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	<title>archives - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>archives - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yoann Frontout]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 06:31:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La revue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Châtellerault, le CAAPC propose une exposition sur les sous-marins français jusqu'au 19 décembre 2025. Archives inédites et objets de la vie quotidienne des sous-mariniers y sont à découvrir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien avec Vincent Roblin, chef du bureau des publics et de la valorisation du CAAPC, par Yoann Frontout-Neuffer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa deuxième exposition thématique, le Centre des archives de l’armement et du personnel civil du Service historique de la Défense (CAAPC), à Châtellerault, met en lumière l’histoire méconnue des sous-marins français. À découvrir jusqu’au 19 décembre 2025..</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>L’Actualité. –</strong> Pourquoi une exposition sur les sous-marins à Châtellerault, aussi loin de la mer ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vincent Roblin –</strong> Créé en 1969 et rattaché au Service historique de la Défense en 2005, le CAAPC est un établissement de conservation d’archives militaires appartenant au ministère des Armées. Installé dans une partie de l’ancienne manufacture d’armes de Châtellerault, on y trouve aujourd’hui les dossiers des personnels civils du ministère des Armées, les archives des unités territoriales et spécialisées de la Gendarmerie nationale, mais également les archives consacrées à la conception, aux essais, à la fabrication et la maintenance de l’armement utilisé par l’armée française depuis le XVIIIe siècle. Et ce, dans le domaine terrestre, aéronautique mais aussi naval. Il y a donc, à Châtellerault, de très nombreux documents concernant la plupart des navires construits pour la Marine nationale depuis le XIXe siècle (plans, photos…). Nous n’avons donc effectivement pas la mer à Châtellerault, mais nous avons des frégates, des porte-avions et des sous-marins, sous forme papier, ce qui est méconnu du grand public&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons chaque année une exposition thématique construite à partir de nos fonds, afin de permettre au grand public, qui n’a pas l’habitude ou l’opportunité de consulter des archives en salle de lecture, de découvrir le riche patrimoine documentaire du ministère des Armées (notre exposition de l’an dernier était consacrée à l’année 1944). </p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, la France célèbre «&nbsp;l’année de la Mer&nbsp;» et nous commémorerons d’autre part, en 2026, les <a href="https://www.defense.gouv.fr/marine/400-ans-marine/400-ans-marine-nationale">400 ans de la Marine nationale</a>, soutenus par le Service historique de la Défense, qui donneront lieu à de nombreuses manifestations dans toute la France. Il nous est donc apparu assez évident de nous intéresser cette année au domaine naval. Nous avons souhaité aborder ce sujet sous l’angle des sous-marins, ces bâtiments mystérieux et invisibles qui exercent une fascination certaine sur le public et qui nourrissent notre imaginaire depuis leur invention, comme en témoignent le succès du roman <em>Vingt mille lieues sous les mers</em> de Jule Verne ou bien de nombreux films de guerre. Cette exposition propose donc une plongée en immersion originale dans une histoire relativement méconnue, à travers des documents d’archives conservés à Châtellerault.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’exposition déroule une approche historique, tant sur les avancées techniques que le rôle de ces bâtiments de guerre dans les conflits. De quand datent les premiers sous-marins français ? Avez-vous des archives assez anciennes pour documenter les premiers prototypes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition a effectivement pour objectif de raconter l’histoire longue des sous-marins français, depuis les premiers submersibles du XIXe siècle jusqu’à l’ère atomique. Les aspects techniques du fonctionnement des sous-marins, la question de la construction et de l’armement des sous-marins, ainsi que les grandes étapes et&nbsp;les épisodes marquants de l’histoire de la flotte sous-marine française y sont présentés, notamment sa naissance au XIXe siècle. Pénétrer dans le monde sous-marin est un rêve caressé par l’humanité depuis des siècles. Dès le XVII<sup>e</sup> siècle, des inventeurs imaginent, sur le papier, des navires capables de se déplacer sous l’eau. En 1800, l’Américain Robert Fulton conçoit un sous-marin en bois à voile, le <em>Nautilus</em> (dont le nom sera repris par Jules Verne) et conduit avec succès des essais de plongée dans la Seine, mais le projet est rejeté par Bonaparte. Les ingénieurs ne se découragent cependant pas et la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle voit de nombreux projets se développer partout dans le monde, portés par la Révolution industrielle. Révélé lors des guerres de Crimée et de Sécession, le potentiel militaire des sous-marins commence à intéresser la Marine française à partir des années 1850.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="706" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg" alt class="wp-image-38795" style="width:299px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg 706w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-207x300.jpg 207w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-650x943.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-150x218.jpg 150w" sizes="(max-width: 706px) 100vw, 706px"><figcaption class="wp-element-caption">Le Nautilus de <em>Vingt Mille Lieues sous les mers</em> par Alphonse de Neuville ©Wikimedia Commons</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier sous-marin expérimental français, le <em>Plongeur</em>, qui fonctionnait à l’air comprimé, est conçu à Rochefort en 1863 par l’ingénieur Charles Brun, et le capitaine de vaisseau Bourgois. En 1867, Jules Verne verra d’ailleurs une maquette de ce sous-marin lors de l’exposition universelle de Paris et s’en inspirera pour imaginer son <em>Nautilus</em>. Nous présentons dans l’exposition quelques documents d’archives originaux concernant le <em>Plongeur</em>, mais également des documents en lien avec les bâtiments ayant marqué l’histoire sous-marine française, comme le <em>Gymnote</em>, conçu à Toulon en 1888, ou encore le <em>Narval</em> mis au point à Cherbourg en 1899, qui constituent les premiers bâtiments sous-marins opérationnels de la Marine nationale. Le plus ancien document exposé est une publicité pour un projet de «&nbsp;bateau sous-marin&nbsp;» présenté lors de l’exposition des produits de l’industrie française de 1849.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les plans, photos, descriptifs des modèles récents étant certainement classés secret défense, jusqu’où documentez-vous l’évolution des sous-marins français dans l’exposition ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle que soit leur époque de construction, les sous-marins ont toujours été à la pointe de l’innovation technique et technologique. La Marine nationale a donc toujours été soucieuse de protéger les informations stratégiques entourant la conception et le fonctionnement de ces bâtiments qui jouent, comme on le sait, un rôle important dans la défense de notre pays et de nos intérêts dans le monde entier. Les archives concernant les sous-marins sont la plupart du temps classifiées, c’est-à-dire qu’elles sont protégées au titre du secret de la Défense nationale, qui les rend incommunicables pendant 50 ans. Ces délais sont fixés par le code du Patrimoine, qui encadre les règles de communicabilité des archives publiques en France. La communicabilité des archives relatives à l’armement nucléaire est encore plus restrictive, comme on peut s’en douter, car ces documents sont incommunicables sans délai. On ne trouvera donc dans cette exposition que des documents communicables. Les sous-marins de construction récente seront évoqués brièvement, sans entrer dans le détail de leur conception, à travers quelques photographies et des plans diffusés pour la communication. Passé le délai de 50 ans, les archives classifiées peuvent être librement consultées par le public, sur demande, en salle de lecture. Elles peuvent donc aussi être exposées, ce qui explique pourquoi les visiteurs pourront découvrir, dans l’exposition, de nombreux documents portant le cachet «&nbsp;Secret&nbsp;», datés de plus de 50 ans (c’est-à-dire jusqu’en 1974).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="705" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg" alt class="wp-image-38796" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-300x207.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-768x529.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-650x448.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-150x103.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Photographie du sous-marin Surcouf, archive du CAAPC</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a‑t-il des archives inédites, particulièrement remarquables, que vous présentez pour la première fois au public ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition a été construite principalement à partir d’archives conservées à Châtellerault. Quelques documents ont été prêtés par d’autres centres du SHD (Brest, Rochefort et Vincennes), pour compléter et enrichir le contenu de l’exposition. Plus d’une centaine de documents y seront présentés, dont de très nombreux originaux (les autres étant reproduits sur les panneaux d’exposition). Ces documents (atlas, plans, photographies, correspondance, télégrammes, affiches, journaux, brochures techniques, rapports…) sont la plupart inédits et emblématiques de l’histoire des sous-marins. Les visiteurs pourront notamment voir des documents originaux concernant les premiers sous-marins, comme le <em>Plongeur</em> ou le <em>Narval</em>, ou des documents concernant les sous-marins célèbres de la flotte française, notamment ceux de la Seconde Guerre mondiale (comme le <em>Casabianca</em> ou le <em>Surcouf</em>). Le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engin français, le <em>Redoutable</em>, est mis à l’honneur, à travers différents documents, dont la décision officielle de mise en chantier, signée de la main du ministre des Armées Pierre Mesmer (1963). Nous évoquons également la question des accidents et des naufrages à travers des photos, des télégrammes et des rapports. Une liste de victimes du naufrage du <em>Prométhée</em> (1932), signée de la main de l’amiral François Darlan, grande figure de la collaboration, compte parmi les documents présentés. Une galerie chronologique de 19 photographies de sous-marins, de la <em>Dorade</em> (mis en service en 1905) au <em>Suffren</em> (mis en service en 2020) permettra de voir l’évolution de la flotte sous-marine à travers le temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Présentez-vous également des objets ayant trait au quotidien des sous-mariniers ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour enrichir le contenu de l’exposition et appuyer les documents présentés, il nous est apparu effectivement intéressant de montrer des objets en lien avec les sous-marins. Notre établissement ne conservant que des archives, nous avons emprunté quelques objets, en particulier au Musée de l’escadrille des sous-marins de l’Atlantique (Lorient), à l’espace tradition de la Force océanique stratégique (Brest) et à la division de la symbolique du Service historique de la Défense (Vincennes). Les visiteurs pourront notamment voir des objets symboliques et des insignes, une lumière rouge d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE), des bonnets de sous-marinier ou encore la cloche du SNLE<em> Le Redoutable</em>. Une occasion rare à Châtellerault !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="385" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg" alt="Plan d'ensemble du Surcouf ©CAAPC" class="wp-image-38793" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-300x113.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-768x289.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-650x244.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-150x56.jpeg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Plan d’ensemble du Surcouf, archive du CAAPC.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous prévu dans ou autour de l’exposition des témoignages de sous-mariniers ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie quotidienne à bord des sous-marins depuis les origines jusqu’à nos jours sera évoquée dans l’exposition à travers un panneau et quelques documents. Nous proposerons également le samedi 8 novembre 2025, à 14h30, en marge de l’exposition, une conférence publique (sur réservation) animée par le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Chaineau, ancien commandant de sous-marin nucléaire, qui a terminé sa carrière en 2022 comme commandant des forces sous-marines et qui viendra nous parler de ses 25&nbsp;000 heures de plongée et de son expérience de sous-marinier. Je signale aussi que nous proposerons une autre conférence, le jeudi 9 octobre 2025, à 18h00, animée par le contre-amiral François Guichard sur l’histoire des premiers sous-marins français, intitulée&nbsp;: «&nbsp;Du sous-marin qui inspira Jules Verne aux premiers navires opérationnels&nbsp;».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg" alt="Affiche exposition sous-marins au CAAPC" class="wp-image-38790" style="width:307px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg 724w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-212x300.jpg 212w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-650x919.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-150x212.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px"></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Une exposition à découvrir jusqu’au vendredi 19 décembre 2025<br>Ouverte du lundi au jeudi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00 <br>et le vendredi de 9h00 à 12h00. <br>Ouverture exceptionnelle le dimanche 21 septembre, de 14h00 à 18h00.<br><strong>L’exposition étant présentée dans une emprise militaire, l’accès, gratuit, <br>se fait uniquement sur réservation et sur présentation d’une pièce d’identité.</strong></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-sous-marins-sinvitent-a-chatellerault/">Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Du livre aux moutons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2024 12:01:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Louis Tissot, Clément Mommessin et Andrei Cherkasov</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;À l’époque, je ne voyais pas très bien ce que je pouvais faire en recherche. J’étais incertaine, comme beaucoup d’étudiants&nbsp;», se remémore Dominique Taurisson-Mouret. Cette affirmation peut paraître surprenante tant son parcours est marqué par la recherche académique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence… par deux années en faculté de chimie à l’université de Limoges, puis Dominique Taurisson-Mouret décide de se réorienter en histoire car elle se rend compte que la chimie est pour elle «&nbsp;très très ennuyeuse&nbsp;». Elle effectue alors cinq années d’études dans sa région natale, obtient son diplôme d’études approfondies (DEA), qui est l’équivalent du master actuel, et commence une thèse en histoire médiévale. Cependant, n’étant pas certaine de vouloir être enseignante-chercheuse, elle décide de se réorienter vers les métiers du livre, et passe avec succès le concours de bibliothécaire en livres anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa carrière professionnelle débute à Limoges et se poursuit dans le sud de la France, à Nîmes. Malgré son épanouissement – «&nbsp;je pouvais lire tous les livres que j’avais envie de lire&nbsp;» – elle estime que les horizons de la fonction restent limités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un nouveau changement de voie est donc nécessaire&nbsp;: «&nbsp;J’ai passé le concours CNRS parce que je me suis aperçue qu’il n’y avait que la recherche qui m’intéressait.&nbsp;» Ainsi, après avoir réussi ce concours, elle devient ingénieure de recherche au Centre national de recherche scientifique où elle effectue de l’accompagnement à la recherche et des recherches en Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son premier poste est au Centre d’étude du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle à Montpellier où elle débute ses travaux historiques sur&nbsp; «&nbsp;l’emprise française&nbsp;» dans le monde, plus spécifiquement en Russie et dans les pays de l’Est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après quelques années dans l’Hérault, elle rejoint les bords de la Méditerranée et l’Unité mixte de recherche (UMR) sociologie, histoire, anthropologie des dynamiques culturelles (Shadyc) qui est devenue le Centre Norbert Elias. Au sein de ce laboratoire marseillais, elle croise son approche historique avec des chercheurs et chercheuses de disciplines variées (sociologie, anthropologie, etc.). Cette ouverture suscite un intérêt particulier chez elle et sera le fil rouge de la suite de sa carrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, après la cité phocéenne, c’est à Montpellier qu’elle retourne confronter son approche historique à une autre discipline en rejoignant l’UMR Dynamiques du droit. Les dix années passées avec des juristes et historiens-juristes lui permettent d’aborder une nouvelle approche, cette fois-ci juridique, dans ses recherches en histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, l’envie de rentrer au pays se fait sentir. C’est à Limoges qu’elle décide de continuer son parcours en rejoignant Géolab. Ainsi en retournant sur ces terres d’origine, cela lui permet de confronter encore une fois son approche historique à une nouvelle discipline : la géographie !</p>



<p class="wp-block-paragraph">La carrière de Dominique Taurisson-Mouret est ponctuée par différentes étapes dans plusieurs villes. Le cœur de sa recherche est une approche historique nourrie, au fil du temps, par des disciplines variées. «&nbsp;Je n’ai jamais travaillé dans un laboratoire où l’histoire était la dominante&nbsp;», ce qui résume parfaitement son parcours «&nbsp;assez tortueux&nbsp;».</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/du-livre-aux-moutons/">Du livre aux moutons</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>La passion d’un lecteur monogame</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 15:31:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
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		<category><![CDATA[La Rochelle]]></category>
		<category><![CDATA[Léon Bloy]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Médiathèque Michel-Crépeau]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grâce à Joseph Bollery, officier de la police judiciaire lettré, la médiathèque Michel-Crépeau<br />
de la Communauté d’agglomération de La Rochelle conserve un exceptionnel fonds<br />
sur l’écrivain Léon Bloy (1846-1917).</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du 21 au 23 octobre 2021 se tient à Poitiers un colloque avec Alberto Manguel à propos de son œuvre d’écrivain et de lecteur.&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine&nbsp;</em>propose à cette occasion de publier au gré des semaines les articles de l’écrivain parus dans ses précédentes éditions. Le colloque est organisé par le laboratoire FoReLLIS, université de Poitiers, équipe&nbsp;B2&nbsp;« Histoire et poétique des genres », programme « La lecture et les genres » (Alain Bègue, Séverine Denieul, Charlotte Krauss, Pierre Loubier et Antonia Zagamé). Pour consulter le programme des trois journées :&nbsp;<a href="https://emf.fr/ec3_event/alberto-manguel-ecrivain-lecteur-la-lecture-le-livre-la-bibliotheque/">Alberto Manguel, écrivain lecteur. La lecture, le livre, la bibliothèque</a>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Alberto Manguel Photos Marc Deneyer<br>Traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est rare que soit donnée une explication satisfaisante à la relation entre deux êtres. L’appariement fortuit, en apparence, d’amants, d’amis, de compagnons de loisirs ou de collègues de travail dépend de facteurs trop complexes ou trop délicats pour notre compréhension ordinaire. Bouvard et Pécuchet, Don Quichotte et Sancho, Julien et Mathilde ne sont pas des couples évidents, et pourtant il est impossible de douter des liens qui les unissent. Moins évidentes encore sont les histoires d’amour entre les lecteurs et leurs livres. L’attachement de saint Augustin à l’<em>énéide</em> et celui de Jean Giono à <em>Moby Dick</em> ne peuvent en aucune façon être justifiés pleinement. Le hasard, des circonstances particulières, un goût personnel pour ceci ou cela, une nostalgie secrète ou une obsession cachée peuvent contribuer un peu à expliquer notre passion pour un livre ou un auteur et non un autre, mais derrière ces mouvements du cœur se trouvent des fils invisibles, tels ceux qui joignent dans le ciel certaines constellations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faudrait donc pas s’étonner d’apprendre qu’un certain étudiant bourguignon de l’École normale âgé de dix-neuf ans, né en Saône-et-Loire en 1890, plutôt timide et réservé, s’éprit passionnément de l’œuvre irascible, véhémente dans ses prises de parti, virulente et irrépressible de Léon Bloy, qui n’était rien de tout cela dans sa vie privée. La question demeure néanmoins&nbsp;: pourquoi Bloy&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Joseph Bollery<sup>1</sup> découvrit Léon Bloy en 1909, dans ses <em>Pages choisies</em> de 1906, que lui avait recommandées un condisciple. Bollery se sentit «séduit par cette poésie intense et par ce style incomparable» et lut tout ce qu’il put trouver de cet étrange auteur. Il poursuivit sa lecture de Bloy au long de sa carrière d’enseignant, et durant la Première Guerre mondiale, qui fit de lui un <em>grand mutilé</em>. Après la guerre, il s’installa à La Rochelle où il fut secrétaire de police et, plus tard, officier de la police judiciaire, et finit par devenir le biographe de Bloy et l’un de ses critiques les plus lucides. Il mourut à La Rochelle le 13 avril 1967 avec, sans nul doute, un volume de son auteur préféré entre les mains. En 1969, la bibliothèque municipale de La Rochelle acquit des héritiers de Bollery la totalité de sa collection des œuvres de Bloy (ainsi que divers trésors, tels que les livres et papiers concernant Villiers de L’Isle-Adam). La bibliothèque y a ajouté d’autres trésors encore, en rapport avec ceux-là, dont le manuscrit autographe original de l’<em>épopée byzantine</em>, de Bloy, sous une ravissante reliure de René Kieffer ornée, en première de couverture, de quatre oiseaux entremêlés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2.jpg" alt class="wp-image-34403" width="553" height="546" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2.jpg 996w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-300x296.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-768x759.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-650x642.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_dedicace_2-150x148.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px"><figcaption>Sur <em>Le Désespéré</em> (1886), envoi de Léon Bloy à Henri Girard, comédien.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à la fin des années 1990, la bibliothèque de La Rochelle a occupé les locaux de l’ancien hôtel épiscopal, où elle était établie depuis la Révolution. Aujourd’hui, elle a été relogée dans la médiathèque Michel-Crépeau, un magnifique bâtiment moderne qui fait face aux tours et au port de La Rochelle. L’architecture intérieure suggère l’activité navale qui a fait la célébrité de la ville&nbsp;: salles de lecture agréables, vues splendides, générosité de l’espace dévolu aux collections prêtent à la bibliothèque l’atmosphère de l’intérieur d’un bateau et en font un lieu particulièrement propice à l’étude et à la consultation. Et des collections singulières, comme celle de Bollery, paraissent parfaitement à leur place dans cet endroit intime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques années après ses premières lectures, Bollery fit une conférence sur Bloy à l’Institut des conférences rochelaises. Le succès de cette conférence, que ses amis publièrent sous forme d’une petite brochure intitulée <em>Un grand écrivain français méconnu</em>, poussa René Martineau, un collègue de Bloy, à proposer à Bollery la direction d’une revue consacrée à l’œuvre de Bloy. La première livraison des <em>Cahiers Léon Bloy</em> parut en 1924 et la publication se poursuivit jusqu’en 1939, avec Bollery aux postes non seulement de directeur, mais aussi de secrétaire, rédacteur et correcteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de ces amants qui, dans les romans de chevalerie, ne se trouvent jamais en présence de l’objet de leurs amours mais n’en connaissent que les œuvres ou les portraits, Bollery ne rencontra jamais Bloy. Ce n’est qu’après la mort de Bloy que Bollery fit connaissance de sa veuve, Jeanne Léon-Bloy, et, plus tard, de leur plus jeune fille, Madeleine. Ces contacts familiaux permirent à Bollery d’avoir accès aux manuscrits de Bloy, aux vingt-quatre volumes du journal inédit et à de nombreux autres papiers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des archives recopiées à la main</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à son activité dans les <em>Cahiers</em> et à son amitié avec la famille de Bloy, Bollery put, au cours des ans, amasser abondance de documents. Il est émouvant de voir la collection constituée avec amour par un lecteur qui a, littéralement, grandi avec son sujet, suivant l’œuvre de Bloy de livre en livre et d’anecdote en anecdote, d’abord comme l’adolescent qui entrevoit quelque chose dont il ne peut tout à fait comprendre l’attrait et puis, à la fin, comme l’érudit capable d’analyses et de</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à son activité dans les <em>Cahiers</em> et à son amitié avec la famille de Bloy, Bollery put, au cours des ans, amasser abondance de documents. Il est émouvant de voir la collection constituée avec amour par un lecteur qui a, littéralement, grandi avec son sujet, suivant l’œuvre de Bloy de livre en livre et d’anecdote en anecdote, d’abord comme l’adolescent qui entrevoit quelque chose dont il ne peut tout à fait comprendre l’attrait et puis, à la fin, comme l’érudit capable d’analyses et de jugements exacts. Malheureusement, Bollery n’était pas riche et il lui fut impossible d’acheter nombre des documents qui lui passèrent entre les mains. Faute de quoi, avec une remarquable piété, Bollery recopia, à la main, beaucoup de ces écrits&nbsp;: journaux, notes, lettres, textes littéraires. Grâce à sa connaissance approfondie de l’œuvre et de la vie de Bloy et à ces archives recopiées (ainsi qu’à plusieurs documents originaux&nbsp;: différentes épreuves de la deuxième édition de <em>La chevalière de la mort</em>, de Bloy, les épreuves corrigées de trois volumes du journal, des quantités de lettres), Bollery réalisa une colossale biographie de son héros littéraire, en trois volumes qui furent publiés par Albin Michel entre 1947 et 1954.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_prince_noir_2-1014x1024.jpg" alt class="wp-image-34404" width="543" height="548"><figcaption>Épreuve corrigée d’un chapitre de <em>La Chevalière de la mort</em>, 1896 (Ms 2738).</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">«Ça pue le bon dieu ici !»</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne pouvons que tenter d’imaginer ce que pouvait ressentir le sobre Bollery lorsqu’il parcourait, par exemple, les notes jetées au hasard par Bloy – idées pour des essais, injures originales, aphorismes et équivalents, contre la fausse piété, l’hypocrisie bourgeoise, le journalisme corrompu, l’avidité mercantile – comme celles-ci, copiées d’un manuscrit de Bloy datant de 1904<sup>2 </sup>:</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Manger de l’argent</em><br><em>La justice et la miséricorde sont identiques</em><br><em>«Si je n’aime rien, je ne suis rien» – réponse d’une prostituée se justifiant à son maquereau.</em><br><em>Ça pue le bon Dieu ici&nbsp;!</em><br><em>Araignée de pissotière.</em><br><em>Je ne comprends pas qu’une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.</em><br><em>Dans la nuit noire, sur une table noire, une fourmi noire, Dieu la voit et l’entend.</em><br><em>Il y a dans le département de Tarn-et-Garonne une commune qui se nomme Notre-Dame des Misères.</em><br><em>Le Démon est un sentimental.</em><br><em>Goût de Napoléon pour l’imparfait du subjonctif.</em><br><em>Partout où il y a un imbécile, il y a du danger.</em><br><em>Pour montrer le mal avec précision, avec une exactitude rigoureuse, il est indispensable de l’exagérer.</em></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une dizaine d’années environ après que Bollery était tombé amoureux de l’œuvre de Léon Bloy, l’un de ses contemporains d’outre-Atlantique, aussi timide et réservé que l’avait été Bollery, lut les livres avec une ferveur égale quoique sans le désir de collectionner matériellement les manuscrits. Jorge Luis Borges, en Argentine, découvrit Bloy et écrivit à son sujet, et quelque chose de ce que Borges pensait de Bloy pourrait expliquer la passion de Bollery&nbsp;: «Peut-être le sédentaire et pusillanime Léon Bloy se métamorphosa-t-il en deux êtres irascibles&nbsp;: le franc-tireur Marchenoir, terreur des armées prussiennes, et l’impitoyable polémiste que nous connaissons et qui, pour les générations actuelles, est sans doute le véritable Bloy. Il forgea un style incomparable qui, selon notre état d’âme, peut sembler insupportable ou magnifique… en tout cas, un des plus vigoureux de la littérature.» Il est possible que Bollery ait perçu dans cette créature double un reflet de sa propre personnalité non réalisée, soldat blessé et silencieux érudit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_la_rochelle_bloy_clef_desespere_2-1024x1017.jpg" alt class="wp-image-34405" width="429" height="426"></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Dans le cercle de Léon Bloy</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, c’est dans son activité de lecteur de Bloy (et de ses contemporains car, pour l’amour de son écrivain préféré, il avait étendu son intérêt à tous ceux qui faisaient partie de l’entourage de Bloy) que Bollery atteignit à une sorte de modeste célébrité. La plupart des dictionnaires français de biographies, ignorant inconsidérément Bollery et ses travaux, ne lui accordent qu’une vague immortalité par procuration, associée à l’écrivain qu’il lut et soutint avec une telle fidélité. Il en fut d’autres, assurément, qui de temps à autre attirèrent l’attention de Bollery au dehors de ce cercle, mais ce n’étaient que des intérêts nocturnes, passagers, qui au matin avaient perdu à ses yeux toute importance. Bollery était cette rareté suprême dans l’univers des livres&nbsp;: un lecteur monogame.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Borges a fait la liste des dégoûts universels et contradictions impartiales de Bloy&nbsp;: «Il exécra tout autant l’Angleterre – qu’il surnomma “l’île infâme” – que l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis. Inutile d’ajouter qu’il fut antisémite, bien que l’un de ses livres les plus admirables s’intitule <em>Le salut par les juifs</em>. Il dénonça la perfidie italienne, appela Zola “le crétin des Pyrénées”, injuria Renan, France, Bourget, les symbolistes et, d’une façon générale, le genre humain.» Assurément, une telle verve doit faire exulter un homme timide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de sa vie, Borges devait observer que «un écrivain écrit ce qu’il peut&nbsp;; un lecteur lit ce qu’il veut», oubliant peut-être que ces mots étaient une variante d’une observation de Bloy&nbsp;: «Le talent fait tout ce qu’il veut, le génie ce qu’il peut», que Bollery avait dûment recopiée. Sans doute cette liberté talentueuse était-elle ce que Bollery cherchait, et avait trouvé, en lisant Léon Bloy.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. Annick Bernard, «Le Fonds Bollery de la Bibliothèque municipale de La Rochelle», Bulletin du bibliophile, 1981.<br>2. Léon Bloy, «Carnet vert». Copie dactylographiée par Joseph Bollery d’un manuscrit inédit (ms 2806).</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les éditions Atlantique ont fait paraître&nbsp;<a href="https://editionsatlantique.com/index.php?id_product=38&amp;controller=product">La Perle d’Estrémadure. Une histoire de l’île de Ré</a>, par Alberto Manguel avec les photographies de Thierry Girard.&nbsp;</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/alberto-manguel-ecrivain-lecteur/">Alberto Manguel, écrivain lecteur.</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/la-passion-dun-lecteur-monogame/">La passion d’un lecteur monogame</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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