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	<title>Rochefort - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Rochefort - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Littérature sous enveloppe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jul 2022 08:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La maison d'éditions Les petites allées, installée à Rochefort, viennent de faire paraître trois livres entre histoire, patrimoine et photographie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Duhaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De petits livres faits main à poster dans des enveloppes assorties. C’est ce que propose Les petites allées, une maison d’édition à Rochefort. Ses locaux, une ancienne imprimerie typographique du début du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup>, ont été réaménagés par Michel Bon et Nathalie Rodriguez en 2012. Ils reprennent les techniques traditionnelles et utilisent les anciennes presses pour imprimer des textes du domaine public et de la littérature contemporaine sur un beau papier vergé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La maison édite quatre collections dont «Pour dire une photographie», la dernière en date, lancée en 2018. Chaque tirage est numéroté. Dirigée par l’écrivain Serge Airoldi, elle réunit les univers variés de photographes et d’auteurs qui ne se connaissent pas toujours. Chaque image, en première de couverture et imprimée sur une carte supplémentaire, est accompagnée d’un court texte. <em>Amour laine</em>, quatorzième ouvrage de la série, réunit le photographe Marc Donikian et Claro. On navigue entre le flou de l’image et les visions énigmatiques de l’auteur, qui se croisent et s’éloignent à nouveau au fil des fantaisies typographiques de l’écrivain. Les tâches de couleurs se rejoignent pour en former de nouvelles, entourées d’une sorte de brouillard où chacun perçoit ce qu’il veut : Claro y voit la réunion de deux amants, après s’être perdu dans l’histoire du flou au sein du huitième art.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1.jpg" alt class="wp-image-36377" width="618" height="765" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1.jpg 827w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1-242x300.jpg 242w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1-768x951.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1-650x805.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/couv_amour_laine-1-150x186.jpg 150w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px"><figcaption><em>Amour laine</em> de Marc Donikian et Claro.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les petites allées invitent à se promener dans les souvenirs de personnages célèbres, comme dans <em>Chez Loti</em>. Les éditions ont choisi un extrait des mémoires d’Yvette Guilbert, <em>La Chanson de ma vie</em>, publiées en 1927. Elle y raconte avec émerveillement sa rencontre avec Pierre Loti dans les années 1890, elle redevient presque une enfant tant les descriptions de sa maison sont enthousiastes. «La demeure d’un poète de <em>Mille et une nuits </em>!», aussi extravagante que son propriétaire. La postface est écrite par Alain Quella-Villéger, historien spécialiste des récits d’exploration et de Pierre Loti. Il a notamment étudié les nombreuses lettres que l’écrivain recevait de ses admiratrices.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/loti_y_guilbert_couv_roux-1.jpg" alt class="wp-image-36378" width="503" height="653" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/loti_y_guilbert_couv_roux-1.jpg 591w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/loti_y_guilbert_couv_roux-1-231x300.jpg 231w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/loti_y_guilbert_couv_roux-1-150x195.jpg 150w" sizes="(max-width: 503px) 100vw, 503px"><figcaption><em>Chez Loti</em> de Yvette Guilbert, postface de Alain Quella-Villéger. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La collection «Les images», publiée dès 2016, se compose de textes inédits et illustrés, une originalité pour Les petites allées. <em>Rochefort, brève histoire d’une ville-arsenal</em> est le sixième ouvrage de la collection. Le texte de Denis Roland, ancien conservateur du musée de la Marine et de l’École de médecine navale de Rochefort, est accompagné des dessins de Pascaline Mitaranga. Tous deux Rochefortais, ils racontent l’évolution à travers les siècles de la ville d’accueil de la maison d’édition, dans un tendre hommage. Une ville qui renoue avec son histoire et son patrimoine, culturel et naturel.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/rochefort_couv_jaune_2-1.jpg" alt class="wp-image-36379" width="412" height="912" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/rochefort_couv_jaune_2-1.jpg 463w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/rochefort_couv_jaune_2-1-136x300.jpg 136w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/07/rochefort_couv_jaune_2-1-150x332.jpg 150w" sizes="(max-width: 412px) 100vw, 412px"><figcaption><em>Rochefort, brève histoire d’une ville-arsenal</em> de Denis Roland, dessins Pascaline Mitaranga.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Amour laine</em>, Claro et photographie de Marc Donikian, collection «Pour dire une photographie», 10,5 x 13 cm, 50 grammes, 15 €<br><br><em>Chez Loti</em>, Yvette Guilbert et postface de Alain Quella-Villéger, collection «Livres à poster», 10,5 x 13 cm, 90 grammes, 9 €<br><br><em>Rochefort, brève histoire d’une ville-arsenal</em>, Denis Roland et dessins de Pascaline Mitaranga, collection «Les images», 9,6 x 20,5 cm, 46 grammes, 12 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/litterature-sous-enveloppe/">Littérature sous enveloppe</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Lesson de voyage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Sep 2021 09:24:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un manuscrit inédit conservé à la bibliothèque municipale de Rochefort : le voyage de Pierre-Adolphe Lesson, chirurgien de marine à bord du Pylade, brick de guerre parti de Rochefort en 1739 pour participer au blocus de Rio de la Plata.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du 21 au 23 octobre 2021 se tient à Poitiers un colloque avec Alberto Manguel à propos de son œuvre d’écrivain et de lecteur.&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine&nbsp;</em>propose à cette occasion de publier au gré des semaines les articles de l’écrivain parus dans ses précédentes éditions. Le colloque est organisé par le laboratoire FoReLLIS, université de Poitiers, équipe&nbsp;B2&nbsp;« Histoire et poétique des genres », programme « La lecture et les genres » (Alain Bègue, Séverine Denieul, Charlotte Krauss, Pierre Loubier et Antonia Zagamé). Pour consulter le programme des trois journées :&nbsp;<a href="https://emf.fr/ec3_event/alberto-manguel-ecrivain-lecteur-la-lecture-le-livre-la-bibliotheque/">Alberto Manguel, écrivain lecteur. La lecture, le livre, la bibliothèque</a>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Alberto Manguel Photos Marc Deneyer</strong><br><strong>Traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nombre des éléments qui confèrent son identité à une bibliothèque (l’importance et la singularité de ses collections, l’architecture qui les abrite, son histoire anecdotique), il faut compter la personnalité de ses donateurs qui, dans certains cas, hante les lieux de façon particulière. Raisons d’État et considérations financières façonnent une librairie d’une certaine manière, si bien qu’elle acquiert souvent le statut d’un monument, mais celui-ci peut être supplanté à l’occasion par des intrusions généreuses ou intéressées qui, tels des coucous bien intentionnés, viennent nicher au cœur de leurs livres. Une bibliothèque est parfois définie par une donation fortuite plus que par ses collections personnelles. Tel est le cas de la bibliothèque municipale de Rochefort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bibliothèque municipale (d’abord communale) de Rochefort est née d’ouvrages confisqués aux religieux par la Révolution française, auxquels vinrent bientôt s’ajouter plusieurs bibliothèques privées saisies chez des aristocrates émigrés. Les livres furent remis entre les mains de trois érudits qui, à leur tour, les répartirent entre des institutions distinctes&nbsp;: les livres sur la navigation et la science donnèrent naissance à la bibliothèque de la marine, les ouvrages de médecine à la bibliothèque de l’hôpital maritime et le reste fut alloué à la bibliothèque municipale. Mais ce ne fut pas avant 1835 que celle-ci bénéficia d’un catalogage efficace (effectué par un professeur de rhétorique, un certain M. Dubois) et qu’environ six mille volumes trouvèrent sur les rayonnages la place qui leur convenait. En 1988, la place devenant insuffisante pour les collections spectaculairement accrues, la bibliothèque fut transférée à la Corderie royale, une ancienne fabrique dont le bâtiment magnifique couvre une surface de quelque trois mille mètres carrés, où elle est désormais logée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bibliothèque grandit, surtout durant les dernières décennies du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle et les premières du suivant, incorporant à son trésor toutes sortes de textes et d’objets (non seulement des livres, des journaux et diverses babioles, mais encore des cartes, des gravures, des animaux naturalisés, des armes et des curiosités), sans principe directeur particulier, faisant preuve d’une bienheureuse curiosité à l’égard de tout ce que ses différents donateurs étaient disposés à lui offrir.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Vif intérêt pour toutes choses</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des plus caractéristiques de ces nouvelles collections éclectiques fut la donation effectuée, en 1888, de quelque deux mille volumes ainsi que d’un abondant bric-à-brac, dont trois têtes humaines tatouées provenant de Nouvelle Zélande<sup>1</sup>, par les frères Lesson, docteurs en médecine et navigateurs, tous deux originaires de Rochefort. René-Primevère était né en 1794&nbsp;; son cadet Pierre-Adolphe en 1804. Les deux frères étaient fascinés par les sciences naturelles, la recherche pharmaceutique et l’exploration géographique. Tous deux voyagèrent dans le monde entier, observèrent, collectionnèrent et écrivirent, et ils semblent tous deux avoir éprouvé le plus vif intérêt pour à peu près toutes choses. De leurs seuls voyages dans les mers du Sud, Pierre-Adolphe et René-Primevère ramenèrent des manuels d’ethnologie, des anthologies de légendes de ces régions, des dictionnaires en tahitien, en fidjien, en maori, en hawaïen et en samoan, des livres traduits dans ces langues, tels que les <em>Évangiles traduits en tahitien</em>, des grammaires et des almanachs en langues indigènes et, bien sûr, des écrits de voyage. Leur époque marquait la fin de l’âge d’or du voyage, c’était un temps où, le monde entier se trouvant désormais, à quelques exceptions près, cartographié au bénéfice de la race européenne, les éditeurs avaient commencé à abreuver un public avide d’aventures d’un volume après l’autre de voyages imaginaires. La série <em>best-seller</em> en trente-six volumes des <em>Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques</em> avait été lancée en 1787–1789 par l’audacieux Charles Garnier à Amsterdam et à Paris&nbsp;; une quarantaine d’années plus tard, Hetzel allait publier le premier des romans de Jules Verne, où se trouvaient combinés le fantastique et une géographie respectueuse de la réalité. Mais les frères Lesson ne se contentèrent pas de collectionner des ouvrages relatifs au monde connu&nbsp;; ils en écrivirent aussi, et la bibliothèque municipale de Rochefort conserve plusieurs de leurs manuscrits inédits. Des livres sur la botanique, l’anthropologie, la taxidermie, la mythologie, la médecine, la linguistique, les événements historiques et (naturellement) les voyages furent le résultat de leur insatiable soif de connaissance, même si leurs travaux n’aboutirent pas toujours à des traités valables (de la <em>Flore de l’Ouest de la France</em>, de René-Primevère, voici ce que déclara le botaniste anglais James Lloyd&nbsp;: «Cet ouvrage n’est pas conçu d’une manière qui en permette l’usage»). L’exactitude des faits ou la confirmation d’une théorie présentaient aux yeux des deux frères moins d’importance que l’accumulation de données, si peu fiables ou improbables fussent-elles&nbsp;; ils attachaient plus de prix à la quantité qu’à la qualité. René-Primevère, par exemple, se considérait comme un acquéreur insouciant et doué du savoir et se fiait à ses talents naturels. «Dès mes plus jeunes années, confia-t-il, j’ai été dévoré par la soif d’apprendre, et je lisais tout ce qui me tombait sous la main, ma mémoire était tellement heureuse que je pouvais retenir la matière de plusieurs volumes après huit jours de lecture attentive.» On pouvait certainement en dire autant de son frère.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_rochefort_portrait_lesson_r__10002-1a-886x1024.jpg" alt class="wp-image-34380" width="420" height="485"><figcaption>Portrait de Pierre-Adolphe Lesson conservé à la bibliothèque municipale de Rochefort.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, à côté de la masse d’informations douteuses réunies par eux, on trouve d’extraordinaires témoignages, de la main des deux frères, à propos de certains détails essentiels de l’histoire de ces régions lointaines, détails de l’importance desquels ils ne peuvent avoir eu qu’une vague intuition. Il en existe de nombreux exemples dispersés çà et là dans leurs écrits&nbsp;: on peut en trouver dans leurs descriptions de la Polynésie, dans celles des installations supposées des Maoris dans le Pacifique, ou même dans leurs évocations de croyances et coutumes populaires en Poitou-Charentes. Mais il peut être intéressant de choisir un exemple plus surprenant encore de l’étendue de la curiosité des Lesson. Il apparaît dans le journal de voyage que tint Pierre-Adolphe à bord du <em>Pylade</em>, sur lequel il embarqua en qualité de chirurgien de première classe le 28 janvier 1839. Le <em>Pylade</em>, un «brick de guerre de vingt canons», était destiné à prendre part au blocus de Rio de la Plata et, de là, à faire voile vers les mers du Sud, d’où il devait revenir, avec à son bord son valeureux chirurgien, trois ans plus tard, le 28 avril 1842.</p>



<p class="wp-block-paragraph">René-Primevère avait écrit (et, là encore, son frère Pierre-Adophe faisait écho à ce sentiment) que voyager était la meilleure de toutes les écoles. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Un voyage autour du monde&nbsp;! Ces mots magiques ébranlent toutes mes idées&nbsp;; le vœu le plus ardent de mon cœur est donc accompli. Que d’illusions, que d’idées fausses puisées dans les livres vont cependant disparaître, usées par l’expérience des choses.» </p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience des choses&nbsp;: c’est là ce que Pierre-Adophe (à l’instar de son frère René-Primevère lors d’autres voyages) allait découvrir à l’occasion de son voyage à bord du <em>Pylade</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Pylade</em> entra dans le Rio de la Plata en 1839, au cours de l’été de l’hémisphère sud. À ce moment-là, l’Argentine était depuis plusieurs dizaines d’années aux mains du dictateur Juan Manuel de Rosas qui, d’abord en tant que gouverneur de la province de Buenos Aires et ensuite à la tête du pays entier de 1835 à 1852, avait établi un système de gouvernement fédéral, expulsant les «Unitaires», qui avaient pour alliés les puissances européennes. Pour des raisons peut-être en partie humanitaires (le gouvernement de Rosas fut l’un des premiers d’une longue histoire de dictatures sanguinaires dans le sous-continent) mais surtout politiques et économiques, la France soutenait les rebelles unitaires qui s’étaient réfugiés sur la rive opposée du Rio de la Plata, en Uruguay. Dans l’intention de contrôler tout le commerce à partir du siège du gouvernement à Buenos Aires, Rosas avait interdit l’importation de grain et de farine en provenance de l’étranger&nbsp;; en réaction, mais sans aller jusqu’à déclarer la guerre, la France institua le blocus du port de Buenos Aires. Telles sont les circonstances dans lesquelles Pierre-Adolphe Lesson posa pour la première fois le pied en territoire argentin.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_rochefort_ms_pylade_10003-12a_2-971x1024.jpg" alt class="wp-image-34379" width="650" height="685"><figcaption>La première page du manuscrit du <em>Pèlerinage de Pylade</em> de Pierre-Adolphe Lesson (4 vol. CGM 64–67, Inv. 8131–34).</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">De Montevideo à la Terre de Feu</h4>



<p class="wp-block-paragraph">De son écriture claire et fleurie, Pierre-Adolphe raconta dans son journal les longues semaines de son séjour sud-américain. Ancré d’abord à Montevideo, puis à Quilmes, ensuite à Buenos Aires et enfin de nouveau à Montevideo, avant de reprendre la mer en direction de la Terre de Feu, le <em>Pylade</em> offrait à Pierre-Adolphe un poste d’observation d’où il lui était possible d’examiner tout ce qui lui tombait sous les yeux. Cet étonnant polyglotte, qui avait déjà tenté de maîtriser les langages polynésiens compliqués, étudia seul l’espagnol et acquit en peu de temps une aisance qui lui permettait d’écouter et de noter les conversations et les discours des indigènes <em>rioplatenses</em>, ainsi que de lire et de transcrire toutes sortes de documents et de se tenir au courant des nouvelles dans les journaux locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce au fait même que Pierre-Adolphe fût dépourvu de toute formation académique en histoire, en anthropologie, en ethnographie ou en linguistique qu’il devait la fraîcheur de son regard et de son écoute face aux réalités du Nouveau Monde. Le hasard veut que, quelque huit ans plus tôt, Charles Darwin était arrivé en Amérique du Sud à bord du <em>Beagle</em>, et il est intéressant de comparer avec celles de Pierre-Alphonse les descriptions que fit Darwin des gens et des paysages (ainsi que de la politique de la dictature de Rosas). Chez Darwin, c’est manifestement le flair du naturaliste qui domine, l’intérêt scientifique qui le porte à collectionner des spécimens botaniques, minéraux et animaux&nbsp;; pour Pierre-Alphonse, presque tout, humain ou pas, offre un intérêt et il prend note de ses observations, détail par détail, avec la patience de l’Ange greffier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nombre des abondants exemples de la vaste curiosité de Pierre-Adolphe se trouve un poème en espagnol sur lequel il est tombé par hasard dans un journal daté du 25 mai 1839 (date du vingt-neuvième anniversaire de l’indépendance de l’Argentine par rapport à l’Espagne), et qu’il a transcrit sous l’intitulé «Extrait du <em>Grito Argentino</em>», en précisant que cette «marche patriotique» avait été composée par un certain D<sup>r</sup> Vincent (Vicente) López. Bien qu’on ne chantât pas officiellement cette marche sous le gouvernement de Rosas, le poème de López avait été adopté en 1813 par l’Assemblée nationale en tant que paroles de l’hymne national argentin. Pierre-Adolphe ne se borna pas à en faire une simple transcription. Il commenta le style et la portée du poème, ainsi que son importance au regard de la politique de Rosas, et ajouta même des éléments supplémentaires glanés dans un journal d’opposition paraissant en Uruguay, lesquels consistaient en dialogues satiriques, d’autres chants patriotiques (avec leur traduction française) et des descriptions rapportées, avec explications détaillées, de dessins humoristiques et de caricatures du tyran. Il transcrivit également des sections de la <em>Gaceta mercantil</em> de Buenos Aires, un journal fidèle à Rosas, en prenant bonne note de l’épigraphe&nbsp;: «Vivan los federales, mueran los salvages (sic) unitarios y sus aliados los franceses» («Vivent les fédéraux, mort aux sauvages unitaires et à leurs alliés les Français»). Et tout cela n’est qu’un exemple entre tous ceux qui constituent le journal de Pierre-Adolphe, un journal qu’il continua de rédiger avec une inlassable énergie au long des mois que dura encore le périple du <em>Pylade</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/09/deneyer_bm_rochefort_ms_el_grito_10002-4a_2-1024x793.jpg" alt class="wp-image-34382" width="728" height="563"><figcaption><em>El Grito argentino</em>, copié par Pierre-Adolphe Lesson en 1839. Ce poème de Vicente Lopez est devenu l’hymne national argentin.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre-Adolphe écrivit son journal en plusieurs volumes qu’il transcrivit et corrigea ensuite avec soin en quatre tomes reliés, avec l’intention manifeste de les publier. Cela ne se fit jamais. A l’instar de tant de leurs pareils, le journal et ses observations éclectiques attendent patiemment, sur les rayonnages de la bibliothèque municipale de Rochefort, l’érudit curieux qui les sauvera de l’oubli et leur conférera la modeste immortalité que leur auteur espérait de l’impression.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. Ces têtes ne se trouvent plus aujourd’hui à la bibliothèque.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les éditions Atlantique ont fait paraître&nbsp;<a href="https://editionsatlantique.com/index.php?id_product=38&amp;controller=product">La Perle d’Estrémadure. Une histoire de l’île de Ré</a>, par Alberto Manguel avec les photographies de Thierry Girard.&nbsp;</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/alberto-manguel-ecrivain-lecteur/">Alberto Manguel, écrivain lecteur.</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lesson-de-voyage/">Lesson de voyage</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Nicole Pellegrin – Soulèvements populaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 13:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[ancien régime]]></category>
		<category><![CDATA[déclic]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion du numéro d’été de la revue sur les faits divers, l’historienne spécialiste des femmes à l’époque moderne, Nicole Pellegrin, nous fait part de soulèvements populaires et raconte son parcours.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion du numéro d’été de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> sur les faits divers, l’historienne spécialiste des femmes à l’époque moderne, Nicole Pellegrin, nous fait part de soulèvements populaires qui sont survenus sur l’île de Ré et à Rochefort et dans lesquels les femmes ont occupé une place particulière. L’article de Nicole Pellegrin, «&nbsp;Émeutières des Lumières&nbsp;» est à découvrir dans le numéro 132 de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>. Vous pouvez <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/">précommander le numéro</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-block-embed-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Nicole Pellegrin - Soulèvements populaires" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/QKMYwAU1_HE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nicole Pellegrin est historienne moderniste, spécialiste en anthropologie et en histoire des femmes. Elle raconte son parcours de chercheuse et ce qui l’a mené à travailler sur les bachelleries dans le Centre-Ouest à l’époque moderne puis à s’intéresser aux soulèvements populaires, aux émeutières ainsi qu’aux tissus, vêtements des religieuses. Parmi ses ouvrages, <em>Voiles : une histoire du Moyen Âge à Vatican II</em> (CNRS éditions, 2017)&nbsp;; <em>Mais enfin qu’est-ce que votre féminisme ?</em>, Choix de textes d’auteurs féministes présentés par Nicole Pellegrin (Flammarion, 2018).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-block-embed-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Déclic de Nicole Pellegrin" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/0SkSupSFVBU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nicole-pellegrin-soulevements-populaires/">Nicole Pellegrin – Soulèvements populaires</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Pour le meilleur et pour le peintre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jun 2021 13:52:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La collection Petit Geste fait paraître le nouveau jeu de 7 familles des musées des Beaux-Arts de la Nouvelle Aquitaine, imaginé par Pascal Pérennès.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Amina Tachefine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paquet de cartes renferme quatorze musées de quatorze villes de Nouvelle-Aquitaine. Celles-ci se déclinent en 7 familles, composées chacune d’elles de 6 tableaux exposés dans les musées des Beaux-Arts de la région. Pascal Pérennès explique l’initiative de ce projet : «L’identité néo aquitaine est à construire. Pour que cette appartenance régionale existe, elle doit être transmise par les enfants.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien et toujours à la mode jeu des 7 familles revêt les couleurs du patrimoine artistique. Il faudra piocher entre la famille Agen-Brive, Angoulême-Périgueux, Bayonne-Pau, La Rochelle-Rochefort, Bordeaux-Libourne, Guéret-Limoges et Niort-Poitiers. On y retrouve des œuvres telles que celles de Théodore Géricault et son portrait d’Alexandre Dieudonné, exposé au musée Bonnat-Helleu de Bayonne, ou bien encore le Priam d’Étienne-Barthélémy Garnier, en austère grand-père, se trouvant au musée d’Angoulême. Ainsi, 43 tableaux peuvent se glisser dans la poche.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-perennes-garnier-619x1024.jpg" alt class="wp-image-34157" width="199" height="329"><figcaption>Pascal Pérennès, Jeu des 7 familles. Les musées des Beaux-Arts de Nouvelle-Aquitaine, Geste éditions, 2020.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Pascal Pérennès convie le joueur à une visite muséale pendant une partie de cartes : «Je me suis mis à la place des parents qui ne peuvent, ou n’osent pas, emmener leurs enfants au musée. Avec 6,90 euros, le prix du jeu, la culture devient accessible. Alors, l’enfant peut s’attacher à l’image et amener la famille au musée.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ophélie</em> de Jules-Elie Delaunay, inspiré d’<em>Hamlet </em>de Shakespeare, devient alors la mère de la famille Bordeaux-Libourne. Quant à Fransisco Goya et son autoportrait, il est ici marié à <em>Hommage à Georges de la Tour</em> d’André Lhote. Entre préromantisme et cubisme, il s’agit d’une association audacieuse que Pascal Pérennès propose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu des 7 familles a été créé par ses fils, Carlo et Williams : «Ce sont les enfants qui ont choisi les tableaux, explique Pascal Pérennès. Par exemple, <em>la Grèce sur les ruines de Missolonghi</em> d’Eugène Delacroix devait être la mère de la famille Bordeaux-Libourne. Mais les enfants n’imaginaient pas en mère cette femme en colère.»&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Improbables familles&nbsp;!</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce petit format propose sept jeux en un. Il suffit d’inclure la 43<sup>e</sup> carte, où figure <em>Jeune taureau sautant la barrière </em>de Rosa Bonheur, exposé à Angoulême, dans les cartes afin de pouvoir jouer à Mistigri. Jouer au memory est également possible&nbsp;: les grands-pères et grands-mères ou encore fils et filles font office de pairs.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="392" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2.jpg" alt class="wp-image-34160" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-300x115.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-768x294.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-650x249.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/cartes-2-150x57.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une aventure artistique, les associations familiales sont étonnantes. Dans la famille Angoulême-Périgueux, la figure féministe Marcelle Tinayre, peinte par Frédéric Lauth, en devient la mère. Le portrait de Jenny Sacerdote, grande styliste périgourdine immortalisée par le pinceau de Jean-Gabriel Domergue, en est la grand-mère. Si William Bouguereau reste célèbre pour ses représentations du nu féminin, ce n’est pas un tableau sensuel comme sa<em> Naissance de Vénus</em> que l’on peut retrouver, mais le portrait de sa tante Adèle, portant la coiffe charentaise, dans le rôle de la grand-mère de la famille Rochelle-Rochefort. Le père&nbsp;? Qui d’autre que Pierre Loti, l’auteur de <em>Madame Chrysanthème</em>, peint par Edmond de Pury en tenue traditionnelle du guerrier ottoman, pour remplir ce rôle. Mais la famille Niort-Poitiers n’a rien à envier à ses voisines&nbsp;: Françoise d’Aubigné, secrètement unie à Louis XIV dans un mariage morganatique, sublimée par Pierre Mignard, se retrouve mariée au Marquis d’Artaguiette, portraitiste de la cour de Louis XV, représenté une bouteille à la main par Alexis Grimou. Tous nos vœux de bonheur !</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour vous procurer le jeu, rendez-vous sur <a href="http://www.gesteditions.com/jeux/jeux-des-7-familles/jeu-des-7-familles-les-musees-des-beaux-arts-de-nouvelle-aquitaine">le site de Geste éditions</a> !</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pour-le-meilleur-et-pour-le-peintre/">Pour le meilleur et pour le peintre</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Pour dire une photographie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2020 10:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Plossu]]></category>
		<category><![CDATA[Carole Naggar]]></category>
		<category><![CDATA[Christer Strömholm]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Montebello]]></category>
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		<category><![CDATA[Serge Airoldi]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Pélissier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La collection "Pour dire une photographie" est publiée depuis 2018 aux éditions Les petites allées. Dirigée par Serge Airoldi, la collection lie la littérature et la photo.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des petits livres façonnés de manière artisanale, sur un beau papier vergé, avec une couverture en impression typographique. <em>Pour dire une photographie </em>est une collection dirigée par l’écrivain Serge Airoldi et à laquelle divers auteurs et photographes prennent part. Elle est publiée par <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nathalie-rodriguez-et-michel-bon-les-petites-allees-menent-aux-grandes/">Les petites allées, une maison d’édition dont l’aventure débute en 2008</a>, quand Michel Bon, typographe, et Nathalie Rodriguez, conservatrice en bibliothèque, décident de reprendre une imprimerie typographique basée depuis le début du <span class="smallcaps">xix</span><sup>e</sup> siècle à Rochefort. En 2012, l’imprimerie devient aussi une maison d’édition. Les petites allées publient de la littérature&nbsp;: des textes d’auteurs dont l’œuvre a basculé dans le domaine public ainsi que de la littérature contemporaine. Ce sont des «livres à poster»&nbsp;: vendus sous sachet cellophane avec une enveloppe assortie qui permet de les envoyer. Quatre collections sont sorties depuis les débuts de la maison d’édition. C’est en 2018 que démarre la plus récente, <em>Pour dire une photographie</em>, une collection en tirages limités et numérotés, qui relie la littérature et la photo.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/20200624_151957-768x1024.jpg" alt class="wp-image-33553"><figcaption>Serge Airoldi, <em>La petite fille au lapin</em> sur une photographie de Jean Dieuzaide, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La collection naît d’une image. La photographie d’une petite fille tenant un lapin entre ses mains. Elle fixe l’objectif. Son regard est profond et tranquille. <em>La petite fille au lapin</em> de Jean Dieuzaide appartient à une série de photos faites au Portugal dans les années 1950. Elle fascine Serge Airoldi qui écrit un petit texte à partir de cette photographie. Il propose ce texte aux éditions Les petites allées, chez qui il a publié en 2014 <em>Nous cheminons de la forge aux chevaux des nuits, de la marisma, le livre-cosmos, à la mine éteinte… </em>Cette idée suscite l’enthousiasme et il est décidé par la suite d’en faire une collection. Airoldi en prend la direction et fait appel à différents photographes et écrivains. Ce sont de petits ouvrages au format presque carré et cousus à la main. Sur la première de couverture, une photographie. Une carte volante de ce même cliché est glissée à l’intérieur du livre&nbsp;; on peut la sortir et laisser son regard passer du texte à la photo pendant la lecture. Pour constituer cette collection, Serge Airoldi ne se donne pas une directive bien précise concernant le choix des photographies&nbsp;: «Je ne cherche pas spécialement à mettre en avant des thèmes, je fonctionne simplement au coup de cœur.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fait appel à des photographes et écrivains dont l’univers et le style varient. Parfois ces artistes se connaissent, parfois non. Parfois leurs univers coïncident, parfois non. Mais il provoque tout de même la rencontre car quelque chose d’original peut en sortir. Les photographies nous montrent le lieu de vie d’un artiste, une nature paisible ou un paysage imprégné de la magie des chamans… Les textes, quant à eux, évoquent l’histoire des hommes ou le temps qui file, la disparition de l’être… De courts textes qui expriment la poésie des images.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/couv_valcarlosok-827x1024.jpg" alt class="wp-image-33561"><figcaption>Eduardo Berti, <em>Le vent des vainqueurs</em> sur une photographie de Gabrielle Duplantier, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Des photographies qui frappent l’œil, des mots qui marquent l’esprit, des univers complexes qui ont parfois poussé la renommée de certains artistes au-delà des frontières de leur pays. L’écrivain argentin Eduardo Berti, qui a écrit pour la collection une nouvelle intitulée <em>Le vent des vainqueurs, </em>a publié de nombreux recueils de nouvelles et romans traduits en huit langues, dont le français. Son texte s’inspire d’un cliché de Gabrielle Duplantier, photographe française dont l’univers intimiste et poétique, explorant les mouvements suspendus, les paysages tremblés et les instants crépusculaires. Pour <em>Le vent des vainqueurs</em>, elle dévoile la photographie en noir et blanc d’un épouvantail avec, à la place de la tête, une rangée de têtes de poupées. Une image étrange, un paysage à l’atmosphère imprégnée de la magie chamanique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres photos nous présentent un cadre plus simple et intimiste. Le texte de Carole Naggar, <em>Giacometti à la fenêtre</em>, est inspiré d’un portrait fait en 1960 du sculpteur dans son atelier par l’artiste suédois Christer Strömholm. Dans son texte <em>Almensilla</em>, François Garcia livre l’analyse et l’histoire d’un autre portrait, celui du torero photographié par Michel Dieuzaide. Avec <em>Le cheval n’a plus lieu</em>, Vincent Pélissier s’inspire d’une photographie saisissante de Dolorès Marat, montrant la silhouette floue d’un cheval à l’aspect fantomatique et évoque la fuite d’un être qui se dérobe à la réalité. Un texte de Serge Airoldi nous emmène sur l’île italienne de Ventotene, avec une photographie de Bernard Plossu tirée selon le procédé Fresson. Un texte qui rend compte de l’immensité du monde dans lequel l’homme est englouti et dont la photo traduit la magie par la puissance des couleurs. Enfin, <em>Les tremblants</em> de Denis Montebello évoque des souvenirs d’enfance et le temps qui file. Une photo des herbes folles faite par Marc Deneyer illustre la délicatesse des instants fugaces, des bribes de souvenirs qui surgissent du passé.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/10/20200624_152252-1024x768.jpg" alt class="wp-image-33556"><figcaption>Carole Naggar, <em>Giacometti à la fenêtre</em> sur une photographie de Christer Strömholm, format 10,5 x 13 cm, 15 €</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La collection <em>Pour dire une photographie</em> nous emmène dans des ailleurs lointains, nous fait vivre les émotions des êtres qui se perdent dans l’intensité du monde. Des photographies magnifiques et des textes subtils font de ces petits livres à poster une belle littérature qui nous transporte dans des univers singuliers et poétiques. La collection s’enrichit d’un livre ou deux, parfois plus, chaque année. De quoi continuer à nous faire voyager.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les petites allées, 19 rue Audry de Puyravault, 17300 Rochefort-sur-Mer<br>05 46 99 29 43<br><a href="mailto:lespetitesallees@imprim17.fr"><u>lespetitesallees@imprim17.fr</u></a><br><a href="http://www.lespetitesallees.fr/"><u>www.lespetitesallees.fr</u></a>&nbsp;<br>Diffusion&nbsp;: auto-diffusion<br>Collection <em>Pour dire une photographie</em> dirigée par Serge Airoldi, format 10,5 x 13 cm, 15 €<br>Livres imprimés et façonnés par Les petites allées.&nbsp;</p><p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/nathalie-rodriguez-et-michel-bon-les-petites-allees-menent-aux-grandes/">“Nathalie Rodriguez et Michel Bon – Les petites allées mènent aux grandes”</a> par Laurine Rousselet, novembre 2018.</p></blockquote>
</div></div>



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