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	<title>histoire - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>histoire - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yoann Frontout]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 06:31:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La revue]]></category>
		<category><![CDATA[archives]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Châtellerault, le CAAPC propose une exposition sur les sous-marins français jusqu'au 19 décembre 2025. Archives inédites et objets de la vie quotidienne des sous-mariniers y sont à découvrir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien avec Vincent Roblin, chef du bureau des publics et de la valorisation du CAAPC, par Yoann Frontout-Neuffer</strong></p>



<p>Pour sa deuxième exposition thématique, le Centre des archives de l’armement et du personnel civil du Service historique de la Défense (CAAPC), à Châtellerault, met en lumière l’histoire méconnue des sous-marins français. À découvrir jusqu’au 19 décembre 2025..</p>



<p><strong><strong>L’Actualité. –</strong> Pourquoi une exposition sur les sous-marins à Châtellerault, aussi loin de la mer ?</strong></p>



<p><strong>Vincent Roblin –</strong> Créé en 1969 et rattaché au Service historique de la Défense en 2005, le CAAPC est un établissement de conservation d’archives militaires appartenant au ministère des Armées. Installé dans une partie de l’ancienne manufacture d’armes de Châtellerault, on y trouve aujourd’hui les dossiers des personnels civils du ministère des Armées, les archives des unités territoriales et spécialisées de la Gendarmerie nationale, mais également les archives consacrées à la conception, aux essais, à la fabrication et la maintenance de l’armement utilisé par l’armée française depuis le XVIIIe siècle. Et ce, dans le domaine terrestre, aéronautique mais aussi naval. Il y a donc, à Châtellerault, de très nombreux documents concernant la plupart des navires construits pour la Marine nationale depuis le XIXe siècle (plans, photos…). Nous n’avons donc effectivement pas la mer à Châtellerault, mais nous avons des frégates, des porte-avions et des sous-marins, sous forme papier, ce qui est méconnu du grand public&nbsp;!</p>



<p>Nous proposons chaque année une exposition thématique construite à partir de nos fonds, afin de permettre au grand public, qui n’a pas l’habitude ou l’opportunité de consulter des archives en salle de lecture, de découvrir le riche patrimoine documentaire du ministère des Armées (notre exposition de l’an dernier était consacrée à l’année 1944). </p>



<p>En 2025, la France célèbre «&nbsp;l’année de la Mer&nbsp;» et nous commémorerons d’autre part, en 2026, les <a href="https://www.defense.gouv.fr/marine/400-ans-marine/400-ans-marine-nationale">400 ans de la Marine nationale</a>, soutenus par le Service historique de la Défense, qui donneront lieu à de nombreuses manifestations dans toute la France. Il nous est donc apparu assez évident de nous intéresser cette année au domaine naval. Nous avons souhaité aborder ce sujet sous l’angle des sous-marins, ces bâtiments mystérieux et invisibles qui exercent une fascination certaine sur le public et qui nourrissent notre imaginaire depuis leur invention, comme en témoignent le succès du roman <em>Vingt mille lieues sous les mers</em> de Jule Verne ou bien de nombreux films de guerre. Cette exposition propose donc une plongée en immersion originale dans une histoire relativement méconnue, à travers des documents d’archives conservés à Châtellerault.</p>



<p><strong>L’exposition déroule une approche historique, tant sur les avancées techniques que le rôle de ces bâtiments de guerre dans les conflits. De quand datent les premiers sous-marins français ? Avez-vous des archives assez anciennes pour documenter les premiers prototypes ?</strong></p>



<p>L’exposition a effectivement pour objectif de raconter l’histoire longue des sous-marins français, depuis les premiers submersibles du XIXe siècle jusqu’à l’ère atomique. Les aspects techniques du fonctionnement des sous-marins, la question de la construction et de l’armement des sous-marins, ainsi que les grandes étapes et&nbsp;les épisodes marquants de l’histoire de la flotte sous-marine française y sont présentés, notamment sa naissance au XIXe siècle. Pénétrer dans le monde sous-marin est un rêve caressé par l’humanité depuis des siècles. Dès le XVII<sup>e</sup> siècle, des inventeurs imaginent, sur le papier, des navires capables de se déplacer sous l’eau. En 1800, l’Américain Robert Fulton conçoit un sous-marin en bois à voile, le <em>Nautilus</em> (dont le nom sera repris par Jules Verne) et conduit avec succès des essais de plongée dans la Seine, mais le projet est rejeté par Bonaparte. Les ingénieurs ne se découragent cependant pas et la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle voit de nombreux projets se développer partout dans le monde, portés par la Révolution industrielle. Révélé lors des guerres de Crimée et de Sécession, le potentiel militaire des sous-marins commence à intéresser la Marine française à partir des années 1850.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="706" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg" alt class="wp-image-38795" style="width:299px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1.jpg 706w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-207x300.jpg 207w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-650x943.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/vingtmillelieue00vern_orig_0147_1-150x218.jpg 150w" sizes="(max-width: 706px) 100vw, 706px"><figcaption class="wp-element-caption">Le Nautilus de <em>Vingt Mille Lieues sous les mers</em> par Alphonse de Neuville ©Wikimedia Commons</figcaption></figure>



<p>Le premier sous-marin expérimental français, le <em>Plongeur</em>, qui fonctionnait à l’air comprimé, est conçu à Rochefort en 1863 par l’ingénieur Charles Brun, et le capitaine de vaisseau Bourgois. En 1867, Jules Verne verra d’ailleurs une maquette de ce sous-marin lors de l’exposition universelle de Paris et s’en inspirera pour imaginer son <em>Nautilus</em>. Nous présentons dans l’exposition quelques documents d’archives originaux concernant le <em>Plongeur</em>, mais également des documents en lien avec les bâtiments ayant marqué l’histoire sous-marine française, comme le <em>Gymnote</em>, conçu à Toulon en 1888, ou encore le <em>Narval</em> mis au point à Cherbourg en 1899, qui constituent les premiers bâtiments sous-marins opérationnels de la Marine nationale. Le plus ancien document exposé est une publicité pour un projet de «&nbsp;bateau sous-marin&nbsp;» présenté lors de l’exposition des produits de l’industrie française de 1849.</p>



<p><strong>Les plans, photos, descriptifs des modèles récents étant certainement classés secret défense, jusqu’où documentez-vous l’évolution des sous-marins français dans l’exposition ?</strong></p>



<p>Quelle que soit leur époque de construction, les sous-marins ont toujours été à la pointe de l’innovation technique et technologique. La Marine nationale a donc toujours été soucieuse de protéger les informations stratégiques entourant la conception et le fonctionnement de ces bâtiments qui jouent, comme on le sait, un rôle important dans la défense de notre pays et de nos intérêts dans le monde entier. Les archives concernant les sous-marins sont la plupart du temps classifiées, c’est-à-dire qu’elles sont protégées au titre du secret de la Défense nationale, qui les rend incommunicables pendant 50 ans. Ces délais sont fixés par le code du Patrimoine, qui encadre les règles de communicabilité des archives publiques en France. La communicabilité des archives relatives à l’armement nucléaire est encore plus restrictive, comme on peut s’en douter, car ces documents sont incommunicables sans délai. On ne trouvera donc dans cette exposition que des documents communicables. Les sous-marins de construction récente seront évoqués brièvement, sans entrer dans le détail de leur conception, à travers quelques photographies et des plans diffusés pour la communication. Passé le délai de 50 ans, les archives classifiées peuvent être librement consultées par le public, sur demande, en salle de lecture. Elles peuvent donc aussi être exposées, ce qui explique pourquoi les visiteurs pourront découvrir, dans l’exposition, de nombreux documents portant le cachet «&nbsp;Secret&nbsp;», datés de plus de 50 ans (c’est-à-dire jusqu’en 1974).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="705" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg" alt class="wp-image-38796" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-300x207.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-768x529.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-650x448.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/frshd__aa_546_5i_582__009-150x103.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Photographie du sous-marin Surcouf, archive du CAAPC</figcaption></figure>



<p><strong>Y a‑t-il des archives inédites, particulièrement remarquables, que vous présentez pour la première fois au public ?</strong> </p>



<p>L’exposition a été construite principalement à partir d’archives conservées à Châtellerault. Quelques documents ont été prêtés par d’autres centres du SHD (Brest, Rochefort et Vincennes), pour compléter et enrichir le contenu de l’exposition. Plus d’une centaine de documents y seront présentés, dont de très nombreux originaux (les autres étant reproduits sur les panneaux d’exposition). Ces documents (atlas, plans, photographies, correspondance, télégrammes, affiches, journaux, brochures techniques, rapports…) sont la plupart inédits et emblématiques de l’histoire des sous-marins. Les visiteurs pourront notamment voir des documents originaux concernant les premiers sous-marins, comme le <em>Plongeur</em> ou le <em>Narval</em>, ou des documents concernant les sous-marins célèbres de la flotte française, notamment ceux de la Seconde Guerre mondiale (comme le <em>Casabianca</em> ou le <em>Surcouf</em>). Le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engin français, le <em>Redoutable</em>, est mis à l’honneur, à travers différents documents, dont la décision officielle de mise en chantier, signée de la main du ministre des Armées Pierre Mesmer (1963). Nous évoquons également la question des accidents et des naufrages à travers des photos, des télégrammes et des rapports. Une liste de victimes du naufrage du <em>Prométhée</em> (1932), signée de la main de l’amiral François Darlan, grande figure de la collaboration, compte parmi les documents présentés. Une galerie chronologique de 19 photographies de sous-marins, de la <em>Dorade</em> (mis en service en 1905) au <em>Suffren</em> (mis en service en 2020) permettra de voir l’évolution de la flotte sous-marine à travers le temps.</p>



<p><strong>Présentez-vous également des objets ayant trait au quotidien des sous-mariniers ?</strong></p>



<p>Pour enrichir le contenu de l’exposition et appuyer les documents présentés, il nous est apparu effectivement intéressant de montrer des objets en lien avec les sous-marins. Notre établissement ne conservant que des archives, nous avons emprunté quelques objets, en particulier au Musée de l’escadrille des sous-marins de l’Atlantique (Lorient), à l’espace tradition de la Force océanique stratégique (Brest) et à la division de la symbolique du Service historique de la Défense (Vincennes). Les visiteurs pourront notamment voir des objets symboliques et des insignes, une lumière rouge d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE), des bonnets de sous-marinier ou encore la cloche du SNLE<em> Le Redoutable</em>. Une occasion rare à Châtellerault !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="385" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg" alt="Plan d'ensemble du Surcouf ©CAAPC" class="wp-image-38793" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003.jpeg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-300x113.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-768x289.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-650x244.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/surcouf1929c003-150x56.jpeg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Plan d’ensemble du Surcouf, archive du CAAPC.</figcaption></figure>



<p><strong>Avez-vous prévu dans ou autour de l’exposition des témoignages de sous-mariniers ?</strong></p>



<p>La vie quotidienne à bord des sous-marins depuis les origines jusqu’à nos jours sera évoquée dans l’exposition à travers un panneau et quelques documents. Nous proposerons également le samedi 8 novembre 2025, à 14h30, en marge de l’exposition, une conférence publique (sur réservation) animée par le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Chaineau, ancien commandant de sous-marin nucléaire, qui a terminé sa carrière en 2022 comme commandant des forces sous-marines et qui viendra nous parler de ses 25&nbsp;000 heures de plongée et de son expérience de sous-marinier. Je signale aussi que nous proposerons une autre conférence, le jeudi 9 octobre 2025, à 18h00, animée par le contre-amiral François Guichard sur l’histoire des premiers sous-marins français, intitulée&nbsp;: «&nbsp;Du sous-marin qui inspira Jules Verne aux premiers navires opérationnels&nbsp;».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg" alt="Affiche exposition sous-marins au CAAPC" class="wp-image-38790" style="width:307px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3.jpg 724w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-212x300.jpg 212w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-650x919.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/09/2251116-sga-shs-affiche-soum-a3-150x212.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px"></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Une exposition à découvrir jusqu’au vendredi 19 décembre 2025<br>Ouverte du lundi au jeudi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00 <br>et le vendredi de 9h00 à 12h00. <br>Ouverture exceptionnelle le dimanche 21 septembre, de 14h00 à 18h00.<br><strong>L’exposition étant présentée dans une emprise militaire, l’accès, gratuit, <br>se fait uniquement sur réservation et sur présentation d’une pièce d’identité.</strong></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/les-sous-marins-sinvitent-a-chatellerault/">Les sous-marins s’invitent à Châtellerault</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
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		<title>Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Feb 2025 10:51:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En hommage à Martin Aurell, grand médiéviste mort subitement à son domicile dans la nuit du 7 au 8 février, nous publions l’un des nombreux entretiens qu’il nous a accordés.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/martin-aurell-rejoint-alienor-daquitaine/">Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>En hommage à Martin Aurell, grand médiéviste mort subitement à son domicile dans la nuit du 7 au 8 février, nous publions l’un des nombreux entretiens qu’il nous a accordés.</em></p>



<p>Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université de Poitiers depuis 1994, au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale qu’il a dirigé de 2016 à 2022, Martin Aurell était un spécialiste des pouvoirs, de la société et de la culture de l’empire Plantagenêt et en Méditerranée occidentale.</p>



<p>Son dernier ouvrage paru est consacré à <em>Aliénor d’Aquitaine. Souveraine femme</em> (coll. «Grandes Biographies», Flammarion, 2024), une somme d’érudition qui se lit comme un roman. Le personnage s’y prête mais, surtout, l’historien apportait un soin tout particulier à l’écriture. L’appareil critique est considérable, notamment parce qu’il intègre l’historiographie britannique&nbsp;: «Aliénor, aquitaine de naissance et reine de France, mais aussi reine d’Angleterre, où elle a vécu plus d’années que sur le continent, se trouve à la croisée de deux longues traditions nationales et scientifiques dont il importe de comprendre et d’exploiter les caractéristiques propres. Combiner la méthode anglaise, issue de l’empirisme, à la française, redevable du rationalisme, ne peut qu’aboutir à un résultat équilibré.»</p>



<p>C’était toujours un plaisir de s’entretenir avec cet homme d’une rare élégance, au verbe clair, précis, bienveillant, dont l’immense savoir n’avait rien d’écrasant, au contraire il agissait comme un stimulant.</p>



<p>Nous avons publié cet entretien dans <em>L’Actualité</em> n° 111, en janvier 2016, au moment de la fusion des régions Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine en Nouvelle-Aquitaine.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="808" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2.jpeg" alt class="wp-image-38597" style="width:507px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2.jpeg 808w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-237x300.jpeg 237w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-768x973.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-650x824.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/martin-aurell-ph-mytilus-2002-v2-150x190.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 808px) 100vw, 808px"><figcaption class="wp-element-caption">Martin Aurell en 2002 quand il publie <em>L’Empire des Plantagenêt (1154–1224)</em>. Photo Mytilus.</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>La grande Aquitaine d’Aliénor</strong></h2>



<p><strong>Entretien Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p><strong>L’Actualité. – Peut-on trouver un ancrage historique à cette grande Aquitaine qui, en 2016, résulte de la fusion avec le Poitou-Charentes et le Limousin&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p><strong>Martin Aurell. –</strong> Une grande Aquitaine correspond à peu près à l’actuelle région, c’est le royaume d’Aquitaine créé par Charlemagne pour son fils Louis le Pieux. La géographie de cette nouvelle région ne me semble pas absurde, à part le fait qu’il n’y ait pas la Vendée qui, historiquement, fait partie du Poitou.</p>



<p>Il serait vain de chercher à établir un déterminisme géographique car les territoires sont toujours des constructions politiques et culturelles, mais on peut faire remonter la structure connue au Moyen Âge jusqu’aux tribus gauloises, via les Romains qui respectaient assez bien le tissu local conquis afin de mieux le gouverner.</p>



<p><strong>Ce territoire correspond aussi à celui de Guillaume IX le Troubadour, comte de Poitiers et duc d’Aquitaine, qui cherche à étendre son domaine et qu’il a parfois du mal à maîtriser…</strong><strong></strong></p>



<p>Guillaume IX veut le comté de Toulouse pour avoir un accès à la mer Méditerranée. En 1094, il se marie à Philippa, fille du comte de Toulouse, puis il conquiert la ville en 1098 et s’y installe afin de faire valoir ses droits sur la ville et le comté, qu’il perdra une dizaine d’années plus tard.</p>



<p>Peu de temps après son mariage avec Aliénor d’Aquitaine et sans doute poussé par elle, Louis VII fait une campagne contre Toulouse&nbsp;: un échec. Et quand elle est mariée à Henri II Plantagenêt, celui-ci lance à son tour une campagne contre Toulouse, en 1159, tentative d’expansion qui se soldera par l’annexion du Quercy.</p>



<p>Au nord de l’Aquitaine, la querelle très ancienne et viscérale avec l’Anjou s’éteint par le mariage d’Aliénor avec Henri II qui est comte d’Anjou.</p>



<p>En revanche en Aquitaine, les sires sont très indépendants, prompts à prendre les armes pour se révolter contre le duc. Au sud de la Garonne, le territoire est morcelé en une multitude de vicomtés, de sorte que les ducs d’Aquitaine ont maille à partir avec l’aristocratie gasconne qui est difficile à maîtriser parce qu’elle est habituée à fonctionner de façon autonome dans ses seigneuries, dans ses principautés territoriales.</p>



<p>En Poitou, le pouvoir de quelques grandes familles est presque équivalent à celui des ducs d’Aquitaine&nbsp;: les Lusignan qui deviendront rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, les Parthenay l’Archevêque (leur nom garde la trace d’un ancêtre qui fut archevêque de Bordeaux), les très puissants vicomtes de Thouars, les vicomtes de Châtellerault, les Taillefer d’Angoulême dont une fille, Isabelle, deviendra reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre (1200). Dans la grande révolte de 1242 contre Alphonse de Poitiers, Henri III d’Angleterre, qui est le fils d’Isabelle d’Angoulême, est allié aux Lusignan. Entre l’Angleterre et la France, les sires poitevins sont habiles parce qu’ils savent jouer sur les deux tableaux. Pour obtenir davantage de marges de manœuvre, de liberté ou de moyens, ils peuvent passer des alliances avec le roi d’Angleterre pour se battre contre le roi de France, puis faire l’inverse. Ils y gagneront une mauvaise réputation. Au Moyen Âge, on associe souvent les Poitevins aux traîtres à cause de ce côté changeant qui est la logique politique de l’aristocratie locale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="582" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2.jpg" alt class="wp-image-38599" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-300x171.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-768x437.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-650x369.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2025/02/vignaud_cathedrale-061_v2-150x85.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Détail du grand vitrail de la Crucifixion de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (XII<sup>e</sup> siècle). Aliénor et Henri II Plantagenêt sont agenouillés, offrant un vitrail. Les quatre fils sont représentés de part et d’autre. Photo Christian Vignaud.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Les seigneurs poitevins jouent-ils des alliances France-Angleterre jusqu’à la fin du Moyen Âge&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>Au contraire, le Poitou est très loyaliste vis-à-vis des Valois pendant la guerre de Cent Ans. Quand Paris est occupée par les Anglais, l’université vient se réfugier à Poitiers. Jean de Berry reconquiert Poitiers et son petit-neveu Charles VII s’y installera plus tard. Finalement, c’est toute la vallée de la Loire qui fait preuve d’une grande fidélité au roi de France. Le Poitou subira les conséquences de la guerre de Cent Ans de façon terrible par la présence des routiers – des mercenaires – et par la bataille de Nouaillé-Maupertuis en 1356 où le roi Jean le Bon est fait prisonnier par le Prince Noir dont les troupes remontaient du sud. Ainsi, par rapport à la Gascogne, le Poitou bascule définitivement du côté de la France à partir du <span class="smallcaps">xiv</span><sup>e </sup>siècle.&nbsp;</p>



<p><strong>Lorsque l’Aquitaine est intégrée à la couronne d’Angleterre, comment le duc affirme-t-il son pouvoir&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>En 1154, Henri II devient roi d’Angleterre et sa femme Aliénor d’Aquitaine, reine. Henri II a essayé de contrôler étroitement le duché de son épouse, mais cela a fini mal pour lui&nbsp;: la grande révolte de 1173 menée par Aliénor et ses fils. Les moyens d’action du duc sur le Poitou sont toutefois peu efficaces. Il essaie d’installer quelques Anglo-Normands aux postes de pouvoir, mais sans beaucoup de succès car la noblesse locale et les communes réclament d’être aux affaires.</p>



<p><strong>Quand on évoque l’Aquitaine, c’est souvent Aliénor qui est citée. Comment expliquer cela&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>Depuis le <span class="smallcaps">xvii</span><sup>e </sup>et le <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e </sup>siècle, Aliénor fait l’objet de romans qui profitent surtout de sa mauvaise réputation – tout à fait infondée – qui en fait un personnage sulfureux. Dernièrement, il y eu quelques romans dont un exceptionnel, à mon avis, celui de Clara Dupont-Monod, <em>Le Roi disait que j’étais diable</em> (Grasset &amp; Fasquelle, 2014). C’est un travail littéraire d’analyse psychologique fictive mais l’auteur a mis un point d’honneur à respecter ce que l’on sait d’Aliénor d’après les dernières recherches. Par exemple, elle ne la présente pas comme succombant au charme de son oncle Raymond d’Antioche, ni a aucun autre tentation d’adultère du reste. C’est romancé, je n’en conseillerais pas la lecture à mes étudiants comme livre d’histoire, mais c’est un grand roman, ne serait-ce que par son travail sur la langue, et le jury du Goncourt qui l’a placé parmi ses finalistes ne s’y est pas trompé.</p>



<p><strong>Donc si on associe aussi facilement Aliénor à l’Aquitaine c’est parce qu’elle est romanesque&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>Aliénor hérite de l’Aquitaine et l’apporte à son mari. C’est, d’une certaine façon, sa dot. D’autre part, sa vie est effectivement romanesque. Aliénor est allée à la croisade, elle a parcouru une grande partie de l’Occident notamment pour réunir la rançon de Richard lorsque celui-ce était tenu en captivité par l’empereur du Saint-Empire. C’est une grande dame&nbsp;!</p>



<p>Au <span class="smallcaps">xix</span><sup>e </sup>siècle, dans l’historiographie bourgeoise qui met en avant l’émancipation urbaine, elle est liée aux communes libres. Le grand vitrail de la mairie de Poitiers (commandé en 1874) met en scène Aliénor en train d’accorder les libertés aux Poitevins.</p>



<p>Rien que d’avoir été successivement reine de France puis reine d’Angleterre, c’est fascinant. Elle a eu des enfants comme Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre dont tout le monde a entendu parler. Si l’on cherche une femme importante au Moyen Âge, à part Jeanne d’Arc, je ne vois personne qui soit aussi connue, aussi forte, aussi rayonnante qu’Aliénor d’Aquitaine.</p>



<p><strong>Que retenir de l’action d’Aliénor en Aquitaine&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p>Qu’aussi faible soit sa marge de manœuvre, une femme, même dans une société traditionnelle comme la médiévale, peut toujours s’affirmer, voire s’émanciper, y compris en politique.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/martin-aurell-rejoint-alienor-daquitaine/">Martin Aurell rejoint Aliénor d’Aquitaine</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Du livre aux moutons</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2024 12:01:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dominique Taurisson-Mouret est ingénieure de recherche au CNRS, associée à l’Unité mixte de recherche Géolab (université de Limoges). Elle raconte son parcours de la chimie à la géographie.</p>



<p><strong>Par Louis Tissot, Clément Mommessin et Andrei Cherkasov</strong></p>



<p>«&nbsp;À l’époque, je ne voyais pas très bien ce que je pouvais faire en recherche. J’étais incertaine, comme beaucoup d’étudiants&nbsp;», se remémore Dominique Taurisson-Mouret. Cette affirmation peut paraître surprenante tant son parcours est marqué par la recherche académique.</p>



<p>Tout commence… par deux années en faculté de chimie à l’université de Limoges, puis Dominique Taurisson-Mouret décide de se réorienter en histoire car elle se rend compte que la chimie est pour elle «&nbsp;très très ennuyeuse&nbsp;». Elle effectue alors cinq années d’études dans sa région natale, obtient son diplôme d’études approfondies (DEA), qui est l’équivalent du master actuel, et commence une thèse en histoire médiévale. Cependant, n’étant pas certaine de vouloir être enseignante-chercheuse, elle décide de se réorienter vers les métiers du livre, et passe avec succès le concours de bibliothécaire en livres anciens.</p>



<p>Sa carrière professionnelle débute à Limoges et se poursuit dans le sud de la France, à Nîmes. Malgré son épanouissement – «&nbsp;je pouvais lire tous les livres que j’avais envie de lire&nbsp;» – elle estime que les horizons de la fonction restent limités.</p>



<p>Un nouveau changement de voie est donc nécessaire&nbsp;: «&nbsp;J’ai passé le concours CNRS parce que je me suis aperçue qu’il n’y avait que la recherche qui m’intéressait.&nbsp;» Ainsi, après avoir réussi ce concours, elle devient ingénieure de recherche au Centre national de recherche scientifique où elle effectue de l’accompagnement à la recherche et des recherches en Histoire.</p>



<p>Son premier poste est au Centre d’étude du <span class="smallcaps">xviii</span><sup>e</sup> siècle à Montpellier où elle débute ses travaux historiques sur&nbsp; «&nbsp;l’emprise française&nbsp;» dans le monde, plus spécifiquement en Russie et dans les pays de l’Est.</p>



<p>Après quelques années dans l’Hérault, elle rejoint les bords de la Méditerranée et l’Unité mixte de recherche (UMR) sociologie, histoire, anthropologie des dynamiques culturelles (Shadyc) qui est devenue le Centre Norbert Elias. Au sein de ce laboratoire marseillais, elle croise son approche historique avec des chercheurs et chercheuses de disciplines variées (sociologie, anthropologie, etc.). Cette ouverture suscite un intérêt particulier chez elle et sera le fil rouge de la suite de sa carrière.</p>



<p>En effet, après la cité phocéenne, c’est à Montpellier qu’elle retourne confronter son approche historique à une autre discipline en rejoignant l’UMR Dynamiques du droit. Les dix années passées avec des juristes et historiens-juristes lui permettent d’aborder une nouvelle approche, cette fois-ci juridique, dans ses recherches en histoire.</p>



<p>Puis, l’envie de rentrer au pays se fait sentir. C’est à Limoges qu’elle décide de continuer son parcours en rejoignant Géolab. Ainsi en retournant sur ces terres d’origine, cela lui permet de confronter encore une fois son approche historique à une nouvelle discipline : la géographie !</p>



<p>La carrière de Dominique Taurisson-Mouret est ponctuée par différentes étapes dans plusieurs villes. Le cœur de sa recherche est une approche historique nourrie, au fil du temps, par des disciplines variées. «&nbsp;Je n’ai jamais travaillé dans un laboratoire où l’histoire était la dominante&nbsp;», ce qui résume parfaitement son parcours «&nbsp;assez tortueux&nbsp;».</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/du-livre-aux-moutons/">Du livre aux moutons</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2024 14:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[avocat]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment se mène une enquête de la scène de crime au procès et parfois jusqu'au livre et la fiction ?</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion des Rencontres Michel Foucault organisé en novembre 2023 par le TAP (théâtre auditorium de Poitiers) et l’Université de Poitiers autour du thème <a href="https://www.tap-poitiers.com/spectacle/evenements/rencontres-michel-foucault-2023/" title>Faits divers (Que s’est-il passé ?)</a>, Jean-Luc Terradillos – rédacteur en chef de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> – dialoguait avec le juge d’instruction Olivier Violeau et l’avocat et écrivain de roman noir Jean-Paul Bouchon.</p>



<p>Retour avec eux sur le déroulé d’une enquête de la scène de crime à l’écriture d’un livre. Cette table ronde est en lien avec le numéro 132 (été 2021) : <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-132-ete-2021-special-faits-divers/" title>Faits divers. Faits d’histoire, des experts, des romans noirs</a>.<a href="https://www.youtube.com/@TAPPOITIERS"></a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Faits divers : de l’enquête au roman | Table ronde Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon" width="650" height="366" src="https://www.youtube.com/embed/fbTFVr8mmts?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>D’autres conférences ont eu lieu pendant les rencontres 2023 :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Conférence du journaliste Fabrice Drouelle (France Inter), <a href="https://youtu.be/pdYw5aecqmw?feature=shared" title>Affaires sensibles</a></li>



<li>Conférence de l’historien Frédéric Chauvaud (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/w_aVo_Xbw2o?feature=shared" title>L’invention des faits divers</a></li>



<li>Conférence de la littéraire Christine Baron (Université de Poitiers) : <a href="https://youtu.be/sVfARDuUzUE?feature=shared" title>Le Faits divers dans tous ses états</a></li>



<li>Conférence de la journaliste Patricia Tourancheau, <a href="https://youtu.be/VpNbDp9pStc?feature=shared" title>La Fabrique du récit du fait divers, une journaliste à l’oeuvre</a></li>



<li>Conférence du médecin légiste Michel Sapanet, <a href="https://youtu.be/XwE23hJ4CGY?feature=shared" title>Les Faits divers au regard des petites histoires de légiste</a></li>
</ul><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/faits-divers-de-lenquete-au-roman-avec-olivier-violeau-et-jean-paul-bouchon/">Faits divers : de l’enquête au roman – Avec Olivier Violeau et Jean-Paul Bouchon</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Georges Pon – Traduction, édition, érudition</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jan 2024 07:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[abbaye de Maillezais]]></category>
		<category><![CDATA[Adémar de Chabannes]]></category>
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		<category><![CDATA[Robert Favreau]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Cybard]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage au médiéviste Georges Pon, membre du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de l'université de Poitiers et du CNRS, décédé à l'âge de 85 ans le 29 décembre 2023.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/georges-pon-traduction-edition-erudition/">Georges Pon – Traduction, édition, érudition</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En hommage au médiéviste Georges Pon, décédé le 29 décembre 2023, voici l’entretien publié dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n121-ete-2018-special-communautes-dexistence/"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> n° 121</a> où il nous livre en toute modestie son parcours d’érudition, de l’histoire économique à l’histoire religieuse en passant par les traductions du latin et les éditions critiques.</p>



<p><strong>Entretien Edina Bozóky et Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p>Georges Pon a été longtemps plus enseignant que chercheur mais depuis sa retraite en 1998, il s’est entièrement consacré à des travaux de recherche. Il a privilégié le travail d’équipe, l’érudition, mais en même temps montré le souci de faire connaître par la traduction à un plus vaste public les textes médiévaux. C’est pour lui la «vraie gloire», une gloire durable.</p>



<p><strong>L’Actualité. – Pourquoi avez-vous choisi le Moyen Âge comme époque d’étude&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Georges Pon. –</strong> Je voulais faire de l’histoire. Je suis allé en khâgne au lycée Henri-IV, à Paris, j’ai échoué à l’oral de Normale Sup’ et choisi de poursuivre mes études à la Sorbonne. C’est là que j’ai découvert le Moyen Âge et que j’ai commencé à comprendre la différence entre les professeurs généralistes de la khâgne qui faisaient de brillantes synthèses et les professeurs-chercheurs.</p>



<p>J’ai découvert aussi l’œuvre de Marc Bloch. Dans l’éveil d’une carrière, les lectures ont autant d’importance que les professeurs. J’ai décidé de faire un mémoire de maîtrise en histoire médiévale, sur la vie économique dans la Catalogne entre le <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> et le <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup> siècle.</p>



<p><strong>Pourquoi faire un travail sur la Catalogne&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est le professeur Yves Renouard qui m’a proposé le sujet. Je ne l’ai pratiquement jamais rencontré. À cette époque, les professeurs de la Sorbonne n’avaient pas de bureau. Ils vous accordaient trois minutes dans un couloir. La recherche n’était pas vraiment dirigée. On n’avait aucune formation de base&nbsp;: pas de cours de méthodologie pour nous expliquer comment faire des fiches, nous présenter les instruments de travail. Il fallait tout découvrir et on ne pouvait le faire qu’à la Bibliothèque nationale, mais pour les trouver il fallait consulter trois ou quatre séries de fichiers.</p>



<p>Il fallait aussi compter avec la difficulté de la langue des sources. Je connaissais bien le latin classique, mais le latin de textes catalans du <span class="smallcaps">x</span><sup>e</sup> siècle est tout à fait particulier.</p>



<p><strong>Comment avez-vous découvert le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale&nbsp;?</strong></p>



<p>Après avoir soutenu mon mémoire, j’ai passé l’agrégation avec succès, et l’on m’a proposé un poste à Poitiers ou à Pamiers, dans l’Ariège. Poitiers était plus proche de Paris, et j’avais entendu parler du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM).</p>



<p>J’enseignais à l’École normale d’instituteurs, alors installée dans les bâtiments du doyenné Saint-Hilaire. Je suis allé voir les locaux du CESCM où j’ai rencontré le secrétaire général, Pierre Gallais, et j’ai tout de suite été enthousiasmé par le premier étage où se trouvaient alors réunis dans la salle de séminaire et la bibliothèque tous les outils du médiéviste, les sources et les cartulaires. Merveille&nbsp;!</p>



<p>L’année suivante, en 1962–1963, le service militaire m’a envoyé au Prytanée militaire de La Flèche, en même temps que Gabriel Bianciotto – nous partagions la même chambre. J’ai profité de ces mois pour lire la collection des <em>Annales. Économies, sociétés, civilisations</em>, la revue fondée par Marc Bloch et Lucien Febvre.</p>



<p>De retour à l’École normale, j’ai suivi autant que possible les séminaires du CESCM. Je regrette de n’avoir pu participer à ceux de Marie-Thérèse d’Alverny, une des premières chartistes, femme remarquable, lumineuse et généreuse. Elle enseignait la codicologie, la philosophie, la pensée islamique, disciplines où elle était réputée.</p>



<p><strong>Comment avez-vous intégré le CESCM&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me suis inscrit à la session d’été de 1964 [<a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/lactualite-poitou-charentes-n108/">dossier de <em>L’Actualité</em> sur les 60 ans des sessions d’été du CESCM</a>]. C’est là que j’ai rencontré ma future femme, Charlotte Willemsen. Un peu plus tard, dans son séminaire, le directeur, Edmond-René Labande, m’a remarqué. Je posais beaucoup de questions, je connaissais bien le latin&nbsp;; il m’a laissé entendre qu’il pourrait peut-être m’engager comme assistant. Alors, en 1967, j’ai entrepris sous la direction de Jacques Boussard la publication des actes de Fontaine-le-Comte, sujet de thèse de 3<sup>e</sup> cycle qui m’a été suggéré par Dom Jean Becquet, moine de Ligugé, grand spécialiste des chanoines réguliers en France. J’ai compris la difficulté de la tâche&nbsp;: ma formation paléographique n’était pas très poussée, la salle des Archives départementales (rue Édouard-Grimaux à l’époque) était minuscule, pleine de généalogistes bruyants et de secrétaires bavardes. En 1974, j’ai soutenu ma thèse. Un professeur de Bordeaux, M.&nbsp;Guillemain, m’a dit&nbsp;: «Vous avez fait ce travail, maintenant il s’agit de devenir historien&nbsp;!» Pourtant, j’avais écrit 200 pages d’introduction historique, et j’étais assistant d’histoire du Moyen Âge depuis 1968.</p>



<p><strong>Quand avez-vous commencé à publier des articles&nbsp;?</strong></p>



<p>Je n’ai publié mon premier article qu’en 1975, dans le <em>Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest</em>, sur l’apparition des chanoines réguliers en Poitou, une petite communauté nommée Saint-Nicolas, qui a donné le nom d’une rue à Poitiers. On recrutait facilement un assistant qui n’avait rien publié, mais ensuite, pour être titularisé comme maître-assistant, il devait achever sa thèse de 3<sup>e</sup> cycle ou rédiger une partie significative de la thèse d’État.</p>



<p><strong>Vous avez donc entrepris une thèse d’État.</strong></p>



<p>Après ma thèse de 3<sup>e</sup> cycle, j’avais l’intention d’entreprendre une recherche d’histoire économique et sociale du Poitou qui répondait à la fois aux modèles de l’époque et aux liens que j’entretenais avec le monde rural. J’avais connu pendant la guerre et après 1945 des campagnes qui ressemblaient encore aux campagnes médiévales&nbsp;: les outils étaient les mêmes, la fourche, la faux, la faucille. Mais, pour le Poitou, le sujet avait été en partie défloré par l’ouvrage d’un bon historien du droit, Marcel Garaud, <em>Les Châtelains du Poitou</em>, et par celui de mon ami américain Georges Beech sur la Gâtine poitevine. Puis a paru la thèse de Pierre Toubert sur le Latium. Pour moi c’était un chef‑d’œuvre. Je me suis rendu compte que j’étais incapable de faire quelque chose s’en approchant même vaguement.</p>



<p>J’ai donc abandonné l’histoire économique pour l’histoire religieuse du diocèse de Poitiers du <span class="smallcaps">ix</span><sup>e</sup> au <span class="smallcaps">xiii</span><sup>e</sup>. J’allais à la Bibliothèque nationale et aux Archives nationales. Il n’y avait pas d’ordinateurs, on n’obtenait des photocopies que très difficilement, et il était interdit de faire de photos. Ainsi, j’ai accumulé toutes sortes de fiches, mais je n’ai su ni les classer ni les utiliser, etc. Ma recherche a été également retardée par les changements qui ont suivi 1968, la nécessité d’inventer de nouvelles méthodes d’enseignement, ainsi que par les fonctions de secrétaire général que j’ai exercées pendant dix ans au CESCM sous la direction successive d’Edmond-René Labande, Pierre Bec et Robert Favreau. Finalement, vers 1983–1984, j’ai décidé que je resterai maître de conférences et ne ferai que ce que je savais faire, c’est-à-dire des éditions et des traductions de textes diplomatiques et de textes narratifs.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2.jpg" alt class="wp-image-37934" style="width:578px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-150x150.jpg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-768x768.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-saint-sever-2-650x650.jpg 650w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Église Saint-Sever dans les Landes. Photo Jean Cabanot.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>N’est-ce pas aussi parce que vous aimiez travailler en équipe&nbsp;?</strong></p>



<p>Edmond-René Labande reprenait la tradition allemande des séminaires, notamment pour la traduction de l’autobiographie de Guibert de Nogent. C’était là un atelier de travail collectif où chacun apportait sa contribution. C’est là que j’ai appris à travailler avec d’autres historiens comme Yves Chauvin, Jean Cabanot, Keith Bate et, ces dernières années, avec Élisabeth Carpentier&nbsp;: on a à peu près le même âge, le même type de formation, on se comprend à demi-mot. Non seulement le travail d’équipe est efficace mais il renforce aussi l’amitié.</p>



<p><strong>Qui était Adémar de Chabannes auquel vous avez consacré beaucoup de temps&nbsp;?</strong></p>



<p>Adémar de Chabannes était un Limousin de petite noblesse devenu moine à Saint-Cybard d’Angoulême. Dans les deux premiers livres de son <em>Chronicon</em>, il reprend les sources antérieures, souvent en les copiant littéralement. C’est le roman national de l’an mil. Le dernier livre est consacré à des événements plus récents sur lesquels il apporte des renseignements originaux. L’édition a été établie en 1999 par Pascale Bourgain et par un historien américain, Richard Landes. J’ai été chargé de la rédaction des notes.</p>



<p>Ensuite avec Yves Chauvin, nous avons fait la traduction de la <em>Chronique</em>, publiée en 2003. Dans l’introduction, j’ai insisté sur deux points. D’une part, Adémar de Chabannes n’était pas un fanatique de la Paix de Dieu, alors que certains historiens des années 1990 considéraient que c’était un mouvement gigantesque. D’autre part, il portait son regard fort loin, jusqu’à Jérusalem, il connaissait la conversion de la Bohème, de la Pologne et de la Hongrie, l’arrivée des Normands en Italie du Sud. C’était un homme bien renseigné, ouvert sur le monde. Il ne faut pas imaginer les monastères comme des lieux fermés où l’on passait son temps à prier le ciel. On y recevait des pèlerins, les nouvelles circulaient largement et Adémar de Chabannes était curieux.</p>



<p><strong>Vous avez multiplié et diversifié vos recherches et travaux une fois à la retraite en 1998.</strong></p>



<p>L’édition, la traduction et le commentaire du récit de fondation de l’abbaye de Maillezais, composé vers 1060–1070 par le moine Pierre&nbsp;furent encore un travail collectif commencé par Edmond-René Labande. J’ai rédigé l’introduction du volume, travail dont je suis le plus satisfait. C’est Emma, épouse du duc d’Aquitaine Guillaume Fier à Bras, qui a eu l’idée de fonder un monastère&nbsp;dans une île du Marais poitevin où l’on avait découvert les restes d’une église abandonnée. Ce récit, en partie légendaire, est un excellent exemple d’un genre à demi historique, et il est aussi une contribution très utile à l’histoire des femmes et à la conquête de l’Ouest du Poitou.</p>



<p>En même temps que ces travaux portant sur des sources narratives, nous avons publié avec Robert Favreau le <em>Cartulaire de Fontevraud</em> dont l’édition avait été préparée par Jean-Marc Bienvenu.</p>



<p>J’ai aussi participé à un autre travail collectif qui nous éloignait du Poitou, l’<em>Histoire de Philippe Auguste</em> écrite par le moine-médecin Rigord. Il en existait une ancienne édition et une traduction de Guizot. Mais ces ouvrages n’étaient plus disponibles. Aussi avons-nous l’idée de tenir un séminaire de traduction auquel participaient plusieurs médiévistes, aussi bien des historiens que des littéraires. Rigord m’avait un peu éloigné du Poitou. J’allais y revenir en participant à une nouvelle collection créée par Mgr Rouet, archevêque de Poitiers, dans le cadre de l’association Gilbert de la Porrée. J’ai participé à un volume sur Radegonde et dirigé un autre sur Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers au <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècle et grand théologien, que nous avons pu offrir à Mgr Rouet que j’admirais beaucoup.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2.jpg" alt class="wp-image-37935" style="width:686px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-300x300.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-150x150.jpg 150w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-768x768.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/cabanot-jean-dax323-v2-650x650.jpg 650w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Détail de la porte ogivale dite des Apôtres de la cathédrale de Dax. Photo Jean Cabanot.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Qu’est-ce qui vous a ensuite orienté vers Dax et la Gascogne&nbsp;?</strong></p>



<p>J’avais à Dax un ami, Jean Cabanot, que j’avais rencontré à la session d’été de 1964. Après la redécouverte du cartulaire de la cathédrale de Dax, document des <span class="smallcaps">xi</span><sup>e</sup> et <span class="smallcaps">xii</span><sup>e</sup> siècles, il m’a demandé d’en faire l’édition et la traduction. Nous avons pris l’habitude de travailler ensemble soit à Dax soit par l’échange de courriers électroniques. Jean Cabanot s’est occupé surtout de l’identification des lieux et de la mise au point de la publication. Par la suite nous avons publié deux gros volumes de documents sur l’abbaye de Saint-Sever, suivis d’une histoire de cette abbaye écrite en bonne partie par Jean Cabanot.</p>



<p>Nous avons publié le <em>Beatus</em> de Saint-Sever d’après le manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque nationale de France (2012, site internet&nbsp;: <a href="http://www.eglises-landes.cef.fr/dossiers/beatus/beatus.htm">Cehag</a>). On appelle <em>Beatus</em> le commentaire de l’Apocalypse, composé au <span class="smallcaps">viii</span><sup>e</sup> siècle par un moine des Asturies, Beatus de Liebana. Nous lui avons consacré, Jean Cabanot et moi, une étude particulière, parue dans le <em>Bulletin de la Société de Borda</em> (2013).</p>



<p><strong>Depuis plusieurs années, vous cultivez de nouveaux champs d’érudition&nbsp;: vies et miracles des saints régionaux.</strong></p>



<p>Le compagnonnage avec Jean Cabanot ne m’a pas coupé des liens avec les chercheurs poitevins. Yves Chauvin nous a quittés trop tôt, peu de temps après sa retraite. Les liens entre Élisabeth Carpentier et moi se sont encore resserrés. Nous avons publié deux récits importants&nbsp;sur la fondation de l’abbaye de Montierneuf de Poitiers par Guillaume VIII&nbsp;et sur celle de l’église de La Chaize-le-Vicomte.</p>



<p>Après la mort de mon épouse en juillet 2010, j’ai continué à travailler avec Élisabeth Carpentier sur des dossiers hagiographiques concernant des saints du Poitou&nbsp;: saint Junien de Mairé, saint Maixent avec la collaboration de Soline Kumaoka, les miracles de saint Hilaire avec la collaboration de Robert Favreau, ainsi que la vie de saint Aubin d’Angers par Venance Fortunat.</p>



<p><strong>Quel jugement portez-vous sur l’évolution de la recherche historique&nbsp;?</strong></p>



<p>Si je jette un regard d’ensemble sur ma vie de chercheur, je fais plusieurs constatations. J’ai abandonné mes ambitions de jeunesse d’être comme Marc Bloch, Georges Duby et mon ami André Chédeville, un spécialiste de l’histoire des campagnes médiévales. J’ai «labouré» les cartulaires pour une bien maigre récolte.</p>



<p>Je dois beaucoup à deux institutions, le CESCM et la Société des Antiquaires de l’Ouest dont je suis membre depuis près de cinquante ans. Je ne sais pas si l’on a beaucoup pratiqué l’interdisciplinarité au Centre, mais j’ai toujours eu les contacts les plus fructueux avec les historiens de l’art et les archéologues&nbsp;: Marie-Thérèse Camus, Claude Andrault, Luc Bourgeois.</p>



<p>Je ne suis que difficilement les nouveaux sentiers de l’histoire médiévale. Il m’arrive de regretter qu’on néglige l’histoire sociale des <em>Annales</em> pour traiter de sujets plus «frivoles», du moins en apparence. Mais j’admire beaucoup mes «jeunes» collègues, Martin Aurell, Cécile Treffort, Thomas Deswarte. Ils ont commencé très tôt la recherche. Sitôt inscrits en thèse, ils ont dû participer à toutes sortes de journées d’études et de colloques et multiplier les publications, affronter des concours de recrutement de plus en plus difficiles, puis, quoique surchargés de tâches administratives, continuer à produire communications, livres et articles. Je crois qu’ils sont plus travailleurs que nous ne l’étions et plus novateurs dans leur démarche, même s’ils abusent parfois de problématiques compliquées.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="658" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3.jpg" alt class="wp-image-37936" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-300x193.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-768x494.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-650x418.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/01/beatus_saint_sever_bnf_v3-150x96.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Mappemonde du <em>Beatus</em> de Saint-Sever. <em>Beatus</em> de Liebana, <em>Commentarius in Apocalypsim</em>, Saint-Sever (Landes), vers 1060. Manuscrit sur parchemin, 290 folios, 37 x 29 cm, BnF, Manuscrits, Latin 8878, fo 45bis vo 45ter.</figcaption></figure>
</div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/georges-pon-traduction-edition-erudition/">Georges Pon – Traduction, édition, érudition</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Découverte&#160;: livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Grégory Vouhé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 11:58:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[château d'Oiron]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[médiathèque de Niort]]></category>
		<category><![CDATA[niort]]></category>
		<category><![CDATA[Oiron]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des documents concernant les saisies révolutionnaires sont présentés dans une exposition de la médiathèque Pierre-Moinot.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/decouverte-livres-et-papiers-inedits-de-la-bibliotheque-du-chateau-doiron-exposes-a-niort/">Découverte : livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Grégory Vouhé</strong></p>



<p>Responsable des collections patrimoniales de la médiathèque de Niort, Geoffroy Grassin a monté une exposition exemplaire consacrée à l’histoire de l’établissement, à l’occasion de son 250<sup>e</sup> anniversaire. L’important travail préparatoire a été l’occasion de belles découvertes. Les confiscations révolutionnaires du district de Thouars en sont un bon exemple.</p>



<p>Modèle du genre, le catalogue du dépôt littéraire intitulé <em>Régistre d’invantaire des livres pour rester au district de Thouars</em> consigne références bibliographiques complètes et provenances, conformément aux instructions. Y figure même le type de reliure&nbsp;: «&nbsp;r en v&nbsp;» pour relié en veau. La mention finale «&nbsp;deboiserau&nbsp;» renvoie à Pierre Jacques Fournier, chevalier de Boisairault (1734–1800), qui restaure le château d’Oiron à la suite de son acquisition en 1772, met les intérieurs au goût du jour et aménage une bibliothèque<sup>1</sup>. Geoffroy Grassin nous dit que l’inventaire recense près d’un millier de volumes provenant d’Oiron, dont 141 pour les Belles-lettres, 374 pour l’histoire, 45 pour le droit, 193 pour les sciences et techniques et 223 pour la théologie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="690" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie.jpg" alt class="wp-image-37894" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie.jpg 690w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-202x300.jpg 202w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-650x965.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/70-156-img_0932-copie-150x223.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 690px) 100vw, 690px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Cathalogue des livres enlevé[s] à la maison d’Oyron […] qui ont été transférés au district de Thoüars et de là à la bibliothèque départementale des Deux Sèvres, où ils sont encore déposés.</em> Médiathèque de Niort, Res G97F.</figcaption></figure>
</div>


<p>Le châtelain s’éteint le 15 août 1800 à l’âge de 66 ans. Sa radiation de la liste des émigrés le 29 mai – 9 prairial an VIII – lui avait permis, selon l’arrêté, de rentrer en jouissance de tous ses biens meubles et immeubles non vendus. Sa veuve peut donc formuler une demande de restitution, datée du 18 fructidor an IX (5 septembre 1803). À sa demande adressée au préfet, Geneviève de Ciret de Bron joint le <em>Cathalogue des livres enlevé[s] à la maison d’Oyron […] qui ont été transférés au district de Thoüars et de là à la bibliothèque départementale des Deux Sèvres, où ils sont encore déposés</em>. Le bibliothécaire Frigard renvoie pétition et catalogue au préfet sans faire preuve d’aucune bonne volonté. Il prétend avec légèreté – pour ne pas dire avec mauvaise foi – que «&nbsp;tous les ouvrages qui y sont énoncés ne se trouvent point dans la bibliothèque […] les ouvrages réclamés ne portent ni le nom ni aucune marque de leur ancien propriétaire. Il ne suffit pas de réclamer pour obtenir&nbsp;; autrement la bibliothèque de l’École centrale, qui est formée d’une partie des livres trouvés chez les émigrés et dans les communautés religieuses, disparoîtroit promptement.&nbsp;» Frigard ajoute que le dépôt des livres a été pillé par les brigands de la Vendée. Ce à quoi madame de Bron répond au préfet que «&nbsp;les livres ont été enlevés d’Oÿron au mois de ventôse an 3 [février 1795]. Thouars fut pris par les vendéens le 5 may 1793. Ce qui prouve qu’ils n’ont point été pillés par eux.&nbsp;» Aussi, madame de Bron renouvelle-t-elle sa demande justifiée par «&nbsp;des pièces que l’on ne pourra récuser puisqu’elles font partie de l’inventaire des livres qui m’ont été enlevés&nbsp;; les cartes étoient bien plus nombreuses et mentionnois tous les ouvrages que contient mon catalogue, mais elles ont été perdues avec quantité […]. Le petit nombre de livres indiqué par les cartes sera sans doute un faible dédommagement, cependant il me sera infiniment agréable et je vous aurez, monsieur, une bien véritable obligation si vous avez encore la bonté de vous occuper de cette affaire&nbsp;: son succès me fera passer avec plaisir des moments souvent trop longs à la campagne. Une autre obligation que je vous aurez&nbsp;: ce sera de me mettre à même de vous remercier lors de votre voÿage en ce paÿs&nbsp;».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="812" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1.jpg" alt class="wp-image-37897" style="aspect-ratio:0.79296875;width:676px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1.jpg 812w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-238x300.jpg 238w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-768x969.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-650x820.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/lettre-1-150x189.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 812px) 100vw, 812px"><figcaption class="wp-element-caption">Lettre de la châtelaine d’Oiron, Geneviève de Bron, veuve de Pierre de Boisairault, au préfet Dupin au sujet de la restitution des livres confisqués en 1795. Médiathèque de Niort Res G97F.</figcaption></figure>
</div>


<p>Le préfet Dupin écrit donc à Frigard en joignant le catalogue et les cartes numérotées à l’appui de l’inventaire des livres. De mauvaise grâce, le bibliothécaire répond que sur les 146 titres, il n’en a retrouvé que 32. Et d’ajouter&nbsp;: «&nbsp;peut-être trouverai-je quelques-uns de ces derniers numéros [manquants] parmi les livres actuellement sous le scellé et non portés sur le catalogue de la bibliothèque, qui a été fini les vacances dernières. Je ne pourrai faire cette recherche que lorsque les scellés seront levés. La plupart de ces numéros doivent se trouver dans le dépôt de Thouars. Je suis bien sûr, par exemple, de n’avoir pas enlevé les numéros 1685 et 1686 que réclame madame de Boisairault. Cette dame ignore sans doute qu’on n’a emporté de Thouars qu’une partie des livres déposés […]. Je suis fâché que les livres qui lui appartenoient n’ayent pas été tous transportés à Niort. Au moins scauroit-elle ce qu’ils sont devenus. Je ne puis cependant affirmer que ceux portés sur le catalogue de la bibliothèque de l’École centrale appartiennent tous à cette dame. Une partie peut provenir de quelqu’autre dépôt. Dans tous les cas ladite bibliothèque feroit une grande perte si elle en étoit privée et l’instruction publique en souffriroit beaucoup. Vous pouvez vous en convaincre par vous-même en jetant les yeux sur le catalogue de madame de Boisairault. Il renferme des ouvrages qui, la plupart, font un excellent fond de bibliothèque&nbsp;»&nbsp;!</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="775" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie.jpg" alt class="wp-image-37900" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-300x227.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-768x581.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-650x492.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1116-copie-150x114.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Exemplaire des <em>Métamorphoses d’Ovide</em> avec l’ex-libris de madame de Bron de Bourneau provenant de la bibliothèque du château d’Oiron. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort 1935.</figcaption></figure>
</div>


<p>Les recherches dans les fonds de la bibliothèque de Niort ont permis de repérer une petite dizaine de volumes (non exposés) portant des ex-libris de la famille de Bron – chevalier de Bron, madame de Bron, Louis de Bron, ainsi qu’une importante liasse de pièces manuscrites relatives au matériel et au service de l’artillerie rédigées dans les années 1757–1784 par un officier du même nom, sans doute le père de la châtelaine d’Oiron, René de Bron, qui était commissaire d’artillerie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="695" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114.jpg" alt class="wp-image-37902" style="aspect-ratio:0.6787109375;width:573px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114.jpg 695w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-204x300.jpg 204w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-650x958.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1114-150x221.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px"><figcaption class="wp-element-caption">Planche intitulée <em>Affut de place calibre de 16 construction nouvelle de 1763</em>, extraite des papiers de M. de Bron, 75 x 51 cmm. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort.</figcaption></figure>
</div>


<p>Liste des ouvrages retrouvés par Geoffroy Grassin, où nous avons ajouté le numéro du registre d’inventaire du district de Thouars&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Les Métamorphoses d’Ovide</em>, avec des explications à la fin de chaque fable. Traduction nouvelle par M. l’abbé de Bellegarde, 1701, avec l’ex-libris de madame de Bron de Bourneau, n° 1704 du registre d’inventaire du district de Thouars.</li>



<li><em>Tables pour jetter les bombes avec précision</em>, extraites du bombardier françois, 1731, avec ex-libris «&nbsp;le ch<sup>er</sup> debron&nbsp;», n° 835 du reg.</li>



<li><em>Traité du mouvement des eaux et des autres corps fluides</em>. Divisé en V. parties. Par feu M. Mariotte… mis en lumiere par les soins de M. de La Hire, 1686, avec ex-libris «&nbsp;Ch. Debron&nbsp;», n° 1690.</li>



<li><em>Les effets de la force et de la contiguïté des corps</em>, 1700, avec ex-libris «&nbsp;Chevalier de Bron&nbsp;», n° 1691.</li>



<li><em>Dictionnaire de marine contenant les termes de la navigation et de l’architecture navale avec les règles &amp; proportions qui doivent y être observées</em>. Ouvrage enrichi de figures… Seconde edition, revûe, corrigée &amp; augmentée, 1736, avec ex-libris Chevalier Debron, n°&nbsp;2019.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119.jpg" alt class="wp-image-37904" style="aspect-ratio:1.281602002503129;width:698px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-300x234.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-768x599.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-650x507.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/img_1119-150x117.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre du <em>Livre des pseaumes</em> portant l’ex-libris de Louis («&nbsp;<em>Ludouicus</em>&nbsp;») de Bron. Fonds ancien de la Médiathèque de Niort 2147.</figcaption></figure>
</div>


<ul class="wp-block-list">
<li><em>Le livre des pseaumes en vers françois</em>, par Cl. Marot et Th. de Bèze, retouchez par feu M. Conrart, 1677&nbsp;; le volume ne figure dans le registre d’inventaire, mais présente un ex-libris de Louis de Bron.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>L’art de parler allemand</em>, nouvellement revu, corrigé et augmenté par le sieur C. LÉOPOLD S, 1728, avec ex-libris du chevalier de Bron, comme ceux qui figurent dans le registre.</li>



<li><em>La Science, et la pratique du pilotage</em>, à l’usage des eleves d’hydrographie, dans le college royal de la Compagnie de Jésus, à La Rochelle. Par le P. Yves Valois, 1735 avec ex-libris du chevalier de Bron, comme ceux qui figurent dans le registre du district de Thouars.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1.jpeg" alt class="wp-image-37905" style="aspect-ratio:0.75;width:668px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1.jpeg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-225x300.jpeg 225w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-650x867.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/fullsizeoutput_1bb1-150x200.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre de <em>l’Atlas des plans géométriques d’Oiron</em> réalisé pour Pierre Jacques Fournier de Boisairault en 1782. Cliché avant restauration.</figcaption></figure>
</div>


<p>C’est l’occasion de signaler le récent don à l’État d’un manuscrit naguère distrait du chartrier d’Oiron&nbsp;; celui-ci est aujourd’hui conservé aux Archives départementales des Deux-Sèvres, où se trouvent les pièces complémentaires. Le titre est contenu dans un cartouche timbré des armes de Pierre Jacques Fournier de Boisairault et de Geneviève de Ciret de Bron&nbsp;: <em>Atlas | des plans géométriqu[es] | des fiefs et domaine de | haute justice d’Oiron | appartenant à Messire | Pierre Jacques Fournier | Chevallier DeBoisairault | Capitainne au régiment d[…] | commissaire général de la cavalerie | chevallier de l’ordre royal et militair | de saint louis seigneur de la ditte | haute justice terzé landry monpalais | et autre lieux mari de dame louise | geneviève de ciret de bron rédigé | en l’année mil sept cent quatre vingt | deux.</em><em></em></p>



<p>Malgré la date, le cartouche chantourné est encore de style Louis XV, avec notamment un motif rocaille de crête de coq, compte tenu de l’habituel décalage stylistique qui s’observe entre la campagne et la capitale. L’<em>Atlas</em> du chevalier de Boisairault fait en quelque sorte figure d’arrière-petit-cousin de province du très luxueux <em>Recueil des cartes et plans d’Oiron</em> commandé par le duc d’Antin, alors directeur des Bâtiments du roi<sup>2</sup>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="830" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie.jpg" alt class="wp-image-37906" style="aspect-ratio:0.810546875;width:650px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie.jpg 830w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-243x300.jpg 243w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-768x948.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-650x802.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/48-109-res-copie-150x185.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 830px) 100vw, 830px"><figcaption class="wp-element-caption">Ex-libris de Marie de La Tour sur l’<em>Histoire généalogique de la maison d’Auvergne</em> provenant de la bibliothèque du château de Thouars. Médiathèque de Niort Res G4C.</figcaption></figure>
</div>


<p>En comptant une <em>Chronologie</em> manuscrite faite pour le duc Henri de La Trémoille, cinq ouvrages de la médiathèque de Niort viennent par ailleurs de la bibliothèque du château de Thouars, dont les <em>Décades en françois</em> de Tite-Live (1617) portent l’ex-libris. <em>L’Histoire généalogique de la maison d’Auvergne</em> et les <em>Harangues héroïques des hommes illustres</em> portent celui, armorié et gravé sur cuivre, de Marie de la Tour d’Auvergne, duchesse de la Trémoille. Dans son <em>Histoire de Thouars</em>, Hugues Imbert signale un autre exemplaire de ce titre<sup>3</sup>, entre les mains de madame Martineau, de Thouars, avec une devise de la main de la duchesse&nbsp;: «&nbsp;de vertu bonheur&nbsp;». Celle-ci se retrouve aussi sur une rarissime édition originale du <em>Cid</em>, datant de 1637, actuellement présentée à Niort. Raison supplémentaire d’aller voir l’exposition à la médiathèque Pierre-Moinot, jusqu’au 6 janvier 2024.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie.jpg" alt class="wp-image-37907" style="aspect-ratio:0.701171875;width:646px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie.jpg 718w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-210x300.jpg 210w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-650x927.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/67-155-corneille-1-copie-150x214.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 718px) 100vw, 718px"><figcaption class="wp-element-caption">Page de titre de l’édition originale du <em>Cid</em> provenant de la bibliothèque du château de Thouars. Médiathèque de Niort Res M60D.</figcaption></figure>
</div>


<p>Post-scriptum.</p>



<p>Un livre de chevet de madame de Montespan, provenant de la petite bibliothèque de sa chambre à Oiron, est passé en vente publique en novembre 2022. Il s’agit du tome II des <em>Conférences de Cassien, traduites en François</em>, Charles Savreux, Paris, 1665.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large.jpeg" alt class="wp-image-37908" style="aspect-ratio:0.666015625;width:517px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large.jpeg 682w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-200x300.jpeg 200w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-650x976.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/11/68359584-rel-gold_jpeg-large-150x225.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Conférences de Cassien</em>, tome II, provenant de la bibliothèque de madame de Montespan à Oiron.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>1. «&nbsp;Redistribution insoupçonnées&nbsp;», <em>L’Actualité</em> n° 133, p. 142–143. Sur le manuscrit du préfet, qui écrit que le château d’Oiron a été «&nbsp;extrêmement dégradé pendant la Révolution&nbsp;», voir G. Vouhé, «&nbsp;Parthenay par le baron Dupin en 1810&nbsp;», <em>Les seigneurs de Parthenay au Moyen Âge</em>, cat. exp. Musée d’art et d’histoire de Parthenay, 2021, p. 204–206.<br>2. G. Vouhé, <em>Oiron au temps de madame de Montespan et du duc d’Antin</em>, Château d’Oiron – Centre des monuments nationaux, 2015.<br>3. G. Vouhé, «&nbsp;Du nouveau sur le château de Thouars&nbsp;», <em>Revue Historique du Centre-Ouest</em>, t.&nbsp;VIII, ici p. 84–86 – un autre volume provenant de la bibliothèque du château, aujourd’hui dans les collections de la ville de Thouars, y est signalé.<br><br></p>
</blockquote>



<p><strong><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/calameotheque/" title>Sur le château d’Oiron</a></strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>«&nbsp;Claude Gouffier bâtisseur&nbsp;» et «&nbsp;Pavement de Chaude Gouffier&nbsp;», <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;135, hiver-printemps 2023, p.&nbsp;174–179.</li>



<li>«&nbsp;Chambres d’Oiron »,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;134, été-automne 2022, p.&nbsp;112–114.</li>



<li>«&nbsp;Mariusz Hermanowics. Oiron délabré&nbsp;», «&nbsp;Redistributions insoupçonnées&nbsp;» et «&nbsp;La plus ancienne photo d’Oiron&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;133, hiver-printemps 2022, p. 138–144.</li>



<li>«&nbsp;La vaisselle d’étain de madame de Montespan&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;130, automne 2020, p. 74–75.</li>



<li>«&nbsp;Les senteurs de madame de Montespan&nbsp;» et «&nbsp;Senteurs féminines au château d’Oiron&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n°&nbsp;129, été 2020, p. 59–61 et 82.</li>



<li>«&nbsp;Madame de Montespan de monastères en couvents&nbsp;»,&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;n° 121, été 2018, p. 64–66.</li>



<li><em>«</em><em>&nbsp;De retour à Oiron&nbsp;»,&nbsp;</em><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em><em>&nbsp;n° 119, hiver 2018, p. 56–59.</em></li>



<li><em>« Le recueil du duc d’Antin <em>»</em>,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 110, automne 2015, p. 26–29.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Tombeaux de marbre des La Trémoïlle et des Gouffier »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n°&nbsp;107, hiver 2015, p. 46–47.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Les Métamorphoses au plafond du château d’Oiron »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 106, automne 2014, p.&nbsp;39.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. La chambre du Roi »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 102, automne 2013, p. 22–25.</em></li>



<li><em>« L’orange cultivée au Grand Siècle »,&nbsp;</em><em>L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;</em><em>n° 93,&nbsp;juillet-septembre 2011, p.&nbsp;45.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. Un visage retrouvé »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 87, janvier-mars 2010, p. 46–47.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Oiron. La galerie restaurée »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 86, octobre-décembre 2009, p.40–41.</em></li>



<li><em>«&nbsp;Madame de Montespan à Oiron »,&nbsp;L’Actualité Poitou-Charentes&nbsp;n° 78, octobre-décembre 2007, p. 40–41.</em></li>
</ul>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/chateau-doiron/">Château d’Oiron</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/decouverte-livres-et-papiers-inedits-de-la-bibliotheque-du-chateau-doiron-exposes-a-niort/">Découverte : livres et papiers inédits de la bibliothèque du château d’Oiron exposés à Niort</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 08:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Ethiopie]]></category>
		<category><![CDATA[fouilles]]></category>
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		<category><![CDATA[Horn East]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tigré]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Carnets de voyage d'une doctorante en archéologie de l'université de Poitiers, dans la région du Tigré en Éthiopie.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/">Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Élise Mercier</strong></p>



<p><em>Depuis 2018, l’équipe de l’ERC Horn East mène des prospections dans la région du Tigré, afin de rechercher des stèles funéraires musulmanes et de repérer des cimetières musulmans. C’est auprès de Julien, Simon, Amelie, Deresse, Hiluf et les autres que j’ai vécue l’expérience la plus marquante de ma vie – participer à une mission archéologique en Éthiopie.&nbsp;</em></p>



<p>Sept heures, c’est le temps qu’il me faut pour arriver à Addis-Abeba depuis Paris. Trouver son chemin dans l’aéroport n’est pas simple. Les panneaux indiquent des directions dans une langue que je ne peux pas lire car l’alphabet ressemble à des petits graffitis. Le voyage n’est pas fini puisqu’il faut ensuite monter dans un bombardier De Havilland Cash 8Q tout droit sorti des années 1940, afin d’atterrir sur le tarmac de Mekelé, dans la région du Tigré, sur les hauts-plateaux éthiopiens à 2 250 mètres d’altitude. Mon arrivée ne passe pas inaperçue, les locaux s’interpellent de la présence d’une Occidentale seule, ce qui est plutôt inhabituel. Une fois les bagages récupérés sur un tapis grinçant, dans un bruit de ferraille, je rejoins la sortie de l’aéroport où je suis accueillie chaleureusement par l’équipe déjà sur place.&nbsp;</p>



<p>Le premier défi est d’adapter son corps à l’environnement : la chaleur et l’altitude peuvent occasionner&nbsp;essoufflement, cauchemars et un léger état nauséeux. À mon arrivée, le climat est chaud et sec. L’Éthiopie est un pays tropical avec&nbsp;une saison sèche de janvier à mai. La température moyenne est d’environ 25 °C, mais elle peut atteindre jusqu’à 30 °C en été. Une fois cette étape passée, il s’agit de s’adapter à un environnement très dynamique, souvent bruyant car jamais rien ne s’arrête à Mekelé. C’est une région historiquement chrétienne, l’orthodoxie y a joué un rôle important. Les églises y sont très présentes, très actives et diffusent régulièrement des messages de paix et de bonne conduite dans leurs haut-parleurs. Les journées sont rythmées par de nombreuses processions, par des sacrifices et des prières où toute la communauté se réunit. Les ouvriers ne travaillent pas la terre et il est prohibé de manger de la viande, mais les locaux ne vous en tiendront pas rigueur si vous relevez le challenge de manger l’ingéra, cette grande crêpe fermentée à base de teff, essentiellement avec la main droite. La cérémonie du café est également un événement social important où le café est torréfié, moulu et infusé devant les invités.&nbsp;</p>



<p>Le dialecte et les expressions locales sont d’autres aspects essentiels de l’adaptation sur place. L’amharique est la langue officielle de l’Éthiopie, mais il en existe plus de 80 autres parlées dans le pays, dont le tigrinya, majoritairement parlé au Tigré. Bien qu’il soit complexe d’apprendre une langue en si peu de temps, connaître quelques mots est toujours bienvenu. C’est un signe de respect envers la communauté qui vous accueille et contribue grandement à établir des relations ainsi qu’à montrer son appréciation de la culture locale.</p>



<p>Avoir une attitude respectueuse et une ouverture d’esprit est crucial pour s’adapter. Il est essentiel d’être conscient des différences culturelles, d’éviter de faire des suppositions ou d’imposer ses croyances. L’Éthiopie a une histoire longue et complexe, avec la coexistence de divers groupes ethniques et religions dictée par des règles dont certaines sont construites sur des valeurs morales.&nbsp;</p>



<p>Au-delà des difficultés principales, il faut être capable de faire face aux situations imprévues, comme les vols et les pertes de matériel. Le vol de mon téléphone a suscité beaucoup d’agitations parmi les ouvriers. Au-delà de la perte d’un objet onéreux, se dégage un acte inqualifiable : le vol. Il est sévèrement puni et prend une grande importance dans une communauté chrétienne orthodoxe. C’est aussi se confronter au système judiciaire et administratif du pays. À l’exemple du vol de mon téléphone dès les premiers jours, je me suis vue parcourir les commissariats de Mekelé afin d’obtenir un document qui me permettra, dès mon retour de contacter mon assurance. Je découvre ainsi, sur le procès-verbal, qu’en Éthiopie nous ne sommes pas en décembre 2019 mais bien en novembre 2012. Effectivement, ce pays utilise le calendrier Julien, soit un décalage de huit ans avec la France.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les enjeux de la mission pour les locaux et les chercheurs</strong></h4>



<p>La mission vise à découvrir le riche patrimoine culturel de l’Éthiopie et à révéler l’existence de communautés musulmanes médiévales florissantes, connectées au reste du monde islamique. L’objectif était de prospecter et d’ouvrir un secteur de fouille archéologique à l’aplomb du cimetière moderne de l’église de Qwiha, repéré lors des premières opérations de l’équipe. La mission est pluridisciplinaire, impliquant histoire, archéologie et épigraphie.</p>



<p>Pour mener à bien une telle expédition, il est important de se préparer psychologiquement et matériellement. Il ne s’agit pas d’imposer sa présence, mais de s’adapter à un nouvel environnement. Vous ne verrez peut-être la vie des chercheurs pendant leur mission à l’étranger que sous forme de «&nbsp;carnet de fouille&nbsp;» ou d’interview, mais le voyage fascine généralement bien au-delà de l’histoire. C’est une véritable expérience de vie, une parenthèse immersive dans une culture inconnue. Un dépaysement provoquant souvent un questionnement et des mises en perspective incessantes avec notre propre culture. Tout n’aura pas forcément de sens pour nous, mais c’est ainsi. Il s’agit d’accepter et d’observer. Il est crucial de comprendre les coutumes et les traditions, ce que nous réalisons en nous engageant quotidiennement avec les collègues éthiopiens et les ouvriers qui travaillent sur le chantier archéologique. Le tout est construit sur les échanges.</p>



<p>Ces missions à l’étranger permettent à de nombreux étudiants éthiopiens de participer à des chantiers de fouille archéologique. C’est un échange de savoirs et de méthodes constant entre les archéologues, les historiens de différentes nationalités et les étudiants.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg" alt class="wp-image-37418" width="741" height="495" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-300x200.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-768x513.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-650x434.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-2-1-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 741px) 100vw, 741px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East. Ouvriers et étudiants travaillant sur le chantier.</figcaption></figure>
</div>


<p>Il s’agit de les initier aux relevés architecturaux et sédimentaires, d’expliquer les méthodes d’enregistrement des données et d’utiliser le matériel à disposition comme la lunette de chantier, ou tout simplement les outils de l’archéologue. Ils ont été initiés à toute la chaîne opératoire de la fouille archéologique, de la manipulation des outils jusqu’à l’enregistrement. Les échanges se sont toujours faits dans la bonne humeur, et lorsque notre présence est admise, des liens fascinants se créent entre les participants. L’échange est d’autant plus riche pendant les pauses, autour d’un café à la saveur complètement inédite, ou d’un thé à la saveur épicée incomparable. Assis dans les cailloux, nous partageons ces quelques minutes de calme pour écouter, observer, et s’émerveiller à coup de : « Comment est-ce que l’on vit chez toi ? »</p>



<p>Le chantier participe également à l’économie locale car, pour le mener à bien, des ouvriers locaux sont recrutés pour la fouille. Des hommes de tout âge nous ont rejoints, car le salaire est plutôt élevé au vu des conditions de vie sur place. Une vingtaine de places sont disponibles dont chacune représente une somme d’argent non négligeable pour l’année à venir,&nbsp;et nous recherchons des ouvriers déterminés. Notre contact sur place est chargé du recrutement. Ces hommes sont principalement agriculteurs.</p>



<p>Participer à l’économie, c’est aussi consommer local. Bien que la tendance à reproduire des plats occidentaux se fait un peu partout dans le monde, il a été naturel pour l’équipe de se restaurer dans des petits restaurants proposant exclusivement des plats de la région.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S’adapter dans un pays où l’instabilité peut se fait sentir</strong></h4>



<p>Les déplacements en voiture sont parfois stressants. Le taux de mortalité sur les routes d’Éthiopie est très élevé. En constatant l’état des routes, ce n’est pas vraiment une surprise. Peu d’entre elles sont goudronnées, nombreuses sont les pistes que nous avions dû emprunter pour les prospections dans les montagnes. Les camions roulent à vive allure entre les tuk tuks, les taxis collectifs et les transports de charrette tirée par des ânes. L’ensemble peut paraître chaotique, mais fonctionne plutôt bien.</p>



<p>Il arrive parfois que le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;» nous tombe dessus. Un matin, l’une des zones de fouille située dans un jardin privé est devenue inaccessible, porte close. Au ton employé par la propriétaire (une femme âgée), nos collègues éthiopiens négocient, courbent un peu le dos, et demandent pourquoi. Elle nous reproche d’avoir fait entrer chez elle le «&nbsp;mauvais œil&nbsp;», ce qui aurait entraîné la perte de l’une de ses bêtes. Pour la première fois depuis le début de la mission, nous ne sommes plus les bienvenus. La situation est délicate, la tension se fait sentir. Mais nous serons autorisés à revenir quelques jours afin de finir l’enregistrement des données et de reboucher la zone.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, pas une seule fois, nous nous sommes sentis en danger. Mais un tel voyage nécessite bien des mesures qui ont été prises en amont par les fonctionnaires de sécurité de défense (FSD) du CNRS : l’évaluation de la situation sur place. À ce moment, l’Éthiopie semblait entrer dans une période d’accalmie avec l’Érythrée. C’est d’ailleurs lors de notre séjour que le prix Nobel de la paix a été décerné au Premier ministre éthiopien. Document que nous avons eu la chance d’admirer à Addis-Abeba en décembre.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, l’ambiance sur les lieux laisse présager d’une stabilité fragile au cœur même du pays. L’armée contrôlant la route principale que nous empruntons quotidiennement pour aller de Mekelé à Qwiha, le contrôle des papiers d’identité et des passeports est obligatoire. De brefs moments d’échanges nous permettaient parfois de passer plus rapidement, mais il est indéniable qu’un lourd silence s’installait lors de ces arrêts. L’ancien gouvernement majoritairement tigréen avait laissé place à la gouvernance d’un homme d’une autre région, et les conflits inter-ethniques sont au cœur même d’une grande discorde dans le pays. L’annonce officielle de la guerre en novembre 2020 viendra enflammer l’Éthiopie déjà traversée par une crise alimentaire. Plus de la moitié de la population du Tigré souffre d’une insécurité alimentaire sévère, tandis que la majorité n’a pas un accès régulier à la nourriture. La situation a été exacerbée par ce conflit de deux ans, précédé par une invasion de criquets qui détruisaient déjà les cultures lors de notre passage en 2019.&nbsp;</p>



<p>De toute évidence, l’accès au terrain a été impossible lors de cette période de guerre. La priorité n’était plus à l’étude, il s’agissait plutôt d’aider ceux que nous connaissions avec le peu de moyens dont la mission disposait encore. Le projet de faire venir des étudiants en tant que réfugiés de guerre est souvent abordé lors de tels conflits, mais la région du Tigré a été plongé dans une très longue période d’isolement total, où tout moyen de communication avec le monde extérieur était impossible. Aujourd’hui, un accord de paix maintient un équilibre très fragile. Les prochaines missions archéologiques envisagées par le projet Horn East ne sont pas prévues avant 2024, mais les missions d’approches et de prospections sont programmées pour 2023. Le fragile fil de l’histoire reprend petit à petit son chemin, laissant au-dessus des locaux et des chercheurs l’ombre d’une nouvelle rupture encore beaucoup trop proche.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png" alt class="wp-image-37419" width="617" height="462" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3.png 454w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-300x225.png 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-80x60.png 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/05/horn-east-ethiopie-3-150x112.png 150w" sizes="auto, (max-width: 617px) 100vw, 617px"><figcaption class="wp-element-caption">Projet Horn East, église éthiopienne en construction au Tigré. Visité lors d’une prospection dans le nord de la région.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Bibliographie&nbsp;<br><br>Amelie Chekroun et Nicolas Baker, <em>Les stèles perdues d’Ethiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-steles-perdues-dethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et Amelie Chekroun, <em>Ces stèles qui bouleversent l’histoire de l’Éthiopie, Journal du CNRS</em> : <a href="https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie">https://lejournal.cnrs.fr/videos/ces-steles-qui-bouleversent-lhistoire-de-lethiopie</a> consulté le 29/03/2023.&nbsp;<br><br>Simon Dorso, <em>Le site de Kwiha (Tigray, Éthiopie) de la période aksoumite au XVI<sup>e</sup> siècle : premier bilan des fouilles et recherches en cours</em>, Séminaire Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie, 2022.&nbsp;<br><br>Julien Loiseau et al., <em>Bilet and the wider world: New insights into the archaeology of Islam in Tigray. Antiquity</em>, 95(380), Cambridge, 2021, pp. 508–529.&nbsp;</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus">Élise Mercier est en thèse d’archéologie sous la direction de Yves Gleize et Vincent Michel : Les inhumations dans les lieux de culture chrétien en Palestine, de l’antiquité tardive à l’époque des croisés. Etude diachronique des différents aspects architecturaux, religieux et sociaux d’une pratique funéraire tolérée et privilégiée dans les églises.<br><br>Cet article a été réalisé dans le cadre d’une formation doctorale sur l’écriture journalistique avec l’École doctorale Humanités de l’Université de Poitiers.</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/archeologie-carnet-de-route-en-ethiopie/">Archéologie – Carnet de route en Éthiopie</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Rencontre avec Michelle Perrot – 15 mai à Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Apr 2023 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Mendès France]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chauvaud]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Perrot]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Aquitaine]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec l'historienne Michelle Perrot à la Maison de la Nouvelle-Aquitaine à Paris pour évoquer son livre d'entretiens avec l'historien Frédéric Chauvaud et le numéro Chambres de la revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus"><strong>Héloïse Morel</strong>, rédactrice pour&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>&nbsp;et&nbsp;<strong>Jean-Luc Terradillos</strong>, rédacteur en chef de la revue, vont rencontrer&nbsp;<strong>Michelle Perrot</strong>&nbsp;à la Maison de la Nouvelle-Aquitaine à Paris le<strong>&nbsp;lundi 15 mai de 18h à 20h</strong>.<br><em>Maison de la Nouvelle-Aquitaine, 21 rue des pyramides, Paris 1er.</em><br><em>Métro Pyramides lignes 7 et 14.</em></p>
</blockquote>



<p>Historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris Cité. Si elle a grandi dans le Paris populaire de l’entre-deux guerres et qu’elle habite toujours la capitale, Michelle Perrot a eu l’occasion aussi plusieurs fois de dire son appartenance à la campagne de la Vienne puisqu’elle rejoignait, enfant, pour l’essentiel de ses vacances, Moncontour de Poitou (86) où son arrière-grand-père était marchand de bois. Son cœur est donc aussi en Nouvelle-Aquitaine !</p>



<p>L’historienne du féminisme a publié deux livres d’entretiens en début d’année, l’un mêlant théories et autobiographie :&nbsp;<em><a href="https://www.grasset.fr/livres/le-temps-des-feminismes-9782246830276">Le temps des féminismes</a></em>&nbsp;(Grasset, janvier 2023), l’autre avec l’historien Frédéric Chauvaud à propos de la question carcérale<em>&nbsp;: <a href="https://pur-editions.fr/product/9404/punir-et-comprendre">Punir et Comprendre</a></em>&nbsp;(PUR, coll. Epures, février 2023).</p>



<p></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="490" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/9404.jpeg" alt class="wp-image-37255" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/9404.jpeg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/9404-184x300.jpeg 184w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/9404-150x245.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Punir et comprendre</em>, entretiens avec Frédéric Chauvaud, épures, PUR, 2023.</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<p>Enfin, son travail dans&nbsp;<em><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/histoire-de-chambres-michelle-perrot/9782020892797">Histoire de chambres</a></em>&nbsp;(Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2009) a inspiré <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-134-special-chambres/">le numéro 134 de&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em></a>, la revue scientifique éditée par l’<a href="https://emf.fr/">Espace Mendès France</a>.</p>



<p>Cette rencontre est une opportunité précieuse de partager le savoir et la réflexion de Michelle Perrot, de (re)découvrir son travail et de faire connaissance avec la revue&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>, désormais semestrielle, et dont la nouvelle édition (135 – janvier 2023) est consacrée aux forêts.</p>



<p></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis.jpg" alt class="wp-image-37256" width="460" height="604" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis.jpg 780w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis-229x300.jpg 229w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis-768x1008.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis-650x853.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/couv-actu-134-bis-150x197.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em>, Chambres, dans le sillage de Michelle Perrot, de l’alcôve au banc d’essai, n° 134, été-automne 2022.</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p></p>



<p>Achats et dédicaces sur place.<br><strong>Rencontre ouverte à toutes et tous <a href="https://www.nouvelle-aquitaine.paris/detail-agenda/372-rencontre-avec-michelle-perrot-nouvelle-date.html">sur inscription ici</a></strong></p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/rencontre-avec-michelle-perrot-15-mai-a-paris/">Rencontre avec Michelle Perrot – 15 mai à Paris</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>François Mitterrand – Le promeneur enraciné</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 17:54:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Figures]]></category>
		<category><![CDATA[Anne-Laure Ollivier]]></category>
		<category><![CDATA[Charente]]></category>
		<category><![CDATA[François Dubasque]]></category>
		<category><![CDATA[François Mitterrand]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert Mitterrand]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jarnac]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Gracq]]></category>
		<category><![CDATA[Latche]]></category>
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		<category><![CDATA[Philippe Marchand]]></category>
		<category><![CDATA[Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[Ségolène Royal]]></category>
		<category><![CDATA[Solutré]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un ouvrage collectif retrace le parcours de François Mitterrand (1916-1996) au prisme de l’ancrage territorial et dévoile la géographie personnelle de l’ancien Président de la République.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un ouvrage collectif retrace le parcours de François Mitterrand (1916–1996) au prisme de l’ancrage territorial et dévoile la géographie personnelle de l’ancien Président de la République.</em></p>



<p><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p>François Mitterrand fut certainement le dernier président de la République – deux septennats&nbsp;: 1981–1995 – dont l’immense culture peut sembler aujourd’hui exceptionnelle, voire anachronique. Ce Charentais de Jarnac issu d’une famille bourgeoise catholique était pétri d’histoire, de géographie, de littérature. L’histoire longue bien sûr, au moins jusqu’aux Celtes comme l’a relaté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Hennezel">Marie de Hennezel</a> dans <em>Croire aux forces de l’esprit</em> (2016), histoire qu’il pratiqua pendant des dizaines d’années à la manière d’un <a href="https://www.jose-corti.fr/titres/carnets-grand-chemin.html">Julien Gracq</a> en parcourant la France dans tous les sens, seul au volant de sa DS. «La géographie est ma plus chère et ma plus vieille amie avec la France en rose et l’Allemagne en vert des cartes de mon enfance», écrit-il dans <em>Ma part de vérité</em>. Une géographie physique et humaine, électorale (à l’échelle municipale, cantonale, départementale), culturelle et sentimentale, comme attestent deux monuments d’écriture intime publiés chez <a href="https://www.librairie-gallimard.com/listeliv.php?base=paper&amp;form_recherche_avancee=ok&amp;auteurs=Fran%C3%A7ois+Mitterrand">Gallimard en 2016&nbsp;</a>: <em>Journal pour Anne 1964–1970</em> et <em>Lettres à Anne 1962–1995</em>. En racontant à son amante tout ce qui le fait vibrer, c’est un agenda impressionnant qu’il déroule, une mine pour les historiens et politistes qui participaient au colloque «François Mitterrand et les territoires. Sensibilité et pouvoirs» à Poitiers en mars 2017. Un livre issu de ce colloque a paru fin 2023 aux <a href="https://pur-editions.fr/product/8824/le-promeneur-enracine">Presses universitaires de Rennes&nbsp;</a>, <em>Le Promeneur enraciné. François Mitterrand, un cheminement politique et sensible à travers les territoires,</em> sous la direction de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/entretiens-francois-dubasque/">François Dubasque</a>, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Poitiers, membre du Criham, et <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/entretiens-anne-laure-ollivier/">Anne-Laure Ollivier</a>, professeur agrégée d’histoire en classe préparatoire au lycée Albert-Schweitzer, Le Raincy, chercheuse associée au laboratoire Polen de l’université d’Orléans, qui soulignent dans l’introduction&nbsp;:«Au fil des jours et des pages, cette itinérance prouve à quel point celui qui entra à l’Élysée en 1981 avait une connaissance profonde et intime du territoire national, de ses petites patries, et de ses habitants. La France était peut-être pour lui moins une idée qu’une expérience&nbsp;: une expérience sensible.»</p>



<p>Histoire, politique, littérature et témoignages ont nourri ce colloque original et passionnant dont <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> a rendu compte dans un <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">dossier en ligne</a> en interrogeant tous les participants.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>«Pour être élu par les Français…»</strong></h4>



<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/michel-charasse-lattachement-a-la-france-profonde/">Michel Charasse</a> (1941–2020), ancien ministre et ancien conseiller du président, revient sur la nécessité de l’ancrage territorial. Il raconte notamment la candidature <em>in extremis</em> de Ségolène Royal aux élections législatives de 1988 dans les Deux-Sèvres. François Mitterrand lui avait dit&nbsp;: «Elle ne sera pas élue mais cette expérience va lui tanner le cuir, et si elle est élue, c’est qu’elle se sera bien débrouillée.» Effectivement, elle a conquis cette circonscription «difficilement prenable».</p>



<p>Non sans malice, il rappelle cette conviction que le président confia aux maires de France en novembre 1994&nbsp;: «Vous savez, pour être élu par les Français, il faut aimer la France, il faut aimer les Français, et il faut que les Français sentent que vous les aimez.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chez les agriculteurs</strong><strong></strong></h4>



<p>Cette proximité avec les gens est bien relatée par <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/henri-nallet-le-demineur-agronome/">Henri Nallet</a>, ancien conseiller agricole puis ministre, qui proposait au président de rencontrer des responsables agricole sur le terrain&nbsp;: «Le climat était d’abord glacial, puis se réchauffait doucement. François Mitterrand les interrogeait tout simplement. Il leur parlait de telle façon que ces hommes commençaient à échanger de manière naturelle avec lui. Il avait une maîtrise de la relation interpersonnelle mais aussi une connaissance des territoires, de leur géographie et du travail que ces hommes y faisaient, qui était exceptionnelle. Cela permettait donc d’établir, quelquefois par-dessus la tête du gouvernement, des relations directes entre le président de la République et les responsables agricoles.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pont de l’île de Ré</strong></h4>



<p><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/philippe-marchand-niveau-de-protocole-conseil-general/">Philippe Marchand</a> (1939–2018), élu charentais, ancien ministre de l’Intérieur, évoque «l’habilité parlementaire» qu’il faut déployer «pour faire passer un texte tout en étant minoritaire». Il raconte comment il a négocié – en l’absence des voix communistes – avec une vingtaine de députés de l’opposition afin de faire voter la loi de 1992 relative à l’administration territoriale de la République.</p>



<p>Le projet du pont de l’île de Ré souleva d’énormes polémiques. François Mitterrand y était opposé mais Philippe Marchand le remercie «de son silence sur ce dossier». Pourquoi&nbsp;? Parce tous les conseillers généraux de la Charente-Maritime le voulaient. «Respectueux du choix des élus locaux, il a laissé le processus suivre son cours et le Premier ministre a finalement signé l’autorisation de construction.»</p>



<p>Il rappelle également l’attachement du président à l’île d’Aix où il venait «deux-trois fois par an».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La roche de Solutré</strong></h4>



<p>Chaque année depuis 1946, François Mitterrand gravissait la <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/noelline-castagnez-francois-mitterrand-ou-le-mystere-de-solutre/">roche de Solutré</a> – un paysage d’histoire – en compagnie de sa famille et d’amis, à Pâques puis à la Pentecôte. Un rite dont <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-le-nom-du-pere-et-du-fils/">Gilbert Mitterrand</a>, fils cadet, donne une explication&nbsp;: «Rien de métaphysique dans ce choix, ni de volonté de célébrer l’esprit de la Résistance pour faire oublier les soi-disant errements vichystes&nbsp;! Pour François Mitterrand, il s’agissait d’un temps de partage familial et amical. Étant donné les activités de chacun, et les siennes en particulier, il importait de fixer une date annuelle, récurrente, ayant fonction de repère pour un rendez-vous, et quasi-valeur d’engagement pour être sûr de pouvoir se retrouver. Un rite si l’on veut. Mais ni un rituel, ni un cérémonial, ni un pèlerinage qui sous-entendraient d’autres fondements. C’était comme cela que nous fonctionnions tout au long de l’année pour préserver nos différents moments plus intimes.»</p>



<p>D’autre part, il raconte comment, au détriment de l’île de Ré, François Mitterrand a adopté les Landes au point de faire de l’ancienne bergerie de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-comment-francois-mitterrand-a-apprivoise-latche/">Latche</a> le lieu de villégiature où il aimait recevoir «des écrivains, journalistes, scientifiques, politiques et personnalités internationales» – «une façon informelle de faire de la politique». «Latche et Solutré ont fait partie de ces lieux où il avait la possibilité de faire se rencontrer les sphères intimes et politiques qui faisaient son unité personnelle.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur.jpeg" alt class="wp-image-37277" width="451" height="701" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur.jpeg 659w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-193x300.jpeg 193w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-650x1010.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-150x233.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 451px) 100vw, 451px"></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus"><a><em>Le Promeneur enraciné. François Mitterrand, un cheminement politique et sensible à travers les territoires</em></a>, PUR, 270 p., 24 €</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-mitterrand-le-promeneur-enracine/">François Mitterrand – Le promeneur enraciné</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Traversées o salto</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 09:20:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte revient sur cette histoire.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Héloïse Morel</strong></p>



<p>Entre les années 1960 et 1970, ils auraient été 500 000 à franchir les frontières du Portugal pour se rendre en France. Rosa Arburua Goienexte, professeure adjointe en philosophie et sciences de l’éducation à l’université du Pays basque de Saint-Sébastien, a recueilli les témoignages de ces passages.</p>



<p>Peuple de voyageurs, le Portugal a connu une augmentation des passages de frontières durant la dictature de Antonio de Oliveira Salazar qui débute en 1933 et s’achève avec sa mort en 1970. Le pic de cette vague d’émigration a lieu entre 1956 jusqu’à la révolution des œillets en 1974. Les Portugais fuient la misère économique pour venir trouver du travail en France mais également la guerre entreprise par Salazar dans les provinces portugais d’Afrique&nbsp;: la Guinée, l’Angola et le Mozambique. Ils sont plusieurs milliers à passer de manière clandestine, deux frontières, celle avec l’Espagne et celle avec la France. Ce qui retient l’attention de Rosa Arburua Goienexte, c’est le parcours de ces voyageurs à partir d’entretiens menés avec des personnes proches de la contrebande qui se met en place au Pays basque. <em>O Salto</em>, le grand saut, celui pour lequel les hommes – majoritaires – et les femmes payent pour traverser avec des personnes de la contrebande. Pour celles et ceux qui n’ont pas d’argent, c’est à pied, à ses risques et périls… Dans les nombreux entretiens menés par Rosa Arburua Goienexte, l’histoire de la photographie coupée revient régulièrement. Encarna, fille du passeur Antonio, raconte que les émigrés devaient apporter une photographie d’identité qui était alors coupée en morceau, l’un d’eux restait avec la grande partie de la somme au village – chez une personne de confiance – un autre morceau était chez le passeur avec une partie de la somme et le troisième était donné au «Français» qui revenait avec, une fois le passage effectué. «Mon père partait pour le Portugal avec ces deux morceaux, et il recevait l’argent avec le troisième bout de photo…»</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="388" height="504" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg" alt class="wp-image-37060" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian.jpeg 388w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-231x300.jpeg 231w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/02/portugesekin-donostian-150x195.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 388px) 100vw, 388px"><figcaption class="wp-element-caption">Otilia, l’une des femmes passeuses accompagnée de deux clients à Donostia-San Sebastian. Elle est un personnage récurrent dans les témoignages recueillis par Rosa Arburua Goienexte.</figcaption></figure>
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<p></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>En talons dans les montagnes</strong></h4>



<p>Si Rosa Arburua Goienexte a réalisé ce travail de recueil de la parole, c’est pour lever le tabou sur cette contrebande. Née en Espagne, elle a toujours entendu parler de la contrebande, celle des objets (roulements à bille, collants, parfums…) et des denrées (café, sucre, cigarette…). «Je savais qu’il y avait eu des passages clandestins, mais pas autant de passeurs. Personne n’en parlait. D’ailleurs, beaucoup de femmes participaient. Les passeurs et passeuses accompagnaient les Portugais, en voiture, à pied ou par le train, par les montagnes, jusqu’à des gares, des hôtels… C’était des voyages très longs sur des chemins difficiles. Ils souffraient et beaucoup n’étaient pas préparés. Certaines femmes étaient parties avec les meilleurs souliers qu’elles avaient, ceux du dimanche avec des talons.» Les chemins sont multiples&nbsp;: Pampelune-Bidassoa&nbsp;; Saint-Sébastien-Etxalar… Ces mouvements, on le découvre à travers les récits de vie, ont marqué, au-delà des passages de paysages, les fonctionnements de familles et des villages entiers, où l’argent se lit à l’entraide, mais aussi aux risques d’emprisonnement ou de mort pour assurer une vie nouvelle, plus prospère dans une France demandeuse de ces clandestins arrivant massivement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus"><em>Le passage clandestin des Portugais par la frontière du Pays basque</em> de Rosa Arburua Goienexte, éditions Quatorze, 2017.</p>
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