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	<title>Artiste - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Artiste - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Le Poitiers solaire d’Emmanuel Denis-Touron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2024 16:30:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Redécouvrir Poitiers dans le beau livre d’Emmanuel Denis-Touron qui a réalisé plus de 150 dessins, la plupart aquarellés mais aussi réalisés à l'encre de Chine ou au brou de noix.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Poitiers est-elle une ville au nord du sud ou au sud du nord ? L’ardoise et la tuile se côtoient, se chevauchent parfois. Dans cet entre-deux – bassin parisien et bassin aquitain, massif central et massif armoricain – Poitiers est bien dotée mais le cœur balance. Emmanuel Touron a choisi&nbsp;: Poitiers est une ville solaire, aux tons pastels, aux lignes harmonieuses, paisibles, une ville de vacances. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux vallées qui enserrent le «plateau» offrent des points de vue larges. Il ne manque que la mer mais les couleurs aquarellées et les longs panoramiques donnent le sentiment de découvrir une cité balnéaire. Impression renforcée par le format à l’italienne du livre d’Emmanuel Denis-Touron.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="411" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers.jpg" alt class="wp-image-38435" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers-300x120.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers-768x308.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers-650x261.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_escaliers-150x60.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">De bas en haut, de haut en bas. Dédale d’escaliers. Dessin Emmanuel Denis-Touron.&nbsp;</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sa ligne claire avait été révélée dans son premier livre de dessins aquarellés sur <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/niort-en-couleurs/">Niort</a>, où il travaille, à la <em>Nouvelle République</em>. Après le succès de l’ouvrage, un retour à Poitiers semblait évident, ville de son enfance qu’il a arpentée en tous sens durant des années, notamment en y exerçant son métier de journaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très peu de textes, juste des indications pour se repérer dans la ville, plus de 150 dessins la plupart aquarellés mais aussi réalisés à l’encre de Chine ou au brou de noix (et un index malgré tout en fin de volume)… C’est le lecteur qui se raconte une histoire, il est maître du jeu. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="307" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib.jpg" alt class="wp-image-38437" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib-300x90.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib-768x230.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib-650x195.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_place_lib-150x45.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Place de la Liberté. Dessin Emmanuel Denis-Touron.&nbsp;</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On peut chercher à reconnaître les lieux, une ruelle, un bâtiment, un virage mais aussi se laisser porter par les images, le rythme des cadrages, fureter dans ces rues, jour et nuit, dériver au fil des cases, comme dans un album de Loustal. On se croirait dans une bande dessinée non pas muette mais dont les images n’ont rien d’autre à démontrer que leur présence. Parfois des petits personnages apparaissent, c’est nouveau, on croit même reconnaître un héros à la houppette blonde et son petit chien dans le quartier Dalesme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un catalogue de monuments historiques même s’ils sont présents, mais une promenade attentive dans la ville que l’on prend le temps d’observer dans le détail afin de débusquer des lignes originales, des signes abstraits, les effets de relief en façade (modénatures disent les architectes), les arrondis des immeubles des années 1950, comment une rue est ouverte ou fermée, mais aussi la piscine Tournesol, le colimaçon en béton de la Tour à l’oiseau, les fenêtres mansardées, les portails de toute nature y compris en métal rouillé, les enfilades de toits, les escaliers, les ombres, le crépuscule bleuté. Les lignes d’horizon créent une sismique du paysage urbain animée par les toits, les fils électriques, les cimes des arbres. Il ne manque que la maison natale de Michel Foucault et celle de la Séquestrée…</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="530" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule.jpg" alt class="wp-image-38436" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule-300x155.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule-768x398.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule-650x336.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_grand-goule-150x78.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">La Grand Goule s’invite dans le septième art. Dessin Emmanuel Denis-Touron.&nbsp;</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la mythologie de la ville, il y a la Grand Goule dont une représentation est conservée au musée Sainte-Croix, cette créature qui venait perturber le sommeil de Radegonde, la reine moniale fondatrice du monastère Sainte-Croix. Emmanuel Denis-Touron imagine les adaptations cinématographiques de<mark style="background-color:#ffffff" class="has-inline-color has-black-color"> </mark>cette histoire dans l’entrée d’un cinéma dont les spectateurs semblent sortis de ces films. Ne pourrait-on y voir un premier pas de l’artiste vers la fiction&nbsp;?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1013" height="813" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv.jpg" alt class="wp-image-38434" style="width:493px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv.jpg 1013w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv-300x241.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv-768x616.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv-650x522.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/touron_poitiers_couv-150x120.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1013px) 100vw, 1013px"></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron, <em>Poitiers aquarelles. Retour à la ligne</em>, <a href="http://www.gesteditions.com/beaux-livres/carnets-de-l-ouest/poitiers-aquarelles-retour-a-la-ligne">La Geste</a>, 2024, 188 p., 30 €</p>



<p class="wp-block-paragraph">Exposition à Poitiers chez Segeron, Le Grand Magasin en centre-ville, du 26 novembre au 25 décembre, une signature à Auchan Poitiers sud le 18 décembre toute la journée, puis chez Segeron le dimanche 22 décembre après-midi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron participe aux Ouvertures d’ateliers d’artistes de Niort les 23, 24, 30 novembre et 1<sup>er</sup> décembre 2024 (14h-19h) à son atelier au 62, rue Jean-Jaurès à Niort –&nbsp;<a href="mailto:emmanuel.denis.touron@gmail.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">emmanuel.denis.touron@gmail.com</a><br>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/le-poitiers-solaire-demmanuel-denis-touron/">Le Poitiers solaire d’Emmanuel Denis-Touron</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Aux tisseuses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 09:25:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marie Richeux écrit "Sages femmes" et tisse des liens entre les religieuses, l'histoire, l'écriture, la broderie...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Place de la Liberté à Poitiers, une maison aux garde-corps noirs et dorés, a abrité l’écrivaine Marie Richeux lorsqu’elle démêlait les pelotes de fils de son histoire matricielle. Trois générations de filles-mères l’amènent à voyager aux archives de Reims jusqu’à l’hôtel-Dieu où sont conservées de remarquables courtepointes brodées de scènes religieuses, du <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e</sup> siècle. Nul ne sait qui sont les mains tisseuses de ces œuvres remarquables. La fascination dans le livre <em>Sages Femmes </em>de Marie Richeux est dans les interrogations du parcours de ces parturientes, ventres maudits, celles qui donnent naissance en dehors de la norme, par ignorance, par désir. Et cette récurrence, l’arrière-grand-mère, la grand-mère et la mère… Pas à pas, elle interroge ses tantes, consulte les archives, les registres des cimetières, écrit à des historiennes. Cherche dans les nombreuses représentations de l’Annonciation, quelle est l’expression du visage de Marie. L’écrivaine voit d’ailleurs parfois en elle, les traits d’une sorcière, comme sur la couverture du livre de Carlo Ossola.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil des sages femmes s’étire de la Vierge Marie aux filles-mères jusqu’à Marie Richeux elle-même, se regardant prendre connaissance de sa grossesse, la vivre et voir sa fille Suzanne la guider dans les pages&nbsp;: «Elle est où, la maman&nbsp;?» Marie Richeux se voit grandir dans cette expérience qui l’installe dans la lignée de l’histoire des femmes, celles qui ne sont pas les figures remarquables, celles qui tissent. Et le tissage se mêle à l’enfantement. Les carmélites enfantent parfois en secret&nbsp;; cloîtrées, elles manient les fils, en silence. C’est ce que raconte l’artiste Sheila Hicks que Marie Richeux croise (sa fille collée contre elle) au hasard d’une rétrospective de cette voyageuse-tisserande-sculptrice… Et c’est aussi de Sheila Hicks et des carmélites dont il est question lorsque l’écrivaine rend visite à l’historienne et anthropologue Nicole Pellegrin dans son jardin poitevin. Passionnée aussi des tissus, des vêtements, de celles qui brodent, elle lui livre&nbsp;: «On a toutes, dans notre généalogie, des femmes qui, pour sortir de leur condition crasse, ont cousu, à la fois pour survivre et aussi pour créer du beau. D’ailleurs, il ne faut jamais oublier cette dimension, elles créaient du beau. Vous, en écrivant, vous continuez, petit point par petit point, d’accord, mais un roman, ça permet de tirer le fil qu’on a choisi, on n’est jamais réductible à ça. Vous êtes aussi, nous sommes aussi et surtout une multitude d’autres choses.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inscription est là, dans le tissu ou dans les tissus du corps humain, cette fille qui se constitue dans le ventre, s’emmêle à une lignée de femmes. Marie Richeux défait la pelote emmêlée, brasse secrètement son histoire familiale et la pose en patchwork dans un tissage commun.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Sages femmes</em> de Marie Richeux, Sabine Wespieser éditeur, 200 p., 19 €<br><br>Marie Richeux intervient au <strong>Centre Pompidou, le 31 janvier à 19h</strong> dans “Rendez-vous d’Effractions”. Elle sera accompagnée par l’historienne Nicole Pellegrin. La rencontre est animée par Marcelline Delbecq, artiste, écrivaine et critique d’art.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/aux-tisseuses/">Aux tisseuses</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Unions, désunions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 May 2021 11:10:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'Amour fou ? Intimité et création (1910-1940) est l'exposition présentée au Musée Sainte-Croix de Poitiers jusqu'au 4 juillet. Retour de visite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence avec <em>La Valse</em> de Camille Claudel, éditée en 1905. Le couple tangue, il s’épanche, lèvres tendues vers son cou, danse passionnelle qui annonce la chute, le rocher qui les retient, s’effondre dans la minute suivant le mouvement. Ce serait là, incarné, l’amour fou&nbsp;? Interrogé avec dix couples, vingt-et-un protagonistes, plus de deux cents œuvres, de 1909 à 1950, des quartiers de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés. Le musée Sainte-Croix de Poitiers présente une exposition, <em>L’Amour fou&nbsp;? Intimité et création</em> <em>(1910–1940)</em>, imaginée avec le musée des Beaux-arts de Quimper, jusqu’au 4 juillet. Pour la plupart, ces couples se connaissent, fréquentent les mêmes lieux (cafés, ateliers), les femmes créent ou participent aux œuvres. Peu d’entre eux durent, comme la valse, passion, influence créatrice, chute.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vénus triste</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Inévitablement, puisqu’il s’agit de Poitiers, Claudel et Rodin ouvrent le bal&nbsp;; puis Romaine Brooks dans un trio d’amour avec la ballerine Ida Rubinstein aux jambes infinies et son ami-amant – sans que l’on sache réellement – Gabriele d’Annunzio versifiant l’autoportrait de l’artiste. Ce tableau se tient face à celui du poète qu’elle représente mélancolique devant les lames de l’océan à Arcachon.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Voici dans tes grands yeux le feu qui fut l’espoir du souverain amour, avant que ton plus noir regard mirât l’intacte horreur de la Gorgone.» </p><cite>Gabriele d’Annunzio à Romaine Brooks.</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la <em>Weeping Venus</em> (1917), Ida étendue, endormie. Les deux femmes sont alors séparées, et Romaine Brooks repeint le visage, vers l’effacement des traits, plus elle refait, plus le visage ressemble à l’amante. L’exposition permet la découverte de photographies prises par Romaine Brooks.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="762" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie.jpg" alt class="wp-image-34082" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie.jpg 1000w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie-300x229.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie-768x585.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie-650x495.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/man-ray--le-baiser--rayographie-1922-photographie--collection-privee--man-ray-2015-trust-adagp-paris-20202021-image-telimage-paris-18--copie-150x114.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption>Man Ray. <em>Le Baiser</em>. Rayographie, 1922, photographie. Collection privée © Man Ray<br>2015 Trust / Adagp, Paris, 2020/2021, image : Telimage, Paris 18.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">«Nos deux nez font des étincelles car nous sommes bien née tous les deux», dessin représentant Man Ray et Kiki de Montparnasse. Alice Prin devient Kiki, modèle pour artistes puis amante et expérimentatrice du surréalisme en photographie avec Man Ray. Plusieurs tirages dont certains d’époques présentent l’Américain et sa femme-violon‑d’Ingres. Puis c’est Bella aux gants noirs qui fait durer l’amour, deux exilés russes, Bella et Marc Chagall. Gouaches inédites de la mariée éternelle, celle qui dans une huile conservée au MoMa, <em>L’Anniversaire</em> (1915), quitte légèrement le sol, fleurs à la main, amant volant, embrassant. Bella Rosenfeld se marie en 1915 avec Chagall. Ces gouaches d’une collection particulière sont les esquisses du <em>Double portrait</em>. Bella est gantée noire, en mariée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="664" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie.jpg" alt class="wp-image-34080" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie.jpg 1000w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie-300x199.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie-768x510.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie-650x432.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/marc-chagall--le-peintre-ida-et-bella-ou-le-peintre-et-sa-famille-1928-1929--pastel-sur-toile--collection-particuliere--adagp-paris-2020-2021--copie-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption>Marc Chagall. <em>Le Peintre, Ida et Bella</em> ou <em>Le Peintre et sa famille</em>, 1928–1929. Pastel sur<br>toile. Collection particulière © Adagp, Paris, 2020/2021.</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Des morceaux de Dora</strong></h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ou bien rire ensemble dans les rues<br>Chaque pas plus léger plus rapide<br>Nous sommes deux à ne plus compter sur la sagesse»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois vers sont de Paul Éluard à Nusch (Maria Benz). Celui qui essaye de se remettre de sa séparation avec Gala (qui rencontre Dali), espère qu’elle reviendra, même lorsqu’il se marie avec celle qui faisait de la figuration au théâtre de Guignol. Au fond de la salle, une photographie de Nusch, emmourachée à la plage, fixant l’objectif de Dora Maar. Plusieurs photographies du couple en compagnie de Man Ray, Lee Miller et d’autres artistes de cette période. Autres poètes, Elsa Triolet et Louis Aragon emboitent le pas. Peu d’archives ou d’œuvres présentées, seulement quelques bijoux créés par Elsa pour la maison Poiret, notamment. Aragon les vendait de porte à porte. Cela inspire à Elsa Triolet un texte, <em>Le</em> <em>Collier</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est avec une photographie de Dora Maar prise par Man Ray que Pablo Picasso la rencontre. Un mur entier dans le musée présente Dora Maar déconstruite par Picasso, reconnaissable dans le démembrement du visage. Elle-même artiste, elle documente la conception de <em>Guernica</em>. L’un, l’autre s’influence puis l’une se détruit, l’autre pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Changement d’étage avec l’ambiance parisienne de cette époque, puis la nuit avec Anaïs Nin et Henry Miller. Malheureusement, la salle est pauvre en comparaison des autres couples. Ces amants ont lié l’érotisme à la littérature, Miller lisant le journal de Nin, Anaïs permettant l’écriture et l’édition du <em>Tropique du cancer</em> (1934). À ce duo manque June, la femme de Miller, amante de Nin.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/05/foujit1-copie-922x1024.jpg" alt class="wp-image-34081"><figcaption>Foujita. <em>Les Trois Femmes</em>, 1930, huile sur toile. Collection Maison-atelier Foujita,<br>conseil départemental de l’Essonne. Photo Laurence Godart. © Fondation<br>Foujita/Adagp, Paris, 2020/2021.</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un japonais à Paris</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">«J’ai reçu ta robe d’été envoyer par Mme Jeanne qu’ils sont mignonne. J’ai envie de l’embrasser», écrit dans un français incorrect le peintre Foujita. Artiste japonais, figure du quartier, épris de Lucie Badoud, modèle comme Kiki, qu’il renomme Youki (rose des neiges). Lettres, dessins, pipe, matériels de dessin, tableau, épreuve de l’artiste et plus curieux, une tête cassée de Rodin que Foujita offre à Lucie comme bouchon de radiateur pour la voiture qu’il lui achète. Un amour de dix ans environ que l’on voit se vivre dans des courts films de l’artiste, les vêtements jetés au sol un à un, Youki au balcon, en voiture… Séparé d’elle, Foujita lui présente Robert Desnos que Youki épousera. Fidèle, Foujita sera le seul à l’enterrement de Kiki de Montparnasse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La Belle et la Bête</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, c’est la bête incarnée par Jean Marais qui clôt ce parcours avec Jean Cocteau. Un jeu de miroir replonge dans la scène où Belle – Josette Day – ouvre les yeux sur la bête. Masque, script du film, les gants brodés… Plusieurs pièces d’archives et les dessins caractéristiques de Cocteau. Ce dernier épris d’opium retient Jean Marais lors d’une audition pour <em>Œdipe-Roi</em> en 1937. «Il faut que je vous dise quelque chose, je vous aime»&nbsp;; «Moi aussi» répond Jean Marais qui avouera quelques années plus tard avoir répondu sans réfléchir, sans éprouver. L’exposition s’arrête avec <em>Orphée</em> en 1950. Marquant des décennies de couples d’artistes qui se font, se défont, se côtoient, s’influencent, se font du mal et aujourd’hui restent les œuvres à découvrir, des histoires à tisser en fiction.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je me couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là, mais quand je me réveille, ce n’est plus la même chose. […] Surtout, ne me trompez plus.» </p><cite>Camille Claudel à Auguste Rodin, lettre de 1891.</cite></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/unions-desunions/">Unions, désunions</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Rosa Bonheur, artiste et sœur d’artistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Nov 2020 11:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Isidore Bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Rosa Bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[sculpture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rosa Bonheur (1822-1899) n'était pas la seule artiste de sa famille. Ses frères et sa sœur ont également peint et sculpté. Focus sur sa relation avec l'un d'eux, Isidore Bonheur.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Morgane Glevarec</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rosa Bonheur est une figure incontournable pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e </sup>siècle&nbsp;: une femme artiste non-conformiste qui a su se faire une place au sein du traditionnel panthéon masculin. Alors que son nom était connu de tous de son vivant, rares sont ceux aujourd’hui qui s’en souviennent. Plus oubliés encore sont les frères et la sœur de Rosa Bonheur, également artistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rosa, Auguste, Isidore et Juliette Bonheur sont tous élèves de leur père, Raymond Bonheur, peintre mais sans grand succès. Il leur apprend ainsi à dessiner puis à peindre, en suivant des enseignements très académiques. Rosa Bonheur s’en écarte cependant&nbsp;: suivant sa passion d’enfant, elle choisit de représenter le monde animal, choix inhabituel pour l’époque. Pour une raison encore difficile à préciser, ses frères et sa sœur s’orientent vers les mêmes sujets. Un élément distingue cependant Rosa et Isidore Bonheur du reste de leur fratrie puisque leur pratique de la peinture est rejointe par celle de la sculpture.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/marie-rosalie_rosa_bonheur_with_three_unknown_family_members_by_disderi-595x1024.jpg" alt class="wp-image-33651"><figcaption>Marie-Rosalie (‘Rosa’) Bonheur avec son frère Auguste-François (à gauche) et deux membres de la famille. Photo par Eugène Disdéri (1819–1889), National Portrait Gallery, London.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Entre peinture et sculpture, le cœur balance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si pendant leur apprentissage, le frère et la sœur s’intéressent à ces deux techniques en parallèle, un choix s’impose au début de leur carrière. Pour son premier Salon en 1848, Isidore Bonheur expose le même sujet en peinture et en sculpture, <em>Un Cavalier africain attaqué par une panthère</em>, laissant les critiques juger de son talent dans chacune des deux catégories. Il choisit finalement de devenir sculpteur, scellant par la même occasion le destin de sa sœur. En effet, à partir de cette date, Rosa Bonheur s’écarte de cette technique, pour une raison qu’elle confie à sa biographe Anna Klumpke quelques années plus tard&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Parce que quand j’ai vu que mon frère Isidore avait du talent pour la sculpture je n’ai plus exposé au Salon pour ne pas entraver sa carrière.&nbsp;» </p><cite>Feuillet isolé, ayant possiblement appartenu à Anna Klumpke, c. 1898, Archives du château de Rosa Bonheur, C 0750 01.</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Un noble choix pour l’aînée de la fratrie, mais qui ne semble pas avoir été si facile pour autant. À la fin de sa vie, Rosa Bonheur avoue avoir «&nbsp;souvent regretté de n’avoir pas suivi la même voie que lui [Jean-Léon Gérôme, NDRL], qui a mené de front peinture et sculpture&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="469" height="635" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/isidore_jules_bonheur_c-1870.jpg" alt class="wp-image-33652" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/isidore_jules_bonheur_c-1870.jpg 469w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/isidore_jules_bonheur_c-1870-222x300.jpg 222w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/isidore_jules_bonheur_c-1870-150x203.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px"><figcaption>Isidore Bonheur, vers 1870, photographe inconnu.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Deux chemins d’artiste</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux artistes ne partageant ainsi plus les mêmes techniques, empruntent également des parcours différents. Si lors de ses premières années de carrière, Rosa Bonheur est considérée comme une gentille jeune fille peignant des tableaux mièvres et sentimentaux, elle se révèle rapidement être une peintre talentueuse et ambitieuse. En 1848, elle expose son premier chef‑d’œuvre, le<em> Labourage nivernais</em>, suivi par un second en 1855, le<em> Marché aux chevaux de Paris</em>. Des tableaux de grandes dimensions qui captivent la critique et les contemporains de l’artiste. Son nom traverse d’abord la Manche puis l’Atlantique, fait plus que rare à l’époque. Le 10 juin 1865, elle devient la première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur, reconnaissance que l’Impératrice Eugénie tenait à lui remettre en main propre, souhaitant montrer à tous que « le génie n’a pas de sexe ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Isidore Bonheur semble être resté dans l’ombre de cette renommée. Il expose lui aussi au Salon, d’ailleurs plus souvent et plus longtemps que sa sœur, mais ne parvient pas à captiver le public de la même manière. Il se construit une carrière modeste, recevant quelques récompenses et quelques commandes, notamment celle du sultan turc Abdulaziz pour le palais de Beylerbeyi. En raison de l’intérêt limité dont il fait l’objet, il est aujourd’hui difficile de retracer exactement sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence contrastée entre les carrières des deux artistes ne semble pourtant pas avoir envenimé leur relation, comme le révèle une lettre qu’Isidore adresse à Rosa Bonheur le 31 décembre 1892&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je pense d’ailleurs que tu ne seras pas fâchée de voir arriver à bord de ton navire isolé dans les mers glacées de la saison, des nouvelles de tes oiseaux du dimanche puisqu’ils ne viennent pas d’eux-mêmes. Et puis, vois-tu ma vieille sœur, en vieillissant on n’est pas fâchés de se serrer un peu les uns contre les autres, ne serait-ce que pour se réchauffer le cœur et ne pas trop s’apercevoir du vide. »</p><cite>Lettre autographe signée d’Isidore Bonheur à Rosa Bonheur, 31 décembre 1892, Archives du château de Rosa Bonheur, C 0166–04-01 et C 0166–04-02.</cite></blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Collaboration posthume</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">À la mort de Rosa Bonheur, Isidore se propose d’ailleurs pour aider à la réalisation d’un monument célébrant sa sœur illustre, sans montrer signe de jalousie. Il agrandit pour l’occasion une sculpture que la peintre avait fait dans sa jeunesse, et traduit en relief les œuvres phares de cette dernière. Un <em>Taureau marchant</em> surplombe l’ensemble, accompagné de quatre plaques en bronze&nbsp;: le <em>Labourage nivernais</em>, le <em>Marché aux chevaux</em> et le <em>Roi de la forêt </em>sont passés par le ciseau d’Isidore Bonheur, rejoint par un portrait de l’artiste défunte réalisé par Hippolyte Peyrol fils.Le monument est inauguré à Fontainebleau le 19 mai 1901 mais ne reste en place que peu de temps&nbsp;: il est détruit en 1941, les éléments en bronze sont refondus pour aider l’effort de guerre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="409" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/taureau_rosa_bonheur_fontainebleau-1.jpg" alt class="wp-image-33654" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/taureau_rosa_bonheur_fontainebleau-1.jpg 640w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/taureau_rosa_bonheur_fontainebleau-1-300x192.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/taureau_rosa_bonheur_fontainebleau-1-150x96.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px"><figcaption>Le monument à Rosa Bonheur, érigé en 1901 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), détruit en 1942. Carte postale vers 1920, photographe inconnu.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette disparition reflète le destin que les deux artistes rencontrent à leur mort&nbsp;: le nom de Rosa Bonheur devient le souvenir d’une peintre illustre tandis que celui d’Isidore Bonheur glisse doucement dans l’oubli.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Pour en savoir plus</strong><br><br>Anna Klumpke, <em>Rosa Bonheur : sa vie, son œuvre</em>, Paris, Flammarion, 1908.<br><br>Philippe Luez (dir.), <em>Rosa Bonheur et sa famille : trois générations d’artistes</em>, [exposition, Musée de Port-Royal-des-Champs, Magny-les-Hameaux, 7 avril – 25 juillet 2016], Paris, Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2016.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/rosa-bonheur-artiste-et-soeur-dartistes/">Rosa Bonheur, artiste et sœur d’artistes</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Jean-Louis Dumiot, 50 ans de Fusion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Nov 2020 13:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Dumiot]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Artiste plasticien né à Poitiers, Jean-Louis Dumiot a contribué à la réalisation d'une œuvre pour le campus universitaire. Retour sur son parcours et le "1 % artistique".</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Océane Charruyer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à l’âge de vingt-et-un an que l’artiste Jean-Louis Dumiot se fait connaître, grâce à la création de l’œuvre pour l’université de Poitiers. <em>Fusion</em>, tel est son titre, est réalisée en 1967. Cette peinture-sculpture est destinée à encadrer l’entrée de l’amphithéâtre de la nouvelle unité de formation et de recherche de Droit et Lettres du campus universitaire de Poitiers, il est ensuite installé à l’intérieur de celui-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plasticien, naît à Poitiers en 1946 où il passe son enfance. Ses parents sont fabricants de chemises sur-mesure et possèdent un atelier situé Grand-Rue. Jean-Louis Dumiot, se destine dans un premier temps à devenir musicien. Mauvais élève, il est renvoyé de plusieurs établissements entre le collège et le lycée. «&nbsp;J’ai toujours été un peu marginal&nbsp;: je jouais du rock’n’roll, je voulais même devenir professionnel, je jouais avec un groupe d’amis et on l’était presque.&nbsp;», nous confie-t-il. Finalement, il entre à l’École des Beaux-Arts de Poitiers puis suit une formation à Tours. «&nbsp;J’ai suivi la formation des Beaux-arts. Mais c’était surtout pour devenir enseignant, mais je ne voulais pas enseigner&nbsp;!&nbsp;» Déçu par l’enseignement dispensé, il façonne sa propre technique de réalisation artistique, influencé par l’art italien et le travail du sculpteur d’Alexander Calder. L’artiste affectionne particulièrement le grand format&nbsp;: «&nbsp;J’aime faire des choses qui dérangent, développer ma propre technique.&nbsp;» Il ne veut appartenir à aucun courant artistique, mais cherche à se démarquer. Lors de l’inauguration de sa restauration le 10 octobre 2019, l’œuvre de l’université est placée à l’extérieur de l’amphithéâtre de part et d’autre de la porte d’entrée. <em>Fusion</em>, est à nouveau valorisé par son emplacement&nbsp;; à la vue des étudiants empruntant les couloirs du bâtiment, et grâce à la nouvelle exposition sur deux pans de murs mis en lumière.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’œuvre révélatrice d’un talent</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Fusion</em> est une création abstraite et expérimentale dans la carrière de l’artiste. Cette réalisation a longtemps été considérée comme une production au titre du&nbsp;«&nbsp;1 % artistique&nbsp;», mais ce n’est pas le cas. Lors d’une construction, d’une extension ou encore d’une réhabilitation d’un bâtiment public, excepté quelques cas particuliers, un pour-cent du coût hors taxes prévisionnel des travaux doit être réservé pour l’acquisition d’une ou plusieurs œuvres d’art à un artiste vivant, conçue spécialement pour être intégrée dans la construction ou ses alentours. <em>Fusion</em> n’appartient finalement pas aux acquisitions d’œuvres au titre du «&nbsp;1 % artistique&nbsp;», puisque jeune créateur, Dumiot est repéré par le fils Ségeron, homme influent ayant le monopole sur le mobilier de l’université. Grâce à ses relations, il introduit Dumiot sur le chantier de la Faculté de Droit et Lettres du campus, actuellement UFR de Droit et Sciences sociales. La maquette que propose l’artiste est immédiatement acceptée par le concepteur de mobilier et le personnel de l’université. Toutefois, l’architecte en charge de la construction, Jean Monge, n’est pas informé de ce choix et se montre réfractaire. Il aurait préféré concéder la réalisation de l’œuvre à un artiste parisien. Cependant, malgré les mécontentements de quelques personnes, Jean-Louis Dumiot réalise son œuvre en trois mois seulement. <em>Fusion</em>, est une œuvre en deux panneaux symétriques alliant différents matériaux et techniques de réalisations. Le diptyque se compose d’alliage métallique (cuivre, laiton, fer), de gomme-laque et de résine. L’artiste expérimente plusieurs techniques :&nbsp;«&nbsp;J’ai d’ailleurs failli me brûler ou bien mettre le feu à l’atelier. Je mettais de l’alcool à brûler sur la sculpture et j’y mettais le feu. Mais comme c’était du bois, ça pouvait vite dégénérer. C’est le rendu qui importait.&nbsp;» Le titre de l’œuvre a été donné bien des années après. C’est au moment de la restauration, en 2019, que l’artiste est sollicité pour lui «&nbsp;affubler&nbsp;» un nom. Le rendu étant volcanique et Dumiot ayant risqué de prendre feu comme son œuvre, il décide de lui attacher le titre <em>Fusion</em>, comme pour symboliser l’esprit fusionnel entre le créateur et sa création. L’œuvre alimente les critiques, les détracteurs laissant entendre qu’elle est vouée à être éphémère et sera détruite après quarante-huit heures. Pourtant, elle a perduré jusqu’à nos jours. Cependant, elle avait besoin d’une restauration car, certains étudiants ont abîmé le diptyque en le rayant avec leurs clés, ou encore en amputant un morceau de l’alliage. Le restaurateur d’art, en accord et avec l’aide de Dumiot, a remplacé le morceau manquant. En revanche, certaines interactions d’étudiants ont été laissées, comme la torsion de quelques tiges de fer&nbsp;; «&nbsp;témoignage de mai 1968 et de l’esprit révolutionnaire&nbsp;» de cette époque.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’évolution de carrière&nbsp;: dans la certitude, les doutes</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1967, il part pour Grenoble où il vit, enfin, de ses réalisations. La ville organisatrice des Jeux-Olympiques d’hiver en 1968, est favorable à l’emploi et de nombreux promoteurs immobiliers proposent des projets de décoration intérieure pour les nouvelles constructions. Dumiot réalise de nombreuses fresques pour les halls des diverses constructions neuves&nbsp;: des œuvres toujours monumentales. Ensuite, il part pour quelques temps à Saint-Tropez grâce à l’un des promoteurs avec lequel il a travaillé à Grenoble. Puis, il s’installe à Nice où il élabore la conception de décors pour le théâtre et le cinéma. Après quarante ans à Nice, il décide de revenir dans sa ville natale&nbsp;: Poitiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Louis Dumiot a réussi à vivre de son art pendant près de trente ans, «&nbsp;J’ai des moments de doutes tout le temps. Je pense qu’il ne faut pas avoir de convictions dans ce métier. Seuls ceux qui sont sûrs d’eux peuvent en avoir. Il faut quand même avoir un minimum de confiance en soi, tout en sachant se remettre en question perpétuellement.&nbsp;» Aujourd’hui à la retraite, le récent regain d’intérêt pour l’œuvre <em>Fusion</em> le surprend et le stimule. Le plasticien dit à ce propos&nbsp;: «&nbsp;Je suis très étonné de l’intérêt qu’on porte à cette œuvre après tant d’années&nbsp;! Et j’ai été aussi ravi qu’elle soit restaurée, parce que je l’avais déjà proposé, il y a quelques années, mais ça ne devait pas encore intéresser le personnel universitaire. L’engouement autour de l’œuvre me donne à nouveau envie de créer.&nbsp;»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/jean-louis-dumiot-50-ans-de-fusion/">Jean-Louis Dumiot, 50 ans de Fusion</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>84 pages sur les odeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2020 12:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Charente-Maritime]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation du numéro d'été 2020 de la revue consacrée aux odeurs, des neurosciences à la littérature en passant par l'histoire...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Jean-Luc Terradillos, rédacteur en chef de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine, </em>présente la nouvelle édition de la revue consacrée aux odeurs&nbsp;: des neurosciences à la littérature, de l’histoire de la «révolution olfactive», qui prend racine au <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle, à la géographie sensorielle qui nous fait respirer les paysages, de la Charente-Maritime aux Pyrénées-Atlantiques. Une <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/">édition de 84 pages</a> réalisée par une quarantaine de journalistes, universitaires, écrivains, photographes et artistes.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" src="https://player.vimeo.com/video/445050730" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen></iframe>
<p><a href="https://vimeo.com/445050730">Les odeurs - Revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine</a> from <a href="https://vimeo.com/emfccsti">Espace Mendès France, Poitiers</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p></pre><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/84-pages-sur-les-odeurs/">84 pages sur les odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Paul Rebeyrolle, dans le vif de la terre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie Lonni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2020 07:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Paul Rebeyrolle]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Eymoutiers]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Rebeyrolle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion des 25 ans de l’Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers, en Haute-Vienne, le musée propose une exposition exceptionnelle entièrement consacrée à l’artiste limousin.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Marie Lonni</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’art de Paul Rebeyrolle nous submerge. Brutalement. Paul Rebeyrolle est un naturaliste qui décape la réalité. Son œuvre est brute. Elle prend dans le vif de la Terre et montre son état.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur des toiles de cinq mètres sur trois, Rebeyrolle étale du sable. La toile prend du volume, un fleuve s’écoule, chute sous nos pieds, éclabousse les contours de l’espace, nous sommes au dessus de lui. Uu autre tableau, un homme aux contours malpropres tire sur des cordes, les membres blanchâtres et le ventre bordeaux, un jambe de sac plastique et des chaussures jaunes abandonnées près de lui. Il s’empêtre dans des fils autour de ses bras. Seule figure sur fond noir, il se tient comme un fantôme affolé éventré de rouge. C’est <em>L’homme tirant sur ses liens, </em>de la série <em>Les évasions manqués.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’on entre dans l’Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers dans le Limousin, “on n’entre pas avec respect, ni avec sévérité. On vient vérifier l’état du monde” dit l’écrivain Francis Marmande. Et c’est bien là, la force du peintre Paul Rebeyrolle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il naît à Eymoutiers, au cœur du Limousin, en 1926. À 6 ans, une tuberculose osseuse l’oblige à rester immobile. Il est figé dans du plâtre pendant cinq ans, il passe son temps à peindre et dessiner. Ce n’est que lorsqu’il est libéré de sa coquille qu’il découvre la nature limousine : ses forêts et ses rivières. Il sait déjà qu’il veut être peintre. En octobre 1944, à 18 ans, il prend le premier train de la Libération et monte à Paris. Il découvre ses maîtres dans les musées et expositions : Rubens, Rembrandt, Courbet, Soutine… Il s’installe à la Ruche, la cité des artistes à Montparnasse. Il remporte le prix de la jeune peinture en 1950 et devient l’un des chefs de file du renouveau artistique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès ses débuts il s’affirme avec une oeuvre politique. À 27 ans, il adhère au parti communiste dans un esprit d’opposition à la guerre froide. Mais il le quitte à peine trois ans plus tard, lorsque l’URSS envahit la Hongrie. Il symbolise cette rupture dans le tableau intitulé <em>A bientôt, j’espère.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Rebeyrolle travaille par séries. De 1980 à 1987, il peint plus de 40 tableaux de prisonniers suppliciés dans la série <em>Les Évasions manquées</em>, des chiens hurlants et des personnages enfermés dans la série <em>On dit qu’ils ont la rage </em>et dans celle nommée <em>Au Royaume des aveugles,</em> il traite de l’aveuglement des hommes politiques. Michel Foucault qui admirait sa peinture et visitait souvent son atelier écrit à son sujet <em>La force de fuir </em>pour la revue <em>Derrière le miroir</em>, en mars 1973<em> </em>(<em>Dits et Écrits</em>, n° 118)<em>. </em>Il décrit les forces qui traversent ses tableaux et sculptures. À propos de la série <em>Les chiens,</em> Foucault évoque “une irruption qu’on ne peut maîtriser”. Ses tableaux, “au lieu de raconter ce qui s’est passé, fait passer une force dont l’histoire peut être racontée comme le sillage de sa fuite et de sa liberté.” Il note, enfin, que “la peinture a au moins ceci de commun avec le discours : lorsqu’elle fait passer une force qui crée de l’histoire, elle est politique”.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Gérard Rondeau, la peinture de Rebeyrolle est <a href="https://youtu.be/xYqf2kQMLBA">“en lien avec l’actualité. La sienne, celle de la révolte. Il revendique son camp.”</a> Selon Jean-Paul Sartre, le peintre se met tout entier dans ses toiles “alacrité et horreur, poésie et contestation”. Il est de ces peintres qui peignent des toiles en colères mais qui se souviennent que “partout, sur terre, il y a des couples qui font l’amour.”</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/20200128_134252-1024x540.jpg" alt class="wp-image-33277"><figcaption>Vue intérieure de l’Espace Paul Rebeyrolle. Série “Le sac de Madame Tellikdjian”.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de sa vie, Rebeyrolle continue à travailler à Eymoutiers. “J’ai vu qu’Eymoutiers où je suis né comptait beaucoup pour moi, une sorte de  relation forte. Que j’aimais le Limousin en général, et aussi beaucoup le caractère un peu spécial de ses habitants” explique-t-il en janvier 2005. C’est en pensant à cela qu’il accepte la création de l’Espace Paul Rebeyrolle, désiré par le maire d’Eymoutiers, Daniel Perducat, et quelques alliés locaux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bâtiment est inauguré en juin 1995. Pour Olivier Chaslin, l’architecte sollicité par Paul Rebeyrolle lui-même, le musée devait être un lieu de résistance culturelle, un bastion. Des murs à la lumière, le bâtiment a été pensé pour permettre aux œuvres de Rebeyrolle d’être à l’aise ensemble, les petites autant que les immenses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Espace Paul Rebeyrolle possède près de quatre-vingt œuvres de l’artiste. Chaque année, quarante à cinquante d’entre elles se relaient au sein de l’exposition permanente. En parallèle, le musée accueille tous les ans une exposition temporaire. Au travers d’œuvres appartenant souvent à des collections privées, donc peu ou jamais exposées, l’artiste en résidence entre en discussion avec l’univers de Rebeyrolle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’année 2020 fête les 25 ans de l’Espace Paul Rebeyrolle. Les événements liés au Covid-19 ne permettent pas l’accueil de l’exposition temporaire prévu (<a href="http://www.espace-rebeyrolle.com/a-lespace/">Philippe Cognée, 2017, Erro, 2018, Ouattara Watts, 2019</a>). L’Espace a donc choisi de présenter une exposition entièrement consacré à Paul Rebeyrolle, en faisant ressortir près une cinquantaine d’œuvres des fonds permanents.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le musée c’est “le rassemblement extraordinaire et unique en France d’un tel nombre d’œuvres de l’artiste, dans un écrin architectural ancré au milieu d’une nature toute limousine.”</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/eva-avril_lac_vassiviere_cf011021-1024x767.jpg" alt class="wp-image-33273"><figcaption>Le lac de Vassivière, près d’Eymoutiers. Photo Eva Avril.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nathalie Rebeyrolle, présidente de l’Espace Paul Rebeyrolle, écrit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Mon père a toujours dénoncé la folie des hommes, la torture, les abus de pouvoirs. Pour moi, c’est un peintre intemporel. Il ne faisait pas de jolis tableaux, il faisait des tableaux qui disent</em>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Rebeyrolle nous a quitté en 2005 en laissant derrière lui une œuvre immense tant par sa taille que par l’énergie qu’elle dégage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><span style="font-size: inherit">L’exposition du fond permanent de l’</span><a style="font-size: inherit" href="http://www.espace-rebeyrolle.com/">Espace Paul Rebeyrolle</a><span style="font-size: inherit"> est à visiter  jusqu’au 30 décembre 2020, tous les jours aux horaires habituels d’ouverture.</span></p></blockquote>



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