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	<title>odeurs - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>odeurs - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Miscellanées d’odeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2020 15:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[extrait littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l'occasion du numéro d'été de la revue sur les odeurs, nous proposons des extraits de littérature qui évoquent les fragrances.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Une grosse truffe noire&nbsp;»</h2>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Truismes</em>, le premier roman Marie Darrieussecq (1996), décrit un devenir-animal à la fois cauchemardesque et hilarant – d’autant plus quand on sait qu’elle est née à Bayonne –, fantastique et critique&nbsp;: la narratrice se transforme peu à peu en truie. Succès immédiat en France et dans le monde. Un talent confirmé depuis lors, à chaque nouveau livre. Extrait&nbsp;:</p></blockquote>



<p>Je me suis approchée des arbres. C’était la première fois que je voyais des arbres aussi hauts, et qui sentaient si bon. Ils sentaient l’écorce, la sève sauvage ramassée à ras de tronc, ils sentaient toute la puissance endormie de l’hiver, Entre les grosses racines des arbres la terre était éclatée, meuble, comme si les racines la labouraient de l’intérieur en s’enfonçant profondément dedans. J’y ai fourré mon nez. Ça sentait bon la feuille morte de l’automne passé, ça cédait en toutes petites mottes friables parfumées à la mousse, au gland, au champignon. J’ai fouillé, j’ai creusé, cette odeur c’était comme si la planète entrait tout entière dans mon corps, ça faisait des saisons en moi, des envols d’oies sauvages, des perce-neige, des fruits, du vent du sud. Il y avait toutes les strates de toutes les saisons dans les couches d’humus, ça se précisait, ça remontait vers quelque chose. J’ai trouvé une grosse truffe noire et j’ai d’abord pensé à cette Saint-Sylvestre de l’an 2000 où j’en avais tant mangé parmi ces gens si turbulents, et puis ça s’est effacé, j’ai croqué dans la truffe, du nez le parfum m’est entré dans la gorge et ça a fait comme si je mangeais un morceau de la Terre. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Tout l’hiver de la Terre a éclaté dans ma bouche, je ne me suis plus souvenue ni du millénaire à venir ni de tout ce que j’avais vécu, ça s’est roulé en boule en moi et j’ai tout oublié, pendant un moment indéfini j’ai perdu ma mémoire. J’ai mangé, j’ai mangé. </p></blockquote>



<p>Les truffes avaient la saveur des mares quand elles gèlent, le goût des bourgeons recroquevillés qui attendent le retour du printemps, le goût des pousses bandées à craquer dans la terre froide, et la force patiente des futures moissons. Et dans mon ventre il y avait le poids de l’hiver, l’envie de trouver une bauge et de m’assoupir et d’attendre. J’ai creusé des quatre pattes, j’ai fait caca, je me suis roulée, ça a fait un beau trou oblong plein de vers réveillés et de vesses de loup en germe. La terre chauffée s’est mise à fumer autour de moi, je me suis allongée, j’ai posé mon museau sur mes pattes. Les mottes se sont éboulées sur mon dos et je suis restée là très longtemps. Le soleil de l’aube m’a caressé le groin. J’ai humé le passage de la Lune qui tombe de l’autre côté de la Terre, ça a fait du vent dans la nuit et comme une odeur de sable froid.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><em>Truismes</em> de Marie Darrieussecq, édition Folio, 1996, pp. 139–140</em>.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ces extraits littéraires sont proposés en supplément du numéro d’été de la revue (n° 129) qui évoque les odeurs, des neurosciences à l’histoire.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/miscellanees-dodeurs/">Miscellanées d’odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>84 pages sur les odeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2020 12:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Charente-Maritime]]></category>
		<category><![CDATA[géographie]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire olfactive]]></category>
		<category><![CDATA[neurosciences]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs]]></category>
		<category><![CDATA[olfactif]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Pyrénées-Atlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[revue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation du numéro d'été 2020 de la revue consacrée aux odeurs, des neurosciences à la littérature en passant par l'histoire...</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/84-pages-sur-les-odeurs/">84 pages sur les odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Luc Terradillos, rédacteur en chef de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine, </em>présente la nouvelle édition de la revue consacrée aux odeurs&nbsp;: des neurosciences à la littérature, de l’histoire de la «révolution olfactive», qui prend racine au <span class="smallcaps">xvi</span><sup>e</sup> siècle, à la géographie sensorielle qui nous fait respirer les paysages, de la Charente-Maritime aux Pyrénées-Atlantiques. Une <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/">édition de 84 pages</a> réalisée par une quarantaine de journalistes, universitaires, écrivains, photographes et artistes.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><iframe src="https://player.vimeo.com/video/445050730" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen></iframe>
<p><a href="https://vimeo.com/445050730">Les odeurs - Revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine</a> from <a href="https://vimeo.com/emfccsti">Espace Mendès France, Poitiers</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p></pre><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/84-pages-sur-les-odeurs/">84 pages sur les odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Une affaire pestilentielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie Lonni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2020 09:05:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
		<category><![CDATA[histoire du droit]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Augustin]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Séquestrée de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La séquestrée de Poitiers est découverte en 1901. Son frère, une sous-préfet au penchant coprophile, est accusé de complicité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Marie Lonni</strong></p>



<p>Une maison bourgeoise aux armoires pleines d’arômes surannés… Dans cette demeure à l’angle de la rue de la Visitation, aujourd’hui rue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Ranc">Arthur Ranc</a>, à Poitiers, une drôle d’affaire imprègne l’air de ses effluves nauséabondes. La méphitique affaire de la Séquestrée de Poitiers.&nbsp;</p>



<p>Le 23 mai 1901, le procureur général de la cour d’appel de Poitiers reçoit une missive :&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Monsieur le Procureur général,</em>&nbsp;</p><p><em>J’ai l’honneur de vous dénoncer un fait d’une exceptionnelle gravité. Il s’agit d’une demoiselle qui est enfermée chez Mme Monnier, privée d’une partie de nourriture, vivant sur un grabat infect, depuis 25 ans, en un mot dans sa pourriture. </em>&nbsp;</p><p><em>Un compatriote indigné</em></p></blockquote>



<p>La demoiselle en question s’appelle Blanche Monnier. C’est la sœur de Marcel Monnier, un ancien sous-préfet des Alpes-Maritimes, et la fille de Louise Monnier et feu Emile Monnier, ancien doyen de la faculté de lettres de Poitiers.</p>



<p>Cent ans après, l’historien du droit Jean-Marie Augustin publie <em>L’histoire véridique de la séquestrée de Poitiers.</em> Le dossier de procédure ayant disparu des Archives départementales, il reconstitue les événements d’après les journaux et les plaidoiries de maître Barbier, avocat de Marcel Monnier.</p>



<p>Il précise que si l’histoire de la séquestrée de Poitiers est connu, c’est avant tout grâce au romancier André Gide. En 1930, il écrit un ouvrage sur l’affaire en changeant les noms des protagonistes. Ainsi Blanche Monnier devient Mélanie Bastian. “André Gide vient du même milieu universitaire de la bourgeoisie provinciale. Mais il est en rupture avec cet univers. Son récit est l’occasion de régler ses comptes avec ses origines.” explique Jean-Marie Augustin. “Gide s’est appuyé sur les articles du Journal de la Vienne. Il raconte que Mélanie Bastian (Blanche Monnier) aurait été enfermée à cause d’un amour réprouvé par sa famille. Il y aurait même eu un enfant mort à la naissance.”</p>



<h4 class="wp-block-heading">Descente vers la puanteur</h4>



<p>Mais cette histoire digne de Roméo et Juliette n’est pas certaine. Ce qu’on peut affirmer, c’est qu’autour de ses 22 ans, Blanche Monnier cesse de s’alimenter correctement. Elle perd progressivement la raison et se retranche dans sa chambre vers 25 ans, les volets clos pour des raisons de sécurité. Son état de faiblesse lié à la malnutrition la rend incapable de se lever de son lit.&nbsp;</p>



<p>La veuve Louise Monnier gère depuis toujours sa maison d’une main de fer. Elle dit avoir une grande affection pour sa fille malade. Mais lorsque les autorités la découvrent, elle vit dans un grabat infect, pestilentiel.</p>



<p>La petite pièce est plongée dans l’ombre, le sol et les murs sont recouvert d’excréments anciens et frais. Des restes en décompositions, des légumes et la viande putride traînent ça et là, au milieu de cafards, de vers et autres vermines grouillantes. Cela s’entortille même dans les draps et la chevelure démesurément longue et pourrie de Blanche.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/recluse_25-ans-1024x885.jpg" alt class="wp-image-33268"><figcaption><em>Grande Complainte sur la pauvre femme séquestrée</em>, extrait, reproduction dans<br><em>L’histoire véridique de la séquestrée de Poitiers</em> de Jean-Marie Augustin.</figcaption></figure>



<p>La découverte de la “Séquestrée de Poitiers” engendre un tel frisson à travers la population que le procès ouvert à l’encontre de la mère et du frère Monnier résonne dans toute la France. Louise Monnier meurt avant l’ouverture du procès. Marcel Monnier, quant à lui, est inculpé pour complicité de violence et droit de fait sur la personne de Blanche Monnier. Et sa défense est pour le moins étonnante.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le nez de la défense</h4>



<p>Blanche vit dans la pourriture et malgré ses visites quotidiennes de 1879 à 1901, Marcel ne voit rien et ne sent rien. Dans sa vie professionnelle et personnelle, il n’est caractérisé que par deux éléments : sa vue et son odorat. Il est si myope qu’il ne peut reconnaître ses amis. Quant à son flair :&nbsp; “Un témoin de la préfecture de Mont-de-Marsan, dans les Landes, où Marcel Monnier a été conseiller préfectoral, raconte qu’il n’avait pas d’odorat. Ses amis ont failli lui faire manger des crottes de biques saupoudrées de sucre en lui faisant croire que c’étaient des fraises des bois.” explique Jean-Marie Augustin. Cet homme, par sa vue et son nez, vit dans le flou.&nbsp;</p>



<p>On lui accorde même, selon les témoignages de bonnes de sa demeure, des penchants coprophiles. Par exemple, il interdit qu’on vide le pot de chambre avant qu’il soit parfaitement plein, ne se dérange pas de l’apporter à la bonne directement dans la cuisine, au milieu des senteurs de pain et de jus de viande sur un rôti. Quand sa femme et lui dorment dans deux pièces séparées, il lui apporte son pot de chambre plein sur sa table de nuit afin “qu’elle sentie bien les effluves” selon les propos rapportés du procès par Jean-Marie Augustin.&nbsp;Des étranges comportements qui, aujourd’hui, semblent inappropriés.&nbsp;</p>



<p>Saviez-vous que le scatol, la molécule à l’origine de l’odeur des excréments, est aussi présente en très faible quantité dans les délicieux parfums de fleur d’oranger et de jasmin ? Il est également utilisé dans la parfumerie comme fixateur ou simplement en tant que fragrance.&nbsp;Pour Marcel Monnier qui souffre d’une grave anosmie, que sentent donc les selles ?&nbsp;</p>



<p>Hirac Gurden, directeur de recherches en neurosciences, explique que la perception olfactives n’est pas innée mais acquise (“<em>Nos connexions olfactives au monde</em>” entretien avec Amélie Ringeade, dans<em> L’Actualité Nouvelle-Aquitaine </em>n° 129). Un enfant apprend à apprécier ou déprécier les odeurs. Il s’agit d’un apprentissage culturel, lié à la société, son vécu et sa famille.&nbsp;</p>



<p>Or dans cette famille, le goût de l’hygiène semble communément négligé. La mère Monnier, par exemple, reste couchée jusqu’à midi et ne se lave pas.&nbsp;</p>



<p>Durant son procès, Marcel Monnier est inculpé au nom d’une justice morale et pour l’opinion. Des manifestations contre lui ont lieu tous les jours du procès. Cependant “dans le code pénal de l’époque on n’admet pas la commission par omission. Ne rien faire n’est pas un crime ni un délit” précise Jean-Marie Augustin. Marcel Monnier est donc relaxé lors du procès en appel.&nbsp;</p>



<p>En effet, en 1901, la loi stipule que l’on peut être accusé si on participe activement à un crime ou un délit. Or Blanche ne subit pas de violence à proprement parler. Seule une loi sur l’omission de nourrir et soigner les enfants de moins de 15 ans se rapproche de ce qu’a vécu la Séquestrée. Au détail qu’elle a commencé à être cloîtrée dans sa chambre vers 25 ans et jusqu’à ses 52 ans. Légalement, Marcel Monnier ne peut être inculpé. Son absence d’odorat lui offrant le meilleur des défenses : l’ignorance.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le retour des fragrances</h4>



<p>Le procès note tout de même qu’en frère intentionné, Marcel Monnier tente de protéger Blanche. Lorsqu’elle sombre dans la folie, Marcel souhaite la mettre dans une maison pour aliénés mais il se confronte au refus obstiné de Mme Monnier. Elle y aurait vécu dans des conditions différentes. Mais l’époque veut que les problèmes familiaux restent en famille. Ainsi Blanche ne rejoint un asile public qu’après le procès, et après deux années à l’hospice de la rue de l’Hôtel-Dieu à Poitiers.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/co922_illustration_n3040_1juin01_p357_sequestree_poitiers-767x1024.jpg" alt class="wp-image-33267" width="586" height="782"><figcaption>Photographie de Blanche Monnier prise à son arrivée à l’Hôtel-Dieu (<em>L’Illustration</em> n° 3040, 1<sup>er</sup> juin 1901). Photo Olivier Neuillé, Médiathèque de Poitiers.</figcaption></figure>



<p>De nouveau habituée à la lumière du soleil, Blanche ne montre plus d’agressivité. Si elle demande au début de sa prise en charge par l’hôpital, sa “chère petite grotte”, qu’on suppose être sa chambre nauséabonde, elle ne se plaint pas d’avoir des draps propres et frais. Elle se délecte des fruits, notamment des fraises qu’elle est tout à fait encline à partager avec ses soignants. Surtout, Blanche aime les fleurs. Et comme dans son enfance, elle sait les reconnaître. Elle distingue les roses, les pied‑d’alouettes et les œillets d’Inde. Ravie, elle s’empare d’un bouquet et prend une grande inspiration avant de l’embrasser ainsi que la main qui lui tend.</p>



<p>Après vingt-cinq ans<strong> </strong>saturé<strong> </strong>d’odeurs pestilentielles, son odorat a l’occasion de sortir de la torpeur. Son amour retrouvé pour les fleurs, d’après les descriptions de Jean-Marie Augustin tirées des témoignages d’époque, signifie-t-il qu’elle les sent ? Libérée de l’emprise de la puanteur, retrouve-t-elle peu à peu les parfums de son enfance, lorsqu’elle courait les sentiers l’été, sous le parfum de l’herbe chaude et des Delphiniums dans sa maison de campagne à Migné ?&nbsp;</p>



<p>       </p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Petite histoire des parfums en société</strong></p><p>Nous sommes à l’aube du XX<sup>e</sup> siècle. Les familles bourgeoises se pomponnent pour profiter des soirées mondaines. Les effluves de fraise, d’amande et de vanille sont particulièrement en vogue. Depuis le XVI<sup>e</sup> siècle, les parfums s’installent peu à peu dans les foyers, dans les mouchoirs de poches et les cous graciles. Et, à cet égard, le XIX<sup>e</sup> siècle est un tournant des habitudes hygiénistes et parfumeuses. La jeune III<sup>e</sup> République défend une idéologie progressiste basée sur les sciences et les technologies. Dans ce contexte, les théories hygiénistes prennent de plus en plus de place. C’est d’ailleurs en 1883, après promulgation de la loi sur la laïcité des programmes scolaires (mars 1882) que Jules Ferry remplace les cours de catéchisme par des cours d’hygiène. Notre rapport à l’odeur change ostensiblement. Contrairement au temps du roi soleil, deux siècles plus tôt, les parfums ne servent plus tout à fait à cacher la puanteur de corps malpropres.&nbsp;</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean-Marie Augustin, <em>L’histoire véridique de la Séquestrée de Poitiers</em>, Fayard, 2001.</p><p>André Gide, <em>La Séquestrée de Poitiers</em>, première édition Gallimard, 1930. réédition Folio, 2006. </p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/une-affaire-pestilentielle/">Une affaire pestilentielle</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Hirac Gurden – Perception des odeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2020 15:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[CNRS]]></category>
		<category><![CDATA[Hirac Gurden]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire olfactive]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs]]></category>
		<category><![CDATA[olfactif]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment fonctionne la mémoire olfactive ? Comme se construit-elle ? Éléments de réponses avec Hirac Gurden, chercheur au CNRS.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/hirac-gurden-perception-des-odeurs/">Hirac Gurden – Perception des odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Hirac Gurden est directeur de recherche en neurosciences au CNRS (unité BFA, Univ. Paris-Diderot) et travaille sur la perception des odeurs et sur leurs processus neurologiques. Il évoque ici un atelier mené avec des lycéens, auxquels il demande de raconter des souvenirs d’odeurs associées à leur enfance. Cette mémoire olfactive permet de comprendre pourquoi une odeur est appréciée ou au contraire associée à un traumatisme, et plus largement d’expliquer comment le cerveau fonctionne.</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/1W-qFqVS2gA" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Pour Hirac Gurden, la pluralité culturelle des odeurs chez un individu est un atout pour sa mémoire. Dès l’enfance, les odeurs sont associées à des goûts et à des préférences, d’où l’importance pour les parents de varier l’alimentation de leurs enfants. D’autant plus que chaque territoire, chaque pays dispose d’une certaine identité olfactive. Par exemple, l’odeur du fromage est associée à la France. Cette diversification permet d’avoir un répertoire sensoriel varié, résultat d’un environnement favorable. La richesse culturelle s’associe à la richesse olfactive&nbsp;: lorsqu’il y a du changement, le cerveau va mieux.</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/KzHCY5j-Bng" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Hirac Gurden était présent à Poitiers le 2 avril 2019 pour les <a href="https://emf.fr/ec3_event/rencontre-sciences-et-citoyens/">Rencontres Sciences et citoyens</a> organisées par le CNRS.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/hirac-gurden-perception-des-odeurs/">Hirac Gurden – Perception des odeurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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