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	<title>François Mitterrand - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<title>François Mitterrand - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>François Mitterrand – Le promeneur enraciné</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 17:54:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un ouvrage collectif retrace le parcours de François Mitterrand (1916-1996) au prisme de l’ancrage territorial et dévoile la géographie personnelle de l’ancien Président de la République.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Un ouvrage collectif retrace le parcours de François Mitterrand (1916–1996) au prisme de l’ancrage territorial et dévoile la géographie personnelle de l’ancien Président de la République.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">François Mitterrand fut certainement le dernier président de la République – deux septennats&nbsp;: 1981–1995 – dont l’immense culture peut sembler aujourd’hui exceptionnelle, voire anachronique. Ce Charentais de Jarnac issu d’une famille bourgeoise catholique était pétri d’histoire, de géographie, de littérature. L’histoire longue bien sûr, au moins jusqu’aux Celtes comme l’a relaté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Hennezel">Marie de Hennezel</a> dans <em>Croire aux forces de l’esprit</em> (2016), histoire qu’il pratiqua pendant des dizaines d’années à la manière d’un <a href="https://www.jose-corti.fr/titres/carnets-grand-chemin.html">Julien Gracq</a> en parcourant la France dans tous les sens, seul au volant de sa DS. «La géographie est ma plus chère et ma plus vieille amie avec la France en rose et l’Allemagne en vert des cartes de mon enfance», écrit-il dans <em>Ma part de vérité</em>. Une géographie physique et humaine, électorale (à l’échelle municipale, cantonale, départementale), culturelle et sentimentale, comme attestent deux monuments d’écriture intime publiés chez <a href="https://www.librairie-gallimard.com/listeliv.php?base=paper&amp;form_recherche_avancee=ok&amp;auteurs=Fran%C3%A7ois+Mitterrand">Gallimard en 2016&nbsp;</a>: <em>Journal pour Anne 1964–1970</em> et <em>Lettres à Anne 1962–1995</em>. En racontant à son amante tout ce qui le fait vibrer, c’est un agenda impressionnant qu’il déroule, une mine pour les historiens et politistes qui participaient au colloque «François Mitterrand et les territoires. Sensibilité et pouvoirs» à Poitiers en mars 2017. Un livre issu de ce colloque a paru fin 2023 aux <a href="https://pur-editions.fr/product/8824/le-promeneur-enracine">Presses universitaires de Rennes&nbsp;</a>, <em>Le Promeneur enraciné. François Mitterrand, un cheminement politique et sensible à travers les territoires,</em> sous la direction de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/entretiens-francois-dubasque/">François Dubasque</a>, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Poitiers, membre du Criham, et <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/entretiens-anne-laure-ollivier/">Anne-Laure Ollivier</a>, professeur agrégée d’histoire en classe préparatoire au lycée Albert-Schweitzer, Le Raincy, chercheuse associée au laboratoire Polen de l’université d’Orléans, qui soulignent dans l’introduction&nbsp;:«Au fil des jours et des pages, cette itinérance prouve à quel point celui qui entra à l’Élysée en 1981 avait une connaissance profonde et intime du territoire national, de ses petites patries, et de ses habitants. La France était peut-être pour lui moins une idée qu’une expérience&nbsp;: une expérience sensible.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Histoire, politique, littérature et témoignages ont nourri ce colloque original et passionnant dont <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> a rendu compte dans un <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/francois-mitterrand-et-les-territoires/">dossier en ligne</a> en interrogeant tous les participants.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>«Pour être élu par les Français…»</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/michel-charasse-lattachement-a-la-france-profonde/">Michel Charasse</a> (1941–2020), ancien ministre et ancien conseiller du président, revient sur la nécessité de l’ancrage territorial. Il raconte notamment la candidature <em>in extremis</em> de Ségolène Royal aux élections législatives de 1988 dans les Deux-Sèvres. François Mitterrand lui avait dit&nbsp;: «Elle ne sera pas élue mais cette expérience va lui tanner le cuir, et si elle est élue, c’est qu’elle se sera bien débrouillée.» Effectivement, elle a conquis cette circonscription «difficilement prenable».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non sans malice, il rappelle cette conviction que le président confia aux maires de France en novembre 1994&nbsp;: «Vous savez, pour être élu par les Français, il faut aimer la France, il faut aimer les Français, et il faut que les Français sentent que vous les aimez.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chez les agriculteurs</strong><strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette proximité avec les gens est bien relatée par <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/henri-nallet-le-demineur-agronome/">Henri Nallet</a>, ancien conseiller agricole puis ministre, qui proposait au président de rencontrer des responsables agricole sur le terrain&nbsp;: «Le climat était d’abord glacial, puis se réchauffait doucement. François Mitterrand les interrogeait tout simplement. Il leur parlait de telle façon que ces hommes commençaient à échanger de manière naturelle avec lui. Il avait une maîtrise de la relation interpersonnelle mais aussi une connaissance des territoires, de leur géographie et du travail que ces hommes y faisaient, qui était exceptionnelle. Cela permettait donc d’établir, quelquefois par-dessus la tête du gouvernement, des relations directes entre le président de la République et les responsables agricoles.»</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pont de l’île de Ré</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/philippe-marchand-niveau-de-protocole-conseil-general/">Philippe Marchand</a> (1939–2018), élu charentais, ancien ministre de l’Intérieur, évoque «l’habilité parlementaire» qu’il faut déployer «pour faire passer un texte tout en étant minoritaire». Il raconte comment il a négocié – en l’absence des voix communistes – avec une vingtaine de députés de l’opposition afin de faire voter la loi de 1992 relative à l’administration territoriale de la République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet du pont de l’île de Ré souleva d’énormes polémiques. François Mitterrand y était opposé mais Philippe Marchand le remercie «de son silence sur ce dossier». Pourquoi&nbsp;? Parce tous les conseillers généraux de la Charente-Maritime le voulaient. «Respectueux du choix des élus locaux, il a laissé le processus suivre son cours et le Premier ministre a finalement signé l’autorisation de construction.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rappelle également l’attachement du président à l’île d’Aix où il venait «deux-trois fois par an».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La roche de Solutré</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année depuis 1946, François Mitterrand gravissait la <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/noelline-castagnez-francois-mitterrand-ou-le-mystere-de-solutre/">roche de Solutré</a> – un paysage d’histoire – en compagnie de sa famille et d’amis, à Pâques puis à la Pentecôte. Un rite dont <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-le-nom-du-pere-et-du-fils/">Gilbert Mitterrand</a>, fils cadet, donne une explication&nbsp;: «Rien de métaphysique dans ce choix, ni de volonté de célébrer l’esprit de la Résistance pour faire oublier les soi-disant errements vichystes&nbsp;! Pour François Mitterrand, il s’agissait d’un temps de partage familial et amical. Étant donné les activités de chacun, et les siennes en particulier, il importait de fixer une date annuelle, récurrente, ayant fonction de repère pour un rendez-vous, et quasi-valeur d’engagement pour être sûr de pouvoir se retrouver. Un rite si l’on veut. Mais ni un rituel, ni un cérémonial, ni un pèlerinage qui sous-entendraient d’autres fondements. C’était comme cela que nous fonctionnions tout au long de l’année pour préserver nos différents moments plus intimes.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, il raconte comment, au détriment de l’île de Ré, François Mitterrand a adopté les Landes au point de faire de l’ancienne bergerie de <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/gilbert-mitterrand-comment-francois-mitterrand-a-apprivoise-latche/">Latche</a> le lieu de villégiature où il aimait recevoir «des écrivains, journalistes, scientifiques, politiques et personnalités internationales» – «une façon informelle de faire de la politique». «Latche et Solutré ont fait partie de ces lieux où il avait la possibilité de faire se rencontrer les sphères intimes et politiques qui faisaient son unité personnelle.»</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur.jpeg" alt class="wp-image-37277" width="451" height="701" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur.jpeg 659w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-193x300.jpeg 193w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-650x1010.jpeg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2023/03/mitterrand-promeneur-pur-150x233.jpeg 150w" sizes="(max-width: 451px) 100vw, 451px"></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="ensavoirplus wp-block-paragraph"><a><em>Le Promeneur enraciné. François Mitterrand, un cheminement politique et sensible à travers les territoires</em></a>, PUR, 270 p., 24 €</p>
</blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/francois-mitterrand-le-promeneur-enracine/">François Mitterrand – Le promeneur enraciné</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L’antinomie de la politique et de la vertu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Herbaut]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jan 2022 15:51:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Déviance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la dixième édition des Rencontres Michel Foucault, Jean Garrigues retrace l’histoire des grands scandales politiques de France.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Juliette Herbaut</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion de la déviance est mise à l’honneur pour cette dixième édition des Rencontres Michel Foucault. Largement étudiée par l’auteur de <em>Surveiller et punir </em>(1975), elle est abordée par le prisme de la médecine, de la sexualité, de la prison ou encore par celui de la politique. Jean Garrigues retrace l’histoire des plus importants scandales politiques français. Professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans, directeur du Comité d’histoire parlementaire et politique, il est aussi auteur de nombreux ouvrages sur cette thématique comme <em>La République des hommes d’affaires, 1987–1900</em> (1997) ou plus récemment <em>Les scandales de la République – De Panama à l’affaire Benalla </em>(2019). Dans sa conférence nommée <em>Les sirènes de la vertu</em>, il prend pour repère le début de la <span class="smallcaps">iii</span>ᵉ République. Cette époque constitue un moment charnière dans son historique&nbsp;: Napoléon III étant déchu en 1871, le pouvoir se réorganise autour de partis politiques. Entre 1870 et 1880, de grandes masses d’argent vont circuler en raison de la révolution capitaliste et industrielle. Quant à la presse, elle diffuse largement ces scandales.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les pots-de-vin sont légion</strong> <strong>et servent les nationalistes</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les affaires de corruptions vont se multiplier, comme pour «l’affaire du Panama» en 1892. La compagnie chargée de construire le canal est en difficulté financière. Elle distribue des pots-de-vin issus de financements publics pour obtenir des soutiens de personnalités politiques. De nombreux journaux et pas moins de 150 députés et sénateurs ont été soudoyés. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/veau_dor_panama-704x1024.jpg" alt class="wp-image-35172" width="342" height="497"><figcaption>Le Veau d’or, dans <em>Le Petit Journal</em>, 1892. Bibliothèque nationale de France. Le Veau d’or est la figure allégorique de l’appât du gain ; ici les hommes politiques se trouvent devant la Chambre des députés.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres fraudes sont révélées dans les années qui suivent et permettent l’éclosion de la droite nationaliste – aujourd’hui l’extrême droite. Elle instrumentalise ces déviances politiques pour «dénoncer le système». En 1933, «le scandale des scandales» éclate selon Jean Garrigues&nbsp;: c’est «l’affaire Stavisky». Cet escroc notoire est protégé par le procureur général Pressard, lui-même beau-frère du président du Conseil Camille Chautemps – l’équivalent du Premier ministre aujourd’hui. Celui-ci démissionne face au scandale et Stavisky est retrouvé mort pendant sa cavale. Le doute plane sur ce suicide&nbsp;: <em>Le Canard enchaîné</em> titre «Stavisky se suicide d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant». Peu de temps après, des émeutes éclatent. Elles rassemblent des ligues de droite et d’extrême droite et menacent le Palais Bourbon. Une quinzaine de morts sont à déplorer et on nomme Gaston Doumergue à la présidence du Conseil, qui «savait ménager l’extrême droite». Le pouvoir compose avec le parti, qui se place sur l’échiquier politique. Une tradition de récupération de ces affaires par les extrêmes s’installe.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un «&nbsp;monarque républicain&nbsp;» à la tête de la vague rose</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Jean Garrigues s’attarde alors sur les années 1980. Cette période marque l’avènement des socialistes avec l’élection de François Mitterrand. À la tête de l’État de 1981 à 1995, les affaires s’enchaînent lors de son mandat. En 1985, le <em>Rainbow Warrior</em>, un bateau de Green Peace, est détruit sous l’impulsion du ministre de la Défense de l’époque, Charles Hernu. Il est forcé de démissionner à la suite de cet attentat. Six ans plus tard, le scandale du sang contaminé éclate. Le Centre national de transfusion sanguine a distribué pendant plus d’une année, d’anciens stocks de sang contaminé par le SIDA. Les hémophiles sont les plus durement touchés. Ces dons auraient été laissé en circulation pour des raisons financières et plusieurs ministres sont accusés et poursuivis pour négligence. Enfin, en 1992, l’affaire des écoutes est révélée. François Mitterrand a espionné plusieurs journalistes, syndicalistes et comédiennes pendant plus de trois ans pour cacher l’existence de sa fille illégitime. La vertu socialiste se fissure une nouvelle fois.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald.webp" alt class="wp-image-35174" width="483" height="271" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald.webp 944w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald-300x169.webp 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald-768x432.webp 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald-310x174.webp 310w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald-650x366.webp 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/le-rainbow-warrior-couche-sur-le-cote-dans-le-port-dauckland-le-10-juillet-1985--afp-new-zealand-herald-150x84.webp 150w" sizes="(max-width: 483px) 100vw, 483px"><figcaption>Port d’Auckland, le 10 Juillet 1985. Le <em>Rainbow Warrior</em> est ramené aux quais. (AFP / New Zealand Herald)</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;La manie française&nbsp;» des financements occultes</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1990, des affaires de financements de campagnes frauduleux sont révélées. Plusieurs partis sont mis en cause à quelques années d’intervalles, donc le Parti socialiste. Il est accusé d’avoir facturé et encaissé de fausses prestations à des entreprises, en échange d’avantages sous formes de marchés communaux. Ces révélations sont contradictoires avec la «pureté» revendiquée par la gauche, François Mitterrand revendiquant une «détestation de l’argent» :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes.»</p><cite>Discours d’Epinay, 1971</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, le RPR est attaqué en 2000 pour les mêmes motifs. Jean-Claude Méry, collecteur présumé de cet argent sale, incrimine Jacques Chirac, alors à la tête de l’Etat, dans un témoignage vidéo dévoilé après sa mort. Ces affaires de financements occultes touchent tous les partis&nbsp;: ces pratiques révélées agissent comme une «déflagration» chez les électeurs pour l’historien.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La défiance de l’opinion publique face aux politiques</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les années 2010 marquent un tournant dans le traitement et la réception des scandales politiques&nbsp;: «Nous sommes de plus en plus intolérants à toutes formes de déviance de nos hommes politiques.» Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn est accusé de séquestration, d’agressions sexuelles et de viol par une employée du Sofitel. L’affaire a alors un retentissement «sans précédent», puisqu’il est le directeur du FMI et est pressenti pour être candidat à l’élection présidentielle française. Jean Garrigues met en exergue la «morale puritaine» des États-Unis, qui a amplifié l’indignation dans l’Hexagone. Les affaires de mœurs se rajoutent à l’histoire des scandales politiques français, qui était jusqu’alors jonchée d’actions financières frauduleuses. L’opinion publique se crispe davantage. En 2013, Jérôme Cahuzac est accusé publiquement de fraude fiscale. Au sein de l’Assemblée nationale, le ministre du budget dément. Quelques semaines plus tard, il reconnaît cependant les faits et s’excuse publiquement pour sa «faute inqualifiable». Ainsi, l’affaire Cahuzac semble être un tournant pour «le seuil de tolérance&nbsp;aux scandales» de l’opinion publique&nbsp;: «Deux tiers des Français n’ont pas confiance dans l’exécutif, le législatif et dans les maires.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scandales sont ainsi les révélateurs «d’une société à un moment donné» pour Jean Garrigues. L’abondante «autopsie» des scandales qu’il réalise permet de montrer l’évolution des rapports à la déviance politique. L’apparition des régimes parlementaires et d’une multiplication des acteurs politiques à partir de 1880 favorisent la corruption&nbsp;; à celle-ci se rajoutent les très médiatisées affaires de mœurs de la Vᵉ République. La réception de ces dérives a évolué en parallèle&nbsp;: après la chute de Napoléon III, l’accroissement des pots-de-vin était considéré comme anodine et «ne prêtait pas à critique». Aujourd’hui, l’accueil des citoyens est beaucoup plus critique&nbsp;: c’est un véritable «divorce» entre les acteurs politiques et les français. Bien que les lois sur l’utilisation des fonds publics, des financements de campagnes ou de déclaration des patrimoines se soient «beaucoup améliorées», l’opinion publique semble désabusée et défiante. Jean Garrigues met en exergue ce paradoxe&nbsp;de cet historique des déviances politiques, qui continuent de peser «sur l’ensemble des acteurs publics alors qu’ils sont de moins en moins suspects».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Retrouver <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZmGXvPwW0CU">la conférence</a> sur la chaîne YouTube du TAP.</p><p></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/lantinomie-de-la-politique-et-de-la-vertu/">L’antinomie de la politique et de la vertu</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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