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	<title>technologies - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>technologies - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yoann Frontout]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 06:31:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La revue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Châtellerault, le CAAPC propose une exposition sur les sous-marins français jusqu'au 19 décembre 2025. Archives inédites et objets de la vie quotidienne des sous-mariniers y sont à découvrir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien avec Vincent Roblin, chef du bureau des publics et de la valorisation du CAAPC, par Yoann Frontout-Neuffer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa deuxième exposition thématique, le Centre des archives de l’armement et du personnel civil du Service historique de la Défense (CAAPC), à Châtellerault, met en lumière l’histoire méconnue des sous-marins français. À découvrir jusqu’au 19 décembre 2025..</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>L’Actualité. –</strong> Pourquoi une exposition sur les sous-marins à Châtellerault, aussi loin de la mer ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vincent Roblin –</strong> Créé en 1969 et rattaché au Service historique de la Défense en 2005, le CAAPC est un établissement de conservation d’archives militaires appartenant au ministère des Armées. Installé dans une partie de l’ancienne manufacture d’armes de Châtellerault, on y trouve aujourd’hui les dossiers des personnels civils du ministère des Armées, les archives des unités territoriales et spécialisées de la Gendarmerie nationale, mais également les archives consacrées à la conception, aux essais, à la fabrication et la maintenance de l’armement utilisé par l’armée française depuis le XVIIIe siècle. Et ce, dans le domaine terrestre, aéronautique mais aussi naval. Il y a donc, à Châtellerault, de très nombreux documents concernant la plupart des navires construits pour la Marine nationale depuis le XIXe siècle (plans, photos…). Nous n’avons donc effectivement pas la mer à Châtellerault, mais nous avons des frégates, des porte-avions et des sous-marins, sous forme papier, ce qui est méconnu du grand public&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons chaque année une exposition thématique construite à partir de nos fonds, afin de permettre au grand public, qui n’a pas l’habitude ou l’opportunité de consulter des archives en salle de lecture, de découvrir le riche patrimoine documentaire du ministère des Armées (notre exposition de l’an dernier était consacrée à l’année 1944). </p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, la France célèbre «&nbsp;l’année de la Mer&nbsp;» et nous commémorerons d’autre part, en 2026, les <a href="https://www.defense.gouv.fr/marine/400-ans-marine/400-ans-marine-nationale">400 ans de la Marine nationale</a>, soutenus par le Service historique de la Défense, qui donneront lieu à de nombreuses manifestations dans toute la France. Il nous est donc apparu assez évident de nous intéresser cette année au domaine naval. Nous avons souhaité aborder ce sujet sous l’angle des sous-marins, ces bâtiments mystérieux et invisibles qui exercent une fascination certaine sur le public et qui nourrissent notre imaginaire depuis leur invention, comme en témoignent le succès du roman <em>Vingt mille lieues sous les mers</em> de Jule Verne ou bien de nombreux films de guerre. Cette exposition propose donc une plongée en immersion originale dans une histoire relativement méconnue, à travers des documents d’archives conservés à Châtellerault.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’exposition déroule une approche historique, tant sur les avancées techniques que le rôle de ces bâtiments de guerre dans les conflits. De quand datent les premiers sous-marins français ? Avez-vous des archives assez anciennes pour documenter les premiers prototypes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition a effectivement pour objectif de raconter l’histoire longue des sous-marins français, depuis les premiers submersibles du XIXe siècle jusqu’à l’ère atomique. Les aspects techniques du fonctionnement des sous-marins, la question de la construction et de l’armement des sous-marins, ainsi que les grandes étapes et&nbsp;les épisodes marquants de l’histoire de la flotte sous-marine française y sont présentés, notamment sa naissance au XIXe siècle. Pénétrer dans le monde sous-marin est un rêve caressé par l’humanité depuis des siècles. Dès le XVII<sup>e</sup> siècle, des inventeurs imaginent, sur le papier, des navires capables de se déplacer sous l’eau. En 1800, l’Américain Robert Fulton conçoit un sous-marin en bois à voile, le <em>Nautilus</em> (dont le nom sera repris par Jules Verne) et conduit avec succès des essais de plongée dans la Seine, mais le projet est rejeté par Bonaparte. Les ingénieurs ne se découragent cependant pas et la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle voit de nombreux projets se développer partout dans le monde, portés par la Révolution industrielle. Révélé lors des guerres de Crimée et de Sécession, le potentiel militaire des sous-marins commence à intéresser la Marine française à partir des années 1850.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="706" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg" alt class="wp-image-38795" style="width:299px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg 706w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-207x300.jpg 207w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-650x943.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-150x218.jpg 150w" sizes="(max-width: 706px) 100vw, 706px"><figcaption class="wp-element-caption">Le Nautilus de <em>Vingt Mille Lieues sous les mers</em> par Alphonse de Neuville ©Wikimedia Commons</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier sous-marin expérimental français, le <em>Plongeur</em>, qui fonctionnait à l’air comprimé, est conçu à Rochefort en 1863 par l’ingénieur Charles Brun, et le capitaine de vaisseau Bourgois. En 1867, Jules Verne verra d’ailleurs une maquette de ce sous-marin lors de l’exposition universelle de Paris et s’en inspirera pour imaginer son <em>Nautilus</em>. Nous présentons dans l’exposition quelques documents d’archives originaux concernant le <em>Plongeur</em>, mais également des documents en lien avec les bâtiments ayant marqué l’histoire sous-marine française, comme le <em>Gymnote</em>, conçu à Toulon en 1888, ou encore le <em>Narval</em> mis au point à Cherbourg en 1899, qui constituent les premiers bâtiments sous-marins opérationnels de la Marine nationale. Le plus ancien document exposé est une publicité pour un projet de «&nbsp;bateau sous-marin&nbsp;» présenté lors de l’exposition des produits de l’industrie française de 1849.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les plans, photos, descriptifs des modèles récents étant certainement classés secret défense, jusqu’où documentez-vous l’évolution des sous-marins français dans l’exposition ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle que soit leur époque de construction, les sous-marins ont toujours été à la pointe de l’innovation technique et technologique. La Marine nationale a donc toujours été soucieuse de protéger les informations stratégiques entourant la conception et le fonctionnement de ces bâtiments qui jouent, comme on le sait, un rôle important dans la défense de notre pays et de nos intérêts dans le monde entier. Les archives concernant les sous-marins sont la plupart du temps classifiées, c’est-à-dire qu’elles sont protégées au titre du secret de la Défense nationale, qui les rend incommunicables pendant 50 ans. Ces délais sont fixés par le code du Patrimoine, qui encadre les règles de communicabilité des archives publiques en France. La communicabilité des archives relatives à l’armement nucléaire est encore plus restrictive, comme on peut s’en douter, car ces documents sont incommunicables sans délai. On ne trouvera donc dans cette exposition que des documents communicables. Les sous-marins de construction récente seront évoqués brièvement, sans entrer dans le détail de leur conception, à travers quelques photographies et des plans diffusés pour la communication. Passé le délai de 50 ans, les archives classifiées peuvent être librement consultées par le public, sur demande, en salle de lecture. Elles peuvent donc aussi être exposées, ce qui explique pourquoi les visiteurs pourront découvrir, dans l’exposition, de nombreux documents portant le cachet «&nbsp;Secret&nbsp;», datés de plus de 50 ans (c’est-à-dire jusqu’en 1974).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="705" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg" alt class="wp-image-38796" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-300x207.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-768x529.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-650x448.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-150x103.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Photographie du sous-marin Surcouf, archive du CAAPC</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a‑t-il des archives inédites, particulièrement remarquables, que vous présentez pour la première fois au public ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition a été construite principalement à partir d’archives conservées à Châtellerault. Quelques documents ont été prêtés par d’autres centres du SHD (Brest, Rochefort et Vincennes), pour compléter et enrichir le contenu de l’exposition. Plus d’une centaine de documents y seront présentés, dont de très nombreux originaux (les autres étant reproduits sur les panneaux d’exposition). Ces documents (atlas, plans, photographies, correspondance, télégrammes, affiches, journaux, brochures techniques, rapports…) sont la plupart inédits et emblématiques de l’histoire des sous-marins. Les visiteurs pourront notamment voir des documents originaux concernant les premiers sous-marins, comme le <em>Plongeur</em> ou le <em>Narval</em>, ou des documents concernant les sous-marins célèbres de la flotte française, notamment ceux de la Seconde Guerre mondiale (comme le <em>Casabianca</em> ou le <em>Surcouf</em>). Le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engin français, le <em>Redoutable</em>, est mis à l’honneur, à travers différents documents, dont la décision officielle de mise en chantier, signée de la main du ministre des Armées Pierre Mesmer (1963). Nous évoquons également la question des accidents et des naufrages à travers des photos, des télégrammes et des rapports. Une liste de victimes du naufrage du <em>Prométhée</em> (1932), signée de la main de l’amiral François Darlan, grande figure de la collaboration, compte parmi les documents présentés. Une galerie chronologique de 19 photographies de sous-marins, de la <em>Dorade</em> (mis en service en 1905) au <em>Suffren</em> (mis en service en 2020) permettra de voir l’évolution de la flotte sous-marine à travers le temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Présentez-vous également des objets ayant trait au quotidien des sous-mariniers ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour enrichir le contenu de l’exposition et appuyer les documents présentés, il nous est apparu effectivement intéressant de montrer des objets en lien avec les sous-marins. Notre établissement ne conservant que des archives, nous avons emprunté quelques objets, en particulier au Musée de l’escadrille des sous-marins de l’Atlantique (Lorient), à l’espace tradition de la Force océanique stratégique (Brest) et à la division de la symbolique du Service historique de la Défense (Vincennes). Les visiteurs pourront notamment voir des objets symboliques et des insignes, une lumière rouge d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE), des bonnets de sous-marinier ou encore la cloche du SNLE<em> Le Redoutable</em>. Une occasion rare à Châtellerault !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="385" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg" alt="Plan d'ensemble du Surcouf ©CAAPC" class="wp-image-38793" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-300x113.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-768x289.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-650x244.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-150x56.jpeg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Plan d’ensemble du Surcouf, archive du CAAPC.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous prévu dans ou autour de l’exposition des témoignages de sous-mariniers ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie quotidienne à bord des sous-marins depuis les origines jusqu’à nos jours sera évoquée dans l’exposition à travers un panneau et quelques documents. Nous proposerons également le samedi 8 novembre 2025, à 14h30, en marge de l’exposition, une conférence publique (sur réservation) animée par le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Chaineau, ancien commandant de sous-marin nucléaire, qui a terminé sa carrière en 2022 comme commandant des forces sous-marines et qui viendra nous parler de ses 25&nbsp;000 heures de plongée et de son expérience de sous-marinier. Je signale aussi que nous proposerons une autre conférence, le jeudi 9 octobre 2025, à 18h00, animée par le contre-amiral François Guichard sur l’histoire des premiers sous-marins français, intitulée&nbsp;: «&nbsp;Du sous-marin qui inspira Jules Verne aux premiers navires opérationnels&nbsp;».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg" alt="Affiche exposition sous-marins au CAAPC" class="wp-image-38790" style="width:307px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg 724w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-212x300.jpg 212w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-650x919.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-150x212.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px"></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Une exposition à découvrir jusqu’au vendredi 19 décembre 2025<br>Ouverte du lundi au jeudi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00 <br>et le vendredi de 9h00 à 12h00. <br>Ouverture exceptionnelle le dimanche 21 septembre, de 14h00 à 18h00.<br><strong>L’exposition étant présentée dans une emprise militaire, l’accès, gratuit, <br>se fait uniquement sur réservation et sur présentation d’une pièce d’identité.</strong></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-sous-marins-sinvitent-a-chatellerault/">Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Nicole Pignier – Paysanne dans l’âme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Mar 2024 09:51:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait de Nicole Pignier, scientifique au parcours atypique, dont la connaissance des paysages nourriciers a des racines profondes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Portrait de Nicole Pignier, scientifique au parcours atypique, dont la connaissance des paysages nourriciers a des racines profondes. Professeure d’écosémiotique à l’université de Limoges, elle vient de publier <em>Paysages nourriciers, un dialogue entre cultures et de savoirs.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Brice Etoundi Ondoa, Elsa Fleur Miyo’o Mintsa, Fatima-azahrae Tairi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nicole Pignier est professeure d’écosémiotique à l’université de Limoges et auteure de <em>Paysages nourriciers, un dialogue entre cultures et de savoirs</em> (Connaissances et savoirs, 2023). Dans cet ouvrage, elle explore ce qui, de la graine au paysage, fait lien nourricier entre les humains, la terre/Terre et tous les vivants. Partant de ses recherches participatives liées aux initiatives paysannes contemporaines, elle apporte des indicateurs nouveaux pour faire (agri)culture nourricière de paysages, de relations, de créativité, d’une économie à la mesure de la terre/Terre et non plus dans la démesure. Portrait d’une chercheuse scientifique au parcours atypique et dont la connaissance des paysages nourriciers a des racines profondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nicole Pignier a grandi dans les campagnes limousines&nbsp;: «&nbsp;Ce sont les lieux paysans qui m’ont élevée.&nbsp;C’est au pied des arbres que j’étudiais la philosophie.&nbsp;» Elle&nbsp;contribue aux travaux de la ferme familiale, vit les tensions entre résistance paysanne forte de ses savoirs situés mais dépendante d’intermédiaires et adoption de la logique agro-industrielle fondée sur le profit à tout prix. Cette dernière impose ses volontés aux plantes, en partant des semences, appauvrit le sol, incite les exploitants à oublier les complexités vivantes qui les relient à la terre/Terre. Au lieu de cela, pour chaque arbre qu’ils coupent, les paysans qui tentent de résister portent un point d’honneur à en planter d’autres, ils expriment un avis critique sur l’arrachage des haies, l’utilisation massive des engrais et produits de synthèse. Elle se souvient d’ailleurs d’Amédée, ce paysan qui disait&nbsp;en parlant de certains voisins : «&nbsp;Ils nous feront bouffer de la merde&nbsp;!&nbsp;» avec un son accent typique du Limousin. Cette réalité va semer en Nicole Pignier la graine de ses recherches en écosémiotique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une carrière à contre-courant</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au parcours nourri de multiples passions, la chercheuse débute en littérature en tant qu’enseignante de Lettres dans le secondaire, dans le Nord-Pas-de-Calais. Elle rédige un mémoire de maîtrise sur l’imaginaire dans la trilogie de Pan de Jean Giono puis un mémoire de DEA en littérature médiévale. De retour en Limousin, elle fait un doctorat en sémiotique littéraire. Sa thèse questionne la manière dont les correspondances épistolaires amoureuses de philosophes des Lumières épris de liberté, justice, sciences et art renouvellent le romanesque. Par la suite, enseignante de communication à l’Institut universitaire de technologie du Limousin, elle s’intéresse à l’expression de l’<em>ethos</em> des artistes dans le design graphique des sites web. Devenue enseignante-chercheuse à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges, elle développe une sémiotique du design numérique. Elle fonde en 2012 la revue internationale <em>Interfaces numériques </em>où l’évolution consumériste des technologies est en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces années-là, elle lit <em>Les Battements du temps</em> puis <em>Retrouver l’Aube</em>. Ces deux ouvrages du biologiste Jean-Claude Ameisen provoquent un déclic&nbsp;: &nbsp;le désir de comprendre ce qui, dans nos aptitudes perceptives, nous relie à l’<em>oikos</em>, terme grec qui a donné le préfixe «&nbsp;éco&nbsp;» désignant notre maison terrestre, vivante. Nicole Pignier développe alors un courant français de l’écosémiotique, une discipline qui questionne les bases vivantes de nos aptitudes perceptives&nbsp;; les dynamiques organiques, corporelles comme notre verticalité, nos échanges sensoriels avec l’extérieur, les rythmes… Son compagnonnage en lieux paysans l’a conduite à cette découverte&nbsp;: un paysage anthropisé (re)devient nourricier pour les humains et la terre/Terre quand nous nous ajustons à lui en laissant s’exprimer notre base vivante au lieu de la nier, de l’oublier en nous enfermant dans des mondes techno-symboliques d’où émergent un non-sens, une anesthésie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="626" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2.png" alt class="wp-image-38038" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2.png 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2-300x183.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2-768x470.png 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2-650x397.png 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/03/terra-libra2-150x92.png 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Avec Laurent Pénicaud, paysan, ferme Terra libra, Linards, Haute-Vienne, nous déambulons au sein de ses paysages nourriciers, début 2022.&nbsp;Photo Nicolas Fay.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’écosémiotique revisite le lien entre science et société</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Nicole Pignier n’est pas militante, elle a la conviction profonde que l’avenir de notre monde dépend du soin que nous portons à nos aptitudes perceptives qui nous permettent de «&nbsp;co-énoncer avec le vivant&nbsp;» sans anthropomorphisme. Pour ce faire, elle sonde le lien à l’<em>oikos</em> dans les initiatives paysannes, qui, entre Limousin et Béarn, cultivent des semences paysannes et élèvent des espèces animales rustiques. S’inspirant pour sa méthodologie de François Laplantine, sociologue, et de Tim Ingold, anthropologue, elle travaille en compagnonnage avec les paysannes, paysans. Elle s’imprègne des actes, des lieux fréquentés, des paroles des paysans,&nbsp;elle mise sur le temps long, parfois plus de dix ans de coopération, elle est attentive aux porosités entre les mondes paysans, culturels, éducatifs, elle coopère à des rencontres paysannes dans des théâtres, cinémas, lieux publics, déambulations extérieures comme les sentiers mégalithiques. Elle fait alterner moments d’imprégnation, d’analyse où elle explore les limites, les ambiguïtés, les forces résilientes, de restitution et reprise. Elle est attentive aux cheminements individuels et collectifs, en accord avec le processus de la vie&nbsp;; jamais fixé dans une identité stable mais en perpétuel devenir.&nbsp;</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nicole-pignier-paysanne-dans-lame/">Nicole Pignier – Paysanne dans l’âme</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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