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	<title>niort - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>niort - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<item>
		<title>Découverte&#160;: livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Grégory Vouhé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 11:58:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[château d'Oiron]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des documents concernant les saisies révolutionnaires sont présentés dans une exposition de la médiathèque Pierre-Moinot.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/decouverte-livres-et-papiers-inedits-de-la-bibliotheque-du-chateau-doiron-exposes-a-niort/">Découverte : livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Grégory Vouhé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Responsable des collections patrimoniales de la médiathèque de Niort, Geoffroy Grassin a monté une exposition exemplaire consacrée à l’histoire de l’établissement, à l’occasion de son 250<sup>e</sup> anniversaire. L’important travail préparatoire a été l’occasion de belles découvertes. Les confiscations révolutionnaires du district de Thouars en sont un bon exemple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Modèle du genre, le catalogue du dépôt littéraire intitulé <em>Régistre d’invantaire des livres pour rester au district de Thouars</em> consigne références bibliographiques complètes et provenances, conformément aux instructions. Y figure même le type de reliure&nbsp;: «&nbsp;r en v&nbsp;» pour relié en veau. La mention finale «&nbsp;deboiserau&nbsp;» renvoie à Pierre Jacques Fournier, chevalier de Boisairault (1734–1800), qui restaure le château d’Oiron à la suite de son acquisition en 1772, met les intérieurs au goût du jour et aménage une bibliothèque<sup>1</sup>. Geoffroy Grassin nous dit que l’inventaire recense près d’un millier de volumes provenant d’Oiron, dont 141 pour les Belles-lettres, 374 pour l’histoire, 45 pour le droit, 193 pour les sciences et techniques et 223 pour la théologie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="690" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie.jpg" alt class="wp-image-37894" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie.jpg 690w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-202x300.jpg 202w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-650x965.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-150x223.jpg 150w" sizes="(max-width: 690px) 100vw, 690px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Cathalogue des livres enlevé[s] à la maison d’Oyron […] qui ont été transférés au district de Thoüars et de là à la bibliothèque départementale des Deux Sèvres, où ils sont encore déposés.</em> Médiathèque de Niort, Res G97F.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le châtelain s’éteint le 15 août 1800 à l’âge de 66 ans. Sa radiation de la liste des émigrés le 29 mai – 9 prairial an VIII – lui avait permis, selon l’arrêté, de rentrer en jouissance de tous ses biens meubles et immeubles non vendus. Sa veuve peut donc formuler une demande de restitution, datée du 18 fructidor an IX (5 septembre 1803). À sa demande adressée au préfet, Geneviève de Ciret de Bron joint le <em>Cathalogue des livres enlevé[s] à la maison d’Oyron […] qui ont été transférés au district de Thoüars et de là à la bibliothèque départementale des Deux Sèvres, où ils sont encore déposés</em>. Le bibliothécaire Frigard renvoie pétition et catalogue au préfet sans faire preuve d’aucune bonne volonté. Il prétend avec légèreté – pour ne pas dire avec mauvaise foi – que «&nbsp;tous les ouvrages qui y sont énoncés ne se trouvent point dans la bibliothèque […] les ouvrages réclamés ne portent ni le nom ni aucune marque de leur ancien propriétaire. Il ne suffit pas de réclamer pour obtenir&nbsp;; autrement la bibliothèque de l’École centrale, qui est formée d’une partie des livres trouvés chez les émigrés et dans les communautés religieuses, disparoîtroit promptement.&nbsp;» Frigard ajoute que le dépôt des livres a été pillé par les brigands de la Vendée. Ce à quoi madame de Bron répond au préfet que «&nbsp;les livres ont été enlevés d’Oÿron au mois de ventôse an 3 [février 1795]. Thouars fut pris par les vendéens le 5 may 1793. Ce qui prouve qu’ils n’ont point été pillés par eux.&nbsp;» Aussi, madame de Bron renouvelle-t-elle sa demande justifiée par «&nbsp;des pièces que l’on ne pourra récuser puisqu’elles font partie de l’inventaire des livres qui m’ont été enlevés&nbsp;; les cartes étoient bien plus nombreuses et mentionnois tous les ouvrages que contient mon catalogue, mais elles ont été perdues avec quantité […]. Le petit nombre de livres indiqué par les cartes sera sans doute un faible dédommagement, cependant il me sera infiniment agréable et je vous aurez, monsieur, une bien véritable obligation si vous avez encore la bonté de vous occuper de cette affaire&nbsp;: son succès me fera passer avec plaisir des moments souvent trop longs à la campagne. Une autre obligation que je vous aurez&nbsp;: ce sera de me mettre à même de vous remercier lors de votre voÿage en ce paÿs&nbsp;».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="812" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1.jpg" alt class="wp-image-37897" style="aspect-ratio:0.79296875;width:676px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1.jpg 812w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-238x300.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-768x969.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-650x820.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-150x189.jpg 150w" sizes="(max-width: 812px) 100vw, 812px"><figcaption class="wp-element-caption">Lettre de la châtelaine d’Oiron, Geneviève de Bron, veuve de Pierre de Boisairault, au préfet Dupin au sujet de la restitution des livres confisqués en 1795. Médiathèque de Niort Res G97F.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le préfet Dupin écrit donc à Frigard en joignant le catalogue et les cartes numérotées à l’appui de l’inventaire des livres. De mauvaise grâce, le bibliothécaire répond que sur les 146 titres, il n’en a retrouvé que 32. Et d’ajouter&nbsp;: «&nbsp;peut-être trouverai-je quelques-uns de ces derniers numéros [manquants] parmi les livres actuellement sous le scellé et non portés sur le catalogue de la bibliothèque, qui a été fini les vacances dernières. Je ne pourrai faire cette recherche que lorsque les scellés seront levés. La plupart de ces numéros doivent se trouver dans le dépôt de Thouars. Je suis bien sûr, par exemple, de n’avoir pas enlevé les numéros 1685 et 1686 que réclame madame de Boisairault. Cette dame ignore sans doute qu’on n’a emporté de Thouars qu’une partie des livres déposés […]. Je suis fâché que les livres qui lui appartenoient n’ayent pas été tous transportés à Niort. Au moins scauroit-elle ce qu’ils sont devenus. Je ne puis cependant affirmer que ceux portés sur le catalogue de la bibliothèque de l’École centrale appartiennent tous à cette dame. Une partie peut provenir de quelqu’autre dépôt. Dans tous les cas ladite bibliothèque feroit une grande perte si elle en étoit privée et l’instruction publique en souffriroit beaucoup. Vous pouvez vous en convaincre par vous-même en jetant les yeux sur le catalogue de madame de Boisairault. Il renferme des ouvrages qui, la plupart, font un excellent fond de bibliothèque&nbsp;»&nbsp;!</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1024" height="775" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie.jpg" alt class="wp-image-37900" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-300x227.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-768x581.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-650x492.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-150x114.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Exemplaire des <em>Métamorphoses d’Ovide</em> avec l’ex-libris de madame de Bron de Bourneau provenant de la bibliothèque du château d’Oiron. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort 1935.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les recherches dans les fonds de la bibliothèque de Niort ont permis de repérer une petite dizaine de volumes (non exposés) portant des ex-libris de la famille de Bron – chevalier de Bron, madame de Bron, Louis de Bron, ainsi qu’une importante liasse de pièces manuscrites relatives au matériel et au service de l’artillerie rédigées dans les années 1757–1784 par un officier du même nom, sans doute le père de la châtelaine d’Oiron, René de Bron, qui était commissaire d’artillerie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="695" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114.jpg" alt class="wp-image-37902" style="aspect-ratio:0.6787109375;width:573px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114.jpg 695w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-204x300.jpg 204w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-650x958.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-150x221.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px"><figcaption class="wp-element-caption">Planche intitulée <em>Affut de place calibre de 16 construction nouvelle de 1763</em>, extraite des papiers de M. de Bron, 75 x 51 cmm. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Liste des ouvrages retrouvés par Geoffroy Grassin, où nous avons ajouté le numéro du registre d’inventaire du district de Thouars&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Les Métamorphoses d’Ovide</em>, avec des explications à la fin de chaque fable. Traduction nouvelle par M. l’abbé de Bellegarde, 1701, avec l’ex-libris de madame de Bron de Bourneau, n° 1704 du registre d’inventaire du district de Thouars.</li>



<li><em>Tables pour jetter les bombes avec précision</em>, extraites du bombardier françois, 1731, avec ex-libris «&nbsp;le ch<sup>er</sup> debron&nbsp;», n° 835 du reg.</li>



<li><em>Traité du mouvement des eaux et des autres corps fluides</em>. Divisé en V. parties. Par feu M. Mariotte… mis en lumiere par les soins de M. de La Hire, 1686, avec ex-libris «&nbsp;Ch. Debron&nbsp;», n° 1690.</li>



<li><em>Les effets de la force et de la contiguïté des corps</em>, 1700, avec ex-libris «&nbsp;Chevalier de Bron&nbsp;», n° 1691.</li>



<li><em>Dictionnaire de marine contenant les termes de la navigation et de l’architecture navale avec les règles &amp; proportions qui doivent y être observées</em>. Ouvrage enrichi de figures… Seconde edition, revûe, corrigée &amp; augmentée, 1736, avec ex-libris Chevalier Debron, n°&nbsp;2019.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119.jpg" alt class="wp-image-37904" style="aspect-ratio:1.281602002503129;width:698px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-300x234.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-768x599.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-650x507.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-150x117.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre du <em>Livre des pseaumes</em> portant l’ex-libris de Louis («&nbsp;<em>Ludouicus</em>&nbsp;») de Bron. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort 2147.</figcaption></figure>
</div>


<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le livre des pseaumes en vers françois</em>, par Cl. Marot et Th. de Bèze, retouchez par feu M. Conrart, 1677&nbsp;; le volume ne figure dans le registre d’inventaire, mais présente un ex-libris de Louis de Bron.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’art de parler allemand</em>, nouvellement revu, corrigé et augmenté par le sieur C. LÉOPOLD S, 1728, avec ex-libris du chevalier de Bron, comme ceux qui figurent dans le registre.</li>



<li><em>La Science, et la pratique du pilotage</em>, à l’usage des eleves d’hydrographie, dans le college royal de la Compagnie de Jésus, à La Rochelle. Par le P. Yves Valois, 1735 avec ex-libris du chevalier de Bron, comme ceux qui figurent dans le registre du district de Thouars.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1.jpeg" alt class="wp-image-37905" style="aspect-ratio:0.75;width:668px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-225x300.jpeg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-650x867.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-150x200.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre de <em>l’Atlas des plans géométriques d’Oiron</em> réalisé pour Pierre Jacques Fournier de Boisairault en 1782. Cliché avant restauration.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">C’est l’occasion de signaler le récent don à l’État d’un manuscrit naguère distrait du chartrier d’Oiron&nbsp;; celui-ci est aujourd’hui conservé aux Archives départementales des Deux-Sèvres, où se trouvent les pièces complémentaires. Le titre est contenu dans un cartouche timbré des armes de Pierre Jacques Fournier de Boisairault et de Geneviève de Ciret de Bron&nbsp;: <em>Atlas | des plans géométriqu[es] | des fiefs et domaine de | haute justice d’Oiron | appartenant à Messire | Pierre Jacques Fournier | Chevallier DeBoisairault | Capitainne au régiment d[…] | commissaire général de la cavalerie | chevallier de l’ordre royal et militair | de saint louis seigneur de la ditte | haute justice terzé landry monpalais | et autre lieux mari de dame louise | geneviève de ciret de bron rédigé | en l’année mil sept cent quatre vingt | deux.</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la date, le cartouche chantourné est encore de style Louis XV, avec notamment un motif rocaille de crête de coq, compte tenu de l’habituel décalage stylistique qui s’observe entre la campagne et la capitale. L’<em>Atlas</em> du chevalier de Boisairault fait en quelque sorte figure d’arrière-petit-cousin de province du très luxueux <em>Recueil des cartes et plans d’Oiron</em> commandé par le duc d’Antin, alors directeur des Bâtiments du roi<sup>2</sup>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="830" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie.jpg" alt class="wp-image-37906" style="aspect-ratio:0.810546875;width:650px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie.jpg 830w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-243x300.jpg 243w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-768x948.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-650x802.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-150x185.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 830px) 100vw, 830px"><figcaption class="wp-element-caption">Ex-libris de Marie de La Tour sur l’<em>Histoire généalogique de la maison d’Auvergne</em> provenant de la bibliothèque du château de Thouars. Médiathèque de Niort Res G4C.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En comptant une <em>Chronologie</em> manuscrite faite pour le duc Henri de La Trémoille, cinq ouvrages de la médiathèque de Niort viennent par ailleurs de la bibliothèque du château de Thouars, dont les <em>Décades en françois</em> de Tite-Live (1617) portent l’ex-libris. <em>L’Histoire généalogique de la maison d’Auvergne</em> et les <em>Harangues héroïques des hommes illustres</em> portent celui, armorié et gravé sur cuivre, de Marie de la Tour d’Auvergne, duchesse de la Trémoille. Dans son <em>Histoire de Thouars</em>, Hugues Imbert signale un autre exemplaire de ce titre<sup>3</sup>, entre les mains de madame Martineau, de Thouars, avec une devise de la main de la duchesse&nbsp;: «&nbsp;de vertu bonheur&nbsp;». Celle-ci se retrouve aussi sur une rarissime édition originale du <em>Cid</em>, datant de 1637, actuellement présentée à Niort. Raison supplémentaire d’aller voir l’exposition à la médiathèque Pierre-Moinot, jusqu’au 6 janvier 2024.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie.jpg" alt class="wp-image-37907" style="aspect-ratio:0.701171875;width:646px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie.jpg 718w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-210x300.jpg 210w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-650x927.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-150x214.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 718px) 100vw, 718px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre de l’édition originale du <em>Cid</em> provenant de la bibliothèque du château de Thouars. Médiathèque de Niort Res M60D.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Post-scriptum.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un livre de chevet de madame de Montespan, provenant de la petite bibliothèque de sa chambre à Oiron, est passé en vente publique en novembre 2022. Il s’agit du tome II des <em>Conférences de Cassien, traduites en François</em>, Charles Savreux, Paris, 1665.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large.jpeg" alt class="wp-image-37908" style="aspect-ratio:0.666015625;width:517px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large.jpeg 682w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-200x300.jpeg 200w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-650x976.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-150x225.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Conférences de Cassien</em>, tome II, provenant de la bibliothèque de madame de Montespan à Oiron.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">1. «&nbsp;Redistribution insoupçonnées&nbsp;», <em>L’Actualité</em> n° 133, p. 142–143. Sur le manuscrit du préfet, qui écrit que le château d’Oiron a été «&nbsp;extrêmement dégradé pendant la Révolution&nbsp;», voir G. Vouhé, «&nbsp;Parthenay par le baron Dupin en 1810&nbsp;», <em>Les seigneurs de Parthenay au Moyen Âge</em>, cat. exp. Musée d’art et d’histoire de Parthenay, 2021, p. 204–206.<br>2. G. Vouhé, <em>Oiron au temps de madame de Montespan et du duc d’Antin</em>, Château d’Oiron – Centre des monuments nationaux, 2015.<br>3. G. Vouhé, «&nbsp;Du nouveau sur le château de Thouars&nbsp;», <em>Revue Historique du Centre-Ouest</em>, t.&nbsp;VIII, ici p. 84–86 – un autre volume provenant de la bibliothèque du château, aujourd’hui dans les collections de la ville de Thouars, y est signalé.<br><br></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/calameotheque/" title>Sur le château d’Oiron</a></strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>«&nbsp;Claude Gouffier bâtisseur&nbsp;» et «&nbsp;Pavement de Chaude Gouffier&nbsp;», <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;135, hiver-printemps 2023, p.&nbsp;174–179.</li>



<li>«&nbsp;Chambres d’Oiron »,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;134, été-automne 2022, p.&nbsp;112–114.</li>



<li>«&nbsp;Mariusz Hermanowics. Oiron délabré&nbsp;», «&nbsp;Redistributions insoupçonnées&nbsp;» et «&nbsp;La plus ancienne photo d’Oiron&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;133, hiver-printemps 2022, p. 138–144.</li>



<li>«&nbsp;La vaisselle d’étain de madame de Montespan&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;130, automne 2020, p. 74–75.</li>



<li>«&nbsp;Les senteurs de madame de Montespan&nbsp;» et «&nbsp;Senteurs féminines au château d’Oiron&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;129, été 2020, p. 59–61 et 82.</li>



<li>«&nbsp;Madame de Montespan de monastères en couvents&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n° 121, été 2018, p. 64–66.</li>



<li><em>«</em><em>&nbsp;De retour à Oiron&nbsp;»,&nbsp;</em><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em><em>&nbsp;n° 119, hiver 2018, p. 56–59.</em></li>



<li><em>« Le recueil du duc d’Antin <em>»</em>,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 110, automne 2015, p. 26–29.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Tombeaux de marbre des La Trémoïlle et des Gouffier »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n°&nbsp;107, hiver 2015, p. 46–47.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Les Métamorphoses au plafond du château d’Oiron »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 106, automne 2014, p.&nbsp;39.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. La chambre du Roi »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 102, automne 2013, p. 22–25.</em></li>



<li><em>« L’orange cultivée au Grand Siècle »,&nbsp;</em><em>L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;</em><em>n° 93,&nbsp;juillet-septembre 2011, p.&nbsp;45.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. Un visage retrouvé »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 87, janvier-mars 2010, p. 46–47.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. La galerie restaurée »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 86, octobre-décembre 2009, p.40–41.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Madame de Montespan à Oiron »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 78, octobre-décembre 2007, p. 40–41.</em></li>
</ul>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/chateau-doiron/">Château d’Oiron</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/decouverte-livres-et-papiers-inedits-de-la-bibliotheque-du-chateau-doiron-exposes-a-niort/">Découverte : livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Crime et châtiment dans les Deux-Sèvres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 17:40:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
		<category><![CDATA[Deux-Sèvres]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[niort]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dossier de l’affaire Guillot conservé aux Archives départementales des Deux-Sèvres raconte un crime commis dans la nuit du 4 août 1895 à Mazières-en-Gâtine, qui aurait pu inspirer Dostoïevski.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du 21 au 23 octobre 2021 se tient à Poitiers un colloque avec Alberto Manguel à propos de son œuvre d’écrivain et de lecteur.&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine&nbsp;</em>propose à cette occasion de publier au gré des semaines les articles de l’écrivain parus dans ses précédentes éditions. Le colloque est organisé par le laboratoire FoReLLIS, université de Poitiers, équipe&nbsp;B2&nbsp;« Histoire et poétique des genres », programme « La lecture et les genres » (Alain Bègue, Séverine Denieul, Charlotte Krauss, Pierre Loubier et Antonia Zagamé). Pour consulter le programme des trois journées :&nbsp;<a href="https://emf.fr/ec3_event/alberto-manguel-ecrivain-lecteur-la-lecture-le-livre-la-bibliotheque/">Alberto Manguel, écrivain lecteur. La lecture, le livre, la bibliothèque</a>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Alberto Manguel</strong> Photos <strong>Marc Deneyer</strong><br>Traduit de l’anglais par <strong>Christine Le Bœuf</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vastes fresques médiévales dépeignant les âmes condamnées à l’Enfer ou au Paradis aux photographies de presse de notre temps dans lesquelles une scène a pour témoin impassible une foule kaléidoscopique, chaque fois qu’un événement remarquable est représenté, notre iconographie privilégie l’anonymat. Les protagonistes ont généralement droit à un nom et une date, mais les masses assemblées autour d’eux demeurent en majorité aussi privées d’identification que les tombes des miséreux. Et pourtant un minimum de curiosité nous donne envie de savoir qui ils étaient, ces lointains et vagues ancêtres, ces frères humains. L’Histoire, dans l’ensemble, ne s’intéresse pas à de tels détails. Mais quelque chose, en nous, peut-être la conscience du sort final que nous partagerons, nous pousse à demander&nbsp;: qui étaient-ils&nbsp;? Qui est cet homme aux yeux tristes&nbsp;? Qui, cette femme qui dissimule un sourire méchant&nbsp;? Qui est cette enfant qui, d’un lieu où elle est encore jeune, nous regarde la regarder&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_rayons_2-1024x1024.jpg" alt class="wp-image-34761" width="568" height="568"><figcaption>Les Archives départementales des Deux-Sèvres à Niort.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être afin de satisfaire cette empathie qui n’est que trop humaine, les premières archives créées étaient distinctes des bibliothèques. Les archives sont principalement dépositaires de ce qui est individuel, des histoires personnelles, de ce qui appartient en particulier à chaque être humain dans une société qui a pour réflexe de ne pas tenir compte de ce qui est unique. Les archives opèrent une distinction méticuleuse entre tel et tel pécheur, entre les nobles élus et l’humble âme sauvée, entre les visages changeants d’une foule, d’une armée, d’un public, d’une classe, d’un collectif quel qu’il soit. Les archives sont des entités plurielles qui insistent sur le singulier. Les Archives départementales des Deux-Sèvres furent créées en 1796 dans le but de mettre à l’abri les documents des administrations et établissements religieux de l’Ancien régime qui avaient été abolis. Depuis 1986, année où elles sont devenues un service du Conseil général, elles ont pour mission de rassembler tous les documents issus des administrations du département, ainsi que de collections privées, susceptibles d’alimenter la mémoire collective. À ce jour, l’ensemble des pièces qui ont trouvé place dans l’immeuble des Archives atteint les quatorze kilomètres et augmente chaque année de quelque trois cents mètres. Chartes, ordonnances, sceaux, plans, photographies et cartes postales, dessins, actes judiciaires, dossiers d’avocats, catalogues commerciaux, lettres autographes, diplômes, registres de baptême, certificats de mariage ou de décès et paperasses innombrables composent un abondant trésor d’informations détaillées, un dédale au travers duquel, pourvu qu’on dispose des outils appropriés, ces existences fantômes d’hommes et de femmes qui ont vécu avant nous peuvent être sauvées de l’oubli. Les historiens, bien sûr, mais aussi, souvent, les auteurs de fiction ont trouvé dans des archives comme celles des Deux-Sèvres une source d’inspiration inestimable&nbsp;; on sait que Fédor Dostoïevski cherchait dans l’équivalent russe de telles archives la charpente des histoires qu’il allait développer en des centaines de pages, les «vies minimes» qu’il explorerait de plus en plus à fond, comme il le fit dans <em>Crime et châtiment</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_telegramme_2-1019x1024.jpg" alt class="wp-image-34760" width="578" height="580"><figcaption>Télégramme envoyé le 5 août 1895 par le juge de paix de Mazières-en-Gâtine au procureur de la République de Parthenay, où il donne le signalement de l’assassin.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Marie Margeau veuve Moindron, 77 ans</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une trentaine d’années avant la parution de <em>Crime et châtiment</em> à Moscou, une histoire dostoïevskienne fut vécue dans un petit village des Deux-Sèvres. Les comptes rendus de l’événement sont conservés aux Archives départementales sous l’intitulé discret de 2U 357. Consistant en télégrammes, transcriptions de témoignages, rapports de médecins légistes, mandat d’arrêt et autres documents, le dossier raconte l’histoire d’un crime commis dans la nuit du 4 août 1895 dans le village de Mazières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain matin, 5 août, le corps de Marie Margeau veuve Moindron fut découvert pendu dans sa maison avec une corde au barreau d’une échelle, pieds et genoux à terre. Elle était âgée de soixante-dix-sept ans, petite, mince, chenue. Elle avait été frappée au visage, à la tempe droite, et il y avait des traces de sang sur sa peau. On l’avait pendue alors qu’elle vivait encore, quatre heures environ après son dernier repas. On avait ouvert à coups de marteau l’armoire et les tiroirs et répandu leur contenu sur le sol, le lit avait été retourné. Quelques bijoux et plusieurs pièces d’or et d’argent furent découverts parmi les vêtements, ainsi qu’une bourse vide. Le meurtrier s’était servi pour ouvrir les volets et briser une vitre d’une barre métallique que l’on trouva sur les lieux. Les pièces à convictions étaient cette barre, plusieurs marteaux, la corde, la bourse vide et les morceaux de verre. Un voisin, Pascal Moreau, déclara à la police que le meurtrier était, à son avis, un certain Lucien Lhoumeau, également connu sous le nom de Marchand<sup>1</sup>, qui connaissait bien la victime et s’était vanté à son patron de son intention de l’épouser pour son argent, «quelque quatre ou cinq mille francs».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lhoumeau avait vingt-quatre ans, mesurait un mètre soixante-quatre, arborait une moustache naissante et (dans les termes de l’avis de recherche) avait «teint bilieux, cheveux châtains, incisives mauvaises et disjointes, voix féminine».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_plan_2-1024x921.jpg" alt class="wp-image-34762" width="592" height="532"><figcaption>Le plan de la maison de la veuve Moindron.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Un crime soigneusement préparé</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soir du crime, Lhoumeau portait «veston de toile coton fond noir, rayures grises faisant carreaux, chapeau paille ruban rouge, bottines élastiques dont bout réparé et deux rangées de clous au talon (dont extérieur plus gros)». Ceux qui le connaissaient déclarèrent que le jeune homme ne travaillait (principalement comme moissonneur) que pour se procurer l’argent nécessaire à ses plaisirs, argent qu’il dépensait au café et dans les maisons de tolérance du voisinage. Une autre voisine, une certaine M<sup>me</sup> de Fournier, raconta à la police que Lhoumeau avait perdu sa mère à l’âge de six ou sept ans, qu’il avait été un gentil garçonnet (elle s’était alors occupée de lui) et que ce n’était que plus tard qu’il «se gâte, “pieds de nez au curé”, ivrogne et paresseux, lui demande souvent de l’argent».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq mois après le lancement de l’avis de recherche, on retrouva Lhoumeau à Waterloo, près de Bruxelles. Il fut extradé et présenté devant la cour d’assises de Niort. Soldat déserteur à l’âge de vingt et un ans, Lhoumeau avait vécu de divers petits boulots un peu partout en France avant de s’installer pour quelque temps à Mazières. Après avoir gagné l’amitié de la vieille dame, il avait soigneusement préparé l’assassinat de la manière suivante&nbsp;: le soir du 2 août, il sortit de chez elle mais au lieu de retourner chez lui, il se cacha dans le four de la veuve en attendant qu’elle s’endorme. Cette nuit-là, il tenta de pénétrer dans sa chambre à coucher mais s’aperçut que la fenêtre était trop petite. Il décida alors de revenir la voir le 4 août, dîna avec elle, fit semblant de partir et, une fois encore, se cacha dans le four. La nuit venue, il entra dans la maison par une fenêtre du rez-de-chaussée, agressa la vieille dame et, tandis qu’elle gisait, inconsciente, lui passa la corde autour du cou et l’étrangla. Il se mit alors à fouiller dans ses affaires en quête d’argent et abandonna le corps agonisant dans la position où la police le découvrit le lendemain matin.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_signatures_2-1019x1024.jpg" alt class="wp-image-34763" width="506" height="508"><figcaption>Une page de l’interrogatoire de Louis Guillot, signée de sa main.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lhoumeau fut arrêté et son procès eut lieu le 12 décembre. Après une demi-heure de délibération, la majorité du jury estima Lhoumeau coupable mais recommanda les circonstances atténuantes (lesquelles avaient été demandées par la défense, qui avait longuement discouru à propos de l’enfance difficile du jeune homme et des souffrances endurées de la part d’un père ivrogne et violent). Ils avaient entendu le procureur parler de l’assassin brutal&nbsp;; ils avaient vu devant eux un jeune homme effrayé, qui avait de mauvaises dents et une «voix féminine». Nous ignorons comment ils raisonnèrent mais, plutôt qu’à la peine capitale, qui alors eût signifié la guillotine, Lhoumeau fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Visiteur occasionnel des archives ou chercheur intéressé découvre soudain, parmi des masses de documents bureaucratiques, une vie singulière, une tragédie personnelle, le portrait d’un jeune homme et d’une vieille femme qui, sans le savoir, furent voici plus d’un siècle les acteurs d’une histoire racontée, avec des détails légèrement différents, par un lointain et invisible romancier russe, leur quasi-contemporain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. On découvrira plus tard que son vrai nom est Louis Désiré Guillot.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les éditions Atlantique ont fait paraître&nbsp;<a href="https://editionsatlantique.com/index.php?id_product=38&amp;controller=product">La Perle d’Estrémadure. Une histoire de l’île de Ré</a>, par Alberto Manguel avec les photographies de Thierry Girard.&nbsp;<br><br>Leçon inaugurale par Alberto Manguel au Collège de France, le 30 septembre 2021 :&nbsp;<a href="https://www.college-de-france.fr/site/alberto-manguel/inaugural-lecture-2021-09-30-18h00.htm">Europa, le mythe comme métaphore</a>.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/alberto-manguel-ecrivain-lecteur/">Alberto Manguel, écrivain lecteur.</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/crime-et-chatiment-dans-les-deux-sevres/">Crime et châtiment dans les Deux-Sèvres</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Niort en couleurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 12:38:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Aquarelles]]></category>
		<category><![CDATA[Deux-Sèvres]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Denis-Touron]]></category>
		<category><![CDATA[La Geste]]></category>
		<category><![CDATA[niort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un peu d'eau, quelques couleurs et des pinceaux : tel est le contenu qu'Emmanuel Denis-Touron emporte avec lui lorsqu'il arpente ruelles et avenues afin de sublimer la ville de Niort.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="color:#000000" class="color">Par Amina Tachefine</span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron est journaliste à la <em>Nouvelle-République</em>. Poitevin de naissance, il a depuis longtemps quitté la Vienne pour s’installer dans les Deux-Sèvres. Niort, son lieu de résidence, devient sa muse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autodidacte, cela fait une quinzaine d’années qu’il dessine. Il a collaboré avec le photographe animalier Philippe Giret et la journaliste Myriam Hassoun dans <em>Mes Voisins</em>, publié par les éditions Mons en 2019. Il revient avec un nouveau livre, publié par La Geste, où il représente les bâtiments niortais, son fleuve et le marais poitevin : «Je dessine Niort depuis maintenant cinq ans, dit-il. C’est Florence De Mornac, libraire à La Librairie des Halles, qui a organisé une rencontre avec La Geste. Le projet a ainsi commencé en septembre 2020.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/470-copie-1024x490.jpg" alt class="wp-image-34185"><figcaption>Les toits. Dessin Emmanuel Denis-Touron.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">«Toutes les villes devraient commencer ainsi.» Voilà comment débute cette ode à Niort. Sobrement, l’artiste représente l’horizon. Par un style emprunté à la bande dessinée, on y découvre des lieux comme Sainte-Pezenne, Champclairot ou encore Souché.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La ville comme chevalet</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En utilisant uniquement de l’encre de Chine, l’auteur peint la Sèvre Niortaise : «L’usage de l’encre en alternant avec l’aquarelle casse la monotonie. Les encres apportent un côté bande dessinée que j’apprécie beaucoup. Ça exagère la lumière, ce qui permet des contre-jours intéressants.» Ainsi, le fleuve transmet sa profondeur. Par les réserves de blanc, on devine un ciel illuminé par le soleil, dont les lueurs ricochent sur l’eau et les maisons aux alentours. Les escaliers de la place de la Brèche jouent le rôle de socle à des bâtiments aux lignes perpendiculaires. Une femme descend les marches à la hâte : sa robe flotte derrière elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pinceau de calligraphie trace les câbles électriques de l’avenue de Limoges, ainsi que l’ombre des pavés de la rue Brisson : «Le mieux pour les regarder filer est de s’accouder au parapet sous les halles.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron laisse ses pinceaux guidés par le souvenir. Sous un ciel clair, un établissement : le Relax Bar. «À l’étage de ce troquet de la rue Jean-Jaurès vivait un vieil homme. Souriant, un peu ermite, un bonnet rouge en hiver.» La brasserie s’est établie pendant vingt-quatre ans, avant de fermer définitivement en 2020 : «Et puis le vieil homme est mort. Le patron a fini par vendre. Et le bar a été effacé.» C’est banal mais universel. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est une vraie histoire de quartier. Le vieil homme s’appelait Christian. Sa seule famille était le patron du bar. Peu de temps après son décès, des appartements ont remplacé les lieux. J’ai fait ce dessin juste avant que le bar disparaisse.»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres établissements, comme La Roussille, dans le quartier Saint-Liguaire, rappellent le chamoisage, ayant fait la richesse de la ville jusqu’au début du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle. Celui-ci prenait place dans ces bâtiments où l’on sert maintenant du filet de rouget en escabèche et du tataki de thon.   </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/300-copie-1024x381.jpg" alt class="wp-image-34184"><figcaption>Les terrasses de la Brèche. Dessin Emmanuel Denis-Touron. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En admirateur des espaces où règne la végétation, l’aquarelliste partage ce qui reste de l’ancienne voie de chemin de fer reliant Niort et Fontenay-le-Comte. Celle-ci est ensevelie par les arbres. Le feuillage, retranscrit par des tâches dans différentes gammes de verts, s’élèvent vers le ciel. L’image est bordée d’encre noire, semblable à une photographie instantanée. Sur le quai de la Regratterie, d’épais arbres ont été reproduits à partir de brou de noix utilisé en lavis. Colorant issu de l’écorce de la noix, il permet cette teinte brunie. L’auteur nous en dit un peu plus sur cette technique : «Moins sombre que l’encre, le brou apporte ce côté sépia au dessin. Je fais mes arbres avec ça, à l’éponge, pour que le coup de pinceau ne se voit pas. Le brou a une singularité incroyable : lorsqu’une goutte tombe sur le papier, ses pigments migrent vers les bords.»</p>



<h4 class="wp-block-heading">Dépaysement citadin </h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des pages, on fait une étonnante rencontre. L’auteur a imaginé une galerie au Musée Bernard d’Agesci où les dragons s’invitent : on y retrouve un dragon imaginé sous les traits d’un Mondrian, ou bien encore de Banksy et Keith Haring. Un tableau met en scène Monsieur Linea qui rencontre la créature mythique. Il nous explique cette idée fabuleuse : «Les quatre têtes de dragons de Niort font partie de l’identité de la ville, au même titre que le Donjon. La première idée était de les dessiner comme ces statues de vaches aux motifs colorés. Puis je les ai déclinés avec plusieurs styles artistiques reconnaissables.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron dévoile un Niort à l’architecture diverse et romancée. La citerne de Boinot en contre-plongée devient bijou artistique et le ciel son support : «Un bleu pareil, ça ne s’invente pas», signale un cartouche. L’avenue de la Rochelle, avec ses pavillons, devient jumelle des Painted Ladies de San Francisco. On voyage dans les Deux-Sèvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Hôtel de Ville navigue dans la nuit, les nuages tel que l’écume pour seule compagnie. L’auteur reproduit avec humilité les anciens Bains Juins, premiers bains-douches niortais. On raconte que son architecture viendrait d’un mexicain, expliquant ainsi ses airs hispaniques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai dessiné ces endroits car ils m’emmènent ailleurs. Il ne s’agit pas de faire l’histoire de Niort. J’ai voulu avant tout transmettre mes ressentis, et laisser la ville parler à mon inconscient.»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Niort, c’est aussi la beauté de ce qui reste des anciennes tendances architecturales : il faudra aller aux quartiers de Champclairot et de Champommier pour voir les maisons des années 1950, aux teintes vertes, roses ou beiges : «Touchantes souvent, hautaines parfois, coquettes toujours.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/490-copie-948x1024.jpg" alt class="wp-image-34186" width="396" height="427"><figcaption>Rue Yvers. Dessin Emmanuel Denis-Touron.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste nous parle de cet attachement particulier : «C’est une ville absolument magnifique. J’y ai découvert la douceur d’y vivre. Je pense que les personnes qui la condamnent sont celles qui ne la connaissent pas. Niort, c’est un sujet d’émerveillement permanent. On y découvre des trésors cachés, qui méritent le coup d’œil. Il y a une lumière fantastique : la ville se laisse traverser par elle, et le soleil vient taper contre ses façades très blanches, en fin d’après-midi.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques plans ont été reproduits, afin d’aider le lecteur à se situer, ou bien à s’y retrouver plus tard. La Sèvre devient un trait turquoise. Les maisons, vues de haut, des petits points marrons. Ce livre s’adresse aux personnes qui sont venues et à celles qui viendront. N’en déplaise à Michel Houellebecq !</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Emmanuel Denis-Touron, <a href="http://www.gesteditions.com/beaux-livres/carnets-de-l-ouest/niort-aquarelles-lignes-claires">Niort aquarelles – lignes claires</a>, éditions La Geste, 140 p., 2021, 20 €</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/niort-en-couleurs/">Niort en couleurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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