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	<title>seconde guerre mondiale - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>seconde guerre mondiale - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Résister dans la Vienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 17:29:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[déportation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Louis-Charles Morillon présente un livre, "La Vienne Occupée, les années grises 1939 – 1945" où sont regroupés 41 articles publiés sur le site VRID (Vienne résistance internement déportation).</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/resister-dans-la-vienne/">Résister dans la Vienne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Agathe Boé</strong></p>



<p>Né en 1935, Louis-Charles Morillon est un «enfant de la guerre». Alors âgé de 8 ans, ses parents sont arrêtés par les Allemands. La famille parvient à quitter Poitiers et rejoindre la Normandie. <em><a href="http://www.gesteditions.com/beaux-livres/autres-beaux-livres/la-vienne-occupee-les-annees-grises-1939-1945">La Vienne Occupée, les années grises 1939 – 1945</a> </em>est une compilation de ses 41 articles publiés sur le site <a href="https://www.vrid-memorial.com/">VRID</a> (Vienne résistance internement déportation) dont il est le fondateur. L’ouvrage est illustré par de nombreuses photographies d’archives.</p>



<p>Louis-Charles Morillon retrace l’histoire de la Vienne sous l’Occupation en couvrant toute la période jusqu’à la Libération. Il présente l’organisation mise en place dans ce département traversé par la ligne de démarcation entre zone occupée et zone libre. Parmi les villes sous occupation allemande, il y avait notamment Poitiers et Châtellerault. L’auteur raconte ainsi le réseau de passeurs clandestins qui s’est organisé. Il relève le haut degré de risques qu’encouraient les résistants et les peines auxquels ils s’exposaient. La Résistance s’est incarnée dans plusieurs professions telles que les cheminots et les instituteurs, et plus particulièrement chez les ouvriers de la Manufacture de Châtellerault. Leur implication durant la guerre fut significative.</p>



<p>Parmi les instituteurs, ceux trop marqués par leur militantisme furent déplacés ou déportés. Dès les débuts de la guerre, le Régime de Vichy appliquait un contrôle renforcé sur les enseignants en réformant l’administration scolaire. Quelques témoignages d’anciens écoliers sous l’Occupation sont recueillis dans l’ouvrage.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres.jpeg" alt class="wp-image-36287" width="679" height="509" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres.jpeg 800w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres-300x225.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres-768x576.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres-80x60.jpeg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres-650x488.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/radio-londres-150x113.jpeg 150w" sizes="(max-width: 679px) 100vw, 679px"><figcaption>Le plasticien suisse Christian-Robert Tissot a créé pour les Poitevins des « messages personnels » qui intriguent le passant. Site de la VRID.</figcaption></figure>
</div>


<p>Sans idéalisation, l’auteur insiste sur les figures de résistants et la place des femmes. Il explique les rouages de plusieurs de leurs missions. On comprend, à travers la lecture des différents articles, la manière dont étaient orchestrées les actions collaborationnistes ou résistantes. Louis-Charles Morillon montre notamment le rôle de la presse au sein de la guerre et son utilisation par les occupants allemands et leurs soutiens. En effet, la presse officielle, la radio ainsi que le cinéma étaient contrôlés par Joseph Goebbels, chef de la propagande nazie. En découle alors le développement de la presse clandestine comme <em>Le Libre Poitou</em> fondé dans la Vienne par le réseau Louis Renard dès 1940.</p>



<p>Les menaces à l’encontre des juifs, des communistes et des tziganes ainsi que de tous ceux qui voudraient leur venir en aide étaient courantes. L’auteur décrit parfaitement ce climat de tension et d’insécurité, «celui qui enfreignait la loi était poursuivi et puni&nbsp;: amende, internement dans le camp le plus proche tel le camp de la route de Limoges à Poitiers». Il évoque à Poitiers, une «section spéciale» qui siégeait dans l’ancien Palais de Justice. Le gouvernement de Vichy avait décidé la création de ces tribunaux d’exception dans un esprit de collaboration avec le régime nazi, l’objectif premier étant la répression des résistants. Ce cadre légal permettait de légitimer et de crédibiliser la violence des procédures.</p>



<p>Ces articles soulignent la force de la Résistance et de ses acteurs dans la Vienne. De nombreux jeunes y prirent part malgré le danger, on ressent au travers cet ouvrage le patriotisme puissant. L’auteur fait également mention du Conseil national de la Résistance, organisme aux ambitions sociale et humaniste prônant des valeurs de solidarité, de laïcité et de justice, fondé par Jean Moulin.</p>



<p>Dans l’article «Radio Londres» nous est révélée la signification des mystérieuses inscriptions que l’on aperçoit sur les maisons en remontant la rue du Faubourg du Pont Neuf à Poitiers. En 2013, le plasticien Christian-Robert Tissot, ancre l’histoire de ville sous l’Occupation, en apposant des messages en référence aux missions de parachutage émis par ce média résistant.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="268" height="370" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/renee-moreau.jpeg" alt class="wp-image-36286" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/renee-moreau.jpeg 268w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/renee-moreau-217x300.jpeg 217w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/renee-moreau-150x207.jpeg 150w" sizes="(max-width: 268px) 100vw, 268px"><figcaption>Renée Moreau, résistante et déportée, Châtellerault.</figcaption></figure>
</div>


<p>Morillon élabore le récit et la mémoire de la grande Histoire par les petites histoires qui la composent. Son travail s’appuie sur les récits de nombreuses familles originaires de la Vienne, alimentant certains articles de témoignages personnels. Il dédie un article particulier à la résistante récemment décédée Renée Moreau. À l’âge de 20 ans, elle entre à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault qui était sous contrôle allemand à cette époque. Les conditions de travail à la Manu&nbsp;sont pénibles et un mouvement gréviste s’organise dès 1940. Le 26 novembre 1942 fut une date de mobilisation importante rassemblant environ 1800 manifestants protestant contre le départ forcé des travailleurs. Renée Moreau fut arrêtée suite à une dénonciation en février 1943 et conduite à la prison de la&nbsp;Pierre Levée avant d’être envoyée vers le camp de Ravensbrück dont elle sera rescapée.</p>



<p>De nombreuses histoires poignantes sont retranscrites comme celle de la famille Forest lors du massacre d’Oradour-sur-Glane. L’auteur insiste sur l’immense drame des enfants déportés durant cette guerre. C’est un bilan catastrophique de 11450 enfants déportés que révèlera Serge Klarsfeld. On dénombre 502 de ces déportations depuis le camp de la route de Limoges de Poitiers. À Poitiers spécifiquement, «&nbsp;53 enfants seront arrêtés et déportés parfois arrachés sur leur lieu d’étude telles que ces élèves du lycée Victor-Hugo».</p>



<p>Les derniers articles sont consacrés à la Libération. La traque des résistants s’amplifiant dans les derniers temps de la guerre, Morillon met en avant, le désir d’épuration de la part des résistants et des familles de victimes à la Libération. Ces derniers réclament réparation car les décisions judiciaires sont souvent jugées indignes.</p>



<p>Louis-Charles Morillon œuvre ainsi à un travail de mémoire qui témoigne de son plein engagement personnel. Il aborde, entre autres, les&nbsp;thématiques majeures de cette guerre telles que la Résistance, la répression, l’internement en prison et dans les camps et la collaboration par le récit de vies, quotidienne et culturelle, des Poitevins. Il évoque, par son regard objectif, le rationnement, le manque de libertés, les séparations… dans un ouvrage accessible.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><a href="http://www.gesteditions.com/beaux-livres/autres-beaux-livres/la-vienne-occupee-les-annees-grises-1939-1945">La Vienne Occupée, les années grises 1939–1945</a></em>, de Louis-Charles Morillon, La Geste, 200 p., 29,90€</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/resister-dans-la-vienne/">Résister dans la Vienne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>J’ai retrouvé cette rue qui n’avait pas changé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2020 08:38:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Éric Strawczynski découvre un atlas et des certificats de naissance au décès de son père et décide de retracer cette histoire familiale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p>«Je ressemble peut-être à une gravure de mode du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle, mais j’assume&nbsp;!» Héritage de son grand-père Nathan (Nuzyn) Strawczynski, tailleur originaire de Galicie (province de la Pologne), dont Éric Strawczynski retrace le parcours de vie et celui de sa femme, Rosa Garnek. De familles juives, Nathan et Rosa vont parcourir l’Europe, de la Pologne à l’Allemagne avant d’arriver en France en 1923 où ils sont naturalisés en 1930. Clef de leur survie, en tant que Français, ils échappent aux rafles et au sort de la Shoah. Ce périple dans le temps et les villes polonaises, allemandes (Coblence) et françaises (Nancy, Laon, Villeneuve-sur-Lot), Éric Strawczynski le parcourt lui-même au moment où il découvre les archives de son père Max dont des photographies et un atlas. Il y a des inconnues dans l’histoire de ces voyages et ces adaptations que l’auteur découvre en remontant le fil… </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il y avait une légende familiale qui disait que mon grand-père était né à Varsovie, or pas du tout, il était né dans une petite bourgade de Galicie, non loin de celle de ma grand-mère. Avec l’atlas et les certificats de naissance, j’ai recherché les noms, les lieux, j’ai comparé.»</p></blockquote>



<p>Au départ, Éric Strawczynski ne pense pas publier un livre de cette histoire-là. Mais une année de recherche et de cheminement dans les archives l’enjoigne à partager ces vies. Soutenu par sa femme et aidé par un jeune ami polonais, Jakub Polaszczyk, il prend connaissance des archives polonaises et réalise ce chemin depuis la Galicie jusqu’à Villeneuve-sur-Lot. Des éléments parcellaires émergent, il y a d’abord l’incertitude des lieux, les prénoms également (est-ce Nathan ou Nuzyn&nbsp;?). Une enquête à laquelle se mêle de nombreuses lectures historiques pour ancrer ces histoires individuelles au fait collectif. «J’ai fait le trajet jusqu’à rechercher les lieux où ils ont vécu. Parfois avec difficulté, les noms de rues ayant changé. C’est partir sur les traces en fait, on prend son sac et puis c’est touchant. Quand je suis arrivé dans cette petite bourgade où vivait ma grand-mère, j’ai remonté la rue que je connaissais par une photographie ancienne, j’ai retrouvé cette rue qui n’a pas changé… c’est assez vertigineux cette conscience du temps. J’avais envie de leur rendre hommage pour leur courage, qui peut sembler normal, mais que je trouve héroïque, modestement, dans leur traversée et résistance. Leur histoire m’a amené à relire toute l’histoire du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle, au-delà d’une histoire collective, économique et politique, l’approche de l’École des Annales et de la micro-histoire a apporté quelque chose de nouveau en descendant de manière profonde dans les mœurs, la vie des personnes. Ma philosophie est de dire qu’au-delà d’un déterminisme qui pèse sur les destins d’un groupe, les destins individuels ne peuvent pas être compris comme globalisant. Il y a une marge de liberté, de chance, d’indéterminé qui fait que l’on échappe à une forme de désespoir.»</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/nathan-et-rosa-et-leurs-fils-2-copie-1024x815.jpg" alt class="wp-image-33635"><figcaption>Nathan, Rosa et leurs fils Max et Hermann en 1923.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Délier le tabou</strong></h4>



<p>Dans la vie de Nathan et Rosa, toujours, une échappée en amont du drame à venir. Leur exode est constant jusqu’à la France, lié à une situation économique défavorable dans un climat général plus délétère. «Il y a une intuition chez eux, une intuition de gens qui ont l’expérience de situations analogues. Le fait qu’ils aient vécu leur enfance à Lodz, cette grande ville agitée, marmite incroyable, leurs a appris énormément. Mais ce n’est pas formalisé intellectuellement, ils n’avaient pas fait d’études.» La force de Nathan et Rosa réside dans leur capacité à s’adapter en tout lieu. Parlant yiddish, leur histoire est passée sous silence dans la famille, cachée dans les non-dits. «J’ai eu un très bon contact avec mes grands-parents, ils étaient aimants et affectueux. Mais mon père a fait un peu obstacle, non pas délibérément, mais il ne voulait pas que je sache ces choses-là. Il faisait partie de cette génération qui a vécu l’Occupation très jeune, il s’est engagé dans les Forces françaises libres. Après la guerre, cette génération d’hommes voulait tourner la page, c’est regrettable mais je le comprends. Ils voulaient s’intégrer. De plus, il a acquis un statut social plus éminent, c’est un symptôme assez connu lorsque l’on change de statut social à assumer ce parcours sociologique. Moi, j’étais petit, je n’ai pas pensé à noter. Mon père n’a pas facilité les choses mais il m’a transmis ces documents à exploiter.» Et dans ces creux se niche la langue, celle des grands-parents. Éric Strawczynski pensait qu’ils parlaient polonais. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En réalité, c’était une langue d’appoint pour aller faire des courses mais pas leur langue vernaculaire. J’ai commis des impairs comme offrir des livres en polonais à ma grand-mère. Elle n’a rien dit mais elle était gênée.»</p></blockquote>



<p>La langue sauve, dans leur histoire la naturalisation les protège des camps de concentration. Il y a des astuces dans leur parcours. Ainsi, après l’Allemagne, Nathan et Rosa arrivent en France à Nancy, ville bilingue, leur permettant de s’accoutumer au français après quatre-cinq années passées là-bas. «Ça les a sauvé. Tout comme le fait de vivre en province plutôt qu’à Paris. La fratrie de mon grand-père qui était à Paris s’est installée dans la communauté juive et a été la cible des rafles. Au moins trois personnes de sa famille ont été déportées et ne sont pas revenues. Une partie est allée vivre en Amérique, j’ai retrouvé leurs traces. Pour les autres, je ne sais pas…»</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/n-et-r-la-poupee-729x1024.jpg" alt class="wp-image-33636"><figcaption>Nathan et Rosa dans leur jardin de la rue David en mai 1932.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Se définir dans une histoire collective</strong></h4>



<p>Dans ce livre, Éric Strawczynski est présent en filigrane, on le devine avec une réserve. «Je suis resté à distance en essayant de ne pas m’impliquer personnellement parce que je trouve que je n’ai pas été une victime. Mon enfance n’a pas été très heureuse parce qu’elle a correspondu à cette époque mais ma mère étant catholique, je n’ai pas été menacé. La révélation pour moi, a été de comprendre que si l’Occupation avait perduré, tous les juifs y seraient passés. Le régime de Vichy était en fait une imposture puisqu’il réunissait des gens qui pensaient qu’en s’entendant avec Hitler, on allait sauver quelque chose. Mais il y avait aussi des fanatiques qui était du côté de la doctrine nazie. Vichy était une vieille tradition française d’antisémitisme de type religieux plus qu’ethnique. En 1942 en négociant avec Hitler ils voulaient sauver les meubles, ça a été l’argument à la Libération. C’était cynique de dire qu’ils n’ont rien pu faire pour les étrangers mais qu’ils ont sauvé les juifs français… Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est de voir comment une génération de politiciens, d’idéologues peuvent contribuer, de “bonne foi”, à une entreprise catastrophique alors même qu’ils pensaient agir pour le bien de la collectivité. C’est une leçon à méditer en permanence.» En outre, cette aventure historique et archivistique ouvre la voie vers une définition de son identité, une méfiance à l’égard des jugements trop hâtifs et une attention portée à l’histoire.</p>



<p>Dans ce voyage, Éric Strawczynski arpente les shetl de la Pologne, les villes en développement de l’Allemagne, passe au crible dans l’histoire personnelle de ses grands-parents la France de Vichy et ensuite le voile apposé sur l’histoire familiale. Tout se mêle dans l’histoire collective, la compréhension des particularités individuelles, au-delà du tragique. «C’est un livre qui m’a appris.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><a href="https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=64856">Nathan et Rosa</a></em> par Éric Strawczynski, L’Harmattan, 2020, 32 €.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Une bibliothèque pour écrire</strong><br><em>Nathan et Rosa</em> est jalonné d’autres livres, il y a autant l’apparition de Georges Pérec que l’historien Ivan Jablonka. «Dans ma bibliothèque, il y a beaucoup de livres qui se situent dans cette tradition d’écrivains juifs dont Bruno Schulz. Pour le parcours de l’Occupation, j’ai retrouvé dans l’enquête de Modiano, un livre poignant, <em>Dora Bruder</em>. J’ai aussi été influencé par Ivan Jablonka avec son essai de savant et <em>L’Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus</em>, il se situe à un niveau académique et de recherche élaborée alors qu’il retrace l’histoire de ses grands-parents. Et il y a également Paul Ricoeur qui parle de la nécessité de l’oubli, on ne peut pas vivre avec la charge, le devoir de mémoire c’est une chose mais la nécessité de l’oubli c’est aussi pouvoir assumer le présent et le futur sans être écrasé par le poids du passé…»</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jai-retrouve-cette-rue-qui-navait-pas-change/">J’ai retrouvé cette rue qui n’avait pas changé</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Hitler et la petite oie stupide</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 00:13:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Das dumme Gänslein, ou l’Oie Stupide, est un des rares dessins animés du Troisième Reich à avoir survécu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale – la honte est un puissant facteur de destruction.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Florine Michelet</strong></p>



<p>Le cinéma et les nazis, une grande histoire d’amour et de propagande. Du film des jeux de Berlin à <em>Kolberg</em>, dernier grand film de propagande du Reich, en passant par <em>Le Triomphe de la Volonté</em>, les nazis ont adoré filmer et diffuser leur vision du monde sur le grand écran. Même avec les dessins animés – car Hitler les appréciait au point d’accueillir le frère de Walt Disney pour la promotion de <em>Blanche-Neige</em>.</p>



<p>Quiconque commence une recherche scientifique redoute de finir face à un mur&nbsp;: un livre perdu, une réserve pillée… ou une référence qui, après moult et moult recherches sur le précieux internet, ne donne rien d’autre qu’une grande page de vide. On s’échine à chercher ce dessin animé oublié que l’on veut voir et étudier. En effet, il est très compliqué de retrouver des dessins animés des années 1940 – ceux qui ne sont pas américains. Ils ont été utilisés par les ministères de la propagande et ils méritent que l’on s’y intéresse un peu. Mais l’œuvre peut être compliquée à comprendre. Alors, quelle est l’histoire d’Hitler et de la petite oie&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/02/das-dumme-ganslein-01-1024x576.jpg" alt class="wp-image-32348"><figcaption><em>Das dumme Gänslein</em>, ou <em>l’Oie Stupide</em>, diffusée en 1944.</figcaption></figure>



<p><em>Das dumme Gänslein</em>, ou <em>l’Oie Stupide</em>, est un des rares dessins animés du Troisième Reich à avoir survécu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale – la honte est un puissant facteur de destruction. Produit par Hans Fischerkösen, il a été diffusé en 1944 dans le Reich allemand. Avant même de raconter l’histoire du dessin animé, il faut raconter l’aventure de sa découverte. </p>



<p>Les sites vidéo habituels ne permettaient pas de le trouver. Certains sites avaient des liens qui n’aboutissaient à rien.&nbsp;Dans ce genre de situations, on s’intéresse au site des archives&nbsp;: d’abord les grandes archives nationales, puis celles du studio… sans résultats. De désespoir, on cherche un peu au hasard, on ère sur l’Internet mondial. Et finalement, trois jours de recherche plus tard, on se retrouve sur un site obscur, noir et vert-de-gris, orné d’une croix gammée. La tendance politique est très nette. Mais miracle&nbsp;! Un lien est dévoilé, un lien qui amène enfin sur une vidéo non répertoriée (c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être trouvée sans ce lien précis). Le téléchargement échoue deux fois, on finit par le télécharger sur le téléphone. Le valait-il vraiment&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/02/das-dumme-ganslein-06-1024x576.jpg" alt class="wp-image-32350"><figcaption>La petite oie, son mari et ses quatre enfants.</figcaption></figure>



<p>Finalement, qu’est-ce qui dérange dans ce dessin animé&nbsp;? En regardant de loin, il n’est qu’une fable de plus dans le cinéma. Une petite oie cherche à s’extraire de sa condition sociale&nbsp;: elle rêve de la ville, de belles parures et de beaux mâles plutôt que de se contenter de sa vie simple de fermière promise au jard du village. Sa mère peut la rappeler à l’ordre, l’empêcher de porter des talons et du maquillage, elle veut la belle vie&nbsp;! Comble de l’horreur pour sa famille, elle s’acoquine avec un renard. Elle part avec et arrive dans son repère où se trouve d’autres oies emprisonnées. Elle comprend qu’elle a été dupée par de belles paroles et réussit à s’échapper. La ferme n’est pas revancharde, puisque les animaux qui se moquaient d’elle la sauvent. La petite oie se marie avec son soupirant, qui est bien un jard et éduque ses quatre enfants dans la plus pure tradition.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/02/das-dumme-ganslein-07-1024x576.jpg" alt class="wp-image-32352"><figcaption>Le renard, au long nez et vêtu comme un colporteur juif <br>(long manteau et chapeau rapiécé), s’approche de l’oie.</figcaption></figure>



<p>Comparé à d’autres œuvres de propagande, ce dessin animé n’a pas l’air si dangereux que cela. Pourquoi donc est-il si bien caché dans les méandres du <em>dark web</em>&nbsp;? </p>



<p>Parce qu’il est dangereux dans tout ce qu’il ne montre pas. Cette grande ville dont la ferme a peur, c’est tout ce que représente la République de Weimar&nbsp;: les music-halls, la débauche, la vie de Bohême, mais aussi la démocratie. La ferme est la représentation d’un Reich où tout est beau et bien à sa place&nbsp;: les oies (blanches, est-ce un détail ?) sont de bonnes mères, elles épousent des jards tout aussi blancs. Il n’y a pas de place pour le couple interracial que représente le renard et l’oie. Et ce renard, que représente-t-il&nbsp;? Habillé en colporteur, mauvais et roublard, il représente le juif qui a manipulé et trahi l’Allemagne (la fameuse théorie du poignard dans le dos). La petite oie cherche à échapper à sa condition&nbsp;: elle veut vivre de manière insouciante, comme dans les années 1920. Sa famille conservatrice souhaite la ramener dans le droit chemin, dans la tradition. C’est chose faite à la fin du dessin animé. Devenue mère, elle éduque ses enfants à être de bonnes oies et de bons jards. Quand on sait qu’il s’agit d’une production nazie, cette sacralisation de la tradition n’est pas étonnante. L’Église, les Enfants, la Cuisine (<em>Kirche</em>, <em>Kinder</em>, <em>Küche</em>). C’est tout ce qui compose la femme aryenne. La morale de ce dessin animé est simple. La vie sous le Reich est douce, organisée comme il faut, où chaque petite chose est à sa place – tout est naturel et ne doit pas être modifié. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/02/das-dumme-ganslein-03-2-1024x576.jpg" alt class="wp-image-32353"><figcaption>L’oie, ici petite, observe les charmes de la ville malgré les complaintes de sa mère.</figcaption></figure>



<p>C’est là tout l’art de la propagande dans les dessins animés&nbsp;: être visible, être comprise, être efficace. Si, aujourd’hui, on se demande à tort pourquoi ce dessin animé est dissimulé c’est parce que nous n’avons plus les mêmes schémas mentaux. </p>



<p>Toute la complexité d’une œuvre est de rentrer mentalement dedans&nbsp;: dans ce qu’elle dit, ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle cache et ce qu’elle crache. </p>



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<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Leonard Mosley, <em>the real Walt Disney</em>, Futura Publications, 1987.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/hitler-et-la-petite-oie-stupide/">Hitler et la petite oie stupide</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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