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	<title>exposition - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
	<lastBuildDate>Thu, 17 Feb 2022 13:21:28 +0000</lastBuildDate>
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	<title>exposition - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Expérimenter et collectionner</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Herbaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Dec 2021 11:43:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Abbé Nollet]]></category>
		<category><![CDATA[double cône]]></category>
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		<category><![CDATA[physique expérimentale]]></category>
		<category><![CDATA[Sigaud de Lafond]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Faire l’expérience de la physique du XVIIIᵉ siècle au travers d’objets didactiques, au musée Bernard d’Agesci à Niort.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Juliette Herbaut</strong></p>



<p>Le double cône de l’Abbé Nollet est un instrument surprenant qui met en évidence le centre de gravité. Ainsi, lorsqu’il est mis sur la partie haute de la double rampe, il ne bouge pas&nbsp;; à l’inverse, lorsqu’il est positionné sur sa partie basse, il remonte. Cette expérience étonnante montre la loi du mouvement des corps pesants, le tout avec des instruments en bois décorés. Cet objet, comme 73 autres, est présenté au <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/heritages-dorfevres/">musée Bernard d’Agesci</a> à Niort. L’exposition <em>Enseigner la physique, tout un art ! Les prémices de l’enseignement expérimental de la physique au siècle des Lumières </em>présente une multitude d’autres objets pédagogiques du <span class="smallcaps">xviii</span>ᵉ siècle. Francis Gire, expert auprès du ministère de la Culture et de la communication pour la protection des instruments scientifiques et chargé par le ministère de l’Éducation nationale d’une mission de sauvegarde et de mise en valeur de ce patrimoine, a participé à l’élaboration de cette collection. Provenant de grands lycées français, de l’École Polytechnique, du musée de Versailles et bien d’autres encore, les objets présentés s’organisent autour de la figure de l’Abbé Nollet et de son élève Sigaud de Lafond. Jean Antoine Nollet, scientifique du <span class="smallcaps">xviii</span>ᵉ siècle et précepteur des enfants de Louis XV, a contribué à l’expansion de la physique expérimentale en France, en faisant des démonstrations scientifiques spectaculaires à l’aide d’instruments raffinés et divertissants. Dans les salons parisiens ou bordelais, et même à Versailles, il vend ces appareils décorés à la feuille d’or et aux motifs travaillés, ce qui lui assure une renommée nationale et un financement pour mener ses recherches. Les ornements sont soigneusement choisis et sélectionnés pour harmoniser ces objets, rejoignant les collections des cabinets de curiosités. &nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/labbe-nollet-gravure-25-x-40-cm-collection-gires.jpg" alt class="wp-image-35248" width="369" height="405" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/labbe-nollet-gravure-25-x-40-cm-collection-gires.jpg 520w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/labbe-nollet-gravure-25-x-40-cm-collection-gires-273x300.jpg 273w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/labbe-nollet-gravure-25-x-40-cm-collection-gires-150x165.jpg 150w" sizes="(max-width: 369px) 100vw, 369px"><figcaption>L’abbé Nollet, gravure 25 x 40 cm. <br>Collection Gires.</figcaption></figure></div>



<p>L’exposition est organisée autour de six salles, portant toutes sur des thématiques scientifiques différentes. On retrouve aussi dans la partie «&nbsp;Optique&nbsp;» des télescopes décorés, un œil artificiel sculpté qui permet, grâce à des lentilles, de mettre en évidence les dysfonctionnements de la vue&nbsp;; mais aussi un prisme de Newton&nbsp;qui diffracte la lumière. Les deux pièces maîtresses de l’exposition sont les microscopes de Magny. Fabriqués avec des bronzes dorés et décorés de galuchat et d’argent, ces objets sont très rares&nbsp;: il n’en existe qu’une dizaine dans le monde. Présentés avec une boîte d’origine en bois, velours et dorures, ces microscopes ont été offert à Louis XV au milieu du <span class="smallcaps">xviii</span>ᵉ siècle.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/microscope-de-magny--musee-lorrain-de-nancy-866x1024.jpg" alt class="wp-image-35242" width="420" height="497"><figcaption>Microscope de Magny, 1751. Collection du lycée Poincaré de Nancy au Musée Lorrain de Nancy.</figcaption></figure></div>



<p>Une autre salle est dédiée à l’étude de la chaleur&nbsp;et de l’astronomie, dans laquelle est exposé un pyromètre à cadran. Cet objet montre l’effet de la chaleur sur un corps, en mesurant le coefficient de dilatation des métaux. Il est constitué d’un coffret où l’on place des barres de composition différentes, et que l’on chauffe. Ces tiges vont alors, en s’allongeant, pousser une molette, qui pourra mesurer les différences de dilatation entre les métaux. Cette invention a été déterminante, notamment dans la fabrication des rails de train. &nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/pyrometre-a-cadran-arsandaux--aseiste-1024x662.jpg" alt class="wp-image-35240" width="477" height="308"><figcaption>Pyromètre à cadran d’Arsandaux. Collection Aseiste.</figcaption></figure></div>



<p>D’autres instruments sont exposés, comme la machine pneumatique à rouet de l’Abbé Nollet, sculptée et décorée de motifs floraux. Cet objet permet de faire le vide dans une cloche en verre. De nombreuses expériences sont réalisées grâce à cette invention, comme les hémisphères de Magdebourg. Reposant sur le même principe, les deux demi-sphères sont rendues hermétiques entre elles à l’aide d’une larde de cuir. Elles deviennent impossibles à séparer, permettant d’offrir un spectacle étonnant. Ainsi, sous les yeux de l’Empereur Ferdinand III en 1654, deux hémisphères de 50 centimètres de diamètre furent attachés à des attelages d’une quinzaine de chevaux, démontrant ainsi la force de la pression atmosphérique. Enfin, la dernière salle contient une reconstitution d’une salle de classe de physique du <span class="smallcaps">xix</span>ᵉ siècle, qui s’inspire d’anciennes cartes postales. De grands rayonnages contiennent des instruments qui composent déjà les collections du musée, et d’autres vus précédemment, comme les piles de Volta ou le disque de Newton.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/graphometre-musee-lorrain-de-nancy-1024x903.jpg" alt class="wp-image-35255" width="416" height="366"><figcaption>Graphomètre. Collection du musée Lorrain de Nancy.</figcaption></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cette <a href="https://www.niortagglo.fr/sortir-visiter/patrimoine-et-musees/musee-bernard-dagesci/agenda-du-musee/agenda/exposition-enseigner-la-physique-tout-un-art/index.html">exposition</a>, visible jusqu’au 6 mars 2022, vient ainsi compléter une collection permanente sur le même thème, mais datant du <span class="smallcaps">xix</span>ᵉ siècle.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/experimenter-et-collectionner/">Expérimenter et collectionner</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Retour possible en mots</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Oct 2021 12:31:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Robin]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[livres d&#039;art]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'artiste plasticien Dominique Robin propose deux petits livres à partir de ses installations. En tirages limités...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong> <br><strong>Photo Dominique Robin</strong></p>



<p>À chaque fois, trente exemplaires avec une impression sur papier fine art qui varie. Deux publications, 16 x 11 centimètres, à glisser dans la poche de la veste pour avoir ces mots-là sur soi. L’artiste plasticien Dominique Robin fabrique de ses installations des livres.</p>



<p>Dans <em>Retour impossible du bleu</em>, les estampes de Dominique Robin se jouent des impressions. Il y a des rémanences dans ces pages où se livrent par bribes des moments de vie qu’à tout moment l’on peut croiser ici aussi. Peu importe les lieux, on voyage comme l’artiste entre lignes d’avion, de train, de fuites, d’immeuble d’où tombe une femme, du volcan, d’ailleurs. Les dessins seuls racontent une imagination, et du texte, on ne peut s’amuser à lire que les détails. Comme si ces indications nous amenaient à percevoir quelque chose d’indicible, un lieu inconnu ou la sensation d’une couleur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/dsc0013-copie-1024x684.jpg" alt class="wp-image-34775" width="579" height="387"><figcaption>Couverture de <em>Retour impossible du bleu</em> de Dominique Robin, 2021.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Sicile, jour du Carnaval.</em><br><br>À l’abri sous les géants&nbsp;: il pleut des pierres brûlantes à Catane. Ciel bleu intense.<br><br>[Détail&nbsp;: Sainte Extase.]</p></blockquote>



<p>Les lieux pérégrinent dans des ressentis, quand on sait que l’artiste navigue entre plusieurs cités, des orées deux-sévriennes à la Rome antique, on éprouve la surprise des formes attribuées aux souvenirs, rêveries monochromes qui constituent comme les pièces à explorer, d’un lieu à soi qui nous est partagé. Des dessins interpellant les mots, on pourrait se croire dans une bande dessinée graphique, avec des miscellanées d’imaginaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Auvergne, petit matin.</em><br><br>Un lapin sort de son trou et crie comme un homme.<br><br>Logorrhée rauque mais assez musicale.<br><br>[Détails&nbsp;: écho.]</p></blockquote>



<p>Alors comme dans un rêve ou un début de comptine, on passe des feux de joie aux cauchemars d’une femme qui tombe. Cependant, rien ne peut appesantir cette promenade chromatique sur ombre chinoise.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pierres-syllabiques</strong></h4>



<p><em>À mi-mot</em>, exposition papier, tirage fine art aussi. Là aussi, une installation nommée <em>Stone puzzles</em>, présentée en plusieurs endroits dont le musée des Tumulus de Bougon en 2018. Faisant corps dans la forme au <em>Retour impossible du bleu</em>, ici ce ne sont pas les dessins. Mais les pierres elles-mêmes qui, manipulées, par des mains proches de l’artiste et les siennes, reforment les fragments et explorent dans ces formes, les mots. La pierre ciselée qui se trouve là offre les contours des poèmes syllabiques. Là commence le jeu… Plusieurs lectures sont possibles. D’un côté, les pages des pierres-syllabes, de l’autre un récit présente plusieurs échanges avec des personnes croisés. Les mots-dans-la-pierre peuvent leur répondre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/dsc9986-copie-1024x684.jpg" alt class="wp-image-34776" width="623" height="416"><figcaption>Couverture de <em>À mi-mots</em> par Dominique Robin, 2021.</figcaption></figure>



<p>Ce peut être une page où on lit&nbsp;: ca-res-sée&nbsp;; sa-ble&nbsp;; ir-res-pon-sa-ble&nbsp;; ju-pon.</p>



<p>Une autre offre&nbsp;: quel-que-part&nbsp;; part-tir…</p>



<p>Ou plus loin&nbsp;: per-du&nbsp;; per-ma-nent…</p>



<p>Les combinaisons multiples jouent de nous comme des orfèvres ou des brigands, quelle est la combinaison qui ouvrira le coffre&nbsp;? Et dans le récit, la Méditerranée et les rencontres. Partir, migrer, se sauver et construire, re-construire. Château de pierres. Les poèmes syllabiques respirent, il s’agit d’une poésie sonore à expérimenter chez soi. Formuler les détachements des mots dans les fragments des pierres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/dsc9990-copie-1024x684.jpg" alt class="wp-image-34774"><figcaption><em>À mi-mots</em> de Dominique Robin, 2021.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois questions à Dominique Robin</strong></h2>



<p><strong>L’Actualité. – Comment sont nés les poèmes syllabiques&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Dominique Robin. – </strong>Ce sont les pierres fracturées de la série <em>Stone puzzles</em> qui ont déclenché l’écriture de mes «&nbsp;textes syllabiques&nbsp;». Je me suis mis à associer chaque fragment minéral à une syllabe, à jouer avec les mots tout en manipulant les pierres-puzzles. Une pierre, quelle que soit sa taille, est toujours le fragment d’un ensemble toujours plus grand si bien qu’on peut ressentir le lien entre le petit caillou trouvé sur le chemin et la totalité pour ne pas dire l’infini : un grain de sable est un fragment de caillou, le caillou s’est détaché du rocher, le rocher de la montagne, la montagne du continent, etc. Ce processus renvoie au cosmos qui est un puzzle en permanente redéfinition. J’ai parfois l’impression qu’il en va de même pour le langage : une syllabe est la partie d’un mot qui prend son sens dans une phrase, la phrase dans le langage et le langage dans l’humanité. On peut faire le chemin inverse en allant du son primitif à l’avènement de l’<em>Homo sapiens</em> moderne par le langage. En me concentrant sur la sonorité des mots, j’ai le sentiment de faire résonner les voix ancestrales comme si dans la syllabe il y avait les sons à l’origine de la création du langage humain.</p>



<p>J’aime les mots en tant qu’entité autonome et je prends plaisir à les prononcer indépendamment de leur sens. «&nbsp;Papillon&nbsp;» par exemple est un poème à lui seul. «&nbsp;Asphodèle&nbsp;», «&nbsp;cataplasme&nbsp;» aussi. J’aime «&nbsp;dinosaure&nbsp;», «&nbsp;cardinal&nbsp;», «&nbsp;malotru&nbsp;», «&nbsp;Barabas&nbsp;», «&nbsp;baryton&nbsp;», «&nbsp;coléoptère&nbsp;» ou «&nbsp;citron&nbsp;» pour leur sonorité… «&nbsp;Papillon&nbsp;» dans les autres langues que je pratique est également très délicat : <em>mariposa</em>, <em>farfalla</em>, <em>butterfly</em>…&nbsp; ont des musicalités ressemblant à un froufrou d’ailes de papillon.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/dsc0039-copie-1024x683.jpg" alt class="wp-image-34778"><figcaption><em>Retour impossible du bleu</em> de Dominique Robin, 2021.</figcaption></figure>



<p>Notre langue offre de nombreux mots monosyllabiques et beaucoup d’entre eux indiquent des entités essentielles : mort, vie, sang, eau, doigt, main, mer, corps… Merritt Ruhlen, le linguiste américain, dit que ces mots proviennent d’une protolangue mère de toutes les langues. Il donne comme exemple de cette langue disparue Tik (doigt) et Qwa (eau). Grâce à la structure du français, les mots ont l’air d’entrer dans la composition d’autres mots : il y a des mots dans les mots et ce jeu qui fait apparaître des sens cachés dans les phrases m’amuse comme un enfant qui joue à créer des charades : «&nbsp;beau&nbsp;» «&nbsp;coup&nbsp;», «&nbsp;mat&nbsp;» «&nbsp;muse&nbsp;»,&nbsp;«&nbsp;lent&nbsp;» «&nbsp;gage&nbsp;», «&nbsp;puis&nbsp;» «&nbsp;sang&nbsp;» «&nbsp;ce&nbsp;» «&nbsp;pot&nbsp;» «&nbsp;et&nbsp;» «&nbsp;tic&nbsp;»… Il y a une puissance poétique du langage désarticulé et réarticulé. Ce jeu autour de la syllabe a quelque chose aussi de psychanalytique, en touchant l’inconscient, il fonctionne comme la symbolique onirique. Notons qu’il vaut aussi pour la graphie indépendamment du son : «&nbsp;Maison&nbsp;» par exemple peut se décomposer en «&nbsp;mais&nbsp;» / «&nbsp;on&nbsp;» ou en «&nbsp;mai&nbsp;» / «&nbsp;son&nbsp;» faisant apparaître des couples de sens différents.</p>



<p><strong>De quelle manière s’opère le passage de l’exposition, l’installation dans un espace précis, au livre&nbsp;?</strong></p>



<p>Le passage de l’un à l’autre est présent dès le début : je n’ai jamais écrit sans penser d’une certaine manière à l’espace et donc à mes expositions futures. Chacun de mes livres est accompagné d’une série d’œuvres plastiques «&nbsp;autonomes&nbsp;» dans le sens où elles ne sont pas forcément présentes dans le livre mais prennent un sens différent si on a lu le livre. Par ailleurs, tous mes livres ont une version exposition : le livre existe aussi sous forme de grande affiche, parfois même de spectacle comme pour <em>La maison oubliée</em>.</p>



<p><strong>Quels sont les liens entre les trois livres&nbsp;?</strong></p>



<p>Mes trois derniers petits livres (11 x 16cm) sont des albums au sens que l’on donne à ce mot dans l’univers du livre jeunesse. La forme du livre participe au récit autant que les textes et les images. <em>La maison oubliée</em> est centrée autour d’un processus particulier de la mémoire : le refoulé. <em>Retour impossible du bleu</em> traite de la couleur vue comme phénomène physique, <em>à mi mot</em> aborde la question du langage. Le prochain <em>Autour d’elle</em> porte sur un principe auquel personne n’échappe :&nbsp; la chute des corps.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/dominique-robin-768x1024.jpg" alt class="wp-image-34769" width="380" height="506"><figcaption>Dominique Robin. Lors d’un atelier à Lussac-les-Châteaux, octobre 2021. </figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ces deux livres d’artiste sont les diptyques d’une première installation-livre&nbsp;: <em><a href="http://www.dorobin.com/la-maison-oubliee.html">La Maison oubliée</a></em>, présentée en 2013 à la Galerie Louise-Michel à Bellejouanne (Poitiers). Là, inversion d’Opalka, la lecture se dirige vers le noir, 1% supplémentaire à chaque page.<br><br><em><a href="http://www.dorobin.com/retourimpossibledubleu.html">Retour impossible du bleu</a></em> et <a href="http://www.dorobin.com/a-mi-mot.html"><em>À mi</em>-<em>mots</em></a>, livres d’artiste, signés, numérotés.</p></blockquote>



<p></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/retour-possible-en-mots/">Retour possible en mots</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Paul Rebeyrolle, dans le vif de la terre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie Lonni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2020 07:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Paul Rebeyrolle]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Eymoutiers]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Rebeyrolle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion des 25 ans de l’Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers, en Haute-Vienne, le musée propose une exposition exceptionnelle entièrement consacrée à l’artiste limousin.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Marie Lonni</strong></p>



<p></p>



<p>L’art de Paul Rebeyrolle nous submerge. Brutalement. Paul Rebeyrolle est un naturaliste qui décape la réalité. Son œuvre est brute. Elle prend dans le vif de la Terre et montre son état.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Sur des toiles de cinq mètres sur trois, Rebeyrolle étale du sable. La toile prend du volume, un fleuve s’écoule, chute sous nos pieds, éclabousse les contours de l’espace, nous sommes au dessus de lui. Uu autre tableau, un homme aux contours malpropres tire sur des cordes, les membres blanchâtres et le ventre bordeaux, un jambe de sac plastique et des chaussures jaunes abandonnées près de lui. Il s’empêtre dans des fils autour de ses bras. Seule figure sur fond noir, il se tient comme un fantôme affolé éventré de rouge. C’est <em>L’homme tirant sur ses liens, </em>de la série <em>Les évasions manqués.&nbsp;</em></p>



<p>Lorsqu’on entre dans l’Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers dans le Limousin, “on n’entre pas avec respect, ni avec sévérité. On vient vérifier l’état du monde” dit l’écrivain Francis Marmande. Et c’est bien là, la force du peintre Paul Rebeyrolle.&nbsp;</p>



<p>Il naît à Eymoutiers, au cœur du Limousin, en 1926. À 6 ans, une tuberculose osseuse l’oblige à rester immobile. Il est figé dans du plâtre pendant cinq ans, il passe son temps à peindre et dessiner. Ce n’est que lorsqu’il est libéré de sa coquille qu’il découvre la nature limousine : ses forêts et ses rivières. Il sait déjà qu’il veut être peintre. En octobre 1944, à 18 ans, il prend le premier train de la Libération et monte à Paris. Il découvre ses maîtres dans les musées et expositions : Rubens, Rembrandt, Courbet, Soutine… Il s’installe à la Ruche, la cité des artistes à Montparnasse. Il remporte le prix de la jeune peinture en 1950 et devient l’un des chefs de file du renouveau artistique.&nbsp;</p>



<p>Dès ses débuts il s’affirme avec une oeuvre politique. À 27 ans, il adhère au parti communiste dans un esprit d’opposition à la guerre froide. Mais il le quitte à peine trois ans plus tard, lorsque l’URSS envahit la Hongrie. Il symbolise cette rupture dans le tableau intitulé <em>A bientôt, j’espère.&nbsp;</em></p>



<p>Paul Rebeyrolle travaille par séries. De 1980 à 1987, il peint plus de 40 tableaux de prisonniers suppliciés dans la série <em>Les Évasions manquées</em>, des chiens hurlants et des personnages enfermés dans la série <em>On dit qu’ils ont la rage </em>et dans celle nommée <em>Au Royaume des aveugles,</em> il traite de l’aveuglement des hommes politiques. Michel Foucault qui admirait sa peinture et visitait souvent son atelier écrit à son sujet <em>La force de fuir </em>pour la revue <em>Derrière le miroir</em>, en mars 1973<em> </em>(<em>Dits et Écrits</em>, n° 118)<em>. </em>Il décrit les forces qui traversent ses tableaux et sculptures. À propos de la série <em>Les chiens,</em> Foucault évoque “une irruption qu’on ne peut maîtriser”. Ses tableaux, “au lieu de raconter ce qui s’est passé, fait passer une force dont l’histoire peut être racontée comme le sillage de sa fuite et de sa liberté.” Il note, enfin, que “la peinture a au moins ceci de commun avec le discours : lorsqu’elle fait passer une force qui crée de l’histoire, elle est politique”.&nbsp;</p>



<p>Pour Gérard Rondeau, la peinture de Rebeyrolle est <a href="https://youtu.be/xYqf2kQMLBA">“en lien avec l’actualité. La sienne, celle de la révolte. Il revendique son camp.”</a> Selon Jean-Paul Sartre, le peintre se met tout entier dans ses toiles “alacrité et horreur, poésie et contestation”. Il est de ces peintres qui peignent des toiles en colères mais qui se souviennent que “partout, sur terre, il y a des couples qui font l’amour.”</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/20200128_134252-1024x540.jpg" alt class="wp-image-33277"><figcaption>Vue intérieure de l’Espace Paul Rebeyrolle. Série “Le sac de Madame Tellikdjian”.</figcaption></figure>



<p>Tout au long de sa vie, Rebeyrolle continue à travailler à Eymoutiers. “J’ai vu qu’Eymoutiers où je suis né comptait beaucoup pour moi, une sorte de  relation forte. Que j’aimais le Limousin en général, et aussi beaucoup le caractère un peu spécial de ses habitants” explique-t-il en janvier 2005. C’est en pensant à cela qu’il accepte la création de l’Espace Paul Rebeyrolle, désiré par le maire d’Eymoutiers, Daniel Perducat, et quelques alliés locaux.&nbsp;</p>



<p>Le bâtiment est inauguré en juin 1995. Pour Olivier Chaslin, l’architecte sollicité par Paul Rebeyrolle lui-même, le musée devait être un lieu de résistance culturelle, un bastion. Des murs à la lumière, le bâtiment a été pensé pour permettre aux œuvres de Rebeyrolle d’être à l’aise ensemble, les petites autant que les immenses.</p>



<p>L’Espace Paul Rebeyrolle possède près de quatre-vingt œuvres de l’artiste. Chaque année, quarante à cinquante d’entre elles se relaient au sein de l’exposition permanente. En parallèle, le musée accueille tous les ans une exposition temporaire. Au travers d’œuvres appartenant souvent à des collections privées, donc peu ou jamais exposées, l’artiste en résidence entre en discussion avec l’univers de Rebeyrolle.</p>



<p>L’année 2020 fête les 25 ans de l’Espace Paul Rebeyrolle. Les événements liés au Covid-19 ne permettent pas l’accueil de l’exposition temporaire prévu (<a href="http://www.espace-rebeyrolle.com/a-lespace/">Philippe Cognée, 2017, Erro, 2018, Ouattara Watts, 2019</a>). L’Espace a donc choisi de présenter une exposition entièrement consacré à Paul Rebeyrolle, en faisant ressortir près une cinquantaine d’œuvres des fonds permanents.&nbsp;</p>



<p>Pour le musée c’est “le rassemblement extraordinaire et unique en France d’un tel nombre d’œuvres de l’artiste, dans un écrin architectural ancré au milieu d’une nature toute limousine.”</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/07/eva-avril_lac_vassiviere_cf011021-1024x767.jpg" alt class="wp-image-33273"><figcaption>Le lac de Vassivière, près d’Eymoutiers. Photo Eva Avril.</figcaption></figure>



<p>Nathalie Rebeyrolle, présidente de l’Espace Paul Rebeyrolle, écrit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Mon père a toujours dénoncé la folie des hommes, la torture, les abus de pouvoirs. Pour moi, c’est un peintre intemporel. Il ne faisait pas de jolis tableaux, il faisait des tableaux qui disent</em>.</p></blockquote>



<p>Paul Rebeyrolle nous a quitté en 2005 en laissant derrière lui une œuvre immense tant par sa taille que par l’énergie qu’elle dégage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><span style="font-size: inherit">L’exposition du fond permanent de l’</span><a style="font-size: inherit" href="http://www.espace-rebeyrolle.com/">Espace Paul Rebeyrolle</a><span style="font-size: inherit"> est à visiter  jusqu’au 30 décembre 2020, tous les jours aux horaires habituels d’ouverture.</span></p></blockquote>



<p></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/paul-rebeyrolle-dans-le-vif-de-la-terre/">Paul Rebeyrolle, dans le vif de la terre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Adjugé ! 7,2 Millions d’euros pour un artiste oublié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 00:07:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coup de théâtre à la salle des ventes de Vannes… Le samedi 27 janvier 2018, une toile de Raden Saleh est vendue 7,2 millions d’euros.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Soizic Perrussel</strong></p>



<p>Au matin
du 27 janvier 2018, la salle des ventes de Vannes, Morbihan, fourmille déjà de
curieux et d’impatients venus admirer le lot phare de la vente&nbsp;: une toile
de Raden Saleh, <em>Chasse au taureau sauvage (Banteng)</em>, alors estimée entre
150 000 et 300 000 euros. La vente est prévue pour 14h30 et l’on compte bien
faire salle comble. </p>



<p>Il faut dire que l’affaire tient presque
du conte de fée. Pendant près de deux décennies, le tableau patiente dans une
cave, oublié là, sous un drap, depuis que ses propriétaires en ont hérité. Finissant
par le trouver encombrant – avec sa toile de 110 sur 180 cm – ces derniers
décident finalement de s’en débarrasser. Avant d’organiser un vide-grenier, ils
contactent le commissaire-priseur le plus proche, M<sup>e</sup> Jack-Philippe
Ruellan. Intrigué, celui-ci décide de se déplacer en personne pour examiner
l’œuvre. Le tableau est signé, le nom lui est familier, une première recherche
rapide confirme ses doutes&nbsp;: cette toile pourrait être une découverte
exceptionnelle. Avec l’accord des propriétaires, et la signature d’un mandat de
vente, l’œuvre part se faire expertiser par le cabinet Turquin, à Paris. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un
artiste méconnu</strong></h4>



<p>Raden Saleh est le premier peintre indonésien à avoir suivi une formation européenne, sous la coupe du portraitiste Cornelis Kruseman et du paysagiste Andreas Schelfhout. En 1845, il arrive à Paris, côtoie les plus grands artistes de l’époque, notamment Horace Vernet, il peint également pour Louis-Philippe I<sup>er</sup> et expose au Salon en 1847 une <em>Chasse au cerf dans l’île de Java</em> qui, selon le critique Étienne-Jean Delécluze, attire l’attention du public. Son passage en France est de courte durée, il quitte définitivement l’Europe en 1851, pour un retour en Indonésie couronné de commandes officielles. Son œuvre est éclectique&nbsp;: portraits, marines, paysages mais c’est bien par ses chasses qu’il se démarque. </p>



<p>Raden Saleh n’est pas un artiste
que l’on croise habituellement sur le marché de l’art européen, et M<sup>e</sup>
Ruellan s’est donné tous les moyens pour faire de la vente le succès de sa
carrière. Le <em>timing</em> coïncide ainsi parfaitement avec une rétrospective
de l’artiste au musée de Singapour (<em>Between Worlds&nbsp;: Raden Saleh and
Juan Luna</em>, National Gallery Singapore, 16 novembre 2017-11 mars 2018), M<sup>e</sup>
Ruellan s’y rend et rencontre les commissaires d’exposition et collectionneurs
propriétaires des œuvres exposées. S’ajoute à cela une double page dans la <em>Gazette
Drouot</em> et une promotion continue sur les réseaux sociaux. Lorsque le
tableau revient à Vannes pour l’exposition précédant la vente, la salle est
placée sous la surveillance de deux vigiles, et durant la pause du midi, l’équipe
entière reste déjeuner sur place, devant la toile. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Cette œuvre est une œuvre exceptionnelle, c’est la synthèse de tout ce que Raden Saleh a appris en Europe&nbsp;» – M<sup>e</sup> Jack-Philippe Ruellan</p></blockquote>



<p>En
coulisses, M<sup>e</sup> Ruellan se confie&nbsp;: l’œuvre est estimée à la
baisse pour attirer un maximum d’intéressés, sans qu’ils puissent être
intimidés par une estimation à sept chiffres. Mais le maître en est sûr&nbsp;:
l’œuvre ne vaut pas moins d’un million. La stratégie paie, les ordres sont
nombreux et l’on compte une dizaine d’intermédiaires téléphoniques. &nbsp;Les enchères commencent 200&nbsp;000 euros et,
immédiatement, elles s’envolent. Le million est dépassé en moins de trente
secondes dans une véritable cacophonie de surenchères. Puis deux, puis trois… Rapidement
la bataille se transforme en un duel entre deux téléphones, jusqu’à ce que l’un
des deux abandonne alors que l’enchère est à 6,9 millions. L’anticipation est à
son comble, quand, à la surprise générale, une nouvelle voix se fait entendre.
Jusqu’ici, les enchères étaient exclusivement téléphoniques, les gens présents
en salle profitant du spectacle, sans intention d’y participer. C’était sans
compter sur un couple de collectionneurs indonésiens, ayant fait le voyage pour
assister à la vente en personne. Ils ont attendu le dernier moment pour enchérir
s’assurant par là-même un minimum d’opposition. Le tableau leur est adjugé pour
7,2 millions d’euros. Un record pour la maison de ventes et un record pour
l’artiste. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>7,2 millions au marteau, 8,6 millions frais compris, la vente d’une vie nous dira M<sup>e</sup> Ruellan. </p></blockquote>



<p>Sous les applaudissements, le tableau quitte la salle. Après quelques photographies et rapides interviews, Me Ruellan retrouve son estrade et la vente reprend son cours. Le Raden Saleh n’était que le premier lot de l’après-midi et il est suivi d’un tableau vendu 186 euros, frais compris&nbsp;!</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Étienne-Jean Delécluze, «&nbsp;Salon de 1847&nbsp;», <em>Supplément au Journal des débats politiques et littéraires, </em>s.n,Paris, 24 avril 1847, p. 2. De son côté, Théophile Gautier écrit que Raden Saleh «&nbsp;dessine très exactement, et connaît à fond l’anatomie des animaux qu’il représente&nbsp;»&nbsp;; Théophile Gautier, <em>Salon de 1847, </em>s.n, Paris, 1847, p. 163.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/adjuge-72-millions-deuros-pour-un-artiste-oublie/">Adjugé ! 7,2 Millions d’euros pour un artiste oublié</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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