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	<title>chasse - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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		<title>Adjugé ! 7,2 Millions d’euros pour un artiste oublié</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 00:07:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coup de théâtre à la salle des ventes de Vannes… Le samedi 27 janvier 2018, une toile de Raden Saleh est vendue 7,2 millions d’euros.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Soizic Perrussel</strong></p>



<p>Au matin
du 27 janvier 2018, la salle des ventes de Vannes, Morbihan, fourmille déjà de
curieux et d’impatients venus admirer le lot phare de la vente&nbsp;: une toile
de Raden Saleh, <em>Chasse au taureau sauvage (Banteng)</em>, alors estimée entre
150 000 et 300 000 euros. La vente est prévue pour 14h30 et l’on compte bien
faire salle comble. </p>



<p>Il faut dire que l’affaire tient presque
du conte de fée. Pendant près de deux décennies, le tableau patiente dans une
cave, oublié là, sous un drap, depuis que ses propriétaires en ont hérité. Finissant
par le trouver encombrant – avec sa toile de 110 sur 180 cm – ces derniers
décident finalement de s’en débarrasser. Avant d’organiser un vide-grenier, ils
contactent le commissaire-priseur le plus proche, M<sup>e</sup> Jack-Philippe
Ruellan. Intrigué, celui-ci décide de se déplacer en personne pour examiner
l’œuvre. Le tableau est signé, le nom lui est familier, une première recherche
rapide confirme ses doutes&nbsp;: cette toile pourrait être une découverte
exceptionnelle. Avec l’accord des propriétaires, et la signature d’un mandat de
vente, l’œuvre part se faire expertiser par le cabinet Turquin, à Paris. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un
artiste méconnu</strong></h4>



<p>Raden Saleh est le premier peintre indonésien à avoir suivi une formation européenne, sous la coupe du portraitiste Cornelis Kruseman et du paysagiste Andreas Schelfhout. En 1845, il arrive à Paris, côtoie les plus grands artistes de l’époque, notamment Horace Vernet, il peint également pour Louis-Philippe I<sup>er</sup> et expose au Salon en 1847 une <em>Chasse au cerf dans l’île de Java</em> qui, selon le critique Étienne-Jean Delécluze, attire l’attention du public. Son passage en France est de courte durée, il quitte définitivement l’Europe en 1851, pour un retour en Indonésie couronné de commandes officielles. Son œuvre est éclectique&nbsp;: portraits, marines, paysages mais c’est bien par ses chasses qu’il se démarque. </p>



<p>Raden Saleh n’est pas un artiste
que l’on croise habituellement sur le marché de l’art européen, et M<sup>e</sup>
Ruellan s’est donné tous les moyens pour faire de la vente le succès de sa
carrière. Le <em>timing</em> coïncide ainsi parfaitement avec une rétrospective
de l’artiste au musée de Singapour (<em>Between Worlds&nbsp;: Raden Saleh and
Juan Luna</em>, National Gallery Singapore, 16 novembre 2017-11 mars 2018), M<sup>e</sup>
Ruellan s’y rend et rencontre les commissaires d’exposition et collectionneurs
propriétaires des œuvres exposées. S’ajoute à cela une double page dans la <em>Gazette
Drouot</em> et une promotion continue sur les réseaux sociaux. Lorsque le
tableau revient à Vannes pour l’exposition précédant la vente, la salle est
placée sous la surveillance de deux vigiles, et durant la pause du midi, l’équipe
entière reste déjeuner sur place, devant la toile. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Cette œuvre est une œuvre exceptionnelle, c’est la synthèse de tout ce que Raden Saleh a appris en Europe&nbsp;» – M<sup>e</sup> Jack-Philippe Ruellan</p></blockquote>



<p>En
coulisses, M<sup>e</sup> Ruellan se confie&nbsp;: l’œuvre est estimée à la
baisse pour attirer un maximum d’intéressés, sans qu’ils puissent être
intimidés par une estimation à sept chiffres. Mais le maître en est sûr&nbsp;:
l’œuvre ne vaut pas moins d’un million. La stratégie paie, les ordres sont
nombreux et l’on compte une dizaine d’intermédiaires téléphoniques. &nbsp;Les enchères commencent 200&nbsp;000 euros et,
immédiatement, elles s’envolent. Le million est dépassé en moins de trente
secondes dans une véritable cacophonie de surenchères. Puis deux, puis trois… Rapidement
la bataille se transforme en un duel entre deux téléphones, jusqu’à ce que l’un
des deux abandonne alors que l’enchère est à 6,9 millions. L’anticipation est à
son comble, quand, à la surprise générale, une nouvelle voix se fait entendre.
Jusqu’ici, les enchères étaient exclusivement téléphoniques, les gens présents
en salle profitant du spectacle, sans intention d’y participer. C’était sans
compter sur un couple de collectionneurs indonésiens, ayant fait le voyage pour
assister à la vente en personne. Ils ont attendu le dernier moment pour enchérir
s’assurant par là-même un minimum d’opposition. Le tableau leur est adjugé pour
7,2 millions d’euros. Un record pour la maison de ventes et un record pour
l’artiste. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>7,2 millions au marteau, 8,6 millions frais compris, la vente d’une vie nous dira M<sup>e</sup> Ruellan. </p></blockquote>



<p>Sous les applaudissements, le tableau quitte la salle. Après quelques photographies et rapides interviews, Me Ruellan retrouve son estrade et la vente reprend son cours. Le Raden Saleh n’était que le premier lot de l’après-midi et il est suivi d’un tableau vendu 186 euros, frais compris&nbsp;!</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Étienne-Jean Delécluze, «&nbsp;Salon de 1847&nbsp;», <em>Supplément au Journal des débats politiques et littéraires, </em>s.n,Paris, 24 avril 1847, p. 2. De son côté, Théophile Gautier écrit que Raden Saleh «&nbsp;dessine très exactement, et connaît à fond l’anatomie des animaux qu’il représente&nbsp;»&nbsp;; Théophile Gautier, <em>Salon de 1847, </em>s.n, Paris, 1847, p. 163.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Cet article a été réalisé lors d’un séminaire de médiation et d’écriture journalistique dans le cadre du master histoire de l’art, patrimoine et musées de l’université de Poitiers.</em></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/adjuge-72-millions-deuros-pour-un-artiste-oublie/">Adjugé ! 7,2 Millions d’euros pour un artiste oublié</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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