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	<title>Bernard Noël - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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	<description>La revue de la recherche, de l&#039;innovation, de la création et du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine</description>
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	<title>Bernard Noël - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</title>
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		<title>Bernard Noël – Nous, intime et collectif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Luc Terradillos]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 15:03:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'écrivain Bernard Noël est parti ce 13 avril 2021. En hommage, nous publions un entretien à propos du créateur du mot "sensure" avec Stéphane Bikialo (professeur à l'université de Poitiers).</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien Carlos Herrera</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Stéphane Bikialo, professeur en littérature contemporaine et linguistique à l’université de Poitiers, a préfacé <em>La Comédie intime</em>, le volume IV des œuvres de Bernard Noël, l’un des grands écrivains de notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa préface, il écrit : «Chacun de nous est une société. Chacun de nous porte sa comédie, que Dante a voulue divine, Balzac humaine, Jacques Villeglé urbaine, et Bernard Noël intime ou mentale. <em>La Comédie intime</em> est <em>La Comédie humaine</em> de Bernard Noël, sa comédie humaine, où il se fait non pas le secrétaire de la société mais le porte-plume de ces voix qui travaillent en lui, qui le constituent comme sujet de l’écriture, comme TU. Construit en cours de route comme <em>La Comédie humaine</em>, <em>La Comédie intime</em> y met en scène des personnages qui deviennent des types : ces personnages se nomment je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils. Chacun est le personnage principal d’un des récits-monologues et chacun revient dans d’autres monologues, selon le principe des personnages récurrents […].»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Pourquoi Bernard Noël vous a‑t-il demandé une préface ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stéphane Bikialo. –</strong> J’ai eu l’occasion de rencontrer Bernard Noël à plusieurs reprises, notamment à Poitiers, à l’occasion d’événements pour lesquels il était invité. Peu à peu est née une relation amicale, notamment à partir de discussions autour de ses monologues, les œuvres de lui que je préfère, dont je lui demandais souvent des nouvelles. En effet, depuis une dizaine d’années une pièce manquait : il n’arrivait pas à faire exister le monologue du nous, puisque le nous est difficile à concevoir à notre époque (plutôt tournée vers l’individualisme et le rejet de l’autre). Ce texte a paru au printemps 2015 aux éditions P.O.L. Mon attention à ces monologues, la rédaction de plusieurs articles sur certains d’entre eux a fait de moi l’universitaire qui les connaît le mieux. Quand Bernard Noël a voulu réunir tous les monologues dans un volume, il avait besoin d’une préface, au moins pour restituer la chronologie, la démarche d’un projet qui s’étend sur vingt ans, voire quarante ans puisqu’un texte de 1973 a été intégré après coup, et qui n’est pas perceptible à la lecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui vous plaît dans ces monologues ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que linguiste, travaillant sur la subjectivité dans le langage (l’énonciation), le dispositif formel m’intéresse puisqu’il s’agit (presque systématiquement) de commencer chaque phrase par le même pronom personnel. Ainsi chaque phrase du monologue du je (La Langue d’Anna) commence par je, celui du tu (Le Mal de l’intime) par tu, du il (La Maladie du sens) par il, etc. C’est une réflexion sur le pronom (forme de la langue) et sa place dans la représentation (rapport au monde) et dans la construction de l’identité, de la subjectivation. Quel est le rapport entre le sujet et le monde quand on dit je, quand on dit tu, quand on dit il ? Comme l’indique le titre, <em>La Comédie intime</em>, il y a là une manière de reformuler le projet de Balzac en le resserrant autour de l’intime, mais un intime tourné vers les autres puisque ces monologues tendent à dire que le je ne peut pas exister et qu’il s’agit d’aller vers l’autre, vers le tu, vers le on, vers le il…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sans oublier que Bernard Noël est l’auteur d’un <em>Dictionnaire de la Commune</em> (1971), son Monologue du nous semble jonché des ruines d’une idéologie révolutionnaire très datée. Comment peut-il faire exister ce nous contemporain qui va jusqu’à l’autodestruction ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement, Bernard Noël vient d’un moment où le nous – ou du moins où l’espoir du nous (de la révolution, de la communauté) – a pu exister [Il est né en 1930]. Même si, pour lui, comme pour beaucoup d’historiens, la Commune est le dernier moment révolutionnaire français et qu’il faut prendre acte de la manière dont la réaction l’a écrasée pour ne pas reproduire les erreurs. Dans ce monologue, le nous se scinde tout de suite en plusieurs nous. C’est un nous de «solidarité désespérée». Des petits collectifs s’attaquent aux grands patrons pour faire exister du pluriel là où ces chefs d’entreprises n’en mettent pas. Il y a un présent immédiat, sans aucun avenir, mais aussi une tentative de faire exister une sorte de communauté d’écriture et d’action. Sans illusion, il s’agit de faire exister l’espoir en la solidarité, comme les textes du Comité invisible (La Fabrique).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est la place de Bernard Noël dans les lettres ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bernard Noël est d’abord identifié comme poète, un poète du corps, qui a fait du corps le sujet (origine et thème) de l’écriture. Il a aussi une place dans l’histoire de l’art et l’esthétique car il a beaucoup écrit sur la peinture, dans l’atelier des peintres, sur le visible. Et il est connu pour ses essais ou articles politiques et notamment la notion de «sensure» (forme moderne de la «censure», privation de sens et non de parole). On le connaît moins pour ses proses, notamment ses monologues. Son œuvre est immense – je m’étonne qu’il ne soit pas prix Nobel ! – mais malheureusement le peu de médiatisation de son travail le rend très confidentiel et ne permet pas à des lecteurs nombreux d’avoir accès à son œuvre. Lui ne s’en soucie pas, et continue de circuler, de répondre à des invitations et à des demandes de textes, pour faire des rencontres humaines, par générosité, solidarité.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/04/stephane-bikialo-bernard-noel-573x1024.jpeg" alt class="wp-image-34005" width="496" height="886"><figcaption>Stéphane Bikialo et Bernard Noël. Photo Éliane Kircher.</figcaption></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cet entretien a paru dans le <a href="https://archives-actualite.nouvelle-aquitaine.science/files/show/2265">n°111 de <em>L’Actualité Nouvelle-Aquitaine</em></a> en 2016 à l’occasion du festival <a href="https://www.bruitsdelangues.fr/">Bruits de langues</a>.</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/bernard-noel-nous-intime-et-collectif/">Bernard Noël – Nous, intime et collectif</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Mohammed Bennis – D’ivresse et d’extase</title>
		<link>https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mohammed-bennis-divresse-et-dextase/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mohammed-bennis-divresse-et-dextase</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Anaëlle Quiertant]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2020 14:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bibliodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Escampette]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Bennis]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Sylviane Sambor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le poète marocain Mohammed Bennis célèbre le vin dans un recueil éponyme éditée par l'Escampette.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien par Anaëlle Quiertant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;J’ai cru que l’ivresse allait me séduire mais je découvris que c’était moi qui séduisais l’ivresse.&nbsp;» Ce vers de Mohammed Bennis est tiré de <em>Vin</em>, recueil de poèmes traduits de l’arabe en collaboration avec Mostafa Nissabouri. Bernard Noël, poète avec qui il travaille depuis de nombreuses années, a écrit la préface, tandis que Claude Esteban signe la postface. Le poète marocain signe un ouvrage dans lequel il dialogue avec l’universel, dévoilant toute la puissance de la langue arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Bernard Noël a préfacé le recueil <em>Vin</em>, vous avez traduit certains de ses ouvrages et il a traduit certains des vôtres. Comment avez-vous commencé à travailler avec lui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohammed Bennis. -</strong> J’ai découvert la poésie de Bernard Noël dans les années 1980 en lisant <em>Le même nom</em>. C’était une découverte fascinante pour moi. À cette époque, je cherchais un poète français contemporain, avec qui je pourrais partager une vision moderne de la poésie et dont l’expérience réside aux confins de l’interrogation sur l’écriture. Ce recueil de Bernard a satisfait ma curiosité et m’a conduit vers lui sans hésitation. En 1989, à l’occasion de la rencontre de poètes français et arabes, au Yémen, nous avions, Bernard et moi, fait connaissance. Ma traduction et publication en arabe de ce recueil lui a fait plaisir et, petit à petit, il s’est intéressé, de sa part, à ma poésie. Depuis cette rencontre, notre travail en commun s’est développé. Ensemble, nous nous sommes lancés dans une aventure ininterrompue de traductions réciproques. J’ai eu le bonheur de traduire une anthologie poétique de lui et, sans tarder, il m’a poussé à traduire en commun mon recueil <em>Le Don du vide</em> (paru en 1999). Nous avons maintenant traduit et publié plusieurs ouvrages dans les deux langues. Grâce à cette réciprocité, notre amitié s’est consolidée et notre relation est devenue synonyme d’une fraternité poétique. Il me semble que notre collaboration, avec Isabella Checcaglini, dans la réalisation d’une publication bilingue (en français et en arabe) de <em>Un coup de Dés</em> de Stéphane Mallarmé, est le signe de notre attention au dialogue entre nos deux cultures que nous avons suivi avec passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que la modernité poétique ? Pourquoi est-ce important pour vous de moderniser la langue arabe ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux questions sont à la fois importantes et significatives. En ce qui concerne la modernité poétique, je dirais que le patrimoine poétique arabe ancestral était pour moi une source qui m’a rendu facile la découverte de la tradition, mais les œuvres des cultures modernes m’ont permis de m’ouvrir à la poésie occidentale et ses aventures qui touchent à notre vie moderne. Chacun de ces deux trésors illumine l’autre. Tout au début, j’étais conscient qu’il fallait connaître les chemins secrets de la poésie moderne sans perdre ma propre mémoire poétique. C’est pourquoi la modernité est devenue pour moi une quête patiente d’idées nouvelles, une modernité à construire au seuils de la tradition arabe et de la poésie moderne occidentale. Il s’agit d’une modernité en mouvement, qui fait de l’interrogation une boussole dans l’exploration du sens de la langue, du corps et du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle modernité en mouvement ne serait possible que dans la perspective d’un travail en profondeur sur la modernisation de la langue arabe. Notre culture, qui souffre de la domination du fanatisme religieux, demande une vision libératrice. La modernisation de la langue est l’un des éléments fondateurs de cette vision. Fuir l’arabe, l’abandonner, pour écrire en d’autres langues étrangères, ne mène qu’aux risques de laisser le champs libre aux fondamentalistes et permet de faire durer leur confiscation de notre belle langue. En revanche, l’écriture en arabe est une pratique critique, qui implique le corps dans l’aventure de donner sens à notre vie et à notre mort. Il s’agit d’un corps qui se nourrit des traces de lectures mais aussi des réminiscences de voix lointaines. Par cette démarche, je ne fais que suivre l’expérience de la culture occidentale moderne en France, comme en Allemagne ou en Italie. Loin de toute ambiguïté, je répète&nbsp;: oui, il est urgent de continuer à moderniser la langue arabe pour la libérer et lui donner la chance d’être dans le monde et avec le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment vous est venue l’idée du recueil <em>Vin</em> ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une révélation que j’avais reçue de la sensibilité quand nous étions, Bernard Noël et moi, au milieu des années 1990, invités par Sylviane Sambor, alors directrice du «&nbsp;Carrefour des livres&nbsp;» à Bordeaux. Un jour, dans un musée moderne, elle, connaisseuse des vins de Bordeaux, nous a proposé de boire un petit vin. En tenant subtilement le vers entre mes doigts, je ne sais comment la couleur rouge de ce vin dans le verre avait une lumière singulière. J’étais touché par cette lumière, moi qui avais pris l’habitude d’évaluer le vin par la qualité de son rouge rubis. Le degré de sa lumière et de sa transparence me renseigne sur sa pureté. Ce petit vin de Bordeaux m’a ébloui, alors que mon regard restait accroché au verre. Je respirais cette belle couleur. Et, silencieusement, j’ai bu la première gorgée. Sans bouger ni rien dire, j’ai regardé encore le rouge rubis. Avec la deuxième gorgée, j’ai ressenti un air de fraîcheur traverser ma poitrine. Silence. Ce vin me procure une joie intérieure. Joie de vivre. Joie de boire un très bon vin, unique dans sa splendeur. À l’insu de tous, j’ai levé mon vers et dit à voix haute&nbsp;: j’écrirai un recueil qui portera le titre de <em>Vin</em> et il sera ma manière de saluer le vin de Bordeaux. Bernard m’a dit&nbsp;:&nbsp;peut-être que ce titre est confus, parce qu’on va croire qu’il s’agit du nombre vingt. Je lui ai répondu&nbsp;:&nbsp;personne ne s’y trompera une fois que le mot est écrit. En arabe, ce mot ne désigne pas le nombre. La poésie arabe lui a, par ailleurs, donné ses lettres de noblesse à travers les âges. Poètes et mystiques ont écrit à son sujet une poésie illuminée par le mystère. Je vais les suivre tout en étant moi, de notre temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En annonçant mon désir, je ne savais pas exactement ce que j’allais écrire. Par ces paroles, mon annonce avait franchi les barrières et s’était transformée en une déclaration qui ne concerne que moi. Heureusement que je n’avais pas tardé à écrire. J’ai commencé par un hymne au vin «&nbsp;Qu’il soit&nbsp;». Dans le grand silence, qui a duré presque trois ans, le vin m’a accompagné dans la quête du beau et de l’inconnu. Deux suites de chants, et le recueil se clôture par «&nbsp;Révélation&nbsp;», un chant d’ivresse et d’extase.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vin</em> est un recueil sur lequel je n’aurais jamais pensé écrire. Mais la révélation que j’avais reçue m’avait orienté à célébrer le vin, création humaine destinée au bonheur de l’être humain. Chant infini pour une vie ouverte au bonheur d’être vivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin.jpg" alt class="wp-image-33711" width="331" height="431" srcset="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin.jpg 693w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-230x300.jpg 230w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-650x847.jpg 650w, https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2021/01/bennis-couv-vin-150x195.jpg 150w" sizes="(max-width: 331px) 100vw, 331px"></figure>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Mohammed Bennis, <em>Vin</em>, éditions de L’Escampette, 144 pages, 2020, 16 €</p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/mohammed-bennis-divresse-et-dextase/">Mohammed Bennis – D’ivresse et d’extase</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Cécile Odartchenko – Galerie Première ligne, Les Vanneaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurine Rousselet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2020 08:00:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Cécile Odartchenko, fondatrice de la maison d'édition Les Vanneaux et galeriste à Bordeaux.</p>
<p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/cecile-odartchenko/">Cécile Odartchenko – Galerie Première ligne, Les Vanneaux</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entretien Laurine Rousselet</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2005, Cécile Odartchenko crée sa maison d’édition Les Vanneaux en Picardie et s’installe à Bordeaux en 2012 où elle ouvre une galerie d’art Première&nbsp;Ligne (du nom de sa revue)&nbsp;; galerie située rue Teulère, à quelques pas de la Grosse Cloche, en plein centre-ville. Son travail relève de la passion, son engagement poétique et artistique de l’émerveillement pendant qu’une part de mystère a accompagné son long parcours de vie. Les éditions ne comptent pas moins de dix collections dont&nbsp;: «Présence de la poésie», une belle collection qui prend la suite de «poètes d’aujourd’hui» de Seghers, «Petits&nbsp;vanneaux», «Carnets&nbsp;nomades», «Collection&nbsp;neige», «L’Ombellie», «Écrits intimes», des livres d’art et une revue <em>Première Ligne</em>. Les plasticiens tels que Lysiane&nbsp;Schlechter, Didier&nbsp;Cros, Gregory&nbsp;Masurovski, les poètes majeurs comme Pierre&nbsp;Garnier, Michel&nbsp;Butor, Michaël&nbsp;Glück, Bernard Noël ont présenté leurs œuvres dans ce bel espace dédié à l’art et à la lecture. Cécile&nbsp;Odartchenko est également poète, romancière, essayiste, elle nous offre la chance de découvrir parmi ses derniers titres&nbsp;: son <em>Journal de Picardie 1999/2003</em>, le premier volume de son autobiographie <em>Une femme heureuse</em>, son <em>Journal du confinement</em>, chez Propos2éditions.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/08/couv-22-journal-1-725x1024.jpg" alt class="wp-image-33431" width="294" height="415"></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Actualité. – Vous êtes l’éditrice des Œuvres&nbsp;complètes de Pierre&nbsp;Garnier que vous avez rencontré en 2005, l’année de création de la maison d’édition. Votre attachement à l’homme et à son œuvre est infini. Racontez-nous son extraordinaire traversée spatialiste.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cécile Odartchenko. –</strong> Pierre Garnier a été le pilier de mes éditions nées en Picardie, qu’il a accompagnées jusqu’à sa mort. Je le voyais une fois par semaine, j’allais le chercher à Saisseval où il habitait dans un ancien presbytère avec sa femme Ilse, poétesse d’origine allemande avec laquelle il a créé le mouvement spatialiste en poésie. C’était une démarche très moderne qui suivait, ou précédait, ou encore accompagnait les recherches en poésie sonore (Heidsieck), de la poésie de performance avec Julien Blaine, des vidéos de Raoul Haussman (legs au Musée de Rochechouart), de la musique concrète (Pierre Schaeffer), ses amis poètes engagés dans le monde entier. Ces recherches, poursuivies toute sa vie, ont eu sur moi le même effet que les cours de Deleuze à Vincennes. Sa poésie s’est épanouie sous le signe de l’Ouvert et je suis très fière d’avoir édité tant de livres de lui et les trois premiers tomes de ses œuvres complètes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/08/couv--nomades-chartres-ii-imprimeur-1-1-847x1024.jpg" alt class="wp-image-33433" width="299" height="362"></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vagabondages du sang</em></strong><strong> du jeune poète grec Yannis&nbsp;Stìggas paraît en 2012. Sa forme poétique est violente, puissante. Sa brillante énergie vous a‑t-elle saisie d’emblée&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai rencontré ce poète à Lodève, au cours d’un festival spécialisé dans les rencontres avec les poètes étrangers où la traduction était à l’honneur. Un poète m’a apporté les feuillets fraîchement traduits par Michel&nbsp;Volkovitch, très dévoué à la poésie grecque contemporaine, et j’ai, par la suite, édité deux livres de ce traducteur. J’ai aussitôt apprécié cette poésie qui m’a fait penser à celle de Benn Gottfried, un poète allemand traduit par Pierre&nbsp;Garnier, tous deux, Stiggas et Benn, médecins, d’où ce rapport cru à la mort. J’ai beaucoup regretté ce festival remplacé par le festival de Sète. Il y avait là, à Lodève, une atmosphère très particulière, une véritable ferveur…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2017, l’association La plume et le crayon de la Galerie Première Ligne a organisé des actions poétiques pour Agora, la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design bordelaise. «Génies des» bord&nbsp;d’eau est un temps créatif, réflexif et partageur. Vous accueilliez donc Julien Blaine, Giovani Fontana et Serge Pey, lequel scandait&nbsp;: «Quand je parle de tes poèmes à un imbécile…» Relatez-nous cette aventure humaine unique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence de ces poètes à la voix très puissante a, en effet, été un moment unique pour les Bordelais… Je ne sais pas s’ils se sont rendu compte du cadeau qui leur avait été fait. Mais on peut encore visionner les vidéos sur Youtube. Des jeunes poètes et architectes se sont joints aux performances des plus grands. Éric Cassar et Alexandre Clanis ont respectivement contribué à l’organisation et à la performance. Nous avons néanmoins souffert du manque de moyens : ceux accordés par la ville ont été débloqués au dernier moment d’où une organisation de dernière minute. J’en ai gardé le souvenir d’une souffrance compensée par l’éblouissement causé par leurs très grands talents et la générosité sans faille de Giovanni Fontana, de Julien Blaine et de Serge Pey.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2012 paraît <em>Ariane&nbsp;Dreyfus</em>, collection «Présence de la Poésie», présentation et choix des textes par Matthieu Gosztola. Son œuvre compte parmi les voix les plus remarquables de la poésie contemporaine. Selon vous en quoi tient la beauté prégnante de son geste d’écriture&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La personne la mieux placée pour parler de la poésie d’Ariane Dreyfus, c’est son préfacier Matthieu Gosztola, lui-même poète, que j’ai publié trois fois. Il est un extraordinaire «passeur» de poésie. C’est lui qui a eu l’initiative de ce livre. Le rôle de l’éditeur de poésie c’est de donner carte blanche aux «passeurs»… Il y en a beaucoup dans ce milieu. Les poètes ont leurs ferveurs personnelles comme j’ai la ferveur de Pierre Garnier. Chaque livre de la collection «Présence» m’a été proposé par un poète, fervent de l’Autre poète. Ainsi Laurent Albarracin, poète et éditeur, a préfacé deux livres dans ma collection : un Peuchmaurd et un Louis-François Delisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans <em>Préambule à un voyage </em>(2019) d’Emmanuel Jourdes, l’intensité des sensations perçues est sans équivoque pour exposer le postulat de la supériorité blanche en Afrique noire. Pourriez-vous nous révéler la générosité de ce livre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Amoureux de l’Afrique, Emmanuel<strong> </strong>Jourdes, directeur du centre social Paul<strong>-</strong>Bert, lutte au quotidien contre la discrimination et le racisme. Au-delà de son postulat qui prend le contre-pied d’un postulat haï, prétendant une supériorité conditionnée par l’exploitation des richesses d’un continent entier pendant des années d’esclavage et de politique aberrante remise en cause aujourd’hui (allant encore se heurter aux murs de la mondialisation), Emmanuel<strong> </strong>Jourdes, toujours très engagé, a réussi à éviter les pièges du discours politique parce qu’il a véritablement une écriture. Le connaissant bien, je n’avais pas de doute sur son engagement, et j’ai été séduite par son style. Je crois que le style c’est l’homme. Difficile d’avoir sa voix propre. Or c’est toujours une nouvelle voix qu’on attend en poésie. Elle est fragile quand elle s’exprime sur un terrain où le politique a ses quartiers. Emmanuel n’est pas tombé dans le piège. Il a su parler des corps, des êtres, des parfums et des couleurs, des lieux et du désir avec une voix qui s’invite à la lecture comme une mélodie. C’est en cela qu’on peut parler de générosité. La générosité c’est une certaine forme de nudité. Dans le livre d’Emmanuel, on est confronté à sa nudité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez beaucoup publié Ivar Ch’Vavard dont les titres suivants : <em>Ichi leu </em>(2009), <em>Titre </em>(2010), <em>Travail du poème</em> (2011), <em>Le Caret </em>(2014). Quelle part attribuer à l’émerveillement dans la fidélité à une œuvre&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’origine russe j’ai été et suis encore une lectrice fervente des auteurs russes et je suis particulièrement intéressée par les recherches d’un auteur, Afanassief, qui a récolté tous les écrits du terroir russe, les contes en particulier, mais s’est attaché à leur influence sur la langue et la poésie. Ainsi, Pierre<strong><em> </em></strong>Garnier a eu l’idée d’écrire en picard après avoir été influencé par les recherches et conseils d’un poète ami et bulgare penché sur le patois de sa région. La poésie d’Ivar<strong><em> </em></strong>Ch’Vavar est du terroir de façon très déterminée… On peut dire qu’il milite pour le picard qu’il écrit depuis toujours. Il en apprécie la gouaille, la saveur, les aspérités, les cailloux sur le chemin et les sentiers dans les bois et sur les dunes. Il est de Wailly, au bord de la mer près de Bercq, et il y a passé son adolescence de soixante-huitard, a fumé des joints, s’est familiarisé avec tous les jeux de langages et toutes les libertés. Je retrouve en lui ce côté rabelaisien et carnavalesque repéré par Bakhtine dans la langue russe. Il se trouve que la femme de Pierre<strong><em> </em></strong>Ivar est professeur de russe (et de danse) et qu’il y a des tableaux de peintres russes contemporains sur tous leurs murs… Ce n’est pas étonnant qu’il ait eu une éditrice d’origine russe… La magie ou féérie, c’est qu’il puisse y avoir de ces complicités par-delà les différences des langues et des héritages.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/08/odartchenko-photo-david-hebert-782x1024.jpg" alt class="wp-image-33446" width="471" height="617"><figcaption>Cécile Odartchenko. Photo David Hebert.</figcaption></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Les titres à paraître</strong><br>Dans la collection «Présence» : un nouveau livre de Werner Lambersy, un de Jean-Luc Steinmetz.<br>Dans la collection «Carnets nomades» : <em>André Breton à Saint-Cirq-Lapopie,</em> dessins de David Hébert.<br>Un nouveau livre de Thibault Biscarrat : <em>L’homme des grands départs.</em><br>Un livre de Guillaume Deloire : <em>Because of the dog.</em><br>Un livre de souvenirs concernant Henri Thomas de Gérard Le Gouic.</p></blockquote>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/wp-content/uploads/2020/08/presence-jean-luc-steinmetz-couverture-ii-1-878x1024.jpg" alt class="wp-image-33434" width="276" height="321"></figure></div>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les expositions et les ateliers de lecture et de poésie de la Galerie ne peuvent encore être programmés à cause de la menace du Covid.</p></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote ensavoirplus is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Galerie Première Ligne</strong><br><strong>Éditions Les Vanneaux</strong><br><strong>8, rue Teulère – 33000 Bordeaux</strong><br><strong>06 98 96 04 80 / </strong><a href="https://editionsdesvanneaux.wordpress.com/"><strong>https://editionsdesvanneaux.wordpress.com/</strong></a></p></blockquote><p>The post <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/cecile-odartchenko/">Cécile Odartchenko – Galerie Première ligne, Les Vanneaux</a> first appeared on <a href="https://actualite.nouvelle-aquitaine.science">L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science et culture, innovation</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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