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	<title>coronavirus - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>coronavirus - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Appeler ma famille n’est plus une corvée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Dec 2020 09:23:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Confinement raconté par des étudiants de l'Université de Poitiers. Aujourd'hui, Aymeline Debonlier raconte son expérience et l'épreuve des sentiments.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Aymeline Debonlier</strong></p>



<p>C’est dans un moment pareil qu’on se rend compte de ce qui est vraiment important. Plusieurs sentiments se bousculent, la peur, l’inquiétude, l’incompréhension. Mais qu’est-t-il vraiment en train de se passer&nbsp;? Le monde entier est à l’arrêt caractérisé par le silence à la fois apaisant et effrayant. Les mots «Covid, virus, mort, pandémie» circulent en boucle dans ma tête, que j’allume la télé ou que je regarde mon téléphone on ne parle que de ça. Logiquement, une paranoïa se met en place, et si ça m’arrivait à moi ou pire encore à quelqu’un de mon entourage&nbsp;? La peur de perdre un être cher s’accentue, est-ce que tout cela va s’arrêter un jour&nbsp;? Les petites choses quotidiennes de la vie qui nous semblaient banales auparavant nous manquent aujourd’hui terriblement. Appeler ma famille n’est plus une corvée et devient un moment réconfortant et rassurant. Même si les discussions tournent un peu en rond étant donné le contexte, je me rends compte que c’est une chance car de nombreuses personnes en sont privées à cause de cette pandémie. C’est là que je commence à rêver de choses simples, un repas où nous serions tous réunis, qu’est-ce que ça ferait du bien&nbsp;!</p>



<p>C’est vrai que les jours passent lentement et se ressemblent. Au début, j’en profite pour me reposer et flâner, mais rapidement l’ennui se fait sentir. Pour fuir cet ennui, je me dis que la meilleure solution est de mettre en place une routine, essayer d’organiser au maximum mes journées. Ce moment signant le début des activités en tout genre, cuisine, sport, nettoyage, jeux de sociétés, jeux vidéo, lecture, musique, films, puzzle, jardinage. Grande habituée de la procrastination, ce n’était plus une excuse valable.</p>



<p>Pendant cette période irréelle, une atmosphère angoissante régnait. Les médias ont commencé à diffuser des aspects plus «positifs» de ce confinement, permettant de s’évader un peu et d’atténuer la peur. Je suis agréablement surprise par l’élan de solidarité que provoque ce confinement. Tous dans la même situation, une espèce d’entraide collective s’est mise en place, bousculant nos habitudes, mais permettant de créer de nouveaux liens, de penser davantage aux autres. On voit également la nature reprendre ses droits, la pollution chuter fortement partout dans le monde. C’était peut-être de ça qu’on avait besoin, d’un électrochoc pour prendre conscience que nous avons tous un rôle à jouer pour sauver notre planète. Vu le temps libre dont nous disposions tous, la mode du «fait maison» était lancée. Et pour une fois, qu’il s’agit d’une mode utile et engagée pourquoi s’en priver&nbsp;? Allez c’est parti pour de nouvelles activités, si je faisais mon pain, mes produits ménagers et cosmétiques, et pourquoi pas du fromage aussi, de la moutarde.</p>



<p>Malgré toutes ces occupations, deux mois c’est plutôt long finalement, je me mets à me plaindre, à râler, mais quand allons-nous enfin nous rendre notre liberté&nbsp;? Puis arriva le jour du déconfinement&nbsp;: le 11 mai 2020, la <em>libération</em>&nbsp;! Rien que de faire une heure de voiture était un vrai plaisir&nbsp;! Et je ne parle pas des retrouvailles avec ma famille et mes amis. C’était comme si on ne s’était pas vu depuis un an. Séparés pendant deux mois, il fallait peut-être cela pour que je me rende compte à quel point je suis chanceuse d’être entourée des gens que j’aime. Le déconfinement c’était un peu comme un retour à notre vie d’avant, avec néanmoins de nouvelles habitudes à prendre. Difficile d’oublier les gestes barrières à respecter&nbsp;: tousser ou éternuer dans son coude, se laver très régulièrement les mains, saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades. Mais ne pas pouvoir se serrer dans les bras n’est même pas si frustrant à côté de la joie procurée de se voir face à face. C’est comme si en une journée j’avais déjà oublié «l’horreur du confinement». Et si, finalement, cette «expérience» avait eu des effets bénéfiques sur moi&nbsp;? L’envie d’être plus présente pour mon entourage, d’aider les autres, de prendre soin de moi, d’être plus écolo, plus ambitieuse, tout cela ressemble fortement à des bonnes résolutions pour la nouvelle année&nbsp;! Mais comme tout le monde le sait, les bonnes résolutions ne durent jamais et les mauvaises habitudes reviennent rapidement. Aujourd’hui, même avec tout l’amour que j’ai pour eux, appeler ma famille est redevenu une corvée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Aymeline Debonlier est étudiante en master 2 microbiologie et immunologie, à l’université de Poitiers.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été rédigé dans le cadre d’une formation à l’écriture journalistique (UE Médiation scientifique).</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/appeler-ma-famille-nest-plus-une-corvee/">Appeler ma famille n’est plus une corvée</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>« Si je viens à la pharmacie, c’est pour sortir »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Dec 2020 09:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
		<category><![CDATA[coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
		<category><![CDATA[pharmacie]]></category>
		<category><![CDATA[pharmacien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noémie Prébonnaud est étudiante en pharmacie à l'Université de Poitiers. Elle dresse le portrait de quelques habitués de l'officine pendant le premier confinement.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Noémie Prébonnaud</strong></p>



<p>17 mars 2020, marche vers l’inconnu, mise en place des nouvelles réglementations sanitaires, gestion du stress&nbsp;: le nôtre, à la pharmacie, et celui imposé par les autres. Je me souviens encore de cette vague de panique, des patients qui n’arrêtaient pas d’affluer depuis la veille, depuis qu’ils avaient compris que la vie allait changer, et ce, pendant une période indéterminée. Il y avait une file d’attente jusque sur le parking et cela toute la matinée, sans interruption.</p>



<p>12 h, arriva le début d’une nouvelle vie. Le confinement commençait. Il n’aura pas été synonyme d’ennui pour ma part. En effet, il fallait être tous les jours présent à la pharmacie et gérer l’évolution perpétuelle des réglementations sanitaires qui pouvaient aller dans un sens une journée, et dans le sens inverse à la fin de la semaine notamment pour la gestion des masques pour les professionnels de santé. Il fallait aussi gérer la colère et les interrogations des patients quant aux ruptures pour les masques, les gants et les thermomètres ainsi que pour un grand nombre de médicaments. Ils avaient l’impression qu’on les abandonnait et nous étions impuissants.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Des inquiétudes variées</strong></h4>



<p>Finalement, le confinement aura été plutôt synonyme de rebondissements avec des profils de patients allant d’un extrême à l’autre.</p>



<p>M<sup>me</sup> B, septuagénaire au visage fermé, cheveux grisonnants et parsemés, des lunettes pour durcir les traits, la démarche dandinante, toujours avec ses sacs à la main. Pas de sourire ni de bonjour au rendez-vous. Une femme plutôt sèche me direz-vous&nbsp;? Et pourtant, M<sup>me</sup> B n’était pas la dernière à vouloir plaisanter. Elle était maligne. Elle m’a confié, avec un petit sourire en coin&nbsp;: «Vous savez, si je viens à la pharmacie, c’est pour sortir.» M<sup>me</sup> B avait trouvé la combine pour détourner le confinement qui était, je crois, plus une contrainte qu’une inquiétude pour elle et ce n’était pas la seule.</p>



<p>Femme de 30 ans, élancée, avec une queue de cheval et le sourire, pas du tout pressée. Elle venait récupérer son traitement immunosuppresseur pour son asthme. J’entendais ma titulaire crier derrière&nbsp;: «Il faut vite servir cette dame, elle est asthmatique sévère.» Elle est venue lui rappeler qu’elle était une personne à risque et qu’il fallait qu’elle limite ses sorties mais, en réalité, ma titulaire s’inquiétait plus pour elle que cette femme elle-même qui m’a dit&nbsp;: «Ne vous inquiétez pas, ça ne me fait pas peur.» Si cette patiente ne s’inquiétait pas, d’autres patients l’étaient pour deux personnes voire plus.</p>



<p>Femme d’environ 50 ans aux cheveux bouclés, attachés, légèrement repliée sur elle-même, totalement terrorisée par la situation. Elle venait pour faire renouveler son ordonnance. Chaque geste était calculé, le moindre contact évité. Elle me disait, en commençant à partir&nbsp;: «Vous allez peut-être trouver ça bête mais quand je vais rentrer, je vais tout de suite prendre une douche.» J’essayais de la rassurer mais rien n’y faisait, je crois que cette dame était impatiente de se réfugier chez elle. Elle me répétait&nbsp;: «J’essaie de sortir le moins possible, et à chaque fois que je sors, je vais tout de suite prendre une douche et tout laver.» Si certains ont découvert l’hygiène, d’autres sont devenus pour le moins excessif.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Lavage obsessionnel</strong></h4>



<p>Homme, plutôt jeune et fort, la peau blanche avec absence de barbe, portant des lunettes, vêtu d’un t‑shirt large et d’un jogging noir. Il venait chercher une crème pour les mains. Avec les recommandations sur le lavage des mains, de grosses irritations s’étaient installées. Je m’entends encore lui dire&nbsp;: «Une fois que vous rentrez chez vous, vous vous lavez bien les mains, vous le faites avant de manger et en sortant des toilettes mais ce n’est pas nécessaire de vous les laver à chaque fois que vous touchez un objet.» Il me répondit «Ah bon&nbsp;!» d’un air totalement perdu. Je crois que l’anxiété de la situation avait conduit à un lavage obsessionnel.</p>



<p>Le confinement aura été également une période d’attention particulière pour nos amis les bêtes avec des demandes très fréquentes de vermifuges et de produits antipuces mais aussi pour des compléments alimentaires pour la pousse des cheveux ou des cosmétiques anti-âge qui ne relevaient pourtant pas d’un caractère d’urgence mais ces dames «n’avaient que ça à faire».</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Noémie Prébonnaud est étudiante en master 2 microbiologie et immunologie dans le cadre de son internat de pharmacie en innovation pharmaceutique et recherche, à l’université de Poitiers.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été rédigé dans le cadre d’une formation à l’écriture journalistique (UE Médiation scientifique).</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/si-je-viens-a-la-pharmacie-cest-pour-sortir/">« Si je viens à la pharmacie, c’est pour sortir »</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>De l’île en feu à la prison paradisiaque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Dec 2020 09:57:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[confinement]]></category>
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		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>
		<category><![CDATA[université de Poitiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Confinée sur l'ïle de la Réunion, Florence Couillard, interne en médecine à l'Université de Poitiers, raconte ces mois passés là-bas.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Florence Couillard</strong></p>



<p>Alors que la pandémie du petit pangolin progressait sournoisement dans le monde entier, je débutais un stage en médecine tropicale dans un centre hospitaliser à La Réunion. Je fais mon internat en médecine interne (une spécialité de maladies compliquée à la D<sup>r</sup> House), à Limoges (oui, la petite cité de la porcelaine, dans le trou au milieu de la carte de France, juste en dessous la Creuse). J’ai eu la chance de pouvoir partir dans les DOM-TOM pour compléter ma formation en infectiologie… sans oublier les options randonnées et plongées.</p>



<p>Ma semaine était bien occupée dans le service avec des lupus, des sclérodermies en poussées, des cas de dengue et leptospirose. Les <em>zorey</em> <em>– </em>prononcer z’oreille, les Blancs de métropoles<em> – </em>étaient très bien accueillis par les équipes d’infirmières et aide-soignants créoles&nbsp;: ambiance chaleureuse, bises le matin, bonbon / gâteauet pique-niques à base de cari poulet et rhum arrangé. «Koment i lé&nbsp;?» «Lé la, Kwélafé&nbsp;?» «Allon bat karé au bordmer avec la marmaille» «Lé bon, à talèr» / <em>Comment ça va&nbsp;? Bien, quoi de neuf ? On va se promener à la mer avec les enfants, d’accord, à tout à l’heure.</em> Mais j’avais hâte de m’échapper les week-ends pour sillonner cette île intense&nbsp;: le volcan encore brûlant des dernières coulées de lave, le piton des neiges sans neige, les cascades et bassins bleus de l’est, les nuits en bivouac dans les cirques, les soirées sur la plage… puis après certaines élections municipales… Paf, le confinement nous a tous surpris&nbsp;! D’abord on n’y croit pas, puis on se pose des questions et enfin on prend les choses au sérieux&nbsp;: Rentrer la kaz / <em>maison</em>, pas bouger de chez soi, sorties limitées avec une autorisation signée sur l’honneur…</p>



<p>À La Réunion, les mesures ont été prises en même temps qu’en métropole, ce qui nous donnait un coup d’avance sur la pandémie car le virus n’avait pas encore atteint l’océan Indien. Cette île, tout petit coin de paradis volcanique, quatre centres hospitaliers, pouvait à tout moment devenir une fournaise de patients contaminés ne pouvant pas être soignés… Pas de moyen de fuir sur une île&nbsp;! L’autre solution étant de sauter dans l’eau et d’espérer échapper aux requins… Et on regardait les avions déverser leur flot de voyageurs arrivant de métropole, potentiellement des bombes de virus à retardement. Un type en interview a même déclaré tout content qu’il avait réussi à prendre un vol pour venir passer un agréable confinement sous le soleil des tropiques&nbsp;! On l’excusera car c’était le début de la prise de conscience… (et en espérant qu’il soit resté bloqué dans une chambre d’hôtel hors de prix, au sous-sol, sans internet, nourri au pain sec à l’eau&nbsp;!).</p>



<p>Pour le personnel hospitalier, pas de repos à la maison&nbsp;! Au début, on était spectateur de ce qui s’était passé en Asie, en Italie et maintenant en métropole, j’ai longuement hésité à demander un rapatriement dans mon service de médecine à Limoges pour prêter main forte à mes collègues internes car j’avais le frustrant sentiment de rester passive, inactive sur mon îlot. Mais je suis restée à La Réunion car même si je n’étais qu’un petit doigt, le corps médical du service d’infectiologie allait avoir besoin de tous ses membres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/florence-couillard-0023-1024x768.jpg" alt class="wp-image-33641"><figcaption>L’île de La Réunion. Photo Florence Couillard.</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Réorganisation à l’hôpital</strong></h4>



<p>Tout l’hôpital a été réorganisé&nbsp;: annulation de toutes les consultations, hospitalisations ou chirurgies non urgentes, mise en place de consultations téléphoniques, création de secteurs dédiés aux patients suspects Covid. De ce fait certains services étaient vidés et d’autres, comme en médecine infectieuse, tournaient à plein régime pour récupérer les patients des services fermés et faire face à l’épidémie de dengue concomitante. Mais comme toutes organisations d’urgence il y avait des failles&nbsp;: erreurs d’orientation, changement des protocoles de dépistage. Certains patients hospitalisés depuis plusieurs jours se révélaient être à risque et on devait les mettre en isolement&nbsp;; le personnel se retrouvait donc exposé à des patients sans avoir été protégé. On n’avait pas beaucoup d’information et les règles à suivre changeaient tous les jours, rendant difficiles les prescriptions et indications à donner aux infirmiers qui manifestaient leur crainte de transmettre le virus à leur gramounes / <em>grands-mères</em>. Le plus dur était de gérer les familles à distance car les visites étaient interdites. Comment expliquer à des patients en gériatrie, déments, confus et perdus que personne ne peut venir les voir car dehors c’est un scénario de science-fiction avec un coronavirus mutant et des zombies contaminants&nbsp;? Et les parents en fin de vie&nbsp;? Et comment rassurer notre collègue interne qui fond en larmes car elle craque sous la pression de cette prise en charge déshumanisée&nbsp;? L’ambiance dans le service a changé&nbsp;: distanciation, plus de bises, plus de gâteaux, plus de réunion du personnel ou les repas de services… On devait également assurer les gardes aux urgences&nbsp;: c’était plus calme, il y avait beaucoup moins de passage pour de la «bobologie» mais, à chaque patient se posaient la question fatale&nbsp;: «Est-ce que son nez qui coule, sa toux, son grattement de pieds c’est le Covid&nbsp;?» Car si on passait à côté d’un diagnostic et que le patient n’était pas mis en isolement, on exposait tout le personnel au risque de contamination.</p>



<p>On avait du travail mais cela nous permettait de garder un pied dans le monde réel et de prendre l’air&nbsp;: le midi on mangeait avec les internes dans le jardin de l’hôpital, à l’ombre des palmiers, entourés de fleurs aux milles couleurs et senteurs. La population a été très impliquée pour nous soutenir&nbsp;: des petits déjeuners offerts, des pizzas pour nous régaler la nuit pendant nos gardes… Et surtout, contrairement aux informations qui circulaient sur les réseaux sociaux ou aux médias qui décomptaient machinalement le nombre de nouveaux cas, on était au cœur de la prise en charge et on s’est vite rendu compte que la situation n’était pas si apocalyptique. Au début on était dans les starting-blocks, les chefs nous proposaient des jours de congés pour nous reposer avant l’assaut, armés seulement de notre courage (sans masque, sans gants et sans test Covid car manque de moyens) prêts à faire face à un débordement de patients comme on l’entendait chez nos collègues parisiens ou du Grand-Est, à attendre des patients en détresse respiratoire et à dégainer l’intubation… Mais finalement il y eut peu de cas, surtout dans notre hôpital de périphérie. Pus de peur que de mal&nbsp;! Mais psychologiquement n’est-ce pas aussi difficile de vivre la catastrophe que de l’attendre en imaginant le pire&nbsp;? Mieux valait-il prévenir avec des restrictions très contraignantes ou guérir&nbsp;?</p>



<p>En sortant de notre journée de travail, presque normale, on replongeait dans une atmosphère très mitigée. Panique sur l’île avec certains qui manifestaient violemment pour la fermeture de l’aéroport ou interdire l’amarrage des bateaux de croisière en faisant barrage et prêts à caillasser les arrivants&nbsp;! Ou alors insouciance avec des couples et familles continuant de se balader dans les jardins, jouer aux cartes ou simplement profiter du coucher de soleil. En tant que soignants on pouvait tout autant bénéficier de coupes files dans les supermarchés… qu’être vu comme des pestiférés&nbsp;: une collègue infirmière a été gentiment virée de sa colocation et scandaleusement priée d’aller dans un hôtel&nbsp;!&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Nouveau rythme</strong></h4>



<p>Finalement je n’avais que les week-ends pour être confinée comme tout le monde chez soi. Plus de randonnée, plus de lagon, plus de soirée à l’autre bout de l’île… Mais qu’est-ce que j’allais faire de ces deux jours entiers, de ces 48 heures, de ces 2 880 minutes, de ces 172 800 secondes sans sortir&nbsp;? Eh bien comme tout le monde, j’ai appris à vivre à un nouveau rythme, réappris à dormir, se détendre, faire la grasse matinée, la sieste, se relaxer, flâner, se reposer, traîner, se prélasser… donc même pas le temps de s’ennuyer&nbsp;! Maintenant parlons coup de cœur, amour et paillettes&nbsp;: au bout de six mois, les gens de la métropole commencent à me manquer et j’ai découvert l’utilité des visio-appels pour rapprocher les yeux et les cœurs. Et à la kaz&nbsp;? J’ai eu l’impression de rencontrer mes colocs pour la première fois&nbsp;: ces gens avec qui je cohabitais mais que je ne croisais qu’en coup de vent. Tous dans le même bateau, on a pu passer des après-midi, des soirées et des nuits à parler, refaire le monde, voguer vers de nouvelles discussions, apprendre à se connaître, sonder nos âmes… et créer de solides sentiments d’amitiés et plus si affinités…</p>



<p>Déconfinement&nbsp;: retour timide à la vie. Une vie normale&nbsp;? La vie normale était-ce celle d’avant ou pendant le confinement&nbsp;? Retour en métropole, à Limoges. Sentiments mitigés. Contente de revoir ma famille et mes amis. Déjà nostalgique des couchers de soleils, de la chaleur de l’air et des créoles. Triste de quitter mon service de médecine et mes colocs de La Réunion… mais des souvenirs plein la tèt&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/florence-couillard-la-reunion-1024x682.jpg" alt class="wp-image-33642"><figcaption>L’île de La Réunion. Photo Florence Couillard.</figcaption></figure>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Mi aim a La Réunion, Nou artouv!»<em> J’aime La Réunion, au revoir.</em></p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Florence Couillard est étudiante en médecine à Limoges et réalise une année recherche en master 2 en immunologie à la faculté de Poitiers pour le plaisir de prolonger encore les études, rester curieuse et poursuivre l’éternel chemin de l’apprentissage.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet article a été rédigé dans le cadre d’une formation à l’écriture journalistique (UE Médiation scientifique).</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/de-lile-en-feu-a-la-prison-paradisiaque/">De l’île en feu à la prison paradisiaque</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Numéro d’automne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Morel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2020 11:21:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[chronique]]></category>
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		<category><![CDATA[Edouard Lekston]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation en podcast du numéro 130 de la revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/numero-dautomne/">Numéro d’automne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rédacteur en chef Jean-Luc Terradillos et la rédactrice Héloïse Morel se prêtent au jeu d’une présentation du numéro 130 de la revue <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em> sous forme de questionnaire de Proust adapté !</p>



<p>Au sommaire, vous retrouverez le dossier “Covid-19 : recherche en cours” et bien d’autres sujets… </p>



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</div></div>



<p>Et vous retrouverez davantage de chroniques ainsi que l’émission mensuelle <em>Hologramme</em> de l’Espace Mendès France (en production avec Radio Pulsar) sur le site <a href="https://radio.emf.fr/">radio.emf.fr</a></p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/numero-dautomne/">Numéro d’automne</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Covid-19 et Internet : une inégalité d’accès à l’éducation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Quentin Métais]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 13:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Data]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[banque mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
		<category><![CDATA[données]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[informatique]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'éducation à distance en temps de coronavirus montre les inégalités d'accès à l'information.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Quentin Métais</strong></p>



<p>Selon les dernières données recueillies par la Banque mondiale, une majorité des pays du monde (167) ont complètement fermé les portes des écoles pour contrer la propagation de l’épidémie de Covid-19. Afin de permettre une continuité pédagogique, les élèves peuvent garder un lien avec leurs enseignants et suivre des cours sur internet par télé-enseignement comme cela peut être proposé en France. Cependant, profiter de cette continuité pédagogique suggère de disposer d’un ordinateur et de maîtriser les outils informatiques pour les enseignants, les élèves et leurs familles mais surtout de posséder une connexion à internet. Même si en France, la population est relativement bien connectée (82 % de la population est connectée selon la Banque mondiale), le Ministère de l’Éducation nationale rapporte entre 4 % et 8 % des élèves n’ayant toujours pas eu le moindre contact avec leurs enseignants ou l’institution depuis la fermeture des écoles. Si tout ne peut pas être mis sur le compte de la fracture numérique*, des élèves déjà en difficulté semblent démissionner plus facilement, risquant d’accroître leurs difficultés futures. Et que dire des pays du Sud, notamment en Afrique et en Asie du Sud qui ayant eux aussi fermé leurs écoles, n’ont pour la majorité aucune solution ni pour permettre aux enseignants et aux élèves de suivre la classe depuis chez eux, ni même avoir une ouverture sur le monde.<br>Finalement, comme pour toute catastrophe, la crise sanitaire que l’ensemble de l’humanité traverse aujourd’hui semble bien révéler et creuser des inégalités en France comme partout sur Terre.</p>



<div class="infogram-embed" data-id="f7b9dc83-5497-483b-9ba6-c2d515cef100" data-type="interactive" data-title="Covid19 et continuité pédagogique dans le monde"></div><script>!function(e,i,n,s){var t="InfogramEmbeds",d=e.getElementsByTagName("script")[0];if(window[t]&&window[t].initialized)window[t].process&&window[t].process();else if(!e.getElementById(n)){var o=e.createElement("script");o.async=1,o.id=n,o.src="https://e.infogram.com/js/dist/embed-loader-min.js",d.parentNode.insertBefore(o,d)}}(document,0,"infogram-async");</script><div style="padding:8px 0;font-family:Arial!important;font-size:13px!important;line-height:15px!important;text-align:center;border-top:1px solid #dadada;margin:0 30px"><a href="https://infogram.com/f7b9dc83-5497-483b-9ba6-c2d515cef100" style="color:#989898!important;text-decoration:none!important;" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Covid19 et continuité pédagogique dans le monde</a><br><a href="https://infogram.com" style="color:#989898!important;text-decoration:none!important;" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Infogram</a></div>



<p>Sources (Banque mondiale) : </p>



<ul class="wp-block-list"><li> <a href="https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/IT.NET.USER.ZS?end=2018&amp;start=1960&amp;view=chart">Utilisateurs d’Internet (% de la population)</a></li><li><a href="https://www.worldbank.org/en/data/interactive/2020/03/24/world-bank-education-and-covid-19">World Bank Education and COVID-19</a></li></ul>



<p><a href="https://donnees.banquemondiale.org/">Accéder à l’ensemble des données de la Banque mondiale.</a></p>



<p>* Des initiatives de collectivités locales, du monde associatif et de l’État se sont développées pour fournir des tablettes et des ordinateurs aux élèves dans le besoin, il n’en reste pas moins la nécessité d’avoir accès à internet.</p><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/covid-19-et-internet-une-mise-en-evidence-des-inegalites-dacces-a-leducation/">Covid-19 et Internet : une inégalité d’accès à l’éducation</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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