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	<title>Deux-Sèvres - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Deux-Sèvres - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Sur les traces de nos ancêtres gaulois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bastien Florenty]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jun 2022 08:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les Deux-Sèvres, à Bessines, une fouille de 7 000 m² dirigée par Patrick Maguer (Inrap), a permis d’étudier un sanctuaire gaulois entre septembre et décembre 2008.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Bastien Florenty</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les Deux-Sèvres, à Bessines près de Niort, une fouille de 7&nbsp;000 m² menée par une équipe de l’Inrap dirigée par Patrick Maguer, a permis d’étudier un sanctuaire gaulois entre septembre et décembre 2008. En activité entre la fin du <span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle et le début du <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> siècle avant notre ère, le site apporte un nouveau témoignage sur les pratiques cultuelles gauloises.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’archéologie a rarement l’occasion d’aborder la question des lieux de culte de cette période, d’autant que, souvent réoccupés et transformés à la période romaine, nombre de sanctuaires de la fin de l’âge du Fer ont été plus ou moins détruits par ces aménagements postérieurs. À Bessines, toute activité religieuse cesse avant la conquête romaine, préservant ainsi le sanctuaire dans son état initial. Il contribue de ce fait à l’enrichissement de nos connaissances sur les pratiques religieuses de la fin de l’âge du Fer dans l’ouest de la Gaule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe de l’Inrap, composée d’une dizaine d’archéologues, dont un anthropologue et un archéozoologue, permettent ainsi de nous plonger dans l’histoire, à la fois étonnante et fascinante de notre territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un fossé profond de 1,4 m et large de 2,8 m délimite un sanctuaire trapézoïdal de 700 m².&nbsp;«Nous sommes en présence d’un sanctuaire rural, ce qui est intéressant, car les quelques sanctuaires fouillés ces dernières années sont souvent liés à des agglomérations», précise Patrick Maguer. L’entrée du sanctuaire est orientée au sud-est, ce qui est la norme dans l’ouest de la Gaule. «Nous avons retrouvé les éléments d’une cotte de maille – qui est une invention gauloise – et de nombreux objets du quotidien, de l’outillage, des couteaux, une broche à cuire, des éléments de parure, un dé en os à jouer ou de divination, plus de 160 kg d’ossements animaux, mais aussi 140 kg de vaisselle en céramique.» Les restes d’animaux proviennent de porcs, de bœufs, d’ovicapridés, de chevaux et de chiens. Ils témoignent d’abattages massifs en lien avec les pratiques religieuses. «Le public n’assiste probablement pas aux cérémonies se déroulant dans l’enceinte sacrée du sanctuaire réservée aux initiés, mais participe aux banquets durant lesquels sont consommés les animaux sacrifiés», ajoute l’archéologue. Lieu de culte, le sanctuaire est sans doute aussi un site d’observation des signes astronomiques et probablement un espace à vocation judiciaire. Treize fragments d’os humains, appartenant à au moins trois individus adultes, ont d’ailleurs été retrouvés. «Nous avons identifié sur ces os des manipulations post-mortem, comme en témoignent les stries de découpe observées sur un fragment de tibia, vraisemblablement liées à un rituel religieux. Nous savons que ces ossements sont déposés frais dans le fossé car nous avons des traces de rognage, or les chiens n’attaquent que les os frais.» Il peut s’agir de guerriers vaincus, ou bien de condamnés judiciaires, mais d’autres hypothèses sont à envisager.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1016" height="762" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie.jpg" alt class="wp-image-36175" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie.jpg 1016w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-1-copie-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 1016px) 100vw, 1016px"><figcaption>Bessines, Grand-Champ-Est, faune : exemples de crânes découverts dans le comblement médian du fossé d’enclos. A : crâne d’étalon présentant une grande perforation ovalaire&nbsp;; B : crâne de bœuf ; C : crâne de vache ; D : crâne de jument. Photo J.-G. Ferrié/Inrap.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’entrée du sanctuaire est délimitée par une ouverture large de 90 cm, où de part et d’autre était exposé un trophée militaire, composé d’un umbo de bouclier, d’une épée, de deux fourreaux d’épée, d’une chaîne de suspension d’épée. «Nous avons retrouvé deux ensembles de trous de poteau au sein du sanctuaire, attestant la présence d’au moins deux bâtiments. Le premier, de forme carrée, pourrait avoir une fonction religieuse. Le second, de forme plus étroite et allongée, pourrait correspondre à une stabulation pour les animaux destinés au sacrifice.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site est implanté au sud-est de l’ancien golfe des Pictons (l’actuel Marais poitevin), le long d’un axe routier permettant de contourner le golfe par l’est. L’endroit est certainement stratégique pour l’époque et explique probablement la présence de ce sanctuaire. «Contrairement aux sanctuaires d’agglomération, celui de Bessines n’était sans doute fréquenté qu’au cours de certaines grandes fêtes religieuses dirigées par la classe sacerdotale composée de druides, de bardes et de vates.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si Strabon évoque l’existence de prêtresses vivant sur une île à l’embouchure de la Loire, les druides sont essentiellement des hommes, sans doute plutôt issus de familles aristocratiques, même s’ils peuvent choisir des apprentis parmi le peuple», détaille Patrick Maguer.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de la connaissance de la religion, ils s’adonnent à un apprentissage spécifique et particulièrement long&nbsp;: «L’éducation religieuse est uniquement orale, l’écriture étant proscrite dans ce domaine. Ils doivent apprendre les textes par cœur et les transmettre ensuite à leurs élèves. Durant leur formation, ils doivent également acquérir des connaissances en philosophie, en mathématique, en botanique ou encore en astronomie. Pour cette raison, celle-ci peut durer une vingtaine d’années.» Ainsi, seuls quelques initiés ont accès au savoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hormis les druides, les vates et les bardes sont aussi des religieux, mais hiérarchiquement moins importants que les druides. Les bardes sont des panégyristes et des poètes. Ils ont notamment la charge de la mémoire des élites aristocratiques et accompagnent les sacrifices en musique. Les vates s’occupent des cérémonies religieuses, ils sacrifient et interprètent les signes. Les religieux, particulièrement les druides, occupent une place prépondérante dans la société gauloise. Selon César, ils prennent part aux décisions importantes, règlent les conflits entre États ou entre particuliers. «Ils rendent la justice sous autorité divine, ce qui peut expliquer la présence d’ossements humains dans les sanctuaires», indique Patrick Maguer.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="395" height="563" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2.jpg" alt class="wp-image-36176" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2.jpg 395w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2-210x300.jpg 210w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2022/06/illustration-2-150x214.jpg 150w" sizes="(max-width: 395px) 100vw, 395px"><figcaption>De gauche à droite et de haut en bas&nbsp;: épée, fourreau d’épée, chaîne de suspension d’épée, anneaux de cotte de maille, talon de lance, umbo de bouclier. Photo : Isabelle Fortuné/ université de Poitiers.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans les Deux-Sèvres, la fouille du sanctuaire de Grand-Champ-Est apporte ainsi un témoignage inédit sur les pratiques religieuses gauloises. À travers ces vestiges archéologiques et les restes qui y sont déposés, c’est la société gauloise qui se dessine avec ses paysans, ses artisans, ses guerriers et ses prêtres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Patrick Maguer,<em> Trophée guerrier à la porte du sanctuaire : le cas de l’enclos celtique de Grand-Champ-Est à Bessines (Deux-Sèvres), in </em>Lemaître S., Batigne-Vallet C. (dir.)<em>, Abécédaire pour un archéologue Lyonnais. Mélanges offerts à Armand Desbat, Montagnac, Monique Mergoil, <em><em>(coll. Archéologie et Histoire Romaine, 30)</em></em></em>, <em><em>2015</em>.</em><br><br><em>Maguer P., Brunie D., Ferrié J.-G., Landreau G., Lemaître S</em>.<em>, <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02891694">Les sanctuaires de plein air en Centre Ouest (VI<sup>e</sup> siècle/I<sup>er</sup> siècle av. J.-C.)</a>, in </em>Barral P., Thivet M. (dir.)<em>, Sanctuaires de l’âge du Fer. Actes du 41<sup>e</sup> colloque international de l’Association française pour l’étude de l’âge du Fer </em>(Dole, 25–28 mai 2017), AFEAF (coll. 1), p.&nbsp;199‑220, 2019.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/20-ans-de-linrap/">20 ans de l’Inrap</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/sur-les-traces-de-nos-ancetres-gaulois/">Sur les traces de nos ancêtres gaulois</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Crime et châtiment dans les Deux-Sèvres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 17:40:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Manguel]]></category>
		<category><![CDATA[Deux-Sèvres]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dossier de l’affaire Guillot conservé aux Archives départementales des Deux-Sèvres raconte un crime commis dans la nuit du 4 août 1895 à Mazières-en-Gâtine, qui aurait pu inspirer Dostoïevski.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du 21 au 23 octobre 2021 se tient à Poitiers un colloque avec Alberto Manguel à propos de son œuvre d’écrivain et de lecteur.&nbsp;<em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine&nbsp;</em>propose à cette occasion de publier au gré des semaines les articles de l’écrivain parus dans ses précédentes éditions. Le colloque est organisé par le laboratoire FoReLLIS, université de Poitiers, équipe&nbsp;B2&nbsp;« Histoire et poétique des genres », programme « La lecture et les genres » (Alain Bègue, Séverine Denieul, Charlotte Krauss, Pierre Loubier et Antonia Zagamé). Pour consulter le programme des trois journées :&nbsp;<a href="https://emf.fr/ec3_event/alberto-manguel-ecrivain-lecteur-la-lecture-le-livre-la-bibliotheque/">Alberto Manguel, écrivain lecteur. La lecture, le livre, la bibliothèque</a>.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Alberto Manguel</strong> Photos <strong>Marc Deneyer</strong><br>Traduit de l’anglais par <strong>Christine Le Bœuf</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vastes fresques médiévales dépeignant les âmes condamnées à l’Enfer ou au Paradis aux photographies de presse de notre temps dans lesquelles une scène a pour témoin impassible une foule kaléidoscopique, chaque fois qu’un événement remarquable est représenté, notre iconographie privilégie l’anonymat. Les protagonistes ont généralement droit à un nom et une date, mais les masses assemblées autour d’eux demeurent en majorité aussi privées d’identification que les tombes des miséreux. Et pourtant un minimum de curiosité nous donne envie de savoir qui ils étaient, ces lointains et vagues ancêtres, ces frères humains. L’Histoire, dans l’ensemble, ne s’intéresse pas à de tels détails. Mais quelque chose, en nous, peut-être la conscience du sort final que nous partagerons, nous pousse à demander&nbsp;: qui étaient-ils&nbsp;? Qui est cet homme aux yeux tristes&nbsp;? Qui, cette femme qui dissimule un sourire méchant&nbsp;? Qui est cette enfant qui, d’un lieu où elle est encore jeune, nous regarde la regarder&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_rayons_2-1024x1024.jpg" alt class="wp-image-34761" width="568" height="568"><figcaption>Les Archives départementales des Deux-Sèvres à Niort.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être afin de satisfaire cette empathie qui n’est que trop humaine, les premières archives créées étaient distinctes des bibliothèques. Les archives sont principalement dépositaires de ce qui est individuel, des histoires personnelles, de ce qui appartient en particulier à chaque être humain dans une société qui a pour réflexe de ne pas tenir compte de ce qui est unique. Les archives opèrent une distinction méticuleuse entre tel et tel pécheur, entre les nobles élus et l’humble âme sauvée, entre les visages changeants d’une foule, d’une armée, d’un public, d’une classe, d’un collectif quel qu’il soit. Les archives sont des entités plurielles qui insistent sur le singulier. Les Archives départementales des Deux-Sèvres furent créées en 1796 dans le but de mettre à l’abri les documents des administrations et établissements religieux de l’Ancien régime qui avaient été abolis. Depuis 1986, année où elles sont devenues un service du Conseil général, elles ont pour mission de rassembler tous les documents issus des administrations du département, ainsi que de collections privées, susceptibles d’alimenter la mémoire collective. À ce jour, l’ensemble des pièces qui ont trouvé place dans l’immeuble des Archives atteint les quatorze kilomètres et augmente chaque année de quelque trois cents mètres. Chartes, ordonnances, sceaux, plans, photographies et cartes postales, dessins, actes judiciaires, dossiers d’avocats, catalogues commerciaux, lettres autographes, diplômes, registres de baptême, certificats de mariage ou de décès et paperasses innombrables composent un abondant trésor d’informations détaillées, un dédale au travers duquel, pourvu qu’on dispose des outils appropriés, ces existences fantômes d’hommes et de femmes qui ont vécu avant nous peuvent être sauvées de l’oubli. Les historiens, bien sûr, mais aussi, souvent, les auteurs de fiction ont trouvé dans des archives comme celles des Deux-Sèvres une source d’inspiration inestimable&nbsp;; on sait que Fédor Dostoïevski cherchait dans l’équivalent russe de telles archives la charpente des histoires qu’il allait développer en des centaines de pages, les «vies minimes» qu’il explorerait de plus en plus à fond, comme il le fit dans <em>Crime et châtiment</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_telegramme_2-1019x1024.jpg" alt class="wp-image-34760" width="578" height="580"><figcaption>Télégramme envoyé le 5 août 1895 par le juge de paix de Mazières-en-Gâtine au procureur de la République de Parthenay, où il donne le signalement de l’assassin.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Marie Margeau veuve Moindron, 77 ans</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une trentaine d’années avant la parution de <em>Crime et châtiment</em> à Moscou, une histoire dostoïevskienne fut vécue dans un petit village des Deux-Sèvres. Les comptes rendus de l’événement sont conservés aux Archives départementales sous l’intitulé discret de 2U 357. Consistant en télégrammes, transcriptions de témoignages, rapports de médecins légistes, mandat d’arrêt et autres documents, le dossier raconte l’histoire d’un crime commis dans la nuit du 4 août 1895 dans le village de Mazières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain matin, 5 août, le corps de Marie Margeau veuve Moindron fut découvert pendu dans sa maison avec une corde au barreau d’une échelle, pieds et genoux à terre. Elle était âgée de soixante-dix-sept ans, petite, mince, chenue. Elle avait été frappée au visage, à la tempe droite, et il y avait des traces de sang sur sa peau. On l’avait pendue alors qu’elle vivait encore, quatre heures environ après son dernier repas. On avait ouvert à coups de marteau l’armoire et les tiroirs et répandu leur contenu sur le sol, le lit avait été retourné. Quelques bijoux et plusieurs pièces d’or et d’argent furent découverts parmi les vêtements, ainsi qu’une bourse vide. Le meurtrier s’était servi pour ouvrir les volets et briser une vitre d’une barre métallique que l’on trouva sur les lieux. Les pièces à convictions étaient cette barre, plusieurs marteaux, la corde, la bourse vide et les morceaux de verre. Un voisin, Pascal Moreau, déclara à la police que le meurtrier était, à son avis, un certain Lucien Lhoumeau, également connu sous le nom de Marchand<sup>1</sup>, qui connaissait bien la victime et s’était vanté à son patron de son intention de l’épouser pour son argent, «quelque quatre ou cinq mille francs».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lhoumeau avait vingt-quatre ans, mesurait un mètre soixante-quatre, arborait une moustache naissante et (dans les termes de l’avis de recherche) avait «teint bilieux, cheveux châtains, incisives mauvaises et disjointes, voix féminine».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_plan_2-1024x921.jpg" alt class="wp-image-34762" width="592" height="532"><figcaption>Le plan de la maison de la veuve Moindron.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Un crime soigneusement préparé</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soir du crime, Lhoumeau portait «veston de toile coton fond noir, rayures grises faisant carreaux, chapeau paille ruban rouge, bottines élastiques dont bout réparé et deux rangées de clous au talon (dont extérieur plus gros)». Ceux qui le connaissaient déclarèrent que le jeune homme ne travaillait (principalement comme moissonneur) que pour se procurer l’argent nécessaire à ses plaisirs, argent qu’il dépensait au café et dans les maisons de tolérance du voisinage. Une autre voisine, une certaine M<sup>me</sup> de Fournier, raconta à la police que Lhoumeau avait perdu sa mère à l’âge de six ou sept ans, qu’il avait été un gentil garçonnet (elle s’était alors occupée de lui) et que ce n’était que plus tard qu’il «se gâte, “pieds de nez au curé”, ivrogne et paresseux, lui demande souvent de l’argent».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq mois après le lancement de l’avis de recherche, on retrouva Lhoumeau à Waterloo, près de Bruxelles. Il fut extradé et présenté devant la cour d’assises de Niort. Soldat déserteur à l’âge de vingt et un ans, Lhoumeau avait vécu de divers petits boulots un peu partout en France avant de s’installer pour quelque temps à Mazières. Après avoir gagné l’amitié de la vieille dame, il avait soigneusement préparé l’assassinat de la manière suivante&nbsp;: le soir du 2 août, il sortit de chez elle mais au lieu de retourner chez lui, il se cacha dans le four de la veuve en attendant qu’elle s’endorme. Cette nuit-là, il tenta de pénétrer dans sa chambre à coucher mais s’aperçut que la fenêtre était trop petite. Il décida alors de revenir la voir le 4 août, dîna avec elle, fit semblant de partir et, une fois encore, se cacha dans le four. La nuit venue, il entra dans la maison par une fenêtre du rez-de-chaussée, agressa la vieille dame et, tandis qu’elle gisait, inconsciente, lui passa la corde autour du cou et l’étrangla. Il se mit alors à fouiller dans ses affaires en quête d’argent et abandonna le corps agonisant dans la position où la police le découvrit le lendemain matin.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/10/deneyer_ad_79_signatures_2-1019x1024.jpg" alt class="wp-image-34763" width="506" height="508"><figcaption>Une page de l’interrogatoire de Louis Guillot, signée de sa main.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lhoumeau fut arrêté et son procès eut lieu le 12 décembre. Après une demi-heure de délibération, la majorité du jury estima Lhoumeau coupable mais recommanda les circonstances atténuantes (lesquelles avaient été demandées par la défense, qui avait longuement discouru à propos de l’enfance difficile du jeune homme et des souffrances endurées de la part d’un père ivrogne et violent). Ils avaient entendu le procureur parler de l’assassin brutal&nbsp;; ils avaient vu devant eux un jeune homme effrayé, qui avait de mauvaises dents et une «voix féminine». Nous ignorons comment ils raisonnèrent mais, plutôt qu’à la peine capitale, qui alors eût signifié la guillotine, Lhoumeau fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Visiteur occasionnel des archives ou chercheur intéressé découvre soudain, parmi des masses de documents bureaucratiques, une vie singulière, une tragédie personnelle, le portrait d’un jeune homme et d’une vieille femme qui, sans le savoir, furent voici plus d’un siècle les acteurs d’une histoire racontée, avec des détails légèrement différents, par un lointain et invisible romancier russe, leur quasi-contemporain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>1. On découvrira plus tard que son vrai nom est Louis Désiré Guillot.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les éditions Atlantique ont fait paraître&nbsp;<a href="https://editionsatlantique.com/index.php?id_product=38&amp;controller=product">La Perle d’Estrémadure. Une histoire de l’île de Ré</a>, par Alberto Manguel avec les photographies de Thierry Girard.&nbsp;<br><br>Leçon inaugurale par Alberto Manguel au Collège de France, le 30 septembre 2021 :&nbsp;<a href="https://www.college-de-france.fr/site/alberto-manguel/inaugural-lecture-2021-09-30-18h00.htm">Europa, le mythe comme métaphore</a>.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/alberto-manguel-ecrivain-lecteur/">Alberto Manguel, écrivain lecteur.</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/crime-et-chatiment-dans-les-deux-sevres/">Crime et châtiment dans les Deux-Sèvres</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Niort en couleurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Tachefine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 12:38:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[Aquarelles]]></category>
		<category><![CDATA[Deux-Sèvres]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Denis-Touron]]></category>
		<category><![CDATA[La Geste]]></category>
		<category><![CDATA[niort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un peu d'eau, quelques couleurs et des pinceaux : tel est le contenu qu'Emmanuel Denis-Touron emporte avec lui lorsqu'il arpente ruelles et avenues afin de sublimer la ville de Niort.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="color:#000000" class="color">Par Amina Tachefine</span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron est journaliste à la <em>Nouvelle-République</em>. Poitevin de naissance, il a depuis longtemps quitté la Vienne pour s’installer dans les Deux-Sèvres. Niort, son lieu de résidence, devient sa muse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autodidacte, cela fait une quinzaine d’années qu’il dessine. Il a collaboré avec le photographe animalier Philippe Giret et la journaliste Myriam Hassoun dans <em>Mes Voisins</em>, publié par les éditions Mons en 2019. Il revient avec un nouveau livre, publié par La Geste, où il représente les bâtiments niortais, son fleuve et le marais poitevin : «Je dessine Niort depuis maintenant cinq ans, dit-il. C’est Florence De Mornac, libraire à La Librairie des Halles, qui a organisé une rencontre avec La Geste. Le projet a ainsi commencé en septembre 2020.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/470-copie-1024x490.jpg" alt class="wp-image-34185"><figcaption>Les toits. Dessin Emmanuel Denis-Touron.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">«Toutes les villes devraient commencer ainsi.» Voilà comment débute cette ode à Niort. Sobrement, l’artiste représente l’horizon. Par un style emprunté à la bande dessinée, on y découvre des lieux comme Sainte-Pezenne, Champclairot ou encore Souché.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La ville comme chevalet</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En utilisant uniquement de l’encre de Chine, l’auteur peint la Sèvre Niortaise : «L’usage de l’encre en alternant avec l’aquarelle casse la monotonie. Les encres apportent un côté bande dessinée que j’apprécie beaucoup. Ça exagère la lumière, ce qui permet des contre-jours intéressants.» Ainsi, le fleuve transmet sa profondeur. Par les réserves de blanc, on devine un ciel illuminé par le soleil, dont les lueurs ricochent sur l’eau et les maisons aux alentours. Les escaliers de la place de la Brèche jouent le rôle de socle à des bâtiments aux lignes perpendiculaires. Une femme descend les marches à la hâte : sa robe flotte derrière elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pinceau de calligraphie trace les câbles électriques de l’avenue de Limoges, ainsi que l’ombre des pavés de la rue Brisson : «Le mieux pour les regarder filer est de s’accouder au parapet sous les halles.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron laisse ses pinceaux guidés par le souvenir. Sous un ciel clair, un établissement : le Relax Bar. «À l’étage de ce troquet de la rue Jean-Jaurès vivait un vieil homme. Souriant, un peu ermite, un bonnet rouge en hiver.» La brasserie s’est établie pendant vingt-quatre ans, avant de fermer définitivement en 2020 : «Et puis le vieil homme est mort. Le patron a fini par vendre. Et le bar a été effacé.» C’est banal mais universel. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est une vraie histoire de quartier. Le vieil homme s’appelait Christian. Sa seule famille était le patron du bar. Peu de temps après son décès, des appartements ont remplacé les lieux. J’ai fait ce dessin juste avant que le bar disparaisse.»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres établissements, comme La Roussille, dans le quartier Saint-Liguaire, rappellent le chamoisage, ayant fait la richesse de la ville jusqu’au début du <span class="smallcaps">xx</span><sup>e</sup> siècle. Celui-ci prenait place dans ces bâtiments où l’on sert maintenant du filet de rouget en escabèche et du tataki de thon.   </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/300-copie-1024x381.jpg" alt class="wp-image-34184"><figcaption>Les terrasses de la Brèche. Dessin Emmanuel Denis-Touron. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En admirateur des espaces où règne la végétation, l’aquarelliste partage ce qui reste de l’ancienne voie de chemin de fer reliant Niort et Fontenay-le-Comte. Celle-ci est ensevelie par les arbres. Le feuillage, retranscrit par des tâches dans différentes gammes de verts, s’élèvent vers le ciel. L’image est bordée d’encre noire, semblable à une photographie instantanée. Sur le quai de la Regratterie, d’épais arbres ont été reproduits à partir de brou de noix utilisé en lavis. Colorant issu de l’écorce de la noix, il permet cette teinte brunie. L’auteur nous en dit un peu plus sur cette technique : «Moins sombre que l’encre, le brou apporte ce côté sépia au dessin. Je fais mes arbres avec ça, à l’éponge, pour que le coup de pinceau ne se voit pas. Le brou a une singularité incroyable : lorsqu’une goutte tombe sur le papier, ses pigments migrent vers les bords.»</p>



<h4 class="wp-block-heading">Dépaysement citadin </h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des pages, on fait une étonnante rencontre. L’auteur a imaginé une galerie au Musée Bernard d’Agesci où les dragons s’invitent : on y retrouve un dragon imaginé sous les traits d’un Mondrian, ou bien encore de Banksy et Keith Haring. Un tableau met en scène Monsieur Linea qui rencontre la créature mythique. Il nous explique cette idée fabuleuse : «Les quatre têtes de dragons de Niort font partie de l’identité de la ville, au même titre que le Donjon. La première idée était de les dessiner comme ces statues de vaches aux motifs colorés. Puis je les ai déclinés avec plusieurs styles artistiques reconnaissables.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Denis-Touron dévoile un Niort à l’architecture diverse et romancée. La citerne de Boinot en contre-plongée devient bijou artistique et le ciel son support : «Un bleu pareil, ça ne s’invente pas», signale un cartouche. L’avenue de la Rochelle, avec ses pavillons, devient jumelle des Painted Ladies de San Francisco. On voyage dans les Deux-Sèvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Hôtel de Ville navigue dans la nuit, les nuages tel que l’écume pour seule compagnie. L’auteur reproduit avec humilité les anciens Bains Juins, premiers bains-douches niortais. On raconte que son architecture viendrait d’un mexicain, expliquant ainsi ses airs hispaniques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai dessiné ces endroits car ils m’emmènent ailleurs. Il ne s’agit pas de faire l’histoire de Niort. J’ai voulu avant tout transmettre mes ressentis, et laisser la ville parler à mon inconscient.»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Niort, c’est aussi la beauté de ce qui reste des anciennes tendances architecturales : il faudra aller aux quartiers de Champclairot et de Champommier pour voir les maisons des années 1950, aux teintes vertes, roses ou beiges : «Touchantes souvent, hautaines parfois, coquettes toujours.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/06/490-copie-948x1024.jpg" alt class="wp-image-34186" width="396" height="427"><figcaption>Rue Yvers. Dessin Emmanuel Denis-Touron.</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste nous parle de cet attachement particulier : «C’est une ville absolument magnifique. J’y ai découvert la douceur d’y vivre. Je pense que les personnes qui la condamnent sont celles qui ne la connaissent pas. Niort, c’est un sujet d’émerveillement permanent. On y découvre des trésors cachés, qui méritent le coup d’œil. Il y a une lumière fantastique : la ville se laisse traverser par elle, et le soleil vient taper contre ses façades très blanches, en fin d’après-midi.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques plans ont été reproduits, afin d’aider le lecteur à se situer, ou bien à s’y retrouver plus tard. La Sèvre devient un trait turquoise. Les maisons, vues de haut, des petits points marrons. Ce livre s’adresse aux personnes qui sont venues et à celles qui viendront. N’en déplaise à Michel Houellebecq !</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Emmanuel Denis-Touron, <a href="https://www.gesteditions.com/beaux-livres/carnets-de-l-ouest/niort-aquarelles-lignes-claires">Niort aquarelles – lignes claires</a>, éditions La Geste, 140 p., 2021, 20 €</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/niort-en-couleurs/">Niort en couleurs</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Mosaïques antiques en Poitou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 08:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Images]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bas-Empire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trouver une mosaïque en archéologie n’est pas anodin dans la région. Panorama des découvertes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Julie Caron</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute avez-vous entendu
parler des deux mosaïques antiques mises au jour à Poitiers, lors de la fouille
archéologique du Jardin des droits de l’Homme pendant l’été 2019&nbsp;? Ce fait
exceptionnel a provoqué une grande curiosité au sein de la population. Et pour
cause&nbsp;! Trouver une mosaïque en archéologie n’est pas anodin dans la
région. Contrairement aux grandes cités gallo-romaines telles que Lyon, Nîmes
ou Arles, Poitiers et ses environs ont laissé peu de traces de ce type de décor
jusqu’à présent. Les travaux urbains et ruraux ont fortement modelé le paysage,
et ont contribué à la destruction de nombreux monuments ornés de mosaïques.
Leur mise au jour, souvent fortuite, a tout de même permis de faire évoluer les
stratégies d’études, alors de plus en plus précises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mosaïque à l’époque romaine, c’est quoi&nbsp;? Bien loin de
ressembler à celle de notre société actuelle, que l’on retrouve par exemple en
kit dans les magasins de loisirs créatifs ou dans nos salles de bain, et qui
met en œuvre des compositions modernes réalisées en céramique ou en pâte de
verre aux couleurs vives, cette technique présente, dans l’Antiquité, des
particularités précises se rapportant à sa fonction, sa composition et son
exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle consiste en l’assemblage d’éléments taillés, appelés tesselles, placés dans une préparation de mortier, afin de constituer un revêtement de sol, ou de paroi. La technique que l’on retrouve le plus souvent est celle des mosaïques posées au sol, en <em>opus tessellatum</em>. Les matériaux employés sont surtout la pierre, et dans de rares cas, la pâte de verre ou la terre cuite. Taillées par les artisans pour qu’elles s’adaptent tant à la place qu’elles doivent occuper qu’au décor conçu, les tesselles sont généralement cubiques, et mesurent autour de 0,8 cm de côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fonction principale est de protéger une surface des altérations du sol et de l’humidité, elle participe également au décor d’une pièce. Longtemps étudiée comme une œuvre d’art, la mosaïque fait pourtant bien partie du domaine de l’artisanat. Le <em>tessellarius</em> (poseur de tesselles) est un artisan avant tout, maître dans la taille des tesselles, et dans la préparation des pavements. Les origines de l’<em>opus tessellatum</em> remontent à l’époque hellénistique (<span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle av. J.-C.), cette technique est ensuite adoptée en Italie, puis se diffuse dans les provinces occidentales de l’Empire romain.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Des compositions variées qui évoluent</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Traditionnellement
en Gaule, il est admis que la pose de mosaïques noires et blanches précède
celle des mosaïques polychromes. Sans connaissance précise de la stratigraphie,
l’aspect décoratif a longtemps été le seul moyen de proposer une datation du
pavement. Néanmoins, plus les recherches avancent, et plus il apparaît que cet
élément n’est pas un critère de datation très fiable. Dans le cas des mosaïques
pictonnes, très peu de contextes sont datés avec précision – du fait de
fouilles anciennes, ou en l’absence d’élément datant –, le décor a ainsi été une
donnée essentielle pour proposer des hypothèses d’évolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mosaïques géométriques bichromes, mises en œuvre dès le début du <span class="smallcaps">i</span><sup>er</sup> siècle ap. J.-C., sont probablement les plus anciennes. Elles constituent la grande majorité des découvertes en Poitou, en particulier à Poitiers, la capitale du territoire. Leur nombre est tel que l’hypothèse d’un «&nbsp;atelier&nbsp;» de mosaïstes implanté dans la ville a été envisagée. Les compositions sont généralement noires sur fond blanc, et de rares exemples présentent un contraste inverse&nbsp;; c’est le cas du pavement découvert à Jaunay-Clan (1915), qui présente un décor blanc sur fond noir, sous forme de losanges emboîtés dans des rectangles ou des carrés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les compositions sont plutôt simples et courantes dans le monde romain, c’est le cas des mosaïques découvertes à Poitiers dans la rue Hôtel-Dieu (1835) et sur le site du Jardin des droits de l’Homme (2003 et 2019). Elles mettent en œuvre des bandes noires sur un champ de tesselles blanches placées en oblique, ponctué ou non de cabochons (quatre tesselles) ou croisettes (motif de croix) noirs. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/fig--a-b-c-d-1024x472.jpg" alt class="wp-image-32592"><figcaption> En a&nbsp;: Mosaïque à formes emboîtées découverte à Jaunay-Clan en 1915 (source&nbsp;: <em>Gallia</em>). En b&nbsp;: Mosaïque à bandes et cabochons découverte sur le site du Jardin des droits de l’Homme (Poitiers) en 2019 (Photo Inrap Nouvelle-Aquitaine et Outre-Mer). En c&nbsp;: Mosaïque à croisettes, découverte en même temps que la b (Photo Inrap Nouvelle-Aquitaine et Outre-Mer). <br>En d&nbsp;: Mosaïque à bandes découverte rue Hôtel-Dieu (Poitiers) en 1835 <br>(Photo Christian Vignaud – Musée de Poitiers). </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres pavements sont plus élaborés et présentent un agencement unique. La composition découverte place Charles-de-Gaulle à Poitiers (1973) est originale, et met en œuvre les deux types de contraste vus précédemment&nbsp;: noir sur fond blanc pour l’ensemble de sparterie imitant la vannerie en périphérie, et blanc sur fond noir pour représenter les éléments centraux figurant des sabliers, des carrés sur la pointe et des méandres de svastikas. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucune autre mosaïque ne présente cet agencement dans le monde romain. Le pavement découvert place de l’Étoile (1862), près du marché Notre-Dame, à quelques dizaines de mètres des précédentes, présente un agencement complexe de formes quadrangulaires emboîtées et d’une frise en arêtes de poissons bichrome.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/fig--e-f-1024x438.jpg" alt class="wp-image-32595"><figcaption>En e&nbsp;: Mosaïque à sparterie, sabliers, carrés sur la pointe et méandres de svastikas découverte place Charles-de-Gaulle (Poitiers) en 1973 (Photo Christian Vignaud – Musée de Poitiers). En f&nbsp;: Mosaïque à motif d’arêtes de poisson et de formes emboîtées découverte place de l’Étoile (Poitiers) en 1862 (source&nbsp;: <em>Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest</em>). </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Probablement à partir de la fin du <span class="smallcaps">ii</span><sup>e</sup> siècle, ou au début du <span class="smallcaps">iii</span><sup>e</sup> siècle, la couleur apparaît timidement dans les compositions, comme en témoignent deux ensembles de mosaïques mis au jour à Poitiers (chantier du musée Sainte-Croix, 1972, et devant l’église Notre-Dame-la-Grande, 1991). Les canevas évoluent tout en restant de tradition géométrique, et de nouveaux motifs, végétaux et figurés, sont introduits, notamment grâce à la diffusion de modèles imaginés dans les ateliers du bassin du Rhône, dans l’ensemble de la Gaule. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/fig--g-h-1024x340.jpg" alt class="wp-image-32598"><figcaption>  En g&nbsp;: L’un des fragments avec fleuron et demi-étoiles de losanges découvert lors du chantier du musée Sainte-Croix (Poitiers) en 1972 (Photo Christian Vignaud – Musée de Poitiers). En h&nbsp;: Mosaïque à motif d’amphore, tresse et composition d’étoile à huit losanges, carrés et triangles convexes découverte devant la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande (Poitiers) en 1991 (Photo Atelier de restauration des mosaïques de Saint-Romain-en-Gal). </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Enfin, les mosaïques du Bas-Empire (<span class="smallcaps">iv</span><sup>e</sup> siècle) puisent dans le répertoire végétal caractéristique des pavements dits de «l’école d’Aquitaine», qui se développent à partir de Bordeaux, capitale de la province. La couleur est dominante, la palette est plutôt bleue et rouge dans le pavement découvert près de l’ancienne église Saint-Pierre‑l’Hospitalier à Poitiers (1843), tandis que les tons orange et vert s’imposent dans une composition d’octogones et de calices trifides découverte dans la villa de Périgné (1856), en Deux-Sèvres. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/fig--i-j-814x1024.jpg" alt class="wp-image-32599"><figcaption>En i&nbsp;: Mosaïque à tresse et fuseaux découverte vers l’ancienne église Saint-Pierre‑l’Hospitalier (Poitiers) avant 1843 (Photo Christian Vignaud – Musée de Poitiers). En j&nbsp;: Mosaïque à composition d’octogones, fleurs et calices trifides tête-bêche découverte à Périgné en 1856 (Photo Musée de Niort). </figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>De la commande au chantier</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant très longtemps, la
mosaïque a été considérée uniquement d’un point de vue stylistique, la reléguant
alors seulement à une œuvre artistique. Depuis quelques décennies, des équipes
de spécialistes s’attachent à analyser la mosaïque comme un témoin de la
réalité sociale des artisans. Le mortier, les tracés préparatoires, la taille,
la forme et la nature des roches, autant d’éléments ainsi étudiés qui viennent
alimenter les travaux sur la mosaïque en Gaule et sur le travail des mosaïstes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commander une mosaïque n’était pas à la portée de tout le monde. Seuls les plus fortunés pouvaient prétendre orner de ce type de décor leurs maisons, leurs bains ou bien les bâtiments publics. Leur remplacement était alors plutôt rare. Une fois le chantier installé, les mosaïstes commençaient par préparer leurs mortiers sur place, et débitaient les tesselles à l’aide d’une marteline (petit marteau à pointe et à dents). Un grand nombre de rebuts et de déchets de taille sont dans de rares cas retrouvés sur le chantier-même, comme sur le site du Jardin des droits de l’Homme à Poitiers (2019, 2020). Le support de préparation est composé de trois niveaux de pierres et de mortier, de plus en plus fins tant sur l’épaisseur que la qualité. Les tracés préparatoires sont dessinés sur la dernière couche appelée <em>nucleus</em>&nbsp;; cependant, aucun en Poitou n’a fait l’objet d’observations précises, ou n’a encore été relevé. Les tesselles sont enfin progressivement placées dans un bain de pose constitué de chaux, qui sert de colle et de joint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un <em>tessellarius</em> posait en une journée environ 1 m² de tesselles
seulement. La surface des pavements étant de plusieurs dizaines de mètres
carrés, cela impliquait une longue durée du chantier pour ce corps de métier. Plusieurs
calibres de cubes sont employés, selon la zone qu’ils occupent. Ainsi, dans les
parties périphériques, mises en œuvre en premier, ou pour former les cabochons
et croisettes noirs, les tesselles sont plus grandes, et ce pour trois raisons
principales&nbsp;: gain de temps de mise en œuvre, meilleure résistance au
piétinement, sans oublier l’effet esthétique que cela induit. Pour les détails
et figures, elles sont d’un calibre plus petit, pour faire ressortir les
détails. En Poitou, les cubes mesurent en moyenne 0,7 cm. Les plus conséquents
avoisinent 1,2 cm de côté, et jusqu’à 2 cm de hauteur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les matériaux étaient le plus souvent extraits dans les environs, comme les calcaires blancs. Néanmoins, certaines roches aux propriétés spécifiques pouvaient être apportées de loin. L’examen pétrographique des pierres noires à Poitiers a démontré que des roches sédimentaires noires ont été employées dans les pavements. Aucun gisement de roche noire n’ayant été a priori inventorié dans la région, il est possible que ce type minéral ait été extrait ailleurs en Gaule.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/outils-mosaistes-1024x576.jpg" alt class="wp-image-32601"><figcaption>  Restitution des outils de travail du mosaïste&nbsp;: marteline et tesselles taillées, <br>au musée de Saint-Romain-en-Gal (Photo Julie Caron). </figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une étude en
perpétuelle évolution</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce au chantier récemment ouvert en aire urbaine au niveau du Jardin des droits de l’Homme à Poitiers, les problématiques sur la mosaïque en Poitou et en Gaule sont ravivées. Une analyse technique des mortiers et des roches est possible, par le prélèvement de plusieurs échantillons, afin de déterminer leur nature à partir de leur observation au microscope optique. De plus, la découverte de déchets de taille en grande quantité lors de la deuxième phase du chantier permettra de faire progresser les travaux sur la réalité du métier de mosaïste. À terme, l’ensemble de ces études permettront d’identifier les voies de circulation et d’approvisionnement en territoire picton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mosaïque a toujours cherché à se renouveler selon les sociétés. À l’époque paléochrétienne et au Moyen Âge, son emploi était total sur les parois de certaines basiliques d’Italie, assurant la magnificence des édifices chrétiens, notamment grâce à l’emploi de tesselles dorées. Elle sera toujours source de fascination, et provoquera un certain émerveillement, voire une émotion, comme celle suscitée par la récente découverte de la mosaïque d’Uzès en Occitanie. De nos jours, il n’y a qu’à observer les surfaces urbaines telles que les fontaines ou les rues pavées pour constater sa pérennité. Christian Sicault, mosaïste basé à Saint-Génard en Deux-Sèvres, sacré meilleur ouvrier de France en 1997, s’y emploie en proposant des stages d’initiation. Entre tradition et nouveauté, par sa fibre créatrice, il promet de faire perdurer cet art qui est, et qui ne cessera jamais d’être.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/03/uzes-1024x682.jpg" alt class="wp-image-32603"><figcaption>Détail de la mosaïque d’Uzès, mise au jour en 2017 par l’Inrap <br>(Photo Denis Gliksman, <a href="https://www.ouest-france.fr/region-occitanie/gard/gard-une-mosaique-romaine-geante-et-bien-conservee-decouverte-uzes-4891774">Inrap&nbsp;Méditerranée</a>). </figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Pour aller plus loin&nbsp;:</strong><br>Catherine Balmelle, Jean-Pierre Darmon, <em>La mosaïque dans les Gaules romaines</em>, Edition Picard, Paris, 2017, 359 p.<br><br>Véronique Blanc-Bijon, «&nbsp;Mosaïque&nbsp;», dans Dionigi Albera, Maryline Crivello, Mohamed Tozy (dir.), <em>Dictionnaire de la Méditerranée</em>, Actes Sud, Arles, 2016, p.&nbsp;1003–1017.<br><br>Véronique Blanc-Bijon, «&nbsp;Comment travaillaient les mosaïstes dans l’Antiquité&nbsp;», <em>Territori della Cultura</em>, 25, 2016 p. 16–41.<br><br>Julie Caron, « Les mosaïques du territoire picton à l’époque romaine : étude stylistique et technique », <em>Bulletin de liaison et d’information AAPC</em>, n°47, 2019, p. 41–54.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été écrit dans le cadre de la formation doctorale Écrire un article grand public avec l’École doctorale Humanités, Universités de Poitiers et Limoges. Julie Caron est doctorante en 3<sup>e</sup> année de thèse en Archéologie antique, rattachée au laboratoire Herma (Hellénisation et romanisation dans le monde antique) université de Poitiers.</p></blockquote>
<p></p><div class="qnimate-post-series-post-content"><div>Cet article fait partie du dossier <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/post-series/archeologie-dans-la-vienne/">Archéologie dans la Vienne</a>.</div></div><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mosaiques-antiques-en-poitou/">Mosaïques antiques en Poitou</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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