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	<title>agriculture - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>agriculture - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Manger sans danger : des extraits du n°141</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 17:45:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La revue]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois articles tirés de "Manger sans danger", le numéro 141 de l'Actualité Nouvelle-Aquitaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> numéro 141 (hiver-printemps 2026) tisse les liens entre enjeux de nutrition et de production alimentaire, tout en ouvrant ses pages à mille et une saveurs. « Manger sans danger » met en avant des recherches menées sur tout le territoire de la Nouvelle-Aquitaine, en santé publique, neurosciences, agronomie, écologie, histoire… <br><br>Nous vous proposons trois articles en accès libre, reflet de cette diversité d’approches et témoignant de l’implication de l’université de Poitiers dans cette revue. Il y est question des principes derrière la fermentation, de l’épidémie galopante d’obésité ou encore des risques posés par la résistance aux antibiotiques et aux antifongiques.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>« Quand les antibiotiques ne suffisent plus », article de Myriam Azizi, Claid Bounga, Antoine Dedaldechamp et Durel Steiner Babissat Ngouma, étudiants à l’université de Poitiers dans le master Sciences du médicaments et produits de santé (sous la direction de Julien Buyck et Kévin Brunet). <div style="text-align: center; width:480px; margin: 12px auto;"><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=003476710f7cf576d2bcd&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;clickTo=public&amp;clickTarget=_self&amp;clickToUrl=&amp;autoFlip=0&amp;mode=mini&amp;wmode=transparent" width="480" height="300" style="width:480px;height:300px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div></li>



<li>« Une nouvelle pandémie silencieuse », article de Dawn Ferrant Colas avec Luc Pellerin, professeur en biologie cellulaire à l’université de Poitiers, praticien hospitalier et directeur du laboratoire Irmetist. <div style="text-align: center; width:480px; margin: 12px auto;"><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=003476710240b515a6e99&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;clickTo=public&amp;clickTarget=_self&amp;clickToUrl=&amp;autoFlip=0&amp;mode=mini&amp;wmode=transparent" width="480" height="300" style="width:480px;height:300px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div></li>



<li>« Kombucha, kéfir, kimchi… késako ? », article de Yann Héchard, professeur de microbiologie à l’université de Poitiers, chercheur au laboratoire Écologie et biologie des interactions (UMR CNRS 7267). <div style="text-align: center; width:480px; margin: 12px auto;"><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=0034767108000f769c73b&amp;language=fr&amp;page=&amp;showsharemenu=true&amp;clickTo=public&amp;clickTarget=_self&amp;clickToUrl=&amp;autoFlip=0&amp;mode=mini&amp;wmode=transparent" width="480" height="300" style="width:480px;height:300px" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen></iframe></div></li>
</ul>



<p>La revue est disponible sur notre site (rubrique <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/">La Revue</a>) ainsi qu’à l’Espace Mendès France et dans de nombreux kiosques et librairies de la région.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/manger-sans-danger-des-extraits-du-n141/">Manger sans danger : des extraits du n°141</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>James Sacré – «&#160;Chaque poème est un visage de mots&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 00:22:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[James Sacré]]></category>
		<category><![CDATA[paysages]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec le poète James Sacré dont un livre, Figures qui bougent un peu, est au programme du bac professionnel.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/james-sacre-chaque-poeme-est-un-visage-de-mots/">James Sacré – « Chaque poème est un visage de mots »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p><em>Entretien avec le poète James Sacré dont un livre, </em>Figures qui bougent un peu<em>, est au programme du bac professionnel.</em></p>



<p>Des lycéens préparant cette année un <a href="https://www.education.gouv.fr/bo/2024/Hebdo8/MENE2402853N">baccalauréat professionnel</a> auront peut-être à étudier <em>Figures qui bougent un peu et autres poèmes</em>, de James Sacré, publié en poche chez Poésie / Gallimard. D’autres livres sont au choix des enseignants durant les trois prochaines années scolaires&nbsp;: <em>Le parfum des fleurs la nuit</em>&nbsp;(2021) de Leïla Slimani, <em>Courir</em>&nbsp;(2008) de Jean Echenoz,&nbsp;<em>L’Écume des jours</em>&nbsp;(1946) de Boris Vian,&nbsp;<em>Le journal d’un manœuvre</em>&nbsp;(poésie, rééd. 2017) de Thierry Metz, <em>Le Square</em>&nbsp;(version théâtrale, 1965) de Marguerite Duras.</p>



<p>Afin de leur fournir quelques clés de lecture, James Sacré a accepté de répondre à nos questions.</p>



<p>Né en 1939 dans une ferme de Vendée, dans le village de Cougou à Saint-Hilaire-des-Loges, il fut élève dans l’école primaire de Coulonges-sur‑l’Autize, dans les Deux-Sèvres, puis au collège François Viète de Fontenay-le-Comte, et à l’école normale d’instituteurs de Parthenay. Après avoir été instituteur itinérant agricole, il part aux États-Unis en 1965, où il poursuit ses études jusqu’à l’obtention d’un doctorat américain au Boston College puis enseigne la littérature française à l’université Smith College de 1972 à 2001.</p>



<p>James Sacré a participé au comité de rédaction de la revue <em>Oracl</em> (sise à Poitiers) puis de <a href="https://www.laboutiquedetarabuste.com/triages-revue.m/s44046c/REVUE-TRIAGES"><em>Triages</em></a>, revue des éditions <a href="https://www.laboutiquedetarabuste.com/LES-COLLECTIONS.a/b1l/Tous">Tarabuste</a> qui ont publié un grand nombre de ses recueils.</p>



<p>Antoine Emaz a signé la préface – lumineuse – de cette édition <em>Figures qui bougent un peu</em>. «Si la poésie de James Sacré est complexe, écrit-il, elle n’est pas compliquée dans son abord&nbsp;; le lecteur ne s’interroge pas sur ce que le poète veut dire, il le dit, en clair. Nous sommes en face d’un jeu subtil de formes, d’écriture, qui ne gêne pas la saisie du sens. Cette poésie impose une langue, évidemment, mais ce n’est pas une langue qui exclut&nbsp;; elle accueille, d’abord.»</p>



<p><strong>L’Actualité. –<em> Figures qui bougent un peu</em> (paru en 1978) est publié dans la collection «Poésie» chez Gallimard avec deux autres recueils, <em>Quelque chose de mal raconté</em> (1981) et <em>Une petite fille silencieuse</em> (2001). Est-ce vous qui avez décidé de réunir les trois recueils&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>James Sacré. –</strong> C’est un autre titre qu’André Velter voulait publier dans cette collection, mais l’éditeur a insisté pour qu’on y reprenne un livre paru en 1978 chez Gallimard, <em>Figure qui bougent un peu</em> donc, disant que je pouvais y ajouter ce que je désirais. J’ai pris le parti d’y inclure <em>Quelque chose de mal raconté</em> qui fut écrit juste après <em>Figures</em>, et <em>Une petite fille silencieuse</em> écrit aussi durant ces années 1980 mais publié bien plus tard en 2001. Ce choix pour garder, comme je l’ai pensé alors, une sorte d’homogénéité dans l’écriture, mais en fait je n’ai fait sans doute que garder la tonalité générale de tout ce que j’ai pu écrire, avec bien sûr des modulations, des formes diverses qui me sont venues qui singularisent un peu chacun de mes livres. &nbsp;</p>



<p><strong>Avez-vous sollicité Antoine Emaz pour la préface&nbsp;? Si oui, pourquoi&nbsp;? Pour ses qualités de lecteur&nbsp;? Pour sa poésie sans fioriture, «à l’os»&nbsp;?</strong></p>



<p>Je crois me souvenir qu’André Velter m’avait proposé plusieurs noms de poètes pour cette préface, et que je lui ai de mon côté proposé le nom d’Antoine Emaz. Je connaissais Antoine depuis longtemps (depuis une recension d’une plaquette publiée chez Tarabuste en 1987&nbsp;:<em> La solitude au restaurant</em>). Je déteste demander directement à des amis ce genre de service (préfaces, recensions des livres parus, participation à des colloques)&nbsp;: je préfère qu’ils puissent accepter ou refuser en toute liberté des propositions d’un éditeur, sans penser à leur rapport personnel avec l’auteur.</p>



<p>Antoine Emaz en plus d’être à mon sens un excellent poète, était un fin et précis lecteur des autres poètes, et il partageait très franchement avec eux dans ses comptes-rendus ses enthousiasmes autant que ses réticences. Et puis même si nos écritures ne sont pas du même calibre, nous échangions depuis longtemps nos livres et nous nous retrouvions quand même autour de certains thèmes et de certaines idées quant à la fabrication (la «menuiserie» dirait Antoine&nbsp;; j’utilise plutôt le mot de «boulange») du poème.</p>



<p>J’ai été très heureux quand Antoine a envoyé aux éditions Méridianes à Montpellier une suite de poèmes, <em>Sans place</em>, en demandant à Pierre Manuel que ce soit moi qui réponde à ces poèmes pour la collection «Duo» de Méridianes. Je l’ai fait avec le plus grand plaisir avec <em>Je s’en va</em>. J’avais d’ailleurs déjà écrit à partir de mots et d’expressions pris aux livres d’Antoine pour un livret paru chez Vincent Rougier&nbsp;: <em>Dans la parole de l’autre</em> (2018). &nbsp;</p>



<p><strong>Qu’entendez-vous par «figures»&nbsp;?</strong></p>



<p>On peut penser évidemment à figures de rhétorique. Et chaque poème est bien un bouquet de ces figures (elles sont très nombreuses et agissent comme une grammaire du discours, ou plutôt de la matière et du déroulement du poème). Oui, fort nombreuses&nbsp;: elles remplissent des dictionnaires que les élèves et les étudiants pourront consulter, ne serait-ce que par curiosité, mais aussi pour découvrir qu’ils les utilisent sans s’en rendre compte dans leurs façons d’écrire et de parler tous les jours (comme font aussi tous les poètes).</p>



<p>Les figures sont aussi l’ensemble des objets, des motifs dont se sert le poème, les divers éléments concrets du monde en somme (on dit une «figurine» pour une petite statuette&nbsp;; on parle de «figuration» pour la peinture non abstraite).</p>



<p>On parle aussi de la figure de quelqu’un, et je dirai que chaque poème est un visage de mots, pas plus facile à déchiffrer, à comprendre (et ce que l’on comprend varie avec le temps, avec le contexte social du moment) que le visage des gens que l’on rencontre, et même celui des personnes que l’on croit connaître de façon intime.</p>



<p><strong>Qu’est-ce qui guide les retours à la ligne et les espaces entre les paragraphes&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est essentiellement (à mon sens) une question de rythme, et cela vaut aussi bien pour la prose que pour les vers dits libres. Une affaire de coupe donc. Et trouver une bonne coupe n’est pas plus facile que de trouver une bonne rime. C’est même plus difficile en fait&nbsp;: il n’y a pas de dictionnaires de coupes alors qu’il existe de bons dictionnaires de rimes. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait autant de mauvaises rimes dans les poèmes en vers réguliers que de mauvaises coupes dans les poèmes en vers libres.</p>



<p>Il s’agit aussi, assez souvent de mettre en relief soit le dernier mot d’un vers ou d’un paragraphe, soit le premier mot du vers ou du paragraphe suivant.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2.jpg" alt class="wp-image-38458" style="width:705px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/cougoulet-v2-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">La maison natale de James Sacré dans les années 1970, à Cougou, village vendéen situé à la limite des Deux-Sèvres. Archives familiales.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;On a été paysan ça veut dire quoi plus</em><br><em>qu’un mot on l’a depuis longtemps quelque part comme</em><br><em>un caillou dans sa botte ça gêne un peu aussi&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Si je revenais maintenant à une écriture plus grammaticalement correcte comme on dit</em><br><em>peut-être qu’on sentirait mieux après la traversée des maladroits accidents dans les poèmes qui précèdent</em><br><em>que le langage en beau français c’est plein de trous qu’on cache dessous</em><br><em>d’hésitations lentes pétries dans la mièvrerie et souvent la bêtise un peu grandiloquente…&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p><strong>J’ai noté des petites retouches dans les textes réédités – suppression de mots et de parenthèses, ajout des virgules. Comment vous relisez-vous&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour les textes anciens réédités, je ne change en général pas grand-chose. Il est difficile après beaucoup de temps passé de se remettre, comme on aimerait le faire, dans le texte et dans le contexte vivant qui portait celui-ci au moment de son écriture. Ou alors il faudrait écrire quasiment un nouveau texte en prenant l’ancien comme motif dont on se servirait. Il n’y a que ce qu’on peut juger superflu, inutilement répétitif par exemple, que l’on peut supprimer&nbsp;; ajouter paraîtrait comme du neuf qui s’accorde mal avec l’ancien texte. C’est du moins ce que je ressens quand je m’y essaye. Et supprimer ou modifier ce qu’on ne comprend plus très bien c’est un peu comme effacer (honteusement&nbsp;?) le passé et ce qu’il y avait éventuellement d’obscur dans ce qu’on vivait alors en écrivant.</p>



<p>Sur de courte périodes (quelques jours, quelques semaines, plusieurs mois) évidemment ce genre de problèmes ne se pose pas&nbsp;: on reste dans une sorte de suivi, de continuation de l’écriture.</p>



<p>Naturellement, ce que je dis ici n’empêche pas qu’on puisse agir tout autrement, reprendre comme on veut n’importe quel ancien poème et le triturer à nouveau et cela risque d’être un nouveau texte peut-être plus convaincant ou surprenant que l’ancien. Il n’y a pas de recette pour écrire un «bon» poème. </p>



<p><strong>Dans le premier recueil, vous supprimez presque systématiquement l’adverbe de négation «ne», vous employez des expressions familières comme «le pays que je parle…» et quelques mots poitevins comme «garoché»,&nbsp;«bouillées», «radresser» ou encore «y m’en vas, te t’en vas». Est-ce pour mettre au jour le caillou dans votre botte&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>… ou pour révéler les trous cachés&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est que le langage qu’utilise un poème n’est en général jamais bien défini. Un poème a le droit de parler comme il veut, le poète l’écrit comme ça lui vient soudainement (ou lentement) au bout des doigts, avec peu ou beaucoup du «bon» français qu’il connaît (bon français du moment) pas moins qu’avec un français non recommandé par les grammaires, ou mêlé de tournures et de vocabulaire inattendu parce qu’on l’a frotté à d’autres langues, ou à des parlers oraux. Un poème peut aussi faire des fautes de grammaire qui peuvent se transformer en vraies perles d’écriture (comme on dit en général pour condamner ces fautes), perles de fin cristal ou billes de glaise mal cuite&nbsp;: la beauté du poème ou les interrogations qu’il porte peuvent se manifester à travers n’importe quelle forme de langage. L’énigme fondamentale de ce fait c’est qu’on ne sait jamais vraiment comment cela se construit.</p>



<p>Parfois cependant on construit ces formes, ainsi la suppression du «ne» de négation est un essai d’utilisation du parler populaire&nbsp;: «je saurais pas vous dire» (un certain parler «élitiste» supprimerait plutôt le pas&nbsp;: «je ne saurais vous dire»&nbsp;; et c’est cette dernière formulation qui m’est caillou dans la chaussure&nbsp;!)</p>



<p>Les mots de patois poitevin sont parfois des mots qui n’ont pas d’équivalent en français d’école&nbsp;: ainsi pour les mots «dorne», «se caniger», «bouette». D’autres sont simplement des mots qui me viennent parce que je les ai souvent employés et j’aime qu’ils portent dans mon français quelque chose de ces bruits de langues (vocabulaire, accent, grammaire vivante du parler) qui innervent et modulent nos façons de parler en France.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;le français parlé qu’on dirait simple</em><br><em>en fait pas mal maniéré&nbsp;»&nbsp;</em></p>
</blockquote>



<p><strong>Dans le dernier recueil, plus récent, les poèmes sont, de ce point de vue, plus sobres. Est-ce l’abandon d’un certain maniérisme que vous évoquez en 1978 en cherchant le français parlé&nbsp;?</strong></p>



<p>Il se peut que dans un premier temps, conscient justement de cette liberté qu’a le poète d’écrire selon son caprice et les hasards liés au langage qui lui vient en écrivant (même à l’intérieur des plus strictes contraintes de forme qu’on peut se donner), il se laisse aller à des façons inattendues d’écrire, s’y complaît un peu, en abuse et insiste pour affirmer ses propres maniérismes… mais bientôt il en mesure le côté fabriqué, presque les marchandant à l’occasion pour répondre à l’attente du lecteur, et soudain il comprend qu’il ne faut pas plus valoriser ces «écarts» de la langue que la soi-disant belle allure du français que l’école propose et louange. Les révoltes contre ce qui est établi et conseillé sont aussi sources, souvent, d’académismes pas moins gênants, prétentieux et finalement encombrants que ceux qu’on prétend combattre. La solution c’est peut-être d’écrire à la fois librement et contraint sans plus y penser. D’écrire&nbsp;; et l’on verra bien.</p>



<p>Parfois des formes s’imposent en maniérisme bientôt encombrant. Cela m’est arrivé avec l’utilisation des parenthèses. J’ai fini par me demander si j’allais complètement les supprimer ou alors les laisser venir encore en plus grand nombre. Puis je n’y ai plus pensé, et elles se sont faites bien plus discrètes et se sont même fondues dans le reste du texte en en bousculant assez la syntaxe et donc en favorisant l’apparition d’autres façons d’écrire.</p>



<p><strong>En 1977, vous avez publié votre thèse en littérature française sur la poésie lyrique de la fin du XVI<sup>e</sup> siècle. Faire appel à du français parlé et des expressions poitevines dans vos poèmes, était-ce une façon d’aller aux antipodes de la recherche académique&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Ou était-ce la recherche d’un certain lyrisme dans une époque où c’était proscrit par les avant-gardes&nbsp;?</strong></p>



<p>Je viens un peu de répondre à l’instant à ces questions. Mais on peut préciser&nbsp;: oui, je pense qu’il est bon, parce que toujours c’est surprenant et vivant, de contester toute prescription qui se croit dans une «vraie vérité» dite avant-gardiste. Pas de lyrisme invite à creuser ce qu’est la présence du lyrisme dans nos façons de parler, et même de penser. Pas trop d’adverbes ni d’adjectifs invite à en utiliser beaucoup pour voir ce que cela peut donner. Pas de sentiments ne peut que surprendre quand on sait que les sentiments sont là dans nos moindres relations amicales ou amoureuses.</p>



<p>En fait il me semble qu’il faut écrire (qu’on peut écrire) aussi bien en pleine connaissance de ce que proposent les avant-gardes qu’en interrogeant leurs péremptoires oukases.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon.jpg" alt class="wp-image-38461" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_cynorhodon-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Le fruit charnu de l’églantier, le cynorhodon, est aussi nommé «gratte-cul» car il fournit du poil à gratter.</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>L’enfance est omniprésente dans les paysages de Vendée, la ferme, etc. mais très peu dans les jeux, à part des sous-entendus comme «jouer à la vache et au taureau avec des fruits d’églantier» (qu’on nomme aussi gratte-cul). Pudeur&nbsp;?</strong></p>



<p>Les jeux d’enfance (et d’un peu plus tard) sont quand même assez présents dans mes livres, mais évidemment vous n’êtes pas en train d’écrire une thèse sur ces livres et donc vous ne les avez pas tous lus. Des jeux anodins le plus souvent, des jeux aussi qui touchent à la sexualité, et ceux-ci finalement aussi anodins que les autres, sauf que sans doute ils laissent des souvenirs plus forts qui peuvent tendre plus intensément le jeu des mots dans des poèmes écrits plus tard. Bon, peut-être pas si présents après tout… affaire de pudeur&nbsp;? c’est bien possible, mais dans certains poèmes il y a aussi des mots crus. En fait il n’est pas si facile d’aborder par les mots ces deux choses, les jeux érotiques et l’obscénité. Dès qu’on emploie des mots crus on se retrouve remuant de banals clichés qui ne disent plus rien de singulier. Pratiquer l’allusion plus ou moins légère me semble souvent beaucoup plus parlant. Ou alors il faut que le texte s’arrange soudain en quelque phrasé qu’on n’avait pas prévu et qui surgit dans une fraîcheur surprenante laquelle interroge bien mieux que des mots crûment assénés. C’est là, me semble-t-il toute la différence entre pornographie (toujours grossièrement marchande) et érotisme (toujours interrogateur, énigmatique aussi, dans son malaise ou son plaisir). Me vient en mémoire ce poème mis dans <em>Le Petit </em>(Jean-Jacques Pauvert, 1963, p. 69) de Georges Bataille&nbsp;: <em>J’ai de la merde dans les yeux / J’ai de la merde dans le cœur</em> […] <em>je me branle de raisin / me torche de pomme</em>. Il y a par exemple des jeux de merde chiée dans l’enfance&nbsp;: pas facile de dire (il y faut de la chance plutôt qu’un souci de bien dire) pour que l’obscénité touche de la même façon, familière et aussi intensément, qu’un parfum de roses dans un jardin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>tant pis si dans les miens les mots</em><br><em>traînent comme derrière une écurie avec</em><br><em>la renouée salie, des coquilles, un vieux seau</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>Vous évoquez les «poèmes véhéments de Robert Marteau». Pourquoi véhéments ? à cause de ses penchants mystiques ? On y croise le cheval, la cabale, la chasse à courre, la forêt, comme dans les enluminures médiévales… alors que vous semblez plus matérialiste, plus modeste.</strong></p>



<p>Non, pas à cause de ses penchants mystiques. D’ailleurs il me semble que les livres de <a href="https://robertmarteau.fr/">Robert Marteau</a> sont plus rêveurs que véritablement mystiques, rêveurs autour de choses ou de valeurs perdues, et rêveur autour du moindre mouvement du monde dans lequel il vit, comme c’est le cas dans toute sa série des derniers livres d’approximatifs sonnets.</p>



<p>Non, la véhémence est plutôt dans les rythmes solides et vivants des vers, surtout dans les premiers livres. Dans l’insistance à fouiller ce qui nous demeure énigmatique ou difficilement compréhensible&nbsp;: je pense à des livres comme <em>Pentecôte </em>(Gallimard, 1973), et à ceux où il évoque la rosée alchimique, à ceux où les malheurs des révoltes chouannes sont, oui, fouillés, inlassablement interrogés et la répression de ces révoltes dénoncée. Une écriture souvent comme la coulée forte du fleuve Saint-Laurent au bord duquel il a vécu. Et comme les gestes (je m’en souviens) des mains portées en l’air quand Robert ne trouvait plus les mots qu’il aurait fallu dire pour tenter d’expliquer ceci ou cela.</p>



<p>Mon matérialisme, qui aimerait aussi pouvoir s’affirmer, s’essouffle et se brise, s’émiette, ne sait plus trop ce qu’il est, le plus souvent&nbsp;; celui de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n69-juillet-aout-septembre-2005/">Robert Marteau</a> s’affirme de façon beaucoup plus décidée, et parfois même presque violente.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/usa-avril-juillet-2011-199.jpg" alt class="wp-image-38464" style="width:514px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/usa-avril-juillet-2011-199.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/usa-avril-juillet-2011-199-225x300.jpg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/usa-avril-juillet-2011-199-650x867.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/usa-avril-juillet-2011-199-150x200.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px"><figcaption class="wp-element-caption">Fruita Barn, une grange à Fruita dans le parc national de Capitol Reef en Utah. Photo de James Sacré.</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Aux élèves qui vont découvrir vos poèmes, leur conseilleriez-vous de commencer par les lire à haute voix&nbsp;?</strong></p>



<p>En fait il est assez difficile de lire à haute voix un poème sans l’avoir lu simplement des yeux tout d’abord. Possible sans doute, mais ce sera une lecture comme un peu à l’aveugle, avec d’inévitables hésitations quant aux inflexions à donner à la voix, aux pauses. Je pense qu’il faut d’abord au moins faire cette lecture des yeux, silencieuse, imaginant un peu ce que pourrait donner la voix, et ensuite oui, essayer la lecture à voix haute qui pourra inventer, sachant à l’avance où le texte l’emmène, et découvrir des possibilités d’intonation, de rythme, que les yeux n’avaient pas imaginés, interpréter en somme. Il faut, me semble-t-il, que la voix soit délivrée de l’effort de déchiffrement pour être une véritable lecture inventive en même temps que restant au plus près de la «musique» et des effets de sens que suggèrent les arrangements de mots du poème.</p>



<p>Et sans être gêné par le peu de maîtrise ainsi acquise, la lecture à haute voix retrouve aussi le poème en train d’être écrit, son brouillon en quelque sorte, à cause des hésitations qui lui viennent encore, d’une intonation qu’on vient d’avoir et qu’on juge un peu malencontreuse, mais trop tard, il faut continuer de lire ou dire car le public par exemple attend la suite du poème, ou alors il faut s’arrêter et reprendre, et c’est encore mieux retrouver la boulange qu’est l’écriture.&nbsp;</p>



<p><strong>Le passé de l’enfance affleure tout le temps, où que vous soyez. Quel en est le déclencheur&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est plutôt le souci (plus ou moins conscient) de retrouver d’où vient le poème qui affleure ainsi. On sait qu’il ne vient pas seulement de cette enfance, mais de toute une histoire de vie (rencontres, lectures, bons et mauvais souvenirs, le présent qui est là inquiétant, merveilleux ou indifférent)&nbsp;; il vient aussi de rêveries autour du futur.</p>



<p>L’enfance bien sûr, car c’est en elle qu’ont sédimenté des couches de vocabulaire, des façons de dire (autant que d’être). Il faut essayer de s’en saisir si l’on veut s’en déprendre, ou au contraire les mieux comprendre encore vivantes en nous.</p>



<p>On croit deviner que probablement c’est tout l’inconnu de ces années de formation qui nous agite intérieurement. On découvre bien vite qu’on ne fait surtout qu’inventer cette enfance.&nbsp; On ne fait peut-être qu’imaginer savoir et comprendre, mais ce nouage d’une enfance inventée par notre parole avec celle silencieusement énigmatique au fond de notre histoire, reste de toute façon une sorte de moteur intime dont on ne saisit pas vraiment le fonctionnement, mais qui active et nourrit (parmi bien d’autres choses) notre désir d’écrire. Ou celui de peindre. Ou celui de passer de longues après-midi à pêcher au bord de la rivière.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749.jpg" alt class="wp-image-38462" style="width:568px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749-768x515.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749-650x436.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/1998-491-img749-150x101.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Les granges rouges dans la campagne du Michigan en 1998. Photo James Sacré.</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Trois couleurs reviennent souvent, avec quantité de nuances&nbsp;: bleu, rouge, vert. Du «bleu charrette» au «ciel qui flanche», des granges rouges du Massachusetts aux «deux rouges mal rouillés» du Poitou, en passant par «la verte indifférence de l’herbe». Quelles valeurs leur donnez-vous&nbsp;?</strong></p>



<p>Par les exemples que vous donnez pour chacune de ces couleurs, vous voyez qu’elles sortent tout droit du monde où j’ai vécu en petit paysan durant l’enfance et l’adolescence. Elles étaient là, de façon continue&nbsp;: la campagne verte&nbsp;; le vivant, animaux et les gens, leur rouge amical ou mauvais&nbsp;; et le bleu du ciel (entre deux pluies). Oui, mais pas de valeurs particulières a priori attachées à ces couleurs. Ce qu’elles peuvent évoquer bouge d’un bout à l’autre des livres&nbsp;: on pourrait s’amuser à construire leur histoire (comme fait Michel Pastoureau lorsqu’il découvre leur évolution, leurs chargements changeant en valeurs diverses, au fil de l’histoire de nos cultures). Dans mes livres, elles font peut-être aussi du sur place, mais je n’en sais trop rien. De plus, le lecteur y ajoutera forcément sa propre façon de les imaginer au moment de sa lecture. Pas plus que mes voyelles n’ont une couleur bien précise, mes couleurs ne recouvrent pas, je crois, des valeurs bien définies une fois pour toutes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600.jpg" alt class="wp-image-38463" style="width:687px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600-768x512.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/deneyer_ciel_mg_1600-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Ciel du Poitou. Photo Marc Deneyer.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;le ciel avec une nuée que des joues d’orage sont dedans</em><br><em>montre quand même parfois</em><br><em>la finesse de son bleu&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;la mort elle arrive en riant bleu</em><br><em>du ciel déchiré&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left"><em>«&nbsp;Penser à toi quelquefois c’est que</em><br><em>Désordre et rien, le temps</em><br><em>Mesure sa force</em><br><em>Au bleu du ciel qui flanche, voilà le soir&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p><strong>La mort, le deuil, la perte sont là, sans pathos… le poème est-il à la recherche d’une présence&nbsp;? Le poème peut-il ralentir l’inexorable&nbsp;? «Ça continue»&nbsp;?</strong></p>



<p>On peut en effet penser que le poème lutte contre la mort, le deuil ou la perte. Il y a c’est sûr une sorte de désir de se saisir de quelque chose quand on écrit un poème (ou qu’on en lit un). Oui, on ressent alors comme un sentiment de plus ou moins grande présence, disons du vivant. Mais en même temps on découvre le plus souvent que pour ainsi dire rien n’est là (ou du moins pas ce qu’on pouvait espérer) sous les mots.</p>



<p>Plutôt que de ralentir l’inévitable voyage vers la mort, je dirais que le poème emmêle en lui la perte et la présence, le sentiment d’une perte et l’illusion peut-être d’une présence. Notre corps entier n’est-il pas un ensemble de cellules qui meurent en même temps que d’autres vivent&nbsp;? Un jour cela s’arrête. Un jour aussi, après une plus ou moins longue continuation de cette activité, on arrête d’écrire.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="621" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/42737-hr_.webp" alt class="wp-image-38465" style="width:370px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/42737-hr_.webp 621w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/42737-hr_-182x300.webp 182w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/11/42737-hr_-150x247.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 621px) 100vw, 621px"></figure>



<p><em>Figures qui bougent un peu et autres poèmes</em>, de James Sacré, Poésie / Gallimard, rééd. 2024, 288 p., 9,20 €</p>



<p>«Trouver Cougou partout», entretien de Denis Montebello avec James Sacré dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n131-janvier-fevrier-mars-2021/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> n° 131</a>, hiver 2021.</p>



<p>Signalons, <em>Mouvementé de mots et de couleurs</em> de James Sacré &amp; photographies de Lorand Gaspar (<a href="http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20auteurs%20A-Z/Page%20auteurs%20S.html">Le temps qu’il fait</a>, 2003), et <em>Une rencontre continuée</em> (préface de Bernard Chambaz, <a href="https://www.castorastral.com/auteur/james-sacre/">Le Castor astral</a>, 2022) où James Sacré a notamment rédigé sa «carte d’identité poétique». &nbsp;</p>



<p></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/james-sacre-chaque-poeme-est-un-visage-de-mots/">James Sacré – « Chaque poème est un visage de mots »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Du livre aux moutons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2024 12:01:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Blondeau Da Silva]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Limoges]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>



<p><strong>Par Louis Tissot, Clément Mommessin et Andrei Cherkasov</strong></p>



<p>«&nbsp;À l’époque, je ne voyais pas très bien ce que je pouvais faire en recherche. J’étais incertaine, comme beaucoup d’étudiants&nbsp;», se remémore Dominique Taurisson-Mouret. Cette affirmation peut paraître surprenante tant son parcours est marqué par la recherche académique.</p>



<p>Tout commence… par deux années en faculté de chimie à l’université de Limoges, puis Dominique Taurisson-Mouret décide de se réorienter en histoire car elle se rend compte que la chimie est pour elle «&nbsp;très très ennuyeuse&nbsp;». Elle effectue alors cinq années d’études dans sa région natale, obtient son diplôme d’études approfondies (DEA), qui est l’équivalent du master actuel, et commence une thèse en histoire médiévale. Cependant, n’étant pas certaine de vouloir être enseignante-chercheuse, elle décide de se réorienter vers les métiers du livre, et passe avec succès le concours de bibliothécaire en livres anciens.</p>



<p>Sa carrière professionnelle débute à Limoges et se poursuit dans le sud de la France, à Nîmes. Malgré son épanouissement – «&nbsp;je pouvais lire tous les livres que j’avais envie de lire&nbsp;» – elle estime que les horizons de la fonction restent limités.</p>



<p>Un nouveau changement de voie est donc nécessaire&nbsp;: «&nbsp;J’ai passé le concours CNRS parce que je me suis aperçue qu’il n’y avait que la recherche qui m’intéressait.&nbsp;» Ainsi, après avoir réussi ce concours, elle devient ingénieure de recherche au Centre national de recherche scientifique où elle effectue de l’accompagnement à la recherche et des recherches en Histoire.</p>



<p>Son premier poste est au Centre d’étude du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle à Montpellier où elle débute ses travaux historiques sur&nbsp; «&nbsp;l’emprise française&nbsp;» dans le monde, plus spécifiquement en Russie et dans les pays de l’Est.</p>



<p>Après quelques années dans l’Hérault, elle rejoint les bords de la Méditerranée et l’Unité mixte de recherche (UMR) sociologie, histoire, anthropologie des dynamiques culturelles (Shadyc) qui est devenue le Centre Norbert Elias. Au sein de ce laboratoire marseillais, elle croise son approche historique avec des chercheurs et chercheuses de disciplines variées (sociologie, anthropologie, etc.). Cette ouverture suscite un intérêt particulier chez elle et sera le fil rouge de la suite de sa carrière.</p>



<p>En effet, après la cité phocéenne, c’est à Montpellier qu’elle retourne confronter son approche historique à une autre discipline en rejoignant l’UMR Dynamiques du droit. Les dix années passées avec des juristes et historiens-juristes lui permettent d’aborder une nouvelle approche, cette fois-ci juridique, dans ses recherches en histoire.</p>



<p>Puis, l’envie de rentrer au pays se fait sentir. C’est à Limoges qu’elle décide de continuer son parcours en rejoignant Géolab. Ainsi en retournant sur ces terres d’origine, cela lui permet de confronter encore une fois son approche historique à une nouvelle discipline : la géographie !</p>



<p>La carrière de Dominique Taurisson-Mouret est ponctuée par différentes étapes dans plusieurs villes. Le cœur de sa recherche est une approche historique nourrie, au fil du temps, par des disciplines variées. «&nbsp;Je n’ai jamais travaillé dans un laboratoire où l’histoire était la dominante&nbsp;», ce qui résume parfaitement son parcours «&nbsp;assez tortueux&nbsp;».</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/du-livre-aux-moutons/">Du livre aux moutons</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Paysage avec bassine. Une autre lutte est-elle possible ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexis Pernet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Mar 2023 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agrobusiness]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Pernet]]></category>
		<category><![CDATA[bassines]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[Marais poitevin]]></category>
		<category><![CDATA[paysagiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Être paysagiste et chercheur au contact des agriculteurs irrigants, est-ce cautionner un système agroalimentaire de profit et de pollution ? Ou une chance de poser les jalons d’une transition agroécologique avec un collectif large et diversifié ? Chronique d’un chercheur impliqué.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Être paysagiste et chercheur au contact des agriculteurs irrigants, est-ce cautionner un système agroalimentaire de profit et de pollution&nbsp;? Ou une chance de poser les jalons d’une transition agroécologique avec un collectif large et diversifié&nbsp;? Chronique d’un chercheur impliqué.</em></p>



<p><strong>Par Alexis Pernet</strong></p>



<p>Comment écrire sur les bassines sans ajouter au bruit et à la fureur ? En pensant à un objet voisin, le château d’eau, je puise dans un livre de Jean-Yves Jouannais cette ouverture apaisante&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Depuis notre enfance, au fil des nationales de nos vacances, comme cent et cent balises sur les trajets qui menaient aux plages comme aux montagnes, nous avons tous vu et regardé, nommé les châteaux d’eau. Il n’existe pas de silhouettes plus familières auxquelles nous nous soyons accoutumés avec plus d’aisance. Tous nos paysages étaient avec châteaux d’eau.&nbsp;Le paysage, c’est le château d’eau. » </p>
<cite><em>Jean-Yves Jouannais, <em>Prolégomènes à tout château d’eau</em>, Inventaire invention éditions, 2001.</em></cite></blockquote>



<p><em>Tous nos paysages étaient avec châteaux d’eau</em>. Tous nos paysages seront-ils bientôt avec bassines&nbsp;? Ce nouvel objet hydraulique et paysager occupe une place importante, depuis le début des années 2020, dans le débat public, concentrant sur lui l’opprobre d’un mouvement alternatif, écologique et anticapitaliste qui en a fait le symbole controversé de <em>l’agrobusiness</em>, accusé à lui-seul d’assécher les sols, les nappes et les rivières et de contribuer au dérèglement des écosystèmes. Ce mouvement antibassine, aujourd’hui puissant et très relayé médiatiquement n’applique pas sa vindicte avec la même fougue sur des objets voisins pourtant tout aussi porteurs d’ambiguïtés comme les équipements de l’industrie agroalimentaire, les installations portuaires (avec les plateformes d’importation d’engrais azotés de synthèse, véritables bombes climatiques), les réseaux de production et de commercialisation de pesticides.</p>



<p>La bassine, en revanche, est l’objet focal d’un opprobre qui a rallié des collectifs multiples et instantanément unanimes, alors que la connaissance directe des dossiers et des ouvrages est le lot d’un très petit nombre d’acteurs environnementaux et agricoles. Les appels médiatiques se multiplient, à la «&nbsp;prise de la bassine&nbsp;», à leur démantèlement. «&nbsp;Pas une bassine de plus&nbsp;» ne doit exister à la surface des plaines. Les jours de manifestation, des trophées sont brandis sous l’œil des caméras&nbsp;: canalisations arrachées, extirpées du sol, pompes découpées à la meuleuse, tandis que fusent autour lacrymogènes et grenades de désencerclement. Une génération activiste semble faire ses armes dans les champs, sans égard vis-à-vis d’une population agricole qui, les jours de manifestation, est appelée à rester à l’abri des fermes, à ne pas exercer elle-même de tentative de résistance. Étranges scènes que celles qui se déroulent désormais à l’automne et au printemps dans le Poitou, dans les parages des chantiers de construction des réserves de substitution. La furia passée, les chantiers reprennent, sous haute surveillance<sup>1</sup>. N’existe-t-il pas d’autres manières d’infléchir le cours des choses&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Irriguer dans un contexte d’incertitude climatique</strong></h4>



<p>Sans bassine, ou plutôt sans la fonction de «&nbsp;substitution&nbsp;» qui est cœur de son fonctionnement, c’est bien au cœur des nappes phréatiques que continuerait d’être puisée l’eau qui irrigue les cultures, en saison sèche, en fonction des arrêtés administratifs encadrant les prélèvements. Une eau incolore et indolore en quelque sorte, puisqu’elle appartient alors à l’épaisseur du substrat géologique poreux, au gré des fluctuations de niveau de nappe, dans une moindre prévisibilité pour les usagers. On comprend alors combien la mesure de ces niveaux souterrains, tout autant que des débits aériens, est au cœur de toutes les attentions. Cette mesure est dépendante de toute une métrologie complexe, déployée à travers un vaste réseau de données dont l’administration est garante (mais pas toujours productrice – voir la plateforme du <a href="http://siemp.epmp-marais-poitevin.fr/">Système d’information sur l’eau du Marais poitevin</a>). Retenons ceci&nbsp;: avec tous ses défauts, sa lourdeur, son apparence trapue au-dessus des plaines céréalières, la bassine possède <em>au moins</em> un mérite&nbsp;: elle rend visible la ressource en eau qui est mobilisable, une année donnée, pour les cultures et permet donc de sécuriser son utilisation. Les ouvrages aujourd’hui conçus sont dimensionnés pour en contenir de 100&nbsp;000 à 800&nbsp;000 mètres cube, parfois plus, en général pour des utilisateurs multiples (de l’ordre d’une dizaine de fermes). Contenue dans les bâches noires, enfermée dans les quatre digues qui en marquent le pourtour, et même peu visible du public, cette quantité existe en tant que telle, limitée, partagée, attribuée, comptée et payée. Les conditions de remplissage sont strictement encadrées à l’intérieur d’un système de gouvernance collective, peut-être le plus complexe et abouti en France, installé suite aux mobilisations environnementales dans le Marais poitevin du cours des années 1990<sup>2</sup>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline.jpg" alt class="wp-image-37281" width="619" height="464" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/01_site-de-la-reserve-de-ste-soline-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 619px) 100vw, 619px"><figcaption class="wp-element-caption">Site de la réserve de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, avant le chantier. Silo, future réserve et fossé de remembrement s’articulent autour d’une ancienne voie romaine.</figcaption></figure>
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<p>Mais l’objet inquiète et hypnotise. À défaut de pouvoir y accéder, les militants les surveillent depuis longtemps par la voie aérienne, ULM d’abord, puis drones, qui ramènent les images des chantiers de décapage et d’érection des digues, dans un environnement transformé par les engins de chantier. S’y infiltrant, ils vont y puiser des échantillons d’eau capable de fournir des analyses de cyanobactéries, dont le risque est brandi dans le réquisitoire avant même tout retour de long terme. Chaque étude de mesure des impacts sur les niveaux d’eau environnants est contestée, aucune modélisation de nappe ne réussissant le test de transparence et d’obéissance qui conviendrait. Les assecs provoqués ou aggravés par le dérèglement climatique sont là, et pour longtemps désormais. Les bassines émergent peu à peu, démarrent leur existence dans ce climat de controverse, de peurs multiples et d’anathèmes. Pourra-t-on les remplir chaque année&nbsp;? S’il semble que non, tout le désaveu pèse sur leurs utilisateurs. Peu importent les mesures de solidarité qu’ils déploient dans les conditions difficiles des années sèches. Ils sont, aux yeux de leurs détracteurs, des accapareurs, des profiteurs, des voleurs, et en regard de l’enjeu climatique, des <em>mal-adaptés</em>… il ne fait pas bon cultiver avec l’eau au cours des années 2020. Mais que veut même dire le terme d’irrigant, quand l’un est membre d’une structure familiale pratiquant l’élevage de race bovine locale en marais et produisant des cultures de vente en bio, quand un autre est le dirigeant de plusieurs sociétés exploitant plus de mille hectares de monocultures conventionnelles ? Nombre d’entre eux se revendiquent d’un modèle de polyculture-élevage sur des bases qui ne peuvent être ni assimilées à l’agriculture paysanne, ni à l’agro-industrie, l’irrigation apportant un facteur de sécurité dans les affouragements, ainsi que des cultures de vente qui complémentent des revenus fragiles ou incertains. En dépend aussi l’installation d’un associé, ou de meilleures conditions de transmission d’exploitation.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges.jpg" alt class="wp-image-37282" width="584" height="438" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/02_191211_ste_soline_les_terres_rouges-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px"><figcaption class="wp-element-caption">Atelier paysage à Sainte-Soline, décembre 2019. L’hydrogéologue et l’agriculteur, regard sur une future réserve.</figcaption></figure>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un bassin versant dans l’ombre du littoral charentais</strong></h4>



<p>Alors nos paysages <em>avec bassines</em>, que sont-ils&nbsp;? Et où sont-ils&nbsp;? Les automobilistes qui filent à vive allure entre Niort et La Rochelle, peut-être pressés de rejoindre un Eden insulaire ou les arcades commerciales de la ville blanche, savent-ils que c’est spécifiquement le bassin versant du Marais poitevin qu’ils traversent par la Nationale 11 avant d’aborder la zone littorale ? Certes, des panneaux évoquent bien quelques promenades en barque, dans des conches bordées de frênes têtards archétypiques, archi-typiques. Mais ces plaines étendues, sans relief prononcé, sans trop de haies, ces quelques fonds plus humides que la route enjambe, indifférente&nbsp;: comment penser que ce territoire sans histoire ni grâce puisse concentrer à lui-seul autant d’enjeux&nbsp;? Ce sont pourtant ces plaines, au nord et au sud de la zone humide principale, baignée par la Sèvre niortaise, qui ont connu les premières implantations de réserves de substitution. Cela s’est d’abord produit en Vendée, sous l’impulsion d’un syndicat mixte de travaux hydraulique agissant sur le bassin de la Vendée et de l’Autize, et dont le résultat se lit parfaitement aujourd’hui depuis l’axe autoroutier entre Niort et Fontenay-le-Comte. Des bassines publiques en quelque sorte, publiques sans le dire&nbsp;: le syndicat ne communique pas, les accès demeurent fermés, seuls des panneaux de financeurs publics permettent à un visiteur éventuel de se faire une idée des partenariats techniques et politiques qui président à leur construction.</p>



<p>Les ouvrages du bord de N11, dans le secteur de Cram-Chaban (Charente-Maritime) sont plus troubles&nbsp;: construits par un groupement syndical d’irrigants, ils n’ont jamais franchi l’ensemble des étapes d’une bonne inscription dans le système de régulation de l’eau du Marais poitevin. Ils font régulièrement l’objet de recours juridiques et semblent se destiner à constituer l’un des tout premiers paysages de ruines de bassines, au fond d’un système de champs ouverts et d’arroseurs (plusieurs options se présenteraient dans un tel cas&nbsp;: reboucher les trous, le volume de matière des digues correspondant à ce qui a été excavé pour contenir l’eau&nbsp;; laisser se développer la végétation sur et dans les digues, de manière à créer un boisement de plaine permettant de démarrer un maillage écologique&nbsp;; y expérimenter des modes hybrides d’étanchéification…).</p>



<p>Les réserves deux-sévriennes, sur le bassin versant de la Sèvre niortaise, de la Courance et du Mignon, sont désormais en cours de construction, après un début chaotique, qui a concentré toute la vindicte des groupes militants. Comme s’il fallait endiguer un nouveau flot, c’est ce programme qui concentre aujourd’hui le plus de critiques et d’énergie contraire. Il s’agit pourtant, et paradoxalement, aux yeux des spécialistes des projets d’irrigation collective, du mieux étudié, de celui qui a fait l’objet des engagements les plus avancés de la part des utilisateurs, dans une logique de compromis territorial – la complexité de paramétrage laissant toujours prise à la controverse. Le paysage deux-sévrien porte lui-même l’héritage d’une culture bocagère qui, même imparfaitement répartie, imprègne assez fortement l’ensemble des agriculteurs. Ceux-ci ont entrepris l’élaboration de ce programme de substitution après une crise aiguë, survenue en 2005, lorsque le réseau d’alimentation en eau potable du Niortais est passé à trois heures d’une banqueroute complète. S’opère alors le véritable point de bascule d’une gestion par arrêtés sécheresse beaucoup plus contraignante pour les acteurs du territoire, mais débouchant pour les agriculteurs sur la volonté de substituer les prélèvements les plus impactants. La culture collaborative et coopérative du territoire se lit dans le projet, porté par une société coopérative de l’eau d’environ 300 coopérateurs, fondée pour palier le refus des collectivités d’engager la création d’une structure publique porteuse du réseau d’ouvrages.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chercheur impliqué, les ateliers paysage du protocole deux-sévrien</strong></h4>



<p>Le 18 décembre 2018, après une année marquée par les premières manifestations d’ampleur en Deux-Sèvres est signé le Protocole d’accord pour une agriculture durable, qui encadrera les engagements environnementaux des agriculteurs en parallèle de la construction des réserves. Pour accompagner ce processus, l’État s’appuie sur la participation des principales associations environnementales locales (dont l’historique Coordination pour la défense du Marais poitevin et Deux-Sèvres Nature environnement). Sa gouvernance prévoit l’installation d’un Comité scientifique et technique (CST), que j’ai rejoint comme paysagiste, issu de la recherche publique (aux côtés de nombreux autres organismes, souvent liés aux organisations professionnelles agricoles). Ce comité a été amené à préciser, dès le départ, les modalités d’application d’un protocole aux contours encore très larges au moment de sa signature, mais validant de fait l’installation progressive des réserves. &nbsp;</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg" alt class="wp-image-37283" width="639" height="479" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/06_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 639px) 100vw, 639px"><figcaption class="wp-element-caption">Atelier paysage à Saint-Sauvant, le 11 décembre 2019, lecture de paysage au bord d’un site de réserve.</figcaption></figure>
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<p>Il me semble important que quelques lignes puissent être consacrées à tirer un bilan de cette participation, car elle apparaît parfois comme très inopportune dans ce climat d’opprobre entretenu par de nombreuses communautés (et dont participent aussi des scientifiques pas toujours soucieux du détail régional). Être paysagiste et chercheur au contact de ce monde des irrigants, est-ce cautionner brusquement un système agroalimentaire de profit et de pollution&nbsp;? N’est-ce pas plutôt une chance de construire un contact durable avec un collectif à la fois large et diversifié&nbsp;? J’ai estimé, à la suite de mes travaux sur la projection et la médiation paysagère, et sur la base d’une expérience de vie au contact de ce milieu géographique et humain<sup>3</sup>, qu’il y avait là comme une opportunité à saisir, à rebours de certaines représentations, et en dépit du grand inconfort de la situation locale.</p>



<p>Dans un premier temps, il n’a d’ailleurs pas été question de rencontrer les protagonistes du projet. La composition du CST ne prévoyait pas la représentation directe des agriculteurs concernés. Les réunions à huis clos se déroulaient dans une salle aveugle de la Préfecture, seule la Chambre d’agriculture assurant la liaison des recommandations et des décisions de l’instance auprès des principaux intéressés. Nourri d’une approche fondée sur la médiation par le paysage, pourquoi se priver de mobiliser une interface directe, capable de plus de briser les carcans relationnels imposés par les <em>habitus</em> administratifs&nbsp;? J’ai porté l’idée d’organiser sur le terrain des ateliers pour aider à structurer des propositions viables sur le paysage et la biodiversité. C’est ainsi que se sont tenus, de l’été 2019 à décembre 2020, les cinq premiers ateliers paysage du Protocole d’accord pour une agriculture durable. Des sorties de terrain ont été organisées sur le site des futures réserves, précédées d’échanges sur des supports cartographiques, en présence des utilisateurs, des élus locaux, des techniciens et ingénieurs de structures d’appui à l’agriculture ou à la gestion des cours d’eau.</p>



<p>Si le protocole ne prévoyait pas de retoucher au dessin général des réserves, c’est d’abord un travail de fond des paysagistes du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement des Deux-Sèvres et du Parc naturel régional du Marais poitevin qui a permis de renforcer des mesures d’intégration dans des périmètres élargis par rapport aux abords directs initialement visés. Nous leur devons la refonte complète du dessin du local technique, qui arbore désormais un système de casquette métallique à pan unique, un bardage en bois en lieu et place du modèle architectural original, triste et banal. Nous leur devons aussi, cruelle ironie, l’abandon de la lourde clôture de zone d’activité au profit d’un modèle agricole plus transparent, qui n’impose pas la même distance à l’ouvrage. Les paysagistes ont aussi proposé un renfort conséquent des maillages arborés dans les environs, en fonction des lignes de force ou de faiblesse du grand paysage. Ce programme a été bien adopté et respecté par les agriculteurs (les initiés des logiques d’aménagement savent combien ces prescriptions sont en général lettre morte).</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg" alt class="wp-image-37284" width="540" height="405" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/05_191211_st_sauvant_site_bois_de_la_chagnee-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px"><figcaption class="wp-element-caption">Adossé au boisement, le site de la future réserve de Saint-Sauvant dans la Vienne.</figcaption></figure>
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<p>Les ateliers devaient permettre d’amplifier cet élan, en passant par l’appréhension du paysage, au-delà de mesures ponctuelles, supposant une animation et une intelligence collective à trouver pour mettre en cohérence des actions à plus grande échelle. Des échanges de terrain surgissent souvent des lignes d’accord fondées sur des observations directement partagées, quand la formulation générique de dispositifs institutionnalisés paraît parfois parfaitement absconse ou rebutante. Les agriculteurs furent, au-delà d’une nécessaire étape de «&nbsp;brise-glace&nbsp;», immédiatement intéressés à participer à cette médiation par le paysage. Nombre de principes d’action sont nées d’échanges de bord de champ&nbsp;: reconvertir des parcelles labourées en fond de vallée en prairie pour améliorer la rétention d’eau et regagner en diversité biologique&nbsp;; introduire l’agroforesterie pour restructurer des parcelles de bord de marais&nbsp;; redonner à des linéaires de haies surtaillés une épaisseur et un gabarit capable d’en assurer une meilleure longévité et productivité&nbsp;; border des zones de «&nbsp;gouffres&nbsp;» de zones tampon filtrant les écoulements et révélant mieux ces formes de dolines spécifiques des plateaux poitevins&nbsp;; et pourquoi pas, abandonner quelques plantations prévues autour des réserves pour mieux laisser poindre, dans le grand paysage, leur silhouette&nbsp;?</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline.jpg" alt class="wp-image-37285" width="565" height="424" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/07_191211_rouille_doline-150x113.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 565px) 100vw, 565px"><figcaption class="wp-element-caption">Sur le plateau de Saint-Sauvant dans la Vienne, lecture des écoulements, face à un gouffre (effondrement naturel dans la roche calcaire).</figcaption></figure>
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<p>En 2020 le Covid interrompt brutalement ce processus d’ateliers. L’animateur de la Chambre d’agriculture, trop isolé, est écrasé du poids des demandes des différents engagements du protocole, des diagnostics, des bases de données à établir, dans un climat de défiance croissant alimenté par le travail de sape, au sein même des associations signataires, par les opposants «&nbsp;durs&nbsp;». En témoignent des images de procès de rue durant lesquels les noms et visages de responsables associatifs signataires du Protocole ont été livrés à la vindicte des manifestants. Ces stratégies, discrètes ou manifestes, ont conduit certains à des formes d’effondrement physiques et psychiques. En regard de cette stratégie de la peur, les agriculteurs ont semblé massivement réticents à appliquer des mesures volontaristes de réduction des pesticides, malgré des engagements collectifs ambitieux<sup>4</sup>. Quels signaux reçoivent-ils de leur environnement économique, notamment des groupes coopératifs&nbsp;? La méthode – inaugurale – du protocole était-elle la bonne&nbsp;? Le contexte national n’aide pas, avec un gouvernement qui acte en 2020 le retour des néonicotinoïdes sur les cultures betteravières, en dépit de toute la littérature scientifique existant sur le sujet. Et quant aux élus locaux, le silence et la peur s’installent. Tenir au Protocole, désormais, c’est être isolé, comme un pari un peu fou mais dont on sait qu’il ne sera jamais tenu intégralement… et dont personne ne souhaite assumer les immanquables faiblesses.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r.jpg" alt class="wp-image-37286" width="733" height="456" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-300x187.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-768x479.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-650x405.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-4-r-150x93.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px"><figcaption class="wp-element-caption">Notes graphiques&nbsp;: vers une deuxième génération de réserves&nbsp;?</figcaption></figure>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les paysages épongent</strong></h4>



<p>Je n’ai jamais dessiné ni conçu un seul de ces projets de réserve, mais j’ai souvent redessiné, dans mes cahiers, ce qui pourrait constituer une évolution significative du modèle générique de la réserve de substitution. La surface d’eau partiellement mise à l’abri par une couverture photovoltaïque, j’ai affirmé qu’un accès partiel des talus devait être réservé pour le grand public, de manière à ce que chacun puisse prendre la mesure du rythme de remplissage et de vidange de l’ouvrage. La douzaine de mètres d’altitude gagnée au-dessus du sol permettrait de lire, dans le paysage environnant, le déploiement de mesures agroécologiques&nbsp;: parcelles redivisées et cultures diversifiées, haies ou linéaires d’arbres plantés, compositions éventuelles jouant avec les lignes du relief ou des éléments de topographie (les arbres sont proscrits des réserves pour des raisons géotechniques). Tout autour, à l’échelle des multiples compartiments hydrographiques du bassin versant, chaque centimètre carré de sol devrait être désormais considéré comme partie intégrante d’un impluvium gigantesque destiné à nourrir l’aquifère en période de pluie. C’est tout le paysage qui est ainsi amené à jouer le rôle actif d’éponge, retrouvant un statut fonctionnel en lieu et place du rôle de décor qu’on lui a longtemps assigné. De ce fait, retenir l’eau dans les sols devrait être un objectif désormais facile à partager avec les agriculteurs ayant connu cette expérience, difficile et traumatisante, de la construction des réserves. L’intuition qui me guide désormais, c’est que la controverse des réserves a contribué à installer chez les agriculteurs concernés une culture collective de la gestion de l’eau qui, en dehors des secteurs de marais ou d’associations locales d’irrigation, n’existait pas à cette échelle dans le tissu rural. Sur cette base, et une fois des cadres de travail communs institués, toutes les aventures sont possibles, y compris menant et passant par l’agroécologie. C’est cette hypothèse que je m’apprête à instruire dans le cadre d’une recherche de plus long terme menée sur la Zone atelier Plaine &amp; Val de Sèvre.</p>



<p>La charge de l’opprobre qui s’exerce aujourd’hui à l’encontre des bassines me semble pouvoir être dépassée par l’affirmation de cette culture commune de la gestion de l’eau. La condition, c’est de la sceller durablement. C’est un paradoxe difficile à appréhender, mais la construction et la maintenance d’infrastructures hydrauliques (infiltration, stockage, distribution), correctement territorialisées, y contribuera. Si lutter contre les bassines comme symbole reste la ligne conductrice, des années durant, du mouvement écologiste et alternatif, les conséquences en seront le remparement accentué des organisations agricoles, déjà si dramatiquement coupées d’interactions avec la diversité des aventuriers de la transition. Mais agir pour l’agroécologie depuis les bassines mêmes, en tant que composantes d’un système, sur la base de compromis et de portages politiques locaux courageux, n’est-ce pas une autre voie de lutte pour tourner la page de la révolution verte et de son cortège de nuisances, en y associant des formes utiles à tous de relocalisation et de transition alimentaire&nbsp;? Nous pourrions être nombreux à pouvoir affirmer et réaliser alors, que <em>le paysage, c’est la bassine</em>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r.jpg" alt class="wp-image-37287" width="640" height="400" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-300x188.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-768x480.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-650x406.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/pernet-notes-5-r-150x94.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px"><figcaption class="wp-element-caption">Notes graphiques&nbsp;: les paysages épongent, ralentir le cycle de l’eau à l’échelle territoriale&nbsp;?</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>1. C’est sous cet angle de la surveillance des ouvrages que le <em>New York Times</em> a finalement relaté la controverse, quelques jours après la manifestation de Sainte-Soline&nbsp;: «&nbsp;French Police Guard Water as Seasonal Drought Intensifies&nbsp;», par Catherine Porter, publication le 27 novembre 2022.<br><br>2. La France a été condamnée en 1999 par la Cour de justice européenne pour ses manquements dans la protection de la zone humide du Marais poitevin. La création en 2010 de l’Établissement public du Marais poitevin comme lieu de coordination générale des politiques liées à l’eau en constitue l’une des conséquences marquantes.<br><br>3. Pour les prémices de ces rencontres, voir Alexis Pernet et Clémence Bardaine, <em>Un paysage du renversement, des agriculteurs à l’école du sol</em>, Les éditions du commun, coll. Culture des précédents, 2019, ainsi que <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> n° 117, «&nbsp;Le chemin de l’esperado&nbsp;», p. 116–119.<br><br>4. Ces mesures ont principalement été portées par Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologique de Chizé. Nous avons été tous deux les représentants les plus assidus de la recherche publique tout au long des quinze premières réunions du CST, de 2019 à 2022. J’en ai démissionné en mars 2022, atterré du fossé entre les immenses moyens sécuritaires déployés par l’État et le peu d’égards accordé aux dispositifs effectifs de médiation.</p>
</blockquote>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Alexis Pernet est paysagiste, géographe et chercheur à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles et au Centre d’études biologique de Chizé, équipe Résilience (CNRS – La Rochelle Université – UMR 7372), membre du comité de rédaction des <em>Carnets du paysage</em>. Il vit dans le Marais poitevin. Parmi ses publications&nbsp;: <em>Le grand paysage en projet</em> (MétisPresses, 2014), <em>Au fil du trait, carnet d’un arpenteur</em> (Parenthèses, 2021), <em>Un précis d’incision. Le jardin de Gilles Clément à la Vallée</em> (Atlantique &amp; L’Escampette, 2021).</p>
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		<title>Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2020 10:27:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agroécologie]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
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		<category><![CDATA[La Rochelle université]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Bretagnolle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecobiose est une plateforme scientifique et politique sur la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine. L'objectif est de quantifier le rôle de la biodiversité dans l'économie de la région.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BU9FIBur9DE" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) permet un suivi à grande échelle de la biodiversité dans le monde. Ecobiose reprend ces objectifs à l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine. Le but&nbsp;est de quantifier le plus précisément possible le rôle de la biodiversité dans la socio-économie de la région. Pour étudier cette biodiversité chacun peut jouer un rôle&nbsp;: construction de nichoirs, observation d’oiseaux, expérimentations dans les jardins, etc. En impliquant directement les citoyens dans des projets de recherches, ils s’intéressent plus facilement aux questions de biodiversité et sont attentifs aux changements qui peuvent avoir lieu en fonction des actions individuelles ou collectives.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;:<br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a><br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-sciences-participatives-2/">Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – Travailler avec les agriculteurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2020 08:04:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La recherche-action est une méthode largement développée sur la Zone atelier de Chizé. Les agriculteurs s’impliquent volontiers dans les projets de recherche malgré des conditions parfois assez contraignantes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mWxio6PYnrw" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. La recherche-action est une méthode largement développée sur la Zone atelier de Chizé. Les agriculteurs s’impliquent volontiers dans les projets de recherche malgré des conditions parfois assez contraignantes. Pour Vincent Bretagnolle, «la raison pour laquelle cela marche très bien, est que les agriculteurs sont des gens qui expérimentent en permanence sur leurs parcelles, cela fait partie de leur métier et nous leur offrons un cadre autour de ces expérimentations». Cette implication fait que les agriculteurs sont les premiers à observer ces expériences, il n’y a pas de meilleure manière pour communiquer sur les résultats obtenus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;: <br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a><br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-travailler-avec-les-agriculteurs/">Vincent Bretagnolle – Travailler avec les agriculteurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2020 10:35:42 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[zone atelier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe quatorze zones atelier en France dont douze en métropole. Il s’agit de territoires assez vastes sur lesquels sont étudiés de manière pluridisciplinaire des questions de recherche avec un fort enjeu social.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-la-recherche-grandeur-nature/">Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/N9iwldW9Qho" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. Il travaille sur la Zone atelier de Chizé depuis plus de trente ans. Il existe quatorze zones atelier en France dont douze en métropole. Il s’agit de territoires assez vastes sur lesquels sont étudiés de manière pluridisciplinaire des questions de recherche avec un fort enjeu social. La zone atelier de Chizé permet d’étudier la thématique de l’agriculture et des paysages ruraux. «Sur la Zone atelier, on essaie de démontrer expérimentalement, qu’une approche agroécologique, est une solution qui fonctionne d’un point de vue de la production d’aliments et d’un point de vue économique, non seulement pour les agriculteurs mais aussi pour l’ensemble des acteurs du territoire.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;: <br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a> <br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-la-recherche-grandeur-nature/">Vincent Bretagnolle – La recherche grandeur nature</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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