: les paysages épongent, ralentir le cycle de l’eau à l’échelle territoriale&nbsp;?</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>1. C’est sous cet angle de la surveillance des ouvrages que le <em>New York Times</em> a finalement relaté la controverse, quelques jours après la manifestation de Sainte-Soline&nbsp;: «&nbsp;French Police Guard Water as Seasonal Drought Intensifies&nbsp;», par Catherine Porter, publication le 27 novembre 2022.<br><br>2. La France a été condamnée en 1999 par la Cour de justice européenne pour ses manquements dans la protection de la zone humide du Marais poitevin. La création en 2010 de l’Établissement public du Marais poitevin comme lieu de coordination générale des politiques liées à l’eau en constitue l’une des conséquences marquantes.<br><br>3. Pour les prémices de ces rencontres, voir Alexis Pernet et Clémence Bardaine, <em>Un paysage du renversement, des agriculteurs à l’école du sol</em>, Les éditions du commun, coll. Culture des précédents, 2019, ainsi que <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> n° 117, «&nbsp;Le chemin de l’esperado&nbsp;», p. 116–119.<br><br>4. Ces mesures ont principalement été portées par Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologique de Chizé. Nous avons été tous deux les représentants les plus assidus de la recherche publique tout au long des quinze premières réunions du CST, de 2019 à 2022. J’en ai démissionné en mars 2022, atterré du fossé entre les immenses moyens sécuritaires déployés par l’État et le peu d’égards accordé aux dispositifs effectifs de médiation.</p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Alexis Pernet est paysagiste, géographe et chercheur à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles et au Centre d’études biologique de Chizé, équipe Résilience (CNRS – La Rochelle Université – UMR 7372), membre du comité de rédaction des <em>Carnets du paysage</em>. Il vit dans le Marais poitevin. Parmi ses publications&nbsp;: <em>Le grand paysage en projet</em> (MétisPresses, 2014), <em>Au fil du trait, carnet d’un arpenteur</em> (Parenthèses, 2021), <em>Un précis d’incision. Le jardin de Gilles Clément à la Vallée</em> (Atlantique &amp; L’Escampette, 2021).</p>
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		<title>Pour l’arbre et pour l’oiseau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Dec 2021 15:07:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Corbin]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mottet]]></category>
		<category><![CDATA[New York]]></category>
		<category><![CDATA[Wim Wenders]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jean Mottet raconte sa double vie de professeur de cinéma et de propriétaire forestier à Sarlande, en Dordogne, où il vient de planter 22 000 arbres.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p>«L’activité inlassable de forestier-professeur de cinéma correspond à l’attente de notre temps.» Alain Corbin salue ainsi l’itinéraire de vie de Jean Mottet, «fruit d’une passion ininterrompue, vécue sous diverses formes&nbsp;: celle de la forêt et de ce qui la peuple». Le grand historien des sensibilités qui a écrit sur l’arbre, sur l’herbe, sur le vent, et sur bien d’autres sujets inattendus, a beaucoup appris au contact de Jean Mottet. C’est donc tout naturellement qu’il signe la préface de l’autobiographie de celui qui fut son collègue à la Sorbonne, <em>Pour l’arbre et pour l’oiseau</em> (<a href="https://www.editions-cairn.fr/163-les-editions-du-ruisseau">Les éditions du Ruisseau</a>).</p>



<p>Ce livre est né dans l’angoisse du premier confinement. Jean Mottet n’avait pas besoin d’ajouter un ouvrage à ses publications savantes (publiées principalement chez <a href="http://www.champ-vallon.com/auteur/jean-sous-la-direction-de-mottet/">Champ Vallon</a>). Il l’a écrit pour ses enfants, sans se référer à un quelconque carnet de bord, simplement avec les petits cailloux de la mémoire car «jamais je n’ai eu le moindre désir de saisir ma vie dans son déroulement quotidien, d’écrire une autobiographie».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>De Toulouse à New York</strong></h4>



<p>Doué pour les langues, passionné de littérature et de cinéma, Jean Mottet a quitté ses Ardennes natales et belges, pour Toulouse où il obtient une licence de lettres sous la direction de Georges Mailhos qui le conduit à entreprendre une thèse sur le réalisateur David Wark Griffith à l’université de Montpellier, avec Henri Agel, qui est à l’époque le seul professeur habilité à diriger une thèse en cinéma. C’est ainsi qu’à l’automne 1971, il débarque à New York avec pour seule adresse, celle d’un ami de l’Ariège avec qui il avait chassé le coq de bruyère dans les Pyrénées, tout près du MoMA qui conserve les archives de Griffith. En France, il n’avait pas pu visionner les fonds de la Cinémathèque française et de l’INA, en raison des conditions d’accès compliquées et fort coûteuses. À New York, il se présente au Film Department du MoMA et obtient aussitôt, sans la moindre recommandation, un rendez-vous avec la conservatrice, Eileen Bowser, qui lui ouvre toutes les portes, et gratuitement&nbsp;!</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-new-york-1024x1008.jpg" alt class="wp-image-35197" width="632" height="621"><figcaption>«Les péripéties de Jean Mottet à New York sont émouvantes, écrit Alain Corbin dans sa préface. Je suis personnellement touché par la candeur perceptible sur la photographie du jeune vendeur de glace.»</figcaption></figure></div>



<p>Les mœurs académiques sont différentes, de même que la vie quotidienne alimentée par des petits boulots. «Une anecdote est révélatrice&nbsp;: alors que je vendais des glaces du côté de la 53<sup>e</sup> rue, à deux pas du musée, un peu gêné, je croise Eileen Bowser à qui, je l’avoue, je n’avais pas osé faire part de ma précarité financière&nbsp;! Avec ma modeste maîtrise de lettres modernes, je m’estimais déjà heureux d’avoir été admis ainsi dans le Gotha de la conservation des films. Le lendemain, c’est comme d’habitude avec un large sourire qu’elle m’accueillait pour me conseiller dans mes recherches. Toute la petite communauté du Film Department avait rapidement été mise au courant de ma double vie et redoubla d’amabilités. Jamais, sur les quais de la gare Matabiau de Toulouse, quand je vendais mes esquimaux Gervais, je n’aurais imaginé que ce petit boulot contribuerait à m’ouvrir de telles portes à Manhattan&nbsp;!» Ni qu’il aurait rencontré à la cinémathèque du MoMA celle qui allait devenir sa femme, Monique, étudiante en séjour linguistique. Fellini au programme, <em>Huit et demi</em>, il croit deviner la beauté d’une Italienne. Non, c’est une Corrézienne, fille du directeur de l’ONF du Limousin et propriétaire forestier. Étrange coïncidence&nbsp;: Jean Mottet est fils de garde-forestier, autant dire un manant. «Notre rencontre a l’apparence d’une confrontation de deux mondes.» Il raconte avec humour comment le jeune universitaire chevelu et barbu a réussi son «examen de passage» auprès du beau-père et de ses amis de la bonne bourgeoisie limougeaude, lors d’une battue au gros gibier dans la forêt familiale, à la Bonne Foussie (Sarlande). Avec le fusil de son père – «une antiquité» qui fait sourire les autres chasseurs – et avec des balles «brenneke calibre 12» dans un canon non rayé, à 50 mètres il abat le sanglier d’un seul coup, en plein cœur&nbsp;!</p>



<p>Cette précision, il la cultive depuis l’enfance. Né en 1942 dans une famille de taiseux, il passait son temps dans la forêt, à chasser avec sa carabine. «J’appartenais corps et âme à mon petit pays, de père garde-forestier, sauvageon de la forêt, courant les bois avec une âme de chien de chasse, à l’affût du petit gibier&nbsp;: pigeons ramiers, grives, merles, lapins.&nbsp;[…] Dès le plus jeune âge, les trésors d’observation et de patience dégagés pour approcher le gibier m’ont permis de pénétrer son habitat, d’inventer une première intelligence avec la nature.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami.jpg" alt class="wp-image-35198" width="531" height="355" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami.jpg 984w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-768x514.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-650x435.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px"><figcaption>Abbas Kiarostami en compagnie de Jean Mottet en 2000 lors des premières journées de l’arbre à la Bonne Foussie. Photo Henri Guillen.</figcaption></figure></div>



<p>Écologiste sans aucun doute mais pas anti-chasse, Jean Mottet a vu des amis s’éloigner même s’il ne pratique plus – trop fatiguant – et leur destine quelques citations des pionniers de l’écologie qui furent de grands chasseurs&nbsp;: John Muir, Aldo Leopold, Henry David Thoreau, William Henry Hudson, Gilbert White, Jean-Jacques Audubon…</p>



<p>D’abord recruté à l’université de Tours, Jean Mottet devient un spécialiste des «<a href="http://www.champ-vallon.com/jean-mottet-les-paysages-du-cinema/">paysages du cinéma</a>», titre du colloque qu’il organise en 1996, dont les actes ont paru chez Champ Vallon en 1999. C’est d’ailleurs la couverture de ce livre repéré dans une librairie parisienne – la photo de l’affiche de <em>Urga</em>, film de Nikita Mikhalkov – qui aurait fait tilt dans la tête d’Abbas Kiarostami quand il accepta d’aller à la Bonne Foussie participer au colloque «L’arbre dans le paysage». Un événement qui va établir la renommée des «Journées de l’arbre». Wim Wenders viendra lui aussi planter un arbre en 2015. Jean Mottet s’intéresse aux théoriciens du paysage, comme Alain Roger, Augustin Berque, Michel Collot et les invite sur le terrain, à la rencontre des arbres et des humains, ainsi que bien d’autres universitaires. Des livres sont issus de ces journées. D’autres rencontres ont compté, notamment avec Mario Rigoni Stern, Hayao Miyazaki, Naomi Kawase, Juliette Binoche, Jean Boucault, Gilles Clément (entretien dans <a href="https://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/items/show/143">L’Actualité Nouvelle-Aquitaine, n° 125</a>).</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Programme européen Reinfforce</strong><strong></strong></h4>



<p>Jean Mottet décrit une vie de forestier qui n’est en rien comparable à celle du «promeneur solitaire» de Jean-Jacques Rousseau. Il y a des catastrophes comme l’ouragan de 1999 mais aussi des «tempêtes silencieuses»&nbsp;: la surpopulation du gros gibier qui mange les jeunes pousses et empêche la régénérescence de la forêt et surtout le changement climatique. Lentement, les arbres dépérissent. Certains plus rapidement comme les châtaigniers. Alors que faut-il planter&nbsp;? Difficile de répondre car la forêt exige du long terme. Les scientifiques aussi ont besoin de temps.</p>



<p>En 2011, Jean Mottet a confié une parcelle de 2 hectares à l’Inra de Bordeaux afin de créer un <a href="http://www.labonnefoussie.net/index.php/fr/loisirs-et-activites/plantations-et-activites-ecologiques/55-arboretum">arboretum expérimental</a> dont les résultats seront évalués au terme d’une quinzaine d’années. Ce projet s’inscrit dans le programme européen Reinfforce (Réseau infrastructure de recherche pour le suivi et l’adaptation des forêts au changement climatique). Près de 2 000 arbres ont été plantés, soit 34 essences de résineux et feuillus du monde entier.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-wenders-1024x683.jpg" alt class="wp-image-35199" width="582" height="388"><figcaption>Wim Wenders a planté un chêne en 2015 dans l’arboretum de la Bonne Foussie. Photo Enora Boutin.</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>22 000 arbres plantés en 2021</strong></h4>



<p>La forêt de Jean Mottet, qui s’étend sur 130 ha (sous garantie de gestion durable), vient de s’agrandir. En effet, 13,22 ha de terres agricoles ont été boisés en novembre 2021, dans le cadre du projet de séquestration carbone expertisé par le Centre d’étude technique environnemental et forestier (<a href="http://cetefnouvelle-aquitaine.org/">Cetef</a>), et labellisé «<a href="https://www.ecologie.gouv.fr/label-bas-carbone">bas carbone</a>» par le ministère de l’Écologie.</p>



<p>Parmi les 22 000 arbres plantés, le chêne sessile constitue l’essence principale, avec le charme en accompagnement (et le cèdre de l’Atlas sur la plus petite parcelle de 3 ha), à cela s’ajoutent un certain nombre de fruitiers sauvages&nbsp;: merisier, poirier, alisier torminal, sorbier des oiseleurs. «Les fruitiers, qui représentent environ 7&nbsp;% de cette plantation, sont un choix personnel, souligne Jean Mottet. Ils attirent les oiseaux. Pommiers et poiriers sauvages faisaient partie de la forêt ancestrale il y a encore cinquante ans.» Notons qu’il a fallu installer 2 km de clôture pour protéger les jeunes pousses de l’appétit du gros gibier en surpopulation.</p>



<p>Les références de Jean Mottet sont souvent littéraires. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il fait l’éloge de Richard Powers qui comprend «la crise écologique comme crise de la sensibilité». Et de citer <em>L’Arbre-Monde</em>&nbsp;: «Le monde va à sa perte précisément parce que aucun roman n’est capable de présenter l’engagement pour la planète comme étant aussi fascinant que la lutte entre quelques personnes.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv.jpg" alt class="wp-image-35200" width="372" height="504" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv.jpg 756w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-221x300.jpg 221w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-650x880.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-150x203.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 372px) 100vw, 372px"></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean Mottet, <em>Pour l’arbre et pour l’oiseau</em>, préface d’Alain Corbin, Les éditions du Ruisseau, 286 p., 20 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pour-larbre-et-pour-loiseau/">Pour l’arbre et pour l’oiseau</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>L’idéal des jardins antiques : illusion ou réalité ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 09:59:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Cicéron]]></category>
		<category><![CDATA[époque romaine]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce antique]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les jardins antiques offrent une vision de paradis isolés du monde, enclins à la méditation et au bonheur. Mais qu'en est-il réellement ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lideal-des-jardins-antiques-illusion-ou-realite/">L’idéal des jardins antiques : illusion ou réalité ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Cléophée Potin-Ameslon</strong></p>



<p>Le célèbre paysagiste et écrivain français Gilles Clément écrit que « pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et d’éternité ». S’il apparaît que les jardins se dressent au coeur de nos sociétés, c’est pour la raison évidente qu’ils figurent toujours présents, de l’Antiquité comme au <span class="smallcaps">xxi</span><sup>e</sup> siècle, avec cette particularité de se placer hors du temps, paradoxalement à leur forme éphémère et rythmée par les saisons. Paradis isolés du monde, enclins à la méditation et au bonheur, ils se caractérisent toujours comme imaginaires, merveilleux et idéaux. Mais ne serait-ce pas leur héritage historique venu de l’Antiquité, cultivé par une vision cinématographique, entre symboles et mythologies, qui leur octroie l’image que nous percevons d’eux aujourd’hui ?</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le septième art</h4>



<p>Si quelques sources s’affrontent pour déterminer la forme et la composition des jardins antiques, il est intéressant de se pencher sur leur apparition au cinéma où leurs traits envoûtants et paisibles se manifestent toujours. À travers des péplums du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle – ou des réalisations plus actuelles, les longs-métrages nous amènent à voir des jardins frôlant la perfection. Nous pourrions faire référence ici à des films comme <em>Troie </em>(2004), <em>Pompéi </em>(2014), ou encore au célèbre <em>Cléopâtre </em>(1963)… Cet aspect idyllique se transmet de manière invisible, et cela par le biais d’archives textuelles et matérielles. D’où proviennent ces codes et traditions rendus visibles dans les films contemporains.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les premières merveilles</h4>



<p>C’est durant l’Antiquité qu’apparaissent les premières formes de jardins à travers différentes civilisations qui nous sont familières, par le vaste legs laissé à notre monde contemporain. Qu’il s’agisse de la Mésopotamie ancienne, ou de la civilisation gréco-romaine, les jardins affluent dans ces univers lointains. Leur présence dans les régions qui bordent les rivages de la Méditerranée fait toujours figure de modèle ancré dans nos représentations. La première trace de jardins nous est attestée par une peinture murale retrouvée en 1935–1936 au Palais de l’ancienne ville de Mari, dans le Sud-Est de la Syrie actuelle ; elle est située entre ‑2000 et ‑1800 avant notre ère. Même si peu de traces ne subsistent des premières civilisations, la place des jardins se manifeste toujours, autant par le biais de certains textes classiques que par des traces matérielles retrouvées lors de fouilles archéologiques. </p>



<p>Les cités de Pasargades et de Babylone nous apparaissent comme des sites ayant un impact au niveau artistique prédominant dans les esprits. Ils ont l’aspect d’oasis construits en plein désert, où peuvent pousser toutes les espèces possibles d’arbustes, de fleurs, avec un réseau de canalisation d’eau phénoménal. Ils sont décrits à maintes reprises dans la littérature gréco-romaine et, même si nous ne pouvons malheureusement pas affirmer à tout point de vue la fiabilité de leur propos, les sources des auteurs classiques restent inépuisables en matière de jardins. Cette dualité entre archéologie et sources textuelles nous ramène toujours à cette question prépondérante : le caractère merveilleux des jardins antiques existe-t-il réellement ou bien est-ce une création de nos connaissances transmises par plusieurs siècles ? Et du merveilleux à l’idéal il n’y a qu’un pas…</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay.jpg" alt class="wp-image-34947" width="561" height="374" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay.jpg 900w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay-650x433.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/jardins_suspendus_de_babylone_barclay-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px"><figcaption><em>Les jardins de Babylone</em>, selon une gravure sur bois de 1880 réalisée par Sidney Barclay, <em>Voyage aux Sept merveilles du monde</em>, Augé de Lassus.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">L’imaginaire grec</h4>



<p>De même, en continuant notre périple historique, les jardins grecs se positionnent comme de véritables odes à la nature. Tournés majoritairement sur la religion, liant l’utilité à l’agrément, et décrits par de multiples auteurs classiques, ils prennent figure de lieu enclin à la contemplation, au repos, où le monde mythique s’invite. L’image des jardins originels se distingue par sa spécificité merveilleuse, comme celle qui nous présente celui des Hespérides. Dans cette lignée, dans la célèbre <em>Odyssée </em>écrite par Homère à la fin du VIIIe siècle, Ulysse, durant son voyage de retour vers sa terre natale, l’île d’Ithaque, passe par le jardin de Calypso et celui du roi des Phéaciens, avant de se retrouver dans celui de son père Laërte. Ces poumons verts évoqués par Homère prennent une position illusoire, mais tellement réelle par leur véracité, et ne font que favoriser cette expression de jardins « idéaux » pour la Grèce antique. N’oublions pas non plus les jardins de l’Académie, où la philosophie se mêle à la nature, comme si les jardins étaient toujours présents pour prendre de la hauteur sur le monde, tel un enclos régénérateur. À cet effet, les jardins se dessinent, tous de nature différente, mais reliés par une seule et même distinction, celle d’une beauté immortelle, traduite dans cette nature domestiquée par l’homme, à des fins multiples : nourricière, sacrée, d’ornement, propice au bonheur et à la méditation. Cette valeur trouve d’ailleurs son écho au sein d’un univers voisin, celui de la péninsule italique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Si hortum in bibliotheca habes, deerit nihil</p><p></p><cite>Cicéron, <em>Epistulae ad familiares</em>, IX, 4, 1 (lettre à Varron). Traduction littérale : «Si tu as un jardin dans une bibliothèque, il ne manquera rien », traduit la plupart du temps comme « Si tu as un jardin <em>et </em>une bibliothèque […]»</cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="526" height="792" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/fresque_de_pompei_representant-_un_greandier_et_des_oiseaux.jpg" alt class="wp-image-34948" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/fresque_de_pompei_representant-_un_greandier_et_des_oiseaux.jpg 526w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/fresque_de_pompei_representant-_un_greandier_et_des_oiseaux-199x300.jpg 199w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/fresque_de_pompei_representant-_un_greandier_et_des_oiseaux-150x226.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px"><figcaption><em>Fresque de Pompéi représentant un grenadier et des oiseaux</em>. Photo Lugi75014, Wikimedia Commons.</figcaption></figure>



<p>Les jardins romains s’inscrivent bien dans cette optique de se centrer sur la nature, au départ à la campagne puis dans les villes, et de pleinement en ressentir ses bienfaits, tout en restant proche de la terre fondatrice et de son caractère sacré. Ils nous apparaissent dans la recherche du raffinement comme pionniers, où les jardins privés se dressent comme des joyaux à exhiber d’un côté, et de l’autre comme un environnement dont il faut profiter. La composition des jardins et leur art, que nous connaissons encore de nos jours, se développent dès la fin de la République (509 avant JC à 27 avant JC). Les études des textes latins, tels l’abondante correspondance de Cicéron, s’affirment comme de véritables mines d’informations pour susciter notre intérêt et étayer cette allégation. Au-delà des écrits antiques, les découvertes de certains jardins en Italie, autour de Rome, et dans les cités vésuviennes (Pompéi et Herculanum), surgissent comme de véritable chocs à la période moderne ; l’architecture des jardins est rendue désormais visible. Quelle vision possible des jardins antiques après que ces sites ressurgissent ? De la même manière, les fresques murales retrouvées en ces lieux et représentant des jardins (qui permettaient l’agrandissement de ces&nbsp;derniers entre autres), nous confrontent encore plus à cette dualité de réel-irréel. Elles fournissent des éléments sur ces jardins de l’ancien monde (par leur faune, leur flore, leur couleur, etc.), mais se situent toutefois à la limite sans doute d’un caractère fictif et imaginaire susceptible d’embellir la vue paysagère. </p>



<p>Si cette figure idéale toujours perçue des jardins de l’Antiquité reste effectivement présente, aussi bien dans nos pensées que dans notre imagination, c’est sans doute par cette particularité d’être baignés de mystère. Freud considérait les idéaux comme de simples « illusions », accentuant une certaine notion d’apparence dépourvue de réalité ; et Georges-Louis Leclerc de Buffon, dans son <em>Histoire Naturelle</em>, ne les définit pas moins en 1758 comme ce « qui réunit toutes les perfections que l’esprit peut concevoir, indépendamment de la réalité ». Ainsi, l’esprit est amené à imaginer des perfections dont les critères de merveilleux, de sublime, de rêvé se transmettent inconsciemment. Cette quête de l’idéal se retrouve tout naturellement dans l’art des jardins. Toujours recherchée, recréée, cette vision idéale est toujours implantée, même au <span class="smallcaps">xxi</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/11/ricostruzione_del_giardino_della_casa_dei_vetii_di_pompei_mostra_al_giardino_di_boboli_2007_02-1024x768.jpg" alt class="wp-image-34950" width="653" height="490"><figcaption><em>Reconstitution du jardin de la Maison des Vetti de Pompéi</em>, jardins de Boboli, 2007. Photo I. Sailko, Wikimedia Commons.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Pour en savoir plus :<br></strong>Patrick Bowe, <em>Jardins du monde romain</em>, Flammarion, 2004.<br><br>Jacqueline de Romilly, <em>Trois jardins paradisiaques dans l’Odyssée</em>, Scripta Classica Israelica vol. XII, 1993.<br><br>Aude Gros de Beler, Bruno Marmiroli, Alain Renouf, <em>Jardins et paysages de</em> <em>l’Antiquité</em> <em>: Grèce – Rome</em>, Actes Sud France, 2009.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lideal-des-jardins-antiques-illusion-ou-realite/">L’idéal des jardins antiques : illusion ou réalité ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Inrae – Préserver nos prairies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathan Florent]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2021 15:14:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[ADN]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Inrae]]></category>
		<category><![CDATA[jachère]]></category>
		<category><![CDATA[Lusignan]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[pesticides]]></category>
		<category><![CDATA[photosynthèse]]></category>
		<category><![CDATA[prairies]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les surfaces de prairies permanentes diminuent avec les changements climatiques. Pour les aider à s’adapter, des chercheurs de l’Inrae ont mené une étude sur une large variété de ray-grass anglais afin d’en tirer les meilleurs gènes et ainsi permettre leur sauvegarde.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Nathan Florent</strong></p>



<p>Face aux variations du climat, certaines plantes peinent à s’adapter. Les chercheurs de l’Inrae, coordinateurs du projet européen GrassLandscape, ont donc traqué les gènes qui pourraient les y aider. Ils ont ainsi débusqué 374 gènes potentiellement impliqués. Ce sont les prairies qui ont attiré leur attention, et plus particulièrement le ray-grass anglais, l’une des graminées la plus répandue dans les pâturages. Son ADN étant entièrement séquencé, les chercheurs ont pu repérer les gènes qui offrent à cette plante une grande adaptation aux variations du climat. L’étude publiée le 11 mars 2021 dans <em>Molecular Ecology Resources</em> a été menée sur des prairies de toute l’Europe, en collaboration avec l’École pratique des hautes études. Ils ont ainsi pu s’apercevoir que le ray-grass anglais présent naturellement dans certaines régions d’Europe, comme la Nouvelle-Aquitaine, n’est pas adapté aux conditions climatiques à venir.</p>



<p>Des réponses ont donc été envisagées, comme la migration assistée, solution que préconise Jean-Paul Sampoux, chercheur à l’Inrae de Lusignan : «Il y a 10 000 ans, l’Europe sortait d’une longue période glaciaire, le climat s’est réchauffé progressivement et les espèces végétales ont migré vers le nord. Mais le réchauffement climatique actuel, d’origine humaine, est beaucoup plus rapide et les espèces ne pourront pas migrer suffisamment vite. Il faut donc les aider.» Et justement, un type de ray-grass anglais prospérant naturellement dans le nord de l’Italie serait très adapté aux futures conditions climatiques du sud-ouest de la France. Son introduction contribuerait donc à préserver les prairies de cette région à long terme. La création de nouvelles variétés de ray-grass anglais détenant les gènes propices à son adaptation au climat est également une solution applicable aux prairies temporaires.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un sol de qualité, riche en matière organique</strong><strong></strong></h4>



<p>Les prairies temporaires rendent en effet d’importants services environnementaux. Maintenues plusieurs années sans travail du sol, elles permettent de stocker dans le sol le carbone atmosphérique fixé par la photosynthèse des plantes et contribuent ainsi à compenser les émissions de gaz à effets de serre liées aux activités humaines. Si elles sont composées de mélanges de graminées et de légumineuses, elles ne nécessitent que peu de fertilisation chimique azotée, voire aucune si elles sont pâturées ou bénéficient d’apports de fumier. Les prairies ne demandent pas non plus de traitements pesticides. Elles laissent ainsi un sol de qualité, riche en matière organique, favorable aux cultures suivantes. Selon Jean-Paul Sampoux, intercaler des prairies temporaires dans les rotations de cultures annuelles comporte de nombreux avantages : «Elles produisent du fourrage que l’on va pouvoir valoriser économiquement dans une production animale. Une simple jachère peut aussi apporter des avantages environnementaux mais elle n’offre pas de revenus d’exploitation.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Davantage de bénéfices environnementaux</strong><strong></strong></h4>



<p>Il est également nécessaire de préserver les prairies permanentes face au changement climatique car elles offrent des bénéfices environnementaux encore plus importants que les prairies temporaires. Cependant leur surface diminue régulièrement du fait de l’intensification de l’agriculture mais aussi déjà du changement climatique. Enfin, d’après Jean-Paul Sampoux, cette étude a vocation à aller plus loin : «Il y a d’autres espèces de graminées et de légumineuses qui sont importantes dans les prairies, le ray-grass anglais n’est pas la seule espèce à prendre en compte. L’étude sur le ray-grass anglais est un travail pionnier qu’il faudra reproduire sur les autres espèces des prairies.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Site de l’Inrae&nbsp;: <a href="https://anws.co/bTzeJ/%7b3bca52a2-5269-475d-9009-f292b4633c72%7d">https://anws.co/bTzeJ/%7b3bca52a2-5269–475d-9009-f292b4633c72%7d</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/inrae-preserver-nos-prairies/">Inrae – Préserver nos prairies</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Denis Richard – Sur la disparition des insectes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 09:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Richard]]></category>
		<category><![CDATA[entomologie]]></category>
		<category><![CDATA[insectes]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre-Olivier Maquart]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Albouy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vincent Albouy, entomologiste, Denis Richard, pharmacien et auteur naturaliste, et Pierre-Olivier Maquart, entomologiste, cosignent aux éditions Ulmer "L’adieu aux insectes ?"</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denis-richard-sur-la-disparition-des-insectes/">Denis Richard – Sur la disparition des insectes</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p>Vincent Albouy, entomologiste, Denis Richard, pharmacien et auteur naturaliste, et Pierre-Olivier Maquart, entomologiste, cosignent aux éditions Ulmer <em>L’adieu aux insectes&nbsp;?</em> Proposant une synthèse d’études scientifiques menées sur la disparition des insectes et des témoignages d’entomologistes ayant observé ce phénomène dans nos régions, cet ouvrage met en exergue un sujet jusqu’alors encore peu évoqué auprès du public.</p>



<p><strong>Pourquoi un tel livre avec Vincent Albouy et Pierre-Olivier Maquart&nbsp;?</strong></p>



<p>La disparition des insectes, les entomologistes en font le constat depuis des années. Cependant, tout s’est précipité à la suite de l’annonce faite en 2018 dans les grands médias d’une étude montrant une réduction dramatique du nombre des insectes volants dans certaines réserves d’Allemagne. Cette étude est en fait une parmi de nombreuses autres, toutes alarmantes. Pour nous, le temps était venu de tenter de faire passer un message, d’où ce livre, qui est à la fois un constat, un pamphlet, et aussi un panorama des problèmes à l’origine de la raréfaction des insectes, qui ne concernent évidemment pas que ces animaux.</p>



<p><strong>Environ 80 % des insectes auraient disparu en trente ans. Quelles en sont les causes&nbsp;?</strong></p>



<p>Parlons plutôt de raréfaction&nbsp;! Ce chiffre issu d’une publication illustre une réalité dans un site donné et ne peut bien sûr être extrapolé tel quel à d’autres situations. Cette raréfaction varie selon les habitats, les pays, les groupes d’insectes, etc. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a un effondrement plus ou moins massif des populations d’insectes dans tous les milieux, dans toutes les régions où elles font l’objet de suivis. Même les études réalisées sous les tropiques montrent, toujours à peu près pour les mêmes raisons, une disparition des insectes. Tout ceci est particulièrement préoccupant. Plus qu’au changement climatique, ce phénomène est avant tout lié à l’imprégnation des milieux terrestres et aquatiques par des produits phytosanitaires (insecticides, herbicides, etc.) toxiques et rémanents, par des engrais azotés perturbant la flore et donc les insectes qui y sont associés, à la destruction des habitats par l’agriculture, les élevages et la sylviculture intensifs, à l’artificialisation et l’urbanisation des milieux par les activités humaines. Cela aboutit à la raréfaction puis à la disparition silencieuse d’un très grand nombre d’espèces, en particulier les plus spécialisées au plan écologique, et à l’amenuisement des populations des espèces jadis les plus banales. Bien évidemment, des mouches, des moustiques, on en aura toujours et il ne faut pas se fier à certaines observations ponctuelles. Les guêpes, par exemple, ont été abondantes en France cet été, en raison d’un hiver peu rigoureux et du calme associé au confinement. Cela pourrait suggérer que les insectes sont plus nombreux, que leurs populations sont plus dynamiques, mais il n’en est rien lorsque l’on considère la situation avec objectivité. Tous les témoignages de naturalistes ayant connu les populations d’insectes des années 1950, 60 et 70 le confirment.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/apollon-parnassius-apollo-va-1024x768.jpg" alt class="wp-image-33675"><figcaption>Papillon Apollon. Photo&nbsp;Vincent Albouy.</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont les principales catégories d’insectes concernées&nbsp;?</strong></p>



<p>Les catégories les plus touchées sont les plus spécialisées au plan écologique. Les études ont porté avant tout sur les papillons, notamment les papillons de jour qui sont des insectes populaires ayant donné lieu depuis des dizaines d’années à d’innombrables observations, mais aussi sur des sauterelles et criquets, sur des coléoptères, etc. Mais on peut imaginer que si les populations des espèces que nous connaissons le mieux, qui sont le plus visibles, s’effondrent, toutes celles qui sont plus discrètes régressent de la même façon et pour les mêmes raisons. La disparition de coléoptères minuscules n’est pas évidente à constater, mais ils sont également victimes des pesticides, de la diffusion des engrais azotés dans tous les habitats, de la disparition et de la pollution des milieux aquatiques, du saccage des forêts remplacées par des «&nbsp;cultures d’arbres&nbsp;», etc.</p>



<p><strong>Quelles sont les conséquences générales pour la faune, la flore et l’humain&nbsp;?</strong></p>



<p>Les conséquences sont immenses dans la mesure où les insectes constituent l’essentiel, en milieu terrestre, du règne animal macroscopique. Leur disparition prive la nature et donc l’homme d’un grand nombre de services comme la pollinisation, le nettoyage des milieux par le recyclage des cadavres, des excréments, etc. Cela fait aussi disparaître une grande diversité génétique et un potentiel biologique largement mis à profit dans la création de nouvelles bio-technologies entre autres. Et puis, les insectes constituant un groupe essentiel dans le milieu naturel, leur raréfaction met en péril les oiseaux insectivores ainsi que tous les animaux de la chaîne alimentaire dont ils sont un maillon&nbsp;: une fois que les insectes disparaissent, tous les animaux qui eux-mêmes s’en nourrissent disparaissent également. Et inversement, certains organismes peuvent pulluler parce que les insectes n’en contrôlent plus les populations.</p>



<p><strong>De quelle manière pourrait-on provoquer une prise de conscience&nbsp;?</strong></p>



<p>Au-delà des observations des naturalistes, la prise de conscience de la population générale reste difficile. Beaucoup de gens ont d’autres préoccupations dans le contexte social que l’on sait et, indépendamment, dans un monde anthropocentrique et promouvant comme valeur unique ou presque l’impératif économique. Ensuite, on n’enseigne plus les sciences de la nature comme on en faisait auparavant. Sans forcément s’y intéresser spécialement, mes grands-parents, mes parents savaient reconnaître telle ou telle espèce d’insecte et connaissaient les grandes lignes de leur évolution, de l’œuf au papillon. Ils ne se contentaient pas de dire «&nbsp;un papillon&nbsp;», ils disaient «&nbsp;un paon-du-jour&nbsp;», «&nbsp;une piéride&nbsp;», «&nbsp;un machaon&nbsp;», «&nbsp;une cétoine&nbsp;»&nbsp;: bref, ils nommaient les êtres peuplant leur environnement immédiat. Il y avait un réel savoir populaire sur les insectes, les animaux comme les plantes d’ailleurs, alors que les connaissances dans ce domaine des générations actuelles sont d’une vacuité effarante et dramatique. Pour notre société, la nature est un produit de consommation de masse, comme en témoignent des jeux type Koh-Lanta, la multiplication des activités lucratives organisées en montagne, là où les gens savaient jadis apprécier la sérénité d’une simple randonnée sans avoir toujours besoin d’être «&nbsp;coachés&nbsp;» ou de trouver des animateurs qui imaginent pour eux ce qu’ils doivent faire… Bref, il faudrait réhabiliter ce type d’enseignement. Il faudrait aussi assumer des mesures bien plus drastiques et donc sûrement impopulaires dans le domaine environnemental. En particulier, s’imposerait un contrôle effectif de l’usage agricole des pesticides et des produits phytosanitaires. Cela semble toutefois mal parti, pour le moins, lorsque l’usage des néonicotinoïdes est ré-autorisé en France pour «&nbsp;sauver&nbsp;» la filière de la betterave sucrière&nbsp;! Il est certain que tant que les politiques porteront un regard complaisant sur de telles pratiques, ou changeront à ce propos de discours selon les opportunités, et tant que l’on cèdera aux pressions du lobby de l’agriculture intensive on ne pourra rien espérer de mieux&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bios-1924679-2-1024x683.jpg" alt class="wp-image-33676"><figcaption>Prairie du Lubéron voisine d’un champ traité de façon intensive. Photo Gilles San Martin.</figcaption></figure>



<p><strong>Comment pourrait-on convaincre les agriculteurs de travailler en respectant la protection de la biodiversité&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour certains d’entre eux, il y a une volonté forte, un passage aux actes et de réelles réussites. Ils sont même finalement nombreux à pratiquer une culture respectueuse de leurs terres et donc de notre terre à nous tous. Quant aux autres, ceux de l’agriculture intensive, enfermés dans un système de pensées rétrograde, je pense qu’ils ont une certaine conscience du problème, mais comme il leur est difficile de faire leur propre révolution et de prendre du recul sur leurs pratiques. Il ne sert à rien de supporter des filières agro-alimentaires au détriment de la nature. Ma position personnelle, c’est que la nature et sa richesse est à tous et qu’ils ne sont que les dépositaires fugaces de parcelles destinées à la culture ou à l’élevage&nbsp;: tous ceux qui vivent de la terre, ce terme étant entendu au sens large, ont ainsi une responsabilité importante au présent et surtout pour le futur. Je dirais la même chose pour la filière bois. La «&nbsp;culture&nbsp;» des arbres telle qu’elle se pratique majoritairement n’est pas compatible avec une saine gestion de la biodiversité du milieu forestier… Les «&nbsp;usines à bois&nbsp;» que sont devenues certaines forêts sont un non-sens écologique mais elles satisfont ceux qui considèrent que les surfaces plantées d’arbres sont des objets d’intérêt économique.</p>



<p><strong>Quelles mesures environnementales devraient être prises&nbsp;?</strong></p>



<p>Comme je vous le disais, contrôler l’usage des produits phytosanitaires et réduire drastiquement l’artificialisation des milieux. Pour des raisons économiques, nous l’évoquions, on autorise les producteurs de betteraves à employer des néonicotinoïdes. En effet, s’il n’y a pas tellement d’insectes qui butinent sur les fleurs de betteraves, ces néonicotinoïdes s’étendent partout autour des champs, imprègnent les plantes qui sont en bordure des zones cultivées, sont entraînés par les eaux vers les rivières et agissent partout à des doses infinitésimales en tuant les arthropodes et d’autres organismes ou en perturbant leur comportement. De très nombreuses études prouvent l’effet délétère de ces substances mais aucune ne prouve qu’elles apportent quoique ce soit à la biodiversité&nbsp;! De plus, on ignore tout des effets des cocktails de pesticides, même en doses infinitésimales, sur les organismes vivants, y compris sur l’homme. Ces poisons très stables dans le temps constituent une véritable bombe à retardement pour la nature, et une arme destructrice à court terme pour les insectes, comme pour les animaux et les végétaux qui en dépendent, comme pour l’homme. Il faudrait aussi créer des zones de continuité entre les milieux naturels plus vastes qu’actuellement, ne pas laisser les réserves naturelles isolées géographiquement mais tenter de les faire se rejoindre, ménager de véritables corridors verts entre les régions, végétaliser «&nbsp;utile&nbsp;» les villes et ne pas confondre «&nbsp;bétonnage vert&nbsp;» et nature, sauvegarder des zones sans intervention humaine drastique, ce qui ne signifie pas sans y développer une économie&nbsp;! Il y a de nombreuses activités et techniques possibles, notamment agricoles, qui sont respectueuses de la nature et qui concourent en créant ou maintenant des paysages diversifiés à une égale diversification des êtres vivants. Tout cela est affaire de mesure, de sensibilité et de bonne volonté&nbsp;!</p>



<p><strong>Les évolutions technologiques ont apporté des possibilités de remplacement des fonctionnalités environnementales des insectes (exemple des drones pollinisateurs). Quelles sont les limites de ces remplacements&nbsp;?</strong></p>



<p>Cette idée me semble grotesque. Intéressant au plan scientifique pour ceux qui s’amusent à imaginer et concevoir ces dispositifs, ce genre de création est un reniement de la nature. Quel est l’intérêt d’utiliser ces technologies de remplacement quand on a déjà un service rendu spontanément par la vie&nbsp;? La nature a sa poésie, sa beauté, ses mystères&nbsp;: tout ceci ne peut pas être remplacé par des machines aussi sophistiquées soient-elles&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/couverture_final-710x1024.jpg" alt class="wp-image-33677"><figcaption>Couverture de l’ouvrage. Illustrations Matt Dorfman.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Vincent Albouy, Denis Richard, Pierre-Olivier Maquart, <em>L’adieu aux insectes&nbsp;?</em>, éditions Ulmer, 192 pages, 2020, 22 €<br><br>Denis Richard publie également avec Pierre-Olivier Maquart <em>Il faut sauver nos insectes&nbsp;!</em>, éditions Delachaux et Niestlé, 192 pages, 2020, 29,90 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/denis-richard-sur-la-disparition-des-insectes/">Denis Richard – Sur la disparition des insectes</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2020 10:27:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agroécologie]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[CEBC]]></category>
		<category><![CDATA[Chizé]]></category>
		<category><![CDATA[CNRS]]></category>
		<category><![CDATA[Ecobiose]]></category>
		<category><![CDATA[La Rochelle université]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Bretagnolle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecobiose est une plateforme scientifique et politique sur la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine. L'objectif est de quantifier le rôle de la biodiversité dans l'économie de la région.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BU9FIBur9DE" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) permet un suivi à grande échelle de la biodiversité dans le monde. Ecobiose reprend ces objectifs à l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine. Le but&nbsp;est de quantifier le plus précisément possible le rôle de la biodiversité dans la socio-économie de la région. Pour étudier cette biodiversité chacun peut jouer un rôle&nbsp;: construction de nichoirs, observation d’oiseaux, expérimentations dans les jardins, etc. En impliquant directement les citoyens dans des projets de recherches, ils s’intéressent plus facilement aux questions de biodiversité et sont attentifs aux changements qui peuvent avoir lieu en fonction des actions individuelles ou collectives.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;:<br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a><br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-sciences-participatives-2/">Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – Travailler avec les agriculteurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2020 08:04:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La recherche-action est une méthode largement développée sur la Zone atelier de Chizé. Les agriculteurs s’impliquent volontiers dans les projets de recherche malgré des conditions parfois assez contraignantes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mWxio6PYnrw" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. La recherche-action est une méthode largement développée sur la Zone atelier de Chizé. Les agriculteurs s’impliquent volontiers dans les projets de recherche malgré des conditions parfois assez contraignantes. Pour Vincent Bretagnolle, «la raison pour laquelle cela marche très bien, est que les agriculteurs sont des gens qui expérimentent en permanence sur leurs parcelles, cela fait partie de leur métier et nous leur offrons un cadre autour de ces expérimentations». Cette implication fait que les agriculteurs sont les premiers à observer ces expériences, il n’y a pas de meilleure manière pour communiquer sur les résultats obtenus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;: <br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a><br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-travailler-avec-les-agriculteurs/">Vincent Bretagnolle – Travailler avec les agriculteurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2020 10:35:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agroécologie]]></category>
		<category><![CDATA[CEBC]]></category>
		<category><![CDATA[Chizé]]></category>
		<category><![CDATA[CNRS]]></category>
		<category><![CDATA[Ecobiose]]></category>
		<category><![CDATA[territoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Bretagnolle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe quatorze zones atelier en France dont douze en métropole. Il s’agit de territoires assez vastes sur lesquels sont étudiés de manière pluridisciplinaire des questions de recherche avec un fort enjeu social.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-la-recherche-grandeur-nature/">Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/N9iwldW9Qho" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. Il travaille sur la Zone atelier de Chizé depuis plus de trente ans. Il existe quatorze zones atelier en France dont douze en métropole. Il s’agit de territoires assez vastes sur lesquels sont étudiés de manière pluridisciplinaire des questions de recherche avec un fort enjeu social. La zone atelier de Chizé permet d’étudier la thématique de l’agriculture et des paysages ruraux. «Sur la Zone atelier, on essaie de démontrer expérimentalement, qu’une approche agroécologique, est une solution qui fonctionne d’un point de vue de la production d’aliments et d’un point de vue économique, non seulement pour les agriculteurs mais aussi pour l’ensemble des acteurs du territoire.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;: <br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a> <br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-la-recherche-grandeur-nature/">Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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