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	<title>sociologie - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>sociologie - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Annie Thébaud-Mony – Pour une science «&#160;non asservie&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 09:58:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Thébaud-Mony]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La reconnaissance des maladies professionnelles est le combat interdisciplinaire mené par la sociologue Annie Thébaut-Mony et l'association Henri Pézerat. Rencontre pour échanger sur santé au travail.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/">Annie Thébaud-Mony – Pour une science « non asservie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p><em>Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</em> sortait en 2021 aux éditions La Dispute. Trois séries d’entretiens menés par les sociologues Alexis Cukier et Hélène Stevens de l’université de Poitiers avec la sociologue du travail Annie Thébaud-Mony. Connue pour son engagement aux côtés du chimiste Henri Pézerat dans la lutte contre l’amiante et la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’exposition à ce matériau, Annie Thébaud-Mony n’a de cesse d’enquêter, d’analyser les risques au travail, la gestion de la santé et d’interroger le rôle des scientifiques dans ces problématiques. La sociologue est venue à Poitiers <a href="https://filmerletravail.org/cine-debat-rouge-2/">en septembre 2022 pour accompagner le film <em>Rouge</em> de Farid Bentoumi, présenté par Filmer le travail</a>. Nous l’avons rencontré.</p>



<p>Le livre retrace le parcours d’Annie Thébaud-Mony à l’aune de l’événement du Covid-19. La situation de la santé publique en France permet un lien avec les premiers terrains d’enquête de la sociologue en Algérie, dans les années 1970, pour comprendre l’accès aux soins des populations en dépit du faible nombre de soignants en période de tuberculose. En comparant avec la France, elle observe une meilleure prise en charge des malades en Algérie – alors que les moyens sont insuffisants et inégaux – tandis qu’en France, l’échec du traitement était supérieur. Le suivi en première ligne des personnels soignants tels qu’infirmières et aides-soignantes permettant un meilleur suivi des malades. «On peut faire beaucoup avec peu de médecins, indique-t-elle. Plusieurs pays n’ont pas les moyens d’avoir des médecins comme nous en avons. Pour autant, ils n’ont pas eu plus de décès pendant le Covid. Cela a été le cas en Algérie avec moins de décès rapportés au nombre d’habitants qu’en France. J’ai fait une observation similaire au Brésil. Dès 1988, le pays modifie sa Constitution et met en place un système unifié de santé avec un maillage sur tout le territoire avec des centres, des agents de santé et la gratuité des soins.» Annie Thébaud-Mony analyse ce qui a perturbé une meilleure prise en charge des malades en France, cette absence de proximité des soignants étant l’une des raisons. Elle évoque également une gestion purement financière et l’absence de données qui permettraient une amélioration du système de santé&nbsp;: «Il y a un paradoxe en France entre l’omniprésence d’une gestion avec des tableurs Excel et l’incapacité des hôpitaux à fournir une vision claire des statistiques de décès et leurs causes. La Commission européenne a d’ailleurs pointé cette déficience. Prenons l’exemple des malades du cancer, nous ne disposons que de registres qui sont fournis par des associations loi 1901 avec une mission de service public. On se trouve alors avec quelques registres de départements, registres qui représentent moins de 25 % de la population. De plus, il nous manque les chiffres de grandes métropoles comme Paris et Marseille… Les chiffres du cancer sont donc une extrapolation de données statistiques qui viennent du Tarn, du Calvados, etc… Ce manque empêche également de faire le lien entre l’incidence des cancers et les lieux de travail mais aussi le milieu dans lequel vivent les personnes touchées. Les facteurs de risque demeurent invisibles, comme l’exposition à des substances toxiques. La mise en place de registre départementaux de cancer est une demande formulée depuis longtemps, y compris par des géographes mais nous n’arrivons pas à l’obtenir.» La sociologue pointe également l’absence de prise en charge des diagnostics de cancer pendant la période du Covid. Les estimations sont de l’ordre de 90 000 cas non diagnostiqués dans un délai raisonnable. «C’est très important… Il s’agit d’un cas sur quatre, ce qui est invraisemblable pour un pays avancé comme la France. C’est également le cas pour les maladies cardio-vasculaires et neurologiques. J’ai évoqué avec la chercheuse Meredeth Turshen, la situation d’une femme de 40 ans atteinte de la maladie de Parkinson – certainement en lien avec l’exposition à des pesticides. Du jour au lendemain, les soins se sont arrêtés, la dégradation de sa santé est importante et elle n’a jamais récupéré musculairement. Cela ajoute du traumatisme au traumatisme.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Omission des risques</strong></h4>



<p>Pour bien soigner, il faut comprendre les origines des maladies, les enquêtes menées par Annie Thébaud-Mony et ses collègues ont montré une invisibilisation du travail dans les causes de nombreuses pathologies. Souvent, les médecins et spécialistes de santé publique associent le cancer à des comportements individuels, ce qui omet la responsabilité du travail et <em>in fine</em> de l’employeur. Dans le livre, la sociologue évoque les enquêtes menées auprès des travailleurs marocains des fonderies de Bondy – pour l’industrie automobile – tombés malades du fait des conditions de travail mais qui n’avaient jamais été interrogés sur cela. Or ils étaient confrontés à des molécules cancérogènes comme la cristobalite ou l’amiante et travaillaient dans des conditions difficiles, souvent sans suivi médical régulier et avec peu de formation. Ces travaux menés en interdisciplinarité avec le laboratoire de physico-chimie de Henri Pézerat (CNRS) et régulièrement en lien avec les CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont permis de lutter contre l’invisibilisation de certains risques. «Les risques psycho-sociaux ont tendance à prendre le dessus, on parle de souffrances au travail, c’est un raccourci. Il y a une attention portée au burn-out des cadres mais plus on descend dans la hiérarchie du travail, moins les travailleuses et travailleurs sont visibles. Je prends souvent l’exemple des nettoyeuses et nettoyeurs. Ils cumulent les risques toxiques pour lesquels ils n’ont aucune information et une intensité de travail qui augmente. C’est le cas des femmes de chambres d’hôtel, les personnels de la SNCF… On peut également évoquer les ouvriers du nettoyage qui se sont occupés des immeubles, des rues autour de Notre-Dame après l’incendie. On sait que la pollution au plomb est stagnante. Or, il y a eu peu d’informations sur les risques, nous avons communiqué avec l’Union Départementale de la CGT de Paris mais les nettoyeurs se rendaient compte en tordant leur serpillère qu’elle était plus noire que d’habitude. Personne n’avait parlé des risques de l’exposition.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg" alt class="wp-image-37821" style="width:603px;height:402px" width="603" height="402" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/annie-et-helene-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 603px) 100vw, 603px"><figcaption class="wp-element-caption">Annie Thébaud-Mony et Hélène Stevens lors de la séance <em>Rouge</em> réalisé par Farid Bentoumi (2020) au cinéma Le Dietrich à Poitiers. Rencontre organisée par le festival <a href="https://filmerletravail.org/" data-type="link" data-id="https://filmerletravail.org/">Filmer le travail</a>. Photo FLT.</figcaption></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading"><strong>De victime à expert</strong></h4>



<p>Au-delà des risques et de la prévention, l’accompagnement de l’association Henri Pézerat se trouve également dans la constitution des dossiers de reconnaissances des maladies professionnelles. Les exemples sont pléthores mais citons le paysan Paul François, intoxiqué au Lasso, un pesticide produit par Monsanto. L’accident a eu lieu en 2004, il a fallu plus de dix ans pour que la responsabilité de l’entreprise soit reconnue par la Justice. Là, le rôle des chimistes, de certains médecins et d’avocats a été la clef. «J’ai intitulé l’un de mes livres <em>La Science asservie</em> (2014), c’est tiré de mon expérience et de celle de Henri Pézerat. En tant que chercheurs, nous étions mal à l’aise de produire de la science pour la science. Nous faisons de la recherche pour que nos résultats servent à quelqu’un. C’est un engagement citoyen, militant, sur les questions de santé au travail. Il était important pour nous, non seulement de lutter avec les travailleurs pour la reconnaissance en maladie professionnelle, mais surtout de leur donner les moyens de s’approprier les connaissances. À la fin, ils deviennent eux-mêmes experts. Pour chaque dossier, l’un des principes de l’association est d’être rigoureux dans l’approche d’un problème. Il s’agit d’une coopération dans la durée entre scientifiques, professionnels de santé et les personnes concernées. Par exemple, nous avons mené tout un travail autour d’une usine de broyage d’amiante à Aulnay-sous-Bois. La méthodologie a été de recenser les victimes, mettre en sécurité le site et constituer le dossier judiciaire. Tout cela se fait en collaboration, l’un des maillons étant les journalistes d’investigation qui permettent de faire sauter le couvercle de l’invisibilité. C’est toute une histoire pour chaque situation car souvent, dans un problème de pollution, cela implique les industriels et les pouvoirs publics. Il faut alors démêler les fils.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sentinelles collectives</strong></h4>



<p>De son expérience, Annie Thébaud-Mony constate certaines difficultés aujourd’hui pour accéder à des informations. À la question de l’accès aux données scientifiques, elle évoque l’enquête sur le nucléaire qu’elle a menée dans une centrale à Chinon à la suite d’une alerte du CHSCT, inquiet du manque de rigueur dans le suivi dosimétrique des intérimaires et travailleurs sous-traitants. «J’avais accès à plusieurs sources différentes&nbsp;: les officielles, les carnets dosimétriques des travailleurs, les médecins du travail et EDF qui avait mis en place le dosimètre électronique. En réunissant ces sources, on obtenait des éléments sérieux. Or depuis, cela a disparu. Tout est informatisé et les chercheurs n’obtiennent pas les accès si aisément. Les seules données accessibles sont celles officielles gérées par l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire qui est une instance étroitement liée à l’industrie nucléaire. Alors qu’il serait préférable d’avoir une instance indépendante en santé publique. De plus les CHSCT ont disparu, ce qui n’aide pas.» Dans ce tableau, s’ajoute la complexité des sources de pollutions. Dans l’affaire de l’incendie de Lubrizol (site classé Seveso) en 2019 à Rouen, un nuage toxique s’est dispersé et une toiture en amiante a été pulvérisée. Les sources de pollution sont multiples. «La plupart des conséquences sont différées mais rien n’est réellement mis en place pour récolter les données et aucun monitoring des pollutions n’a été positionné après l’incendie pour évaluer l’évolution. Or certaines informations sont préoccupantes comme la trace d’hydrocarbures dans le lait maternel après l’accident ou des taux importants de substances toxiques dans les lichens. Mais ce sont des bulles d’informations dans un océan d’ignorance. Au lieu de réfléchir à limiter la pollution, on rend responsables la population avec des recommandations qui sont des injonctions&nbsp;: “vous ne devez pas laisser vos enfants jouer dans le jardin”…»</p>



<p>Au regard des entretiens menés par Hélène Stevens et Alexis Cukier qui croisent son parcours et les problématiques actuelles, on mesure l’importance des collectifs de travail dans un temps long qui ont mené vers des reconnaissances importantes, des changements de loi comme pour l’interdiction de l’amiante en 1997 ou des rencontres dans les luttes. Paul François témoigne dans son propre parcours de la force de ces rencontres et de la nécessité d’un travail rigoureux de recherche pour mener des combats de David contre Goliath dans <em>Un Paysan contre Monsanto </em>(2017), il écrit&nbsp;: «Annie Thébaud-Mony me l’a si souvent répété&nbsp;: “Les procès sont des outils pour faire bouger les lignes, et les travailleurs sont les sentinelles de la santé environnementale”.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Dans le thème des enquêtes sur la santé et l’environnement, l’Espace Mendès France organise <a href="https://emf.fr/ec3_event/superboom-de-rentree-phosphatons-un-avenir-radieux/">une soirée de lancement, le 13 septembre 2023 à partir de 18h30</a>, durant laquelle se tient un plateau radiophonique&nbsp;: Agriculture, nos futurs. Autour de la table se retrouveront les journalistes <strong>Inès Léraud</strong> (<em>France culture</em>, <em>Splann!</em>) et <strong>Morgan Large</strong> (<em>Radio Kreiz Breizh</em>) pour parler de l’enquête sur les algues vertes et l’agro-industrie en Bretagne et la chercheuse <strong>Marie-Laure Decau</strong> qui dirige une ferme expérimentale à l’INRAE de Lusignan. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cWPJGqu83E0&amp;ab_channel=EspaceMend%C3%A8sFrance">À écouter en direct ou en podcast</a></p>



<p>Suite à ces échanges, dansons avec Superphosphate, bal électrotrad, comme une grosse boum de fin du monde. Avec <strong>Armelle Dousset</strong> (Modulatrix) : accordéon, bidule clavier / <strong>Matthieu Metzger</strong> (Dr Systole) : saxophone sopranino, talking bidule / <strong>Alban Pacher</strong> (Square Boy) : violon, bidule.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg" alt class="wp-image-37818" style="width:273px;height:437px" width="273" height="437" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante.jpeg 638w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-187x300.jpeg 187w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/09/travail-sante-150x241.jpeg 150w" sizes="(max-width: 273px) 100vw, 273px"></figure>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Pour aller plus loin&nbsp;:</strong></p>



<p><em><a href="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/" data-type="link" data-id="https://boutique.editionssociales.fr/produit/annie-thebaud-mony-politiques-assassines-et-luttes-pour-la-sante-au-travail/">Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels</a></em>, entretiens avec Annie Thébaud-Mony par Alexis Cukier et Hélène Stevens, éditions La Dispute, 2021.</p>



<p>Le documentaire <em>Les Sentinelles</em> réalisé par Pierre Pézerat en 2016 revient sur les combats de Henri Pézerat, Annie Thébaud-Mony et le parcours de Paul François.</p>



<p><em>La Science asservie</em> de Annie Thébaud-Mony, éditions La Découverte, 2014.</p>



<p><em>Un Paysan contre Monsanto</em> de Paul François, Fayard, 2017.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-thebaud-mony-pour-une-science-non-asservie/">Annie Thébaud-Mony – Pour une science « non asservie »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Annie Ernaux – De la mémoire individuelle à la mémoire collective</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maya Merle]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Oct 2022 13:35:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Ernaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 6 octobre 2022, l’écrivaine Annie Ernaux a obtenu le prix Nobel de littérature. Retour sur son intervention à Poitiers en 2009 lors du festival Raisons d'agir.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-ernaux-de-la-memoire-individuelle-a-la-memoire-collective/">Annie Ernaux – De la mémoire individuelle à la mémoire collective</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Maya Merle</strong><br></p>



<p>Le 6 octobre 2022, l’écrivaine Annie Ernaux a obtenu le prix Nobel de littérature. Invitée aux côtés du sociologue Gérard Mauger à l’occasion du Festival <em>Raisons d’agir</em> à Poitiers en 2009, elle avait proposé une lecture de passages des <em>Années</em>, son roman paru en 2008. Lors de cette quatrième édition consacrée aux luttes, espérances et utopies, Annie Ernaux avait témoigné de sa vie et de ses mémoires entrecoupées de dialogues avec Gérard Mauger. Ainsi l’écrivaine, d’une générosité rare, avait pu donner vie à ce texte aussi poignant qu’intime avec toute la sensibilité qui la caractérise. Cette autobiographie, bien que dépeignant la mémoire individuelle de son autrice, est également un portrait de la mémoire collective d’après-guerre à aujourd’hui. Social et éminemment politique, <em>Les Années</em> est un voyage poétique dans le passé, un voyage qui navigue entre le singulier et le collectif, l’individuel et le commun. Nous proposons de larges extraits de cette intervention.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’effacement du «&nbsp;je&nbsp;» au profit du «&nbsp;nous&nbsp;»</h4>



<p>Annie Ernaux commence sa lecture par la toute fin des <em>Années</em>. En réalité, et elle l’explique un peu plus tard, la fin expose le projet de cette autobiographie. Le projet de l’effacement du «&nbsp;je&nbsp;» au profit du « nous&nbsp;» et du «&nbsp;on&nbsp;». Le projet d’un récit de mémoires aussi bien individuelles que collectives qui s’intègrent dans l’histoire. Ainsi, lorsque le sociologue Gérard Mauger l’interroge sur le dessein de cette entreprise, l’écrivaine répond :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Ce que j’entends par histoire ce n’est pas seulement l’histoire événementielle, ce ne sont pas les événements dont j’ai été le témoin que ce soit la fin de la Seconde Guerre mondiale ou mai 68. C’est tout ce qui se passe en même temps d’une certaine façon, aussi bien sur le plan des mœurs, des apparitions technologiques ou des chansons. Tout cela est complètement intriqué dans une vie pour un individu.&nbsp;C’est impossible, au fond, de faire un récit de vie. Mon problème au départ était de dire à la fois ma vie, le monde, ma vie dans le monde et le monde dans ma propre vie. Ce qui supposait une fusion de l’intime et du collectif.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>[…]</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Comment faire glisser dans l’écriture à la fois ce qu’il y a de personnel, de singulier et en même temps ce qui arrive à tout le monde au même moment ? C’est une question d’écriture. […] Au fond, ce que je veux faire, c’est ce que font habituellement les linguistes en racontant l’histoire de la langue, car je voulais aussi parler du langage. C’est ce que font également les sociologues en évoquant les migrations sociales, les changements sociaux… puis ce que font les historiens. Mais alors, quelle est la solution que j’ai trouvée ? Je ne me suis pas du tout appuyée sur des documents mais uniquement sur la mémoire. C’est ma mémoire personnelle, mais au fond, elle n’est jamais vraiment personnelle, une mémoire.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Pour illustrer son propos, elle prend pour exemple un souvenir individuel mais également collectif. Celui de l’opération des amygdales qu’on effectuait sur les enfants, juste après la guerre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;J’ai le souvenir de moi, avec une souffrance atroce. Mais on se souvient mal d’une souffrance. Ce que je revois, ce sont des tas d’enfants qui hurlent en même temps, et on les oblige à boire du lait chaud. Que signifie cette opération des amygdales avec des enfants à la chaine ? C’est une question d’époque, c’est historique et social. Car ceux qu’on opère à l’hôpital, ce sont aussi les enfants les plus dominés. Ce souvenir personnel, en fait, fait déboucher sur un souvenir collectif. C’est comme ça que ce livre s’est écrit, en plongeant dans une mémoire individuelle, et retrouver dans cette mémoire individuelle le collectif, puis l’exprimer.&nbsp;»</p></blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Illustrer le temps qui passe</h4>



<p>Gérard Mauger aborde l’illustration des <em>Années</em>. En effet, l’ouvrage est constitué de treize séquences ponctuées par des photographies intimes et personnelles d’Annie Ernaux. L’écrivaine revient sur ces images et leur manière d’illustrer le présent tout en portant un regard sur le passé et l’avenir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Les photos et les séquences de films, c’est pour ponctuer les âges de la vie. Tout notre problème et toute notre chance, c’est que le temps passe. Je ne pouvais pas ne pas commencer par suivre les âges de la vie. En commençant par une photo de bébé, jusqu’à la dernière image, celle d’une femme très mûre de soixante-six ans. C’était à la fois de montrer les changements physiques, mais aussi que cela serve de support à la mémoire. Chaque photo est un arrêt sur le présent mais en regardant derrière et en essayant de pouvoir mémoriser comment à tel âge, je voyais, on voyait l’avenir. Nous sommes là dans ce moment de réunion ensemble, mais nous avons tous dans la tête ce qui est devant nous. On n’a jamais tant espéré quelque chose de l’avenir. On est fait de ça : présent, passé et futur. »</p></blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Un travail d’historien ?</h4>



<p>Annie Ernaux «&nbsp;sait restituer un passé très lointain comme si c’était hier&nbsp;» dit Gérard Mauger. Son œuvre est impressionnante tant les détails qu’elle parvient à fournir sont précis, à la manière d’un historien. Pourtant, son travail n’est pas de cette nature là et elle le précise bien. Le projet d’Annie Ernaux n’est pas de faire de l’histoire, il est de relater ses mémoires. Des mémoires dans lesquelles ceux qui ont vécu ces époques peuvent aussi se retrouver.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je dis souvent qu’il s’agit d’une immersion dans les images du souvenir. Je ré-entends des discours, des paroles. J’ai une très grande mémoire auditive des mots et du langage. Donc à ce moment-là, un mot et une image sont une entrée dans l’atmosphère de cette année-là, de cette époque-là. Je conçois que cela ne soit pas donné à tout le monde.&nbsp;C’est peut-être pathologique, je n’en sais rien. Pouvoir se promener dans le passé presque à volonté ce n’est pas évident. Mais je vous le dis, je ne peux pas me promener dans l’avenir ! »</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’enregistrement du dialogue entre Annie Ernaux et Gérard Mauger est disponible <a href="https://emf.fr/3424">en ligne</a> sur le site internet de l’EMF.<br><em>Les Années Super 8</em>, le documentaire d’Annie Ernaux et de son fils David Ernaux-Briot retraçant toute une période de leur vie est disponible <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/101402-000-A/les-annees-super-8/.">en ligne</a> gratuitement sur ArteTV jusqu’au 31 octobre 2022.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/annie-ernaux-de-la-memoire-individuelle-a-la-memoire-collective/">Annie Ernaux – De la mémoire individuelle à la mémoire collective</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Pourquoi se marier ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2020 09:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Girard]]></category>
		<category><![CDATA[Gresco]]></category>
		<category><![CDATA[immigrés algériens]]></category>
		<category><![CDATA[institution mariage]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mariage est une institution qui dépend de la société à laquelle on appartient. S’intéresser au mariage des enfants d’immigrés algériens en France, c’est comprendre une double représentation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Anissa Toubi</strong></p>



<p>«N’importe qui n’épouse pas n’importe qui», c’est un résultat auquel parvient Alain Girard, sociologue qui a mené une enquête sur le choix du conjoint en 1959. Le mariage est une institution qui ne laisse que peu de place au hasard en dépit de l’idée générale qu’on peut s’en faire. C’est une institution qui dépend de la structure de la société d’une part et de stratégies individuelles d’autre part. S’intéresser au mariage des enfants d’immigrés algériens en France, c’est essayer de comprendre ce que peut représenter le mariage pour des enfants nés en France et qui connaissent <em>a minima</em> une double appartenance à des univers culturels différents. En effet, leur socialisation primaire, effectuée par la famille est forcément marquée par un univers de références que leurs parents ont constitué dans leur pays d’origine. La transmission de normes et de valeurs spécifiques influence leur choix au moment de la mise en couple. Ces enfants grandissent en France et sont donc aussi influencés par d’autres institutions (l’école, le travail) et par les relations qu’ils entretiennent avec leurs pairs.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Faire sa vie</strong></h4>



<p>En menant des entretiens avec des enfants d’immigrés algériens, et après une phase d’observation participante auprès de familles dont les parents sont venus d’Algérie, on remarque que dans la plupart des cas, la décision de se marier précède la recherche du partenaire. Cette idée du mariage «pensé de soi à soi» découle de ce résultat. Pour illustrer cette idée, on peut s’appuyer sur les propos de Marwen, qui sont particulièrement éclairants pour comprendre comment le mariage peut revêtir une possibilité de se réaliser personnellement et contrevenir à l’idée du mariage comme étant la concrétisation d’un sentiment amoureux. Marwen a 33 ans au moment de l’entretien, il a été marié deux fois et divorcé deux fois, il est père de quatre enfants et il monte sa propre entreprise. Comment lui est venu l’idée du mariage ? «On s’est marié, je pense que je n’ai pas assez regardé la personne, c’était plus pour moi personnellement, c’était un cheminement. J’étais pas fou amoureux, j’ai dit voilà je vais me poser je vais me marier, je vais faire ma vie de gars bien.»</p>



<p>À quel moment et dans quelles circonstances le mariage s’impose-t-il aux individus&nbsp;? La réponse à cette question est complexe parce qu’il s’agit de prendre en considération la multiplicité et la complexité des situations de chaque personne. Si on prend en compte l’âge, la position sociale ou le genre des individus, on constate que l’idée même du mariage prend des formes différentes. Dans le parcours de Marwen, on se rend compte que le mariage et la fonction qu’il exerce pour lui ne sont pas forcément liés au fait qu’il soit enfant d’immigrés mais davantage à comprendre au regard de sa position sociale. À travers son discours, on perçoit le mariage comme étant un moyen de devenir un «homme» et notamment de devenir un homme convenable. Cette idée n’est pas spécifique aux enfants d’immigrés algériens ; c’est une rhétorique que l’on retrouve beaucoup dans les milieux populaires, où on associe au mariage des vertus canalisatrices pour les hommes notamment. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il ajoute plus loin s’agissant de son premier mariage : <br>«<em>C’est plus arrivé quand je me suis repenti de mes conneries quand j’étais jeune, j’ai commencé à prier à 24 ans et ensuite j’ai fréquenté une fille ça se passait bien, et je me suis dit que le mariage c’est 50 % de la foi comme on dit chez nous, je me suis dit on va se lancer. Dès que j’ai eu un emploi, j’ai fait ma demande.</em>»</p></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/05/alexia-jarry412-1024x683.jpg" alt class="wp-image-32945"><figcaption>Photo <a href="https://www.alexiajarry.com/">Alexia Jarry</a>.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Déception</strong></h4>



<p>Ce deuxième extrait d’entretien est intéressant parce qu’il permet d’aborder une question qui mériterait d’être creusée, à savoir par quels moyens on peut se servir du mariage comme étant un indicateur du niveau d’intégration des enfants d’immigrés algériens. Ici, le mariage est présenté comme étant une étape qui marque le passage de la jeunesse à l’âge adulte, c’est un rite de passage qui nécessite une certaine maturité, un esprit de responsabilité mais aussi une stabilité matérielle («dès que j’ai eu un emploi»). Cette conception renvoie à l’idée qui persiste dans l’imaginaire collectif de l’homme pourvoyeur de ressources, devant assurer la sécurité et la pérennité du foyer. Ce qui fait la spécificité du discours de Marwen réside dans sa manière de mettre en avant le motif religieux pour expliquer sa décision de se marier. S’ajoute à cela l’emploi du pronom personnel «nous» qui marque une identification à un groupe particulier au sein de la société. Cette idée du mariage pour soi s’applique aussi aux femmes, pour qui le mariage s’impose notamment du fait de l’âge (et peut être une condition pour accéder à la maternité), et peut prendre une place particulière dans leur parcours. C’est le cas de Linda, la seconde ex-épouse de Marwen. Leur mariage s’est fait très rapidement alors qu’ils se connaissaient à peine. La volonté de s’affirmer face à son père avec qui elle est en conflit depuis des années et qui s’est opposé au mariage fonctionne comme un déclencheur pour Linda&nbsp;: «J’ai eu un coup de cœur pour lui [Marwen], mais je pense que ce qui a précipité mon choix c’est aussi le fait que je savais que mon père était contre, il ne voulait pas d’un algérien» (Linda est d’origine marocaine). Ce qui est intéressant dans cette seconde union, c’est que la religion a échoué à réduire l’asymétrie d’information entre les deux partenaires. Alors que Marwen pensait épouser une «sœur» avec toute l’idée qu’il s’en faisait, il a très vite déchanté. Linda a vécu exactement la même chose en relevant ce qui à ses yeux sonnait comme de nombreuses incohérences entre l’image qu’elle avait d’un «frère» et le comportement de Marwen.</p>



<p>D’un point de vue général, il ressort de ces analyses et des travaux de sociologues sur la question que le mariage tend à reculer dans la société majoritaire (et le mariage religieux plus encore). Cela s’observe notamment avec l’augmentation de la cohabitation prénuptiale et l’augmentation du nombre de naissance hors mariage. Il semblerait que le mariage reste un passage obligé pour les enfants d’immigrés algériens. Cette observation marque la spécificité des descendants d’immigrés algériens qui ont un rapport au mariage particulier, marqué notamment par la contrainte religieuse qui pèse sur le choix du conjoint d’une part et sur les modalités du mariage d’autre part. Pour autant, il semblerait que les unions matrimoniales soient le fruit d’une intégration des contraintes familiales par les individus qui mettent en place des stratégies leur permettant d’expérimenter la même chose que d’autres jeunes sans ascendance migratoire. Finalement, observer les enfants d’immigrés à travers le prisme du mariage c’est comprendre comment un groupe marqué par la migration de ses parents négocie et renégocie sans cesse avec un bagage culturel qui est amené à être réinventé et qui témoigne de l’intégration évidente de normes et de valeurs inhérentes à la société majoritaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Anissa Toubi est doctorante en sociologie au laboratoire Gresco de l’université de Poitiers. Elle fait sa thèse sous la direction de Stéphane Beaud&nbsp;: «Mariage et stratégies matrimoniales chez les descendants d’immigrés algériens.»</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été écrit dans le cadre d’une formation à l’écriture journalistique avec l’École doctorale Humanités des universités de Poitiers et Limoges.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pourquoi-se-marier/">Pourquoi se marier ?</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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