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	<title>Julie Duhaut - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Julie Duhaut - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Jean-Claude Bertrand, tout un monde en musique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Duhaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Oct 2022 09:38:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[disquaire]]></category>
		<category><![CDATA[jean-claude bertrand]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Jean-Claude Bertrand, fondateur des Mondes du Disque à Poitiers.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la rue Henri Pétonnet à Poitiers, non loin du magasin d’instruments de musique, se trouve un autre haut lieu de rencontre pour les mélomanes. Une vitrine remplie de disques – et de chats, pour qui s’amuse à les chercher. Entretien avec Jean-Claude Bertrand, fondateur des <em>Mondes du Disque</em>, un des derniers disquaires indépendants de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Comment êtes-vous devenu disquaire ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jean-Claude Bertrand. – </strong>Même si je ne me suis jamais dit «un jour je serai disquaire», adolescent, l’idée m’a souvent effleuré. C’était un rêve car, pour être disquaire, il faut des moyens, un local, des meubles, un stock. Malheureusement, je ne les avais pas. En fait, tout a commencé dans les années 1960 : l’arrivée du rock’n’roll, des yéyés, de la musique pop a été pour moi une véritable renaissance. On écoute la radio, avec Johnny, Elvis, les Beatles, Dylan, les Stones et tous les autres. C’est un souffle nouveau, une ouverture sur un monde, dans notre tête bien meilleur, évidemment. Je fais partie de ces gens qui ont cru, à l’époque, que le vieux monde et ses atrocités allaient mourir. Parallèlement à tout ce qui vient d’Angleterre et des États-Unis, je découvre la poésie par l’intermédiaire de la chanson, Boris Vian, Prévert, Aragon… J’écoute aussi Brassens, Ferré, Brel. Puis arrive le mouvement hippie, le <em>flower power</em>, le pacifisme de Martin Luther King, les grands rassemblements comme Woodstock et l’Île de Wight, où j’ai eu la chance d’aller. À l’époque, on nomme cela la «contre culture» et c’est celle-là qui m’a nourri.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited.jpeg" alt class="wp-image-36634" width="573" height="571" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited.jpeg 600w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited-300x300.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/highway-61-revisited-150x150.jpeg 150w" sizes="(max-width: 573px) 100vw, 573px"><figcaption>Bob Dylan, <em>Highway 61 revisited</em>, 1965.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À la fin des années 1960, après une scolarité un peu chaotique, je réalise un premier rêve : je rentre à l’université en philosophie. Je garde un merveilleux souvenir de ces années. Tout va bien jusqu’à la maîtrise mais les concours ne pardonnent pas les parcours chaotiques. À partir de la licence, je deviens vacataire à la bibliothèque de la section de philosophie, donne des cours particuliers et passe de belles heures d’oisiveté. Pendant ces heures, je fréquente assidûment un lieu terrible pour mes maigres revenus, la <em>Librairie des Étudiants</em>, qui a un rayon disque. Un matin, je décide précisément de faire un tour dans ma librairie préférée pour échanger quelques mots avec le responsable du rayon disques, monsieur Chollet, grand amateur de jazz à qui je dois la découverte de Coltrane, Mingus, Miles Davis et tant d’autres. Mais ce jour-là, il est absent et le patron, monsieur Vergnaud, me dit qu’il le sera plusieurs jours. Personne pour s’occuper du rayon à trois semaines de Noël, il me demande alors si je peux les aider. Il est 11h30, je réponds «cet après-midi à 14 heures». C’est comme ça que j’ai commencé. Je suis resté dans le magasin jusqu’à la fin de l’année et j’ai proposé mes services en cas de besoin. Il me rappelle au mois de septembre suivant, j’abandonne alors progressivement mes cours particuliers et la bibliothèque de l’université pour devenir vendeur à temps plein avec monsieur Chollet, devenu alors mon collègue. Nous avons travaillé ensemble pendant huit ans, de 1978 à 1986.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/high-country-snows-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36640" width="552" height="552"><figcaption>Dan Fogelberg, <em>High country snows</em>, 1985.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Quand mon patron prend sa retraite, il vend le magasin à l’enseigne <em>Connexion</em>, spécialisé dans le matériel audio, Hi-Fi, télévision, etc. Ces magasins n’ont pas l’habitude d’avoir un rayon disque mais, ayant à disposition un stock et deux vendeurs, ils nous gardent. En 1988, notre nouveau patron décide de vendre ses trois locaux dans Poitiers pour les réunir en un, en périphérie. Mon collègue a l’âge de la retraite mais souhaite continuer et je ne me vois pas aller dans une zone commerciale alors je démissionne. Nous discutons avec notre patron, monsieur Guilbaud, qui voudrait bien se séparer du rayon disque. Nous lui proposons de l’acheter et il accepte que nous lui payons mensuellement, sur un an. Sans son aide, <em>Les Mondes du disque</em> n’auraient sans doute jamais existé. En résumé, une passion de longue date, des rencontres, la saisie d’une opportunité sont à l’origine de l’ouverture du magasin le 2 septembre 1988.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment conseillez-vous les gens, qu’ils soient habitués ou occasionnels ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Conseiller, c’est tout le charme du travail. Il faut sentir les intérêts de la personne, comprendre au mieux sa demande, poser un certain nombre de questions pour révéler ses goûts ou, si c’est pour offrir, ceux du destinataire. Souvent je commence par demander l’âge, c’est un premier repère, puis ses centres d’intérêt, ses loisirs, dans quel contexte la personne écoute de la musique. Enfin, je propose de faire écouter. J’ai besoin de tout ceci pour répondre au mieux à sa demande. J’aime l’échange autour de la musique, partager, discuter, faire découvrir. Pour moi c’est ça, cette discussion, être disquaire. Ce n’est pas seulement distribuer des disques. Un jour, dans un festival de jazz, un homme est venu me voir pour me féliciter : son épouse vient tous les ans autour de Noël pour choisir des disques à lui offrir. «À chaque fois, c’est parfait», m’a‑t-il dit. On ne peut pas me faire plus beau compliment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment faites-vous la sélection ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Mondes du disque</em> est un magasin généraliste. Tous les secteurs de la musique y sont représentés, le nom même a été choisi pour signifier qu’ici, ce n’est pas une chapelle où se retrouvent des gens vouant un culte à tel ou tel genre, mais un lieu ouvert où tous les amateurs de musique et de disques se côtoient. Il y a malgré tout deux domaines qui sont absents : le rap et le metal. Je ne connais pas ces secteurs, je suis donc incapable de sélectionner ou de conseiller. La vitrine est souvent réalisée au gré de mes envies. J’aime l’idée de surprendre, de proposer des artistes qui ne sont pas forcément dans l’air du temps, de mettre en avant des musiciens vivant dans la région ou autour d’évènements de la Nouvelle-Aquitaine, comme le festival <em>Jazz à Dissay</em>. Je n’écarte pas pour autant les nouveautés en lien avec des revues, par exemple <em>Diapason</em>, <em>Jazz Magazine</em>, <em>Rock’n’Folk</em>, etc., mais ce n’est pas ce que je mets le plus en avant. Les « grandes enseignes », dont la sélection est essentiellement basée sur l’actualité et les nouveautés, le font suffisamment. Enfin, dans tous les domaines, j’ai mes indétrônables et je veille à ce qu’ils ne me manquent jamais. Ce sont des disques phares, qui n’ont pas d’âge, célèbres ou « obscurs » d’après un client anglais. Pour les enfants, <em>Pierre et le Loup</em> de Prokofiev et dit par Gérard Philipe, à l’origine un vinyle de 1954, reste un incontournable. Il en va de même en jazz avec <em>Kind of Blue</em> de Miles Davis (1959), en country music avec Dan Fogelberg, <em>High country snows</em> (1985), en contemporain avec Anja Lechner et François Couturier dans des œuvres de Komitas, Gurdjieff et Mompou chez ECM (2014). Mais ce ne sont que quelques exemples.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/kind-of-blue-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36636" width="528" height="528"><figcaption>Miles Davis, <em>Kind of blue</em>, 1959.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment recevez-vous les nouveautés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ce qui arrive au magasin relève d’un choix personnel. Il n’y a aucun arrivage systématique de nouveautés. Il y a cependant des contraintes au niveau des commandes. Certaines maisons n’expédient les colis que si le montant de la facture atteint une somme qui m’apparaît maintenant trop élevée, compte tenu de l’état actuel du marché du disque. Si l’on atteint pas la somme requise, elles imposent des frais de port trop importants. A contrario, une structure comme <em>Universal</em> a nettement abaissé son franco de port, ce qui est très habile car cela permet de commander beaucoup plus souvent et donc de satisfaire plus rapidement la clientèle. En ce qui concerne les nouveautés, la majorité de l’information est transmise en ligne ou sur les sites des labels. Malheureusement, seules quelques petites structures envoient encore des documents papiers, alors que la consultation des sites est très souvent fastidieuse et qu’il n’y a pratiquement plus de correspondants avec lesquels échanger.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36639" width="557" height="557" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-1024x1024.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-300x300.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-150x150.jpeg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-768x768.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens-650x650.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/rhiannon-giddens.jpeg 1190w" sizes="auto, (max-width: 557px) 100vw, 557px"><figcaption>Rhiannon Giddens avec Francesco Turrisi, <br><em>They’re calling me home</em>, 2021.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a‑t-il une culture de l’objet disque ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture voire le culte de l’objet disque est arrivé dans les années 1960 avec le microsillon. Le jazz, le blues, le rock’n’roll, etc., sont certes des musiques mais leur médiation par leur disque passe aussi par des images qui alimentent notre imaginaire. De grands photographes, dessinateurs et designers se sont fait connaître grâce à leur travail pour des pochettes de disque. L’arrivée des CD, au début des années 1980, n’a pas fait l’unanimité. Si le public du classique l’a immédiatement adopté, l’engouement a été beaucoup plus mitigé dans les autres domaines. On critique la petitesse de l’objet, les textes et les photos souvent illisibles, le boîtier en plastique… Bref, certains n’arrivent pas à vénérer ce petit CD argenté comme ils ont vénéré leur belle «galette» de vinyle. Car le disque a vraiment eu son heure de gloire dans les années 1960–70. Peut-être que, plus ou moins consciemment, ces réfractaires flairaient que nous étions en train de changer d’époque, que le numérique allait prendre le pas et ils refusaient que leur objet tant chéri soit relégué au rang du passé. En même temps, pour un large public, le CD est devenu la nouvelle référence. La publicité autour de ce nouveau support est énorme. Au début des années 1980, la platine CD est LE cadeau de Noël, même pour des gens qui n’écoute pratiquement jamais de musique : c’est l’objet qu’une personne voulant être de son temps doit posséder. À l’époque, l’engouement pour ce nouveau produit est tel (et c’est le revers de la médaille) que les grandes surfaces s’engouffrent avec voracité dans le marché, bien soutenues par certaines maisons de disque qui préfèrent, pour des raisons financières évidentes, mettre en place 200 CD d’un artiste dans un seul point de vente plutôt que 20 dans 10. Les grandes surfaces font du CD un produit d’appel, vendu avec une marge réduite ou compensée par une remise en amont offerte par l’éditeur. À partir du moment où les conditions d’achat ne sont pas les mêmes, où la marge perdue sur le disque peut être récupérée ailleurs et quand, à la différence du livre, le CD ne bénéficie d’aucune protection en matière de prix, parler de concurrence et de loi du marché n’a plus aucun sens. L’abattage du disquaire indépendant venait de commencer. Tout au long des années suivantes, ce sont des centaines de points de vente qui ferment. Le problème est que l’histoire ne s’arrête pas là. Comme s’il fallait parachever le travail de démolition, sont arrivés Internet, la vente en ligne et le streaming. Quelques années plus tard, soubresaut de l’édition phonographique pour résister à la dématérialisation. Le vinyle, qui n’a jamais totalement disparu, renaît de ses cendres à grand renfort de publicité. Il devient alors objet de luxe, LE support ayant soi-disant un meilleur son. Ceci est fort discutable. Avec quel appareil écoute-t-on ? La différence entre une platine haut-de-gamme et un électrophone est considérable. Les vinyles actuels sont-ils repressés à partir des matrices originales ou de leur numérisation ? Tous les disques depuis 1983 ont été enregistrés en numérique alors quelle est la différence entre un vinyle et un CD ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les objets réédités sont certes de qualité (vinyle 180 grammes) mais coûtent généralement très cher. Je n’ai rien contre le vinyle (je n’ai pas été un des premiers à adopter le CD) mais je trouve que le CD a une facilité et une qualité d’écoute qui n’a rien à envier à son illustre prédécesseur. Dans les années 1980, au moment où le CD et le vinyle se sont côtoyés, quand un client demandait un article, si nous lui proposions un vinyle il répondait «ah non, le CD !». Aujourd’hui, c’est plutôt «mais vous ne l’avez pas en vinyle ?». Bob Dylan avait bien dit «les temps sont en train de changer». Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette mutation : pour un public jeune c’est un nouveau produit, pour un public plus âgé c’est un retour aux sources, et la tendance vintage actuelle ne fait que conforter ce choix.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qu’importe le support, comme le dit Olivier Gasnier dans une plaquette des Allumés du Jazz, <em>Le CD a ses charmes</em>, défendant le support physique par rapport à la musique connectée : «Mentionnons enfin que le disque porte encore avec lui la possibilité de se procurer en boutiques ou magasins, c’est-à-dire en un lieu qui devrait rester au moins autant vecteur de lien social que de commerce. Ce qui est bien souvent le cas chez les disquaires spécialisés et indépendants».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/carolina-confessions-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36638" width="582" height="582"><figcaption>The Marcus King Band, <em>Carolina Confessions</em>, 2018.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des coups de cœur ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui bien sûr ! Ils sont indissociables de mon activité de disquaire. La liste exhaustive serait trop longue mais il y a des musiques que j’aime depuis des décennies – je me rappelle par exemple avoir essayé de traduire <em>Like a rolling stone</em> de Bob Dylan avec mon petit dico d’anglais à la fin du collège –,&nbsp;et chaque jour peut m’en faire découvrir de nouvelles. C’est un échange, il m’est arrivé de découvrir un morceau en le faisant écouter à un client, pour ensuite le proposer à d’autres parce que je l’avais apprécié. J’ai quelques exemples d’artistes que j’aime et que je mets en avant depuis quelques années : en folk-blues, la chanteuse américaine Rhiannon Giddens ; en blues le magnifique album du Marcus King Band, <em>Carolina Confessions</em> ; en jazz, le nouvel album de Tord Gustavsen Trio, <em>Opening</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/10/opening-1024x1024.jpeg" alt class="wp-image-36637" width="540" height="540"><figcaption>Tord Gustavsen Trio, <em>Opening</em>, 2022.</figcaption></figure>
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		<title>Vivre à la ferme autrefois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Duhaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2022 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[écomusée]]></category>
		<category><![CDATA[ferme]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monique Roullet-Caire]]></category>
		<category><![CDATA[Montmorillon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Écomusée du Montmorillonnais a reconstitué l'habitat rural des XIXe et XXe siècles. Monique Roullet-Caire explique comment le musée a travaillé.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut s’engager sur la petite route sinueuse de campagne, entre Montmorillon et Saulgé, pour apercevoir les premiers bâtiments d’une ancienne ferme, à Juillé. Le patchwork des tuiles de la maison principale pourrait presque faire office d’illusion d’optique. Quand l’Écomusée du Montmorillonnais rachète la ferme en 1993, seule la moitié des tuiles est en bon état. Au lieu de les mettre simplement d’un côté de la toiture, au risque de créer une démarcation trop visible, on préfère mélanger anciennes et nouvelles tuiles. Entretien avec Monique Roullet-Caire, responsable du service tourisme et pédagogique de l’écomusée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Pourquoi le site de Juillé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monique Roullet-Caire. –</strong> L’histoire du site est connue depuis le Moyen Âge, c’était une dépendance de l’hôpital de la Maison Dieu de Montmorillon. Pour suivre leurs jeûnes et leur régime alimentaire, notamment en poisson, les Augustins avaient besoin de «Pescherie» comme celle de Juillé, ainsi ils bénéficiaient d’un approvisionnement en poisson. Le logis en lui-même est typique du milieu du <span class="smallcaps">xix</span>ᵉ siècle. C’était une période d’expansion économique, avec le défrichage de nouvelles terres, les débuts du chemin de fer et la construction de routes et de fermes. De grands propriétaires terriens investissent ici, embauchent des régisseurs pour gérer le domaine à leur place et des métayers pour travailler sur les terres. Un métayer, contrairement à un fermier, n’a aucune capacité de décision et il doit partager la moitié de la production avec la famille du propriétaire. En tant qu’association étudiant l’Homme dans son territoire, nous pouvons ainsi retracer l’histoire de l’habitat rural et l’histoire sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’organise l’espace dans une ferme au <span class="smallcaps">xix</span>ᵉ et au début <span class="smallcaps">xx</span>ᵉ siècle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le logis, la maison principale, était occupée par le régisseur. Il avait la meilleure vue, ses fenêtres donnaient à l’arrière sur un petit jardin et à l’avant sur la belle allée, selon les codes de la maison bourgeoise. Les différents bâtiments de la ferme (étables, granges, etc.) se répartissent autour d’une cour, avec la maison des métayers. Il y avait vraiment une séparation nette, physique et esthétique, entre les «appartements» du régisseur et les métayers, plutôt tournés vers les zones de production. À Juillé, plusieurs familles de métayers se partageaient un seul logement, c’est aujourd’hui l’emplacement de l’accueil de l’écomusée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous réussi à reconstituer le mode de vie rural ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous réalisons des enquêtes auprès de la population, qui servent de base de travail pour des monographies, des photographies et des témoignages. Cela nous permet ensuite de comprendre comment les gens vivaient, de présenter les évolutions du paysage et ses liens avec l’agriculture. Un écomusée sert à expliquer ce qui fait sens commun, ce qui est identitaire, ici l’habitat rural. Il se développe donc grâce à la population qui, en plus de témoigner, donne des objets. C’est ce qui a servi de base pour créer un parcours sur dix salles qui raconte comment l’Homme a vécu sur ce territoire à différentes époques. Nous nous sommes surtout intéressés au <span class="smallcaps">xix</span>ᵉ et au <span class="smallcaps">xx</span>ᵉ siècle car les changements les plus importants ont eu lieu après la Seconde Guerre mondiale.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’Écomusée du Montmorillonnais présente actuellement une exposition intitulée «Femmes de la terre», autour de portraits d’agricultrices.</p><p><em>Connaître et réhabiliter l’habitat rural en Montmorillonnais</em> de Jean Colasson <em>et al.</em>, Publications de l’Ecomusée, 2001, 165 p., 15 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vivre-a-la-ferme-autrefois/">Vivre à la ferme autrefois</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Général Berton, conspirateur d’opérette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Duhaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Aug 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration]]></category>
		<category><![CDATA[général berton]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Augustin]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[procès]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son dernier ouvrage, Jean-Marie Augustin raconte l'échec de la conspiration menée par le général Berton contre Louis XVIII.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que fait la Statue de la Liberté à Poitiers ? Inaugurée par les Francs-maçons en 1903, elle fait référence aux derniers mots prononcés par le général Berton, «Vive la Liberté ; vive la France !» Il a été guillotiné le 5 octobre 1822 pour avoir comploté contre Louis XVIII. Deux-cents ans après, Jean-Marie Augustin, professeur émérite à la faculté de droit de l’Université de Poitiers, revient sur la conspiration et le procès dans son ouvrage <em>La Conspiration du général Berton (1822) ; Thouars – Saumur – Poitiers</em> (APC, 2022). Le général n’est pourtant pas poitevin, il ne connaît la ville que par son procès. La conspiration n’a même pas lieu à Poitiers mais à Thouars et à Saumur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Pourquoi choisir le général Berton et pourquoi Thouars et Saumur ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jean-Marie Augustin. –</strong> La monarchie restaurée en 1815 n’est pas absolue, elle repose sur une constitution appelée la Charte (1814), dont le préambule garantit les libertés et les droits des Français. Le ministère Decazes est plutôt libéral – par opposition aux ultras, des conservateurs – mais, en 1820, l’assassinat du duc de Berry, neveu du roi, marque l’arrêt de ses mesures. Il y a un retour des ultras au pouvoir avec le ministère de Villèle, c’est-à-dire un poids important de la noblesse et de l’Église. En 1821, pour museler la presse d’opposition et la gauche libérale, Villèle dépose un projet à la Chambre des députés pour créer un délit de tendance, qui n’est ni plus ni moins qu’un délit d’opinion. Pour pallier cette censure, des sociétés secrètes se créent, comme les Chevaliers de la Liberté ou la Charbonnerie, dirigée notamment par le marquis de Lafayette. Ces sociétés élaborent des conspirations pour rétablir un gouvernement plus libéral, dont une à Saumur, en décembre 1821, mais qui échoue. La ville est choisie car des Chevaliers de la Liberté sont présents en assez grand nombre, y compris parmi les militaires de l’École de cavalerie. L’année suivante, Lafayette veut relancer un complot et il se rappelle avoir entendu la pétition d’un ancien général d’Empire à propos de sa pension. C’est là que le général Berton entre en scène, assez hostile à l’égard des Bourbon<strong>s</strong>. Bonapartiste à l’origine, la mort de Napoléon en 1821 en fait probablement un monarchiste de raison, du moment que la Charte est bien appliquée. Quand Lafayette entre en contact avec lui, il accepte de prendre la tête de la conspiration et se rend à Saumur. Cependant, malgré la présence de la Charbonnerie et des Chevaliers, ce n’est peut-être pas l’endroit idéal. Au sud, la ville de Thouars semble plus intéressante, notamment pour ses idées assez avancées et car elle a su se défendre deux fois contre les Vendéens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment expliquer l’échec de la conspiration ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout a été préparé dans l’improvisation, c’est une conspiration d’opérette ! Le général ne connaît pas la région, il n’est arrivé que quinze jours avant, les Chevaliers n’ont rien préparé car ce ne sont pas des militaires. Il y a une sorte d’idéalisme un peu béat comme toujours dans ces cas-là, on fantasme : on croit à des renforts venus de toute la France mais ils ne sont que cent-trente conjurés. C’est une armée de patachons équipée d’escopettes, de fusils qui ne fonctionnent pas tous et de bâtons. La route allant de Thouars à Saumur fait 34 kilomètres et pourtant, le 24 février 1822, Berton prend tranquillement le temps de déjeuner. C’est pareil sur le parcours, on s’arrête à toutes les auberges et le général paie, grâce au prêt qu’il a obtenu du banquier Laffitte. Arrivé à Saumur, Berton est un héros romantique qui veut prendre la ville sans verser le sang. C’est d’époque mais voué à l’échec ! De l’autre côté du pont Fouchard, tout le monde est prévenu : l’École de cavalerie est en armes contre les insurgés et, alors qu’on pensait la soulever, elle est renforcée par des gendarmes et des gardes nationaux. Un armistice est signé entre le maire et Berton, personne n’attaque avant l’aube : pour les militaires, une charge de cavalerie dans les vignes est impossible et pour les conspirateurs, ils ne sont pas assez nombreux. Le général s’en rend d’ailleurs compte car il ordonne la retraite pendant la nuit. C’est la débandade, certains conjurés sont pris, Berton essaie de se réfugier au château du Bois de Sanzay mais le propriétaire refuse alors il rejoint La Rochelle. Il prend d’ailleurs contact avec les quatre sergents, auteurs d’une conspiration à l’été 1822.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment Berton est-il arrêté puis jugé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lafayette ne veut pas rester sur cet échec et contacte à nouveau les Chevaliers de la Liberté à Saumur. Même si l’Ecole de cavalerie, compromise dans l’affaire, a été remplacée par le prestigieux régiment des carabiniers de Monsieur – le comte d’Artois, frère du roi – il reste quelques charbonniers, dont le maréchal des logis Wœlfel. C’est lui qui reprend contact avec Berton, qui accepte de revenir à Saumur. Il a une «conspirationnite aiguë». Cependant, lors d’une réunion dans le hameau de L’Alleu, Wœlfel arrive en retard, disant avoir pris des précautions supplémentaires. Le prétexte pour se retrouver était une partie de chasse, ils sont donc tous armés. À la surprise générale, il prend son fusil et met Berton en joue, avant de l’emmener à Saumur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire ne dépend pas de Poitiers mais le procureur général Mangin, ambitieux, voit l’occasion d’en faire un tremplin pour sa carrière et obtient la délocalisation de l’enquête à la cour d’assises poitevine. Au procès, seuls trente-quatre conjurés sont présents, les autres sont jugés par contumace. Berton demande plusieurs fois à changer d’avocat mais cela lui est refusé et son commis d’office, Sylvain Drault (qui donne son nom à la rue donnant sur la place de la Liberté) ne veut plus le défendre. Le général se défend donc tout seul, endossant l’entière responsabilité du complot et rappelant qu’il ne souhaitait pas renverser le roi, seulement le gouvernement. Toutefois, Mangin est particulièrement hostile, quitte à être sans scrupules : le manque de preuves matérielles n’est pas important car «où trouver plus de preuves morales ?» dit-il dans son réquisitoire. Les principaux conjurés, dont Berton, sont condamnés à mort. Selon la procédure, ils forment un pourvoi en cassation, faisant jouer l’acharnement manifeste du procureur et le manque de défense comme vice de forme. La cour de cassation confirme cependant l’arrêt. La grâce royale n’est accordée qu’à deux condamnés mais pas aux meneurs, comme Berton ou le docteur Caffé. Ce dernier se suicide avant l’exécution et seul Berton est guillotiné sur la place du Pilori, maintenant place de la Liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au-delà du bicentenaire, pourquoi avoir choisi cette affaire ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la dimension européenne qui m’a intéressé, en dehors de ce procès historique. Avec la Sainte-Alliance, les monarchies européennes se sont unies après le Congrès de Vienne, en 1815, pour maintenir l’absolutisme et éviter le retour des idées révolutionnaires. En France, le risque de l’absolutisme est bien là, avec le ministère Villèle. La conspiration de Berton est le parallèle d’un autre coup d’Etat en Espagne pour rétablir la Constitution de Cadix. Élaborée en 1812 au moment de la guerre contre Napoléon, elle est abrogée lors du retour de Ferdinand VII sur son trône en 1814. La conjuration des généraux Quiroga et del Riego force la monarchie à remettre en place cette constitution en 1820, sans renverser le régime. La réussite est cependant de courte durée car, dans le cadre de cette Sainte-Alliance, la monarchie absolue espagnole est rétablie en 1823, notamment avec l’aide de l’armée française, conduite par le duc d’Angoulême. Mais, si l’absolutisme a une dimension européenne, la volonté libérale également : des conjurés de Thouars aident les rebelles en Andalousie, comme le commandant de la garde nationale Pombas. De même lors de la révolte des Grecs contre l’empire ottoman en 1823, bien que ce soit un peu en dehors de l’Europe à l’époque. En référence à l’expression très imagée que Walter Bruyère-Ostells emprunte aux géographes, Thouars et Saumur sont, à l’échelle de l’Europe, des îlots de l’archipel libéral dans un océan conservateur.&nbsp;</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv-berton-jm-augustin.jpg" alt class="wp-image-36443" width="462" height="671" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv-berton-jm-augustin.jpg 705w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv-berton-jm-augustin-207x300.jpg 207w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv-berton-jm-augustin-650x944.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv-berton-jm-augustin-150x218.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 462px) 100vw, 462px"></figure>
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<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean-Marie Augustin, <em>La Conspiration du général Berton (1822) ; Thouars – Saumur – Poitiers</em>, APC, 2022, 136 p., 20 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/general-berton-conspirateur-doperette/">Général Berton, conspirateur d’opérette</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Hélène Vignal – Libérée, Queen Kong</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Duhaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jul 2022 10:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[hélène vignal]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[littérature jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[pépite d&#039;or]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son dernier livre, Hélène Vignal raconte la libération d'une adolescente vis-à-vis du regard des autres et la découverte de sa sexualité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Queen Kong</em> n’est pas l’histoire d’un monstre géant mais celle d’une ado qui s’éveille à la sexualité et doit affronter le regard des autres lycéens. Ce livre a valu à Hélène Vignal, qui vit à Poitiers, le prix de la Pépite d’or 2021 du salon de littérature jeunesse de Montreuil.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Comment avez-vous reçu le prix de la Pépite d’or ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hélène Vignal. – </strong>C’est un prix qui représente une véritable reconnaissance dans le monde de la littérature jeunesse. Je publie des livres depuis 2005 aussi j’ai déjà reçu d’autres prix mais ils n’étaient pas aussi prestigieux que celui-ci. J’étais étonnée que <em>Queen Kong</em> figure dans la sélection du salon, c’était déjà une la fête, mais ma surprise était encore plus grande quand le prix a été attribué à mon livre. Je ne m’attendais pas à une grande audience, si j’écris c’est avant tout pour moi, sur des sujets qui m’intéressent. Parler de sexualité de manière aussi crue n’est généralement pas bien vu, aussi bien dans le monde de la promotion littéraire que par le public. J’ai par exemple rencontré des lectrices, pas seulement des jeunes filles, qui ont été gênées par les scènes de masturbation. La littérature jeunesse est un lieu de haute tolérance mais elle est considérée à tort comme une sous-littérature. Malgré les ventes importantes, la cour des grands ˗ c’est-à-dire la littérature adulte ˗ nous regarde un peu de haut. Pour toutes ces raisons, recevoir ce prix pour <em>Queen Kong</em> a été une grande surprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir choisi la littérature jeunesse ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai toujours un peu de mal à expliquer pourquoi je me sens bien dans cette littérature. J’ai déjà voulu écrire en littérature générale mais j’étais moins à l’aise, alors que l’écriture n’est pas vraiment différente. Le choix des catégories relève plus des éditeurs que des auteurs. Pour <em>Queen Kong</em>, j’ai bien rencontré des lecteurs de tout âge, entre 15 et 90 ans. C’est davantage une question de ressenti avec le public. Je suis à l’aise avec les adolescents car c’est un lectorat spontané, qui dit franchement quand il aime ou non. Pour eux seul compte le plaisir de lire, ils ne font pas de manières. Ecrire pour les ados, c’est être simple et dans l’émotion, c’est être direct. Je préfère les textes accessibles et sincères aux auteurs qui étalent leur vocabulaire et leur science. Je pense qu’il est important de s’adresser aux jeunes, nous avons une certaine responsabilité de la vision du monde que l’on peut donner à travers les textes. Sans pour autant faire de didactique, cela permet de les amener à réfléchir sur les notions de libre arbitre, d’identité et de respect. Même pour les petits car un texte est toujours politique selon moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment écrire à la place d’une adolescente ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas encore totalement fermé la porte entre l’âge adulte et l’adolescence. D’une certaine façon, je suis assez proche d’eux. Etant hypersensible, c’est un état où l’on perçoit beaucoup d’informations, notamment au niveau émotionnel. Les interventions que je peux faire en collège ou en lycée me permettent aussi d’avoir leur vision des choses. Ce que je raconte n’est d’ailleurs pas cantonné à l’adolescence. Dans <em>Queen Kong</em>, c’est la recherche du plaisir, la liberté de faire des expériences. C’est également affronter le regard du groupe quand on décide d’être libre. Les adultes aussi font ces choix. Il n’y a pas un moment où il faut découvrir son corps absolument et un autre où c’est interdit, c’est un rapport qui se réinvente en permanence. Même si ce n’est pas un récit autobiographique, l’histoire est entièrement fictive, cela n’empêche pas une forme d’identification, d’autant plus quand j’écris à la première personne. Je m’inspire de mes propres souvenirs et les valeurs de mon personnage sont aussi les miennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a‑t-il des auteurs et autrices qui vous ont inspirée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis assez réticente aux histoires de modèle, c’est une notion assez envahissante et je ne cherche pas à en être un pour les autres. Il y a bien sûr des sources d’inspiration et, pour ma part, ce ne sont pas que des écrivains mais aussi des photographes, des plasticiens, des danseurs, des chanteurs à texte, etc. Le travail des autres artistes m’est indispensable, il y en a partout chez moi. Concernant les auteurs, quelques-uns m’ont ouvert les yeux sur tout ce que l’on peut faire en littérature. Il y a d’abord Zola, notamment <em>Nana</em> ou <em>L’Assommoir</em>, où j’ai compris que la littérature pouvait servir à la dénonciation sociétale. Quelque part, c’était presque un sociologue avec ses enquêtes de terrain. Dans la même logique, j’aime beaucoup Victor Hugo. Il y a aussi Marguerite Duras qui, même si je n’arrive plus à la lire aujourd’hui, m’a beaucoup appris. Avec ses phrases très courtes et ciselées, j’ai vu que le poids du silence compte autant que celui des mots. Elle écrivait presque des slams avant l’heure. Pour la dimension féministe, qui me tient à coeur également, j’ai beaucoup lu Annie Ernaux. Je pourrais en citer des centaines d’autres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Queen Kong</em> de Hélène Vignal, éditions Thierry Magnier, collection «L’Ardeur», 2021, 96 p., 12,90 €, prix Pépite d’or 2021 au salon du livre jeunesse de Montreuil</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/helene-vignal-liberee-queen-kong/">Hélène Vignal – Libérée, Queen Kong</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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