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	<title>1984 - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<item>
		<title>Internaute, libère-toi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Mar 2020 18:40:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Richard Stallman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richard Stallman, initiateur du mouvement Logiciel libre, nous interroge sur nos pratiques du quotidien et sur les menaces qui pèsent sur nos libertés individuelles.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/internaute-libere-toi/">Internaute, libère-toi</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Yann Connan, Abir Farouzi, Houssamedine Yousfi</strong></p>



<p>«&nbsp;Liberté, égalité, fraternité&nbsp;», voici comment Richard Stallman résume la philosophie du logiciel libre. Philosophie qu’il expose lors d’une conférence à l’IUT de Poitiers, site de Niort en 2013.</p>



<p>Liberté, car l’utilisateur peut
exploiter et modifier le logiciel à sa guise. Égalité, car tout le monde
possède les mêmes droits et personne ne domine l’autre. Enfin, fraternité, par
le fait qu’un logiciel libre encourage la coopération entre ses utilisateurs. A
l’inverse, un programme qui ne respecte pas ces valeurs est un programme dit
privateur, parce qu’il prive les utilisateurs de certains de leurs droits
fondamentaux.</p>



<p>Pour qu’un logiciel soit libre, il
doit respecter et assurer quatre libertés, définies par l’initiateur du
mouvement du logiciel libre, Richard Stallman. </p>



<p>Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme selon la volonté de l’utilisateur sans restriction.<br>Liberté 1 : La liberté d’étudier et de modifier le code source du programme.<br>Liberté 2 : La liberté de distribuer des copies du programme.<br>Liberté 3 : La liberté de distribuer des copies modifiées du programme. </p>



<p>On voit bien que Richard Stallman
conserve ici ses habitudes d’informaticien, commençant sa liste par le chiffre
zéro. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce qui définit un logiciel
libre n’est donc pas lié à sa gratuité. Un logiciel privateur gratuit est
simplement un logiciel qui n’exige pas que «&nbsp;l’utilisateur paye pour être
abusé&nbsp;». </p>



<p>Les quatre libertés sont nécessaires
et complémentaires entre elles. Sans la liberté 0, l’utilisateur doit obéir à
des conditions d’utilisation qui peuvent être injustes. Sans la liberté 1, il
doit faire une confiance aveugle aux développeurs du logiciel en question et en
l’exécutable qu’on lui propose, qui peut contenir des erreurs ou même des
fonctionnalités malveillantes. Sans les libertés 2 et 3, l’utilisateur ne peut
pas contribuer à la communauté. Bien sûr, ces libertés ne sont pas
obligatoires, les utilisateurs conservant le droit de ne pas exécuter le
programme, de ne pas vérifier le code source ou encore de ne pas distribuer le
logiciel. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>“Le téléphone portable, le rêve de
Staline”</strong></h4>



<p>Que penseriez-vous si l’on vous proposait une société où il
est possible de connaître vos moindres déplacements, d’écouter et d’analyser
toutes vos conversations, de connaître vos goûts et vos envies et de les
prévoir, de savoir ce que vous regardez ou lisez, voire même d’une société qui
pourrait contrôler cet accès au savoir ? Un scénario digne de Big Brother qui
ressemble beaucoup à de la science-fiction nous diriez-vous. Pourtant, ce
scénario est-il si improbable, est-il si éloigné de notre réalité moderne ?</p>



<p>Durant cette conférence, Richard Stallman nous amène à questionner notre utilisation quotidienne des logiciels privateurs. Pour lui, ils agissent parfois comme des pièges dont les fonctionnalités qu’ils fournissent sont l’appât. On ne sait pas exactement ce qu’ils contiennent et ce qu’ils font. Ils possèdent bien souvent des fonctionnalités malveillantes, des menottes numériques nous privant de certaines libertés, des portes dérobées installant des processus à notre insu et des programmes de surveillance à distance. Il cite, parmi d’autres, l’exemple du logiciel de la Kindle d’Amazon. Par l’acquisition d’un nouveau livre à partir de cette plateforme, on se prive de la liberté de pouvoir acquérir ce livre anonymement et on permet au propriétaire du logiciel de connaître la liste des livres que chacun possède. Mais l’existence même d’une telle liste n’est-elle pas potentiellement nuisible à nos propres libertés individuelles ? De plus, et pour poursuivre cet exemple, selon les termes d’Amazon, on ne possède jamais véritablement un livre et il existe une porte dérobée dans leur logiciel permettant de supprimer des livres à distance. Ce cas de figure se serait déjà produit selon Stallman en 2009&nbsp;: Amazon aurait supprimé des milliers d’exemplaires d’un livre qui jusque-là était autorisé et qui avait été acquis sous leur plateforme. De quel livre s’agissait-il ? <em>1984</em>, de George Orwell, roman de science-fiction décrivant les possibles dérives d’un régime totalitaire où les libertés individuelles n’existent plus. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="567" height="566" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/stallman-copie.png" alt class="wp-image-32513" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/stallman-copie.png 567w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/stallman-copie-300x300.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/stallman-copie-150x150.png 150w" sizes="(max-width: 567px) 100vw, 567px"><figcaption>Portrait de Stallman par Houssemeddine Yousfi.</figcaption></figure>



<p>Mais la liseuse n’est bien
évidemment pas la seule à être pointée du doigt. Pensez à ce petit objet devenu
pour beaucoup d’entre nous si indispensable à notre quotidien&nbsp;: le
smartphone. S’il nous facilite grandement la vie, il doit néanmoins nous
questionner sur les possibles dérives liées à son utilisation. Suffit-il de
l’éteindre pour avoir l’esprit tranquille ? Stallman nous avertit que non, car
même éteint il continue de recevoir et de transmettre de l’information.
Perspective pas très réjouissante si l’on imagine son potentiel d’espionnage
massif entre de mauvaises mains.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Démocratie 2.0</strong></h4>



<p>Une société numérique libre est
fondée sur des pistes de collaboration et de partage entre les différents
utilisateurs du logiciel. Il s’agit de créer un environnement social où tout
individu peut participer directement à l’évolution du logiciel libre et ainsi
apporter sa pierre à l’édifice. Stallman précise que les deux premières
libertés ne suffisent pas pour assurer pleinement la liberté de l’utilisateur.
La liberté de diffusion du logiciel et d’une version modifiée de celui-ci à la
communauté s’avère indispensable. Il souligne également l’importance du travail
en groupe et de la mise en commun, afin d’éviter qu’une même modification soit
effectuée de multiples fois. Ainsi, ce travail en coopération peut même
permettre aux non-initiés d’accéder au contenu apporté par les autres
utilisateurs, de participer au développement du logiciel, et par conséquent
créer un environnement démocratique où chacun est libre de bénéficier ou de
décider de l’évolution future du logiciel. </p>



<p>Néanmoins, les propriétaires des programmes privateurs limitent ces droits «en exerçant un contrôle et un pouvoir injuste sur les utilisateurs» à travers leurs logiciels. Ce pouvoir est souvent sous forme de contrat ou de licence éliminant une ou plusieurs libertés afin d’exploiter et d’abuser de l’utilisateur. C’est la raison pour laquelle il est impératif, selon lui, de refuser tout programme restreignant notre liberté et ne pas accepter de développer ce type de logiciel. Selon sa vision des choses, le monde aujourd’hui est confronté entre le choix de jouir de ses droits humains individuels et collectifs à travers les logiciels libres ou d’accepter d’être exploité par les propriétaires des logiciels privateurs. Quoique la réponse soit évidente, le monde poursuit son utilisation massive des programmes privateurs. C’est pourquoi, Stallman incite les citoyens à réagir et à intégrer le mouvement du logiciel libre afin d’assurer la liberté du cyberespace et de clamer&nbsp;: «Internaute, libère-toi&nbsp;!»</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été réalisé dans le cadre d’une formation à l’écriture journalistique avec l’École doctorale Sciences et ingénierie des systèmes, mathématiques, informatiques (Sismi) des universités de Poitiers et Limoges.  <br><br><strong>Auteurs</strong><br><br><strong>Yann Connan</strong> est doctorant en cryptographie, laboratoire XLIM à l’université de Limoges.<br><br><strong>Abir Farouzi</strong> est doctorante en informatique, laboratoire Lias, ISAE-ENSMA. <br><br><strong>Houssemeddine Yousfi</strong> est doctorant en informatique, laboratoire Lias, ISAE-ENSMA.</p></blockquote>



<p><em>Conférence “Vers une société numérique libre” de Richard Stallman, initiateur du projet GNU</em>.</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><iframe width="800" height="450" src="https://videotheque.univ-poitiers.fr/embed.php?id=1eiwggtjt4xwod45yq9m&amp;link=dhqb6su41io8y5m6138k" allowfullscreen></pre>
</body></html></iframe></pre><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/internaute-libere-toi/">Internaute, libère-toi</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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