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	<title>biodiversité - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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		<title>Faune et flore du Golfe de Gascogne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 14:02:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec deux chercheuses de l'Ifremer à Anglet, Marie-Noëlle de Casamajor et Nathalie Caill-Milly.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Interview à Anglet de deux chercheuses de l’Ifremer, <strong>Marie-Noëlle de Casamajor</strong> et <strong>Nathalie Caill-Milly</strong></p>



<p></p>



<p>Entretien par <strong>Marjolaine Macaire</strong></p>



<p>Marie-Noëlle de Casamajor et Nathalie Caill-Milly sont deux des quatre agents de l’implantation de l’Ifremer à Anglet, au Pays basque. Marie-Noëlle de Casamajor étudie la biodiversité marine avec une approche habitats et communautés, tandis que Nathalie Caill-Milly est spécialiste des ressources halieutiques exploitées à visée de gestion durable de ces ressources dans leur environnement.</p>



<p><strong>Quelles sont les missions de l’Ifremer au Pays basque&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Nathalie Caill-Milly. – </strong>Nous sommes un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) et nous avons trois activités principales&nbsp;: l’observation, l’expertise et la recherche.</p>



<p>L’observation prend place dans le cadre de réseaux de surveillance pour l’application des directives&nbsp;européennes : la directive-cadre sur l’eau (DCE) et, la directive-cadre stratégie pour les milieux marins (DCSMM) qui vise à maintenir ou restaurer un bon fonctionnement des écosystèmes marins.</p>



<p>Nous avons une mission d’expertise auprès des services de l’État, auprès du préfet, auprès de la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique (DIRM SA), du ministère, selon les sujets. Par exemple, nous avons été sollicitées concernant la délocalisation d’une station d’épuration de Saint-Jean-de-Luz, au sujet d’aménagements qui ont un impact sur les ressources et plus largement sur le milieu marin, d’activités de pêche lorsqu’il y a des modifications d’engins de pêche susceptibles d’avoir un effet sur le milieu marin. On relie alors les études d’impact aux projets escomptés.</p>



<p>Concernant la recherche, nous sommes impliquées dans des travaux dont le but est de valider de manière robuste (en publiant dans des revues à comité de lecture) les différentes connaissances manquantes pour améliorer la qualité des réponses aux expertises. Pour ce faire, nous collaborons avec différentes équipes en interne et en externe (universités). En local, nous sommes par ailleurs impliquées dans l’enseignement d’étudiants de l’université de Pau et des Pays de l’Adour (cours, encadrement de projets, évaluations).</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="569" height="781" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly.jpg" alt class="wp-image-38178" style="width:420px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly.jpg 569w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly-219x300.jpg 219w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/ifremer_marie-noelle-de-casamajor-au-1er-plan-et-nathalie-caill-milly-150x206.jpg 150w" sizes="(max-width: 569px) 100vw, 569px"><figcaption class="wp-element-caption">Marie-Noëlle de Casamajor au 1er plan et Nathalie Caill-Milly, Ifremer, Anglet.</figcaption></figure>



<p><strong>Quel espace maritime au large du Pays basque est couvert par votre travail&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Marie-Noëlle de Casamajor. – </strong>Nous travaillons principalement sur l’aire marine protégée (AMP) classée Natura 2000&nbsp;au titre de la directive habitat faune flore (DHFF) « Côte basque rocheuse et extension au large ». Cette zone de côtes rocheuses est identifiée comme une zone d’intérêt.</p>



<p><strong>Qu’est-ce qui fait la particularité des habitats marins sur le littoral basque&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>Les champs de gorgones et les grottes – notamment celles de Saint-Jean-de-Luz qui sont considérées comme remarquables – sont des spécificités du Pays basque. Ces habitats tridimensionnels ont une fonctionnalité écologique et un rôle important dans le développement de la chaîne alimentaire.</p>



<p><strong>Comment se porte le milieu marin du sud du Golfe de Gascogne, la biodiversité s’y épanouit-elle ?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>La biodiversité sur la côte basque présente un intérêt particulier en raison de la présence d’espèces à affinité méridionale, mais ce n’est pas le seul critère pour évaluer la qualité du milieu marin. S’il y a beaucoup d’espèces opportunistes, il peut y avoir une biodiversité importante, ce n’est pas signe de bon état écologique pour autant.</p>



<p>On prend plutôt pour référence les groupes fonctionnels au sein des espèces. On considère le niveau trophique ou les rythmes de croissance.</p>



<p><strong>Ces opportunistes sont-elles des espèces invasives&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>On parle d’espèces invasives lorsqu’elles viennent d’ailleurs, comme d’Asie ou d’autres territoires. Tandis que là, il peut s’agir d’espèces locales mais qui prolifèrent dès qu’il y a une perturbation, parce qu’elles trouvent des conditions propices. Par exemple, le développement des algues filamenteuses explose lorsqu’il y a des perturbations.</p>



<p><strong>Pouvez-vous donner d’autres exemples flagrants qui signalent des dysfonctionnements du milieu aquatique&nbsp;au sud du Golfe de Gascogne ?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>La diminution des récoltes de l’espèce d’algue rouge emblématique de la côte basque, le <em>Gelidium corneum</em>, qui sert à produire l’agar-agar [gélifiant naturel référencé E406 dans la liste des additifs alimentaires, NDLR]. Les récoltes des navires du département ont été divisées par deux en trois ans, et celles des ramasseurs à terre se sont effondrées.</p>



<p>À ce jour, on ne comprend pas suffisamment les mécanismes qui agissent sur l’état de santé des champs de <em>Gelidium</em>. Les paramètres tels que l’évolution de la température des eaux dans la zone principale de colonisation du <em>Gelidium</em>, les niveaux d’irradiance et les disponibilités en nutriments restent insuffisamment connus. Pour acquérir ces connaissances, la mise en place d’un observatoire local des conditions environnementales est nécessaire.</p>



<p><strong>N. C.-M. – </strong>Des observations, dont la cause est attribuée à des modifications des conditions environnementales sous l’effet du changement climatique, sont faites localement. Cela se traduit notamment par l’apparition d’espèces à affinité méridionale comme la Carangue coubali, la Sériole (ou Limon), le Croupia roche…</p>



<p>Il y a aussi le fait que les pêcheurs fassent état depuis une vingtaine d’années de la présence du Liga, signe d’un état environnemental perturbé.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum.jpg" alt class="wp-image-38179" style="width:700px;height:auto" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum.jpg 1024w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-300x225.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-768x576.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-80x60.jpg 80w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-650x488.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2024/07/2023-dce-mndec-so-13mn2-gelidium_corneum-150x113.jpg 150w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"><figcaption class="wp-element-caption"><em>Gelidium</em>, photo Ifremer/MN de Casamajor.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu’est-ce que le Liga&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>N. C.-M. – </strong>Le Liga est un mucilage marin qui se forme en raison d’un déséquilibre en nutriments dû à des excès de nitrates vis-à-vis des phosphates. À l’origine c’est une réponse biologique du phytoplancton à un changement environnemental qui peut être naturel, ou accentué par des causes extérieures et rendu plus intensif.</p>



<p>Sur la matrice issue de la production phytoplanctonique, des agrégats se forment dans la colonne d’eau et des micro-organismes viennent se fixer. Ces micro-organismes vont se développer avec des communautés dont la composition varie selon la saison. On y trouve la micro-algue toxique <em>Ostreopsis</em>, des larves de cnidaires, des bactéries… C’est la raison pour laquelle le Liga peut être toxique, ou urticant pour les pêcheurs au moment de relever les filets, ainsi que pour les autres usagers de la mer.</p>



<p><strong>En quoi le Liga est-il nuisible pour les espèces marines&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>M.-N. de C. – </strong>À force de s’agréger, le Liga finit par couler et se déposer sur le fond. Son mucilage forme une sorte de tapis gluant qui recouvre le benthos, c’est-à-dire l’ensemble des espèces vivant sur le fond marin. Ce tapis a pour effet de limiter, voire d’empêcher, la photosynthèse des algues, de bloquer le système de filtration des organismes filtreurs, tels que les éponges et les hydrozoaires. Ces derniers ont des polypes qu’ils déploient pour s’alimenter, comme c’est le cas du corail.</p>



<p>Il arrive que la houle nettoie les fonds et que des nappes de Liga, de couleur marron, se forment en surface. En revanche, lorsqu’il y a des épisodes de mer très calme, le Liga reste au fond sur les organismes et provoque des mortalités parmi le benthos, des blanchiments sur des algues, et pourrait expliquer certains jaunissements du <em>Gelidium</em> – cela reste à étudier de façon plus précise. Les poissons en pâtissent aussi car le Liga colmate leurs branchies, même si leur mobilité leur permet parfois d’y échapper. Tous ces effets provoquent des déséquilibres dans la chaîne alimentaire jusqu’à concerner les poissons exploités à l’échelle locale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>À l’occasion des 40 ans de l’Ifremer, retrouvez plusieurs articles dans <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/publication/n-138-prehistoire-le-temps-des-origines-de-lascaux-a-cussac/" title>le numéro 138 de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em></a>.</p>
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		<title>Pour l’arbre et pour l’oiseau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Dec 2021 15:07:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Corbin]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mottet]]></category>
		<category><![CDATA[New York]]></category>
		<category><![CDATA[Wim Wenders]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jean Mottet raconte sa double vie de professeur de cinéma et de propriétaire forestier à Sarlande, en Dordogne, où il vient de planter 22 000 arbres.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Jean-Luc Terradillos</strong></p>



<p>«L’activité inlassable de forestier-professeur de cinéma correspond à l’attente de notre temps.» Alain Corbin salue ainsi l’itinéraire de vie de Jean Mottet, «fruit d’une passion ininterrompue, vécue sous diverses formes&nbsp;: celle de la forêt et de ce qui la peuple». Le grand historien des sensibilités qui a écrit sur l’arbre, sur l’herbe, sur le vent, et sur bien d’autres sujets inattendus, a beaucoup appris au contact de Jean Mottet. C’est donc tout naturellement qu’il signe la préface de l’autobiographie de celui qui fut son collègue à la Sorbonne, <em>Pour l’arbre et pour l’oiseau</em> (<a href="https://www.editions-cairn.fr/163-les-editions-du-ruisseau">Les éditions du Ruisseau</a>).</p>



<p>Ce livre est né dans l’angoisse du premier confinement. Jean Mottet n’avait pas besoin d’ajouter un ouvrage à ses publications savantes (publiées principalement chez <a href="http://www.champ-vallon.com/auteur/jean-sous-la-direction-de-mottet/">Champ Vallon</a>). Il l’a écrit pour ses enfants, sans se référer à un quelconque carnet de bord, simplement avec les petits cailloux de la mémoire car «jamais je n’ai eu le moindre désir de saisir ma vie dans son déroulement quotidien, d’écrire une autobiographie».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>De Toulouse à New York</strong></h4>



<p>Doué pour les langues, passionné de littérature et de cinéma, Jean Mottet a quitté ses Ardennes natales et belges, pour Toulouse où il obtient une licence de lettres sous la direction de Georges Mailhos qui le conduit à entreprendre une thèse sur le réalisateur David Wark Griffith à l’université de Montpellier, avec Henri Agel, qui est à l’époque le seul professeur habilité à diriger une thèse en cinéma. C’est ainsi qu’à l’automne 1971, il débarque à New York avec pour seule adresse, celle d’un ami de l’Ariège avec qui il avait chassé le coq de bruyère dans les Pyrénées, tout près du MoMA qui conserve les archives de Griffith. En France, il n’avait pas pu visionner les fonds de la Cinémathèque française et de l’INA, en raison des conditions d’accès compliquées et fort coûteuses. À New York, il se présente au Film Department du MoMA et obtient aussitôt, sans la moindre recommandation, un rendez-vous avec la conservatrice, Eileen Bowser, qui lui ouvre toutes les portes, et gratuitement&nbsp;!</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-new-york-1024x1008.jpg" alt class="wp-image-35197" width="632" height="621"><figcaption>«Les péripéties de Jean Mottet à New York sont émouvantes, écrit Alain Corbin dans sa préface. Je suis personnellement touché par la candeur perceptible sur la photographie du jeune vendeur de glace.»</figcaption></figure></div>



<p>Les mœurs académiques sont différentes, de même que la vie quotidienne alimentée par des petits boulots. «Une anecdote est révélatrice&nbsp;: alors que je vendais des glaces du côté de la 53<sup>e</sup> rue, à deux pas du musée, un peu gêné, je croise Eileen Bowser à qui, je l’avoue, je n’avais pas osé faire part de ma précarité financière&nbsp;! Avec ma modeste maîtrise de lettres modernes, je m’estimais déjà heureux d’avoir été admis ainsi dans le Gotha de la conservation des films. Le lendemain, c’est comme d’habitude avec un large sourire qu’elle m’accueillait pour me conseiller dans mes recherches. Toute la petite communauté du Film Department avait rapidement été mise au courant de ma double vie et redoubla d’amabilités. Jamais, sur les quais de la gare Matabiau de Toulouse, quand je vendais mes esquimaux Gervais, je n’aurais imaginé que ce petit boulot contribuerait à m’ouvrir de telles portes à Manhattan&nbsp;!» Ni qu’il aurait rencontré à la cinémathèque du MoMA celle qui allait devenir sa femme, Monique, étudiante en séjour linguistique. Fellini au programme, <em>Huit et demi</em>, il croit deviner la beauté d’une Italienne. Non, c’est une Corrézienne, fille du directeur de l’ONF du Limousin et propriétaire forestier. Étrange coïncidence&nbsp;: Jean Mottet est fils de garde-forestier, autant dire un manant. «Notre rencontre a l’apparence d’une confrontation de deux mondes.» Il raconte avec humour comment le jeune universitaire chevelu et barbu a réussi son «examen de passage» auprès du beau-père et de ses amis de la bonne bourgeoisie limougeaude, lors d’une battue au gros gibier dans la forêt familiale, à la Bonne Foussie (Sarlande). Avec le fusil de son père – «une antiquité» qui fait sourire les autres chasseurs – et avec des balles «brenneke calibre 12» dans un canon non rayé, à 50 mètres il abat le sanglier d’un seul coup, en plein cœur&nbsp;!</p>



<p>Cette précision, il la cultive depuis l’enfance. Né en 1942 dans une famille de taiseux, il passait son temps dans la forêt, à chasser avec sa carabine. «J’appartenais corps et âme à mon petit pays, de père garde-forestier, sauvageon de la forêt, courant les bois avec une âme de chien de chasse, à l’affût du petit gibier&nbsp;: pigeons ramiers, grives, merles, lapins.&nbsp;[…] Dès le plus jeune âge, les trésors d’observation et de patience dégagés pour approcher le gibier m’ont permis de pénétrer son habitat, d’inventer une première intelligence avec la nature.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami.jpg" alt class="wp-image-35198" width="531" height="355" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami.jpg 984w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-300x201.jpg 300w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-768x514.jpg 768w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-650x435.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-kiarostami-150x100.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px"><figcaption>Abbas Kiarostami en compagnie de Jean Mottet en 2000 lors des premières journées de l’arbre à la Bonne Foussie. Photo Henri Guillen.</figcaption></figure></div>



<p>Écologiste sans aucun doute mais pas anti-chasse, Jean Mottet a vu des amis s’éloigner même s’il ne pratique plus – trop fatiguant – et leur destine quelques citations des pionniers de l’écologie qui furent de grands chasseurs&nbsp;: John Muir, Aldo Leopold, Henry David Thoreau, William Henry Hudson, Gilbert White, Jean-Jacques Audubon…</p>



<p>D’abord recruté à l’université de Tours, Jean Mottet devient un spécialiste des «<a href="http://www.champ-vallon.com/jean-mottet-les-paysages-du-cinema/">paysages du cinéma</a>», titre du colloque qu’il organise en 1996, dont les actes ont paru chez Champ Vallon en 1999. C’est d’ailleurs la couverture de ce livre repéré dans une librairie parisienne – la photo de l’affiche de <em>Urga</em>, film de Nikita Mikhalkov – qui aurait fait tilt dans la tête d’Abbas Kiarostami quand il accepta d’aller à la Bonne Foussie participer au colloque «L’arbre dans le paysage». Un événement qui va établir la renommée des «Journées de l’arbre». Wim Wenders viendra lui aussi planter un arbre en 2015. Jean Mottet s’intéresse aux théoriciens du paysage, comme Alain Roger, Augustin Berque, Michel Collot et les invite sur le terrain, à la rencontre des arbres et des humains, ainsi que bien d’autres universitaires. Des livres sont issus de ces journées. D’autres rencontres ont compté, notamment avec Mario Rigoni Stern, Hayao Miyazaki, Naomi Kawase, Juliette Binoche, Jean Boucault, Gilles Clément (entretien dans <a href="https://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/items/show/143">L’Actualité Nouvelle-Aquitaine, n° 125</a>).</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Programme européen Reinfforce</strong><strong></strong></h4>



<p>Jean Mottet décrit une vie de forestier qui n’est en rien comparable à celle du «promeneur solitaire» de Jean-Jacques Rousseau. Il y a des catastrophes comme l’ouragan de 1999 mais aussi des «tempêtes silencieuses»&nbsp;: la surpopulation du gros gibier qui mange les jeunes pousses et empêche la régénérescence de la forêt et surtout le changement climatique. Lentement, les arbres dépérissent. Certains plus rapidement comme les châtaigniers. Alors que faut-il planter&nbsp;? Difficile de répondre car la forêt exige du long terme. Les scientifiques aussi ont besoin de temps.</p>



<p>En 2011, Jean Mottet a confié une parcelle de 2 hectares à l’Inra de Bordeaux afin de créer un <a href="http://www.labonnefoussie.net/index.php/fr/loisirs-et-activites/plantations-et-activites-ecologiques/55-arboretum">arboretum expérimental</a> dont les résultats seront évalués au terme d’une quinzaine d’années. Ce projet s’inscrit dans le programme européen Reinfforce (Réseau infrastructure de recherche pour le suivi et l’adaptation des forêts au changement climatique). Près de 2 000 arbres ont été plantés, soit 34 essences de résineux et feuillus du monde entier.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/mottet-wenders-1024x683.jpg" alt class="wp-image-35199" width="582" height="388"><figcaption>Wim Wenders a planté un chêne en 2015 dans l’arboretum de la Bonne Foussie. Photo Enora Boutin.</figcaption></figure></div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>22 000 arbres plantés en 2021</strong></h4>



<p>La forêt de Jean Mottet, qui s’étend sur 130 ha (sous garantie de gestion durable), vient de s’agrandir. En effet, 13,22 ha de terres agricoles ont été boisés en novembre 2021, dans le cadre du projet de séquestration carbone expertisé par le Centre d’étude technique environnemental et forestier (<a href="http://cetefnouvelle-aquitaine.org/">Cetef</a>), et labellisé «<a href="https://www.ecologie.gouv.fr/label-bas-carbone">bas carbone</a>» par le ministère de l’Écologie.</p>



<p>Parmi les 22 000 arbres plantés, le chêne sessile constitue l’essence principale, avec le charme en accompagnement (et le cèdre de l’Atlas sur la plus petite parcelle de 3 ha), à cela s’ajoutent un certain nombre de fruitiers sauvages&nbsp;: merisier, poirier, alisier torminal, sorbier des oiseleurs. «Les fruitiers, qui représentent environ 7&nbsp;% de cette plantation, sont un choix personnel, souligne Jean Mottet. Ils attirent les oiseaux. Pommiers et poiriers sauvages faisaient partie de la forêt ancestrale il y a encore cinquante ans.» Notons qu’il a fallu installer 2 km de clôture pour protéger les jeunes pousses de l’appétit du gros gibier en surpopulation.</p>



<p>Les références de Jean Mottet sont souvent littéraires. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’il fait l’éloge de Richard Powers qui comprend «la crise écologique comme crise de la sensibilité». Et de citer <em>L’Arbre-Monde</em>&nbsp;: «Le monde va à sa perte précisément parce que aucun roman n’est capable de présenter l’engagement pour la planète comme étant aussi fascinant que la lutte entre quelques personnes.»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv.jpg" alt class="wp-image-35200" width="372" height="504" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv.jpg 756w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-221x300.jpg 221w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-650x880.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/12/jean_mottet_couv-150x203.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 372px) 100vw, 372px"></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean Mottet, <em>Pour l’arbre et pour l’oiseau</em>, préface d’Alain Corbin, Les éditions du Ruisseau, 286 p., 20 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/pour-larbre-et-pour-loiseau/">Pour l’arbre et pour l’oiseau</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[administrateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2020 10:27:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agroécologie]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[CEBC]]></category>
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		<category><![CDATA[Ecobiose]]></category>
		<category><![CDATA[La Rochelle université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecobiose est une plateforme scientifique et politique sur la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine. L'objectif est de quantifier le rôle de la biodiversité dans l'économie de la région.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<pre class="wp-block-preformatted"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BU9FIBur9DE" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></pre>



<p>Vincent Bretagnolle est directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) permet un suivi à grande échelle de la biodiversité dans le monde. Ecobiose reprend ces objectifs à l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine. Le but&nbsp;est de quantifier le plus précisément possible le rôle de la biodiversité dans la socio-économie de la région. Pour étudier cette biodiversité chacun peut jouer un rôle&nbsp;: construction de nichoirs, observation d’oiseaux, expérimentations dans les jardins, etc. En impliquant directement les citoyens dans des projets de recherches, ils s’intéressent plus facilement aux questions de biodiversité et sont attentifs aux changements qui peuvent avoir lieu en fonction des actions individuelles ou collectives.</p>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pour en savoir plus&nbsp;:<br><a href="https://www.ecobiose.fr/">https://www.ecobiose.fr/</a><br><a href="http://www.za-inee.org/fr/reseau">http://www.za-inee.org/fr/reseau</a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/vincent-bretagnolle-sciences-participatives-2/">Vincent Bretagnolle – Sciences participatives</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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